Le déshonneur des Montergnac – Isabelle Buffet – 2018

Quatrième de couverture

En décembre 2008, sur une île au large de Brest, Edouard Montergnac, un riche et vieil homme d’affaires réunit sa famille et quelques amis dans le manoir familial. Charlotte Valentin, une amie de Suzie, la fille aînée d’Edouard, fait partie des invités. Elle découvre une famille désunie, uniquement guidée par la cupidité. Les héritiers du vieil homme craignent en effet qu’Edouard ne supprime l’important soutien financier qu’il leur octroie généreusement depuis de nombreuses années. La présence parmi eux de Geneviève, la première épouse d’Edouard que tous croyaient morte depuis très longtemps, surprend et inquiète les invités. Geneviève avait disparu après leur divorce, le couple qu’elle formait avec Edouard n’ayant pas surmonté la mort effroyable de leur fils unique. Pourquoi cette femme réapparaît-elle aujourd’hui, et pourquoi revient-elle sur cette île après les drames qu’elle y a vécus? Au cours du dîner, Edouard va révéler, avec un plaisir sadique, la raison pour laquelle il a décidé de tous les réunir, provoquant alors la colère et le désarroi de sa famille. Tandis que souffle une violente tempête, qui empêche quiconque de rejoindre ou de quitter l’île, un des occupants du manoir est retrouvé mort au petit matin, assassiné. C’est dans un huis clos oppressant que Charlotte, ancien officier de gendarmerie, va mener sa propre enquête en attendant l’arrivée de la police. Pour comprendre les raisons qui ont conduit à ce crime, elle devra plonger au cœur du sombre passé des Montergnac, faisant ressurgir d’effroyables secrets familiaux.

Mon Avis

En général, quand une famille se réunit, il y a de la joie, des discussions, des souvenirs communs, des rires, des petites disputes qui se résorbent rapidement. Pas chez les habitants du Manoir qui son sous le joug d’Edouard, le patriarche. Tous présents sous un ciel de tempête. Répondant à l’ordre du chef de la famille Montergnac. Un seul lien entre eux: Edouard, ce vieux patriarche. Pourquoi sont-ils tous là? Que leur veut ce vieillard? Puis vient l’annonce. Le meurtre. Qui en est l’auteur? Pourquoi?

Le déshonneur des Montergnac nous englobe dans un  huis clos. Un huis clos fait de secrets. De méchanceté. De haine refoulée. De souvenirs pas très glorieux. Qui est vraiment cet assassin? Quelle est son histoire? Qu’est ce qui a bien pu le pousser à bout? Le faire passer à l’acte? Le suspens s’installe. La vie détaillée de chacun en fait un probable assassin et contribue à semer le doute. La lecture se fait sans difficulté avec une impression de lire un roman d’Agatha Christie.

Le déshonneur des Montergnac nous emmène dans un monde feutré. Froid. Calculateur. Un monde où tout se fait discrètement. Même les crimes. Un monde où le sens de l’honneur est si discret qu’il est presque inexistant. Un monde où l’argent côtoie la misère affective. Les pages se tournent avec curiosité et la froideur du Manoir et de ses habitants finit par nous atteindre tant la description est bien faite. Si bien que nous ne ressentons aucune compassion pour eux.

Au fil des pages se dessine une saga familiale. Pas que pour le meilleur. Chacun avec des idées bien précises sur sa vie routinière. Chacun avec ses secrets. Chacun couvant sa haine envers les autres, avec la peur que ses secrets soient découverts. Et quels secrets!!!. Cependant, lequel est à l’origine du déshonneur des Montergnac et a poussé au crime? Une histoire prenante qui ne nous lâche qu’avec le mot « fin ».

Ma note 17/20

9781980962922  Autoédition  299 p.

 

Publicités

Whistlers – Michael Fenris – 2018

Quatrième de couverture

Dans la jungle péruvienne, une équipe de scientifiques découvre une espèce animale inconnue, particulièrement agressive. Elle parvient à la ramener pour l’étudier dans un laboratoire secret  du centre de New York. Profitant d’une erreur de surveillance, les créatures s’échappent à leurs gardiens et s’évaporent dans la ville. Peu de temps après, les lieutenants Phil Parker et Horace Walett, du NYPD, sont appelés sur des crimes étranges: toutes les victimes ont les yeux arrachés et leur cerveau a disparu.

