Dans l’ombre de l’Afrique – Djakaridja Ballo – 2017

Quatrième de couverture

Dans les méandres de l’Afrique, entre valeurs, spiritualités et traditions, deux jeunes gens tombent amoureux. Un amour interdit par une coutume intrigante : la parenté à plaisanterie, un lien instauré entre certaines tribus afin de privilégier une meilleure cohabitation.

Peut-on échapper à des rites anciens dans le monde actuel? L’amour est-il le moyen de s’en affranchir? Est-ce réellement une bénédiction pour préserver les peuples ou une malédiction pour les séparer? D’une plume aussi avisée que poétique, l’auteur nous entraine au cœur des coutumes de l’Afrique. Une belle façon d’attirer notre attention sur un continent aux mille et une facettes.

Djakaridja Ballo tend à casser subtilement les préjugés en dévoilant l’origine de cette parenté. Ainsi, il soulève l’ingéniosité des sages africains dans leur volonté de conserver une paix sociale depuis des siècles dans une Afrique qui n’a de cesse de se déchirer.

Mon avis

L’Afrique. Terre de traditions. Dans un monde moderne. Comme le dit le proverbe « si tu veux savoir où tu vas, regarde d’où tu viens« . C’est un peu le message de Dans l’ombre de l’Afrique. C’est ainsi que vit Sory, entre l’apprentissage de la tradition, le respect des interdits, des coutumes ancestrales et l’apprentissage du monde moderne. Comment agir quand la tradition empiète sur la vie moderne, sur la vie intime et la rend difficile?

Le destin de Sory qu’il veut lier à son continent passe par des études en Europe. Alors, l’amour naquit et le monde s’écroula. L’interdit s’invita. Que faire? Penda et Sory pourront-ils vivre cet amour interdit? Pourront-ils passer outre la tradition?  Les règles ancestrales? L’absence de bénédictions des ancêtres?

Dans l’ombre de l’Afrique nous fait rêver. Voyager. Découvrir un monde où les traditions demeurent et règlementent certains actes. Dès les premiers mots, le lecteur est pris dans un tourbillon d’émotions. De sentiments qui l’accompagnent à chaque page. A chaque chapitre, on vibre au son de ce bel amour. Au rythme des battements de cœur de nos Romeo et Juliette africains. Que leur réserve l’avenir? Entre prose et poésie, les pages défilent pour notre plus grand bonheur.

Quand j’ai recherché un roman à livre dans le catalogue varié des Editions du Panthéon, Dans l’ombre de l’Afrique m’a interpelée et je ne l’ai pas regretté.  Eh non, aucun regret. Lire un roman riche. De traditions. D’amour. De force sentimentale. Découvrir le dilemme des deux amants face au tabou transgressé. Comment réagira la famille africaine, si elle savait? Un dilemme dantesque lors du retour sur la terre des ancêtres.  Ces derniers accepteront – ils  de pardonner la transgression de ce tabou?

Le destin de Penda et de Sory embrasse celui de ce continent écartelé entre traditions et modernité. Entre respect des coutumes et réflexions modernes. Les dieux seront-ils enfin magnanimes? Une très belle et très émouvante histoire. Deux êtres face à leur destin. Deux êtres allant au bout de leur amour. En refermant ce livre, on se découvre profondément ému. Les larmes aux yeux. Supputant des rêves « et si« . Laissez-vous envoûter. Vous ne le regretterez pas. Un superbe roman.

Ma note 19/20

9782754739146  Edition du Panthéon   222 p.   18,90€

ACHAT

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Notre vie à trois – Colline Hoarau – 2015

Quatrième de couverture

regards croisés d’un patient et d’une impatiente en lien avec la maladie de Parkinson. C’est une vraie histoire ancrée dans une réalité ni drôle, ni éplorée. Elle est, tout simplement, sans artifice, comme l’authenticité de la vie. Vous serez embarqués dans ce dialogue, l’un faisant écho à l’une.

