Publié dans Contemporain, fiction, romans

Longue est la route pour le Valhalla – Philippe Saimbert – 2019

Quatrième de couverture

Philippe et son frère Michel viennent d’hériter du domaine de leur oncle Anselme. Tous deux ruinés, ils s’installent dans la propriété en compagnie de leur père, un inventeur excentrique. Le Trésor Public leur a accordé un délai de six mois pour pouvoir vendre la maison et régler les droits de succession. Leur oncle défunt a cependant imposé une condition  pour la vente: les acheteurs doivent s’engager à garder et soigner les animaux présents. Un âne, un chat, un cochon et un perroquet, tous plus caractériels les uns que les autres. Entre une famille déjantée, des acheteurs qui le sont tout autant et des animaux en folie… longue sera la route pour le Valhalla!

Chronique

Une famille bizarre. Une famille pauvre. Disons, la famille foldingue, hérite d’une grande maison. Un inventeur cinglé. Un bipolaire qui se pense fini et un  presque « normal » au regard de ses compagnons. Cela augure d’une belle histoire. Pourquoi ces trois hurluberlus vivent-ils ensemble? Comment se passe leur quotidien?

Dès la première ligne, le premier mot, nous sommes happés par cette histoire rocambolesque sur fond d’héritage. Les éclats de rire se succèdent sans fin. La plume est légère et l’humour fin. L’auteur décrit les situations avec tant d’humour que c’est un régal. Que nous n’arrêtons pas de pouffer de rire. Les personnages sont atypiques et très attachants.

Longue est la route pour le Valhalla nous embarque dans une belle et grande aventure. Une aventure ubuesque autour de quatre animaux et d’une vieille maison. Une aventure où les personnages hauts en couleur, nous font mourir de rire de la première à la dernière page. Un vaudeville en pleine campagne. La lecture est agréable et nous fait découvrir des personnages attachants. Chacun à sa manière. Comment tout cela se terminera t-il? Ce qui est sûr, c’est que longue est la route pour le Valhalla. 

Note 17/20

9791022792523    Auto édition    207 p.    9,99€

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Publié dans Contemporain, fiction, romans

Le désarroi de l’enfant de chœur – Elisabeth Motsch – 2018

Quatrième de couverture

Le désarroi, Paul l’éprouvera longtemps dans sa chair. Lui si heureux, si fier d’être scout et enfant de chœur, ne sera plus rien.  Comme tous les garçons de sa paroisse, il est sous l’emprise totale d’un prêtre charismatique, mais pour son malheur Paul est « le préféré ». Sa mère a toute confiance dans le bon père Ménager, qui a baptisé tous les enfants de la famille. Ses camarades, eux, ne sont pas dupes. Jean-Marc, sizenier valeureux, met Paul en garde, de même Vladimir, véritable ami, drôle et efficace. Jusqu’au jour où un jeune séminariste chargé du catéchisme se retrouve témoin d’une scène inouïe. Trente ans plus tard, Paul se souvient de son enfance spoliée par un homme d’église au-dessus de tout soupçon. N’était-il pas le serviteur de Dieu?

Chronique

De nos jours, c’est un problème récurent qui est fortement d’actualité. Un enfant est pétri d’innocence. Innocence qui sera, peut-être, foulée aux pieds par des adultes pervers. Paul en sait quelque chose! Il est enfant de chœur. Le prêtre qu’il sert l’aime beaucoup. Beaucoup trop. Est-ce normal? Pourquoi Paul se sent-il si mal? Peut-on être aimé de cette façon quand on est un petit garçon qui joue à la dinette avec sa petite sœur?

Le désarroi d’un enfant de chœur nous introduit dans un monde trop connu. Un monde trouble. Un monde redouté par tous les parents. Un monde décrié. Paul se sent perdu. Un enfant perdu dans un monde d’adultes. Dans un monde de prédateurs. Dans un monde où son enfance, son innocence ont été bafouées. Nous ressentons sa peur. Sa gêne. Sa grande détresse. Comment en parler? Doit-il en parler? A qui? Un adulte?

