Opalescence le secret de Pripyat – Amaury Dreher – 2019

Quatrième de couverture

Et si les vestiges radioactifs de Tchernobyl n’étaient qu’un piège?

Chronique

Qui n’a pas entendu parler de la catastrophe de Tchernobyl? De ce jour où l’Europe voire le Monde a tremblé et basculé dans l’horreur? Amaury Dreher nous propose de vivre l’évènement de l’intérieur. De vivre ce cauchemar mondial qui n’en finit pas d’avoir des conséquences. Pas à pas, jour après jour, Tchernobyl s’offre à nos yeux de lecteurs intrigués. Toute la vérité a t-elle été dite sur cette catastrophe? Qu’en est-il des décennies plus tard?

Opalescence – le secret de Pripyat nous entraine dans une enquête qui ne dit pas son nom. A la recherche d’une réponse qui puisse tranquiliser les esprits. Surtout pour le narrateur pour qui c’est un retour aux sources. Un narrateur qui, bien que jeune a été témoin de cet accident nucléaire. Lui et sa famille y étaient. Qu’est devenue Pripyat, sa ville, après le départ de la population? Que cachait vraiment le silence des autorités soviétiques de l’époque? Au fil des rencontres, le mystère s’épaissit. Qui sont ces personnes qui vivent toujours dans la zone contaminée? Pourquoi sont-ils encore là? Les légendes telles que celle du trésor sont-elles vraies? Surtout, qui est Oleksandr, cet homme qui semble le suivre dans ses pérégrinations?

Le récit à la première personne fait de nous les témoins des évènements. Des témoins muets et curieux pour qui opalescence – le secret de Pripyat devient une scène de crime. Malgrés tous les dangers, est-ce raisonnable de trainer dans la zone? Au fil des pages, nous plongeons dans une intrigue profonde. Ce retour aux sources n’est-il pas un piège? Plongés dans une lecture intrigante, nous tournons les pages avec une curiosité exacerbée. Cette descente aux enfers est-elle un rêve ou une réalité? Toujours est-il que ce rêve, cette réalité ou ce cauchemar  nous émerveillera.

Note 17/20

9781795854573   Autoédition    147 p.   11,98€

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Les étoiles cachées – Régine Soszewicz – 2019

Quatrième de couverture

Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, la vie de Régine et de sa famille est bouleversée. Juives, elles sont soumises aux multiples interdits. Maurice, leur père, engagé volontaire, est alors prisonnier de guerre. Grâce au courage et à la détermination de Marie, leur mère, échappant aux rafles annonçant une mort certaine, Régine et sa sœur Marcelle, aidées clandestinement, fuient Paris. Elles trouvent refuge  et la vie sauve auprès de paysans accueillants. Elles partageront leur quotidien et le travail à la ferme. Régine raconte….

Chronique

Il est des périodes dans l’histoire que ne nous envieraient pas les pires animaux. Des périodes qui n’ont rien d’honorable pour les humains. Les étoiles cachées nous les rappelle fortement à notre bon souvenir. Qui n’a pas entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv, des pogroms, des stalags? Surtout, qui ignore cette étoile jaune qui a stigmatisé tout un peuple?  Une étoile qui rappelle l’indignité  et la honte humaine? Une étoile qui a marqué un peuple qui devait être sacrifié sur l’autel de la folie des hommes.

Les étoiles cachées nous parle d’innocence, de la vie simple d’une famille heureuse que les appels à la guerre de 1939 mènera à la quasi extinction. Une famille dont certains membres seront victimes de la shoah. Alors Régine a pris la plume pour raconter. Pour témoigner. Pour la postérité. La guerre à travers le regard d’une petite fille qui ignore que les horreurs toucheront profondément sa famille. Que ces horreurs transformeront sa vie à jamais. Que d’innocence dans ce regard!

