Une autre couleur du bonheur – 2015 – Paule Auriane Ntchouadep

4ème de couverture

« Je ne savais pas comment réagir. Si je devais moi aussi quitter le domicile parental ou pas. Je ressentais plutôt le besoin de soulever ma mère du sol et de la consoler. En effet, je me rendais compte que je ne lui en voulais pas du tout, mais uniquement à la naturePaule auriane nt de m’avoir fait naître dans une famille comme celle-ci. En réalité, mes sœurs et moi n’avions pas la même vision du problème. Elles s’en prenaient à ma mère, tandis que j’aurais tous changé si la possibilité s’était présentée, mère, maison, sœurs.. ».

Après voir passé une partie de son enfance loin des siens, l’héroïne, une insouciante jeune collégienne  découvre le visage effarant de ses proches. Dans une société bien pensant, où les enfants n’ont pas droit à la parole, commence alors le chemin de croix de celle qui doit, pour survivre, juger ses parents.

 

Mon avis

Un grand plongeon dans la vie d’une famille, c’est ce qui vous attend en mettant le nez dans ce livre. Je pense qu’en lisant une autre couleur du bonheur, vous regarderez différemment les adolescents qui vous entourent. Comment comprennent-ils les actes des adultes? Eh oui, Messieurs et Dames, Tania, la jeune héroïne, décortique le monde autour d’elle. Ce monde qu’est sa famille. Une famille bizarre, atypique, normale, quoi! Vous allez faire une plongée vertigineuse dans son esprit, dans sa vie.une-autre-couleur

J’avoue qu’au début, j’étais aussi perdue que l’héroïne devant la découverte de cette famille qu’elle a longtemps idéalisé. D’une famille qu’elle découvre lors de vacances scolaires. Passer d’une vie ordinaire dans un milieu où tout parait simple à l’antre, que dis-je? à la dernière strate de la pauvreté.  On avance précautionneusement avec cette jeune adolescente. On découvre lentement chaque membre de sa famille avec ses traits de caractère qui lui sont propres.

Tout commence lentement, prudemment car on ne sait pas trop où on met les pieds. Puis, petit à petit, on va de découverte en découverte. La vie bascule du jour au lendemain. Comme le dit si bien un certain chanteur « on ne choisit pas sa famille ». Toutes les familles ont un cadavre dans le placard. Imaginez, alors, quand une famille est bâtie de plusieurs cadavres dans les placards. Les retrouvailles peuvent s’avérer difficiles et les découvertes de plus en plus déroutantes.

Paule AurianeChaque membre de cette famille est une blessure  ouverte qui complète le tout. Chacun vit cette blessure à sa manière et trouve en l’autre son exutoire. Pour ma part, je me suis attachée à Amavi, l’un des membre de cette famille brisée par les secrets. Elle est poète dans l’âme, aussi fragile que la Dame aux Camélias. Elle jouit d’une superbe philosophie, bien que la vie ne l’ait aucunement épargnée. Elle vit dans l’instant tout ce que lui offre la vie, en douceur, avec tendresse. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce petit bout de femme, pétrie de bonté, d’empathie.

J’ai une véritable tendresse pour ce roman. Une adolescente qui raconte son histoire avec ses tripes. Les émotions sont intenses. Simplement intenses. Merveilleusement vivantes. C’est un cri d’amour. Un cri de haine. Une naissance. Une re-naissance. Un enfantement. Dans la douleur. Une extrême douleur. Tania doit grandir, avancer, en effeuillant un à un les secrets de famille. Tourner enfin la page. C’est un roman d’émotions fortes, entières. Un roman qui ressemble à la vie. Tout simplement.

Ma note 17/20

ISBN 9956429000279 – Editions Proximité – 148 p – 2015

Vente auprès de l’éditeur

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Les cercles de l’éternité – 2017 – Jean-Louis Ermine

4ème de couverture

Dans un  futur lointain, les hommes découvrent le secret de l’éternité, mais cette invention a un prix. La personne qui choisit de suivre cette voie entre dans un processus inéluctable de dégénérescence qui fait ressortir ses plus bas instincts. Le monde se divise alors, et se structure en « cercles », correspondant chacun à des stades de décadence plus ou moins avancés.

Face au déclin de l’humanité, le gouvernement cherche des solutions et finit par retrouver la trace d’un mystérieux scientifique dont les recherches sur l’immortalité auraient abouti. Laurie et Simon, deux marginaux que tout oppose, sont chargés de ramener le professeur et de redonner espoir aux habitants des cercles. Pour cela, ils devront s’aventurer au-delà des terres connues, là où la barbarie  a tous les droits.

