Le jour, la nuit, l’inceste – Mathilde Brasilier – 2019

Quatrième de couverture

Maud Steiner, fille d’un père architecte Prix de Rome et d’une mère sculpteur, a grandi à Saint-Germain-des-Prés dans les années 60. Après le suicide de son frère Fabien, elle cherche durant quinze ans une explication. Au cours d’un travail thérapeutique, des flashes de sa petite enfance réémergent… L’amnésie s’efface.

« Je suis chaque matin l’enfant qui arrive à l’école sans ses chaussures, en pleurant, mais quelle chance… son père est venu jusqu’à l’école, en courant le long du boulevard Saint-Germain, pour que sa petite fille ait ses chaussures aux pieds et s’arrête de pleurer. Et que la honte d’avoir les pieds nus, elle est dérisoire face à une blessure en sept lettres, qui commencerait pas la lettre « I » et ne se terminerait jamais. J’avais cinq ans. Je me sentais désavouée dans l’indifférence du monde« .

Chronique

Un titre qui en dit long. Sur une horreur. Sur un mal qui n’est malheureusement pas éradiqué de nos jours. Des souvenirs. Troubles. Des réminiscences de faits, d’actes, de personnes. Réminiscences pas trop claires. Un récit qui mène dans les méandres d’une histoire qui fut et qui restera imprimée dans l’âme. Mais, est-ce un cauchemar? Pourquoi? Des paroles, des pensées d’une enfant, d’une femme. En fait, une seule et même personne.

Les mots d’une enfant qui nous emmène, par petite touche, dans un monde qui lui fait peur. Dans un monde qui lui fait mal. Les mots d’une enfant qui raconte plutôt qui tente de raconter l’inénarrable. Un récit où l’amour fraternel permet de tenir et où la douleur est une ritournelle. Une enfant qui bégaye du bout des lèvres une histoire horrible. Pourquoi elle, si petite? Pourquoi a-t-il fallu qu’elle soit un enfant, cet enfant? Qu’avait-elle fait pour attirer l’attention sur elle? A quel moment son enfance a-t-elle été annihilée? A-t-elle eu une enfance?

Une femme raconte une histoire qui nous glace le sang. Son histoire. Son calvaire. Elle tourne autour des faits comme pour s’en préserver. Comme pour mieux les refouler. Elle raconte la vie. La philosophie de vie. Les disparitions autour d’elle. Attire t-elle le malheur sur les personnes qu’elle aime? Sur la seule personne qu’elle a profondément aimée: son frère Fabien? Elle parle de leur douleur. Leur désarroi. Ces moments volés à leur innocence. A leur enfance. La fluidité des mots n’empêchent pas l’horreur. Des mots qui scotchent le lecteur à son fauteuil et lui donnent envie de fermer les yeux. « Demain est un autre jour » dit le dicton. Comment expliquer cela à une enfant pour qui demain sera toujours pire que la veille et restera toujours synonyme d’horreur?

Note 18/20

9782343183220   Editions l’Harmattan   297 p.   28€

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