Sur le pont supérieur – Jacques Dompnier – 2018

Quatrième de couverture

La commissaire principle Phylis était à bord d’un navire  cinglant vers les Açores. En voyage de noces avec son mari Jérôme, Phylis goûtait une paix qui adoucissait le bleu de ses yeux. Mais bientôt les évènements se précipitèrent et ce lieu d’agrément céda la place à un magistral imbroglio. Chaque visage devenait suspect, les morts restaient incompréhensibles; le ou les assassins demeuraient cachés derrière un masque indéchiffrable. Un naufrage couronna le tout. Il fallut toute la sagacité de Phylis pour pénétrer une filière surprenante et raccorder tous les fils.

Mon avis

Le titre fait penser à une croisière peinarde. Une histoire d’amour. Est-ce le vrai tableau? Au premier abord, effectivement. Mais, une croisière légèrement entachée d’un cadavre. Dans l’indifférence quasi générale des croisiéristes. Ainsi débute une enquête énigmatique. Qui est cette femme? Accident ou assassinat?

Dès la première ligne, la première page, le ton est donné. Malgré un environnement paradisiaque. Mauvaise augure?  Le rythme  de l’enquête est soutenu. L’intrigue se tisse et se diversifie au fil de la lecture. Que se passe t-il dans ce groupe qui voyageait pour passer de beaux moments?  Pour passer de bonnes vacances à bord de ce bateau?  Le compte à rebours est lancé. Qui croire?

Sur le pont supérieur est une enquête hors normes où les surprises sont à chaque page. A chaque chapitre. La lecture se fait d’une traite avec un plaisir et une curiosité intenses. Les personnages atypiques sont aussi énigmatiques que les crimes commis. Tout se passe en douceur. Oui, j’insiste. En douceur. Peu ou pas de courses poursuites, de coups de feu intempestifs. Mais de l’humanité, de l’amour, de la vie. De bons moments entre personnes qui s’apprécient. Eh oui, lune de miel oblige. Cependant, tout le monde est présumé coupable jusqu’à preuve du contraire, ainsi que la loi ne le dit pas.

Sur le pont supérieur est un vrai roman policier. Ne vous fiez pas au titre. De très beaux moments d’enquête. Des moments de déception et de doute. De suspicion. Puis l’inimaginable. L’inavouable. Ce moment où le ciel vous tombe sur la tête vous laissant abasourdi. Pourquoi cette personne? Pas elle! Dire qu’elle était avec tous les autres… sur le pont supérieur!

Ma note 17/20

9782375440421   Ed. Brumerge   10 p.   11€

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Un temps de chien – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

Une pie pencha la tête de côté et regarda la chose s’éloigner à travers la végétation dense du sous-bois. Si le froissement des broussailles indiquait que l’étrange apparition s’enfonçait bien dans une direction opposée à la sienne, elle patienta malgré tout encore un instant. Rassurée par le calme retrouvé, elle s’approcha en sautillant.

arrivée à moins de deux mètres du corps inanimé, la pie émit un léger grincement et fit un bond en arrière… Rien. Pas un mouvement. il lui sembla qu’elle n’aurait aucune résistance à attendre ce mets de choix. Elle s’avança prudemment, plongea son bec dans les viscères du cadavre étalés sur le sol pour s’emparer d’un morceau encore chaud. Aussitôt elle projeta sa tête en arrière pour faciliter  le passage du morceau de viande dans son gosier.

Elle savait n’avoir que peu de temps avant que les autres charognards ne viennent lui disputer le corps déchiqueté de la femme…

Mon avis

Des cadavres. Il en pleut. Sur toute la ville. Et, pas en très bon état. Que se passe t-il? Qu’est ce qui est à l’origine de cette pluie hors du commun? Une inconnue au bord de la route. Qui est-elle? Quel lien a t-elle avec les évènements? Deux histoires irréelles. Enigmatiques. C’est le début d’une enquête pour la police et le privé Jacques Lucas. Avec un brin d’humour parfois caustique, Cyrille Audebert nous embarque dans cette course à la vérité.

Au début, l’enquête se déroule tranquillement avec des personnages hauts en couleur. Les hypothèses se succèdent et s’évanouissent tout aussi vite. Cependant, en filigrane, une histoire voit le jour. Une histoire tissée par des experts. Sont-ils vraiment sérieux? L’énigme est de plus en plus prenante. D’autant plus que les réponses sont de plus en plus machiavéliques. De plus en plus improbables. De plus en plus imprévisibles. Peut-être plus simples que l’on ne pense? Le lecteur est emporté dans un tourbillon d’émotions. Le suspens devient de plus en plus prenant et le rythme s’accélère. Les pages sont tournées avec impatience. Evident? Impensable? Horrible? Les répliques sont un réel régal et les personnages attachants.

