Publié dans Jeunesse, récit, romans

Parfums d’enfances – Aude Lafait – 2012

Quatrième de couverture

Kim habite la région parisienne, où elle a été adoptée par une famille française à l’âge de cinq ans. A vingt-deux ans, elle retourne en Thaïlande à la recherche de ses racines.

Chronique

L’adoption est toujours un moment délicat dans la vie d’une personne. Dans la vie d’une famille. Kim est une enfant adoptée. Qu’est-ce qui a bien pu conduire à cette adoption? Pourquoi elle? Comment s’est passée son adaptation dans son nouveau pays? Parviendra t-elle à oublier ses racines, son pays d’origine? Tant de questions auxquelles il lui est si difficile de répondre. Et si elle faisait le chemin en sens inverse afin de trouver des réponses?

Parfums d’enfances nous embarque dans une histoire racontée par chaque membre de la famille de Kim. Chacun revit ce moment qui a bouleverse sa vie. C’est un roman de douleur. La douleur de ne rien savoir de son histoire personnelle. La douleur d’une mère adoptive qui fait face aux questionnements de sa fille. La douleur d’une mère acculée par la misère. Nous plongeons dans la peur d’une famille qui craint de perdre l’être aimé au cas où cette dernière retrouverait sa mère naturelle. La peur de cette famille d’être reniée, rejetée, ignorée. C’est l’histoire d’une famille qui s’interroge. Cette adoption devait-elle se faire? Kim les reniera t-elle si elle retrouvait sa mère naturelle?

Parfums d’enfances est un récit plein d’amour. De tendresse. C’est un récit avec des moments d’une force incroyable. C’est un roman qui interroge sur l’adoption. Sur les choix guidés par la misère. Sur la recherche des origines. C’est le récit de la séparation. Une séparation douloureusement merveilleuse afin de mieux se retrouver. Une séparation-retrouvailles aux parfums d’enfances.

Note  17/20

9782296570238    Editions l’Harmattan    140 p.    13€

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Publié dans Contemporain, fiction, romans

En toi tous les soleils – Marianne Poncelet – 2019

Quatrième de couverture

En des temps anciens, alors qu’elle n’est qu’une enfant vivant au cœur des terres lointaines, Maya reçoit d’une veille femme une pierre lumineuse dotée de mémoire. Cette pierre va pousser la jeune fille à suivre une route parsemée d’aventures, à la recherche de celui à qui ce talisman appartient. Poursuivant le destin de Maya, Anya rencontre Diego. Ils connaitront ensemble la fulgurance de la passion, mais aussi sa brûlure. Anya ne l’oublie pas. Comment oublier la splendeur? Partie à sa recherche au gré des routes, elle rencontre le vieux Kakou, un sage magnifique qui la prendra sous sa protection puis disparaîtra avec le vent, après lui avoir fait prendre conscience de sa propre force de femme libre. Au terme du voyage, la jeune femme brillera de mille soleils, invincible et belle, incarnant la Puri Dhai du peuple tsigane, celle qui sait et qui indique le chemin.

Chronique

Un jour, la terre fut belle. Riche. Superbe. Puis l’homme y chut. Destructeur. Egoïste. Pétri de haine. D’envie. De vengeance. De rancœur. Et il la détruisit. Il la méprisa. Ainsi commence l’histoire. L’histoire d’un peuple. Le peuple de la route. Le peuple qui suit le vent et parcourt cette terre où il puise ses forces: les tsiganes.

En toi tous les soleils est un récit qui commence comme une légende. Un récit qui fait prendre conscience du caractère éphémère de ce qui nous entoure. Un récit qui montre le manque de liberté au travers de l’acquisition de ce qui parait indispensable à la vie. Maya reçoit un bijou, symbole de la Terre-Mère respectée. Un bijou qui se transmettra de génération en génération. Symbole de la nature et de la liberté. Symbole d’amour et de vérité. Symbole de bonheur.

