Editions Et le bruit de ses talons


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Et le bruit des talons publie des ouvrages de littérature contemporaine, des romans policiers, des livres graphiques en noir et blanc, des folies littéraires et des livres d’artistes.

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Orlan & Byggvir une vérité inattendue – François Curchod – 2018

Quatrième de Couverture

Orlan accompagné par son ami Byggvir va bientôt quitter le petit village de Morneséjour où ils ne se sont jamais sentis à leur place, pour rejoindre la capitale Catalgam. Son objectif, remporter le tournoi des aspirants chevalier et entrer au service de l’empereur pour partir combattre les Orghoviens. Pourrait-il réaliser son rêve ou sera t-il rattrapé par les étranges évènements qui se déclenchent autour de lui, de son ami et de Baldur, le terrible ministre de la Guerre qui semble avoir une dent contre eux?

Chronique

Deux amis d’enfance unis par leurs rêves. Unis par leur famille atypique. Ils mènent une vie routinière jusqu’au jour où le ciel leur tombe sur la tête. Que se passe t-il? Qui pourra leur expliquer? Quel sera leur destin? Ils ont des projets plein la tête et savent que leur avenir est tout tracé. L’accompliront-ils?

Orlan &Byggvir une vérité inattendue est l’histoire d’une amitié. D’une loyauté. D’une longue complicité entre deux hommes. C’est aussi l’histoire d’un secret longuement gardé. Quel est-il? Qui en est le dépositaire? Ont-ils une destinée à accomplir? C’est le récit de nombreux secrets ignorés par les deux amis. Des secrets qu’ils sont loin d’imaginer. Les découvriront ils? Ces secrets pourront-ils les aider à accomplir leurs rêves? Qui sont toutes ces personnes qui gravitent autour d’eux?

Les chapitres sont titrés et nous permettent d’augurer la suite des aventures des deux héros. La lecture est addictive car nous sommes intrigués par tout ce qui se passe et curieux de la suite. Les mots se suivent et nous décrivent un monde fantastique fait de secrets auxquels nous ne pouvons accéder que par à-coups, aiguisant ainsi notre curiosité. Les personnages sont plus mystérieux les uns que les autres.

Orlan et Byggvir une vérité inattendue est le récit d’un destin que l’on a du mal à cerner, mais pressenti comme grandiose. Des pouvoirs sont dissimulés. Des vérités sont tues. Mais la promesse d’un bel avenir est présente en filigrane et reste le fil rouge de l’histoire. Un grand mystère qu’on prend plaisir à découvrir.

Note 17/20

9782889490646   5 Sens Editions    260 p.   17€

Extérieur Jungle – Vanessa Fucks – 2019

Quatrième de couverture

Ce qu’il avait voulu, c’était quoi? Etre un artiste, être aimé, se voir, qu’on le voit? Mais qu’on le voit tel qu’il était ou tel qu’il voulait être? Oui, il voulait son nom en gros sur les affiches, et cette femme si belle, si talentueuse à son bras. Il avait voulu tout cela si fort et pourtant tout avait disparu. Mais, n’était-ce pas justement cela l’essence de l’Art? Tristan est un acteur, du moins il le croit. Il croit que le vide qui l’habite peut s’emplir de la vision d’un autre et rayonner au-delà de sa propre existence. Et tant pis si  cette vision ressemble plus à un gouffre sans fond qu’à une aura. Qu’a t-il à perdre à présent, à part le peu de lui-même qu’il lui reste?

Chronique

Qui n’a pas connu une rupture douloureuse? Celle qui vous arrache le cœur, vous démolit l’âme et vous laisse hagard de douleur? Tristan traverse ce moment avec pénibilité et une bonne dose de plaisir à l’autodestruction. Cependant, il doit s’efforcer à reprendre sa vie en main s’il ne veut pas que sa vie professionnelle se termine dans le même état que sa vie privée.

