Zone Rouge – Planète centrale 2 – Yaël-July Nahon – 2019

Quatrième de couverture

Aya Stilstone vient de la Planète Centrale colonisée par les humains depuis des temps immémoriaux. Elle est la jeune capitaine d’un gigantesque vaisseau-déchets, le 55B. Elle vogue seule de planète en planète pour accomplir sa tâche routinière. L’abordage du 55B par un navire-corsaire va bouleverser la monotonie de sa vie. Les révélations du commandant Shamgar sur la réalité de sa planète, régie par un système autoritaire fait d’intrigues, de guerres larvées, de coups d’état feront s’effondrer les certitudes de l’indisciplinée Aya. En découvrant un nouvel univers où le pouvoir n’est pas là où on le pense, un univers où l’obéissance aveugle n’est pas une fatalité, un univers où les guerres sont légion tout comme l’émerveillement et l’amitié qui lui était jusqu’alors inconnue, Aya devra s’affranchir du système d’enfermement imposé par la Planète Centrale pour concrétiser  son désir de liberté. Des aventures l’emmèneront dans des mondes inconnus, à la rencontre de peuples fantastiques et attachants aux coutumes étranges sur fond de guerres intergalactiques.

Chronique

Quand on a réussi à grimper l’échelle sociale et professionnelle, quand on est au zénith de sa réussite, en général, on prend le temps de tout savourer. On se retourne pour voir le chemin parcouru et éprouver de la fierté envers soi. Ce qui n’est pas le cas d’Aya. Pourquoi, après tant de sacrifices, de lutte acharnée, ne cherche t-elle pas à savourer sa réussite? Qu’est-ce qui la pousse à passer en zone rouge?

Avec Zone Rouge – Planète Centrale 2 et dans les pas de Aya, nous entrons dans un monde glauque où les règles, les lois n’existent plus. Un monde où chacun est une menace pour l’autre. Un monde sans foi ni lois. Cependant, ce monde ne jouit-il pas tout simplement de ses propres règles? Aya devra user de subtilité pour le découvrir. Nous retrouvons notre jeune femme plus décidée que jamais à aller au-delà des choix de ses supérieurs pour aller à l’aventure.

Avec une lecture addictive, nous accompagnons cette jeune femme à la recherche de la vérité. A la recherche de SA vérité. A la recherche d’elle-même. A la recherche de l’amour? Nous volons  en compagnie de vaisseaux pour atterrir, pour amerrir, pour se poser sur des planètes exotiques aux populations tout aussi exotiques et énigmatiques. Notre jeune guerrière en quête de devenir ressent-elle quelque subterfuge qui pourrait mettre en péril l’équilibre de cette planète où elle a toujours vécu? Cette planète où elle se sent à l’étroit? Est-elle seulement en alerte par rapport à tout ce qui lui arrive? Aya trouvera t-elle des réponses à ses questions? Toujours est-il que, comme d’habitude, elle ira au bout d’elle-même. Au bout de sa curiosité. Au bout de ses désirs. Pour bien des aventures encore…

Note 18/20

9781612278643   Editions Rivières Blanches    210 p.    18€

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La ronde des derniers Maîtres du Bèlè – Jean-Marc Terrine – 2015

Quatrième de couverture

Les anthropologues, les ethnologues, les musicologues, ont parlé d’eux, les gens du Bèlè. Un art des mornes autour du chant, de la danse et du tambour, pratiqué par des paysans dans les campagnes de Bezaudin, de Pérou et de Reculée, au Nord de la Martinique, dans la commune de Sainte-Marie. Une expression diabolisée depuis la nuit des temps, qui a survécu tant bien que mal depuis l’esclavage. Les rencontres Bèlè se multiplient depuis les années 1980; les Martiniquais renouent peu à peu avec un grand mouvement culturel qui fut longtemps marginalisé. L’univers du Bèlè a enfin gagné ses lettres de noblesse; on ne parle plus d’art archaïque, ni de « mœurs de vieux nègres ». Les artistes, les Maîtres du Bèlè, sont malgré tout restés dans l’ombre à ce jour. Les derniers chanteurs, danseurs, joueurs de tambour sont peu nombreux, ils sont issus d’une longue tradition initiatique. Leurs parcours, leurs danses, leurs styles, leurs expressions, ils n’en ont jamais parlé. On ne leur en a jamais donné l’occasion.