Mon avis

Une mission dans une jungle torride. Une découverte macabre. C’est le début d’une aventure pour des chercheurs ravis d’avoir trouvé le graal. Pourquoi ne pas regarder cette espèce de plus près? Pourquoi ne pas les étudier? Cette curiosité est-elle malsaine ou dangereuse? Puis, tout va très vite jusqu’à la dernière page. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Même mode opératoire. Pourquoi? Que se passe t-il? Qui est cet assassin particulier? Est-il humain?

Whistlers nous embarque dans une histoire énigmatique. Un thriller. Un suspens de plus en plus intense. Comment se sont échappés ces êtres? Qui est responsable de ce qui se passe? Les chercheurs? C’est une plongée dans les choix extrêmes des hommes. Dans leur folie profonde. Dans leur folie au nom de la science. Une science qui s’octroie tous les droits au nom de la découverte. Découverte qui peut être fatale à l’humanité. Une humanité inconsciente du danger qui la guette. La lecture est agréable et addictive. Les pages se tournent  avec horreur et plaisir, sans compter la curiosité. Nous accompagnons les inspecteurs dans leur enquête avec angoisse.

Whistlers est un roman qui prend au cœur, avec un mystère complet. Qui sont ces créatures? D’où viennent-elles? Comment évolueront-elles? Le mystère demeure  et la fin est savoureusement surprenante. Intrigante. Après avoir fermé le livre, les premiers mots qui viennent à l’esprit sont « Bon sang« . Notre conscience reste imprégnée de cette histoire. Si forte. Si flippante. Si sifflante…

Ma note 18/20

9791034809936  Edition Evidence   Collection Imaginaire   433 p.  18,99€

Du croissant pur beurr…ette! – Yamina Mazzouz – 2018

Quatrième de couverture

Le lecteur retrouve avec plaisir Norah, la jeune maghrébine expatriée en Angleterre dans une famille aristocratique où elle a résolu une intrigue policière. Norah revient en France pour tenter de renouer avec son père qui n’a jamais accepté son départ du cocon familial. Alors que ces retrouvailles ne prennent pas le chemin souhaité, Mariame, son amie d’enfance, lui demande son aide pour récupérer une mystérieuse montre tombée entre les mains d’un séduisant gigolo. Norah n’hésite pas une seconde et plonge dans une nouvelle aventure policière. Saura t-elle conjuguer rapprochement familial avec résolution de l’intrigue et… amour?

Mon avis

Des années ont passé et Norah bien qu’ayant évolué socialement, est toujours la même: généreuse, pleine de vie, curieuse comme il n’est pas permis. D’une fraiche innocence. Cependant, tout n’est pas si simple. La vie a suivi son cours et les plaies sont toujours ouvertes. Il va falloir à Norah de la force. Beaucoup de courage. Dès les premiers mots, le ton est donné. Et le mystère plane. Une histoire bizarre. Abracadabrante. Comment concilier enquête et retrouvailles familiales? Norah percera t-elle un nouveau mystère et aidera t-elle son amie? Et l’amour dans tout çà?

Yamina Mazzouz, de nouveau, nous régale. Les péripéties s’enchaînent et le mystère reste entier jusqu’au bout. C’est avec bonheur et curiosité que nous tournons les pages et que nous accompagnons Norah et Mariame dans cette nouvelle aventure. L’humour est aussi au rendez-vous. Cet humour so british! Nous plongeons avec délice dans cette course au trésor sans carte et à plus d’une inconnue. Les personnages finement esquissés nous aident dans cette quête  avec leur profil parfois particulier. Les situations, rocambolesques pour certaines, font avancer cette recherche au plus profond de l’intimité humaine. Au plus profond de l’âme humaine et de ses mauvais travers. Cette recherche est-elle celle des liens perdus? Du bonheur inaccessible? Du temps perdu à la recherche de sa conscience? Que ne fait-on pas par amour?