Mon avis

La maladie. Le malade. L’entourage. Surtout les aidants. Ces petites mains du bien-être du malades. Oubliés de tous. Incompris de beaucoup de monde. Ceux dont la fatigue est une dure réalité et le repos un merveilleux rêve. Ce roman m’a profondément touchée car en tant qu’ancienne soignante, j’ai connu leur souffrance légitime dans toute son ampleur. Leur infinie détresse. Du point de vue du patient, ainsi que de celui de l’aidant.

Notre vie à trois est une très belle histoire de vie. De maladie. De culpabilité qui défile au fil des pages. Au fil des chapitres. Une histoire d’humanité au-delà de la maladie. Au-delà de la souffrance  commune. Une souffrance si différente et si semblable. Cette pénibilité à se voir décliner. A supporter et à partager le quotidien de celui qui ne sera plus. A supporter la difficulté de cette intrusion non désirée. Une intrusion dans la vie sentimentale. La vie intime. Le quotidien. Notre vie à trois  démontre si bien que l’écoute auprès du malade, de l’aidant est d’une importance cruciale. Que déculpabiliser l’un et l’autre est une aide. C’est un roman qui souligne si bien cette colère. Contre soi. Contre l’autre. Contre l’intrus.

Notre vie à trois est un roman beau d’amour. De douceur. De tendresse. Il est profondément beau de colère. De culpabilité. D’incompréhension. De cette sorte de pudeur à refuser l’innommable qui s’infiltre dans les vies au risque de tout briser. C’est le point de vue de deux personnes qui vivent différemment la maladie. Qui se parlent et se répondent via la vie, la routine bouleversée. C’est un roman profondément humain. D’une grande force et d’une terrible tendresse. Tout est si vrai. Si fort. Chaque mot, chaque phrase relate la vie. La lutte âpre  au quotidien pour maintenir la vie ou ce qu’il en reste. Malgré les moments de désespoir, de fatigue, de culpabilité. Une très belle ode à la vie et à l’amour. Un superbe roman.

Ma note 19/20

9781770765528   Editions Dédicaces  104 p.

 

La noirceur des étoiles – livre 1 – Les yeux noirs – Jessica Naide – 2018

Quatrième de couverture

L’univers est vaste, la Nature n’y a plus sa place, et la Deuxième Ethnie n’y voit que source de profit et de conquêtes. N’étant plus le bienvenu dans la plupart des galaxies, le capitaine Iwata Kazuya arpente l’univers en compagnie de son équipage à bord de son vaisseau le Sekai. Jusqu’au jour où son voyage lui fait croiser la route d’un vaisseau en perdition et qu’il sauve d’une mort certaine un jeune homme à la mémoire évanouie.

Le passé à ses trousses, et confronté à lui-même, Kazuya peut-il faire confiance à cet homme qui ignore d’où il vient et ce dont il est capable? Des souvenirs douloureux aux visions prophétiques, Kazuya tentera à ses côtés de répondre à la question qui le hante depuis toujours: dans un univers où la Nature n’est plus qu’une légende, pourquoi celle-ci continue-t-elle de l’appeler sans relâche?

Mon avis

C’est le titre qui m’a interpelée. Quel rapport entre des yeux et des étoiles noirs? La réponse apparait dès les premières pages. Un vaisseau dans ce monde d’étoiles. Un jeune homme aux yeux noirs seul dans un vaisseau abandonné. C’est juste le début de l’histoire. On entre de plein pied dans une scène ubuesque. Très drôle. Une scène où deux personnes se rencontrent. Se découvrent. Se mesurent du regard. Doutes. Confiance ou pas? Peu à peu Kazuya apprend à connaître son nouvel invité Sotcha. Qui est cet homme? D’où vient-il? Où a t-il appris tout ce qu’il sait?

Au fur et à mesure de la lecture, les personnages se livrent au lecteur. Les batailles se suivent et ne se ressemblent pas. On découvre un monde qui n’a rien à envier aux mille et une nuits. Un monde séparé en Ethnies. Un monde où l’amour est un apprentissage. Une manière de baisser sa garde face à l’autre. Un amour qui accepte d’offrir sa confiance. Son corps. Son cœur. Mais, est-ce raisonnable? Dans ce monde spécifique, cet amour est-il réel? Est-ce l’antichambre de la trahison?

