La princesse fantôme – Laure St Andrea – 2018

Quatrième de couverture

En 948, trois royaumes se disputent Seillos, gros bourg minier au commerce florissant. La guerre est aux portes de la ville et une négociation de la dernière chance est organisée. Exilée à Seillos pour des raisons mystérieuses, Wilia, 16 ans, doit apprendre à se débrouiller seule. Accusée de sorcellerie, elle doit fuir de nouveau. Devenue l’apprentie du médecin royal, pourra t-elle faire confiance à Pedr, le neveu de la reine? Un personnage mythique vient s’inviter au cœur de la lutte fratricide qui oppose deux conceptions du monde. Qui pourra rétablir la paix?

Ma chronique

Une jeune femme insouciante. Une jeune femme qui aime  la nature et les plantes. Un passé mystérieux. Quel sera son avenir? Qui est-elle? Le Xème siècle est-il une bonne époque pour quelqu’un qui reste si proche de la nature? Wilia l’apprendra, peut-être, à ses dépens. On ne peut pas toujours se confronter aux puissants, sans se brûler les ailes.

La princesse fantôme nous transpose dans une époque où la ferveur religieuse est dévastatrice. Une époque où la différence pouvait, parfois, être mortelle. Une époque où la nature était liée à la magie noire. Nous assistons au destin d’une jeune femme. Une jeune femme qui se sent destinée à soigner grâce aux offrandes de la nature.

Les chapitres ont des intitulés qui nous permettent de suivre l’histoire sans peine. Le vocabulaire est adapté à l’époque rendant, ainsi la lecture agréable, truculente. Laure St Andrea nous fait découvrir les us et coutumes du dixième siècle. Elle nous fait découvrir les croyances. Les usages de la haute société. Les prémices de la nouvelle religion monothéiste et les pratiques sulfureuses de ses serviteurs zélés.

La princesse fantôme nous emporte dans une aventure sans fin. Chaque page, chaque ligne nous tient en haleine et aiguise notre curiosité. Entre intrigues, batailles et trahison, l’histoire nous emporte toujours plus loin à la recherche du savoir, des ennemis  et surtout de la princesse fantôme. La trouvera-t-on? Un mystère qui, peut-être, s’éclaircira. Comment s’y prendre? Existe t-elle vraiment? Comment s’y prendre? Où est-elle? Une recherche pleine de douleur, de peines, d’énigmes qui nous entraînent dans de nombreuses aventures. Pour notre plus grand plaisir.

Ma note 17/20

9781717724618   Autoédité   355 p.

 

Publicités

Fillette Lalo – Gerry L’Etang et Dominique Batraville – 2018

Quatrième de couverture

Dans une autre circonstance, un autre pays, un président-à-vie entreprit une traversée de l’horreur. Il s’appuya dans cette aventure sur une milice dont les membres reçurent le titre officiel de « volontaires de la sécurité nationale ». La malice populaire préféra les nommer « tontons macoutes » pour les hommes, « fillettes Lalo » pour les femmes, s’inspirant là d’un croquemitaine et d’une ogresse, figures imaginaires du lieu. Une femme se hissa à la tête de ces paramilitaires, devint LA Fillette Lalo. Plus d’un demi-siècle après le début de son oeuvre, sa légende, d’extravagance et d’effroi, est ici restituée

Mon Avis

Un peuple qui se révolte. Comme partout dans le monde. Sur une île Antillaise, les légendent courent les rues. Les chants moqueurs et satyriques aussi. Surtout ceux qui concernent Fillette Lalo qui a disparu de mille et une manières différentes. Qui est-elle? Mythe ou réalité? Que se passe t-il? Qu’est-ce qui a mené à cette révolte populaire? Quel est le lien avec fillette Lalo? Fillette Lalo nous fait découvrir des personnages hauts en couleurs. Des personnages aux noms d’une grande douceur. D’une douceur aussi grande que la férocité de la personne qui le porte. Leur vie. Leur sort nous sont racontés dans le détail. Nous suivons un peuple qui est arrivé au bout de la peur. Au bout de la douleur. Au bout de la terreur. Au bout de la violence. Une violence aveugle. Gratuite. Partiale.

