L’utopie NanoTotal – Vincent Ferrique – 2017

Quatrième de couverture

Dans un futur proche, les peuples ne s’entredéchirent plus. Les famines sont reléguées aux oubliettes de l’histoire, ainsi que le chômage, la maladie ou la misère. Sous la houlette des puissants de ce monde, NanoTotal, une archi-société de haute technologie, a réalisé l’impensable: pacifier la Terre. Mais, quel prix a payé l’humanité pour cette utopie? Un jeune homme qui échappe à l’emprise de NanoTotal le découvrira, bien malgré lui…

 

Mon avis

En refermant l’utopie NanoTotal, je suis restée pensive. En toute positivité. « Oh mazette, pourvu que cela n’existe jamais ». Telles ont été mes premières pensées.  Dès les premiers chapitres. Que penser d’un monde utopique? Est-ce un monde dont rien n’est maîtrisé? Un futur où les sentiments, quels qu’ils soient, se font linéaires? Est-ce le monde que nous souhaitons? Du fait de ses études scientifiques, Vincent Ferriqueferrique anticipe-t-il le monde de demain? C’est intrigant. Merveilleusement. Et c’est si bien raconté.

La lecture de l’utopie NanoTotal nous fait réfléchir sur notre société actuelle. Notre société de consommation. Avec étonnement, nous suivons Sockys et Michellin dans leur quotidien plein de bonheur. Extatique.  Que direz-vous d’une très belle vie? Paisible? Lisse? Uniforme? Imaginez-vous vivre dans une société où le moindre de vos désirs sera assouvi? Où vous n’aurez plus de choix dantesque à faire? Cela semble merveilleux. Oui, en effet. Jusqu’à ce qu’un minuscule grain de sable vienne gripper la machine. Merveilleux grain deutopie sable!

L’utopie NanoTotal  est un vrai délice de lecture. Les chapitres sont courts et l’écriture est très fluide. J’ai adoré les clins d’œil à notre société de surconsommation et géopolitique actuelle. Il s’agit d’un livre qui dérange et fait poser les bonnes questions. Un roman qui nous fait entrevoir un monde avilissant qui ne dit pas son nom. Un monde qui existera peut-être d’ici quelques décennies.  La cerise sur le gâteau est à la fin du roman. Un pur bonheur!

Un livre pour les gourmands, les gourmets des livres. A dévorer sans modération. Pour se délecter. Surtout, n’oubliez pas entre deux gorgées de thé, d’entrevoir notre futur. Allez-y, régalez-vous!!!

Ma note 18/20

ISBN 9782490121114  Ed. AFNIL   258 p.    Broché 9,50€  Format Kindle 2,99€

 

 

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Chicha – Virginie Vanos – 2016

Quatrième de couverture

Chicha, un petit chat, tente de sauver sa maîtresse de ses comportements autodestructeurs. A près de 40 ans, Charlotte et Laura transforment diamétralement leurs vies, chacune à sa façon… L’ami de Félix, rejeté par les siens, trouve sa voie en dehors des sentiers battus, alors que Rose fait de son existence un hymne permanent à la joie.

Ces cinq personnages aussi atypiques qu’attachants, passant du rire aux larmes, de l’abattement à l’espoir le plus fou, nous plongent dans une réflexion intense sur ce droit inaliénable qu’est le bonheur.

 

Mon avis

Une histoire douce. Belle. Tendre. Chaleureuse. Entre un chaton et sa maman humaine. Une histoire d’amour inconditionnelle. Merveilleuse de beauté. De souffrance. Telle est la première nouvelle qui nous laisse rêveur tant elle est tragiquement belle. Belle danschicha toute sa tristesse.

La seconde nouvelle m’a fait sourire. L’image, l’idée que les gens se forgent sur les autres est intrigante. Un beau message d’espoir. De résilience. De belles leçons de vie. De tolérance. D’amour de l’Autre. Quelle que soit sa différence. Et je ne vous parle que de ces nouvelles!!vanos V.

