Le corbeau de Zurich -Gaspard-Hubert Lonsi-Koko – 2018

Quatrième de couverture

A la fin des années 1980, en pleine affaire Kopp et dans le contexte d’un probable trafic d’or entre la Turquie et la Suisse, le détective natif de Kinshasa débarqua dans la capitale du canton de Zurich. Ainsi devait-il assurer l’intérim de la direction de l’entreprise familiale AD Finanzen und Treuhand à la suite de l’hospitalisation de son frère qui, après avoir été empoisonné, luttait entre la vie et la mort dans l’un des services du Kantonsspital à Winterthur.

Mais le ressortissant zaïrois se rendrait compte, très vite, que les montagnes suisses cachaient des bunkers bourrés d’armes de guerre. Des voyous en costard et cravate, ainsi que des hommes d’affaires en col blanc, mais maffieux, agissaient en toute impunité. Les banques helvétiques n’étaient pas aussi respectueuses de la législation internationale que dans certains pays en voie d’industrialisation. Dans ce pays d’Europe centrale, le chocolat ne contiendrait pas que du lait. Quant aux lacs, ils seraient pleins de cadavres humains. Pis encore, ils serviraient de bases, d’immersion et d’émersion, pour des créatures venues d’autres univers. Vortex vers des mondes parallèles?

La neutralité de la Confédération helvétique arrangerait-elle quelques puissances, aussi bien terrestres qu’extraterrestres? Mystère absolu!

Mon Avis

Quand on est détective, peut-on avoir droit au repos? Surtout quand il s’agit de la famille?Roger Dercky va partir à la rescousse de son frère. L’aider dans son entreprise. Que va t-il se passer? Y arrivera t-il? Il lui faudra tout son flair pour y arriver. Est-ce plus facile quand il s’agit de la famille?

Evoluer dans un monde de coups bas. Nager parmi les requins affamés. Eviter les crocs trop longs de certains. C’est ainsi que Roger Dercky mène son enquête. Une enquête où le monde lisse suisse prends de grandes aspérités. Le corbeau de Zurich nous entraine dans les bas-fonds de la société suisse. Cependant, quel rapport  entre une société fiduciaire ayant pignon sur rue et le Milieu helvétique? Roger Dercky va tenter de faire la lumière sur cette question.

Gaspard Hubert Lonsi Koko donne des renseignements historiques sur tous les monuments. Ce qui pourrait n’intéresser qu’une partie du lectorat. Cependant, la lecture reste agréable. Plus les pages sont tournées et plus nous avançons dans le suspens. L’intrigue est bien ficelée et nous pousse à faire de nombreuses suppositions tandis que le suspens demeure jusqu’à la dernière ligne. L’enquête se déroule entre actions, sexe et meurtres, dans la froideur helvétique.

Le corbeau de Zurich nous fait entrer de plein pied dans un monde d’habitude secret. Un monde feutré malgré l’illégalité flagrante de certaines actions commerciales. Nous découvrons le monde des affaires. Plutôt le côté obscure de ce monde. Qui est ce fameux corbeau? Quel est son rôle dans cette histoire? Une enquête menée tambour battant, dans le luxe, le monde de l’argent facile. Une enquête qui prouve, une fois de plus, l’argent n’a pas d’odeur. Enfin, pour ceux qui désirent avoir un problème d’odorat.

Ma note 16/20

9791091580328  L’Atelier de l’Egrégore  346 p.

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L’île qui tombait dans la mer – Sabine Milella – 2013

Quatrième de couverture

Kirya, petite fille du Pacifique sud, découvre que son île n’est plus le paradis qu’elle croyait… Heureusement, une rencontre inattendue va soulager sa peine et l’aider à surmonter un grand changement.

Mon avis

Vivre sur une île au milieu de l’océan est un rêve pour une enfant comme Kitya. Mais, quand son île subit le sort de toutes les îles du monde, à savoir, le changement climatique. La vie de Kirya devient un cauchemar. Jusque là insouciante, elle se pose des questions. Que se passe t-il dans son île? Pourquoi tant de bouleversements? Est-ce définitif? Que vont-ils devenir elle, sa familles et les autres familles?