En toi tous les soleils est l’histoire d’une transmission. La transmission de la liberté. La transmission de l’écoute du vent. La transmission de la sagesse. Par le biais d’une femme qui fut à l’origine du peuple des routes. C’est aussi l’histoire d’une transmission à travers les rencontres. Rencontres faites de liberté. Liberté de choix ou d’amours éphémères, telle celle de la nature et du ciel. Des rencontres créant un autre ailleurs toujours libre. Dans des mondes où les hommes brillent comme des étoiles dans la voûte céleste. En totale union avec un talisman venu des siècles lointains. Un héritage, ce talisman qui semble dire à chacune de ses propriétaires, en toi tous les soleils.

Note 18/20

9782343178684    Editions L’Harmattan    Collection Amarante    108 p.    13€

 

Publié dans #fantastique, fantasy, romans

La lente marche du cataclysme – A.J. Woodwind – 2019

Quatrième de couverture

Formée depuis l’enfance à courir parmi les branches des arbres géants, Wao est une Klélech chevronnée. Pourtant, rien ne l’avait préparée à ce qu’elle devait découvrir, seule au milieu de nulle part. Face à la nouveauté, elle devra s’adapter et prendre des décisions cruciales pour elle et la tribu. Cadalon, nation mineure du nord du continent, est devenue le centre des tensions internationales. Bavis zo Freyg s’y rend, mais son objectif n’a rien à voir avec sa soi-disant mission diplomatique. Muette, amnésique et perdue dans les méandres d’une ville tentaculaire où le soleil n’apparait jamais, l’inconnue tombée du ciel n’a qu’un mot la reliant à son passé: son propre nom. Trois époques, trois contrées et trois vies pour un seul cheminement à travers les méandres de l’identité où rien n’est jamais ce qu’il paraît.

Chronique

Un peuple en perpétuel exode face à une menace terrible. Une femme à la découverte de son environnement. Guerrière? Chasseresse? Eclaireuse?  Une femme face à l’inconnue, ou plutôt à une inconnue. Qui est cette dernière? Représente t-elle une menace pour elle? Pour la tribu? Pour son peuple? D’où vient-elle? Que veut-elle? Wao se doit de savoir. Pour se protéger. Pour protéger son peuple. Qui est cette inconnue qui traverse les mondes et les époques?

La lente marche du cataclysme nous emporte avec curiosité dans des mondes fantastiques. Des mondes  pour qui la préservation devient vitale. A quel prix? La survie d’une espèce au dépens d’une autre? Nous avançons d’abord avec une angoisse sourde. Que se passe t-il sur ces planètes? Le monde serait-il tombé sur la tête? ? Les trois parties semblent être trois histoires différentes. Cependant, elles se complètent face à cette menace ressentie.

La lente marche du cataclysme, à travers ses pages, ses chapitres, nous fait réfléchir à notre environnement. A notre monde. A une probable extinction de notre terre. Que se passerait-il? Sommes-nous préparés à cette éventualité? Une lecture feutrée et curieuse qui fait monter le suspens au fil des pages. Comment s’en sortiront ces peuples? Nous sommes pris d’affection pour ces derniers. Nous suivons leur évolution avec intérêt, avec une crainte et une avidité qui ne disent pas leur nom, face à la lente marche du cataclysme. Superbe.

Note 18/20

9781796780659   Auto édition    572 p.   17,77€


 

Publié dans fiction, romans

Un migrant dans la cave de Dieu – Loro Mazono – 2019

Quatrième de couverture

Mabou quitte le Sénégal en quête de ressources pour subvenir aux besoins de sa famille. Une embarcation de fortune, le menant avec ses camarades jusqu’à la forteresse Europe, chavire en Méditerranée. S’il échappe à la noyade, c’est pour devenir ouvrier corvéable à merci d’un entrepreneur cupide qui voit en lui une main-d’oeuvre à bon compte.

Chronique

Ah le pays de cocagne! Pays où l’argent se ramasse à la pelle. Pays où le travail se trouve facilement. Pays où les gens ne souffrent jamais et ne meurent peut-être jamais. Non, ce n’est pas moi qui le dis, mais Mabou qui le pense pleinement. Dire que son cousin lui conseille de rester au pays car au pays de cocagne la vie est difficile. Mais, bien sûr!