Chicha est un recueil qui se lit en un battement de cils tant les histoires sont émouvantes. Pleines d’une profonde tendresse. Chaque mot renvoie à soi. A l’autre. Pour regarder au fond de soi et faire taire les préjugés qui enlaidissent les relations humaines. Une ode à la tolérance. Un recueil à mettre entre les mains de notre jeunesse, de tous, afin que l’Humain ne soit aimé que pour ce qu’il est. Ce qu’il a le droit et la liberté d’être.

Que de beaux, de bons moments en compagnie de Chicha. Un conseil: Lisez-le! Offrez-le! Juste une chaîne d’amour, de tolérance à la face de notre monde actuel.

Ma note 17/20

ISBN 9782334197335  Ed. Edilivre  68p.   Broché 9€

Parfum de femmes océanes – Chris Ravéri – 2018

Quatrième de couverture

Gwendoline, jeune armatrice et patron de pêche dans le port Breton de Guilvinec, est amoureuse de l’océan depuis sa plus tendre enfance. Elle commande un chalutier avec un équipage exclusivement féminin. Sa beauté naturelle séduit aussi bien les hommes que les femmes. Eprise de liberté, elle concoure à la reconnaissance réelle de l’égalité professionnelle entre les sexes.

Elle aime la vie et affronte ses aleas, comme l’océan, passionnément et courageusement. Une rencontre l’amène à découvrir l’amour homosexuel. Son mentor disparu, son rand-père, Merlin, continue à la soutenir de l’au-delà. Mais, les difficultés de son métier et sa liaison l’entrainent sur des voies inhabituelles et insoupçonnées. Sera-t-elle capable de s’en sortir indemne?

 

Mon avis

J’avoue que j’y suis allée sur la pointe des pieds car la romance n’est pas du tout ma tasse de thé. Je ne suis pas du tout amatrice d’histoire d’amour. Mais, je souhaitais sortir de maParfums-de-femmes-oceanes zone de confort. Ce qui permet de faire des découvertes. Ce roman raconte une aventure de femmes.

Une histoires de femmes fortes. Libres. Elles viennent d’horizons différents et partent à l’aventure. Une histoire d’amour du vingt et unième siècle. Amour de femmes d’une grande force. En apparence. Mais, si fragiles. A travers cette histoire, on découvre la vie de marins-pêcheurs. Une vie très prenante. Qui se lie aux éléments. Très dure. Mais ô combien exaltante. Ce monde d’hommes. Cette sphère où gravitent très peu de femmes.

Les mots sont simples. Les chapitres ne sont pas trop longs. Gwen vit sa vie de femme à toute vitesse et découvre l’homosexualité. L’amour à trois. Tout simplement. L’amourParfums-de-femmes-oceanes peut paraître parfois exigeant. Il oblige souvent à des choix plus ou moins difficiles. Quelle que soit la force d’un être humain, il succombe presque toujours aux exigences imposées par le cœur.  Ce qui est le cas de Gwen , de ses amies.

Ce livre plaira beaucoup aux amateurs d’histoires d’amour. Il s’adresse à un public averti. Un roman facile à lire malgré quelques longueurs dans les descriptions. Une histoire d’amour qui vous fera traverser l’Europe. A lire pour rêver.

Ma note 14/20

ISBN 9782355196638  Ed. France Libris  251 p.  Broché 14,90€

Maldonnes – Virginie Vanos – 2018

Quatrième de couverture

Le paisible quotidien de Boris et sa sœur Mélanie est bouleversé par la venue d’une cliente pas comme les autres dans leur épicerie. Mannequin de haut couturier, Elisabeth Mayne, les éblouit tous deux par sa grâce et sa sympathie. Les deux femmes se lient d’amitié , tandis que l’amour naît progressivement dans le cœur de Boris. Mais derrière sa beauté de façade, la célébrité se révèle une arriviste égocentrique venue semer le trouble. Les apparences sont trompeuses et le jeu de dupes qui s’instaure entre les personnages mène bientôt à un drame inéluctable. A travers le destin tragique de cette idole sacrifiée au culte du paraître, Virginie Vanos entend dénoncer les dangereux travers de la société contemporaine.

 

Mon avis

Tout commence par une belle nostalgie. De celle qui nous arrive à tous et qui nous renvoie à nos propres souvenirs. Une rencontre somme toute banale. Etrangement banale. Puis, vient la curiosité. Le désir de connaître. De savoir. De rencontrer. Humainement. Sans fards. Deux mondes qui se heurtent et fusionnent. Des hasards de lamaldonnes vie.