Au fil des pages, nous faisons face à la grandiloquence d’un tyran. D’un autocrate nommé « Président à vie ». D’un « vampire du peuple ». Nous découvrons un pouvoir autoritaire qui se complait dans ses exactions. Comment vivent ces hommes et ces femmes qui détiennent le pouvoir? Ont-ils des limites à leur débauche? Ont-ils des imites à leurs violences? Peu à peu se dessine l’innommable. Les luttes souterraines. Les trahisons. Le ton est caustique. L’humour aussi.

A travers les actes, l’histoire de fillette Lalo est le destin d’une île saturée d’horreur. Qui se dessine. Ainsi que la force et la résilience d’un peuple qui se dresse face à son dictateur et à ses sbires. Un peuple qui tire sa force de cette violence pour se construire, pour avancer dans la vie. Pour regarder, de loin, la chute de ces « grands », voire de l’orchestrer. Mine de rien. Fillette Lalo est un hommage à un peuple jamais nommé, mais connu du monde entier. Ce peuple qui possède dans les gènes, dans son histoire, une part de l’ADN de cette légende: Fillette Lalo.

Ma note 18/20

9782357204171     Hervé Chopin Editions    80 p.     12,50€

La Martinique à travers la carte postale ancienne – 2016

Quatrième de couverture

« Il faut épier le réel, ces existences surgies de tous les écarts, ces signes dans les regards qui s’accordent une espérance, cet outre-soi qui n’abdique pas, tout cela restitue l’identité de l’île, terre mouvante entre des passages orphiques, terre convoitée par les battements de cœur de l’histoire, terre de grands cris et de non-dits qui chacun ont leurs mystères, d’où soudain nous parvient le pays, jusqu’alors caché entre deux failles qui communiquent. »

Mon Avis

La Martinique. A travers le temps. Une île comme vous ne l’avez jamais imaginée. Des cartes postales en noir et blanc. Les cartes géographiques qui datent d’une époque où les traces étaient des chemins connus de tous. Au détour d’une page, les métiers de « Antan lontan« , comme dirait un certain Raphaël Confiant, défilent avec les costumes traditionnels. Avec les foulards qui expliquaient le statut matrimonial. Avec les places des villes où les marchandes se promenaient avec sur la tête leur marchandises, où se côtoyaient les élégantes qui se mesuraient du regard.

C’est toujours avec plaisir que l’on découvre des lieux avec une histoire, un passé. Les Editions HC déclinent ce beau livre en différentes régions françaises. Dans la Martinique à travers les cartes anciennes, les mots sont de prose et de vers. Ils riment avec beauté. Avec harmonie. Avec nostalgie. Ils nous parlent de l’Histoire (la grande et la petite). Des anecdotes propres à chaque morne. A chaque monument. Les cartes postales sont sources de tendresse. Elles sont un regard cru sur la société de l’époque.  Une société où la vie était dure, mais simple, mais belle. Une vie où la nature avait sa place. Une vie où rien n’était folklore

Au détour d’une page, Saint-Pierre, ville sacrifiée à un volcan vindicatif. Saint-Pierre, ville qui renaitra de ses cendres fumantes. Brûlantes. Et ces métiers qui, aujourd’hui, ne sont que des mots: marchand de balais. De paniers caraïbes. Des mots superbes qui font imaginer, rêver l’époque. Ces dames âgées, la pipe à la bouche. Ces danseurs de ladja, maîtres des bourgs, aujourd’hui tombés dans l’oubli.

Alors, imaginez ces mêmes cartes décrivant le passé du Périgord ou d’ailleurs, vous permettant ainsi de découvrir votre région. Un très beau voyage à travers le temps.

Ma note 19/20

9782357202634   Hervé Chopin Editions    160 p.   18,50€

 

Sun Tzu le Stratège et le Sorcier – Olivier Lusetti – 2018

Quatrième de couverture

En Chine ancienne, dans la périodes des Printemps et des Automnes, le jeune Sun fuit la pays de Qi annexé par les forces ru royaume de Ch’u. Orphelin, porteur horrifié d’une terrible culpabilité, c’est épuisé qu’il franchit la frontière de Wu, pour rejoindre son grand-père, -un militaire de métier impitoyable- qu’il n’a jamais connu  sauf à travers ses exploits  et ses colères incontrôlables, contés par son fils. Arrivé en vue du village, le jeune Sun s’interroge sur son avenir si incertain, lui qui n’a pas encore croisé la tunique grise du sorcier le Fang-Sian; lui qui ignore encore tout de son incroyable destinée; lui qui pense que la voix accusatrice qui résonne dans sa tête est du fait de son seul esprit. Il dépende de l’Homme de faire des plans, il dépend du Ciel de les accomplir. Le destin de Sun Tzu s’écrit dans une encre de sang.