Chronique

La traite des esclaves n’est plus un mystère pour grand monde. Avec eux, les hommes ont emporté sur leurs terres lointaines leurs coutumes, leurs traditions. Elles se sont adaptées à leur nouvelle vie pour créer de nouvelles traditions. Le Bèlè en fait partie et des maîtres de cette musique ont émergé de cette culture musicale.

La ronde des derniers Maîtres du Bèlè nous introduit dans le monde des esprits par le biais de cette musique, de cette danse spécifique qui l’accompagne et nous fait flirter avec le monde de l’invisible. Cet art est longtemps tombé en désuétude. Connu de quelques initiés qui, peu à peu, emportaient leur savoir dans leur dernière demeure. Dans l’indifférence générale. Il fut une époque où cette musique animait les soirées. Aujourd’hui,  rares sont les maîtres du tambour, les maîtres de la parole. Nous découvrons, ainsi, les derniers seigneurs de cet art. Plutôt de ceux qui acceptent de parler  de leur art. Certains, blessés par les rejets ou les détournements de leur parole, sont devenus méfiants. Trop méfiants. Ils ont refusé de parler de cette musique dont la danse apprend la vie, les coups du sort et la résilience à toute épreuve, tels le Kalenda, danse des esclaves, le ladja qui accompagnait les combats.

La ronde des derniers Maîtres du Bèlè est une poésie. C’est une ode à la tradition. C’est une remise en question de cette société moderne qui met à bas certaines traditions afin de mieux avancer. C’est aussi un appel à la sauvegarde de richesses culturelles qui tombent dans l’oubli, volontairement ou non. C’est un appel à la protection d’un art en voie de disparition. C’est une vie spécifique qui n’est plus. Des bibliothèques ont brûlé et l’art est tombé en désuétude car trop de rapport avec les ancêtres venus d’au-delà des mers. Cependant, ils sont devenus si peu nombreux, ces artistes, rendus muets par l’indifférence générale. Tous ces hommes et ces femmes sont dépositaires d’un savoir. Mais ils sont trop peu nombreux pour entamer la ronde des derniers Maîtres du Bèlè.

Note 19/20

9782357202610   HC Editions    165 p.     14,50€

 

Cuisine créole Vol. 1 Français/English – Exbrayat – 2012

Chronique

A elle toute seule, la couverture fait rêver. Elle nous donne faim. Des punchs. Des accras. Des pâtés. Des recettes qui nous font saliver. Qui nous font voyager. Des recettes qui nous font penser à l’été. Aux retrouvailles en famille ou entre amis. Au bord de la mer, à la campagne, en montagne ou sur la véranda.

Cuisine créole est le premier d’une longue liste de livres qui présentent chacun des recettes particulières, de l’entrée au dessert. Il y a une recette par page, en français et en anglais. Des recettes maison avec de petites astuces pour les réussir. Des punchs aux couleurs variées, à base de différents fruits. Des entrées avec des ingrédients exotiques, mais pas toujours. Savez-vous faire une mousse d’avocats? Une chiquetaille de morue? Et un gratin de christophines accompagné d’un daïquiri?

Les photos sont superbes et font saliver. Les recettes sont très faciles. J’avoue que j’ai testé. Vraiment des recettes très simples. Les explications sont courtes et aisées. Elles nous invitent à la dégustation, avant ou après une belle journée passée à l’extérieur. Un petit moment de détente apprécié qui fait voyager dans les îles. Un vrai régal.

Note 17/20

9782915390575   Ed. L’Harmattan   40p.

Fauves Editions

Les Éditions Fauves ont pour objectif de s’affranchir des canaux traditionnels. Offrir une passerelle entre l’information et la connaissance.