Une simple recherche. Finalement pas aussi simple qu’elle le paraît, emmène Norah dans un monde qu’elle côtoie sans s’y fondre réellement. Une recherche qui la mène vers son destin. Le destin de sa famille. Le destin de son amour. Une réconciliation est-elle encore possible? Jusqu’au bout Du croissant pur beurr…ette nous emporte dans un monde. Le monde de Norah. Pour notre plus grand plaisir. Les mots s’alignent, s’ajustent, se fondent pour une lecture aisée. Addictive. Une hâte s’installe. Celle de connaître les suites des aventures de Norah, notre détective en herbe franco-britannique. Cette lecture rassure. Yamina Mazzouz a bien sa place dans le roman policier tout comme Agatha Christie, PD James ou Elisabeth George, ces grandes dames du Policier. Un bel avenir.

Ma note 18/20

9791031004297 Ed. Les Presses Littéraires Coll. Crimes et châtiments   306p. 13€

Sur le pont supérieur – Jacques Dompnier – 2018

Quatrième de couverture

La commissaire principle Phylis était à bord d’un navire  cinglant vers les Açores. En voyage de noces avec son mari Jérôme, Phylis goûtait une paix qui adoucissait le bleu de ses yeux. Mais bientôt les évènements se précipitèrent et ce lieu d’agrément céda la place à un magistral imbroglio. Chaque visage devenait suspect, les morts restaient incompréhensibles; le ou les assassins demeuraient cachés derrière un masque indéchiffrable. Un naufrage couronna le tout. Il fallut toute la sagacité de Phylis pour pénétrer une filière surprenante et raccorder tous les fils.

Mon avis

Le titre fait penser à une croisière peinarde. Une histoire d’amour. Est-ce le vrai tableau? Au premier abord, effectivement. Mais, une croisière légèrement entachée d’un cadavre. Dans l’indifférence quasi générale des croisiéristes. Ainsi débute une enquête énigmatique. Qui est cette femme? Accident ou assassinat?

Dès la première ligne, la première page, le ton est donné. Malgré un environnement paradisiaque. Mauvaise augure?  Le rythme  de l’enquête est soutenu. L’intrigue se tisse et se diversifie au fil de la lecture. Que se passe t-il dans ce groupe qui voyageait pour passer de beaux moments?  Pour passer de bonnes vacances à bord de ce bateau?  Le compte à rebours est lancé. Qui croire?

Sur le pont supérieur est une enquête hors normes où les surprises sont à chaque page. A chaque chapitre. La lecture se fait d’une traite avec un plaisir et une curiosité intenses. Les personnages atypiques sont aussi énigmatiques que les crimes commis. Tout se passe en douceur. Oui, j’insiste. En douceur. Peu ou pas de courses poursuites, de coups de feu intempestifs. Mais de l’humanité, de l’amour, de la vie. De bons moments entre personnes qui s’apprécient. Eh oui, lune de miel oblige. Cependant, tout le monde est présumé coupable jusqu’à preuve du contraire, ainsi que la loi ne le dit pas.

Sur le pont supérieur est un vrai roman policier. Ne vous fiez pas au titre. De très beaux moments d’enquête. Des moments de déception et de doute. De suspicion. Puis l’inimaginable. L’inavouable. Ce moment où le ciel vous tombe sur la tête vous laissant abasourdi. Pourquoi cette personne? Pas elle! Dire qu’elle était avec tous les autres… sur le pont supérieur!

Ma note 17/20

9782375440421   Ed. Brumerge   10 p.   11€

Un temps de chien – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

Une pie pencha la tête de côté et regarda la chose s’éloigner à travers la végétation dense du sous-bois. Si le froissement des broussailles indiquait que l’étrange apparition s’enfonçait bien dans une direction opposée à la sienne, elle patienta malgré tout encore un instant. Rassurée par le calme retrouvé, elle s’approcha en sautillant.

arrivée à moins de deux mètres du corps inanimé, la pie émit un léger grincement et fit un bond en arrière… Rien. Pas un mouvement. il lui sembla qu’elle n’aurait aucune résistance à attendre ce mets de choix. Elle s’avança prudemment, plongea son bec dans les viscères du cadavre étalés sur le sol pour s’emparer d’un morceau encore chaud. Aussitôt elle projeta sa tête en arrière pour faciliter  le passage du morceau de viande dans son gosier.