C’est avec une grande curiosité que j’ai commencé ma lecture. Trop curieuse de ces histoires. Si différentes. Faites de rêves avortés plus ou moins digérés. Acceptés. Des vies si différentes et pourtant si semblables. Une belle histoire. Ce que j’ai aimé, c’est la manière dont chacun raconte son histoire. Sa vie. Ce regard porté sur l’autre. Bizarrement, j’ai adoré Elisabeth et sa grande fragilité. Elisabeth et saMaldonnes chro force apparente. L’image qu’elle véhicule de son moi intérieur. Son égocentrisme apparent. Je me suis attachée à elle. Avec beaucoup de tendresse.

La lecture se fait facilement. Les chapitres sont courts. Pleins d’humour. De sensibilité. ils dépeignent en parallèle la vie de chacun des personnages. Des personnages auxquels on s’identifie facilement. Dans cette histoire, qui a manipulé l’autre et s’est fait des illusions? Attention au retour à la vraie vie. La lecture reste très agréable et les personnages sont quelque peu énigmatiques. Chacun à sa manière. Je reste dans l’expectative quant à leurs actions. Quels sont les liens qui tissent une amitié? Quelles en sont les attentes?

Maldonnes est un livre qui se lit d’une traite. Un livre sur l’illusion humaine. Même après l’avoir terminé, j’ai continué à penser aux personnages si attachants. Aux quiproquos qui peuvent blesser, briser une vie, altérer une image que l’on peut avoir de l’autre. Une réflexion sur la nature humaine.

Un livre qui fait passer de bons moments. Léger. Facile à lire.

Ma note 15/20

ISBN 9782414182190  Ed. Edilivre  146 p.   Broché 13,50€

 

 

Global work: on marche sur la tête – Angeline Vagabulle – 2016

Quatrième de couverture

Angeline a en charge une multitude de projets auxquels contribuent des collaborateurs de nombreux pays dans une grande entreprise globale.

Un jour, grâce à un manteau qui la distingue dans l’environnement gris  des Grandes Tours de La Défense, elle décide de regarder les choses différemment, de s’amuser des situations, de rire des absurdités d’un monde technologique qui lui complexifie la vie au lieu de la lui simplifier, observe en souriant ces hommes et ces femmes qui courent dans des gares et des aéroports en tirant des valises à roulettes qui font « zui, zui », s’interroge sur le lien entre l’épaisseur de la moquette et son niveau d’influence dans l’entreprise, essaye de concilier sa vie de femme et de maman avec sa vie professionnelle qui tourne 24h/24 au rythme du business global.

Vous ne regarderez plus votre boîte mail ni vos collègues de la même façon après avoir lu ce livre, illustré avec humour par Renard.

 

Mon avis

Le monde du travail dans toute sa splendeur! Qui n’a jamais regardé avec du recul, de la curiosité voire de l’humour, le monde qui nous entoure? En lisant Global work, je me suis retrouvée face aux réflexions que je me faisais quand j’évoluais dans le monde de la santé. Cette réflexion qui va au fond des choses. De l’être humain. De ses manies. Endosser la blouse avant d’entrer dans son service, c’était laisser sa vie au vestiaire et seglobal work l’approprier en partant. Je ne suis pas la seule à avoir le cerveau à l’envers. C’est réconfortant.

Au début, j’ai souri. Puis, je me suis surprise à rire aux éclats. Ce livre raconte le monde du travail (quel que soit le métier). Côté absurdité. Côté humour. Pour notre plus grand plaisir. Chaque caricature représente quelqu’un qu’on a côtoyé. Les croquis illustrent bien ce monde qui court après le temps. Qui brasse de l’air. Pour exister. Pour faire face au néant. Pour aller versA. Vagabulle l’infini. Avec beaucoup d’humour et de tendresse, Angeline Vagabulle et son acolyte Renard (dessinateur) nous font vivre le monde du travail au travers du regard d’Alice au pays des grandes tours.