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9791030202809r9791030202885r

Un goût d’Europe – Janelly Fourtou – 2019

Quatrième de couverture

Janelly Fourtou retrace pour nous le quotidien d’un député européen au féminin. Avec humour et sensibilité, elle décrit au fil des jours  ses dix années de mandat, marquées par un réel sens de l’engagement: un parcours d’abord initiatique, avec ses codes minutieux, mais aussi les nombreux voyages et la découverte de lieux extraordinaires – dont l’imposant Parlement de Bruxelles -, sans oublier les rencontres avec ses confrères d’horizons si différents. Au-delà du devant de la scène, Janelly, telle Candide en Europe, nous livre ses réflexions, tout en finesse, et toujours sans concession, sur le backstage (l’envers du décor) souvent cruel, notamment pour les « débutants », les détails matériels qui ont pour autant leur importance, les échapppées entre d’interminables réunions, salutaires ou déprimantes, et beaucoup d’anecdotes […].

Chronique

Comment s’adapte un  député Européen? Quel est le chemin qui mène à ce creuset tant désiré et si intimidant? Janelly Fourtou  nous fait découvrir un monde dont tout le monde parle, mais  que personne ne connait. Un monde hermétique. Un monde énigmatique.

C’est avec un humour fin que nous accompagnons l’auteure dans son voyage vers ce projet dont elle ne rêvait pas et qu’elle a atteint presque par hasard. C’est pas à pas, avec précaution que nous entrons dans la sphère de l’Europe. Dans un goût d’Europe – journal d’une députée européenne, nous assistons à sa prise de poste. Un saut vers l’inconnu. Avec beaucoup d’humour, nous assistons à son besoin de satisfaire tout le monde quitte à s’éreinter entre deux réunions, deux trains, deux hôtels. Le grand écart est de mise. Finalement, c’est le même cheminement que tout quidam qui prend son nouveau poste, sauf  que le lieu est impressionnant.

Un goût d’Europe, journal d’une députée européenne nous invite à suivre chaque démarche. Chaque réunion. Ce qui est très intéressant et en aucun cas ennuyeux. Au contraire. Comment se passent les débats? Comment sont préparées les motions? Et ces rencontres entre ténors de la politique? Pas de secret. Pas de langue de bois. Tout est dit. Tout est expliqué. En sus, nous avons les réflexions de l’auteure. Ce qui est très amusant.  Un humour très fin. Nous avons l’impression d’assister aux passations du pouvoir. Un journal qui raconte avec des mots simples qui font du lecteur un témoin du monde Européen. Qui lui donne un goût d’Europe.

Note 18/20

9791030202809   Fauves Editions 254 p.   22€

La démocratie, et après? – Frédéric Bischoff – 2019

 Quatrième de couverture

La démocratie représentative semble en recul partout dans le monde. Avec une approche très originale, l’auteur analyse les mécanismes qui minent le fonctionnement de la démocratie, vu comme un organisme vivant. C’est de l’intérieur que les démocraties se délitent et c’est donc dans ce qui les constitue  qu’il faut chercher les causes de leur mal… Les citoyens redeviennent des individus. Les anciennes fractures, un temps estompées par la force intégratrice de la démocratie, réapparaissent. Les partis traditionnels se laissent contaminer par les discours clivants, et n’agissent plus que dans l’urgence. Plutôt que de lutter contre les discours populistes sur le terrain que ceux-ci ont choisi, ne devaient-ils pas rechercher et traiter les causes de la désaffection des électeurs pour leurs propres idées? Le rejet des élites, la distance entre élus et électeurs, la persistance des inégalités ou le manque de résultats concrets peuvent pourtant avoir une réponse.

Chronique

Dans le monde actuel, la démocratie parait obsolète pour de nombreux pays à travers le monde. Au vu des pays en guerre, des pays où l’état de droit n’est plus qu’une illusion. La paix règne entre deux guerres, deux attentats. Qu’en est-il vraiment? La démocratie est un modèle qui diffère selon les états, les continents.

A travers la démocratie, et après? nous faisons face à cet esprit qui est le vœu de tout citoyen et à son paradoxe  dans les mêmes pays qui les applique. A travers l’histoire, le monde a montré les limites de cette démocratie tant souhaitée. Tous les peuples sont-ils égaux face à la démocratie? Que représente cette dernière  pour les hommes politiques qui se doivent de l’appliquer? Que représente t-elle pour le peuple?