Un temps de chien nous emporte avec engouement dans cette enquête unique. Une enquête où les questions paraissent sans réponse. Une enquête où les personnages énigmatiques traversent l’histoire et semblent être le fil rouge de la solution. La curiosité reste vive et nous tient en haleine. La réponse à ces drames est-elle logique ou non? Qui du privé ou des policiers trouvera la solution? Cette enquête pourra t-elle être clôturée?

Un temps de chien nous enserre dans ses pages et finit en apothéose, laissant le lecteur exsangue, le souffle court, la terreur au ventre. Une fois le livre fermé, nous nous étonnons de cette énergie qui découle de chaque mot, de chaque chapitre. Nous pensons à cette image qui ne nous quitte plus et à cette fin… Ô cette fin! Que d’énigmes! Que de surprises! Que du bonheur!

Ma note 18/20

9782952857369 Ed. Sindbadboy  251 p.  17€

Le père Noël est un assassin – Clara Reynaert – 2018

Quatrième de couverture

Et si le Père Noël n’était pas vraiment celui que l’on croit? Thomas a 8 ans et se pose bien des questions à son sujet. Alors, c’est décidé: il va mener son enquête. Mais il est bien loin de se douter des surprises qui l’attendent.

Mon avis

Il arrive toujours un moment où un enfant  doute de l’existence du Père Noël, ou tente de le surprendre déposant les cadeaux au pied du sapin. Peu importe comment. Ils y réfléchissent beaucoup.  Le père Noël est un assassin répond aux questions de ces enfants. Il leur permettra d’avoir des possibilités de réponses. C’est un livre qui permettra aux parents d’élaborer une réponse ou d’engager une conversation avec leur progéniture surtout si ces derniers ont des avis différents sur la question: l’un y croit et l’autre non. En effet, c’est un livre qui se lit en tandem: Parents-enfants. Ce qui créera un échange enrichissant  entre eux. Une discussion complice.

Ce que j’aime avec les Editions Ex Aequo, c’est que leurs livres estampillés jeunesse peuvent être lus par tout le monde. Ce sont des livres qui développent et stimulent l’imagination des enfants. Le vocabulaire est à la portée de tous et il n’y a pas d’infantilisation du lecteur. Les couvertures sont belles et accrochent facilement le regard.

 Dans le Père Noël est un assassin, tout enfant peut s’identifier à Thomas, cet enfant curieux et tenace, et partir à son tour à la chasse au Père noël. Les chapitres sont courts et les lecture aisée. Il y a du suspens. De l’humour.  Des moments de doute. La fin invite chaque lecteur à se faire une idée qui lui est propre. Ce roman peut être un beau moment de partage familial pour la fratrie. Que du bonheur!!!

Ma note 18/20

9782378734954 Ed. Ex Aequo Coll. Saute Mouton 28 p.  5€

Les brèches du temps – Michel Massit – 2018

Quatrième de couverture

Qu’est-ce qu’une brèche? Une échancrure à laquelle on ne prête d’abord guère attention, une fragilité aussi dans la matière, puis une fêlure avant de devenir faille qui engloutit tout. Les brèches du temps sont ces instants au détour desquels se dispersent les destinées.

Mon avis

Des vies. Des bribes de vie. Des vies ordinaires. D’une simplicité telle que l’imaginaire se les approprie sans que nul ne s’en rende compte. Des moments où passé, présent et futur s’enlacent et ne forment qu’un face à ce moment improbable. Moment qui surgit  dans l’inconscient. Dans le conscient. Toujours plus loin dans les croyances. Et si l’incroyable survenait? Rêve ou réalité? Cette histoire qui emporte toute notion de réalité annonce t-elle la vérité ou le mensonge?  Cependant, les sentiments restent beaux. Nobles. Les hommes sont vrais dans leur quotidien, leurs mots, leurs maux. Si vrais qu’ils vont au bout de leurs choix.

Les brèches du temps est un recueil de nouvelles. Superbes par leur beauté. Superbes par leurs personnages et la capacité de ces derniers à s’approprier une vie pas forcément choisie. Chaque nouvelle est une aventure. Une vie simple. Forte. Profondément humaine. Des brins de vie qui se chevauchent. S’éloignent. Se brisent dans une valse à plusieurs temps. Avec des danseurs plus ou moins consentants.