Elle savait n’avoir que peu de temps avant que les autres charognards ne viennent lui disputer le corps déchiqueté de la femme…

Mon avis

Des cadavres. Il en pleut. Sur toute la ville. Et, pas en très bon état. Que se passe t-il? Qu’est ce qui est à l’origine de cette pluie hors du commun? Une inconnue au bord de la route. Qui est-elle? Quel lien a t-elle avec les évènements? Deux histoires irréelles. Enigmatiques. C’est le début d’une enquête pour la police et le privé Jacques Lucas. Avec un brin d’humour parfois caustique, Cyrille Audebert nous embarque dans cette course à la vérité.

Au début, l’enquête se déroule tranquillement avec des personnages hauts en couleur. Les hypothèses se succèdent et s’évanouissent tout aussi vite. Cependant, en filigrane, une histoire voit le jour. Une histoire tissée par des experts. Sont-ils vraiment sérieux? L’énigme est de plus en plus prenante. D’autant plus que les réponses sont de plus en plus machiavéliques. De plus en plus improbables. De plus en plus imprévisibles. Peut-être plus simples que l’on ne pense? Le lecteur est emporté dans un tourbillon d’émotions. Le suspens devient de plus en plus prenant et le rythme s’accélère. Les pages sont tournées avec impatience. Evident? Impensable? Horrible? Les répliques sont un réel régal et les personnages attachants.

Un temps de chien nous emporte avec engouement dans cette enquête unique. Une enquête où les questions paraissent sans réponse. Une enquête où les personnages énigmatiques traversent l’histoire et semblent être le fil rouge de la solution. La curiosité reste vive et nous tient en haleine. La réponse à ces drames est-elle logique ou non? Qui du privé ou des policiers trouvera la solution? Cette enquête pourra t-elle être clôturée?

Un temps de chien nous enserre dans ses pages et finit en apothéose, laissant le lecteur exsangue, le souffle court, la terreur au ventre. Une fois le livre fermé, nous nous étonnons de cette énergie qui découle de chaque mot, de chaque chapitre. Nous pensons à cette image qui ne nous quitte plus et à cette fin… Ô cette fin! Que d’énigmes! Que de surprises! Que du bonheur!

Ma note 18/20

9782952857369 Ed. Sindbadboy  251 p.  17€

Les enquêtes d’Hugo Delatour – Mise en abîme – L.A. Bailey – 2018

Quatrième de couverture

Hugo Delatour est de retour dans le sud de la France. La vie au soleil pourrait paraître douce et paisible. Mais les champs d’oliviers et le chant envoûtant des grillons cachent des réalités plus sinistres. Quand le squelette d’un enfant est découvert dans un champ de fouilles, Hugo n’a pas d’autres choix que d’affronter son propre passé. Entre sacré et sacrilège, ombre et lumière; où se cache la vérité? serez-vous prêts à accompagner Hugo dans son voyage?

Mon avis

Hugo Delatour se repose dans le sud de la France. Mais, pas pour longtemps. Un message intrigant l’invite à enquêter sur une histoire hors norme. Un cadavre sur un site archéologique. Dès lors, il nous entraîne dans une enquête à rebondissements multiples. Qui est ce squelette? Quelle est son histoire?

Nous entrons de plein pied dans une enquête qui n’a rien de reposant. A la recherche d’évènements qui auraient pu mener à la présence de ce corps. Distillé petit à petit, le suspens nous tient. La curiosité s’éveille et l’obligation d’accompagner le détective dans ses recherches se fait plus vive. Que s’est-il réellement passé? Pourquoi si peu d’intérêt pour ce squelette? Hugo arrivera t-il à mettre au jour l’histoire de cet enfant? Trouvera t-il l’assassin? Ce cadavre restera t-il toujours sans nom? Entre souvenirs et rencontre, le détective nous entraine avec lui. Dans ses questionnements. Dans ses retranchements. Dans ses souvenirs, parfois. Mais, avec beaucoup d’humanité.

Mise en abîme nous emmène dans une enquête feutrée. Une enquête où vie privée et recherche se mêlent. S’entrelacent pour former une probable solution. Une enquête avec en filigrane une improbable histoire d’amour. Vous attendez des courses poursuites? Des coups de feu? Que nenni. Pas du tout. Cependant, les évènements s’enchainent et nous surprennent. Hugo Delatour nous emporte dans son monde. Dans sa vie. Dans sa résilience. Quel sera le prix à payer?

