Paris-Conakry – Valentine Morning & Jean-Pascal Ruiz – 2017

Quatrième de couverture

Une mère sculpteur aimante et loufoque, un meilleur copain aveugle qui devine tout avec son cœur, un vide à la place du père… Telle est la vie d’Hugo, jusqu’à ce qu’une jeune fille aux tresses perlées entre dans sa vie, par un jour de soleil, dans un square de Paris.

Mon avis

Une belle histoire. Une tendre histoire. Celle d’une amitié. Celle d’un amour. Deux jeunes hommes si différents et si proches qui vivent leurs premiers émois amoureux. C’est si beau d’éprouver ses premiers frissons d’amour, ses premiers doutes. Sa première folie d’amour. Si pour l’un l’amour coule en douceur, pour l’autre, l’amour n’est pas un long fleuve tranquille. Comment va t-il la vivre? Que se passera t-il? Eh oui, pour Hugo, la vie va basculer. Et à quel point!

Comme toute histoire d’amour, il y a un moment poignant. Celui où la séparation, la distance s’installe dans un duo amoureux. Quell folie! Quelle faiblesse! Quelle force! Comment agir? Comment survivre à ce moment douloureux? Qu’est prêt à faire Hugo? Que faire quand la douleur, puis le doute s’installent? Ces amoureux contemporains se retrouveront-ils?

Paris-Conakry est écrit avec la légèreté, l’innocence de l’amour. Les mots glissent sur la page. Les chapitres sont courts et nous apprécions cette lecture délicate. Une lecture qui se fait d’un trait et qui n’ôte rien au plaisir éprouvé. C’est un beau roman qui rappellera de tendres souvenirs à de nombreux lecteurs. Un roman d’une forte tendresse.

Ma note 16/20

9782377630134  Yaka Books Editions  193 p. 2€

 

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The avenue in the rain et autres nouvelles – Arnauld Pontier – 2018

Quatrième de couverture

L’image est celle de la femme éternelle. Une image qui se fiche des controverses sur la réalité ou le fantasme de cette « féminité » idéale: de la place de chaque sexe sur le vaisseau de la vie. Cette femme, c’est celle qui naît de la vision de l’homme; il ne cherche pas en elle son semblable, son égale: en elle, il voit l’espérance, l’amour qui l’attend, un jour, quelque part, en dépit du temps  qui passe et les aléas de la vie. Ou bien l’amour qu’il a perdu, manqué. Femme, sœur, marraine, mère… elle est là jusque dans la défaite: jusqu’à la fin.

Fixée en une seule et belle image, cette femme éternelle est l’allégorie de la vie. Force et douceur. Attirance. Respect. Mystère. Elle est notre désir. En quatre textes, sur une photo emblématique, c’est cette figure de proue, cette égérie qui est illustrée, fantasmée, remerciée.

Mon avis

La pluie. Sous toutes les latitudes. Dans toutes les situations. A chaque page, les mots se posent au gré de la vie. Au gré des émotions. La solitude enrobe le tout. Jusqu’au bout. De la vie. De la fin du rêve. De la fin du cauchemar. Au bout de l’amour sous toutes ses formes. Au bout de tout. Chaque nouvelle nous présente une situation spécifique. Cette nouvelle qui semble être le commencement. La fin. Le re-commencement. Des nouvelles où la douleur est extrême. Où le poids de la vie semble insoutenable. Où la solitude est prenante. Forte. Etouffante.

The avenue in the rain est un recueil qui se lit d’une traite. Le lecteur se sent envahi par cette pluie purificatrice. Cette pluie maudite  où même le monde semble être au bout de tout. Au bout de lui-même. Les mots sont poétiques. Doux. Forts. Extrêmes. Limites. Pleins de vie. Pleins de mort. Les mots sont la pluie et la pluie est un mot. Un mal. Un souvenirs. Une gomme qui efface la vie souffreteuse. Qui pousse l’homme à revoir son âme. Son cœur. Pour devenir humble face à la douleur. Face au manque.