Chaque chapitre, chaque mot est à la bonne place. Celle de la magie. Magie du destin. Magie des cœurs. Magie des rencontres. Rencontres hors du temps. Hors des sentiments. Hors de l’avenir. Des chapitres qui invitent à découvrir chaque destin derrière une porte . Destins vus au travers d’un microscope. Microscope invisible. Indécent. Présent. Les chapitres sont courts et titrés. Ce qui rend la lecture très agréable. Des chapitres qui chantent l’espoir. L’espoir par delà la résilience.

Les brèches du temps marquera votre lecture. Pas seulement en y faisant une brèche. Mais, en s’y insérant en douceur. Avec force. Afin que vous ajoutiez vos mots aux siens. Avec bonheur. Avec humanité. Avec pudeur.

Ma note 17/20

9791092375152  Editions Brandon  Collection Brandebourg   110 p.   14€

Dialogue avec mon grand-père – Alseny GaliManguè Soumah

Quatrième de couverture

L’auteur nous emmène en voyage au croisement des cultures africaine et occidentale. Inspiré par les sages métaphores de son grand-père, il déroule le fil de ses interrogations, de sa propre quête d’identité et expose ses réflexions sur le monde qui nous entoure. Dans une approche très humaniste et presque poétique, il met en lumière un dialogue entre les cultures, valorise les différences qui font leur force et leur complémentarité: un petit pas pour l’homme, nécessaire à franchir, vers la tolérance.

Mon avis

« La sculpture de mon adolescence s’est formée entre la forêt sacrée à travers les rites initiatiques et « l’école des Blancs«  par la force de conviction de nos enseignants« . Voilà des mots qui résument bien Dialogue avec mon grand-père. Un livre qui raconte la vie de l’auteur à travers les leçons de vie de son aïeul, de sa culture soussou et son adaptation à la vie occidentale.

Pas de complainte sur la colonisation et son cortège de dits et de non-dits. Mais, une invitation à connaître l’Afrique à travers ses proverbes, ses adages, la force des mots des personnes âgées, la philosophie de vie et l’invitation à l’ouverture vers l’autre, vers ce monde connu et si peu connu. Une invitation à ouvrir son esprit  et à prendre le meilleur des deux cultures pour en faire une richesse. Les Editions du Panthéon nous font découvrir de très beaux adages, un très bel échange entre la nouvelle et l’ancienne génération. Une ancienne génération très en avance sur notre époque. Si bienveillante. Les chapitres analysent chaque lien entre l’Afrique et l’Occident. Les mots sont forts et les pensées contemporaines.

Dialogue avec mon grand-père est un parallèle entre deux mondes avec leurs similitudes,  leurs différences. Un parallèle entre deux cultures différentes et similaires. Des paroles d’un homme d’une grande sagesse, d’une si belle tolérance, qui vouent la haine et le racisme à l’échec. Une philosophie africaine si contemporaine de la part d’un vieillard. Un proverbe africain dit que « le vieillard assis voit ce que le jeune ne voit pas debout« . C’est ce qu’illustre Dialogue avec mon grand-père. Dans la beauté des mots. La tendresse du regard posé sur l’autre, cet inconnu qui nous ressemble tant.

Par ailleurs, l’auteur nous invite à réfléchir aux évènements contemporains qui ont émaillé ces dernières années, toujours à travers le discours philosophique du grand-père  et  les réflexions de l’auteur. Des réflexions sobres, intelligentes, intéressantes. Qui nous poussent à regarder le monde d’un oeil neuf. Bienveillant. Dialogue avec mon grand-père est un bel ouvrage qui fait la part belle à la tolérance, à l’ouverture à l’autre. Un très beau livre qui prône le respect, la compréhension, la sagesse.

Ma note 18/20

9782754740260  Editions du Panthéon   275 p.  19,90€

Castan T.2 – la terre du dragon tonnerre -MorellonBros – 2015

Quatrième de Couverture

XVIIème siècle, Océan Indien, Baie du Bengale. Deux jeunes marins français, se retrouvent, malgré eux, enrôlé dans l’armée du roi du Macchawarl. Embrassant sa cause, ils forgeront aux côtés de leurs compagnons d’armes, la renommée d’un empire.

Mon avis

Sur Beug-Yül, la terre du dragon Tonnerre, une colonne est épuisée par sa marche. D’où vient-elle.? Où va t-elle? Que fait-elle dans ce lieu inhospitalier ? Un lieu où la glace et le froid sont roi? Ailleurs, un  royaume est en péril. Qui tire les ficelles? On entre en trombe dans l’histoire.