Dans mise en abîme, les mots, les phrases, les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas. La lecture est agréable et le lecteur se laisse emporter dans cette quête d’une intelligence très fine, pour son plus grand plaisir. C’est avec une extrême douceur que nous accompagnons Hugo dans sa quête de vérité. Dans sa quête de réalité. Dans son besoin infini de savoir. Le tout avec une grande humanité. Une douce humilité. Un grand désir de savoir. Peu importe le prix à payer. Peu importent les vérités et les contre vérités. Du moment qu’un cadavre anonyme retrouve son droit à l’existence. Son droit à sortir  de l’anonymat. Son droit à une sépulture. Le Détective ira au-delà de tout. Pour lui rendre son âme. Pour lui permettre de se rappeler aux vivants. De retrouver sa dignité. Simplement.

Ma note 17/20

9781718075405     241 p.

 

 

Chemin du bout du monde – Jean Benjamin Jouteur – 2018

Quatrième de couverture

Un manoir pétrifié sous la neige, un jeune homme qui vit la route, la fin tragique d’une jeune héritière… Dans ce chemin du bout du monde, deux histoires s’imbriquent. Il y a l’affaire d’Aubigny, une délicate enquête pour la Commandante Christine Cartier. Complots de famille, jalousies, magouilles politiques, héritage, milieu niçois… Comment dévoiler une vérité que nul ne semble vraiment connaitre. Et puis il y a Eric. Fissuré de partout, consumé de révoltes, dévalisant les honnêtes gens, il fréquente les zonards, les junkies, les dealers, les marginaux. Egarés dans les vapeurs incertaines de paradis artificiels, poursuivi sans relâche par une ombre du passé cruellement aimante, il perd facilement le contrôle. Son comportement est imprévisible. Un soir de manque, dans un bar paumé d’une ville du Forez, son avenir prend la fuite. C’est la descente aux Enfers. Englué dans les méandres  d’un présent trop angoissant, à bout de souffle, il tente maladroitement de recomposer un passé occulté. Pour tous, il devient la cible, celui qu’il faut abattre… Ou peut-être aider.

Mon avis

Un jeune homme sans but débarque dans un café. Rien de plus banal en hiver. Qui est-il? Est-ce pour se réchauffer? Qui est Katia, cette amie qui l’accompagne? Quel lien avec les meurtres? Que peut-il cacher ou pas? Doucement mais sûrement, avec un humour parfois grinçant, nous abordons une enquête spéciale, atypique avec des personnages attachants. Pourquoi  tant de crimes? Quelqu’un a t-il quelque chose à cacher? Pourquoi le fait-il de cette manière?

Chemin du bout du monde nous emporte sur le chemin du bout d’une vie. Dune époque. Celle d’un homme. D’un adolescent brisé par la vie. Par ses choix. Par ses fréquentations. Le début et la fin d’un destin. Le destin choisi ou non, mais qui pèse lourd dans l’avenir sombre de ce jeune homme pas si bien sous tout rapport. Le tout raconté avec un vocabulaire fleuri mais en accord avec l’histoire et les personnages.

Au fur et à mesure des pages et des chapitres courts, nous découvrons l’histoire et la personnalité d’Eric, ce grand adolescent si énigmatique. Alors, est-il victime ou coupable? Dans un paysage de montagne, neigeux et glacé, des hommes jouent au chat et à la souris avec la vie. Le destin. L’humain. L’avenir. Le suspens demeure durant une grande partie de la lecture. Puis le doute se met en place. Poursuit-on la bonne personne? Qui est le vrai meurtrier? Puis la surprise. L’inavouable.

Chemin du bout du monde est un roman policier qui nous tient en haleine. Nous découvrons avec plaisir une énigme déroutante. Les pages se tournent avec plaisir. Ce qui pousse le lecteur à en redemander tant pour l’histoire que pour la beauté des paysages.

Ma note 17/20

9781719811750  329 p.

