Josée, le tigre et les poissons – Seiko Tanabe – 2017

Quatrième de couverture

Neuf nouvelles. Neuf femmes. Kozué la rêveuse, Uné la sensuelle, Kaori la romantique, Iwako la douce, Mimi la gourmande… Les neuf nouvelles de ce recueil ont pour cadre le Kansaï – principalement Osaka mais aussi Kôbe ou Kyôto – et nous parlent d’amour. Interdites, insolites, cachées, rêvées, des amours qui se soucient peu des règles sociales du Japon de l’époque.

Chronique

« Les histoires d’amour finissent mal, en général » dit la chanson. Certains pourraient rajouter « pas pour tout le monde« . Des femmes qui ont connu l’amour, la trahison, le remords, la douleur. Des femmes qui ont passé le cap de l’interdit. D’autres qui en rêvent. L’amour, c’est parfois compliqué.

Josée, le tigre et les poissons nous entraine dans le sillage de ces femmes. Des femmes déçues par l’être aimé. Des femmes qui savent ce qu’elles désirent et ne reculent devant rien pour assouvir ce désir. C’est un recueil de tendresse. Tout en pudeur. Nous découvrons une société où tradition et modernisme se côtoient, se mêlent pour donner des récits profonds. Pudiques. Vivants de réalité. Dotés d’une grande sensibilité.

Seiko Tanabe a l’art de raconter. De nous faire rêver en même temps que ses personnages. De nous pousser à nous faire discrets pour être témoins  de ces histoires criantes  de vérité. Criantes de réalisme. Chaque chapitre est une tendre histoire. Une belle histoire qui engage des destins. Une histoire qui fait fi des liens familiaux. Nous dansons cette sérénade merveilleusement forte. Doucement violente de cette ode à l’amour. A petit pas, nous entrons dans des vies pleines de tendresse, de mélancolie, d’humanité. Des bribes de vie dans le Japon intemporel. Une belle invitation à la lecture.

Note 18/20

9784990874636   Editions d’Est en Ouest   182 p.   15€

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Midi moins n’oeuf – Nathalie Antien – 2019

Quatrième de couverture

Entre mystère et fiction, évoluant dans les méandres de l’utopie, de l’imaginaire et du suspens, ce recueil de nouvelles nous plonge avec délice dans un univers étonnant au sein duquel des personnages inattendus vous envoûtent et dévoilent leurs secrets, vous conduisant vers une fin improbable.

Chronique

Les nouvelles sont une forme de littérature que j’apprécie beaucoup. De nombreux et différents bouts de vie. Une particularité pour chaque histoire. Un suspens qui s’installe du début à la fin. Une véritable acrobatie de l’écriture. Un kaléidoscope de genres littéraires. Un patchwork d’époques.

Avec Midi moins n’oeuf, c’est à pieds joints que nous entrons dans ces mondes rêveurs ou cauchemardesques. Un monde où l’imagination est stimulée. Un monde où la fin de l’histoire nous surprend. Des récits glaçants voire d’une magnifique horreur. Si fortes et si différentes. Pleines de mystères telles celle de cet animal qui s’attache aux humains. Des récits qui font entrer dans une dimension particulière. Entrer dans une vie quotidienne voire banale, au début, dont la fin nous laisse dans l’expectative.

Les pages défilent. Le suspens s’intensifie. Chaque chapitre nous raconte la vie de gens qui semblent découvrir la leur. La lecture se fait addictive et nous laisse accrochés à la dernière ligne, des idées plein la tête. Midi moins n’oeuf est un recueil de nouvelles qui mêle fantastique, romantisme et thriller. Des écrits qui nous font découvrir une autre face de l’humain. Des mystères que ce dernier parvient plus ou moins à éclaircir. Les mots nous transportent  et nous font rêver ces vies qui se déroulent au fil des pages. Ils nous introduisent dans des aventures où nous accompagnons les personnages dans leurs découvertes. Leurs questionnements. La fin de leur histoire. Pour notre plus grand plaisir.