Le désarroi d’un enfant de chœur est le cri muet d’une blessure. Un regard sans fard sur le monde de pervers. Entre enfance innocente et enfance bafouée, nous accompagnons un enfant devenu adulte. Un enfant blessé dans un corps d’adulte à la recherche d’un apaisement. A la recherche d’une absolution. Afin de se laver de cette blessure qui n’a jamais cicatrisé. De cette souillure qui lui semble indélébile. Un jour, peut-être, il y arrivera. A quel prix? De quelle manière? C’est avec une colère sourde, une rage muette et un dégoût sans nom que nous accompagnons cet enfant. Que nous tournons les pages. Avec une grande envie de soulager le désarroi d’un enfant de chœur.

Note 17/20

9782490580019    Editions les chants des voyelles    180 p.   16€

Publié dans Contemporain, romans, thriller

Les mascarades – Véronique Findling – 2018

Quatrième de couverture

Xavier, jeune diplomate ambitieux, est conseiller à l’ambassade de France à Tirana, en Albanie, dans les dernières années de dictature d’Enver Hoxha. Pour oublier les traumatismes de son passé, il persuade son foyer recomposé de jouer la comédie des apparences. Les mensonges protègeront-ils cette famille de l’explosion? Quel rôle jouera Andry, l’attaché culturel d’origine malgache? Sera t-il un grain de sable qui enraye une mise en scène fragile ou au contraire son ange gardien? L’auteur donne vie à des personnages profondément attachants ;  une fine analyse psychologique, s’incarne dans un contexte social et géopolitique réaliste et original. Trahisons, ambitions, amour, sincérité et mensonges tissent une intrigue aussi captivante que bouleversante.

Chronique

Deux âmes blessées qui se rencontrent. Après les confidences, la vie commune. C’est la routine, dira t-on. Peut-être, peut-être pas… Un déménagement à l’étranger. Une famille recomposée qui fait semblant d’être unie par les liens du sang. Une famille qui fait fi du passé et tente de s’engager dans le présent vaille que vaille. Cette façade se fissurera t-elle un jour? Les enfants arriveront-ils à garder le secret? Par ailleurs, ce secret ne sera t-il pas trop lourd pour tous dans un pays communiste? Pourquoi tant de secrets?

Les mascarades nous entraine dans la vie  les aventures d’une famille dans une Albanie communiste. Un pays où la dictature imprègne la vie de tout un peuple et où tout étranger est sous surveillance. Au fil des pages, se dessine une famille loin d’être idéale. Une famille qui frôle la bizarrerie. Une certaine fragilité s’installe ostensiblement. Des questions assaillent le lecteur qui se sent pris de doute. A tort ou à raison?

La vraie vie peut s’inviter dans une vie inventée. Elle y fait un tour et bouleverse tout. Surtout les humains. Ainsi, Xavier, Juliette et leurs enfants en font-ils l’amère expérience. La vie, la vraie, nous englue dans cette histoire que nous suivons avec anxiété. Avec angoisse. Que réserve l’avenir à cette famille? La vraie vie fera t-elle éclater la vérité? Comment s’organisera la famille sous les coups de la réalité? Se relèvera t-elle? Peut-être. Fera t-elle face? C’est possible.  Rejettera t-elle tout le reste? Sûrement. Surtout les mascarades.

Note 16/20

9782343157337    Editions l’Harmattan   Collection Ecritures   256 p.   22€

 

Publié dans Contemporain, romans

La jumelle qui dansait au milieu du jour – Chantal Danjou – 2019

Quatrième de couverture

Un secret de famille brutalement révélé bouleverse le destin d’une jeune femme. Seule la redécouverte des paysages de son enfance permettra à la narratrice d’apprivoiser sa propre histoire, de capter la lumière au-delà de l’obscurité. Gagnant son « toit du monde » sur les berges du lac de Charpal, elle saura abolir les frontières régionales pour un cheminement plus universel. A la recherche de la vérité et aux questions de la première partie, luxuriante pureté, une autre « vérité » sur l’inceste: un univers et une expérience oniriques, apparemment plus légers et joyeux, qui pourraient cependant faire basculer dans une utopie sur la pureté. C’est alors que, venant de l’autre côté du monde, défrichant la jungle du désir, surgit le contrepoint amoureux et humanisant.

Chronique

J’avoue que le début de lecture a bien été déroutant. Avec une impression de lire plusieurs histoires à la fois. Etre mère, un superbe moment dans la vie de la plupart des femmes. Pour certaines, c’est un calvaire et le vol de sa propre liberté. Un véritable pied de nez à l’instinct maternel. Et voilà une mère qui prend la poudre d’escampette, abandonnant sans vergogne un père et sa fille. Elle s’enfuit pour partir loin. Très loin. Sans remords. Est-ce si facile?