L’île qui tombait dans la mer aborde avec finesse le difficile sujet du changement climatique. C’est une belle façon d’aborder le sujet avec un enfant, de recueillir ses paroles, ses idées. Un moment de complicité Parent-enfant, nourri et enrichi par l’imagination de ce dernier. Les illustrations sont superbes ainsi que les couleurs franches et éclatantes.  Ces couleurs s’assombrissent au fil des pages, mais restent superbes. Les traits des personnages sont très doux. Bien que ce livre soit recommandé pour les plus de huit ans, il peut être lu par les parents pour des enfants plus jeunes ou ouvrir une discussion autour des superbes dessins. un moment de partage familial. Des milliers de questions en perspective.

l’île qui tombait dans la mer permet de satisfaire la curiosité des enfants et de comprendre la société dans laquelle ils vivent. Peut-être auraient-ils des solutions? Il est vrai qu’ils ont une imagination débordante qui peut parfois surprendre. Un autre thème peut aussi être abordé, par exemple à l’école: L’exil. Partir. Tout quitter. Comment réagiraient-ils? Que voudraient-ils emporter? Pourquoi? Une belle manière d’aborder l’actualité..

Ma note 19/20

9782343020655  Ed. L’Harmattan  45 p.   10€

Naissance d’une femme – Camomille – 2017

Quatrième de couverture

Geneviève grandit dans les années 60, à Langevin, un écart de Saint-Joseph, au sud de l’île de la Réunion. Après une enfance heureuse auprès des siens, malgré la misère et le décès prématuré du père, une rencontre entraîne la jeune fille naïve dans un tourbillon qui lui enlève tout contrôle sur sa vie. Choc des cultures, violence et humiliations deviennent progressivement son lot. Mais Geneviève tient bon. Elle espère. Surtout pour ses enfants, sa seule consolation et l’objet de sa fierté. Jusqu’à ce qu’éclate le scandale, qui brisera sa famille et ses dernières illusions. Geneviève saisit alors l’opportunité de devenir la femme libre et capable qui, au fond d’elle, attendait d’être révélée.

Mon Avis

Etre femme dans certains endroits du monde peut représenter une grande difficulté. Tout peut contribuer à ce qu’une jeune fille à la fleur de l’âge découvre et exploite son statut de femme dans la douleur. Le mensonge. La pauvreté fait force de maturité et oblige à tous les extrêmes. Ainsi se découvre Geneviève, jeune réunionnaise qui a grandi trop vite. Avec empressement. Avec ignorance. Pourquoi a t-elle accepté ce genre de vie si jeune?

Peu à peu, elle entre dans le monde d’adulte  et doit s’adapter rapidement. Naissance d’une femme nous fait entrer avec vivacité dans la vie d’une enfant. D’une enfant-femme. Une vie pas toujours facile. Une vie pas toujours supportable. Une vie de résilience entre la Réunion et la France. Chaque chapitre nous fait découvrir la force, la faiblesse, le courage d’une femme. D’une épouse. D’une mère. Comment ne pas baisser les bras quand la vie n’est que lutte de tous les instants? Comment faire pour ne pas sombrer? Le courage est-il un acquis? La vie de Geneviève défile ainsi que les épreuves. Les bons moments. Les instants de joie. De découragement. Cependant, vaille que vaille, la vie continue.

Naissance d’une femme est un cri. Une ode à la force de la femme. Force physique ou mentale. Une ode à sa capacité de résilience. C’est un roman d’une grande simplicité. Un roman bouleversant. Au fil des mots, nous nous laissons emporter par l’histoire de ce bout de femme. Par l’histoire d’une famille. A travers les épreuves, les joies, les rires, les larmes, la chenille devient papillon pour voler de ses propres ailes. Au fil des pages, nous assistons à l’accomplissement, à la naissance d’une femme. En toute beauté. En toute humanité. En toute humilité.

Ma note 18/20

9791092429121   Ed. du 20 décembre   375 p.   20€

 

 

Légère amertume (une histoire de thé) -Elanni & Djaï – Koffi Roger Nguessan – 2018

Quatrième de couverture

Découvrez l’histoire du thé dans le monde, depuis sa découverte en Asie jusqu’à son expansion en Afrique, au travers de la vie d’Adjoua, femme indépendante née au milieu du XXème siècle en Côte d’Ivoire.

Mon Avis

Le thé. Une boisson consommée dans le monde entier. A toute heure. A toute occasion. Cependant, s’est-on vraiment penché sur son histoire? Comment cette boisson  est-elle arrivée en Côte d’Ivoire? Pourquoi ne pas plonger au cœur de la petite histoire dans la grande histoire? C’est avec de belles planches en couleurs que les auteurs nous emmènent en voyage à travers le monde. Ils nous font plonger dans l’origine de cette plante. De l’Occident à l’Orient en passant par l’Afrique, nous allons à la rencontre des auteurs de l’implantation mondiale du thé.