Note 17/20

9791097513122   NDB Editions    231 p.   18,90€

Ainsi vivent les femmes – Michèle Labbre-Cayla – 2019

Quatrième de couverture

Sept nouvelles pour décliner le doute, la solitude, l’espoir. On y parle de désir, de la difficulté d’aimer, de n’être pas aimé, au plus jamais, ou peut-être… De quête de bonheur et d’équilibre… Ainsi, elle n’espérait plus rencontrer l’amour, mais n’a-t-elle vraiment rien à perdre lorsqu’elle ouvre sa porte à un inconnu? Ce soir, elle a rendez-vous avec l’homme qui la hante. Mais, l’écrivain doit partir, abandonnant sur son bureau un roman inachevé qui révèle une étrange personnalité. Un invité de marque inquiétant. Quel rôle peut jouer l’amitié face à un drame intime, lorsqu’il est impossible de se défendre? Dans Au fil des pages, elle s’isole loin de celui qui l’a quittée. Un matin d’été, ils se retrouvent. Elle est étudiante et se prostitue. Mais qui est l’homme masqué, cette ombre dans le noir dont elle s’éprend? Peut-on se satisfaire d’avoir pour mère une inconnue qui vous a abandonnée à la naissance? D’accord, il faut parfois lâcher prise, au travail comme en famille, mais jusqu’à quel point?

Chronique

Des femmes du 21ème siècle. Des bribes de vie. Des bribes de leur vie. Chacune avec son histoire. Chacune avec ses douleurs. Ses secrets. Chacune trouve son courage où elle le peut. Elles sont fortes. Elles ont leur talon d’Achille. Elles ont un point commun: l’amour.

Ainsi vivent les femmes nous offre  des bribes d’histoire. Des histoires de femmes entières. Pleines de douceur. De tendresse. Des femmes sur qui la vie a laissé des empreintes plus ou moins profondes. Des empreintes qui démontrent leur solitude. Leur peur du désamour. Leur peur de se dévoiler. Des femmes qui se découvrent, parfois avec surprise. Elles sont modernes. Ce qui ne les empêche pas de s’avouer leur désespoir.  Cette part d’elles-mêmes qu’elles cachaient à tout un chacun.

Chaque histoire a son lot de drames. Son lot de surprises. Chaque histoire nous arrache un sourire ou un brin de compassion derrières ces détresses solitaires. Qu’en est-il de leurs rêves? Qu’en est-il de leurs désirs? Comment s’en sortent-elles au quotidien? Une lecture agréable et addictive où les mots, les phrases, les chapitres nous font voyager avec émotion.

Ainsi vivent les femmes. Non, ce n’est pas un mode d’emploi sur les femmes, ni sur le secret de leurs pensées d’ailleurs. C’est un florilège de vie intense. Vivant. Juste des bouts de vie où tout le monde peut se reconnaître. Des bribes de vie qui permettent de voir toute la force de caractère des femmes modernes. Leur faiblesse qui n’en est pas forcément une. Des vie d’une grande richesse. Des kaléidoscopes de vie qui font dire: ainsi vivent les femmes.

Note 17/20

9782343169217   Editions L’harmattan    144 p.   16€

Manège – Rémy Mallard – 2019

Quatrième de couverture

Egoïsme, indifférence, pouvoir, paranoïa, malchance, espoir… Couple qui se découvre, ne s’écoute pas, s’amuse, se questionne sur l’engagement… Voici à travers quatorze nouvelles, quelques fragments de la vie, peuplés de rêves qui ne se terminent pas toujours bien, en tout cas pour certains. Des histoires différentes qui se suivent, s’entrecroisent, tournent, comme dans la vie… comme sur un manège.

Chronique

Des histoires de tous les jours. Mais, si insolites. Si surprenantes. Des petites histoires. Des anecdotes. Des perles qui sont enfilées avec justesse, avec précision sur un beau collier. Telles sont les nouvelles de Rémy Mallard. Un kaléidoscope de vies. Un kaléidoscope de faits. Un kaléidoscope de récits dantesques.