La jumelle qui dansait au milieu du jour est un roman déroutant. Un roman qui laisse le lecteur dans l’expectative. Nous entrons dans le monde des taiseux. Dans le monde des secrets de famille. Quel est celui de cette famille? Se taisent-ils par nécessité ou par peur? Rien à voir avec les traditions. Tout à voir avec l’horreur. L’indescriptible. L’innommable. Comment vivre avec un tel secret? Peut-on vivre normalement une fois que l’on sait?

La jumelle qui dansait au milieu du jour est un récit à la première personne. Un récit qui, loin de nous faire entrer de plein pied dans l’histoire, fait de nous des témoins qui écoutent une confession. Des témoins gênés par une confession qui n’en finit pas d’arriver. Les protagonistes sont-ils voués à une damnation éternelle? La vie peut-elle reprendre sans conséquences? En refermant ce livre, nous avons encore plus de questions qu’au début de la lecture. Très intriguant.

Note 15/20

9791030902020   Editions Orizons   Collection Littératures   170 p.   18€

Publié dans Contemporain, romans, témoignage

La mal-blanchie – Louise Adelson – 2016

Quatrième de couverture

Une famille française pas tout à fait comme les autres… père antillais, mère vendéenne. Après leur décès, Louise entreprend de vider leur appartement et le grenier, où lettres, papiers, meubles se sont entassés au fil des ans, tels des laissés pour compte. Peu à peu, les souvenirs émergent… Louise évoque ses origines négropolitaines, ses relations d’enfant puis d’adolescent, son isolement, son commencement de rupture avec la société, sa déshérence, puis sa découverte des « armes miraculeuses »; les mots. Ils la sauveront de la dérive, lui redonneront goût à la vie et confiance en elle. Sur fond de racisme et de pauvreté, dans un va-et-vient constant entre le passé et le présent, apparaissent les comportements post colonialistes d’une certaine société française vis-à-vis des minorités visibles. Ce témoignage fait écho au mal-être de beaucoup de jeunes issus de l’immigration, eux aussi laissés pour compte.

Chronique

Etre issu de plusieurs cultures peut parfois être difficile à vivre pour la personne. Le métissage peut se vivre à travers le poids de l’héritage familial. C’est la cas de Louise, née métisse aux lendemains de la Guerre. Dans un monde où sa couleur n’est pas la panacée. Dans une famille où cet héritage est subi. Est-ce vraiment le cas? Quel héritage lui laissera son père antillais après la disparition de ce dernier? Réussira t-elle à se réconcilier avec ses racines?

La mal-blanchie, un titre qui exprime tout le mépris, toute la violence verbale, toute la culpabilité subies par Louise, enfant et adolescente complexée. une jeune femme n’osant avoir une discussion ouverte avec son père. Peu à peu, au fil des pages, nous la suivons dans la recherche de ses racines. A la recherche de l’histoire de sa famille. Et si son père avait devancé ses questionnements? Lui aurait-il apporté un début de réponse?

La mal-blanchie est l’histoire d’une recherche. Celle d’une identité. Celle d’un héritage familial qui, peut-être, n’est pas si lourd à porter. La disparition de ses parents la poussera t-elle à se retrouver et à se réconcilier avec ses origines antillo -vendéennes? Nous l’accompagnons dans sa quête. Nous la découvrons dans sa sensibilité. Dans sa réappropriation de son histoire, même si un jour parmi tant d’autres, elle a été appelée la mal-blanchie.

Note 16/20

9782343089256 Ed. L’harmattan Coll. Lettres des Caraïbes 262 p 23€

Publié dans Contemporain, récit, romans

Negombo – Virginie Vanos – 2019

Quatrième de couverture

A trente deux ans, Jenny Colomb semble posséder tout ce qu’une femme peut souhaiter: un mari aimant et une fabuleuse carrière de romancière à succès. Pourtant, elle est dévorée par l’ennui, l’angoisse et le désœuvrement. Un divorce, le décès de son ex-mari et toute une série de menaces et d’intimidations la laissent totalement anéantie. Elle décide alors de tout quitter pour partir seule à Negombo, sur la côte ouest du Sri Lanka. Aspirant tout d’abord au calme, la solitude et la tranquillité, Jenny fera cependant de nombreuses rencontres tant parmi les sri lankais que les expatriés, dont certaines changeront son destin à jamais.