Nous assistons à la lente et longue descente aux enfers d’une famille. Seuls les adultes se doutent. Les enfants sont loins de tout cela, cachés dans la campagne française. Un endroit où l’horreur ne les touchera pas. Nous ressentons cette lente dégradation sociale pour la population juive. Une atmosphère délétère qui l’isole peu à peu. Des actes qui la stigmatise de plus en plus, la mettant en grand danger. Régine présente des photos touchantes, montrant la vie d’une famille comme toutes les autres, si ce n’était cette grossière étoile  qui les désignera à la vindicte populaire, à la haine. Ces photos sont remplacées par celles de la honte, de l’horreur, de l’invivable, de l’inavouable. Ces étoiles qui ne marqueront pas les innocentes cachées en Province, ces deux sœurs qui sont les étoiles cachées de cette période sanguinaire.

Note 19/20

9782343177649    Ed. L’Harmattan   180 p.    19€

Chroniques de Katmandou – Jérôme Edou – 2015

Quatrième de couverture

Lorsque les premières peuplades arrivèrent sur les contreforts de l’Himalaya, stupéfaits par la grandeur, elles en firent la résidence de leurs dieux. Aujourd’hui, la région est confrontée aux assauts de la modernité faisant suite notamment à l’annexion du Tibet par la Chine, elle est sous le coup du désastre provoqué par le séisme du 25 avril 2015 et doit faire face à l’immense défi de la reconstruction.

Chronique

Qui n’a pas entendu parler ou vu le tremblement de terre qui a secoué Katmandou en 2015? Comment un peuple dont la survie  avait été, ainsi, mis en suspens, a pu s’en sortir? Un magnifique portrait brossé du Népal. A travers chroniques, anecdotes personnelles, légendes, pièces de théâtre, nous faisons connaissance avec ce pays de montagne. Une douce et merveilleuse présentation d’un pays qui défraya la chronique lors de l’assassinat de la famille royale. Jérôme Edou nous fait ressentir son amour pour ce petit pays de l’Himalaya à travers ses récits, ses souvenirs.

Chroniques de Katmandou est un petit bijou qui tient dans le sac, la poche et qui peut être lu partout. Les chapitres sont courts et titrés, et cependant, très denses en émotion et en renseignements. La lecture se fait d’une traite tant nous avons l’impression de passer d’un conte à l’autre, d’une découverte à une autre. Jérôme Edou mêle faits historiques contemporains, politique, évènements passés. Des histoires qui s’imbriquent les unes aux autres pour donner un récit rythmé, soutenu, clair et attrayant. Nous nous laissons emporter avec plaisir.

Chroniques de Katmandou est un voyage à la rencontre de l’Himalaya et de son peuple. A la rencontre d’une histoire qui fut commune à de nombreux pays tels que l’Inde, le Tibet, le Bhoutan. Des noms qui font rêver. Des histoires qui font voyager grâce aux chroniques de Katmandou.

Note 18/20

9782919270057   Editions Les Trois Platanes   170 p.   18€

 

 

Un monde désorbité – Christine Bry – 2018

Quatrième de couverture

– Vous aimez Proust?

– Ah, vous savez, je suis comme Céline. Trop de mots!

Un verre tinte. Le silence se fait dans Le Café de la Paix de Valréas où se tient la réunion littéraire mensuelle. La voix de Christine Bry s’élève. Elle ne faiblira plus pendant une heure jusqu’à ce que jaillissent les applaudissements. Il y a décidément trop à garder en soi après une lecture  de A l’ombre des jeunes filles en fleurs, ce roman que Proust a achevé pendant la guerre de 14, époque particulièrement désorbitée. D’habitude, les lectures s’accumulent dans la mémoire en strates géologiques. Ici, la mémoire déborde, il faut la partager. […]

Chronique

Un voyage. Dans le temps. Dans le monde…des arts. Entre Van Gogh et Proust en passant par… Maupassant. Dans le salon de la famille Blanche. Un endroit où tous les artistes se rencontrent. Un voyage à travers le monde littéraire de l’époque accompagné de trois belles lettres lues avec émotion.

Le monde désorbité est une plongée passionnante dans le 19ème siècle. Par le biais des écrits, des tableaux. Dans les salons tenus par des intellectuels de l’époque. La vie de ces hommes et de ces femmes qui ont marqué l’art, la littérature, des matières qui ont encore un impact dans notre société actuelle.