Une chasse impitoyable est lancée  et les entrainera dans une véritable traversée des enfers. L’éternité leur réservera encore bien des secrets.

 

Mon avis

Comme d’habitude, quand je commence un roman, je suis en terrain inconnu. Avec les cercles de l’éternité, j’ai été servie. L’inquiétude est le premier mot qui me vient à l’esprit. Elle vous happe dès la première ligne. Vous découvrez un monde qui questionne. Un monde angoissant. Cependant, la curiosité prime. Vous suivez l’intrigue pas à pas. Le souffle court. Vous haïssez cet œil froid qui se délecte de la situation. Une situation ausunset-47247 ralenti qui se termine en apothéose. Bienvenus! Vous venez de faire connaissance avec un des cercles!

Puis, ce roman va crescendo. Le rythme est de plus en plus rapide. Vous n’avez d’autre choix que de suivre. Vous rencontrez Laurie et Simon, les deux héros, et vous ne pouvez que vous attacher à eux tant ils sont poignants, tant leur quête de survie dans ce monde de fous est prenant.

Jean-louis Ermine a une écriture facile à lire. Pour un matheux, je m’attendais à un roman plein de théorie, très carré, bourré de mots techniques. De la part d’un féru de maths, je pensais avoir droit à une histoire froide dans les mots, les situations.  Eh bien, non, non, non. Du tout. L’histoire est chaleureuse, pleine d’humanité, de chaleur humaine.  Les mots claquent, volent, s’adoucissent au rythme de l’histoire. Du purwarrior-1056727__340 bonheur! L’histoire tient la route. Oh que oui! La quête menée par les deux héros nous tient en haleine et nous les accompagnons volontiers dans leurs aventures. Cette histoire nous raconte jusqu’où l’homme peut aller dans sa quête de l’immortalité. Jusqu’au bout du sordide, de l’inhumain.

J’ai lu le livre d’une traite. A peine ouvert, impossible de le refermer. Il va vous prendre dans ses filets et vous allez adorer et en redemander, encore et encore. J’ai beaucoup de tendresse pour ce roman qui nous entraine dans un monde absolument terrifiant, un futur que l’on ne souhaiterait pas connaître, mais qui reste intriguant, envoûtant.

De l’action. Une belle histoire. Des personnages attachants. Tout est décrit en finesse. Une écriture très pointue. Les mots sont là pour toucher au cœur. Un roman terriblement réaliste et humain. Et cette fin, cette fin, cette fin… Une pure merveille. Totalement inattendue et profondément humaine. J’ai kiffé. Complètement.

Un roman à lire, à chouchouter, à conseiller. Un très beau roman. Ne vous privez pas.

Ma note 19/20

ISBN 9791023606966

Editions Publishroom

Broché 15€  Kindle 2,99€

Un jour, un moment

C’est arrivé. Un jour. A un moment. Un moment furtif. Immobile dans le temps. Un temps furtivement lent. Furtivement long. Le genre de moment qui vous marque. Qui vous fait oublier l’instant. L’instant présent. L’instant important. Plus important que le souffle de la vie. Ce moment là….

clouds-21156__340C’est arrivé. Personne ne l’a su. Personne n’a voulu le savoir. C’est arrivé. Dans une indifférence générale. Un moment invisible. Lumineusement invisible. Bruyamment insonore. Un jour qui semble être comme un autre. Mais si unique. Si insaisissable. La nouvelle est tombée…

Une nouvelle incroyablement violente. D’une violence crasse. D’une violence sans nom.sunset-205717__340 Le genre de violence qui balaye tout sur son passage. Qui vous laisse à genoux. Sans voix. Sans souffle. Une tempête. Un raz de marée. Tout à été balayé. Emporté. Noyé. Brisé. Même l’horloge du temps. L’horloge de la vie.

Il s’en est allé. Il a tiré sa révérence. Il s’est enfui. Il a fui. Sur la pointe des pieds. Doucement. Sournoisement. Il s’en est allé. Laissant la place au silence. Au terrible silence. Silence de désespoir. Silence de culpabilité. Silence… Il n’est plus. Il ne sera peut-être plus. Pas la peine de le chercher. Il est resté introuvable. Il a louvoyé entre les moments de la vie. Il s’est éclipsé. Il s’en est allé, oubliant cette marionnette branlante de la vie. Il s’en est allé. Sans un regret. Sans un regard en arrière. Le bonheur….