Chronique

Un mariage transparent. Insipide. Un divorce dangereux. Un veuvage post divorce. Telle est la vie de Jenny. Du moins, la sensation qu’elle en a. Une vie qui lui semble vide mis à part les menaces de son ex belle-famille. Alors, c’est le moment de partir. De changer d’horizon. Afin de mieux se retrouver?

Negombo. Lieu-pansement. Lieu-baume au cœur. Un roman qui nous fait accompagner une femme dans sa renaissance après une vie anesthésiée. Nous la suivons dans ce voyage intérieur. Un voyage où elle se retrouve face à elle-même avant de pouvoir s’ouvrir aux autres. Avant de pouvoir découvrir les autres. C’est l’histoire d’une écrivaine face à la page blanche telle que fut sa vie, avant de trouver son inspiration à travers les autres. Elle trouve l’inspiration en se découvrant dans le regard des autres. Ce regard qu’ils portent sur elle.

Negombo nous entraîne dans le sillage d’une femme qui, à un moment, avait oublié de vivre. Une femme qui avait mis sa vie entre parenthèse. Au décours de ses rencontres, elle trouve des amitiés solides. Elle découvre enfin le plaisir d’aimer et de se laisser aimer. Elle retrouve sa vie. Elle retrouve la sensation d’exister et se met à croquer la vie à pleines dents. Pour combien de temps? Retournera t-elle dans son pays? Une fois dans son pays, y gardera t-elle cette soif de vivre? Peut-être qu’elle la gardera tant qu’elle demeurera à Negombo. 

Note 18/20

9781074785642    Auto Edition    92 p.   10,02€   Kindle 3,99€

Publié dans Contemporain, fiction, romans

En toi tous les soleils – Marianne Poncelet – 2019

Quatrième de couverture

En des temps anciens, alors qu’elle n’est qu’une enfant vivant au cœur des terres lointaines, Maya reçoit d’une veille femme une pierre lumineuse dotée de mémoire. Cette pierre va pousser la jeune fille à suivre une route parsemée d’aventures, à la recherche de celui à qui ce talisman appartient. Poursuivant le destin de Maya, Anya rencontre Diego. Ils connaitront ensemble la fulgurance de la passion, mais aussi sa brûlure. Anya ne l’oublie pas. Comment oublier la splendeur? Partie à sa recherche au gré des routes, elle rencontre le vieux Kakou, un sage magnifique qui la prendra sous sa protection puis disparaîtra avec le vent, après lui avoir fait prendre conscience de sa propre force de femme libre. Au terme du voyage, la jeune femme brillera de mille soleils, invincible et belle, incarnant la Puri Dhai du peuple tsigane, celle qui sait et qui indique le chemin.

Chronique

Un jour, la terre fut belle. Riche. Superbe. Puis l’homme y chut. Destructeur. Egoïste. Pétri de haine. D’envie. De vengeance. De rancœur. Et il la détruisit. Il la méprisa. Ainsi commence l’histoire. L’histoire d’un peuple. Le peuple de la route. Le peuple qui suit le vent et parcourt cette terre où il puise ses forces: les tsiganes.

En toi tous les soleils est un récit qui commence comme une légende. Un récit qui fait prendre conscience du caractère éphémère de ce qui nous entoure. Un récit qui montre le manque de liberté au travers de l’acquisition de ce qui parait indispensable à la vie. Maya reçoit un bijou, symbole de la Terre-Mère respectée. Un bijou qui se transmettra de génération en génération. Symbole de la nature et de la liberté. Symbole d’amour et de vérité. Symbole de bonheur.

En toi tous les soleils est l’histoire d’une transmission. La transmission de la liberté. La transmission de l’écoute du vent. La transmission de la sagesse. Par le biais d’une femme qui fut à l’origine du peuple des routes. C’est aussi l’histoire d’une transmission à travers les rencontres. Rencontres faites de liberté. Liberté de choix ou d’amours éphémères, telle celle de la nature et du ciel. Des rencontres créant un autre ailleurs toujours libre. Dans des mondes où les hommes brillent comme des étoiles dans la voûte céleste. En totale union avec un talisman venu des siècles lointains. Un héritage, ce talisman qui semble dire à chacune de ses propriétaires, en toi tous les soleils.

Note 18/20

9782343178684    Editions L’Harmattan    Collection Amarante    108 p.    13€