La noirceur des étoiles – livre 1 – les yeux noirs est un roman envoûtant. Qui vous traverse. Qui vous renverse et vous entraine dans le sillage des personnages. Dans le sillage de leur force. De leur faiblesse. Un roman qui fait remonter des émotions très fortes. Vous rencontrez des personnages d’une force, d’une fragilité au-delà des mots. Des personnages pour qui la nature est un rêve. Peut-être une réalité. Une probable possibilité. Des personnages qui cherchent à la trouver.  A communiquer avec elle. A être la nature. Est-ce un rêve qui se réalisera? Kazuya la rencontrera t-elle enfin?

La noirceur des étoiles – livre 1 – les yeux noirs est un roman qui se lit d’une traite. Les pages, les chapitres défilent dans ce monde de chaos où l’homme retrouve son âme. Ses désirs. L’amour. Le tout dans une extrême douceur malgré la violence environnante. Un superbe roman.

Ma note 18/20

9782956385318  381 p. 18€ broché

Dangereuse comédie à Bamako – Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2018

Quatrième de couverture

La charmante Malienne vida d’une traite, la tristesse dans l’âme, le verre de whisky que l’on venait de lui tendre. Elle remercia ensuite l’employé de l’Evasion, l’un des dancings mythiques de la capital malienne, et sortit après avoir posé le contenant sur le comptoir. Une fois dehors, l’air chaud fouetta brutalement le visage de la Bamakoise qui eut l’impression d’avoir la tête lourde. Le malaise s’accentuait au fur et à mesure qu’elle marchait. A un moment donné, elle fut en proie au vertige. La nausée l’indisposa. Le whisky était-il empoisonné? Tout à coup, le vide s’installa dans son esprit et ses jambes la  lâchèrent. Elle s’écroula. Non loin de là, les derniers fêtards eurent l’impression qu’une très forte lumière s’extirpa de la masse corporelle qui était allongée à même le sol et se dirigea, en tourbillonnant, vers le haut pour disparaître dans le ciel noir et très étoilé. Ainsi Aïssata Camara rendit-elle l’âme. Elle ne danserait plus jamais au Calao, au Mandingo, ou au Yanga. Adieu l’artiste.

Pendant ce temps, dans la villa du quartier huppé de l’Hippodrome, François Piantoni et Aminata Dembélé furent très surpris de revoir l’Homme Noir, en pleine forme, et l’un de ses acolytes que l’on avait pourtant enfermés, bien ligotés, dans la cave. La Malienne et le Corse tentèrent de s’enfuirent, mais ils n’eurent pas le temps d’ouvrir la porte…

Quelque chose lui avait échappé, se dit Roger Dercky. La danseuse de Bamako était-elle l’un des maillons de cette chaîne infernale? Était-il manipulé, depuis le début? Dans l’affirmative, pour quelle finalité? Mamadou Diawoura était-il réellement kidnappé?

Mon avis

Bamako en mode policier. Qui peur résister à cela? En tous cas, pas moi. Alors, je me suis lancée. Un détective Zaïrois débarque au Mali pour une mission secrète. Mais, en Afrique, il n’y a que des secrets de polichinelle. Son client et ami a été enlevé par le gouvernement. Dans quelle prison est-il? D’ailleurs, est-il toujours sur le territoire malien? Est-il toujours vivant?

Nous voilà embarqués dans une histoire à l’ambiance africaine. Chaude. Torride. Une histoire à un rythme africain.  Dans Dangereuse comédie à Bamako, nous sommes plongés dans l’ambiance avec une brève leçon d’histoire sur l’origine de la ville. Très intéressante et instructive. Avec certains mots du terroir. Ce qui est assez original.