The avenue in the rain vous prendra au cœur. A l’âme. Et vous emportera dans la vie trouble. Douloureuse des personnages. Un recueil qui vous emportera dans leurs faiblesses. Leurs rêves avortés. Leur humanité. Vous vous trouverez face à vous-même et à vos troubles. Mais, la pluie est là. Elle nettoie, balaie, emporte les mauvais jours. Les souvenirs en suspens. Les désirs non accomplis. Laissez-vous aller. La pluie vous accompagnera. Un superbe recueil. Très beau. Très fort.  Merci à Evidence Editions

Ma note 19/20

9791031808458  Evidence Edition – Collection Anthologia    58 p. Broché 9€

La noirceur des étoiles – livre 1 – Les yeux noirs – Jessica Naide – 2018

Quatrième de couverture

L’univers est vaste, la Nature n’y a plus sa place, et la Deuxième Ethnie n’y voit que source de profit et de conquêtes. N’étant plus le bienvenu dans la plupart des galaxies, le capitaine Iwata Kazuya arpente l’univers en compagnie de son équipage à bord de son vaisseau le Sekai. Jusqu’au jour où son voyage lui fait croiser la route d’un vaisseau en perdition et qu’il sauve d’une mort certaine un jeune homme à la mémoire évanouie.

Le passé à ses trousses, et confronté à lui-même, Kazuya peut-il faire confiance à cet homme qui ignore d’où il vient et ce dont il est capable? Des souvenirs douloureux aux visions prophétiques, Kazuya tentera à ses côtés de répondre à la question qui le hante depuis toujours: dans un univers où la Nature n’est plus qu’une légende, pourquoi celle-ci continue-t-elle de l’appeler sans relâche?

Mon avis

C’est le titre qui m’a interpelée. Quel rapport entre des yeux et des étoiles noirs? La réponse apparait dès les premières pages. Un vaisseau dans ce monde d’étoiles. Un jeune homme aux yeux noirs seul dans un vaisseau abandonné. C’est juste le début de l’histoire. On entre de plein pied dans une scène ubuesque. Très drôle. Une scène où deux personnes se rencontrent. Se découvrent. Se mesurent du regard. Doutes. Confiance ou pas? Peu à peu Kazuya apprend à connaître son nouvel invité Sotcha. Qui est cet homme? D’où vient-il? Où a t-il appris tout ce qu’il sait?

Au fur et à mesure de la lecture, les personnages se livrent au lecteur. Les batailles se suivent et ne se ressemblent pas. On découvre un monde qui n’a rien à envier aux mille et une nuits. Un monde séparé en Ethnies. Un monde où l’amour est un apprentissage. Une manière de baisser sa garde face à l’autre. Un amour qui accepte d’offrir sa confiance. Son corps. Son cœur. Mais, est-ce raisonnable? Dans ce monde spécifique, cet amour est-il réel? Est-ce l’antichambre de la trahison?

La noirceur des étoiles – livre 1 – les yeux noirs est un roman envoûtant. Qui vous traverse. Qui vous renverse et vous entraine dans le sillage des personnages. Dans le sillage de leur force. De leur faiblesse. Un roman qui fait remonter des émotions très fortes. Vous rencontrez des personnages d’une force, d’une fragilité au-delà des mots. Des personnages pour qui la nature est un rêve. Peut-être une réalité. Une probable possibilité. Des personnages qui cherchent à la trouver.  A communiquer avec elle. A être la nature. Est-ce un rêve qui se réalisera? Kazuya la rencontrera t-elle enfin?

La noirceur des étoiles – livre 1 – les yeux noirs est un roman qui se lit d’une traite. Les pages, les chapitres défilent dans ce monde de chaos où l’homme retrouve son âme. Ses désirs. L’amour. Le tout dans une extrême douceur malgré la violence environnante. Un superbe roman.

Ma note 18/20

9782956385318  381 p. 18€ broché

Voyage entre deux vies – David Perroud – 2018

Quatrième de couverture

Perdu dans ses pensées à ressasser ces questions existentielles, Arold meurt dans un accident. contre toute attente, commence alors pour lui une aventure hors du commun, qui comblera sa curiosité au-delà de ses espérances. Il découvrira le fonctionnement de l’univers et ce qui se cache derrière ce que nos sens perçoivent. Ces fameux 95% que les scientifiques nomment naïvement énergie et matière noire. Noire? C’est bien la seule teinte qu’il n’observera pas dans ces vastes mondes riches, peuplés et colorés.