Mon Avis

Quitter ses terres pour aller vers l’inconnu fait souvent très peur. Quand on est différent, cela peut être pire. L’avenir peut découler des rencontres faites en cours de route. Ainsi fut scellé le destin de Sun.

Sun Tzu le stratège et le sorcier nous emporte dans l’empire chinois avant la réunification. A travers la culture, les croyances, les prophéties de cette époque. Une époque où la tradition et les proverbes codifiaient les actes des hommes. Sun va, ainsi, faire l’apprentissage de la rude vie de ce temps là.

Le roman est divisé en actes qui ont, chacun, un certain nombre de chapitres, tel une pièce de théâtre. Les mots frappent durement. Amèrement. Fortement. Comme la vie. Comme la  mort. Comme l’apprentissage de la vie. De la mort. Comme la perte d’une famille.

Le voyage est fantastique. Dans tous les sens du terme. Le destin de Sun se dessine tout au long de la lecture. Un destin auquel il n’avait sans doute pas rêvé. Mais un destin qui semble gagné aux dés. Un destin qui fait de lui l’homme qu’il devait être.

Le voyage se fait entre histoire, mystères, magie. Dans un monde enchanteresse. Un monde où les êtres fantastiques, les batailles sont nombreux. Un monde où l’amour, la haine, la vie se côtoient et se mêlent pour devenir une destinée hors norme.

Sun Tzu le stratège et le sorcier nous envoie dès le premier mot dans le monde d’un homme unique dont les actions retentiront sur l’histoire, l’avenir de son peuple. A quoi peuvent bien servir un stratège et/ou un sorcier dans le devenir d’un empire? La lecture vous apportera une réponse qui éveillera peut-être vos dons de stratège. A moins que ce ne soit celui de sorcier. Peut être que cette réponse vous satisfera. Ce qui est sûr, c’est que vous ne sortirez pas indemne de cette lecture.

Ma note 18/20

9791092557756    Fantasy Editions    213 p.

1515 – 1519 – Le Chroniqueur de la Tour – 2018

Quatrième de couverture

1er janvier 1515, François Ier devient Roi de France. Il se doute qu’il va vivre des évènements extraordinaires mais il sous-estime largement ce qui l’attend. Il va découvrir que l’Histoire n’est qu’un théâtre où s’affrontent des forces obscures en coulisses. Tout ce qu’il croyait solide, tout ce qu’il pensait vrai sera bouleversé. Car le monde est en train de basculer. Pour une damnation ou pour une renaissance?

Mon avis

L’entrée en matière nous laisse bouche bée. En état de choc. A Cuba, des hommes subissent mortellement la religion. Ailleurs, le Comte d’Angoulême est couronné par un ange et devient François 1er. Leur point commun? La ferveur religieuse. Deux mondes. Deux peuples. Deux manifestations de la croyance. Nous suivons des instants, des vies parallèles, dont les actes sont établis au nom de la religion. Peut-on tout faire au nom de la religion? Peu importe, le monde est en train de changer. Ce que semble ignorer François 1er. Les sentiments humains prennent le dessus sur la religion: ambition, soif de pouvoir, obscurcissement des cœurs et des âmes. L’obscurantisme en un mot.

Au fur et à mesure de la lecture, nous faisons connaissance d’univers différents et pas forcément catholiques: elfes, morts-vivants, etc. Les intrigues sont nombreuses et l’histoire Mondiale semble être écrit par les desseins et les actes humains. Quelque soit l’endroit dans le Monde Catholique, les intrigues vont bon train. L’histoire de François 1er se mêle à celle des marionnettistes des complots, de la vie, de l’Histoire, du Monde.

1515-1519 est un roman intriguant qui nous fait revisiter l’Histoire en regardant par le bout d’une lorgnette bizarre et parfois incroyable. Et si le Monde était le résultat d’actions d’un groupe d’individus qui tiraient les ficelles dans l’ombre? C’est peut-être déjà le cas? Vous allez voir les évènements mondiaux de cette époque  d’une manière que n’avait délivré aucun document historique.