En bon détective, Roger continue son enquête entre les nuits chaudes, canailles de Bamako  et ses contacts dans la ville. Cependant des mystères planent? Doit-il faire confiance à tout le monde? Qui travaille pour qui? Qui sont ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre? Que découvrira t-il d’autre? Réussira t-il à sauver son ami? Est-ce sa dernière enquête? Cette dernière se déroule à son rythme entre amour, meurtres et trahison.

Dangereuse comédie à Bamako nous entraine dans une histoire originale, avec une écriture atypique. Une histoire qui nous démontre que le monde du crime est le même quel que soit l’hémisphère. Les mots sont crus, parfois. Le vocabulaire est enrichi par des mots bambaras qui sont traduits sur la page. Ce qui permet de ne pas interrompre la lecture. Vous découvrirez une superbe ville africaine dont l’histoire résonne encore à travers l’Afrique. Un bon moment de suspens.

Ma note 16/20

9791091580304   L’Atelier de l’Egrégore  277 p.

Voyage entre deux vies – David Perroud – 2018

Quatrième de couverture

Perdu dans ses pensées à ressasser ces questions existentielles, Arold meurt dans un accident. contre toute attente, commence alors pour lui une aventure hors du commun, qui comblera sa curiosité au-delà de ses espérances. Il découvrira le fonctionnement de l’univers et ce qui se cache derrière ce que nos sens perçoivent. Ces fameux 95% que les scientifiques nomment naïvement énergie et matière noire. Noire? C’est bien la seule teinte qu’il n’observera pas dans ces vastes mondes riches, peuplés et colorés.

Grâce à l’aide d’Ariel, une magnifique âme terrienne, et ses amis surlumineux, Arold va se mettre au service de l’humanité avec comme outils une conscience étendue  et un accès au champ quantique, détenteur de l’information absolue. Comment éviter le pire, le triomphe de l’ego, la destruction de la vie? Chercheur inlassable, il visitera les lieux les plus inspirés comme les plus noirs pour lever le voile sur un joyau de nature à révolutionner la qualité de nos existences: un récit qui contient l’espoir et la force de faire dévier notre planète, la Terre, de la trajectoire funeste sur laquelle elle est engagée.

Mon avis

Dans notre monde actuel où la vie après la mort interroge, ce roman est une manière de rêver la réponse. En commençant la lecture de voyage entre deux vies, je m’attendais à un essai sur la vie après la mort (eh oui, je ne lis toujours pas les quatrièmes de couverture pour choisir un livre). Quelle n’a été ma surprise, agréable, cela va sans dire, de découvrir un roman. Et quel roman!

J’ai trouvé le style intéressant. En effet, le sujet traité n’est pas évident. Cependant, la légèreté de la plume rend le récit amusant. On meurt avec curiosité et on déambule dans les méandres de l’après mort avec beaucoup de questions. Est-ce douloureux de mourir? Que se passe t-il après? C’est ce que découvre Arold qui semble apprécier ce mystère.

Dans voyage entre deux vies, nous découvrons l’au-delà. Loin, très loin de l’imagination humaine. Un moment d’introversion, de douceur, de regrets, de découverte, de beauté. D’amour. Tout simplement. De partage. Le reflet de la vie sur terre, en mieux? Nous accompagnons Arold dans sa nouvelle vie-mort. Ses nouvelles fonctions. Sa nouvelle identité-entité. Comment cela va t-il se passer? Nous allons de découverte en découverte sur certaines pratiques religieuses. Arold va t-il s’adapter et aimer ses nouvelles missions? Comment s’en sortira t-il?

Dans voyage entre deux vies, la vie après la mort semble apprendre à l’Homme à devenir plus humain. Plus tolérant. Un monde meilleur que la Terre. Un monde où Arold apprend à devenir moins égoïste et plus à l’écoute des autres. Quel sera son avenir dans cette nouvelle vie? Voici un roman touchant. Intriguant. Beau. D’une beauté merveilleuse. Humain. Les mots, les chapitres défilent  et nous emmènent dans un rêve éveillé. Un merveilleux monde de pardon et d’amour. Un superbe roman.