Nous évoluons, au fil des pages, dans une ambiance ouatée où chacun se raconte dans un murmure. Dans un souffle. De peur de bousculer une société refermée sur elle-même. Une société qui choisit ses élites. Un monde où la vie se raconte dans des textes, des peintures, de la musique. En parallèle se raconte une vie qui, paradoxalement, sort de ses habitudes. Une vie qui sort de ses repères et semble se perdre au-delà de ce qu’elle voulait ou souhaitait.

Le monde désorbité est une mémoire schizophrène. Une mémoire parfois vacillante d’un passé qui fut, d’un présent qui est. D’un présent asthmatique qui peine à se retrouver. Une époque qui se vit tel le monde désorbité.

Note 16/20

9782919270088   Editions les trois platanes   114 p.   15€

Un goût d’Europe – Janelly Fourtou – 2019

Quatrième de couverture

Janelly Fourtou retrace pour nous le quotidien d’un député européen au féminin. Avec humour et sensibilité, elle décrit au fil des jours  ses dix années de mandat, marquées par un réel sens de l’engagement: un parcours d’abord initiatique, avec ses codes minutieux, mais aussi les nombreux voyages et la découverte de lieux extraordinaires – dont l’imposant Parlement de Bruxelles -, sans oublier les rencontres avec ses confrères d’horizons si différents. Au-delà du devant de la scène, Janelly, telle Candide en Europe, nous livre ses réflexions, tout en finesse, et toujours sans concession, sur le backstage (l’envers du décor) souvent cruel, notamment pour les « débutants », les détails matériels qui ont pour autant leur importance, les échapppées entre d’interminables réunions, salutaires ou déprimantes, et beaucoup d’anecdotes […].

Chronique

Comment s’adapte un  député Européen? Quel est le chemin qui mène à ce creuset tant désiré et si intimidant? Janelly Fourtou  nous fait découvrir un monde dont tout le monde parle, mais  que personne ne connait. Un monde hermétique. Un monde énigmatique.

C’est avec un humour fin que nous accompagnons l’auteure dans son voyage vers ce projet dont elle ne rêvait pas et qu’elle a atteint presque par hasard. C’est pas à pas, avec précaution que nous entrons dans la sphère de l’Europe. Dans un goût d’Europe – journal d’une députée européenne, nous assistons à sa prise de poste. Un saut vers l’inconnu. Avec beaucoup d’humour, nous assistons à son besoin de satisfaire tout le monde quitte à s’éreinter entre deux réunions, deux trains, deux hôtels. Le grand écart est de mise. Finalement, c’est le même cheminement que tout quidam qui prend son nouveau poste, sauf  que le lieu est impressionnant.

Un goût d’Europe, journal d’une députée européenne nous invite à suivre chaque démarche. Chaque réunion. Ce qui est très intéressant et en aucun cas ennuyeux. Au contraire. Comment se passent les débats? Comment sont préparées les motions? Et ces rencontres entre ténors de la politique? Pas de secret. Pas de langue de bois. Tout est dit. Tout est expliqué. En sus, nous avons les réflexions de l’auteure. Ce qui est très amusant.  Un humour très fin. Nous avons l’impression d’assister aux passations du pouvoir. Un journal qui raconte avec des mots simples qui font du lecteur un témoin du monde Européen. Qui lui donne un goût d’Europe.

Note 18/20

9791030202809   Fauves Editions 254 p.   22€

Je t’aime affreusement – Estelle Gapp -2018

Quatrième de couverture

Si Marina Tsvetaeva (1892-1941) compte aujourd’’hui parmi les grands poetes russes du XXe siècle, on le doit au destin et au tempérament hors du commun de sa fille, Ariadna Efron (1912-1975), seule survivante d’une famille broyée par la Terreur stalinienne. Après seize ans de Goulag, elle consacre les vingt dernières années de son existence à faire publier l’’œœuvre de Marina. La « fille prodige » deviendra le premier éditeur de sa mère. Je t’’aime affreusement est une lettre fictive qu’’Ariadna aurait pu écrire, depuis le premier jour de sa libération, en 1955, jusqu’à’ sa mort, en 1975. […]

Chronique

Quand nous pensons à notre enfance, à notre mère, c’est souvent avec une tendre nostalgie. Tendre malgré les coups durs de la vie. Nous portons d’habitude un regard plus compréhensif sur certains faits. Compréhensif après le temps qui passe, le regard de l’adulte que nous sommes devenus. Pour Ariadna, ce sont des souvenirs doux-amers d’une période qui ne fut pas facile.