Pagaille à Mavoula! Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2018

Quatrième de couverture

Pourquoi cherchait-il à rendre justice lui-même? Cette triste affaire ne concernait que le département des affaires criminelles de la police congolaise. Pourquoi un Zaïrois devait-il s’occuper de l’investigation relative au meurtre d’un ministre d’un pays qui n’était pas le sien? La famille de la victime n’avait-elle pas confiance aux autorités policières nationales? La justice congolaise était-elle partiale, donc partisane? Pourquoi Roger Dercky devait-il entreprendre une opération périlleuse, au risque de braver quelques intouchables du régime local? Agirait-il avec une intrépidité ingénieuse pourrait animer la rage de vaincre qui l’habitait? Avait-il besoin de l’exaltation que le jeu procurait passionnément en lui: à savoir le divertissement? Dans la vie quotidienne, ce détective privé ne s’amusait pas pour le bonheur de l’ennemi ou de l’adversaire.

Mon avis

Un jeune ministre assassiné dans un pays où la corruption est reine et où l’intégrité n’est qu’un mirage. Qui a pu faire un geste aussi tragique? Pourquoi? Crime passionnel ou assassinat politique? Ce qui suffit à Roger Dercky pour enquêter. Pourra t-il garder son intégrité? Trouvera t-il le meurtrier de cet homme politique? Comme d’habitude Gaspard-Hubert Lonsi Koko fournit énormément de détails sur l’histoire du pays et du continent. Ce qui ne nous empêche pas d’assister à une enquête haute en couleurs dans le milieu politique. Plutôt entre amour et intrigues politiques. Peu importe le lieu, la boue a la même consistance et détruit tout ce qu’elle touche. Alors, imaginez dans ce monde d’intrigues…. Cette enquête n’est-elle pas celle de trop pour Roger Dercky?

En Afrique tout n’est pas ce qu’il parait et Pagaille à Mavoula! nous le démontrera de nombreuses manières. Toutes les facettes de cette enquête sont peut-être des leurres. Les dés sont peut-être pipés.  Une enquête qui se déroule dans les hautes sphères où richesse, politique et corruption se tiennent la main dans une spirale infernale. Et Roger Dercky ne doit pas l’oublier. Dans Pagaille à Mavoula, les meurtres se suivent  et ne se ressemblent pas. Nous naviguons entre politique et franc-maçonnerie, entre langue française et lingala. Cependant nous ne perdons pas de vue cette enquête et ses dangers. Son insécurité. Par contre, les relents nous envahissent et nous font découvrir les dessous de la politique Congolaise d’une manière peu flatteuse. Pleine de trahison. De coups douteux. Et Roger Dercky y perdra beaucoup plus qu’il n’y pensait. Est-ce sa dernière enquête? Espérons que non.

Ma note 16/20

9791091580250  L’Atelier de L’Egrégore  236p.

Dangereuse comédie à Bamako – Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2018

Quatrième de couverture

La charmante Malienne vida d’une traite, la tristesse dans l’âme, le verre de whisky que l’on venait de lui tendre. Elle remercia ensuite l’employé de l’Evasion, l’un des dancings mythiques de la capital malienne, et sortit après avoir posé le contenant sur le comptoir. Une fois dehors, l’air chaud fouetta brutalement le visage de la Bamakoise qui eut l’impression d’avoir la tête lourde. Le malaise s’accentuait au fur et à mesure qu’elle marchait. A un moment donné, elle fut en proie au vertige. La nausée l’indisposa. Le whisky était-il empoisonné? Tout à coup, le vide s’installa dans son esprit et ses jambes la  lâchèrent. Elle s’écroula. Non loin de là, les derniers fêtards eurent l’impression qu’une très forte lumière s’extirpa de la masse corporelle qui était allongée à même le sol et se dirigea, en tourbillonnant, vers le haut pour disparaître dans le ciel noir et très étoilé. Ainsi Aïssata Camara rendit-elle l’âme. Elle ne danserait plus jamais au Calao, au Mandingo, ou au Yanga. Adieu l’artiste.