Dans manège, nous entrons dans un monde sidérant. Parfois. Hilarant. Souvent. Enigmatique. Aussi. Une famille déjantée. Un adolescent crédule. Une femme âgée délirante. Autant de bribes de vies relatées avec humour. Avec suspens. Avec horreur. Avec perspicacité. Pas de fioritures. Des mots justes. Posés comme une offrande au lecteur. Une ritournelle de mots qui se mêlent, se tissent, pour former des passages, pour certains, dignes de Stephen King.

A travers manège, nous sommes enveloppés dans une atmosphère très dense. Une atmosphère surprenante. Une atmosphère qui nous fait grincer des dents devant des situations pleines de cynisme, d’humour. Des situations piquantes. Très fines. Nous posons, ainsi, un regard « pervers » sur les nouvelles car nous sommes pris dans une lecture très addictive. Le suspens est à chaque page. Que se passe t-il? Comment cela va finir?

La lecture se fait d’une traite (je l’ai lu en une journée) tant ces histoires sont belles. Elles ne se ressemblent pas, mais, ont un point commun: l’absurdité de l’être humain. L’absurdité des choix de la vie. La déshumanisation de la société. Le suspens dure jusqu’à la dernière ligne. Pour notre plus grand bonheur. Parfois, pour notre plus grande horreur. Pour notre plus belle peur. Les personnages se retrouvent tournant en vain, étourdis par cette ronde d’évènements sans fin. Pris dans les filets d’évènements qui les dépassent. Ils tournent. Terriblement. Pris dans le manège de la fatuité humaine.

Note 18/20

9782343163512    Ed. L’harmattan    258 p.    22€

Enquête paranormale 2.0 – Sylvain Sylvestro – 2018

Quatrième de couverture

Trois amis qui ont les mêmes centres d’intérêt, se sont lancés dans la nouvelle tendance du web: mettre en ligne des videos d’enquêtes sur les phénomènes paranormaux. Depuis deux ans, ils écument toutes les bâtisses abandonnées de Provence avec leur matériel dernier cri. Ainsi, ils espèrent capturer des preuves de l’existence d’entités paranormales. Chacun des trois amis participe à ces enquêtes pour atteindre un objectif qui lui est propre. Un jour, ils reçoivent une proposition d’enquête différente des autres. Une proposition qui va peut-être leur amener les réponses qu’ils cherchent tant.

Mon avis

Courir après les fantômes n’est pas forcément la panacée. Sylvain et ses compagnons en savent quelque chose. Cependant, de nombreuses personnes sont curieuses du résultat. Des apparitions. Des bruits. Parfois réels. Parfois fictifs. Jusqu’au jour où…

 Avec Sylvain et ses compagnons, nous plongeons au sein de l’inconnu. Un inconnu bouleversant. Intense. Glaçant. Effrayant. Que se passe t-il? Cette maison est-elle vraiment hantée? Pourquoi le sort s’acharne t-il ainsi? Avec Stéphane, son ami, Sylvain va aller au-delà de ce qu’il voulait savoir. Une enquête menée à un rythme soutenu. Un rythme d’enfer. Les mots sont forts et percutants. L’action ne s’arrête jamais. La peur, l’angoisse s’installent et ne nous quittent plus. Que d’horribles moments pour Sylvain. Il voulait tout savoir sur le paranormal. Découvrir des mystères de l’au-delà. Que découvrira t-il? Sera t-il en mesure de supporter la vérité? Est-ce la vérité?

Enquête paranormale 2.0 nous emporte dans un monde où la peur est reine. Un monde où le suspens est le maître. Nous sommes entrainés dans une enquête qui nous glace le sang. Emportés hors du monde réel. Dans un  monde parallèle. Un monde où tout peut être une illusion. Illusion d’existence. Illusion horrible. Une horreur qui se dessine en filigrane.

Peu à peu, nous nous rendons compte que cette enquête sera pleine de retentissements. Pas vraiment sympathiques. L’amour du paranormal peut mener loin. Très loin. Trop loin. Nos héros s’en rendront compte. Mais, ne serait-il pas trop tard? Pour les mises en garde? pour les projets? pour les regrets? Sylvain obnubilé par sa passion donnera tout pour assouvir sa curiosité. Espérons que cette curiosité ne lui fasse pas payer un trop grand prix. Juste pour une enquête sur le paranormal.