Divine Corruption -Tome 1 Déviance David & Alexandre Rousseau – 2018

4ème de couverture

Que devient-on à notre mort terrestre? Un paradis, un dieu aimant et bienveillant attendant patiemment notre venue, facétie ou vérité? Derrière la beauté se cache parfois la pire des cruautés.

Joseph est un soldat humain tricentenaire, ambitieux, à la recherche d’une opportunité rare, rejoindre la caste céleste. Pour ce faire, il entre au service d’un archange manipulateur et avide de pouvoir qui l’entraîne dans une course pour sa propre survie. Fier et déterminé, il accepte sans hésitation la tâche qui lui est confiée, loin d’imaginer toute la portée de cette décision

 

Mon avis

En ouvrant ce roman, j’ai plongé dans un monde que je n’imaginais pas. J’étais même à des lieues de l’imaginer. Ce qui est sûr, c’est qu’on rentre de plein pied dans l’histoire, dès la première page. Dans l’autre monde. Un monde que l’on souhaite ne jamais connaître. Qui frappe l’esprit dès le départ. L’horreur. Le cauchemar  dans toute sa splendeur. C’est ce qui, bizarrement, rend l’entrée en matière intéressante. La curiosité vous happe et vous fait oublier l’horreur du moment. Cependant, on se rend compte de cette horreur de la situation que très tard dans la lecture tant les mots sont bien choisis et que l’atmosphère n’est pas étouffante.rousseau (2)

Après cette entrée en matière, on entre dans l’histoire dans la foulée. Tout va vite et lentement. La suite de l’histoire se déroule avec beaucoup de beauté, d’imagination. Rien à voir avec le début. Ce qui est surprenant, c’est qu’on se laisse emporter dans cette quête du pouvoir avec presque de la tendresse pour les personnages dont les portraits sont si riches, si complets, si réalistes. Chacun d’entre eux est pourvu d’une âme, d’une ambition terriblement humaine. A tel point que l’on s’identifie à eux naturellement. Même les batailles pourtant si sanglantes sont d’une beauté à couper le souffle.

Les lois au début de chaque chapitre vous promettent un monde différent de celui visité et pourtant si complémentaire. Votre curiosité est, ainsi attisée et vous n’avez qu’une hâte: tout découvrir de ce nouveau monde et de son histoire.divine corruption

Selon moi, les derniers chapitres des romans démontrent les qualités d’un écrivain. Et ici, on est servi. La fin est terriblement tendre, humaine, vivante. C’est d’autant plus beau qu’il s’agit d’un roman écrit à quatre mains. A aucun moment, on ne s’en rend compte. Un seul esprit, une seule histoire. Et quelle histoire! A croire qu’elle a été écrite par des jumeaux monozygotes. Pourtant, bien qu’ils soient frères, David et Alexandre Rousseau ne sont pas jumeaux et encore moins monozygotes. Avec Joseph, La céleste, Thola et les autres, ils nous font passer un excellent moment dans leur monde des cieux.

rousseau (3)J’ai aimé. Que dis-je? j’ai adoré ce roman. Je m’y suis perdue avec bonheur. J’y ai été l’otage admirative et terriblement consentante des personnages, de leur histoire. Je recommencerai avec autant de plaisir. Quand j’ai refermé Divine corruption, mes premiers mots ont été « oh, bon sang, oh mazette ». En général, quand je dis ça, c’est que la bavarde que je suis se retrouve muette de bonheur. Un livre à lire, à conseiller tant il est beau. Tant il est bon. A lire tout simplement

Ma note 19/20

ISBN 9781980500124 – 305 pages – Editions Amazon

Broché 16€

E-Book 4,99€

Points de vente: Amazon KDP Kobo, divinecorruption.fr

Moi, la dyslexique…

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Un jour, parmi tant d’autres, j’ai rêvé d’écrire. J’étais bien jeune. juste rêvé. D’un livre. D’une histoire. Peu importe l’histoire. Juste une écriture. J’avais six ans et la vie devant moi. Je ne me souviens plus de cette histoire. Peut-être sur la danse. Le chant. Les contes. Ils étaient mes désirs les plus fous. Je l’ai écrite, cette histoire. Avec ma dyslexie. Mon cerveau qui butait sur les lettres, les mots. Mes lettres absentes ou totalement déformées. Mes mots hachés. Incompréhensibles. Mais je l’ai écrite mon histoire. Elle ne ressemblait à rien. Elle était tout pour moi. J’avais six ans. J’ai toujours continué. Persévéré. Rêvé mon rêve…J’ai écrit mon premier livre. J’y suis arrivée. Moi, la dyslexique!

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