Trois jours sans portable – Renzo Ardiccioni – 2018

Quatrième de couverture

Début du nouveau millénaire, en Italie, pendant les vacances d’été. Les téléphones portables et internet ont envahi le quotidien, au point que l’existence ne se vit plus que par écrans interposés. Dans cette frénésie, Davide vient d’avoir 50 ans, il travaille dans le marketing et a pris l’habitude d’utiliser trois lignes de téléphone. Pour se sevrer de son addiction, il suit les conseils de son médecin et tente alors de s’en passer. Au moins pendant trois jours… Trois jours sans portable, ça n’est pas la fin du monde! Davide va donc essayer. Pendant cette période, il retrouve un vieux répertoire téléphonique et ressent alors une certaine nostalgie  qui le pousse à appeler Lisa (depuis une bonne vieille cabine téléphonique). Il a connu cette femme trente ans plus tôt et a vécu avec elle une aventure passionnée. Lisa lui promet de le rejoindre en Italie. Mais, sur le quai de la gare, une surprise attend Davide…

Mon avis

A une époque où tout est connecté, humains ou non, qui oserait se déconnecter? Accepter de sortir de ce monde virtuel? Cela risque de s’avérer difficile pour de nombreuses personnes. C’est le début de l’aventure pour Davide, quinquagénaire hyper connecté. Un homme de son époque. Survivra t-il à ce choix?  Comment sera sa nouvelle vie? Supportera t-il cette déconnection? Pas facile, surtout quand, autour de soi, tout le monde s’installe dans le vingt et unième siècle.

Trois jours sans portable est un roman à trois voix: Davide qui est en train de se sevrer de ces petites machines addictives, Maestro l’intellectuel plein d’humour et Giulia qui adore ces petites boîtes qui sont le  monde extérieur. Les échanges, les discours sont truculents. Les mots sont incisifs. Durs parfois avec un brin de mauvaise foi pour certains personnages. Ils sont bourrés d’humour. Un humour caustique et fin à la fois. Les situations sont de plus en plus rocambolesques. Au fil des mots, nous finissons par regarder notre téléphone portable d’une manière dubitative.

Trois jours sans portable est une sorte de huis clos entre trois principaux personnages que tout sépare: les rêves, la vie, les choix, les portables… Des personages qui se sondent mutuellement dans une sorte de frénésie à se révéler à l’autre. Un trio qui dépeint notre société sans fards. Avec  parfois une vive cruauté.

Ce croquis pittoresque du 21ème siècle pourrait donner des idées à certains tant les excuses des personnages sont logiques et farfelues à la fois. Où est la poésie? L’art d’écrire? De fabriquer de belles phrases? Où est passé le plaisir de converser avec l’autre? Le plaisir d’écouter, de regarder la vie autour de soi? Et s’il s’agissait de révéler au mieux l’humain, avec ses forces et ses faiblesses en le regardant dans une glace sans tain? Pour s’ouvrir à notre monde en déliquescence. Sans portable, mais avec une vie. Quelle qu’elle soit. Peut-être…

Ma note 16/20

978281271047  Editions Les Presses du Midi    123 p.  15€

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