Nous suivons le parcours d’un homme qui se noie dans sa douleur. D’un homme pris d’une douce folie destructrice et qui ne semble pas pouvoir remonter la pente. En a-t-il seulement envie? Peut-être qu’un voyage, un film à l’étranger, en compagnie d’un metteur en scène talentueux et complètement fou…

Extérieur jungle. Un euphémisme. Une folie des hommes. Une fin de non recevoir d’un artiste au bout de lui-même. D’un acteur  pris dans les rêtres d’un savant fou avec un clap pour arme. Mais pas que. Devrait-il aller au bout de la folie pour retrouver le goût de vivre? Aller au bout de la douleur pour se sentir renaître? Aura t-il ce sursaut de survie qui l’empêchera de plonger au fond de la détresse, du désespoir? Devra t-il subir l’extrême folie de l’humain pour enfin assainir sa douleur? L’existence est-elle en fonction de la reconnaissance mondiale? Ce qui est sûr c’est que le début sera la fin et peut-être que la fin sera renaissance.

Note 18/20

9782379120039   Editions Et le bruit de ses talons    149 p.   15€

 

Partis sans laisser d’adresse – Susin Nielsen – 2019

Quatrième de couverture

Félix Knutsson, douze ans trois quarts, vit avec sa mère, Astrid, et sa gerbille Horatio. Tous trois vivent dans un Combi Volkswagen « emprunté ». Astrid assure que la situation va s’arranger dès qu’elle aura trouvé du travail, et fait promettre à Félix de garder le secret. L’adolescent tient sa langue et parvient à faire sa rentrée dans un nouveau collège, comme si de rien n’était. Mais à mesure  que l’hiver s’approche les temps se font de plus en plus durs. Félix en est sûr: la meilleure manière de s’en sortir est de participer à son émission favorite, qui, que, quoi, quand?. S’il gagne, il remportera vingt cinq mille dollars, et alors Astrid et lui n’auront plus aucun souci à se faire.

Chronique

Un jeune garçon un brin mature. Une mère qui est une sorte d’adolescente dans sa manière d’agir. Une mère aventurière qui prend la vie comme elle vient. Ce qui rend leur vie bien aventureuse. Hasardeuse.

Félix subit la vie que lui fait mener Astrid, sa mère. Avec stoïcisme. Cependant, il n’est pas facile de vivre quand on se retrouve sans logement et que l’on vit dans un Combi. Que répondre quand on vous demande une adresse? Comment avoir un minimum d’hygiène quand on prend un bain à la sauvette? Comment expliquer sa situation à des amis, surtout quand on a douze ans trois quarts? Félix le geek se sent plus responsable que sa mère. Il n’accepte pas toujours les actions de cette dernière. Mais comment le lui dire? Comment lui expliquer sa colère, son ras le bol? La colère de subir son caractère à l’origine de tout leurs déboires. Et que dire de sa mauvaise foi et de son orgueil mal placés?

Partis sans laisser d’adresse est l’histoire d’une longue descente aux abymes d’un enfant et de sa mère. Deux personnes qui perdent peu à peu pied pour s’installer dans une voiture. C’est l’histoire d’une famille qui se cache du regard des autres. Du regard que la société pourrait leur porter. C’est l’histoire de milliers de gens qui nous entourent, qui vivent cette détresse et qui font tout pour se fondre dans la masse. C’est l’histoire d’une désespérance. C’est un cri terriblement muet que poussent des milliers de familles autour de nous. Partis sans laisser d’adresse est le récit d’un espoir envers la générosité humaine. C’est un roman, très pudique, qui nous fait réfléchir profondément. Qui nous pousse à regarder autour de nous pour voir ce qui se cache sous un vernis d’apparence. Cette misère tue par les mots. Criée par les attitudes et les comportements. C’est un roman qui nous fait comprendre pourquoi certains courriers sont retournés avec la mention « partis sans laisser d’adresse« .