Je t’aime affreusement est un cri d’amour d’une fille à sa mère. Une mère qui est allée au bout de son amour maternel. Parfois en faisant les pires choses pour le bien-être de sa progéniture. L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. L’enfance d’Ariadna a été voué à l’enfer éternel. Au froid sibérien. Une enfance marquée par la Première Guerre Mondiale et l’autocratie de Staline. Une enfance de crainte, de cris, de désespoir.

Je t’aime affreusement est la colère d’une enfant qui le restera malgré les années. Qui le restera face à cette mère absente. C’est le cri de colère d’Ariadna qui voit le monde se vider autour d’elle sans trop savoir ce qui se passe. Des disparitions que la petite fille prend pour une punition. C’est aussi une promesse. Promesse faite en échange du retour  et de l’amour d’une mère disparue. La promesse de faire connaitre l’oeuvre de sa mère-fantôme. Malgré certains regrets. Malgré les promesses échangées contre un peu d’intérêt, je t’aime affreusement est fait d’amour. D’un amour fort et sincère. D’un amour qui a fait tomber tous les obstacles. C’est un superbe cri d’amour d’une fille à sa mère, envers et contre tout: je t’aime affreusement.

Note 17/20

9782940628155   Edition des Syrtes   172 p.   13€

Sœur Yvonne, vendéenne d’Ahmedabad – Didier Giroud-Piffoz – 2014

Quatrième de couverture

« Nous avions peu de moyens, c’était très primitif.  Quelques fois, pour prendre la température , nous mettions un crayon sous l’aisselle du patient. Il croyait que c’était un thermomètre… Nous avons guéri plein de gens. Nous mettions toujours un peu d’eau de Lourdes dans nos médicaments. Notre fondateur avait apporté des médailles du sanctuaire. Il nous avait dit:  » Mettez une médaille dans une bouteille et remettez toujours de l’eau ». Nous avions ainsi notre propre production d’eau de Lourdes (rires)« .

Chronique

Dans la vie, certaines personnes existent pour le bien  de l’humanité. Des personnes qui savent faire preuve d’empathie. De bonté suprême. Des personnes pour qui s’occuper des autres est un sacerdoce. Et quand l’Autre est au bout de sa souffrance, ces êtres sont les baumes qui cicatrisent les plaies, les blessures et insufflent le goût à une nouvelle vie.

Sœur Yvonne Vendéenne d’Ahmedabad est une histoire. Celle d’une femme. Celle d’une religieuse. Une femme ET une religieuse qui a su tendre la main à ceux que la société rejetait. A ceux que la société avait banni. A ceux à qui la maladie avait retiré toute once d’humanité: les lépreux. Aujourd’hui, retirée dans sa mission, elle revient avec humour, avec humilité sur ces années passées au service des Autres. Nous découvrons ses premiers pas auprès des personnes en souffrance (orphelins, femmes et enfants en souffrance, lépreux…). Des actions très réfléchies. Des actions très généreuses car son altruisme est né bien avant son entrée dans les ordres.

Sœur Yvonne Vendéenne d’Ahmedabad est l’histoire d’une abnégation. L’histoire d’une femme forte qui sait donner du bonheur, de l’humilité, de la joie de vivre à ceux qui l’entourent. A ceux qui viennent à sa rencontre. Elle raconte avec espièglerie son histoire. Ses histoires. Ses rencontres. Ses souvenirs. Elle raconte avec malice les leçons que la vie lui a inculqué. C’est une religieuse profondément généreuse qui partage avec plaisir ce que la vie lui a appris. La force que le Christ lui a insuflé durant toute son existence. Cette force qui a fait d’Yvonne Boyer, Sœur Yvonne Vendéenne d’Ahmedabad

