Aussitôt le printemps et autres nouvelles – Aurore Drey – 2018

Quatrième de couverture

Ces textes parlent de la vie. A la manière des scalpels, ils dissèquent les existences et laissent, sur leur passage , des chairs meurtries et des corps exsangues. Qu’il s’agisse de folie personnelle ou collective, de perte, de joie ou d’espoir, ces nouvelles mettent en scène des moments où tout bascule et dont personne ne sort indemne.

Mon avis

Les nouvelles sont belles. D’une cruelle beauté. D’une irréelle cruauté. Tout se fait en douceur. Plutôt, de manière doucereuse. Une histoire. Une personne. Une horreur. Pire que la précédente et moins que la suivante. Une entrée dans l’âme humaine, dans l’inhumanité de cette âme, qui se fait dans une tendre et belle horreur. Une sorte de vision sur écran blanc. Les mêmes questions surgissent à chaque fois. Que va t-il se passer cette fois? Quelle sera la découverte finale? Des questions qui se posent avec la même frénésie que celle d’un enfant qui va ouvrir ses cadeaux de Noël. Chaque histoire nous emporte plus loin dans la maison des horreurs. Mais, c’est si génial, qu’on se surprend à en redemander encore tel un enfant qui souhaite un autre conte avant de disparaître sous sa couette pour intégrer le monde des rêves.

Aussitôt le printemps et autres nouvelles nous emporte lentement sur l’aile de l’imagination d’Aurore Drey. Une imagination belle, fertile, pleine de suspens, d’amour. Oui, je dis bien d’amour pour ses personnages qui l’ont perdu. Ses personnages qui n’en ont jamais reçu, qui l’ont mal reçu et le rendent si maladroitement. Un recueil de nouvelles d’une douce beauté. D’une douce cruauté. Un recueil si vivant. Si réel.

Ma note 18/20

9781717988010

Publicités

Peau de nonne – Aurore Drey – 2018

Quatrième de couverture

Alors que le monde ne connait plus de saisons, une petite fille vit recluse dans un château vieillissant. Elle y a pour seule compagnie son oncle et une personne chargée de son éducation. Convaincue d’être un monstre devant être tenu à l’écart de la civilisation, la petite fille devient jeune fille et les démons qui peuplent son existence se font chaque jour plus proches et plus menaçants.

Mon avis

peau de nonneUn enfant. Une jeune fille. Une jeune femme. Recluse au fond des bois. Refusée par la vie. Cachée de la vie. Juste une vie. Innocente. Solitaire. Taillée en pièces. Un texte qui commence doucement. Comme un éveil au monde. Un éveil à la découverte. Découverte des sentiments. Sentiment de peur. De rejet. De solitude. Un château isolé dans les bois où trois personnes se côtoient, se rencontrant occasionnellement. Puis vint l’horreur. La terreur. Le déshonneur. La douleur. Un corps blessé. Détruit. Annihilé. Ainsi qu’un fantasme. Un rêve. Une interdiction.

Peau de nonne est une nouvelle dense. Forte. Intime. Pas vraiment sentimentale. Une nouvelle qui vous fait abandonner notre monde pour entrer dans un autre où le questionnement, le doute, puis l’horreur prend une grande place. Nous entrons pas à pas, au fil des mots, dans la fin d’une vie sans trop d’émotion à une autre où l’amour est absent. Où l’amour n’a jamais existé. peau de nonne

Peau de nonne nous présente trois vies bousculées. Qui ne se croisent que pour le pire. Le meilleur n’y ayant jamais eu sa place. Le lecteur avance à pas de loup dans un monde de plus en plus opaque. Un monde où la lumière se fait sur l’extrême des gestes. Des choix. Des actes. Un monde où l’humain va au bout de lui-même dans une horreur glaçante pour renaître à la vie. Au monde extérieur. A l’horreur prochaine? A un goût improbable pour l’annihilement des vies dans un but de se laver de ses souillures. Pour renaître à la lumière glauque du monde? Une superbe nouvelle que vous accompagnerez dans l’escalade des décisions qui mettront en doute l’humanité. A lire absolument.