Au fil des pages, Frédéric Bischoff nous présente un éventail d’applications de la démocratie. Sur les plans sociaux et étatiques. Dans les médias. Le monde doit-il se préparer à  un nouveau modèle plus adapté à notre mode de vie? Quelles sont les propositions et leurs conséquences sur la société actuelle? Comment faire pour qu’elle soit adaptée à tous. Est-ce une utopie? Surtout, sera t-elle adaptée à l’écologie actuelle? A travers des exemples précis, Frédéric Bichoff présente une capacité à faire cohabiter démocratie et écologie à l’échelon mondial, tout en démontrant la complexités de ces solutions. Ce qui fait réfléchir  et poser la question suivante: la démocratie, et après?

Note 17/20

9791030202885   Fauves Editions   232 p.   19€

 

Pitié pour la DRH! – Philippe Lecat – 2019

Quatrième de couverture

A quoi sert la fonction RH dans l’entreprise? Cette question est le fil conducteur de cette pièce. Certains des personnages ont une idée sur la question, d’autres non. Au fil de l’intrigue, le rôle attribué à la fonction RH va changer. La titulaire de la fonction n’est pas systématiquement celle qui l’entend le mieux. La scène commence par le constat d’un meurtre parla patronne de l’entreprise et le responsable de la paie. Pour comprendre ce qu’il s’est passé, ils vont visionner la vidéo surveillance des jours précédents. La patronne et son directeur commercial projettent de racheter une entreprise concurrente. Pour cela, ils débauchent un commercial de ce concurrent et, une fois l’opération réalisée, pensent se débarrasser de lui à moindre frais. Mais, bien sûr, cela ne se passe pas comme prévu. L’action se déroule dans une entreprise de pompes funèbres.

Chronique

Ah, la DRH, nous avons toujours quelque chose à dire à son sujet. En bien ou en mal. Et combien sommes-nous à connaitre réellement son rôle dans l’entreprise? Nous accompagnons Simone dans sa vie professionnelle. Dans une entreprise de pompes funèbres. Qui l’a tuée? Pourquoi?

Nous revenons sur la vie d’une entreprise par le biais de sa DRH. Nous entrons dans les secrets des tractations. Des OPA (Offres Publiques d’Achat). Des mensonges. Des coups bas. Avec un humour caustique, nous faisons la connaissances des personnages auxquels nous pouvons identifier des personnes que nous avons l’habitude de côtoyer. Nous découvrons les aleas de la vie professionnelle d’une DRH. De quoi peut-elle bien s’occuper?  De tout? De rien? De presque tout? De presque rien?

Pitié pour la DRH est une pièce de théâtre pleine d’humour. Les dialogues sont d’une cynisme succulent. Pour le plus grand plaisir du lecteur. Avec les employés, nous sommes curieux de savoir qui a bien pu tuer cette femme si peu aimée. Tant adulée. Cette femme dont tout le monde se servait. Et qui ne servait à rien. A part…. A quoi, au fait? Nous allons à la rencontre d’une femme pétries de bonnes intentions et qui veut faire plaisir à tout le monde. Une femme qui a l’air de savoir quel est son rôle dans une entreprise. Mais qui doute de son rôle dans ce service de pompes funèbres. Tout ce à quoi elle pouvait penser était pitié pour la DRH.

Note 17/20

9782343171968   Ed. L’Harmattan   68 p.    10,50€

Une vie au service de la police technique et scientifique – Patrick Nazet – 2018

Quatrième de couverture

Patrick Nazet a exercé pendant 32 ans un métier passionnant, de quoi remplir sa mémoire de secrets, d’expériences et d’anecdotes qu’il a accepté de révéler dans ce livre. Il a participé à bien des enquêtes dont celles qui ont marqué les esprits et dont on parle encore: Jacques Mesrine, Thierry Paulin, Claude François et bien d’autres. Il a contribué aux évolutions de son métier, aidé à la construction de nouvelles techniques, de nouveaux fichiers. Il nous propose un témoignage professionnel dans un livre découverte, celui de son métier, tant médiatisé et finalement méconnu du grand public.

Chronique

Je ne sais pas pour vous. Mais, j’ai toujours rêvé de savoir comment fonctionnait la Police Scientifique. Quoi de mieux que d’avoir un authentique policier pour nous l’expliquer. Nous découvrons l’expérience de l’auteur au décours des années passées dans la police. Nous découvrons l’histoire de la police judiciaire des premiers balbutiements à nos jours. Nous accompagnons Patrick Nazet pas à pas dans le dédale des faits scientifiques. Des déroulements des enquêtes. Des faits sur lesquels ces dernières s’appuient pour mettre à mal les actes des délinquants. Les actes de ceux qui ont décidé d’ignorer la loi et de vivre en fonction de leur propre loi.