Note 17/20

9782330120566   Editions Hélium   240 p.   14,90€

 

 

 

How to stop time – Matt Haig – 2019

Quatrième de couverture

Tom Hazard vient de postuler pour devenir professeur d’histoire dans un collège londonien. Il se tient résolument à l’écart des autres. Car Tom a un secret. Il est atteint d’anagérie, une condition qui survient à la puberté et provoque un vieillissement extrêmement plus lent que la normale. Il doit donc tout faire pour ne pas éveiller les soupçons  et risquer de devenir un objet d’étude scientifique ou, pire, d’être tué. Il renonce ainsi, à chaque fois que le danger se précise, à la vie qu’il s’est construite, recommençant tout à zéro ailleurs. C’est ainsi qu’il a dû abandonner sa fille, atteinte du même mal que lui. Depuis lors, il n’a qu’une idée en tête: la retrouver, morte ou vivante. Mais voilà qu’il est en train de tomber amoureux de Camille, une simple mortelle _ lui qui sait que l’envie de se rapprocher d’elle est la pire chose qui puisse lui arriver…

Chronique

il existe des livres qui, dès la première page, nous donnent une envie furieuse d’aller à la dernière page pour voir la fin. Et on se fait violence pour le lire normalement de la première à la dernière page. How to stop time en fait partie. Qui n’a jamais rêvé de vivre longtemps?  Très longtemps? De traverser les siècles en secret? D’être multi centenaire? Comment le vivrez-vous? Figurez-vous que Tom jouit de ce privilège. De cette malédiction. Comme lui, auriez-vous la force de traverser les siècles et de revenir à votre première vie? Supporterez-vous de voir disparaître les personnes que vous aimez?

How to stop time nous fait revivre les tribulations d’un homme qui a un lourd secret. un secret qui le ronge jusqu’à la moelle. Un secret qui peut se révéler dangereux pour lui. Un secret qui lui pèse tant qu’il a envie de s’en défaire. Cependant, ce n’est pas si simple. Avec cet homme, nous empruntons les pas de l’histoire. Des réalités de diverses époques. Nous assistons à l’annihilement de nos certitudes historiques. Sur la pointe des pieds, nous le suivons dans sa recherche de sa seuls réussite. Dans la recherche du grand regret de sa vie: Sa fille Marion qu’il abandonnée.

How to stop time est un roman d’un grande tendresse. D’une grande humanité. Un romans fait de nombreux flashbacks  d’un humour très fin. De souvenirs qui s’incrustent et font fi des états d’âme de Tom. Des souvenirs qui font fi de ses regrets.  Des souvenirs qui s’imposent comme un pique-assiette sans vergogne. Tom poursuit ses errances au gré de ses souvenirs. Il est possible qu’il veuille échanger son sort contre celui d’un éphémère. Qu’il soit prêt à lui expliquer how to stop time.

Note 17/20

9782330117245    Editions Hélium   352 p.    16,50€

 

Un goût d’Europe – Janelly Fourtou – 2019

Quatrième de couverture

Janelly Fourtou retrace pour nous le quotidien d’un député européen au féminin. Avec humour et sensibilité, elle décrit au fil des jours  ses dix années de mandat, marquées par un réel sens de l’engagement: un parcours d’abord initiatique, avec ses codes minutieux, mais aussi les nombreux voyages et la découverte de lieux extraordinaires – dont l’imposant Parlement de Bruxelles -, sans oublier les rencontres avec ses confrères d’horizons si différents. Au-delà du devant de la scène, Janelly, telle Candide en Europe, nous livre ses réflexions, tout en finesse, et toujours sans concession, sur le backstage (l’envers du décor) souvent cruel, notamment pour les « débutants », les détails matériels qui ont pour autant leur importance, les échapppées entre d’interminables réunions, salutaires ou déprimantes, et beaucoup d’anecdotes […].

Chronique

Comment s’adapte un  député Européen? Quel est le chemin qui mène à ce creuset tant désiré et si intimidant? Janelly Fourtou  nous fait découvrir un monde dont tout le monde parle, mais  que personne ne connait. Un monde hermétique. Un monde énigmatique.