Je pense que ce livre dont les chapitres sont courts et bien illustrés vous parlera comme il m’a parlé. Les petits relevés quotidiens nous confortent dans l’idée que cela fait du bien de rêvasser dans ce monde de fous.  On lit avec délectation. Sans voir défiler le temps. Vous vous régalez avec l’écrit et les croquis sont la cerise sur le gâteau. Vous vous retrouvez hoquetant, la larme à l’œil, tant vous riez.  De bons moments à partager. N’hésitez pas. Lancez-vous. Effacez la morosité qui vous entoure!

Ma note 16/20

ISBN 9782955545201   Ed. Les Funambules 152 P.    Broché 15€ Kindle 4,99€

Le poème dont vous êtes le héros – Guillaume Prié – 2017

Quatrième de couverture

Et je me penche alors, je regarde les flots:

c’est ma vie que je vois, je suis une goutte d’eau

un être qu’on emmène, sans lui dire où il va

Vers la mer où finit son voyage ici-bas

Rencontre avec quelques gouttes d’eau intimement liées les unes aux autres, qui rêvent de vivre et vivent pour rêver. En refusant de se laisser ballotter par les évènements et les règles imposées, ils découvrent petit à petit que la vie qu’on mène est, toujours, celle qu’on choisit. Que si la destination est connue, il n’est jamais trop tard pour détourner la rivière!

 

Mon avis

De la poésie. Des strophes qui accompagnent des tranches de vie. Des vie de Monsieur et Madame Tout le monde. Des strophes. Des vers croisés ou embrassés qui débutent chaque vie. Une poésie qui vagabonde et tisse des vers dans la vie des personnages et lesguillaume Prié lie à jamais les uns aux autres.

Du sérieux. De l’humour. Un humour très fin. Qui se lit dans les mots. Entre les mots. Dans les pensées des personnages. Personnages sublimes de suffisance, tel Anatole. Anatole qui reconstruit le monde. Son monde, au gré des discussions. Discussions de Ban Bayan. Ban Bayan qui reprend sa vie en main, comme tous les personnage de ce livre. La lecture est très fluide.

Les mots sont secs. Francs. Précis. Profonds. Ils chantent une ode au renouvellement. Au recommencement. A la renaissance. Les mots font la ronde autour des vies, des destins. Et tel le fil d’Ariane les guident vers leurs choix. Leur destinée.  Des mots qui chantent la liberté. Le renoncement qui annonce l’accès à une autre vie.  La poésie n’est pas que dans les strophes. Elle est aussi dans les textes. Textes qui peuvent être d’une bellepoème héros légèreté. Légèreté  faite de profondeur. Profondeur des personnages. De leur vie. De leur âme. De leur destin.

La lecture est rythmée. Poétique. Profondément belle. Le poème dont vous êtes le héros est un petit livre riche de beauté. Qui tient dans la main. Dans la vie. Qui chante la vie  et l’embellit. Il est d’une rare beauté. Beauté subtile. Subtilité des mots. Des histoires. Le poème dont vous êtes le héros vous fait réfléchir à l’influence que vous pouvez avoir sur votre vie. Vos choix de vie. Votre devenir. Qui n’a jamais pensé  » Et si j’avais fait Autrement…? ». Ce livre peut être une très belle réponse. Il se termine par un beau recueil de poème qui nous régale de rêves. De force.

A mettre entre toutes les mains. Sans modération. Un livre qui chante la liberté de penser. De choisir. D’être tout simplement.

Ma note 16/20:

 

ISBN 9782956207009  Ed. Le livre en papier   185 p.

Planète centrale – Yaël-July Nahon – 2018

Quatrième de couverture

Aya Stilstone vient de la Planète Centrale colonisée par les humains depuis des temps immémoriaux. Elle est la jeune capitaine d’un gigantesque vaisseau-déchets, le 55B. Elle vogue seule de planète en planète pour accomplir sa tâche routinière.

L’abordage du 55B par un navire-corsaire va bouleverser la monotonie de sa vie. Les révélations du commandant Shamgar sur la réalité de sa planète, régie par un système autoritaire fait d’intrigues, de guerres larvées, de coups d’Etat feront s’effondrer les certitudes de l’indisciplinée Aya.