Un migrant dans la cave de Dieu. Un titre qui laisse pensif. Un titre qui nous laisse imaginer le pire. Mais, nous ne savons pas à quel point nous sommes en dessous de la réalité. A quel point nous sommes en dessous de l’horreur. Des voyages hasardeux. Des rencontres plus ou moins bénéfiques. Des rêves qui s’effritent au fur et à mesure des kilomètres qui séparent Mabou de son village natal. Ce dernier se rend compte, mais trop tard, que la vie de migrant n’est pas de tout  repos. Au contraire.

Un migrant dans la cave de Dieu nous fait découvrir, dans une lecture frénétique, l’exploitation des migrants. Nous découvrons cette volonté qui leur permet de résister à toute bassesse humaine. C’est un roman d’une grande force et plein d’humanité. Nous entrons dans la peau d’un  de ces migrants et sentons sa peur. Sa terreur. Ses déceptions. Ses coups de blues. Surtout, nous ressentons ses inquiétudes pour ceux restés au pays. C’est un roman dur qui nous emmène à la rencontre d’un homme parti pour un rêve et qui finit par tenir debout par instinct de conservation . Telle est l’histoire de Mabou, un migrant dans la cave de Dieu.

Note 18/20

9782754742368    Editions du Panthéon    376 p.   19,50€

 

 

Publié dans Jeunesse

Le coq et le crapaud – Marie Paule Huet –

Quatrième de couverture

Il était une fois un coq et un crapaud. Ils étaient très amis. Mais un jour…

Chroniques

Ainsi que le dit le proverbe malgache « l’amitié est comme un vieux pagne qui se déchire et que l’on raccommode au fil du temps« . Un proverbe dont devraient s’inspirer nos deux protagonistes. Deux amis bien différents qui partagent tout. Même les conseils. Cependant, qui sait ce qui est à l’origine de leur brouille?  Comment la situation a t-elle pu se dégrader à ce point? Ainsi est contée l’histoire de ces deux amis.

Le coq et le crapaud est une superbe histoire. Une histoire qui peut être lue pendant que l’enfant découvre les images. Des dessins tracés d’un trait fin et dont les couleurs sont concentrées sur les personnages principaux.

Le coq et le crapaud est un petit livret qui peut être emporté aisément partout, dans un sac, une pochette. La lecture se fait aisément. une lecture qui attise la curiosité des enfants et leur fait découvrir l’amitié, l’inimitié, la colère, le sens du partage, l’entraide et, surtout, leur apprend à verbaliser ce qui ne va pas. A ne pas être sans-gêne. Ils pourront ainsi  raconter avec leurs mots l’histoire de ces deux amis: le coq et le crapaud.

Note 17/20

9782350450438   Editions Ganndal  14p.    5,50€

Publié dans policier, thriller

Jeux de morts et de miroirs – L.A. Bailey – 2019

Quatrième de  couverture

Le  corps d’Amboise Durant , un spécialiste du XVIIIème siècle est retrouvé dans la Seine. Parmi ses effets personnels, la page d’un mystérieux manuscrit. Il met en scène Marie-Antoinette à la veille de son exécution. Quand elle hérite de l’affaire, le Lieutenant Charlotte Legrand est perplexe. Le meurtre est-il lié à un trafic d’art? S’agit-il d’un règlement de compte ou d’un crime passionnel? Que signifie le texte retrouvé sur la victime? Pourquoi lui demande t-on de contacter un ancien flic reconverti en détective privé? Pourtant, Hugo Delatour s’était promis de ne jamais retourner à Paris, une ville aussi belle et dangereuse que le souvenir de son ex-femme est tragique et douloureux. Dans cette nouvelle enquête, le Détective Hugo Delatour et le Lieutenant Charlotte Legrand apprendront-ils à se faire confiance? Parviendront-ils à découvrir le noir secret qui se cache derrière les dorures et la splendeur de Versailles?