L’amour, la trahison, les batailles agrémentent la lecture et titille notre curiosité. il ne faisait pas forcément bon d’être dirigeant en 1515-1519. François 1er vous le confirmerait sans aucun doute. Le chroniqueur de la tour nous emporte dans son Histoire mondiale revisitée par les efes, les humains, les morts-vivants, les intrigants, les victimes, le clergé. Les chapitres sont denses et envoûtants, ce qui n’empêche que la lecture est addictive et nous laisse imaginer une suite toute aussi belle et prenante.

Ma note 17/20

9791026219576   Ed. Librinova   476 p.

Aztèques La croisée des Mondes – Eric Costa – 2018

Quatrième de couverture

Teotitlan 1517. Ameyal fille de chef téméraire, fière et impulsive, est enfin admise comme concubine. Le rêve qui se cache derrière son regard de jade: s’évader du harem d’Ahuizotl, le monstre aquatique. Mais, pour y parvenir, elle devra payer le prix.

D’un côté, la liberté et la vie. De l’autre, la mort ou la prison. Entre les deux, un parterre de fleurs sublimes et vénéneuses. Des rivales et ennemies qui ne lui laissent aucun répit. Un Maître qui la poursuit. Une alliée folle de désir. Une déesse qui l’a choisie pour servir d’obscurs desseins. Comment s’échapper de cette cage dorée?

Mon avis

Une cérémonie qui nomme les nouvelles concubines. Tel est le début de ce roman. Une cérémonie modeste qui permet à des femmes d’évoluer au sein du harem. Un harem qui ressemble à tous les autres à travers le monde. Où la vie, les amis, les inimitiés se font et se défont au rythme des intrigues. Ameyal y fait ses premières armes de concubine et n’a qu’un rêve : s’échapper.

Une belle histoire toute en finesse où les traditions Aztèques affleurent à chaque cérémonie. Où les traditions et les règles du harem montrent la rigidité de ce monde fermé qui fait fantasmer beaucoup de monde. Cette vie dans ce huis clos n’est pas de toute tranquillité. Et  Ameyal apprend vite. Aztèques La croisée des chemins nous emporte dans la suite des aventures de notre héroïne. Héroïne dont on ressent profondément les sentiments. Que l’on voit évoluer au fil des pages.

J’ai eu un coup de cœur pour Ameyal. Pour sa vie. Ses douleurs. Ses souvenirs, bons ou mauvais. Cette femme-enfant en avance sur son siècle. Dont les choix ne cadrent pas avec les traditions du harem. Cette jeune femme que son passé force à regarder vers l’avenir malgré les blessures du présent. Que lui réserve justement l’avenir? Arrivera t-elle à accomplir ses rêves?

Bien que ce soit la troisième saison, Aztèques – La croisée des mondes se lit aisément, séparément des deux premières saisons. Un roman qui se lit d’une traite tant il est prenant. Une très belle lecture.

 

Ma note 17/20

ISBN 9781980911168    330 p.

A la table du Roi Soleil – 35 recettes royales et simples – Marie et Françoise de La Forest – 2017

Mon avis

Quel beau livre! Pour une passionnée d’histoire comme moi, c’est un délice. A la table du Roi Soleil fait partie de la collection Cuisine d’histoire. Ce qui augure une superbe collection culinaire. Eh oui, préparez-vous à faire un merveilleux voyage dans l’univers de Roi Soleil.

On plonge dans une époque qui n’est pas méconnue des Français: celle du Roi Soleil, Louis XIV pour ne pas le nommer.  Une époque où l’art culinaire était prise très au sérieux. Elle reflétait la richesse et l’élégance royale. Du point de vue de la table. Des mets. Et même des métiers de la cuisine.

Oui, je l’avoue. Je me suis délectée. En grande gourmande que je suis. En épicurienne. Des mots. Des mets. De l’évolution de la table royale. Des traditions qui perdurent. En effet, vous découvrirez avec bonheur les origines de la présentation de plusieurs menus. L’étymologie des recettes, des plats présentés. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ces derniers étaient très élaborés et très diététiques. Chaque légume, chaque fruit avait sa raison d’être dans le menu. Les habitudes culinaires royales étaient nombreuses et tordent le cou à de nombreux préjugés tels que des leçons de maintien à table qui existaient déjà.

C’est un merveilleux voyage qui vous attend au pays des métiers de bouche. Beaucoup d’entre eux n’existent plus de nos jours. A la table du Roi Soleil vous permettra de les redécouvrir avec plaisir. Dites- moi, savez – vous ce qu’est une perce-pierre? Elles est servie avec une dizaine d’autres mets. Savez – vous qui sont les queux, les galopins, les avertisseurs? J’avoue, qu’avant de l’avoir lu, je n’en avais qu’une vague idée. Je vous laisse le bonheur de les découvrir.