Les anecdotes se suivent pour le plus grand bonheur du lecteur. Adjoua écoute avec attention l’histoire que lui raconte sa mère. Elle est avide d’en savoir plus. Tout comme le lecteur d’ailleurs. Elle n’imagine pas les aventures qu’elle vivra pour assouvir sa curiosité. Quel sera son rôle dans la transmission de cette histoire? Au gré de la vie. Au gré des rencontres. Le thé se fait roi. Le thé se fait trésor. A travers le monde. Le thé devient objet de convoitise. Plus surprenant, il devient l’objet de tous les dangers.

Au fil des pages, nous plongeons dans les trois étapes de la vie. Les trois étapes du thé: force de la vie. Amertume de l’amour. Suavité de la mort. Ces étapes sont aussi les titres des chapitres de cette superbe bande dessinée. Légère amertume (une histoire de thé) nous fait rêver et regarder différemment le thé, la plante la plus consommée à travers le monde, parfois dans une grande indifférence. Quel que soit le goût. Même avec une légère amertume. Celle de l’amour. Forte. Douce. Amère. Mais que l’on prend un grand plaisir à vivre. Ainsi que l’on prend plaisir à boire son thé, malgré son léger goût d’amertume.

Ma note 18/20

9782343156859  Editions l’Harmattan  60 p.   12,90€

 

ÂM – Baba Alfa Umar – 2019

Quatrième de couverture

Les poèmes qui composent  ce recueil sont comme autant de fragments d’une seule et même âme. Baba Alfa Umar invite le lecteur à la découvrir et à ressentir tous ses troubles. Suivez- le pour vous emparer  du monde et le transformer avec bienveillance.

Mon Avis

Un recueil de poésie bilingue, français/anglais. Une très bonne initiative. Parler de l’humain. Des djinns. De la force de la vie. De la force des croyances est une ode à la vie. ÂM est un moment de partage. Un moment de questionnement aussi, sur l’humain. Sa place. Ses actions qui expliquent le Monde. Les forces qui désignent les mystères. Mystères de l’existence. Mystères des actes assujettis à la vie.

ÂM est un cri qui s’élève dans notre monde. Ce monde sourd. Ce monde aveugle. Ce monde manipulateur. Ce monde où l’humain peine à trouver sa place. Ce monde où l’humanité peut douter de son avenir.

ÂM est une interrogation. Celle d’un enfant du Fouta qui hurle son appartenance à ce peuple unique et multiple: les Peuls. Ce peuple qui est relié par la langue et la tradition. Une ode à ce peuple guerrier fier de ses racines, de son histoire, de ses enfants. Un homme chante la vie.  Chante son peuple. Chante sa terre. Chante ses terres. Il hurle ses doutes sur son identité.  Sur son avenir. Sur ses sentiments. Il offre au monde le pouvoir de parler de lui. Le pouvoir de douter de lui. Qui est-il? Que ressent-il? est-il double? Est-il unique?

ÂM est un recueil qui brille d’une humanité non contenue. Qui scintille de sentiments offerts sur l’autel du doute. Sur l’autel de l’identité. Sur l’autel de l’amour. Des mots qui swinguent. Dansent. Forts de liberté. Forts de vie. Des mots généreux. Comme une offre. Comme un don. Un don qui met à découvert l' »ÂM« .

Ma note 18/20

9782754743266   Editions du Panthéon    120 p.  13,90€

Si j’avais su – Allison Forichon – 2018

Quatrième de couverture

La vie d’Elena Nohcirof bascule le jour où elle reçoit une lettre de sa tante Jessica. Alors qu’elle accepte de prendre l’avion pour la rejoindre, il s’écrase au milieu du désert de Goldhope. Seule survivante, elle y rencontrera Jackson, Mickael Shane et Spencer avec qui elle va vivre une aventure irréelle, d’exception et des plus surprenantes.

Mon Avis

Prendre l’avion alors qu’on a peur et  après avoir perdu ses parents dans un accident d’avion est très traumatisant. Alors, quand ce dernier s’écrase lui aussi, il est normal d’être terrifié. Que devient la vie? L’avenir? Les rêves? Tel est le destin d’Elena. Seul bémol, elle n’est pas seule. Le désert où elle se réveille grouille de vie. Et quelle vie! Entre réalité et cauchemar, Elena doit apprendre à survivre. A croire en elle et à une issue. Y a t-il une issue réelle? Quel est le prix à payer pour cette survie?