Chronique

La vie semble enfin sourire à Hugo Delatour. il réapprend à aimer et à profiter de tous les instants de sa vie. La routine, la monotonie ne sont pas sa tasse de thé. Alors, une enquête serait peut-être la bienvenue. Cela tombe bien, Charlotte Legrand, Lieutenant de Police, a besoin de son aide pour le meurtre d’un historien. Que pouvait bien savoir ce dernier qui entrainât sa mort?

C’est le début d’une enquête entre Montpellier et Paris. Une enquête donnant du fil à retordre à notre détective. Plus que d’habitude devrait-il aller au bout de lui-même afin de répondre à toutes les questions même les plus personnelles? Qui était cet homme féru d’histoire? Baignait-il dans le trafic d’art? Faut-il suivre la piste de la mafia russe? Entre amour, désamour et moments forts, Hugo Delatour se lance dans cette enquête avec le sérieux qui le caractérise. Avec fougue, épluchant méticuleusement chaque piste.

Jeux de morts et de miroirs nous transporte dans une enquête minutieuse, rythmée par les évènements que vivent les personnages. L’assassin se joue-t-il des enquêteurs? Qui est vraiment Amboise Durant? Au fil des pages, l’enquête nous mène dans un monde de suspens. Un monde où nos émotions sont pris en otage. Une enquête faite de jeux de morts et de miroirs.

Note 18/20

9781074195106   Autoédition   292 p.   14,77€

Publié dans Jeunesse, romans

Moi, Salikéra… – Elizabeth Fromenteau-Pucheu – 2019

Quatrième de couverture

Salikéra habite avec sa maman dans le sud de la France, un petit village des Albères, sur le bord de la Méditerranée. Ses cheveux très bouclés, son teint mat, son sourire aux dents blanches ne peuvent néanmoins cacher une « différence » que certains enfants à l’école, lui renverront cruellement. Mais qui est-elle donc? Qui est son père? Sa maman diffère toujours le moment de l’aveu. Nous découvrons Salikéra en classe de 6ème. Et en 6ème, elle estime qu’elle est déjà assez grande pour soulever le mystère qui pèse sur sa naissance. Un concours de circonstances provoqué par l’enfant va obliger sa mère à révéler enfin qui est ce père douloureusement absent. A la fin de sa quête, l’optimiste Salikéra va enfin faire ce grand voyage dont elle a toujours rêvé et qui donnera sens à sa vie, à sa naissance, à sa deuxième culture qu’elle va découvrir…

Chronique

Salikéra est une petite fille de onze ans. Elle découvre sa couleur métissée parce qu’on le lui a dit à l’école. Elle ne comprend pas trop pourquoi. Mais, ce n’est pas sa seule question. Qui est son père? Où est-il? Pourquoi sa maman n’en parle-t-elle jamais? Autre mystère: que cache ce courrier mystérieux qui vient de Nouvelle-Calédonie? Il émane peut-être de son père? Que de mystères…

C’est avec un grand plaisir que nous abordons la vie de Salikéra qui nous raconte son quotidien. Sa vie de préadolescente. Ses petits bonheurs. Ses amis. Sa vie avec sa maman solo. Seule ombre au tableau: Quelle est son histoire? Comment répondre, à chaque rentrée des classes, à la question des professeurs: Parlez de vos parents.

Moi, Salikéra… est tout en tendresse. C’est un doux cri, une douce révolte pour la découverte des origines. La recherche de la figure paternelle. La recherche du parent manquant.. Comment combler le vide laissé? Comment dire au parent présent que l’on se sent incomplet? Comment le lui dire sans le blesser? Sans éveiller en lui des sentiments de tristesse, de culpabilité? C’est bien difficile quand on a onze ans. Inutile de dire que la lecture est agréable et addictive et se fait d’une traite, tant la petite Salikéra nous emporte dans son monde. Elle sait qu’un jour, elle pourra dire Moi, Salikéra… Un jour je ferai un grand voyage.

