Une étrange aventure – Giorgio de Piaggi – 2018

Quatrième de couverture

Dans une île de l’archipel des Caraïbes, un homme jongle entres ses fonctions de médecin et de politicien  dans une lutte acharnée pour la restauration d’un bonheur évanoui dans son pays natal. Ravagée par la violence surnaturelle  de la nature et par les décisions des dirigeants incapables, cette terre mérite son salut et notre héros est fermement résolu à faire rayonner de nouveau les espoirs et les joies disparus.

Mon Avis

Un pays dans un état catastrophique. Une soudaine prise de conscience. Un être perdu, écœuré par ce qu’il a vu. La vie mérite t-elle qu’on se batte pour qu’elle reprenne son cours?  Pourquoi ne pas tout lâcher? Est-ce le moment de se poser les bonnes questions relatives au pays? C’est alors que le débat parlementaire débute. Utopique. Vain. Manipulateur. Subi. Un débat placé sous le sceau de la langue de bois. Peut-on prendre en main le destin d’un pays d’une manière aussi quelconque?

Une étrange aventure est racontée à la première personne. Ce qui nous rapproche du personnage principal. De son histoire. De ses émotions. Au fil des chapitres et des pages, nous assistons au basculement de la destinée d’un pays. Un pays au bord de la rupture. Comment Ferdinand vivra t-il le bouleversement que subit sa terre? Nous plongeons avec lui dans les méandres de la politique d’un pays en pleine déliquescence.

Une étrange aventure nous entraîne dans la progression de la lutte et de la résistance d’un homme pour son peuple. Pour son pays. Pour lui. Et ce, bien malgré lui. Une lutte étrange pour garder son intégrité morale. Pour ne pas être souillé par ce milieu. Nous assistons à d’étranges révélations sur la fange secrète politicienne. La lecture est aisée. Les mots défilent et se posent lentement. Doucement. Presque avec crainte. Peu à peu, nous intégrons ce monde secret. Ce monde de coups bas. De terreur. De trahison. Peu à peu, nous intégrons une étrange aventure.

Ma note 16/20

9782754741286    Ed. Du Panthéon     252 p.    19,90€

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Louis-Philippe DALEMBERT 1962 La mémoire Haïtienne

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Louis-Philippe Dalembert est né à Port-au-Prince le 8 décembre 1962. Il perd son père peu après sa naissance et sera élevé par les femmes de sa famille, dans la religion. Il vivra dans un quartier populaire de Port au Prince, dans un pays sous le joug de  Duvalier Père dit Papa Doc.  Il a fait une formation littéraire et des études journalistiques. Il écrit aussi bien en français qu’en créole.

Très tôt, il quitte ce quartier populaire avec sa famille. Ce thème du « vagabondage » reviendra souvent dans ses écrits, ainsi que la religion, la bible en particulier. Il aime présenter son île sous un regard nouveau et fascinant. Il est titulaire de plusieurs prix littéraires.

PRIX

  • 1987 Grand Prix de poésie de la ville d’Angers pour son manuscrit « Et le soleil se souvient »
  • 1999 Prix RFO du livre « L’autre face de la mer »
  • 2008 Prix Casas de las Americas « les…

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Fillette Lalo – Gerry L’Etang et Dominique Batraville – 2018

Quatrième de couverture

Dans une autre circonstance, un autre pays, un président-à-vie entreprit une traversée de l’horreur. Il s’appuya dans cette aventure sur une milice dont les membres reçurent le titre officiel de « volontaires de la sécurité nationale ». La malice populaire préféra les nommer « tontons macoutes » pour les hommes, « fillettes Lalo » pour les femmes, s’inspirant là d’un croquemitaine et d’une ogresse, figures imaginaires du lieu. Une femme se hissa à la tête de ces paramilitaires, devint LA Fillette Lalo. Plus d’un demi-siècle après le début de son oeuvre, sa légende, d’extravagance et d’effroi, est ici restituée

Mon Avis

Un peuple qui se révolte. Comme partout dans le monde. Sur une île Antillaise, les légendent courent les rues. Les chants moqueurs et satyriques aussi. Surtout ceux qui concernent Fillette Lalo qui a disparu de mille et une manières différentes. Qui est-elle? Mythe ou réalité? Que se passe t-il? Qu’est-ce qui a mené à cette révolte populaire? Quel est le lien avec fillette Lalo? Fillette Lalo nous fait découvrir des personnages hauts en couleurs. Des personnages aux noms d’une grande douceur. D’une douceur aussi grande que la férocité de la personne qui le porte. Leur vie. Leur sort nous sont racontés dans le détail. Nous suivons un peuple qui est arrivé au bout de la peur. Au bout de la douleur. Au bout de la terreur. Au bout de la violence. Une violence aveugle. Gratuite. Partiale.