Ma note 18/20

9791023608922   Ed. Publishroom  289 p. 18,90€

Viralata le fils du caïman – Sébastien Acacia – 2018

Quatrième de couverture

Chimio, hôpitaux, médecins… Un quotidien que Martin ne connait que trop bien. Dans quelques semaines, un mois peut-être, son passage dans ce monde touchera à sa fin. Comment supporter cette idée d’abandonner son fils, Antonin, atteint d’un autisme sévère, aux seuls bras épuisés de sa maman? Comment ne pas regretter de ne jamais lui avoir offert un frère ou une sœur sur qui compter sa vie durant. Ces questions le torturent, jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où un mystérieux message parvient à Martin: il aurait eu un autre enfant de son tout premier amour lors d’un précédente vie au Brésil, 18 ans auparavant. Coup de sang ou conquête de la dernière chance, Martin se lance dans une folle course contre la montre et part à sa recherche en Amazonie, espérant quitter ce monde le cœur en paix.

Mon avis

Le titre m’a beaucoup intriguée et m’a fait rêver à un monde proche de la nature, à l’abri de l’incidence de notre société et où l’homme avait gardé son humanité. Pas de déception. Comment, après des années d’absence, peut-on retourner dans un pays à la recherche d’un fils? A la recherche d’un amour enfoui au fond de son cœur? Partir en abandonnant tout, sur un coup de tête? Martin va oser. Pour savoir. Pour ne pas mourir sans avoir essayé. Pour s »éloigner de sa vie rythmée par les besoins de son fils autiste. Pour retrouver le second fils qu’il a toujours rêvé d’avoir.

Nous voilà embarqués dans une aventure dans la forêt amazonienne brésilienne. A la poursuite d’un rêve? D’une illusion? Au fil des chapitres, des pages, nous assistons aux sentiments mitigés d’un homme qui semble repousser l’échéance d’une fin en retrouvant un être, un enfant qu’il ne connait pas. Un enfant qu’il aime déjà. Les souvenirs se mêlent à la réalité et nous permettent de découvrir une histoire d’amour ancienne. Un amour fort qui a porté ses fruits à l’insu de Martin. Va t-il retrouvé le fruit de cet amour fou? Cette quête nous tient en haleine. une quête à travers le Brésil. Une course contre la montre. Une course contre la mort. Une course pour la vie.

Viralata le fils du caïman est un roman de tendresse. Un roman fort. Un roman d’amour au-delà de la vie. Au-delà de la mort. Un don de soi pour perpétuer la vie. Réparer un manque d’amour. Un très beau livre qui vous marque l’âme et vous fait rêver bien après le mot « fin ». Un roman d’une immense et d’une très fine tendresse. Vraiment très beau.

Ma note 18/20

9782900047002   236 p.

La rentrée littéraire des blogueurs

La plume d'Isandre

Qui dit rentrée, dit aussi rentrée littéraire…Alors, est-ce que vous allez lire le Nothomb de la rentrée cette année ou pas 😉 ?

Pour ma part, j’avais envie de vous proposer une rentrée littéraire un peu différente, un peu moins convenue, et de demander aux blogueurs ce que eux comptaient lire pour la rentrée, recommandaient de lire et quels étaient leurs projets pour leur blog à cette occasion.

Voilà donc la rentrée décalée des blogueurs, de styles variés, qui ont accepté de me répondre. Je les en remercie.  que je remercie.

La rentrée de Rainbows etc

En ce mois de septembre, je me suis attaquée à un livre que j’avais depuis longtemps sur ma « to read list » : This Perfect Day d’Ira Levin. Il s’agit d’une dystopie dans la même veine que Brave New World ou que le moins connu mais tout aussi puissant Nous autres.