Avec Elena, nous vivons son intrusion dans ce monde où tout est nouveau pour elle, malgré la présence de ses amis. Quel est ce monde? Pourquoi y a t-elle atterri? Comment en sortir? Quel est son destin? Les questions fusent au rythme des pages, des chapitres. Les dangers, les batailles se succèdent. Se précisent sans pour autant  nous faire augurer de l’avenir d’Elena.

Si j’avais su. Une phrase  qui peut sembler banale. Mais, une phrase lourde de secrets. De mots tus. De maux tus. De mots bus. Une phrase lourde de forces inconnues. De situations insolubles. Fortes. Mystérieuses. Ce roman nous emporte dans une lecture frénétique. Hystérique, dans tous les sens du terme. Une lecture qui, doucement mais sûrement, nous fait ressentir les affres de la vie. Du regret. Du moment où le destin frappe aveuglément. Comme une arme incontrôlable. Une lecture qui nous envoûte et nous rend addictifs.

Si j’avais su nous transporte dans un monde fantastique. Un monde où la lutte  se veut acharnée. Une lutte où le destin fait un pied de nez à la vie. Une lutte pour l’espoir. Terrible. Humaine. Une lutte qui fait réfléchir. Une lutte qui emporte notre imagination. Une lutte forte qui pourrait faire dire à Elena « si j’avais su« .

Ma note 17/20

9781729323465    Autoédité    226 P.

 

Anna Plurielle – Virginie Vanos – 2018

Quatrième de couverture

Qui n’a pas rêvé d’avoir plusieurs vies pour vivre toutes ses envies? Lorsque Elsie est victime d’un accident mortel, elle se retrouve devant son ange gardien, Ernie. Celui-ci lui annonce qu’elle doit accomplir trois objectifs pour réussir sa vie: voyager à travers le monde et le comprendre, vivre un véritable amour, avoir une pensée philosophique faisant avancer l’ensemble de la pensée humaine et la diffuser. Si elle a échoué en tant qu’Elsie, Ernie lui donne droit à six incarnations pour y arriver. Pas une de plus. Elle bénéficie cependant de quelques privilèges: elle se souviendra de leur conversation  et s’incarnera directement dans un corps de vingt et un ans, sans passer par l’enfance; elle portera toujours le même prénom, Anna, et gardera ses yeux bleu marine. Aidée d’une équipe d’anges gardiens folkloriques, Elsie, devenue Anna, arrivera t-elle à réussir ses vies?

Mon Avis

Vivre plusieurs vies. Tout un chacun en a toujours rêvé. Anna est autorisée à le vivre. Comment en profitera t-elle? Réussira t-elle sa mission? Comment s’en sortira t-elle? Ses vies se suivent et sont plus aventureuses les unes que les autres. Nous accompagnons cette jeune femme dans ses tribulations. Le ton est donné dès les premières pages. Tant de réincarnations pour une seule femme pétrie de doutes. Pétrie d’humanité. Une humanité qui pousse parfois à l’erreur. Des erreurs qui mènent à l’amélioration. Une amélioration qui l’aidera peut-être à accomplir sa mission.

Anna Plurielle est un personnage très touchant. Terriblement vulnérable. Terriblement fragile. Terriblement humaine. D’une humanité pleine d’incertitudes. Comment s’y prendra t-elle pour accomplir ce miracle? Est-ce si simple que cela le paraît? Nous suivons Anna à travers ses tribulations. Ses rêves. Ses actions. Page après page, nous nous surprenons à ressentir ses états d’âme. A vivre à travers ses sentiments. Ses vies. Qui n’a jamais rêvé  de pouvoir recommencer sa vie? Pour changer une situation? Une phrase? Une action? « Et si…. », nous l’avons tous pensé une fois. Cependant, aurions-nous réellement changé quelque chose? Et si c’était cela le destin?

C’est avec beaucoup de plaisir, de curiosité que les pages se tournent. Que la lecture se fait attractive. Addictive. Les sentiments nous bouleversent à chaque mot. A chaque page. A chaque chapitre. Anna Plurielle représente nos rêves. Nos désirs. Nos souhaits. Elle se fait douceur. Pour nous apprendre l’espoir. L’acceptation de soi. L’estime de soi. La modestie. Elle nous fait comprendre que la vie est difficile, mais l’essentiel est d’accepter de la vivre. Entièrement. Intensément. Rien que pour soi. Et avec les autres.