Ma note 16/20

9781719866538  Autoédition  125 p.

Les miroirs du silence – Zoubida Bengeloune Fall – 2018

Quatrième de couverture

Au moment d’ouvrir ce livre, posez-vous une question: Que sais-je des inconnus devant lesquels je passe tous les matins? Qui sont-ils? D’où viennent-ils? Quels sont leurs rêves? Mendiants, chômeurs, vendeurs à la sauvette, jeunes cadres d’entreprise, autant de personnes que nous croisons tousles jours sans leur accorder attention. Survivre à son divorce, retrouver sa jeunesse évanouie, réussir sa mort sont certaines des épreuves de vie qu’imagine l’auteure, remontant ainsi le fil invisible qui la relie à ces inconnus.

Mon avis

Il arrive souvent qu’en observant une scène, nous tentons d’en imaginer l’histoire. Dans les miroirs du silence, l’imagination de l’auteure va jusqu’au bout. Ces aventures du quotidien prennent vie sous la plume légère de Zoubida Bengeloune Fall. Des bouts de vie. Des tranches de vie. Tendres. Dures. Pleines d’humour. Pleines de doute. Poignantes. Des vies parfois misérables. Celles de personnes oubliées par la paix, la joie, le bonheur, l’équilibre psychique. Des hommes dans un pays où le quotidien est une lutte sans fin. Des tranches de vie qui pourraient être vécues n’importe où, à travers le monde.

Les miroirs du silence offrent un regard sans fards sur une société engluée dans son carcan de bonne éducation, de personnes « bien pensantes » et de l’art de supporter les aléas de la vie avec dignité. Les histoires, souvent égayées par des adages, des proverbes, sont courtes et profondément humaines. Quelques mots wolof ne sont pas traduits. Ce qui ne nuit en rien à la lecture et à la compréhension des petits moments de vie. Au détour d’une rencontre, même furtive, Les miroirs du silence nous peignent les vies imaginées d’hommes et de femmes du quotidien. Toute rencontre même furtive fait la part belle à l’imagination. C’est une belle prouesse. La lecture se fait facilement, d’une traite. tant elle est addictive et tant la curiosité est aiguisée à chaque page, à chaque nouveau récit.

Les miroirs du silence sont le miroir d’une superbe imagination. Une imagination qui entraine le lecteur dans une valse de mots. De maux. De vies mosaïques. De bris de vies pleines d’humanité. Une humanité pudique. Forte. Reflet d’une société résiliente. Une résilience que Zoubida Bengeloune Fall a su dépeindre avec douceur. Avec tendresse. Avec empathie, brisant ainsi le silence de l’indifférence.

Ma note 18/20

9791069927025 – Du Kokalam – Plein de petits riens – 184 p

Les brèches du temps – Michel Massit – 2018

Quatrième de couverture

Qu’est-ce qu’une brèche? Une échancrure à laquelle on ne prête d’abord guère attention, une fragilité aussi dans la matière, puis une fêlure avant de devenir faille qui engloutit tout. Les brèches du temps sont ces instants au détour desquels se dispersent les destinées.

Mon avis

Des vies. Des bribes de vie. Des vies ordinaires. D’une simplicité telle que l’imaginaire se les approprie sans que nul ne s’en rende compte. Des moments où passé, présent et futur s’enlacent et ne forment qu’un face à ce moment improbable. Moment qui surgit  dans l’inconscient. Dans le conscient. Toujours plus loin dans les croyances. Et si l’incroyable survenait? Rêve ou réalité? Cette histoire qui emporte toute notion de réalité annonce t-elle la vérité ou le mensonge?  Cependant, les sentiments restent beaux. Nobles. Les hommes sont vrais dans leur quotidien, leurs mots, leurs maux. Si vrais qu’ils vont au bout de leurs choix.