Les aventures se suivent  et sont très prenantes. Très rythmées. Les personnages sont superbement croqués. Les traits sont fins ou forts, révélant les caractères de chacun. Les couleurs sont d’une grande force et d’une grande profondeur, déterminant, ainsi, l’atmosphère apocalyptique qui règne dans cette bande dessinée. Ce qui n’enlève rien aux sentiments des personnages qui sont touchants. Profondément humains. Avec leur force et leur faiblesse. Différents mondes se côtoient: celui des dinosaures, celui des dynasties chinoises, celui des dynasties indiennes. Les monstres sont immenses et pétrifient l’imagination. Les batailles sont superbement épiques et variées. Et, bien sûr, l’amour s’invite en filigrane.

Castan 2 – la terre du dragon tonnerre est superbe. Par son histoire. Par ses personnages. Par ses coups de crayon d’une grande réalité. D’une grande beauté. C’est avec bonheur, curiosité et appréhension que les pages se tournent. Que les sentiments nous étreignent et nous emportent sans prévenir dans un rythme effréné. C’est une bande dessinée magnifique qui plaira aussi bien aux petits qu’aux grands. Un vrai régal.

Ma note 18/20

9782919069224  Éditions Des Bulles dans l’Océan   46 p.

Les enquêtes d’Hugo Delatour – Mise en abîme – L.A. Bailey – 2018

Quatrième de couverture

Hugo Delatour est de retour dans le sud de la France. La vie au soleil pourrait paraître douce et paisible. Mais les champs d’oliviers et le chant envoûtant des grillons cachent des réalités plus sinistres. Quand le squelette d’un enfant est découvert dans un champ de fouilles, Hugo n’a pas d’autres choix que d’affronter son propre passé. Entre sacré et sacrilège, ombre et lumière; où se cache la vérité? serez-vous prêts à accompagner Hugo dans son voyage?

Mon avis

Hugo Delatour se repose dans le sud de la France. Mais, pas pour longtemps. Un message intrigant l’invite à enquêter sur une histoire hors norme. Un cadavre sur un site archéologique. Dès lors, il nous entraîne dans une enquête à rebondissements multiples. Qui est ce squelette? Quelle est son histoire?

Nous entrons de plein pied dans une enquête qui n’a rien de reposant. A la recherche d’évènements qui auraient pu mener à la présence de ce corps. Distillé petit à petit, le suspens nous tient. La curiosité s’éveille et l’obligation d’accompagner le détective dans ses recherches se fait plus vive. Que s’est-il réellement passé? Pourquoi si peu d’intérêt pour ce squelette? Hugo arrivera t-il à mettre au jour l’histoire de cet enfant? Trouvera t-il l’assassin? Ce cadavre restera t-il toujours sans nom? Entre souvenirs et rencontre, le détective nous entraine avec lui. Dans ses questionnements. Dans ses retranchements. Dans ses souvenirs, parfois. Mais, avec beaucoup d’humanité.

Mise en abîme nous emmène dans une enquête feutrée. Une enquête où vie privée et recherche se mêlent. S’entrelacent pour former une probable solution. Une enquête avec en filigrane une improbable histoire d’amour. Vous attendez des courses poursuites? Des coups de feu? Que nenni. Pas du tout. Cependant, les évènements s’enchainent et nous surprennent. Hugo Delatour nous emporte dans son monde. Dans sa vie. Dans sa résilience. Quel sera le prix à payer?

Dans mise en abîme, les mots, les phrases, les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas. La lecture est agréable et le lecteur se laisse emporter dans cette quête d’une intelligence très fine, pour son plus grand plaisir. C’est avec une extrême douceur que nous accompagnons Hugo dans sa quête de vérité. Dans sa quête de réalité. Dans son besoin infini de savoir. Le tout avec une grande humanité. Une douce humilité. Un grand désir de savoir. Peu importe le prix à payer. Peu importent les vérités et les contre vérités. Du moment qu’un cadavre anonyme retrouve son droit à l’existence. Son droit à sortir  de l’anonymat. Son droit à une sépulture. Le Détective ira au-delà de tout. Pour lui rendre son âme. Pour lui permettre de se rappeler aux vivants. De retrouver sa dignité. Simplement.

Ma note 17/20

9781718075405     241 p.