Au fil des pages, nous faisons face à la grandiloquence d’un tyran. D’un autocrate nommé « Président à vie ». D’un « vampire du peuple ». Nous découvrons un pouvoir autoritaire qui se complait dans ses exactions. Comment vivent ces hommes et ces femmes qui détiennent le pouvoir? Ont-ils des limites à leur débauche? Ont-ils des imites à leurs violences? Peu à peu se dessine l’innommable. Les luttes souterraines. Les trahisons. Le ton est caustique. L’humour aussi.

A travers les actes, l’histoire de fillette Lalo est le destin d’une île saturée d’horreur. Qui se dessine. Ainsi que la force et la résilience d’un peuple qui se dresse face à son dictateur et à ses sbires. Un peuple qui tire sa force de cette violence pour se construire, pour avancer dans la vie. Pour regarder, de loin, la chute de ces « grands », voire de l’orchestrer. Mine de rien. Fillette Lalo est un hommage à un peuple jamais nommé, mais connu du monde entier. Ce peuple qui possède dans les gènes, dans son histoire, une part de l’ADN de cette légende: Fillette Lalo.

Ma note 18/20

9782357204171     Hervé Chopin Editions    80 p.     12,50€

Le grogneux – Iris Rivaldi -2017

Quatrième de couverture

Une femme marche dans une rue sombre quand elle heurte un objet  sur le sol. Elle est effrayée et cherche aussitôt de l’aide à la porte la plus poche.

C’est ainsi que débute ce polar avec l’entrée en scène d’un commissaire de police plus qu’atypique qui a été bercé par les grands nom de la maison Poulaga. Javert, L’inspecteur Bourrel, Colombo, sont d’ailleurs ses maîtres à penser . Il ne s’est pas non plus remis de l’émoi sensuel éprouvé à la lecture des aventures de Malko Linge, le héros des SAS qui ont enflammé son adolescence. Au fil du récit, ce flic de choc au flair réputé infaillible révèlera aussi une personnalité sensible, un brin romantique.

Mon Avis

Qui va s’affoler pour un objet solitaire aussi insignifiant. Aussi banal? Un objet qui sera, pourtant, à l’origine d’une enquête? Et pourtant, c’est ainsi que nous faisons connaissance du « Grogneux« . Un homme qui a une main de velours dans un gant de fer. Un homme curieux de tout et tatillon à souhait. Quel est cet objet qui a déclenché une telle frayeur chez cette jeune femme? De quelle folie humaine résulte t-elle? Est-elle à l’origine d’un crime? Seul un flic teigneux, têtu, tenace peut y répondre. Un flic au cœur tendre. Un peu trop peut-être? Un brin naïf?

Dans le Grogneux le premier d’une belle série, nous faisons connaissance du personnage principal. De son environnement. De ses méthodes d’enquête. De ses manies. De son désamour pour la paperasse. De ses projets d’avenir. Les chapitres sont courts et facilitent la lecture qui reste addictive.

Les chapitres sont courts et pleins de vie.  Les mots nous racontent avec légèreté la vie. La décision d’un homme qui aime trouver des solutions aux nombreuses énigmes qui jalonnent la vie autour de lui. Un homme qui aime analyser les actes de ses concitoyens. Un homme qui aime interroger les secrets que recèle l’être humain parfois pas aussi innocent qu’il le parait. Un homme qui adore se plonger dans le côté obscur de la vie. Juste pour trouver une réponse. LA réponse à toutes les fanfaronnades de ceux qui se pensent au-dessus des lois. Cet homme que tous ses collègues respectent au plus haut point. Un grogneux?

Ma note 17/20

9791097513016   NDB Editions   154 p. 15€

Kangni Alem, auteur et dramaturge Togolais – 1966

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

9782916101743.jpgKangni Alem est un auteur que l’on ne présente plus.  C’est un écrivain dont la plume a été primée à de nombreuses reprises. Un auteur dont TiBrava est le monde imaginaire où évoluent ses personnages. TiBrava est pourtant un reflet très réel de la société africaine actuelle. Je remercie Kangni Alem pour sa disponibilité. Merci de nous faire entrer dans votre monde. couv_11059

A.D Bonjour, Je m’appelle Amélie Diack. Je vous remercie d’avoir accepté cet interview. J’en suis honorée. Si je vous disais « qui êtes-vous », que répondrez vous?
Kangni Alem Un écrivain togolais cosmopolite ? Cela me définit mieux, je crois. Ou, à défaut, l’inventeur d’un territoire romanesque nommé TiBrava, un espace mosaïque dans lequel j’enclos mes secrets et mes rêves.
A.D Ce monde empiète-t-il sur vos écrits ?
K.A Peu ou prou, puisqu’il est issu d’une expérience sensible de mes pérégrinations à travers l’Afrique. TiBrava est d’abord

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Les mots pour se taire – Timothée Guérin – 2019

Quatrième de couverture

Cette pièce raconte les histoires d’un couple qui n’en a pas. Elsa et Marc vivent beaucoup. Ils sont insatiables, enthousiastes, corrosifs. Ils s’aiment sans hésiter et se sollicitent sans relâche. Leur imagination est le garde-fou de la routine, leur énergie l’antidote  de l’ennui. Comme ils se comprennent sans parler, leurs mots sont affranchis de deux tâches ingrates: traduire les pensées et relater le réel. Dès lors, ils créent, provoquent, mentent avec joie, s’entendent, se sous-entendent et taisent à voix haute. Le ton est léger, vif, virevoltant. Et cela pourrait bien cacher quelque chose.