En découvrant un nouvel univers où le pouvoir n’est pas là où on le pense, un univers où l’obéissance aveugle n’est pas une fatalité, un univers où les guerres sont légion tout comme l’émerveillement et l’amitié qui lui était jusqu’alors inconnue. Aya devra s’affranchir du système d’enfermement imposé par la Planète Centrale pour concrétiser son désir de liberté. Des aventures l’emmèneront dans des mondes inconnus, à la rencontre de peuples fantastiques et attachants aux coutumes étranges sur fond de guerre intergalactiques.

 

Mon avis

Au tout début de ma lecture, mon cerveau  s’est fixé sur Aya. Je lui enviais littéralement le fait d’évoluer seule dans son monde. Sa galaxie. En toute liberté. Qu’est-ce que la liberté? Pour l’héroïne, ce sera beaucoup de choses. Une aventure. Quelle aventure!! DuCVT_Planete-Centrale_166 caractère. Beaucoup de caractère pour cette héroïne qui ne sait pas faire comme tout le monde.

La lecture se fait en douceur. La zénitude de Aya nous accompagne et nous contamine. En toute positivité. Les descriptions des personnages sont faites avec beaucoup de tendresse, de légèreté, d’humour. D’humanité. Ce qui les rend si attachants. Dans toute cette légèreté, il y a des moments forts. Très forts, voire rudes. Au cinéma, la musique se serait faite plus intense dans ces moments: TAN DAN.. TAN DAN… Ce qui n’enlève rien au plaisir de lire. De découvrir le charisme des personnages et la beauté de l’histoire. Au contraire.

Planète Centrale est un livre qui se lit avec beaucoup de bonheur. Le « waouh » estplanète cent. présent jusqu’au bout. L’histoire tient la route. Elle est belle. Très belle, malgré le Monde froid dans lequel elle se déroule. Aya reste un personnage attachant tant elle peut être rêveuse et rebelle.

J’avais le sourire aux lèvres en refermant ce petit bijou. Un sourire songeur. Planète Centrale est un beau livre. Dur. Tendre. Un livre que l’on n’oublie pas dès le mot « fin ». Quelle belle histoire! Forte! Douce! Chaleureuse! J’ai adoré chaque mot. Même celui de « fin » qui n’annonce qu’un début. Un peut-être. Un « et si… ». A lire avec un bon verre, un bon thé à la main ou un Margarita, peu importe le lieu ou l’instant.

Ma note 18/20

ISBN 9781612277578  Ed. Rivière Blanche  176 p   broché 17€

 

La résiliente – Orianne Valdeau

Quatrième de couverture

L’histoire d’une femme des années quatre-vingt ou autant d’histoires que de chapitres dont chacun pourrait, l’un après l’autre, constituer la base d’un roman… Pourquoi une même vie accumule -t-elle autant d’épreuves? Résultent-elles d’un mauvais karma, d’une mauvaise étoile ou sont-elles de la responsabilité de l’héroïne et de ses choix? Choisit-on vraiment le cours de sa vie? Du « comment as-tu pu supporter cela »? au « Ta force nous effraie », le regard des autres sur une résistance peu particulière. est le point de départ de ce récit. La résilience, cette faculté de surmonter, par sa propre force, les obstacles est au cœur de ce roman, où trouver l’énergie en est le fil conducteur.

Pour fond: la difficulté d’être femme dans une époque et une France dites égalitaires. Pour sujet, les thèmes forts de notre société; l’échangisme, la famille mono parentale, la pédophilie, le handicap mental, l’inceste, le suicide, les addictions alcool et drogue, les institutions telles que le monde carcéral, l’administration juridique ou la psychiatrie, l’inégalité et la difficulté des femmes dans le monde du travail, l’accès au logement, la vie dans la rue, le décès d’un enfant, pour les principaux.

Il y a quelque chose à donner aux autres plus fragiles, plus touchés ou n’ayant pas simplement cette capacité à surmonter l’inacceptable. La résilience n’a pas de recette, ce récit non plus. Peut-être quelques pistes à cerner au détour des confrontations aux maux de notre société. aux réponses bonnes ou mauvaises apportées par une femme de tempérament, au choix qu’elle fait de ne jamais baisser les bras.