Note 17/20

9782368030455    Ella Editions    182 p.   17€

Terrorist at home – Victoria Bell – 2019

Quatrième de couverture

Ce récit, basé sur des faits réels, nous rapporte l’histoire d’Emerik, un enfant qui a subi l’inceste, la pédophilie, la maltraitance. Malgré les obstacles, sa mère se bat pour le défendre, utilisant pour cela tous les moyens en sa possession, qu’ils soient médicaux ou juridiques. Entre influences politiques et francs-maçons, le lecteur découvre que la résistance et le refus de la vérité peuvent parfois venir de l’intérieur: la famille.

Chronique

L’histoire d’un enfant. L’histoire d’une petite vie malmenée. Une histoire vraie qui prend aux tripes. Emerik est petit garçon heureux de vivre. Un enfant qui a des rêves de son âge: trois ans. Tout va bien. Mais la vie réserve parfois des tours pendables. La roue tourne dans un sens comme dans l’autre. Elle tournera pour Emerik et sa mère. Elle s’arrêtera aux portes de l’enfer. Que dis-je? Des enfers. Et presque pour l’éternité…

Terrorist at home est le cri de douleur d’une mère. Un cri d’amour emporté par la plume pour frapper à la porte d’un cœur scellé par le désespoir. C’est un roman qui nous présente un mal bien trop courant à notre époque: la violence  sous toutes ses formes envers un enfant. La violence faite à un petit garçon. Un mal qui gangrène la société. Comment se reconstruire après avoir subi des horreurs? Que faire pour que le statut de victime soit octroyé et reconnu? Comment peut réagir l’entourage? La résilience est-elle possible?

Les mots sont durs  mais la lecture reste aisée. Les chapitres s’enchainent comme les maillons d’un collier pour nous narrer l’histoire d’Emerik. Ses souffrances. Ses cris sourds. Ses douleurs d’enfant. Les mots se posent avec force. Ils sont empreints de cette douleur qui épuise le cœur et tord les boyaux. Cette douleur qui donne des nuits blanches et des cauchemars éveillés. La douleur d’une mère. Une mère pour qui le monde s’écroule, l’entrainant bien malgré elle dans les tréfonds du désespoir. Une mère. Un enfant. Une vie. Des vies. Rien que de plus banal. D’une telle banalité que l’on pense  que cette souffrance muette, ces cris angoissants de silence ne peuvent être perçus que de ceux qui ont un terrorist at home.

Note 19/20

9782754743989   Ed. du Panthéon    230 p.     19,90€

Assollicitation – Dimbombi – 2018

Quatrième de couverture

Stagiaire non déclaré, sans salaire et issu d’une famille pauvre, Juvénil Nguekipi se démène comme il le peut dans un Gabon qui n’est pas tendre pour les plus démunis. Pour subvenir à ses besoins, il est contraint de se mettre à vendre illégalement du chanvre. Mais lorsqu’il est arrêté, et déféré au Parquet, cette activité n’est qu’un prétexte: le Préfet jaloux, l’accuse également de détourner son épouse. Pourtant, la belle Lune dont notre héros est amoureux n’est que la maîtresse du préfet… Comment Juvénil va t-il échapper à cette machination?

Chronique

Si on vous demandait de parler de vous, de votre vie, que diriez-vous? Comment vous présenteriez-vous? Quels mots utiliseriez-vous? Juvénil s’y plie, l’air de rien. Juste en posant des mots. LES mots qui le caractérisent. Qui décrivent son moi profond ou non.

Assollicitation nous emporte dans les pérégrinations d’un stagiaire-enseignant sans le sou mais bourré de rêves. De projets. Un stagiaire qui porte un regard cru sur tout ce qui interfère sur ses choix. Il est pauvre comme Job, mais débrouillard. En Afrique, même si il y a l’or, le pétrole, etc, et les poches percées, il y a aussi le rêve. Utopiste ou non. C’est le fil d’Ariane qui maintient en vie et qui pousse à se lever chaque matin. Au fil des mots, nous découvrons les difficultés rencontrées par les apprentis fonctionnaires. Retard voire absence de paiement des salaires. Déboires amoureux. Système D plus ou moins légal.