Grâce à l’aide d’Ariel, une magnifique âme terrienne, et ses amis surlumineux, Arold va se mettre au service de l’humanité avec comme outils une conscience étendue  et un accès au champ quantique, détenteur de l’information absolue. Comment éviter le pire, le triomphe de l’ego, la destruction de la vie? Chercheur inlassable, il visitera les lieux les plus inspirés comme les plus noirs pour lever le voile sur un joyau de nature à révolutionner la qualité de nos existences: un récit qui contient l’espoir et la force de faire dévier notre planète, la Terre, de la trajectoire funeste sur laquelle elle est engagée.

Mon avis

Dans notre monde actuel où la vie après la mort interroge, ce roman est une manière de rêver la réponse. En commençant la lecture de voyage entre deux vies, je m’attendais à un essai sur la vie après la mort (eh oui, je ne lis toujours pas les quatrièmes de couverture pour choisir un livre). Quelle n’a été ma surprise, agréable, cela va sans dire, de découvrir un roman. Et quel roman!

J’ai trouvé le style intéressant. En effet, le sujet traité n’est pas évident. Cependant, la légèreté de la plume rend le récit amusant. On meurt avec curiosité et on déambule dans les méandres de l’après mort avec beaucoup de questions. Est-ce douloureux de mourir? Que se passe t-il après? C’est ce que découvre Arold qui semble apprécier ce mystère.

Dans voyage entre deux vies, nous découvrons l’au-delà. Loin, très loin de l’imagination humaine. Un moment d’introversion, de douceur, de regrets, de découverte, de beauté. D’amour. Tout simplement. De partage. Le reflet de la vie sur terre, en mieux? Nous accompagnons Arold dans sa nouvelle vie-mort. Ses nouvelles fonctions. Sa nouvelle identité-entité. Comment cela va t-il se passer? Nous allons de découverte en découverte sur certaines pratiques religieuses. Arold va t-il s’adapter et aimer ses nouvelles missions? Comment s’en sortira t-il?

Dans voyage entre deux vies, la vie après la mort semble apprendre à l’Homme à devenir plus humain. Plus tolérant. Un monde meilleur que la Terre. Un monde où Arold apprend à devenir moins égoïste et plus à l’écoute des autres. Quel sera son avenir dans cette nouvelle vie? Voici un roman touchant. Intriguant. Beau. D’une beauté merveilleuse. Humain. Les mots, les chapitres défilent  et nous emmènent dans un rêve éveillé. Un merveilleux monde de pardon et d’amour. Un superbe roman.

Ma note 18/20

9791023608922   Ed. Publishroom  289 p. 18,90€

Astella – Ceginus – Thierry Vaillant – 2018

Quatrième de couverture

Au cœur d’une cité urbaine futuriste surpeuplée, une adolescente de 16 ans, Astella, partage un petit appartement avec son père et sa sœur, au 14ème étage d’un immeuble. L’histoire aurait pu continuer son cours et devenir une romance. Trop simple…

A la périphérie de l’immense ville asiatique d’Okona, la vie est partagée entre deux puissances politiques et une culture qui prône le sacrifice individuel pour l’intérêt de la Nation. Dans ce monde en pleine évolution, notre héroïne va connaître l’horreur, les bombes, les morts. Cette curieuse épopée l’entraînera avec ses compagnons dans des combats épiques, où de téméraires soldats se battront à l’aide d’une technologie futuriste et d’une conscience modifiée. Au cours de son long périple, Astella devra apprendre à se reconstruire pour rencontrer l’amour.

Mon avis

Bizarrement,  je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle  entre l’histoire de ce roman  avec ses situations de guerre, de destruction avec certains pays du Proche et du Moyen-Orient. Ai-je tort? Ai-je raison? Je ne sais pas. C’est juste une idée.

Le monde a changé. Il est divisé en deux puissances économiques. L’une en Occident et l’autre en Asie. Astella vit dans la partie asiatique. C’est ainsi que nous découvrons le nouveau partage géopolitique  du Monde d’Astella. La vie se déroule de manière routinière. Puis, un jour, le monde bascule autour d’elle. Sa vie ne sera plus jamais la même. La jeune étudiante laisse place à une jeune guerrière. Pleine de rancœur. De haine. Qu’auriez-vous fait à sa place? C’est ainsi que nous suivons cette jeune femme dans ses aventures. Ses pérégrinations. Sa révolte est-elle saine? Va t-elle durer?