Les brèches du temps est un recueil de nouvelles. Superbes par leur beauté. Superbes par leurs personnages et la capacité de ces derniers à s’approprier une vie pas forcément choisie. Chaque nouvelle est une aventure. Une vie simple. Forte. Profondément humaine. Des brins de vie qui se chevauchent. S’éloignent. Se brisent dans une valse à plusieurs temps. Avec des danseurs plus ou moins consentants.

Chaque chapitre, chaque mot est à la bonne place. Celle de la magie. Magie du destin. Magie des cœurs. Magie des rencontres. Rencontres hors du temps. Hors des sentiments. Hors de l’avenir. Des chapitres qui invitent à découvrir chaque destin derrière une porte . Destins vus au travers d’un microscope. Microscope invisible. Indécent. Présent. Les chapitres sont courts et titrés. Ce qui rend la lecture très agréable. Des chapitres qui chantent l’espoir. L’espoir par delà la résilience.

Les brèches du temps marquera votre lecture. Pas seulement en y faisant une brèche. Mais, en s’y insérant en douceur. Avec force. Afin que vous ajoutiez vos mots aux siens. Avec bonheur. Avec humanité. Avec pudeur.

Ma note 17/20

9791092375152  Editions Brandon  Collection Brandebourg   110 p.   14€

Aussitôt le printemps et autres nouvelles – Aurore Drey – 2018

Quatrième de couverture

Ces textes parlent de la vie. A la manière des scalpels, ils dissèquent les existences et laissent, sur leur passage , des chairs meurtries et des corps exsangues. Qu’il s’agisse de folie personnelle ou collective, de perte, de joie ou d’espoir, ces nouvelles mettent en scène des moments où tout bascule et dont personne ne sort indemne.

Mon avis

Les nouvelles sont belles. D’une cruelle beauté. D’une irréelle cruauté. Tout se fait en douceur. Plutôt, de manière doucereuse. Une histoire. Une personne. Une horreur. Pire que la précédente et moins que la suivante. Une entrée dans l’âme humaine, dans l’inhumanité de cette âme, qui se fait dans une tendre et belle horreur. Une sorte de vision sur écran blanc. Les mêmes questions surgissent à chaque fois. Que va t-il se passer cette fois? Quelle sera la découverte finale? Des questions qui se posent avec la même frénésie que celle d’un enfant qui va ouvrir ses cadeaux de Noël. Chaque histoire nous emporte plus loin dans la maison des horreurs. Mais, c’est si génial, qu’on se surprend à en redemander encore tel un enfant qui souhaite un autre conte avant de disparaître sous sa couette pour intégrer le monde des rêves.

Aussitôt le printemps et autres nouvelles nous emporte lentement sur l’aile de l’imagination d’Aurore Drey. Une imagination belle, fertile, pleine de suspens, d’amour. Oui, je dis bien d’amour pour ses personnages qui l’ont perdu. Ses personnages qui n’en ont jamais reçu, qui l’ont mal reçu et le rendent si maladroitement. Un recueil de nouvelles d’une douce beauté. D’une douce cruauté. Un recueil si vivant. Si réel.

Ma note 18/20

9781717988010

Peau de nonne – Aurore Drey – 2018

Quatrième de couverture

Alors que le monde ne connait plus de saisons, une petite fille vit recluse dans un château vieillissant. Elle y a pour seule compagnie son oncle et une personne chargée de son éducation. Convaincue d’être un monstre devant être tenu à l’écart de la civilisation, la petite fille devient jeune fille et les démons qui peuplent son existence se font chaque jour plus proches et plus menaçants.

Mon avis

peau de nonneUn enfant. Une jeune fille. Une jeune femme. Recluse au fond des bois. Refusée par la vie. Cachée de la vie. Juste une vie. Innocente. Solitaire. Taillée en pièces. Un texte qui commence doucement. Comme un éveil au monde. Un éveil à la découverte. Découverte des sentiments. Sentiment de peur. De rejet. De solitude. Un château isolé dans les bois où trois personnes se côtoient, se rencontrant occasionnellement. Puis vint l’horreur. La terreur. Le déshonneur. La douleur. Un corps blessé. Détruit. Annihilé. Ainsi qu’un fantasme. Un rêve. Une interdiction.