Note 17/20

9782343166582    Editions l’Harmattan   Collection Portes Océanes  88 p.   12€

Publié dans fiction

Folles vies – Alessia Valli – 2019

Quatrième de couverture

Fille d’un chauffeur de maître qui l’a élevée seul dans des conditions modestes, l’héroïne se fait appeler Audrey car elle s’identifie à Audrey Hepburn dans le film Sabrina. Il souhaite pour elle une existence rangée alors qu’elle aspire à une vie romanesque et dorée. Suite à une rencontre fortuite, Audrey est admise à 20 ans dans la très sélect Biotech Society, un club privé d’investisseurs fortunés. Plusieurs membres tenteront de la séduire, mais elle sera attirée par le très charismatique Adriano Cervi, fondateur de Genesis, une société de biotechnologie pionnière dans l’édition du génome, cotée sur le Nasdaq. Elle s’investira et investira tout dans Genesis dont le parcours en dents de scie fera écho à sa relation passionnée avec Adriano, entre euphorie et désespoir. Audrey se cherche, cherche l’amour et la fortune. Comment s’inventer une vie quand on veut sortir et s’affranchir de son milieu? Comment devenir adulte sans renoncer à ses rêves?

Chronique

Quoi de plus normal de rêver sa vie? De désirer une vie meilleure? Surtout quand on fait partie de ceux qui n’ont jamais eu beaucoup de moyens financiers.  Quand on fait partie de ceux qui ressentent un grand vide dans leur vie. C’est le cas d’Audrey qui rêve de liberté, de reconnaissance, de richesse. Pourquoi ne pas avoir un alter ego prêt à toutes les folies pour se sentir exister? Peut-être est-ce enfin une chance de vivre la vie dont elle avait tant rêvé?

Folles vies. Je serai tentée de dire Folles Espérances. Un roman intrigant qui vous pousse à vous questionner sur le destin. Sur l’amour. Sur le hasard des rencontres. C’est un roman de tendresse. De force. C’est un roman qui nous narre la forte fragilité d’une femme. Sa capacité à tout faire pour donner vie à ses rêves et à y croire. C’est un roman bouleversant qui nous fait découvrir un amour hésitant. Un roman qui nous fait découvrir une femme si forte de faiblesse. De douceur. De tendresse. Une jeune femme qui en veut et se donne les moyens. Y arrivera t-elle sans se brûler les ailes tel un papillon face à la lumière? Comment s’en sortira t-elle? Sera t-elle assez forte?

Une lecture toute en douceur. Avec une sorte de sérénité  qui nous fait tourner les pages avec curiosité. Avec un plaisir accru. Folles vies est l’histoire d’une femme hors norme. Une femme entière qui se découvre à travers ses rêves. Ses projets. Une femme qui se donne les moyens. Une femme qui se donne la chance d’y arriver même si pour cela elle devrait vivre de folles vies.

Note 17/20

9791030202816    Editions Fauves    168 p.    17€

Publié dans conte, romans

Pourquoi les baleines chantent-elles? – Françoise Kérisel – 2006

Quatrième de couverture

« Les chefs des animaux et ses sujets avaient des pirogues légères, qui ne pouvaient résister aux courants et aux cyclones. Seule l’énorme baleine possédait une barque immense, une arche solide, dans laquelle il y aurait de la place pour tout le monde. Au nom des siens, le chef lui parla.
– Baleine mon amie, entends notre requête. Ici, c’est la misère, et là-bas, une bonne terre nous attend. Il nous faut partir au plus vite. Seule ta superbe embarcation pourrait nous y transporter en un seul voyage, contre vents et marées. Prête-la nous, nous t’en prions.
-Non, dit-elle, je ne la prêterai jamais à des animaux des terres.
Et avec mépris elle cracha haut son écume. Il fallait donc s’emparer de son arche par la ruse ! »

Chronique

Des contes océaniens. Des contes qui solutionnent les mystères de la vie. A leur manière. Comment faire quand on est dépositaire de la mémoire d’un peuple et que ce dernier pose des questions existentielles? Comment aller à la découverte du monde en apprenant les mystères et en écoutant? Ainsi qu’ils le disent en Australie, « fermez la bouche, que vos oreilles entendent. » C’est si joliment dit.