 

 

Odyssée Mahoraise – Phil Ouzov – 2018

Quatrième de couverture

Enseignant en métropole, Charline en burn out, obtient sa mutation pour Mayotte au cœur de l’ Océan Indien. Fini les classes indisciplinées, place au travail facile dans un cadre exotique. C’est du moins ce qu’elle pense. Sur l’île aux parfums le bon et le mauvais se côtoient et les aventures insolites ne manquent pas. Heureusement Charline rencontre John, naturaliste qui lui fera découvrir les beautés du lagon en bathyscaphe. Mais le temps passant la question se pose inévitablement, faut-il rester ou quitter Mayotte?

Mon avis

Les aventures d’une enseignante métropolitaine en terre Mahoraise. Quand Charline débarque à Mayotte, les rêves plein la tête, elle est loin de se douter de ce qui l’attend. Le dépaysement est complet. L’île semble faire un pied de nez à cette institutrice un peu trop dans les nuages. Pour le plus grand plaisir du lecteur.

En effet, les personnages sont hauts en couleur et les dialogues sont d’une succulence telle que l’on en redemande. Les planches sont superbes de réalisme. Les personnages sont croqués de telle manière qu’il suffit d’un coup d’oeil pour connaître leur trait de caractère. Non seulement Phil Ouzov a un superbe coup de crayon, mais il a beaucoup d’humour. Du moins, ses personnages. Son histoire.

A chaque page, la suite d’une histoire qui nous fait rire aux éclats, tant Charline en fait et en voit de belles. Elle affiche un  optimisme hors pair. Ce qui est tout à son honneur. Finira t-elle par adopter son nouveau style de vie? Se laissera t-elle porter par ses rêves? Ses déboires auront-ils raison de sa candeur?

Odyssée Mahoraise respire la joie de vivre. Son humour est frais, cinglant, ce qui ne fait que donner envie d’en lire encore et encore. La présentation des fantasmes que l’on peut avoir quand on arrive dans un pays. C’est une superbe bande dessinée qui respire la bonne humeur. A mettre entre toutes les mains. Je remercie les éditions des bulles dans l’océan de m’avoir permis de découvrir cette superbe bande dessinée

Ma note 18/20

9782919069507  Ed. des bulles dans l’Océan  80 p.

 

L’adieu à Lila – Colline Hoarau – 2014

Quatrième de couverture

La mère disparait et les souvenirs qui reviennent: une famille de la Réunion, les frères, les sœurs, les jalousies, les injustices et la mère qu’il faut enterrer après lui avoir pardonné. C’est ce que saura faire Isabella, la résiliente. Cette journée particulière permettra de voyager dans « le temps longtemps », dans une île de l’Océan Indien, bien rarement décrite. Une journée où tous se retrouvent autour de Lila. C’est un voyage, au cœur de l’île de la Réunion, dans la famille réunie  pour la première fois. Isabella photographie ou filme. Chaque personnage passe devant l’objectif à tour de rôle, avec les imperfections que le regard de l’autre saisit.

Mon avis

Le décès d’une mère. L’occasion pour tous ses enfants de se retrouver. Avec les rancunes. Les non dits. Les haines. Les joies. Les jalousies. Les questions sans réponses. Les souhaits avortés. Les amours inexistants. Brefs, les souvenirs. Lila, la mère d’une famille nombreuse, n’échappe pas à la règle. Tous ses enfants sont présents pour l’accompagner dans sa dernière demeure. Quelle mère a t-elle été? Qu’éprouvent tous ses enfants devant son corps sans vie? Amour? Désespoir? Soulagement? Rien du tout?

A partir de scènes de vie somme toute habituelles, Colline Hoarau a le don, par sa belle plume, de nous faire vivre chaque instant de manière incroyable. Chacun s’y retrouve et se reconnait dans les personnages. Des scènes vivantes, animées par des sentiments nobles ou non. Du vécu. C’est le cas de l’adieu à Lila. Perdre un être cher est terrible et fait revenir en masse tous les souvenirs. Revivre une dernière fois, en communion avec les autres, devant la personne disparue, la vie qui fut, du vivant  du disparu. Comme partout dans le monde.

Dans l’adieu à Lila, l’auteure nous fait découvrir les coutumes (face à la mort) de ce pays, cet ailleurs qu’elle connait si bien. Durant ce moment de recueil, que pensent les enfants de leur mère? Quels souvenirs ont-ils gardé d’elle? Quels sentiments éprouvent – ils envers elle? Colline Hoarau nous fait voyager dans la vie, dans le cœur de chacun. Les découvertes sont fortes. Parfois inimaginables. Parfois attendues. Toujours émouvantes. Des découvertes belles de cris du cœur. De cris des tripes. Alourdies de non dits. De souvenirs enfouis.