La suite…

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Astella – Ceginus – Thierry Vaillant – 2018

Quatrième de couverture

Au cœur d’une cité urbaine futuriste surpeuplée, une adolescente de 16 ans, Astella, partage un petit appartement avec son père et sa sœur, au 14ème étage d’un immeuble. L’histoire aurait pu continuer son cours et devenir une romance. Trop simple…

A la périphérie de l’immense ville asiatique d’Okona, la vie est partagée entre deux puissances politiques et une culture qui prône le sacrifice individuel pour l’intérêt de la Nation. Dans ce monde en pleine évolution, notre héroïne va connaître l’horreur, les bombes, les morts. Cette curieuse épopée l’entraînera avec ses compagnons dans des combats épiques, où de téméraires soldats se battront à l’aide d’une technologie futuriste et d’une conscience modifiée. Au cours de son long périple, Astella devra apprendre à se reconstruire pour rencontrer l’amour.

Mon avis

Bizarrement,  je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle  entre l’histoire de ce roman  avec ses situations de guerre, de destruction avec certains pays du Proche et du Moyen-Orient. Ai-je tort? Ai-je raison? Je ne sais pas. C’est juste une idée.

Le monde a changé. Il est divisé en deux puissances économiques. L’une en Occident et l’autre en Asie. Astella vit dans la partie asiatique. C’est ainsi que nous découvrons le nouveau partage géopolitique  du Monde d’Astella. La vie se déroule de manière routinière. Puis, un jour, le monde bascule autour d’elle. Sa vie ne sera plus jamais la même. La jeune étudiante laisse place à une jeune guerrière. Pleine de rancœur. De haine. Qu’auriez-vous fait à sa place? C’est ainsi que nous suivons cette jeune femme dans ses aventures. Ses pérégrinations. Sa révolte est-elle saine? Va t-elle durer?

Astella – Ceginus nous emporte dans un monde où la bataille pour l’espoir est vitale. Inévitable. Un monde où l’enfance, le rêve n’ont plus leur place.  Un monde où la rage de vivre, de vaincre, est le moteur de la vie. Cette bataille s’arrêtera -t-elle un jour?  Les deux mondes poseront – ils leurs armes? Et l’amour dans toute cette haine? Dans ce monde en déliquescence?  Un monde où la technologie avancée a eu raison de l’âme humaine? L’amour y a t-il sa place pour notre jeune héroïne?

Astella – Ceginus est un roman qui nous emporte facilement dans son monde. Avec bonheur. Avec plaisir. Un voyage qui fait passer le temps à la vitesse éclair. Chaque chapitre est précédé d’un petit laïus très instructif parfois plein d’humour dans ce récit de chaos. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781980734543   733 p.

 

Hermorrhage 2 – Ralliement – Manoël Montreuil – 2017

Quatrième de couverture

Les vagues magiques et technologiques se succèdent sans cesse, privant tantôt la population de toute technologie, tantôt les mages de leurs pouvoirs. Hermorrhage a appris à concilier ses côtés loup, tigre et humain. Jusqu’ici, il a su garder son indépendance malgré toutes les meutes intéressées par ses étranges particularités. cependant, les temps changent… Il sera confronté à des choix et des rencontres qui changeront peut-être la face de Paris.

Mon avis

N’ayant pas lu le premier tome, je m’attendais à être un peu perdue. Pas du tout. Je n’ai eu aucun mal à entrer dans cette aventure. Une aventure qui nous emporte dans un monde fantastique pour sauver Paris. Une aventure avec ses batailles, ses trahisons, ses amours. On entre de plein pied dans une histoire où un polymorphe nommé Hermorrhage tente de vivre en solitaire. Y arrivera t-il dans un monde qui le sollicite? Cette situation pourra t-elle perdurer?

Hermorrhage 2 – Ralliement est une roman fantastique qui nous entraine dans un  monde mystérieux. Imaginez des combats, des vies qui doivent tenir compte des vagues technologiques ou magiques qui vont  et viennent à leur gré. Des vagues qui semblent représenter des saisons. Un voyage merveilleux avec un étrange humain qui a différentes personnalités qu’il arrive à maîtriser au grand dam des autres polymorphes.