C’est avec un humour fin que nous accompagnons l’auteure dans son voyage vers ce projet dont elle ne rêvait pas et qu’elle a atteint presque par hasard. C’est pas à pas, avec précaution que nous entrons dans la sphère de l’Europe. Dans un goût d’Europe – journal d’une députée européenne, nous assistons à sa prise de poste. Un saut vers l’inconnu. Avec beaucoup d’humour, nous assistons à son besoin de satisfaire tout le monde quitte à s’éreinter entre deux réunions, deux trains, deux hôtels. Le grand écart est de mise. Finalement, c’est le même cheminement que tout quidam qui prend son nouveau poste, sauf  que le lieu est impressionnant.

Un goût d’Europe, journal d’une députée européenne nous invite à suivre chaque démarche. Chaque réunion. Ce qui est très intéressant et en aucun cas ennuyeux. Au contraire. Comment se passent les débats? Comment sont préparées les motions? Et ces rencontres entre ténors de la politique? Pas de secret. Pas de langue de bois. Tout est dit. Tout est expliqué. En sus, nous avons les réflexions de l’auteure. Ce qui est très amusant.  Un humour très fin. Nous avons l’impression d’assister aux passations du pouvoir. Un journal qui raconte avec des mots simples qui font du lecteur un témoin du monde Européen. Qui lui donne un goût d’Europe.

Note 18/20

9791030202809   Fauves Editions 254 p.   22€

Lâche-moi les crampons – Giuliana Olivero – 2019

Quatrième de couverture

Grazia n’est ni jolie, ni riche, ni cultivée. De surcroit, malchanceuse, elle traine une  enfance difficile. Seul le football arrive à illuminer sa vie morose sans perspectives d’avenir. Grazia ne se contente pas d’assister aux matchs du dimanche comme le tifoso lambda, mais son plus grand plaisir est de suivre, depuis le bord de la pelouse, les entrainements d’équipes aussi prestigieuses que la Juventus de Turin. Deux mondes bien différents cohabitent. En effet, la réalité de tous ces sportifs, devenus au fil du temps l’objet de son besoin effréné d’amour, est à des années lumières  du quotidien de l’héroïne. Celle-ci a d’abord idolâtré les rockstars, avant de tenter de se rapprocher des footballeurs, en apparence plus accessibles et disponibles. Mais ses lubies  et ses fantasmes auront raison de son innocence et d’un rêve  de vie meilleure. Son petit cœur souffre. De leur côté, ces magnifiques athlètes au zénith de leur gloire n’acceptent pas l’intrusion de Grazia, ne comprenant pas la pureté de ses sentiments et sa recherche éperdue de contact. Un seul d’entre eux fera preuve d’égards et d’humanité.

Chronique

Une femme. Une fan. Une histoire de foot. Quel rapport? Les groupies existent. Partout à travers le monde. Quelle est leur histoire? Pourquoi un tel acharnement à suivre une personne, une équipe? Grazia va nous faire découvrir son monde. Ses coups de cœur. Ses déceptions. Comme toutes les groupies ou presque. Une vie bien compliquée. Et c’est peu de le dire pour peu qu’elle vire à la pasionaria et elle devient infernale pour tout le monde.

Dès l’instant où elle l’a décidé, Grazia bat les terrains de football à la recherche des signatures de la Juventus et surtout de Platini, son idole. Au fil des pages, nous découvrons ses succès, ses déboires. Les liens plus ou moins hasardeux  qu’elle noue avec les joueurs. A quel moment est-elle passée de groupie à harceleuse? Que peut-elle bien penser de l’impact que cela a dans la vie de ces joueurs qu’elle suit nuit et jour? Grazia nous fait sourire pour son amour platonique pour Platini. Est-ce vraiment de l’amour?

Lâche-moi les crampons, d’une manière ludique, nous démontre les relations bipolaires entre une fan et l’objet de sa passion. Une passion dévastatrice qui peut détruire tout sur son passage. Et, parfois, l’objet de la passion. Les situations prêtent à sourire tant elles frôlent l’absurdité. Des courses-poursuites pour un regard, un mot, une poignée de mains. Des rendez-vous fantasmés par ces groupies dont l’objet de leur passion ne pense qu’à dire « lâche-moi les crampons ».