Ma note 18/20

9781717865977   30 p. Broché 5,48€

The avenue in the rain et autres nouvelles – Arnauld Pontier – 2018

Quatrième de couverture

L’image est celle de la femme éternelle. Une image qui se fiche des controverses sur la réalité ou le fantasme de cette « féminité » idéale: de la place de chaque sexe sur le vaisseau de la vie. Cette femme, c’est celle qui naît de la vision de l’homme; il ne cherche pas en elle son semblable, son égale: en elle, il voit l’espérance, l’amour qui l’attend, un jour, quelque part, en dépit du temps  qui passe et les aléas de la vie. Ou bien l’amour qu’il a perdu, manqué. Femme, sœur, marraine, mère… elle est là jusque dans la défaite: jusqu’à la fin.

Fixée en une seule et belle image, cette femme éternelle est l’allégorie de la vie. Force et douceur. Attirance. Respect. Mystère. Elle est notre désir. En quatre textes, sur une photo emblématique, c’est cette figure de proue, cette égérie qui est illustrée, fantasmée, remerciée.

Mon avis

La pluie. Sous toutes les latitudes. Dans toutes les situations. A chaque page, les mots se posent au gré de la vie. Au gré des émotions. La solitude enrobe le tout. Jusqu’au bout. De la vie. De la fin du rêve. De la fin du cauchemar. Au bout de l’amour sous toutes ses formes. Au bout de tout. Chaque nouvelle nous présente une situation spécifique. Cette nouvelle qui semble être le commencement. La fin. Le re-commencement. Des nouvelles où la douleur est extrême. Où le poids de la vie semble insoutenable. Où la solitude est prenante. Forte. Etouffante.

The avenue in the rain est un recueil qui se lit d’une traite. Le lecteur se sent envahi par cette pluie purificatrice. Cette pluie maudite  où même le monde semble être au bout de tout. Au bout de lui-même. Les mots sont poétiques. Doux. Forts. Extrêmes. Limites. Pleins de vie. Pleins de mort. Les mots sont la pluie et la pluie est un mot. Un mal. Un souvenirs. Une gomme qui efface la vie souffreteuse. Qui pousse l’homme à revoir son âme. Son cœur. Pour devenir humble face à la douleur. Face au manque.

The avenue in the rain vous prendra au cœur. A l’âme. Et vous emportera dans la vie trouble. Douloureuse des personnages. Un recueil qui vous emportera dans leurs faiblesses. Leurs rêves avortés. Leur humanité. Vous vous trouverez face à vous-même et à vos troubles. Mais, la pluie est là. Elle nettoie, balaie, emporte les mauvais jours. Les souvenirs en suspens. Les désirs non accomplis. Laissez-vous aller. La pluie vous accompagnera. Un superbe recueil. Très beau. Très fort.  Merci à Evidence Editions

Ma note 19/20

9791031808458  Evidence Edition – Collection Anthologia    58 p. Broché 9€

Rokia Les masques tombent – Amel B. -2018

Quatrième de couverture

Un recueil de nouvelles à la série de portraits hétéroclites. Des tranches de vie qui s’entremêlent, des vies douces, d’autres plus chaotiques. Des histoires mystérieuses. Grâce à une écriture sensible, inattendue et originale, vous vous laisserez surprendre à voyager d’un genre à un autre sans difficultés. De la poésie… Une bonne manière, à travers ses histoires, d’aborder l’existence humaine dans toute sa multitude. Laissez-vous guider par Rokia. Elle vous étonnera.

Mon avis

Des nouvelles. Des portraits de vie. Des relations à l’autre plus ou moins réussies. Un début tout en douceur. Début qui réconcilie avec le passé. Avec les pertes. Les absences. Des mots simples qui décrivent des fractures de vie. Des personnalités originales. Des rêves. Des délivrances. Chaque chapitre. Chaque nouvelle est introduit par un poème de toute beauté. Chaque poème chante la vie. L’amour. La perte. La douleur de la perte.

Dans Rokia les masques tombent Amel B. donne une vie, une âme à tout ce qui nous entoure. Aux objets que nous utilisons au quotidien. Que nous utilisons si souvent que nous ne les voyons plus. Elle chante la résilience. Sous toutes ses formes.