Mon Avis

Un couple. Comme partout. Un humour. Pète-sec. Virulent. A froid. Un échange. Un partage. A demi-mot. A pleine complicité. Un échange sur la vie.  Sur tous les jours. Un humour grinçant. Un regard particulier sur la routine de la vie. Les évènements. Les choix de la vie. Une vie qui se joue au poker. A pile ou face. Au gré des mots. Au gré du temps. Au gré des choix. Une vie pas si routinière.

Les mots pour se taire est une pièce de théâtre où les acteurs se délectent des mots. Peu importe les émotions, du moment que ce couple se comprend à travers l’ironie. Franche. Incisive. Sèche. Jusqu’où peuvent-ils aller? Rien ne laisse indifférent. Au contraire. Tout comme Elsa et Marc, nous nous amusons de ces mots, de ces phrases lancées comme des objets. Des offrandes. Des cadeaux. Des liens. Nous nous amusons de ce couple atypique. Complémentaire. Si aimant. Si amants.

Le discours semble décousu. Cependant, il est clair, limpide. Les mots sont truculents « se faire décapiter par les pieds« . Nous nous régalons et en redemandons. De ces phrases. De ces jeux de mots. Nous comprenons ces amoureux des mots. Ces deux êtres amoureux de la vie. De la fin de vie. C’est une belle histoire d’amour qui, à travers les échanges dithyrambiques, cache ses souffrances. Ses limites. Son destin. Les mots pour  se taire. Pour taire l’absence. Pour taire le mal-être. Les mots pour se taire. Pour ne pas hurler. Sa douleur. Son avenir incertain.

Ma note 18/20

9782343164113   Ed. L’Harmattan   81 p.   12€

PARTENARIAT

Les Maisons d’Edition

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Les auteurs

C’est toujours avec un grand plaisir que j’accepte de chroniquer les auteurs. Quels qu’il soient. Autoédités ou non. Mon plaisir est d’autant plus grand qu’ils renouvellent leur demande. En tant qu’auteure, je sais combien il est difficile de laisser son livre à quelqu’un qui doit dire ce qu’il en pense. C’est la raison pour laquelle, du fond du cœur, je vous remercie de votre confiance.

Ce qui est sûr, c’est que je ne lis ni les résumés ou quatrièmes de couverture, ni les fiches, ni les autres chroniques tant que je n’ai pas terminé. Ainsi, je ne suis pas parasitée.

Les meilleures nouvelles 2018 – Collectif – 2018

Quatrième de couverture

Neuf auteurs publiés en revues nous proposent de découvrir leur voix, leur réalité, leur narration, leur imaginaire. Chaque nouvelle convoque le goût pour ces petites destinées chez les nouvellistes et invite les lecteurs à une première rencontre.

« Le bonheur constant est d’être curieux. » Alice Munro

Mon Avis

Des textes. Concentrés. Autour de la vie. Autour du destin. Peut-être du passage de flambeau si propre à l’humain. Le début de la vie. La fin? Aussi. Différents auteurs. Différents styles d’écriture. Mais, une même tendance au plaisir et à l’art de raconter. De dire. De maintenir le suspens. De donner la soif de tourner les pages. Superbes pages.

Les meilleures nouvelles 2018 ne le sont pas juste parce que c’est écrit. Elles le sont car elles sont belles. Elles savent instiller le soupçon d’angoisse, la soif de rêve, l’étincelle de joie, le grincement de dents, au moment adéquat. Juste ce petit moment qu’a le lecteur avant de se délecter de la suite. Qui sont ces personnages? Quelle a été leur vie? Quelles sont leurs attentes? Quelle est leur histoire?

En quelques mots, en quelques lignes, l’histoire défile. Particulière. Belle. Enigmatique. De belles nouvelles. D’une si grande beauté que l’on souhaiterait que cela ne se termine jamais. Que l’on en redemande. Encore et encore. Avec ce sourire qui ne nous quitte pas. Tout est vie. Tout est doute. Tout est douleurs. Dans ces belles nouvelles.

Dans les meilleures nouvelles 2018, les histoires, les auteurs se suivent et ne se ressemblent pas. Chaque récit est une pépite. Belle. Superbe. Brillante de mille feux. Une pépite offerte à la lecture. Une offrande sur l’autel de la connaissance. De la curiosité. De l’humour. Au fait, connaissez-vous l’origine du rock n’ roll? Une origine presque délicate. Vous obtiendrez une réponse dans les meilleures nouvelles 2018. Ce qui est sûr, c’est que vous vous régalerez.

Ma note 18/20

9782956626305    Outlier Editions   120 p.   12€