Astella – Ceginus nous emporte dans un monde où la bataille pour l’espoir est vitale. Inévitable. Un monde où l’enfance, le rêve n’ont plus leur place.  Un monde où la rage de vivre, de vaincre, est le moteur de la vie. Cette bataille s’arrêtera -t-elle un jour?  Les deux mondes poseront – ils leurs armes? Et l’amour dans toute cette haine? Dans ce monde en déliquescence?  Un monde où la technologie avancée a eu raison de l’âme humaine? L’amour y a t-il sa place pour notre jeune héroïne?

Astella – Ceginus est un roman qui nous emporte facilement dans son monde. Avec bonheur. Avec plaisir. Un voyage qui fait passer le temps à la vitesse éclair. Chaque chapitre est précédé d’un petit laïus très instructif parfois plein d’humour dans ce récit de chaos. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781980734543   733 p.

 

Du couscous dans le pudding – Yamina Mazzouz – 2016

Quatrième de couverture

Norah, jeune fille maghrébine au  caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une  place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé  et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse

Au-delà du roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose: la noblesse britannique  et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Mon avis

Changer de vie est une aventure. Dans le pays de Shakespeare, c’est encore mieux qu’une aventure. C’est un voyage épique. C’est ce que découvre Norah, heureuse de mettre du peps dans sa vie. Tout se passe bien jusqu’à ce que … beaucoup de choses. Amour, santé…meurtres!!! Oups, je m’égare. Pas tant que çà. Amour, oui. Meurtres, oh que oui. Santé, on verra.

Quoi de mieux pour passer le mal du pays que de résoudre des meurtres? Avec un zeste d’intuition et beaucoup de réflexion, d’imagination, Norah nous emmène dans son monde avec sa superbe fraicheur. Et si cela lui permettait d’oublier sa banlieue parisienne? Quel sera son avenir en terre britannique? S’adaptera t-elle à sa nouvelle vie?

Du couscous dans le pudding est très bien écrit.  Le suspens est diffusé en douceur tout au long de la lecture. Il s’agrandit au fil des pages. Des chapitres. On vit au rythme de la campagne anglaise. Pour son premier roman, Yamina Mazzouz, nous fait vivre une enquête à la Agatha Christie à qui elle n’a rien à envier. En effet, Du couscous dans le pudding est digne  des grandes dames du polar britannique.  C’est un roman qui se laisse dévorer. Un superbe roman. Un roman plein d’humour très fin. Yamina Mazzouz est une écrivaine, une plume à suivre car elle a beaucoup d’avenir dans le monde littéraire. Retenez bien son nom.

Ma note 18/20

9791031002255  Ed. Les Presses Littéraires   263p.   12€

L’évangile selon Jacques Lucas – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

« Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur: un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d’être peintes et Mélodie…. Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie….

Ouais, c’est sûrement ça le bonheur.

Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais, c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres… Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface. Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley… »

Mon avis

Tout commence par une timide histoire d’amour. Un peu tendre. Un brin d’humour. Puis, le cauchemar, L’horreur. L’incompréhension. Encore un acte ignoble. Au-delà du supportable. Une douleur abyssale. L’histoire du cadavre dans le placard. Une réalité. Qui est le meurtrier? Et si c’était cet homme au passé énigmatique? Au passé secret? Quelqu’un d’autre?

David Huxley se noie dans un cauchemar éveillé. Que se passe t-il? Qui est-il? Qu’a t-il pu faire? Pire, est-ce lui l’assassin de ces maghrébins dont les cadavres essaiment dans toute la ville? Est-ce possible?

Si l’évangile selon Jean Lucas commence doucement, le rythme s’accélère. Des doutes s’installent, encouragés par ceux de David Huxley. Et si un retour dans le passé expliquait tout? Est-ce si simple? On se surprend à trouver tout le monde coupable. Eh oui, la suspicion s’installe! Durant toute la lecture. L’intrigue est prenante. Les découvertes, les surprises s’enchainent. A un moment, je me suis doutée de l’identité de l’assassin. Mais, le suspens est si bien distillé que le doute reste présent jusqu’à la fin.

L’évangile selon Jean Lucas est un roman qui tient en haleine. Les mots sont justes. Le roman est facile à lire. Chaque chapitre nous fait douter encre plus et fait monter le suspens. C’est un roman qui se lit d’une traite. Qui fait passer de bons moments de lecture.