Ma note 18/20

9782414279951   Editions Edilivre  163 p.   14,50€

Cyberattaque – Angeline Vagabulle & Renard – 2018

Quatrième de couverture

27 juin 2017: une cyberattaque frappe de plein fouet plusieurs multi nationales. Angeline, collaboratrice engagée dans une course effrénée aux résultats, se trouve alors plongée dans le chaos. Après le choc, comment faire pour relancer l’activité? Ce récit va vous emporter  dans les affres de la grande déconnection.

Mon avis

Un monde économique hyper connecté. Nous le savons tous. Nous le vivons au quotidien. Et, quand tout se déconnecte, comment ce monde s’en sort-il? Ce monde surbooké. Cyberattaque nous emmène en promenade dans ce monde statiquement chaotique. Silencieusement chaotique. Un monde en sidération complète.

Avec beaucoup d’humour Angeline Vagabulle nous décrit ce monde perdu entre « être et ne plus être ». Ce monde où les employés super actifs se retrouvent relégués au rôle de Legos oubliés. Comment se réapproprier son travail? Comment affronter ce traumatisme dans ce monde du chacun pour soi?

Cyberattaque est un roman tragicomique qui se joue dans le monde des affaires. Monde régi par la cybernétique. Tout y est froid. Calculé. Millimétré. Inhumain. Réglé comme une horloge Suisse. Comme du papier musique. Un monde où les marionnettes sont dirigées par un dieu aveugle, sadique et insensible: celui des affaires. Que deviennent ces marionnettes quand la musique s’arrête? Comment redécouvrir le vrai sens de la vie sacrifié sur l’autel du toujours plus vite, toujours plus actif?

L’humour est caustique et les dessins de Renard le rendent encore plus incisif. Au fil des pages, les situations rocambolesques se suivent et font penser à ces robots à qui l’on arrache les fils d’un coup, les vouant à une brusque et sempiternelle immobilité. Cyberattaque  nous fait réfléchir sur notre monde où la robotique régit une très grande partie de notre vie. De notre quotidien. Et si, un jour, le matériel électronique que nous possédons rendait l’âme? Comment réagirons-nous? Y survivrons-nous? Dans quel état? Cyberattaque apporte une première et truculente réponse. Peut-être est-ce l’occasion de reprendre sa vie en main? De faire face à des choix décisifs? Ce qui est sûr c’est que cyberattaque nous fait rire de cette situation. Cependant, et si un jour…?

Ma note 17/20

9782955545270   DG Editions Les Funambulles   220 p.   9€

Crime de grossesse – Issan Giska Ntsila – 2018

Quatrième de couverture

Wayatima, fille d’un colonel riche et autoritaire, tombe malencontreusement enceinte d’Eloki, celui qu’elle considère comme l’homme de sa vie. Troublé par cette nouvelle et ne sachant comment l’assumer, Eloki trouve refuge chez sa sœur. Mais, quand le père de Wayatima  découvre l’impensable, c’est une horde de militaires qui part à la recherche du responsable de ce « crime de grossesse ».

Mon avis

Wayatima porte l’enfant de son prince charmant. Rêve ou cauchemar? Comment l’annoncer à sa famille? Surtout à son père. Crime de grossesse est une pièce de théâtre qui décortique cette situation et démontre le mécanisme qui se met en place dès l’annonce de la grossesse hors mariage. Il se lit rapidement et l’écriture est fluide.

En Afrique, dans certaines cultures, les grossesses hors mariage sont un problème sociétal. Surtout pour les jeunes femmes. C’est un grand moment de solitude pour ces dernières qui sont souvent abandonnées par le père de l’enfant. Par leur famille. Elles sont vouées à la colère parentale et rejetées par la société. Elles doivent faire face à la stigmatisation: réputations bafouée. Abandonnées de tous et jetées à la rue.

Crime de grossesse est une pièce de théâtre qui se lit d’une traite. L’humour est présent malgré le sérieux du thème abordé. Très fin. Les personnages sont caricaturaux à souhait. Cependant, certains comme la mère paraissent lisses. Les sentiments ne sont pas très approfondis. Ce qui n’empêche pas à la pièce de théâtre d’être truculente. Ce sujet très actuel aurait pu être approfondi. Cependant, l’essentiel est présent.

Dès le départ, nous sommes pris dans cette trame et souffrons avec Wayatima. Nous comprenons sa détresse. Les mots nous enserrent dans cette angoisse légitime de cette jeune femme. Crime de grossesse démontre que le fait d’attendre un enfant n’est pas forcément un très bel évènement dans certaines cultures. C’est une pièce de théâtre qui fait réfléchir. Profondément.

Note 16/20

9782754740302   Edition du Panthéon   115 p.   12,90€