A la table du Roi Soleil est une croisière au pays du plaisir culinaire qui s’enrichit de temps en temps du Français de l’époque. Une pure merveille. J’ai adoré. Cela donne beaucoup d’authenticité aux récits. Ce livre est une invitation au voyage. Un voyage à travers l’histoire. L’histoire de la cuisine royale. De ses recettes. Des hommes dont c’était le métier. Une histoire d’escapades au gré des menus, des traditions de la table. Une histoire dans l’Histoire.

Laissez – vous bercer par le vieux français, les anecdotes de la table royale. Voyagez en compagnie du Roy et de ses serviteurs. Vous ferez de belles découvertes, des rencontres insolites, inestimables et vous saliverez devant des mets fins et variés. Sans oublier les vins, bien sûr.

A la table du Roi Soleil est un beau livre à offrir. A garder précieusement dans sa bibliothèque. Surtout à lire pour avoir de bonnes idées de menus pour les repas de fête. Vous surprendrez vos invités.  C’est un livre à transmettre car la tradition se transmet de génération en génération. Oui, un livre qui est LA tradition culinaire Française. Tout simplement.

Ma note 18/20

ISBN 9791095480051   Les Editions du rêve   155 p.   Broché 35€

Chicago Requiem – Carine Foulon – 2018

Quatrième de couverture

William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. il aide son épouse, Susan à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition. La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone. Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.

 

Mon avis

L’Amérique à l’époque de la prohibition. L’époque où de grandes familles dirigeaient l’économie clandestine tout en ayant pignon sur rue. C’est de plein pied qu’on arrive dans cette saga.  Mais, dans un environnement feutré. Une plongée lente et parfois glauque dans une tragédie Shakespearienne.

On découvre chaque membre de la famille Henderson. Des personnages hauts en couleurs. Des femmes fortes. Des femmes de caractère. Pour la plupart. On évolue dans une atmosphère plus ou moins feutrée, à l’époques de personnages mythiques telles que Al Capone, Sarah Bernhardt. Dans un superbe manoir. Dans cette famille boiteuse, il y achicago requiem un canard encore plus boiteux que les autres. Ce canard boiteux du nom de Meredith tentera de régner sur le monde de la pègre.

On assiste à l’éclosion, la mise en place d’une partie du Monde du banditisme sous la houlette d’une femme éprise de vengeance et de reconnaissance. Le côté obscur de l’Amérique pendant la prohibition était violent, sans pitié. La rancœur, la jalousie, l’amour peuvent mener très loin. L’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. Dans cette saga, les intentions étaient-elles toujours bonnes?

Dans ce roman, les grands héros de cette époque ne sont que des figurants dans l’histoirechicago requiem de cette dynastie. Chicago Requiem – La Saga des Henderson montre la naissance d’une famille qui verse dans des affaires plus ou moins troubles. Nous découvrons la société de l’époque. Le style de vie où la passion peut parfois faire des ravages. Que va devenir cette famille? Marquera t-elle son époque? Comment?

La lecture se fait facilement bien que les mots soient parfois durs. Forts. Intenses. Violents. Comme le veut l’époque de cette saga. Chaque chapitre nous transporte encore plus loin que le précédent, dans les complots. Dès la première page, cette famille intrigante nous prend dans ses filets et nous emporte dans ses aventures. Nous devenons des spectateurs privilégiés de leur vie trépidante. De ce grand théâtre familial.

Laissez-vous emporter dans les pérégrinations de la famille Henderson. Vous ne lâcherez ce roman qu’à la dernière page. Et encore… Un agréable moment en perspective. Laissez-vous tenter.

Ma note 17/20

ISBN 9781980714477     Broché 16,50€    Kindle 3,99€    388p.

 

Le Malleus – Les sorcières de Sarry -Marie-Laure König

Quatrième de couverture

Dans ce roman, vous ne rencontrerez pas de vraie magie., car comme vous le savez, comme moi, les sorcières ne volent pas sur des manches à balai.