Ma note 16/20

9782952857352  Ed. Sindbadboy 289 p. Broché 17€ Kindle  2,99€

 

De profundis – Eric Maliska – 2018

Quatrième de couverture

Je suis impatient. Voilà plusieurs semaines que j’attends le dérivateur des champs. Une pièce maîtresse dans mon oeuvre. Je n’en suis pas encore à me ronger les ongles, ni à faire tout à fait les cent pas, mais mon acrimonie s’est accentuée de façon perceptible au fur et à mesure de l’attente. Ce n’est pas la première fois cependant que l’on me verra faire preuve d’une telle acerbité.  Sans aller jusqu’à dire que j’en suis coutumier, ceux que je dois conventionnellement nommer mes chers collègues ne s’étonnent guère d’une telle humeur…. On ne me situe pas volontiers dans cette partie de la société, composée de gens aimables dont on attend, le matin en arrivant, un mot aimable, un sourire affable ou  une plaisanterie. J’ai cependant renoncé depuis longtemps à toute amélioration de mes rapports sociaux. Je suis « ailleurs », concentré sur mon projet. Il est inutile de m’encombrer de rapports humains qui ne m’ont jamais vraiment réussi, même s’ils m’ont sûrement manqué.

Mon avis

Au début, j’ai pensé que c’était un livre de scientifique pour des scientifiques. Je me suis trompée. Le ton est donné dès le début. Une vague impression de lire le journal de grincheux ou du Schtroumpf grognon. C’est édifiant. Un grand râleur qui rejette une société dans laquelle, malgré lui, il essaie de se faire une petite place. De montrer qu’il existe. Ne dit-on pas que râler est un signe d’existence? Nait – on râleur ou le devient – on?

Puis, on découvre un être pétri de rêves. De désirs. D’amour de l’autre. Que lui est-il alors arrivé? Quelle est la place de l’autre dans ce trait de caractère?  Que dire de la timidité dans tout çà? Quel est le rôle de la vie, du quotient intellectuel dans la définition d’un caractère? Ainsi découvre -t-on un homme un brin obsédé.

J’avoue avoir souri à certains passages tant l’humour est fin. D’une profondeur exquise. Cependant, je n’ai pas aimé le fait que les chapitre soient trop condensés. Qu’il n’y ait pas d’espace entre les lignes. Ce qui n’enlève rien à une histoire touchante. Pleine d’humour. Profondément humaine. De Profundis nous fait plonger au plus profond d’un homme. De sa vie. De ses désirs.

Voici un livre vraiment touchant. Il est écrit à la première personne. Ce qui crée rapidement un lien avec le personnage. Un Homme pétri de maladresse. D’humanité sincère et profonde. Il aime l’Humain. Mais, l’Humain ne l’aime pas tant que ça. Un personnage très attachant. Un livre à lire. Vraiment.

 

Ma note 16/20

ISBN 9781515131748  300 p.

Fantôme d’amour – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

« Excusez-moi Marie, mais… il y a un truc qui me chiffonne… Est-ce qu’il y a votre corps en morceaux dans la valise? » Marie retrouve son immense sourire. Elle ne s’était pas amusée comme cela depuis une éternité.

« A votre avis? »

« A vous voir comme ça, j’ai déjà du mal à vous imaginer morte. Alors, rangée en tranches… c’est plus fort que moi, j’y arrive pas

-Rassurez-vous alors. Je ne suis pas en petits morceaux et encore moins dans la valise. Si un jour vous deviez faire le curieux, vous ne trouveriez pas un puzzle sanguinolent à l’intérieur

-Merci, vous m’enlevez un poids

-oh ne me remerciez pas! je n’y suis pour rien. je n’ai pas choisi. Je ne sais même pas où se trouve mon corps

-c’est possible ça?

-J’en suis la preuve vivante. Enfin… Vivante… »

 

Mon avis

Le titre « Fantôme d’amour » a éveillé mon intérêt. Je ne suis pas déçue. Dès le début, on se trouve pris dans une scène intrigante. Bizarre. Qui interpelle. Que se passe t-il? Le trouble vous prend à la gorge sans que vous sachiez pourquoi. Quel est ce rituel? Etrange!!! A quoi sert – il ? C’est presque un huis – clos. Léger et plein d’humour. Deux êtres aux antipodes l’un de l’autre qui apprennent à se connaître, malgré le fait qu’ils vivent dans deux mondes différents.