Note 16/20

9782812710537   Editions Les Presses du Midi   203 p.    16€

Dragon de sable – le journal du premier Marcheur – Marc Ismier – 2018

Quatrième de couverture

La paix et la justice de Gladsheim s’étendent progressivement sur les royaumes d’orient. Gylfi, Roi le plus puissant parmi les Puissants, en assure la stabilité par les Questes de ses Marcheurs. Les guerres sont oubliées depuis des siècles et les Arts se développent étendant toujours plus les Pouvoirs et la science des Maîtres. Mais Bryan, Premier Marcheur, est arraché à une Queste  dans les brûlants déserts du sud par Snorri, le sculpteur. Pendant son absence, Gylfi a disparu, menaçant les ordres établis et faisant ressurgir la perspective d’affrontements oubliés qui déchiraient les peuples.  Derrière le trône, la nuit tisse ses complots au-delà des frontières et menace l’existence des Royaumes. Entre alliances et trahisons, se révèlent de nouveaux pouvoirs au cours de la plus redoutable Queste du Premier Marcheur.

Chronique

Qu’est ce qu’un marcheur? Est-ce celui qui pratique la marche comme sport? Ce sont les questions que je me suis posées tout en sachant que la réponse serait bien plus compliquée, bien sûr. La réponse est une découverte surprenante et à la hauteur des attentes. Le royaume de Bryan est peut-être victime de complots, d’actes mal intentionnés. Le Marcheur doit le savoir. Que se passe t-il? Où est la famille royale? Qui est à l’origine de ce bouleversement? Il est urgent de trouver des réponses à ces questions. Bryan ne le sait que trop bien.

C’est avec beaucoup de curiosité que nous découvrons le mondes des marcheurs et celui des sculpteurs. Un monde mystérieux. Fantastique. Un monde de pouvoirs magiques. Un monde où la sincérité et l’honneur sont maîtres. Avec Bryan, nous découvrons les différents royaumes et leurs habitants parfois énigmatiques. Nous nous enfonçons, au fil de la lecture, dans ce pays de complots ourdis. Ce pays où les marcheurs ont des dons et s’en servent. Pour protéger le trône, la famille royale et le royaume.

Dragon de sable – journal du Premier Marcheur nous emmène dans un monde où le bien et le mal se côtoient pour un jour s’unir et déclencher la plus grande des poursuites et des enquêtes pour le royaume de Gladsheim habitué à la Paix. Que de trahisons! Que de quêtes! dans ce monde de mages où peu importent les pouvoirs, du moment que l’on a LE pouvoir. Que trouvera Bryan? Qui seront ses alliés, ses ennemis? Comment tout cela se terminera t-il? Bryan et ses amis nous réservent bien des surprises.

Note 18/20

9781980220886   Autoédition   417 p.    13,70€

Avant que les ombres s’enfuient – Frédéric Surgan – 2017

Quatrième de couverture

Stan médecin quadragénaire, aurait bien du mal à dire quand il a commencé à s’éloigner de sa vie et même à succomber, lui, un ORL, sous le déluge de bruits qui lui labourent le crâne. Cela remonte peut-être à loin. Au fond. Depuis, en tout cas, il flotte sans repère, son humour grinçant et féroce le sauvant du naufrage sans pour autant le rapprocher des autres. Il a encore quelques ancrages pourtant. A vingt ans, il a connu un grand amour, Anne, qu’il a perdu ensuite, sans vraie raison. Et il a une famille singulière. Quand il était enfant, son oncle Yvon  qu’il aimait tant, s’est noyé en mer. Et au décès de son grand-père, patriarche redouté, d’autres secrets ont commencé à se dénouer. Mais le mystère perdure. Stan en est sûr: c’est quelque part par là que la vie s’est enfuie. Il doit comprendre l’histoire des siens, découvrir ce qui leur est vraiment arrivé. Il se lance sur leurs traces, il replonge dans le temps à leur recherche. Et puis il veut retrouver Anne. Peut-être qu’en réparant le passé, il pourra réparer le présent…

Chronique

Toutes les familles ont leurs secrets. leur bizarrerie. Elles ont ce genre de « truc » qui fait tiquer sans que l’on sache pourquoi. Quand Stan  nous présente la sienne, nous sommes pris entre la compassion et le fou rire. Il faut avouer qu’elle est particulière. C’est une famille qui semble figée dans son histoire, indifférente au temps qui passe. Aussi, quand Stan ne se sent pas à l’aise dans sa vie, nous le comprenons sans peine.