Peau de nonne est une nouvelle dense. Forte. Intime. Pas vraiment sentimentale. Une nouvelle qui vous fait abandonner notre monde pour entrer dans un autre où le questionnement, le doute, puis l’horreur prend une grande place. Nous entrons pas à pas, au fil des mots, dans la fin d’une vie sans trop d’émotion à une autre où l’amour est absent. Où l’amour n’a jamais existé. peau de nonne

Peau de nonne nous présente trois vies bousculées. Qui ne se croisent que pour le pire. Le meilleur n’y ayant jamais eu sa place. Le lecteur avance à pas de loup dans un monde de plus en plus opaque. Un monde où la lumière se fait sur l’extrême des gestes. Des choix. Des actes. Un monde où l’humain va au bout de lui-même dans une horreur glaçante pour renaître à la vie. Au monde extérieur. A l’horreur prochaine? A un goût improbable pour l’annihilement des vies dans un but de se laver de ses souillures. Pour renaître à la lumière glauque du monde? Une superbe nouvelle que vous accompagnerez dans l’escalade des décisions qui mettront en doute l’humanité. A lire absolument.

Ma note 18/20

9781717865977   30 p. Broché 5,48€

The avenue in the rain et autres nouvelles – Arnauld Pontier – 2018

Quatrième de couverture

L’image est celle de la femme éternelle. Une image qui se fiche des controverses sur la réalité ou le fantasme de cette « féminité » idéale: de la place de chaque sexe sur le vaisseau de la vie. Cette femme, c’est celle qui naît de la vision de l’homme; il ne cherche pas en elle son semblable, son égale: en elle, il voit l’espérance, l’amour qui l’attend, un jour, quelque part, en dépit du temps  qui passe et les aléas de la vie. Ou bien l’amour qu’il a perdu, manqué. Femme, sœur, marraine, mère… elle est là jusque dans la défaite: jusqu’à la fin.

Fixée en une seule et belle image, cette femme éternelle est l’allégorie de la vie. Force et douceur. Attirance. Respect. Mystère. Elle est notre désir. En quatre textes, sur une photo emblématique, c’est cette figure de proue, cette égérie qui est illustrée, fantasmée, remerciée.

Mon avis

La pluie. Sous toutes les latitudes. Dans toutes les situations. A chaque page, les mots se posent au gré de la vie. Au gré des émotions. La solitude enrobe le tout. Jusqu’au bout. De la vie. De la fin du rêve. De la fin du cauchemar. Au bout de l’amour sous toutes ses formes. Au bout de tout. Chaque nouvelle nous présente une situation spécifique. Cette nouvelle qui semble être le commencement. La fin. Le re-commencement. Des nouvelles où la douleur est extrême. Où le poids de la vie semble insoutenable. Où la solitude est prenante. Forte. Etouffante.

The avenue in the rain est un recueil qui se lit d’une traite. Le lecteur se sent envahi par cette pluie purificatrice. Cette pluie maudite  où même le monde semble être au bout de tout. Au bout de lui-même. Les mots sont poétiques. Doux. Forts. Extrêmes. Limites. Pleins de vie. Pleins de mort. Les mots sont la pluie et la pluie est un mot. Un mal. Un souvenirs. Une gomme qui efface la vie souffreteuse. Qui pousse l’homme à revoir son âme. Son cœur. Pour devenir humble face à la douleur. Face au manque.

The avenue in the rain vous prendra au cœur. A l’âme. Et vous emportera dans la vie trouble. Douloureuse des personnages. Un recueil qui vous emportera dans leurs faiblesses. Leurs rêves avortés. Leur humanité. Vous vous trouverez face à vous-même et à vos troubles. Mais, la pluie est là. Elle nettoie, balaie, emporte les mauvais jours. Les souvenirs en suspens. Les désirs non accomplis. Laissez-vous aller. La pluie vous accompagnera. Un superbe recueil. Très beau. Très fort.  Merci à Evidence Editions

Ma note 19/20

9791031808458  Evidence Edition – Collection Anthologia    58 p. Broché 9€