Hermorrhage 2 – Ralliement est un roman qui nous fait vivre au rythme des pages, des chapitres les aventures d’un être étrange dans les rues de Paris. Un être qui lutte contre ses pouvoirs. Contre son ego sombre. Va t-il réussir? Pourquoi ne pas les accepter et les contrôler? Avec le temps et au vu des combats qui risquent de ruiner son environnement, Hermorrhage arrivera t-il à s’intégrer et à s’adapter à une meute? De s’allier à ses compagnons, de les protéger et de recevoir leur protection?

Hermorrhage 2 – Ralliement est écrit à la première personne. Les chapitres sont courts. Les pages sont parcourues avec une étrange impression de vie quasi normale d’un humain. Avec beaucoup d’humour de la part d’Hermorrhage. Une vie en demie teinte dans les rues, les quartiers de Paris.  Voici un roman qui se lit facilement, au rythme du héros et de ses aventures. Un très beau roman.

Ma note 16/20

9782956058960  Editions Tigre  245 p.   13,90€

 

 

L’innocence oubliée – Véronique Videau-Martinez – 2018

Quatrième de couverture

Emma n’est pas une petite fille comme les autres. Diagnostiquée EIP à l’âge de six ans, elle va avoir du mal à trouver sa place dans un monde où élèves et enseignants ne lui feront aucun cadeau. Posséder un haut potentiel intellectuel: don ou handicap? La question mérite d’être posée. Harcèlement et humiliations diverses vont jalonner son parcours sans oublier des drames qui la marqueront à tout jamais. Elle pourra compter sur l’amour inconditionnel de certaines personnes pour surmonter beaucoup d’épreuves mais pour combien de temps?

Mon avis

Oh mazette! Des mots qui expriment bien mal ce que j’ai ressenti à la lecture de l’innocence oubliée. Ce sujet me touche profondément car durant mes années de collège, j’ai été une victime comme tant d’autres. Parce que j’étais la plus jeune. Parce que j’avais de bonnes notes dans certaines matières. Je n’en ai jamais parlé. Mais, je m’en suis sortie. Contrairement à beaucoup de victimes. L’innocence oubliée est un roman de toute beauté. Tout en émotion. Une famille comme toutes les autres. Une petite fille différente des autres. Des parents désemparés par le regard, les réactions des autres. Que se passe t-il réellement? Emma semble d’une grande maturité pour son âge. Pourquoi les adultes ne le comprennent-ils pas? Pourquoi est-elle stigmatisée à l’école? Pourquoi est-elle toujours l’objet de punition? Le bouc émissaire ?

L’innocence oubliée est un roman qui nous interpelle. Doucement. Fortement. Sur le harcèlement en milieu scolaire. Sur la stigmatisation de la différence. Sur cette violence en vase clos qui ne dit pas son nom. Violences souvent ignorées des adultes. Du personnel enseignant. Pourquoi les victimes hésitent-elles à parler? Comment cette violence peut-elle être ignorée des adultes? Un calvaire vécu au quotidien. Une vie de peur. Une vie de honte pour la victime qui hésite à parler. Une victime qui ignore son statut de victime. Au fil des pages, des chapitres nous suivons l’évolution des brimades subies par Emma de l’enfance à l’adolescence. Son mutisme face aux agissements. Le mutisme de ceux qui savaient. Comment mettre des mots sur cette souffrance? Sur cette culpabilité de ne pas être comme les autres? Sur cette peur d’être montrée du doigt si elle parlait? Comment expliquer à ses parents son cœur, son corps, son âme en miettes? Ce désir fou de vouloir ressembler aux autres? Comment dire ce calvaire inscrit dans sa chair? Comment expliquer que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue car le bout du tunnel n’existe plus?

 L’innocence oubliée est un récit poignant. Une superbe manière de rendre hommage aux victimes qui sont allées jusqu’au bout de leur peur. De leur peine. De leur vie. Chaque mot nous emmène au plus profond du désespoir de la jeune Emma. Un très beau roman. Poignant. Juste. Humain. Un roman qui pousse à la réflexion. A mettre entre toutes les mains pour susciter des prises de conscience. Un superbe récit criant de vérité.

Ma note 19/20

9791026217237    Ed. Librinova  206 p.