Pendant ce temps, dans la villa du quartier huppé de l’Hippodrome, François Piantoni et Aminata Dembélé furent très surpris de revoir l’Homme Noir, en pleine forme, et l’un de ses acolytes que l’on avait pourtant enfermés, bien ligotés, dans la cave. La Malienne et le Corse tentèrent de s’enfuirent, mais ils n’eurent pas le temps d’ouvrir la porte…

Quelque chose lui avait échappé, se dit Roger Dercky. La danseuse de Bamako était-elle l’un des maillons de cette chaîne infernale? Était-il manipulé, depuis le début? Dans l’affirmative, pour quelle finalité? Mamadou Diawoura était-il réellement kidnappé?

Mon avis

Bamako en mode policier. Qui peur résister à cela? En tous cas, pas moi. Alors, je me suis lancée. Un détective Zaïrois débarque au Mali pour une mission secrète. Mais, en Afrique, il n’y a que des secrets de polichinelle. Son client et ami a été enlevé par le gouvernement. Dans quelle prison est-il? D’ailleurs, est-il toujours sur le territoire malien? Est-il toujours vivant?

Nous voilà embarqués dans une histoire à l’ambiance africaine. Chaude. Torride. Une histoire à un rythme africain.  Dans Dangereuse comédie à Bamako, nous sommes plongés dans l’ambiance avec une brève leçon d’histoire sur l’origine de la ville. Très intéressante et instructive. Avec certains mots du terroir. Ce qui est assez original.

En bon détective, Roger continue son enquête entre les nuits chaudes, canailles de Bamako  et ses contacts dans la ville. Cependant des mystères planent? Doit-il faire confiance à tout le monde? Qui travaille pour qui? Qui sont ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre? Que découvrira t-il d’autre? Réussira t-il à sauver son ami? Est-ce sa dernière enquête? Cette dernière se déroule à son rythme entre amour, meurtres et trahison.

Dangereuse comédie à Bamako nous entraine dans une histoire originale, avec une écriture atypique. Une histoire qui nous démontre que le monde du crime est le même quel que soit l’hémisphère. Les mots sont crus, parfois. Le vocabulaire est enrichi par des mots bambaras qui sont traduits sur la page. Ce qui permet de ne pas interrompre la lecture. Vous découvrirez une superbe ville africaine dont l’histoire résonne encore à travers l’Afrique. Un bon moment de suspens.

Ma note 16/20

9791091580304   L’Atelier de l’Egrégore  277 p.

Insula Tresoya – Sébastien Lencroz – 2018

Quatrième de couverture

Une jeune femme bercée par un idéal pour l’Homme, un jeune trentenaire inconscient de son rôle primordial qu’il devra jouer, un père avide de pouvoir et un ancien chef de confrérie protectrice d’un mystère. Voilà tous les ingrédients réunis pour vous transporter dans un thriller haletant de Strasbourg à l’île d’Yeu.

Mon avis

Pour tout dire, le titre de ce roman m’a beaucoup intriguée. Eh oui! C’est toujours ce qui pique ma curiosité: Le titre. Et celui- sonnait bien à mon oreille. Et je n’ai pas été déçue. Une personne est à l’affût. Qui est-elle? Est-ce un tueur? Une victime? Un snipper? Ainsi débute ce thriller. Que se passe t-il? Qui est cette personne visée? Pourquoi l’a t-on choisie? Tant de questions dès les premières lignes. Alors, imaginez la suite de la lecture.

La curiosité pousse à tourner les pages avec de plus en plus d’interrogations. De suspens. Suspens qui dure tout au long du roman car l’intrigue est bien ficelée. Un suspens qui nous fait suivre pas à pas les pensées d’une personne avide d’amour paternel. Une personne toute en douceur. En force. Une personne qui malgré les apparences, est douée d’une intelligence très fine.

La lecture se fait en toute facilité. A chaque chapitre, il y a son lot de découvertes. Ce qui stimule encore plus la curiosité. Ce qui rend le suspens plus intenable. Insula Tresoya surprend par l’écriture très légère malgré le sujet abordé. Il en émane une grande force et une belle tendresse. Le dépaysement est garanti. Insula Tresoya est un roman qui vous emportera au fil des pages dans une aventure humaine. Terriblement humaine. Une aventure où le début et la fin s’unissent pour former une nouvelle énigme. Un très beau livre à lire pour le plaisir des surprises et des beaux moments de lecture.

Ma note 17/20

979109637801          342 p.    9,99€