Rokia les masques tombent est un joli petit bijou de belles histoires. Prenantes. Intrigantes. Riches d’émotions. D’humanité. Un vrai festival. Un superbe roman à la lecture aisée. Une écriture qui révèle l’autre côté des choses. L’autre monde. Avec beaucoup de pudeur.  Un livre à lire pour la poésie de ses mots. De ses histoires.

Ma note 17/20

9782414207633  Ed. Edilivre  120 p.   12€

Les sous-Teckels – Virginie Vanos – 2014

Quatrième de couverture

Ils sont parmi nous! La majorité silencieuse, les conformistes passifs-agressifs, les petits esprits trop bien-pensants, nourris de préjugés et emplis de « prêt-à-penser »! Comment donc être heureux et tenter de se faire une place au soleil alors que l’on est considéré comme un outsider?

 

Mon avis

Sincèrement, je ne savais pas dans quoi je m’embarquais au vu du titre du roman. Je me suis régalée et bien amusée. Un regard fort. Très fin. Sur l’Humain. La naissance des « bien pensants ».  Une Horde qui se forme et se serre les coudes dès l’enfance. Attention à ceux qui ne rentreront pas dans les cases qu’ils ont créées. Leur vie sera un enfer. Quel que soit leur âge. Un regard sur la réaction sociétale face à celui qui ne correspond pas, qui ne ressemble pas à leurs exigences. A celui qui est différent.

J’ai aimé les sous- teckels. Une sorte de tendresse pleine de souvenirs. Eh oui, j’ose le dire, des souvenirs. Qui n’a jamais fait partie ou été victimes des sous – teckels? Chacun s’y retrouve. Bien malgré lui, parfois. On voit évoluer ces bêtes. Nuisibles pour eux et pour la société. Ces êtres que l’on retrouve dans toutes les strates sociales. Une belle analyse de l’Humain. Pleine d’humour. D’une profonde acuité aussi.

Les sous – teckels est un livre qui ne laisse pas indifférent. Qui questionne les consciences. J’ai un peu buté sur les initiales ST à la place de sous – teckels, tout au long du roman. C’est le seul bémol. Voici un livre à lire pour se régaler. Questionner nos actes. Analyser notre comportement.  A lire. Tout simplement.

 

Ma note 17/20

9782332765 703  Ed. Edilivre  177 p. 16€

Chicha – Virginie Vanos – 2016

Quatrième de couverture

Chicha, un petit chat, tente de sauver sa maîtresse de ses comportements autodestructeurs. A près de 40 ans, Charlotte et Laura transforment diamétralement leurs vies, chacune à sa façon… L’ami de Félix, rejeté par les siens, trouve sa voie en dehors des sentiers battus, alors que Rose fait de son existence un hymne permanent à la joie.

Ces cinq personnages aussi atypiques qu’attachants, passant du rire aux larmes, de l’abattement à l’espoir le plus fou, nous plongent dans une réflexion intense sur ce droit inaliénable qu’est le bonheur.

 

Mon avis

Une histoire douce. Belle. Tendre. Chaleureuse. Entre un chaton et sa maman humaine. Une histoire d’amour inconditionnelle. Merveilleuse de beauté. De souffrance. Telle est la première nouvelle qui nous laisse rêveur tant elle est tragiquement belle. Belle danschicha toute sa tristesse.

La seconde nouvelle m’a fait sourire. L’image, l’idée que les gens se forgent sur les autres est intrigante. Un beau message d’espoir. De résilience. De belles leçons de vie. De tolérance. D’amour de l’Autre. Quelle que soit sa différence. Et je ne vous parle que de ces nouvelles!!vanos V.

Chicha est un recueil qui se lit en un battement de cils tant les histoires sont émouvantes. Pleines d’une profonde tendresse. Chaque mot renvoie à soi. A l’autre. Pour regarder au fond de soi et faire taire les préjugés qui enlaidissent les relations humaines. Une ode à la tolérance. Un recueil à mettre entre les mains de notre jeunesse, de tous, afin que l’Humain ne soit aimé que pour ce qu’il est. Ce qu’il a le droit et la liberté d’être.

Que de beaux, de bons moments en compagnie de Chicha. Un conseil: Lisez-le! Offrez-le! Juste une chaîne d’amour, de tolérance à la face de notre monde actuel.

Ma note 17/20

ISBN 9782334197335  Ed. Edilivre  68p.   Broché 9€