Les contes sont courts et proviennent de toute l’Océanie. Chacun a sa formule pour débuter un conte. Les croquis qui respectent les codes de ce continent sont en noir et blanc et sont superbes. Ils décorent chaque conte que le lecteur prendra plaisir à découvrir. Ces contes expliquent les coutumes, les cultures de cette partie du monde. Savez-vous comment sont nés les cygnes noirs? Savez-vous comment les hommes ont connu le feu et la nuit? Des questions qui, j’en suis sûre, vous empêchent de dormir. Alors, vous trouverez une réponse belle, exotique et si simple que vous aurez du mal à l’imaginer.

Pourquoi les baleines chantent-elles? est une ode à la nature. Une invitation à la respecter. A l’écouter. A l’entendre pour mieux la comprendre. Françoise Kérisel nous fait voyager à travers les mots. A travers les paysages. A travers les récits. Elle nous fait voyager d’île en île pour répondre à une question bien simple: Pourquoi les baleines chantent-elles?

Note 18/20

9782296002234   Editions l’Harmattan   Collection La légende des mondes   74 p.   10,50€

 

 

Publié dans Théâtre

Mickey Mouse Project -Frédéric Feliciano-Giret – 2019

Quatrième de couverture

Patrick perd une amie dans un attentat à la bombe en Inde en 2010. Après des années d’enquête, la police indienne n’a pas identifié les coupables.  Patrick revient sur les faits des années plus tard  avec l’espoir que la lumière soit faite sur le meurtre de son amie. Contraint à faire face à un imbroglio surprenant où se mêlent services secrets américains et terrorisme islamiste. Patrick arrivera t-il à ses fins?  Mickey Mouse project était le véritable nom de code utilisé par David Headley dans ses communications téléphoniques pour parler de ses projets d’attaque sur le territoire indien. Mickey Mouse Project est inspiré de faits et de personnages réels.

Chronique

Les attentats ont secoué la quiétude du monde. Ils ont bouleversé les routines familiales. Ils ont créé des absences pour des personnes pleines de vie. Les attentats ont poussé à se souvenir de l’être aimé et à en parler difficilement au passé. Les attentats… Une plaie dans le tableau social et sociétal. Une plaie aveugle, indigne et monstrueuse qui fait douloureusement supporter la perte de celui ou de celle qui ne sera plus. Une plaie béante qui ôte la vie à ceux qui souhaitaient vivre.

Mickey Mouse Project raconte, à travers les mots de Patrick, les lendemains d’attentat. Les jours tristes où la douleur est muette de stupéfaction. Une douleur lourdement silencieuse. Viscéralement forte. Une douleur faite de cris muets. Une douleur où l’absent est si présent. C’est une pièce de théâtre qui parle des terribles lendemains où les gestes sont si durs. Des lendemains où il faut préparer l’après alors que le présent est si terrible. Pourquoi? Comment vivre sans l’être aimé? Comment ne pas éprouver ce sentiment de culpabilité d’avoir continué sa vie routinière? Comment parler de son amie Nadia au passé alors que les souvenirs sont si vivaces? Si présents? Alors que les souvenirs hurlent l’évidence d’une absence qui met à mal ceux qui restent et qui peinent à faire le deuil?

Mickey Mouse Project, une pièce de théâtre qui raconte une histoire vraie. Une pièce de théâtre qui, malgré la douleur, tire la langue à ces êtres sans cœur qui tuent aveuglément. Qui fait un pied de nez au destructeur, à l’assassin. Malgré le silence assourdissant des autorités indiennes face aux questionnements de Patrick. Malgré la colère de ce dernier et de la famille de Nadia. Des personnes qui tentent de se reconstruire. Des personnes qui font une place à l’absente tout en reprenant une vie pleine de questions sans réponse. Une vie pleine de larmes où la culpabilité est si présente. Culpabilité de ne pas avoir été là. Culpabilité d’être encore en vie. Une vie de résilience après le Mickey Mouse Project.

Note 18/20

9782343177090    Editions l’Harmattan    Collection En Scène    66 p.   10€