Les personnages sont superbes dans leur détresse, leur deuil réel ou non. Le lecteur va de découverte en découverte sur la vie de chacun. Sur leur lien avec Lila. Chacun passe le flambeau, le bâton de parole à l’autre pour qu’il se raconte. Qu’il se justifie. Qu’il explique son lien à sa mère. Est-ce enfin l’occasion pour chacun de dire ce qu’il pense ou ressent à haute voix? Un moment de partage familial? Laisseront-ils Lila partir en paix? Seront-ils en paix avec eux-mêmes?

L’adieu à Lila est une ode à la famille, avec ses travers et ses liens. Ses secrets. La lecture est aisée et facilitée par l’impression d’avoir déjà vu ou vécu les situations. Ce rassemblement familial où les discussions entre adultes ne sont pas facilement prévisibles. C’est un roman qui rime avec vie. Avec adieu. Avec famille. Avec fraternité. Un roman où le lecteur se retrouve face à lui-même pour un adieu à Lila. Tout simplement.

Ma note 18/20

9781710763777  Editions Dédicaces  108 p.

Ultimate Terra nova T. 1 – Aboubakri Sao – 2018

Quatrième de couverture

En 2025, le monde entre dans une nouvelle ère. La troisième guerre mondiale a fait des ravages considérables, provoquant le chaos sur la planète. Pour rétablir l’ordre, des clans apparaissent dans divers endroits du monde. La plupart de leurs membres possèdent un Néo Cerveau leur conférant des aptitudes spectaculaires. Membre du clan Terra Nova, Kadaj, Electromancien, voit sa vie basculer le jour où il rencontre Ragnarök, une milice extrêmement dangereuse. Cette organisation recherche activement Atlas, le chef des Terra Nova. De plus, le gouvernement qui considère les clans comme illégaux, veut à tout prix mettre la main sur un Cyborg que possèderaient les Terra Nova. Quelles sont les origines du Néo Cerveau? Pourquoi un cyborg attise t-il la convoitise du gouvernement? Et d’où provient cette pierre qui permet à son détenteur de bénéficier de pouvoirs extraordinaires? La nuit succède au jour, les réponses succèdent aux questions… ces évènements vont bouleverser à tout jamais la vie de Kadaj.

Mon avis

Un jeune homme à prendre en charge. Pourquoi? Qui est-il? Quel pouvoir peut-il avoir pour être admis dans la cité? L’environnement est spécifique et nous plonge dans un monde où le danger est quotidien. C’est en douceur que nous entrons dans ce clan, la Terra Nova. Ce monde où la nouvelle technologie règne en maître. Avec Kadaj, nous faisons connaissance de cet environnement où ne vivent que ceux qui le méritent. Un jour. Une attaque. Violente. Qui semble gratuite. Et la vie devient une aventure.

Avec Ultimate Terra Nova T.1 nous entrons dans le Japon du futur. Avec des personnages raffinés, énigmatiques. Vivre dans l’anonymat n’est pas chose facile. Maintenir quotidiennement cet anonymat est encore plus difficile. C’est une lutte de chaque seconde. Un moment d’inattention et le monde s’écroule. Kadaj en sait quelque chose. La vie devient précieuse surtout quand il faut se battre pour la conserver.

Au début du roman, une rapide instruction sur l’échelle sociale japonaise nous aide à situer les personnages et leur rang social. Ce qui aide beaucoup le lecteur quant aux titres. La lecture est agréable car les chapitres titrés sont courts et l’écriture est aérée. Le style ressemble à celui d’un manga, dans les batailles et dans la description des personnages. Des batailles qui ressemblent à des danses aériennes, sur une musique chronométrée.

Cependant, La trahison n’est-elle pas l’arme qui pourrait mettre à mal le clan? Ce clan gardera t-il longtemps sa puissance? Pourquoi tant de convoitise? Le Néo Cerveau restera t-il dans la cité? De plus, tout est agréable à imaginer. Quelle que soit la scène. Scène de bataille ou de discussion. Aboubakri Sao nous transporte avec ravissement dans son monde de haute technologie avec sa superbe plume. Le suspens nous tiraille jusqu’à la dernière ligne. Vivement la suite.

Ma note 17/20

9782368925812 Ed. L’Ivre-Book 325 p. 16€