 

Mon avis

Que dire de ce roman? Un roman fait de miettes de vies? Et, quelles miettes!! Qu’il est beau. Tout simplement. Qu’il est humain. Qu’il est humble. La résiliente se lit d’une traite. Facilement car les chapitres sont courts. L’écriture est simple. Il est superbe. De vie. De force. De belles histoires en kaléidoscope. Des histoires faites de mots. De maux. Des mots qui disent, qui expliquent des maux. Comment continuer à aimer la vie quand cette dernière vous a éprouvé plus qu’il n’en faut? Quand, comme Job, vous allez au fondla-resiliente de la douleur, de l’horreur, pour en revenir encore plus fort, encore plus courageux? Je vais vous faire un aveu. Il est rare que je lise aussi rapidement un livre: j’ai mis trois heures. Ce qui veut tout dire.

L’histoire d’une lutte récurrente. une lutte de chaque instant pour garder sa vie en main. Faire face. Toujours. Ne pas plier. Les mots sont naturels. Naturellement beaux. Naturellement forts. Que de belles batailles! Que de belles victoires! Un livre bouleversant qui vous remue l’âme et vous donne l’envie de prendre Sophie dans vos bras. Pas par pitié. Non, ce serait insultant. Mais, par respect pour sa force.

Un livre de tendresse. Un livre de douceur. Malgré les maux. Un livre où l’enfer est de plus en plus glauque. Où l’Humain montre son côté obscur. La profonde noirceur de son âme. j’ai eu beaucoup de respect pour ce petit bout de femme qui va au plus profond de la vie pour pêcher un sourire, y prendre une volonté de fer. Pour survivre. Pour vivre. J’ai adoré La résiliente. J’ai aimé les mots. C’est une ode à toutes ces personnes anonymes qui se battent tous les jours pour exister. Juste exister. A lire. A conseiller. A garder à son chevet. Une belle leçon de vie.

Ma note 17/20

ISBN 9782367281049      216 Pages      Les plumes d’Ocris      Broché 20€

 

Singularité – Léo-Paul Bailly-Kermène 2017

Quatrième de couverture

Comment vivre quand la mort n’existe plus? Développé dans la Silicon Valley Par les grandes entreprises technologiques, le processus de Conversion permet désormais de conserver les consciences individuelles dans le cloud, altérant les fondements de la société humaine.

Dans Londres, transformée en profondeur par le changement climatique, Oscar succombe peu à peu à l’ennui qui a déjà gagné une humanité sans but. Une rencontre fortuite l’amène à découvrir ce que vivre signifie dans un monde dominé par une dictature numérique.

 

Mon avis

En voilà un roman intrigant. Un roman que ne renierait pas Orwell. Il semble être la suite de 1984. J’avoue que j’ai soupesé le livre. J’ai tourné autour comme pour une danse vaudou. Comme pour l’exorciser. Tout cela en me demandant où je mettais les pieds. Un scientifique. Un roman. Trouvez l’erreur. Entre nous, il n’y en a pas. Comme j’adore réfléchir en lisant (si, si, c’est vrai!), j’ai passé les deux premiers chapitres dans une totalesingularité désorientation temporo-spatiale. Puis, eurêka, j’ai compris. Eh oui, j’ai enfin compris. Et la lecture a été plus paisible.

Ce roman est écrit dans un parfait style des écrivains américains avec des descriptions très détaillées. Ce qui permet de bien mettre les personnages à leur place. A l’inverse, cela peut, parfois alourdir le récit. Cependant, il ferait un parfait scénario. L’histoire se lit facilement et tient la route.  Les chapitres sont courts. Le titre sied au roman qui est singulier. L’histoire est belle et très bien écrite. Léo-Paul Bailly-Kermène nous emmène dans un monde qui nous fait réfléchir. L’immortalité? Oui, et après? Comment gérer les limites des découvertes? Est-ce l’essence même de l’homme?