Assollicitation est un roman dont la lecture se fait sans heurts. D’une traite. Une lecture fluide et aisée. Une lecture qui nous pousse à nous questionner. Face à toutes ces difficultés, comment réagissent les parents? Sont-ils au courant de ce qui se passe? Juvénil fait face à l’incapacité des hauts fonctionnaires. Il fait face à leur rapacité. A leur manque de civisme. A leur manque d’intégrité.

Assollicitation est un mot qui dit tout. Nul n’est sollicité. Aucun acte. Aucun droit. Aucune vie. Juste une survie. Quelque chose de palpable. Quelque chose que l’on entrevoit l’espace d’une seconde et qui disparait d’un claquement de doigts. Un mirage. Une illusion. Telle est la vie d’un homme qui a eu un rêve. Rêve qu’il a pensé pouvoir réaliser. Rêve qu’il a du mal à imaginer. Une imagination sobre. Pertinente. Persistante. Une persistance profonde. Même si tout n’est qu’une assollicitation.

Note 17/20

9782754741163 Editions du Panthéon 80 p. 10,90€

Sapin-Lilas – Alvyane Kermoal – 2018

Quatrième de couverture

Ce sont des temps que l’on ne compte pas, mais des années  que l’on n’oublie pas. On va doucement vers le bout de sa vie et les souvenirs affluent comme pour nous dire : »Regarde, tu as eu de beaux moments dans ce qui fut le pire« .

Une mère et ses jumeaux devant les belles vitrines des grands magasins à Paris. La détresse d’une femme qui travaille et ne peut rien offrir à ses enfants….rien….sauf…la dignité. Une pièce jetée au sol et le rêve se brise. Le « bienfaiteur » pourra t-il comprendre ce qu’elle va essayer de lui montrer avec le Sapin-Lilas?

Mon Avis

Une colombe en plein vol prise dans une boule de neige. Telle est la couverture de ce roman. Un symbole? Perte de liberté? Fin du rêve? Début du cauchemar? Comment vivre quand la vie est compliquée? Surtout comment faire pour que les enfants ne la subissent pas trop?

Sapin-lilas. Une belle invention pour les fêtes de Noël. Le symbole d’une vie compliquée mais belle. Celle de Sybille et de ses deux enfants. Le symbole de la simplicité. De l’amour profond. Sans fards.  Sans faux semblants. Symbole de l’amour innocence. De cette pauvreté riche d’autre chose  que de biens pécuniers. Que signifie la pauvreté? Sur quoi se base t-on pour l’attribuer à quelqu’un?

Sapin-lilas nous montre la vie. La vraie. Sans ostentation. La vie dans toute sa beauté et tous ses manques. C’est aussi une belle leçon d’amour. De partage. De don de soi. De don de son temps. Sans rien attendre en retour. Sapin-lilas est une offrande superbe sur l’autel des idées toutes faites. Des idées convenues sur les pauvres. Sur ceux qui ont très peu de pouvoirs financiers. Une famille, sans biens matériels, mais avec tant d’amour. C’est ce que nous découvrons au fil des pages. Au fil des mots. Un espoir en l’humanité. Une famille d’une grande simplicité et qui se nourrit de petits moments de bonheur.

 Un livre qui se dévore rapidement. Un livre qui fait réfléchir aux priorités de la vie. Un roman qui démontre la force de la résilience. Avec pudeur. Avec sensibilité. Avec générosité. L’art de faire de sa vie  des moments uniques malgré le manque financier. Manque qui n’entame pas la joie de vivre. Le plaisir de regarder autour de soi sans juger. Le plaisir de donner juste pour voir une étincelle de bonheur dans un regard inconnu. Des rencontres inoubliables et mémorables qui deviennent de précieux moments de partage. Juste pour voir le bonheur. La joie. Tant d’émotions qui ont tendance à déserter notre société. Au fait, qu’est-ce qu’un sapin-lilas?

Ma note 19/20

9781790980475   Autoédition   80 p.