Nous sommes à l’époque tragique où la sorcellerie se faisait femme.  Plus de 100 000 procès pour hérésie au cours de deux siècles avec pour appuis le « Malleus Maleficarum » furent administrés. Ce manuel écrit par un moine inquisiteur haineux, Institoris, fut approuvé par la Papauté de la fin du XVe siècle. Il connut un essor considérable grâce à l’invention de Gutenberg et fut à l’origine de plus de 60 000 condamnations pour hérésie, essentiellement des femmes.

Découvrez l’histoire d’Alayone, une petite fille qui grandira à l’ombre du Malleus et qui apprendra son existence bien plus tard à ses dépens. Son tuteur, l’évêque de Chalons, lui enseignera la théologie. Elle sera également instruite sur d’autres sciences qui sont condamnées par l’église comme l’astronomie, l’étude des pierres à venin ou l’agronomie que lui transmettra une guérisseuse. Elle découvrira les effets dévastateurs des amours interdits, mais aussi Paris, ville emplie de magnificence, de pestilence et d’étudiants.

Beaucoup de recherches ont été menées afin de donner à ce roman d’amour et d’amitié une envergure historique. Vous serez plongé dans les usages et les coutumes d’un temps révolu, on vous parlera du procès de Jeanne d’Arc, de l’élection d’Innocent VIII et bien évidemment de l’évolution d’une idée qui germa dans la tête de Heinrich Kramer  jusqu’à l’oeuvre de sa vie, le marteau des sorcières.

Bienvenue en cette fin du XVe siècle où religion et politique sont intimement liées, à une époque où les caprices de la nature étaient indéniablement l’oeuvre du malin et de ses servantes, où l’incrédulité du peuple fut le meilleur instrument des ambitions des puissants.

 

Mon avis

Dès les premiers mots, on entre de plein pied dans la face sombre de cette histoire.  Une histoire malheureusement d’actualité. Que dire quand la religion vise à obscurcir l’évolution humaine? Quand religion et politique jouent dans la même cour? Celle de l’intérêt personnel? Quelle place a le savoir face à une société hérétique?

De tout temps, la femme a dû se battre pour se faire une place dans un monde d’hommes. Pour peu qu’elle soit très intelligente et très instruite, le monde -son monde- peut basculer. Telle est la superbe histoire d’Alayone, femme en avance sur son époque.malleus La société féminine. La société fanatique. Telle qu’elle fut à l’époque barbare de l’inquisition. Alayone, malheureusement, découvrira cette société dans toute son horreur. Une société froide. Insensible. Faite de mensonges. De fanatisme. Une société où la connaissance crée la peur. La terreur. Une société où la religion se veut Maître de pensée. Alayone, par son intelligence, fait la fierté de son bienfaiteur. Elle comprend l’idée que le monde religieux de son époque se fait de ses connaissances si riches. si dangereuses. Ce qui ne l’empêche pas de vivre avec passion une histoire d’amour d’une force inouïe. D’une tragédie folle.

Le Malleus – Les sorcières de Sarry est aussi décrit au travers du regard humain et aussi d’un chat. Le chat d’Alayone. Mais, il suffit d’un homme -d’un seul- mû par la haine. Qui agisse sous le couvert de la religion. Pour que le monde plonge dans le chaos. Le cauchemar. Que les intellectuels soient décimés. Ô ignorance! Ô haine! N’êtes-vous pas le moteur de destruction à travers les temps? Moteur de l’avilissement des femmes quimalleus seront vouées à l’enfer sur terre quelle que soit l’époque ? Femmes sacrifiées, diabolisées au nom d’une religion qui se veut masculine?

Le Malleus – Les sorcières de Sarry est écrit sous forme de journal intime. Un récit presque quotidien des évènements. Admirablement écrit avec le vocabulaire d’époque qui émaille le texte sans pour autant le rendre désuet. Vous souhaitez des éclaircissements ? Vous les avez en bas de page. Et ils sont très instructifs.  Le mot fin ne termine pas ce roman. Au contraire. Les réflexions sont intenses tant ce roman interpelle chaque once du cerveau humain. Des réflexions sur des maux qui ne sont guéris que par le bûcher.

Voici un roman historique de toute beauté. Bien documenté. Un délice à lire. Avec ce bel ancien français qui réjouit et flatte l’intellect. De très beaux moments de lecture en perspective. A conseiller. Un livre à offrir et qui se lira avec bonheur en bord de mer ou en montagne. Juste pour oublier le quotidien et apprécier l’instant présent.

Ma note 18/20

ISBN 9781973409588  http://www.ecrivonsunlivre.com. 308 p.  broché 14,90€