On rentre dans un monde où l’ennui est roi car tout est déjà prévu quant à l’avenir de tous les hommes. Tout est millimétré, posé, carré. Aucune place pour un moment de folie. Toute la vie des personnages immortels tourne autour d’un objet insolite et multifonctionnel.  La manipulation génétique est un geste tellement courant que cela ne questionne plus, sauf certains. Mais, peut-on revenir en arrière? A quel prix? Par contre Singularité questionne le monde d’aujourd’hui où tout est eugénisme. Un  monde oùsingularite l’homme est à la recherche de la jeunesse éternelle. Je pense que ces adeptes devraient le lire.

Singularité est un roman d’anticipation dérangeant. Dans le bon sens du terme. Le monde dans lequel évolue les personnages paraît froid. Aseptisé. Les sentiments n’ont pas leur place. En refermant le livre, je suis restée pensive. Dans le bon sens du terme. Je suis très intriguée et je me questionne. Je reste dans l’expectative et mon impression est très mitigée. Une fois refermé, je l’ai gardé longtemps dans mes mains pour analyser mes ressentis. Mes pensées se sont bousculées. Je n’arrive toujours pas à trancher: J’ai aimé le roman, l’histoire. Mais, je ne suis pas arrivée à faire la part belle aux personnages, même à Oscar et Rose. Un roman qui ne laisse pas indifférent, c’est sûr.

Ma note 15,5/20

ISBN 9782889490080   Ed. 5 sens   Broché 17,50€

L’exilée – Virginie Vanos – 2016

4ème de couverture

Après la fin tragique de son meilleur ami, Marek , un jeune pédiatre timide et passionné, se lance à la recherche d’Alexandra, la femme qui fut l’ultime passion d’Axel.

Entre Genève et Bali, en passant par la Turquie et le Mexique, Marek tente de percer  les mystères de cette femme audacieuse et ambiguë, et de comprendre le lien étrange qui l’unissait à son ami. Au fil de voyages et des rencontres, Marek arrivera t-il à retrouver Alexandra?  Et celle-ci lèvera t-elle le voile sur la vraie nature de ses sentiments?

 

Mon avis

l'exiléeDire que j’ai voulu sortit de ma zone de sécurité! J’ai souhaité changer de registre. Eh bien, vous savez quoi? Je ne le regrette pas un instant. C’était un bon choix de ma part. L’exilée est un beau roman. Une belle histoire bien écrite. A la première personne. Ce qui facilite son identification au héros, Marek. On prend sa place tout naturellement.  Une recherche qui nous plonge dans les méandres d’un passé qui fut heureux mais mystérieux. Les chapitres sont courts et agréables à lire.

 Il s’agit de l’histoire d’une amitié. Une amitié entre hommes. Une grande amitié. Presque une fraternité. Une histoire simple d’une quête vitale. Amicale. Humaine. Je me suis retrouvée embarquée dans cette quête. A la recherche de la vérité.Vanos Vi. Une recherche faite de rebondissements, de douleurs cachées, d’âmes en peine. Le tout avec une forte impression d’attendre Godot. Une attente positive.

Marek, ce jeune médecin, essaie-t-il de faire le deuil d’une amitié? Va-t-il trop loin dans ses démarches? Que découvrira-t-il ? Cela valait-il la peine de remuer ciel et terre? Trouvera-t-il ce qu’il cherche? L’histoire ressemble à une fuite en avant. Au bout de soi. Au bout de la douleur. Au bout de la vérité. Le prix à payer  par Alexandra pour retrouver sa candeur. Son droit à la vérité. Son droit à être soi. Son droit à être vraie. En toute intimité.

vanos0 (2)Quand j’ai refermé ce livre, je suis restée rêveuse. Positivement rêveuse. C’est un très beau roman. Tout en douceur. Un roman subtile qui se déroule autour d’une énigme. Tout en finesse. Avec une sorte de tendresse envers les personnages principaux: Marek et Alexandra. Une histoire splendide. Un roman comme on les aime. Avec une fin qui surprend, mais qui génère une énorme tendresse. Une furieuse envie de materner les personnages. Quand j’ai refermé ce livre la seule chose que j’ai pu penser très fortement. Presque un cri. Un cri qui vient du cœur. Ce fut: « Bon sang! ». Vous avez compris, j’ai aimé. Tout simplement.

Ma note 17/20

ISBN 9782334060486 – Editions Edilivre – 128 p – 2016

Broché 13,50€