Fantôme d’amour est une histoire toute en douceur qui nous laisse accompagner les personnages dans leur quête. Quête de connaissance, de découverte de l’autre. Pas à pas, nous suivons l’histoire de cette découverte commune. Nous assistons à un jeu du chat et de la souris très subtil. D’une extrême douceur. Une recherche afin d’en apprendre plus sur l’autre. Sa vie. Sa situation actuelle.  L’enquête est fine et se déroule avec une touche de tendresse. Deux personnages aussi étranges l’un que l’autre.

Youn est un homme attachant qui semble délirant, mais, si profondément humain. Les personnes qui gravitent autour de lui sont particuliers. Il ont une sorte de tendresse qui les rend uniques. Même la course à la recherche d’un amour évanescent se fait entre délires, rires, ironie. Le tout, en toute tranquillité. Une course poursuite spéciale après un amour spécial. Un amour presque perdu. Existe t-il vraiment? Est-ce un rêve éveillé?

Le style est très léger et plein d’humour. Et cette impression d’être devant un écran et d’assister à la renaissance de deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer. C’est si agréable! L’écriture est délicate. Les mots sont aussi légers que l’histoire qu’ils racontent.

Les chapitres sont courts et la lecture agréable et facile. Dès le début, on se sent connecté à Youn cet homme troublant et à son obsession. A son délire qui n’en est peut-être pas un.  Sa douce folie. Fantôme d’amour est superbement écrit. Avec cœur. Avec un brin d’humour. Il fait passer le temps sans que l’on s’en rende compte. Un très bon compagnon de vacances. De voyage. Un très beau moment de lecture.

Ma note 18/20

ISBN 9782952857376  Ed. Sindbadboy  Broché 17€  Kindle 2,99€

Parfum de femmes océanes – Chris Ravéri – 2018

Quatrième de couverture

Gwendoline, jeune armatrice et patron de pêche dans le port Breton de Guilvinec, est amoureuse de l’océan depuis sa plus tendre enfance. Elle commande un chalutier avec un équipage exclusivement féminin. Sa beauté naturelle séduit aussi bien les hommes que les femmes. Eprise de liberté, elle concoure à la reconnaissance réelle de l’égalité professionnelle entre les sexes.

Elle aime la vie et affronte ses aleas, comme l’océan, passionnément et courageusement. Une rencontre l’amène à découvrir l’amour homosexuel. Son mentor disparu, son rand-père, Merlin, continue à la soutenir de l’au-delà. Mais, les difficultés de son métier et sa liaison l’entrainent sur des voies inhabituelles et insoupçonnées. Sera-t-elle capable de s’en sortir indemne?

 

Mon avis

J’avoue que j’y suis allée sur la pointe des pieds car la romance n’est pas du tout ma tasse de thé. Je ne suis pas du tout amatrice d’histoire d’amour. Mais, je souhaitais sortir de maParfums-de-femmes-oceanes zone de confort. Ce qui permet de faire des découvertes. Ce roman raconte une aventure de femmes.

Une histoires de femmes fortes. Libres. Elles viennent d’horizons différents et partent à l’aventure. Une histoire d’amour du vingt et unième siècle. Amour de femmes d’une grande force. En apparence. Mais, si fragiles. A travers cette histoire, on découvre la vie de marins-pêcheurs. Une vie très prenante. Qui se lie aux éléments. Très dure. Mais ô combien exaltante. Ce monde d’hommes. Cette sphère où gravitent très peu de femmes.

Les mots sont simples. Les chapitres ne sont pas trop longs. Gwen vit sa vie de femme à toute vitesse et découvre l’homosexualité. L’amour à trois. Tout simplement. L’amourParfums-de-femmes-oceanes peut paraître parfois exigeant. Il oblige souvent à des choix plus ou moins difficiles. Quelle que soit la force d’un être humain, il succombe presque toujours aux exigences imposées par le cœur.  Ce qui est le cas de Gwen , de ses amies.

Ce livre plaira beaucoup aux amateurs d’histoires d’amour. Il s’adresse à un public averti. Un roman facile à lire malgré quelques longueurs dans les descriptions. Une histoire d’amour qui vous fera traverser l’Europe. A lire pour rêver.

Ma note 14/20

ISBN 9782355196638  Ed. France Libris  251 p.  Broché 14,90€