Avec un langage coloré, Stan nous présente sa vie vaseuse, hypothétique. Une vie où le rêve vire rapidement au cauchemar. Une vie où tout est incertain, même les êtres. Une vie où ses angoisses deviennent réelles et l’accompagnent à chaque pas. Peu à peu, il perd pied. Lentement. Inéluctablement. Des sursauts, l’instinct de survie se manifestent de temps en temps. Discrètement. Doucement. Sans pour autant s’imposer. Stan a t-il vraiment envie de s’en sortir? Si oui, comment y arrivera t-il? Ira t-il au bout de ses recherches?

Avant que les ombres s’enfuient nous invitent à accompagner un homme désespérément à la recherche de lui-même. A la recherche du désir de vivre. A la recherche d’une bouée à laquelle il pourra s’accrocher avec désespoir. Avec force. Un homme qui se sent aller à la dérive et qui souhaite s’ancrer quelque part dans sa vie. Dans la vie. Avant que les ombres s’enfuient.

Note 17/20

9782940583782   Editions des 5 sens   253 p.   18€

Le temps des râteaux – Hervé Mestron – 2018

Quatrième de couverture

Edouard, boutonneux, en mal de filles, est accroc  aux jeux vidéo. Obéissant au médecin qui lui prescrit de la marche à pied, Edouard va accepter un job de promeneur de chiens. C’est ainsi qu’il rencontre Princesse Butterfly, un Yorkshire du sixième arrondissement, avec qui il va tisser une relation particulière. En effet, le chien lit dans ses pensées comme lui-même lit dans les pensées du cien. Et peu à peu, l’animal va le coacher et lui expliquer comment s’y prendre en amour. D’abord réticent,  voire mal à l’aise à l’idée d’écouter les conseils d’un clebs, Edouard va finir par jouer le jeu et affiner sa technique d’approche auprès de Nicoline, une copine de classe dont il est secrètement amoureux. Mais, si les premiers résultats sont prometteurs, la suite l’est nettement moins.

Chronique

Comment vivent les adolescents? Que pensent les ados du monde entier, qu’ils soient boutonneux ou non? Edouard en est un. Il a une vie routinière. Il traine son ennui, son addiction aux jeux vidéos ainsi que ses guêtres à travers son quotidien. Jusqu’au jour où sa mère l’emmène  ou plutôt, le traine chez le médecin. Et sa vie bascule. Peut-être pour toujours.

Le temps des râteaux, avec beaucoup d’humour nous entraine dans « l’enfer’ de ce jeune homme. Dans l’aventure de sa vie. Une vie qu’il partage avec une mère en pleine crise d’adulte ou d’adolescence, au choix. Edouard jette une regard tendre, filial, presque paternel sur cette femme qui lui a donné la vie et qui semble vouloir la lui reprendre. Avec de nombreux sourires, rires, éclats de rires, l’aventure tragi-comique de cet adolescent boutonneux nous emporte dans un monde transcendental. Un monde où les choses lui échappent, lui jouent des tours pendables.  Comment expliquer que la chienne qu’il promène lui parle? Que fera sa mère s’il lui disait que Princesse Butterfly s’immisçait dans sa vie sentimentale et qu’ils discutaient beaucoup lors de leurs promenades?

Le temps des râteaux parle de renaissance plus ou moins attendue. Renaissance d’un adolescent qui prend enfin conscience de ce qui l’entoure. Qui prend conscience du chien qu’il promène et de leur symbiose. De leurs discussions. Un adolescent qui, enfin, prend conscience de l’Autre au point de presque faire l’impasse sur ses questions existentielles face à celui du Yorkshire qui le conseille si bien. Le début d’une grande histoire?

Note 17/20

9782848591773   Editions Zinedi   137 p.   14,90€