Une vie au service de la Police Technique et Scientifique nous fait découvrir les grandes enquêtes qui ont défrayé les chroniques. Nous entrons dans le saint des saints: le 36 quai des orfèvres. une adresse mythique. Savez-vous comment sont relevées et analysées des empreintes? Avez-vous déjà assisté à un interrogatoire? Comment s’est passé l’enquête sur la mort de Claude François? Sur l’enlèvement du Baron d’Empain? L’auteur nous raconte sa première enquête sur un vol à main armée. Sur un homicide. Rien à voir avec les séries américaines. Il nous raconte ses années d’expérience après une vie au service de la police Technique et Scientifique 

Note 16/20

9791092613667   Editions Chum   310 p.   18€

Editions Fondencre

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Créée en 2005 par Philippe Biget avec la complicité de quelques proches et amis, l’Association fondencre est à vocation littéraire et artistique. Elle développe principalement une activité éditoriale exigeante et ouverte sur le monde déclinée en quatre collections (Récits et fictions, Beaux Livres, Écrits sur l’Art, Jalons du XXe siècle). Elle contribue également à la diffusion de certains livres d’intérêt général portant un regard sur la Région Limousin où se trouve son siège. Tous les livres sont édités à compte d’éditeur. Ils font l’objet d’un dépôt à la BNF et sont référencés Electre et Dilicom.

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Le cri de l’arbre – Philippe Vergeraud – 2009

Quatrième de couverture

« Renaud s’éveille, glacé, aux premières lueurs de l’aube, avec à nouveau la sensation d’une menace globale et indéterminée. Il s’approche l’arbre en rampant, progresse ainsi de plusieurs mètres, son corps frissonnant tapi dans les fougères et parcouru d’ondulations sauriennes. Puis il se redresse, se met debout à côté d’un tronc énorme et pétrifié par les siècles. C’est alors que quelque chose se passe ».

Chronique

Peut-on se fuir soi-même? Peut-on vivre en dehors de la réalité pour être soi-même? Comment faire quand des personnes autour de la bulle que l’on s’est fabriquée? Dans la vie, il est des moments où l’homme se sent perdu dans l’immensité qui l’entoure. Il est un moment où il s’accroche désespérément à quelque chose, à lui-même, pour ne pas sombrer. Sombrer c’est se perdre. C’est peut-être aussi la folie douce. Deux hommes vivent dans la société avec un vernis de politesse. Pour faire ce qu’il faut. Comme il se doit. Plutôt un homme vit deux vies. Deux identités. Une profonde dichotomie. Une sorte de Docteur Jekill et Mister Hyde.

Le cri de l’arbre est un tableau. Une toile vierge où les mots se dessinent, s’effacent et se réinventent. Une toile créée pour la poésie des mots. Pour la poésie des hommes. Les chapitres sont courts et semblent décousus. Cependant, ils se complètent et se lisent comme des puzzles de vie, d’actions, de personnages. C’est aussi l’histoire d’un homme qui se perd en lui-même et ne peut se retrouver. Renaud est un homme en morceaux qui, peu à peu, perd le sens des réalités pour mieux tenter d’être lui-même. Peut-être d’être Ren tout simplement. Quel homme sera t-il? Endossera -t-il son côté obscur?

L’écriture est belle et sobre. Les tableaux défilent avec douceur. Avec force. Avec horreur. Chaque geste est disséqué dans un monde ralenti qui, de temps en temps, se précipite pour le pire. Rien que le pire. Ce thriller glaçant  nous présente cette âme disséquée en perdition. En errance. Seul un arbre centenaire arrive à calmer ses angoisses. Pour combien de temps? Un homme face à sa conscience? Peut-être. Un homme qui lave sa conscience au contact de cet arbre centenaire. Un homme dont la schizophrénie, la douleur d’être s’expriment dans le cri de l’arbre.

Note 18/20

9782953334326   Editions Fondencre   155 p.   17€