Oublie le sourire d’Angkor – Pierre Mazet – 2019

Quatrième de couverture

En 1923, Michel de la Tournière, jeune métis franco-khmer, s’embarque pour le Cambodge pour y occuper un poste paisible de fonctionnaire colonial. Las, il y arrive au moment où André Malraux est surpris en flagrant délit de pillage d’antiquités. La mystérieuse disparition du couple qui accompagnait les Malraux le replonge dans son histoire personnelle. En effet, quinze ans auparavant, sa sœur aînée a trouvé la mort à Angkor dans des circonstances mystérieuses. Installé au cœur de la cité d’Angkor, où la forêt enterre les temples et où mythes et légendes s’entremêlent, il va inlassablement poursuivre sa quête de vérité, ce qui ne l’empêche pas de participer activement à la renaissance de cette cité, symbole de la gloire de ses ancêtres. Avec l’aide du Commissaire Crettier et du grand architecte Henri Marchal, il va tenter d’élucider les disparitions mystérieuses survenues depuis l’arrivée des Européens et lever le mystère qui l’obsède. Il y parviendra, alors que le Cambodge est de plus en plus plongé dans une guerre dont il aurait dû être un simple spectateur, mais qui le conduira au plus noir de son histoire: la dictature des Khmers Rouges.

Chronique

Quand on vit un évènement, on ne connait pas toujours sa portée historique. Parfois, l’envie de prendre la plume est présente. Elle se réalise si l’encouragement est là. Alors, il faut raconter. C’est ce que fait Michel. Il témoigne. Il parle de la mystérieuse Angkor. Que s’y passe t-il? Pourquoi tant de morts énigmatiques? Quel rapport avec la mort de sa sœur?

Avec des chapitres courts et une lecture fluide, nous découvrons le pays des Khmers. Un pays encore sous influence coloniale où bien des mystères planent. Nous découvrons des personnalités françaises sous un jour pas vraiment flatteur. Nous évoluons dans la sphère des pilleurs de sites. Un monde qui n’est pas ce qu’il parait. Un monde où les disparitions  sont inexplicables.

Oublie le sourire d’Angkor est l’histoire d’un grand mystère. Celui d’une découverte. Celui d’un temple maudit. Celui d’un peuple attaché à son histoire. C’est aussi une recherche languissante pour savoir. Pour décoder un site historique. Pour connaître ceux qui ont gravité autour de ce site. Doit-on dire « Voir Angkor et mourir« ? Est-il possible de savoir enfin ce qui s’y passe? Michel nous fait partager un pan de l’histoire, des traditions cambodgiennes. Une histoire khmère que ne nous raconteront jamais les livres d’histoire. Une histoire dans l’histoire. Un huis clos dans le milieu colonial où la langue de bois est de rigueur. Un conseil qui devrait être donné à quiconque souhaite se lancer sur les traces d’aventuriers plus ou moins honnêtes : Oublie le sourire d’Angkor.

Note 17/20

9782343166261   Editions L’Harmattan   187 p.    18,50€

 

 

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Midi moins n’oeuf – Nathalie Antien – 2019

Quatrième de couverture

Entre mystère et fiction, évoluant dans les méandres de l’utopie, de l’imaginaire et du suspens, ce recueil de nouvelles nous plonge avec délice dans un univers étonnant au sein duquel des personnages inattendus vous envoûtent et dévoilent leurs secrets, vous conduisant vers une fin improbable.

Chronique

Les nouvelles sont une forme de littérature que j’apprécie beaucoup. De nombreux et différents bouts de vie. Une particularité pour chaque histoire. Un suspens qui s’installe du début à la fin. Une véritable acrobatie de l’écriture. Un kaléidoscope de genres littéraires. Un patchwork d’époques.

Avec Midi moins n’oeuf, c’est à pieds joints que nous entrons dans ces mondes rêveurs ou cauchemardesques. Un monde où l’imagination est stimulée. Un monde où la fin de l’histoire nous surprend. Des récits glaçants voire d’une magnifique horreur. Si fortes et si différentes. Pleines de mystères telles celle de cet animal qui s’attache aux humains. Des récits qui font entrer dans une dimension particulière. Entrer dans une vie quotidienne voire banale, au début, dont la fin nous laisse dans l’expectative.

Les pages défilent. Le suspens s’intensifie. Chaque chapitre nous raconte la vie de gens qui semblent découvrir la leur. La lecture se fait addictive et nous laisse accrochés à la dernière ligne, des idées plein la tête. Midi moins n’oeuf est un recueil de nouvelles qui mêle fantastique, romantisme et thriller. Des écrits qui nous font découvrir une autre face de l’humain. Des mystères que ce dernier parvient plus ou moins à éclaircir. Les mots nous transportent  et nous font rêver ces vies qui se déroulent au fil des pages. Ils nous introduisent dans des aventures où nous accompagnons les personnages dans leurs découvertes. Leurs questionnements. La fin de leur histoire. Pour notre plus grand plaisir.

Note 17/20

9791097513122   NDB Editions    231 p.   18,90€

Le cri de l’arbre – Philippe Vergeraud – 2009

Quatrième de couverture

« Renaud s’éveille, glacé, aux premières lueurs de l’aube, avec à nouveau la sensation d’une menace globale et indéterminée. Il s’approche l’arbre en rampant, progresse ainsi de plusieurs mètres, son corps frissonnant tapi dans les fougères et parcouru d’ondulations sauriennes. Puis il se redresse, se met debout à côté d’un tronc énorme et pétrifié par les siècles. C’est alors que quelque chose se passe ».

Chronique

Peut-on se fuir soi-même? Peut-on vivre en dehors de la réalité pour être soi-même? Comment faire quand des personnes autour de la bulle que l’on s’est fabriquée? Dans la vie, il est des moments où l’homme se sent perdu dans l’immensité qui l’entoure. Il est un moment où il s’accroche désespérément à quelque chose, à lui-même, pour ne pas sombrer. Sombrer c’est se perdre. C’est peut-être aussi la folie douce. Deux hommes vivent dans la société avec un vernis de politesse. Pour faire ce qu’il faut. Comme il se doit. Plutôt un homme vit deux vies. Deux identités. Une profonde dichotomie. Une sorte de Docteur Jekill et Mister Hyde.

Le cri de l’arbre est un tableau. Une toile vierge où les mots se dessinent, s’effacent et se réinventent. Une toile créée pour la poésie des mots. Pour la poésie des hommes. Les chapitres sont courts et semblent décousus. Cependant, ils se complètent et se lisent comme des puzzles de vie, d’actions, de personnages. C’est aussi l’histoire d’un homme qui se perd en lui-même et ne peut se retrouver. Renaud est un homme en morceaux qui, peu à peu, perd le sens des réalités pour mieux tenter d’être lui-même. Peut-être d’être Ren tout simplement. Quel homme sera t-il? Endossera -t-il son côté obscur?

L’écriture est belle et sobre. Les tableaux défilent avec douceur. Avec force. Avec horreur. Chaque geste est disséqué dans un monde ralenti qui, de temps en temps, se précipite pour le pire. Rien que le pire. Ce thriller glaçant  nous présente cette âme disséquée en perdition. En errance. Seul un arbre centenaire arrive à calmer ses angoisses. Pour combien de temps? Un homme face à sa conscience? Peut-être. Un homme qui lave sa conscience au contact de cet arbre centenaire. Un homme dont la schizophrénie, la douleur d’être s’expriment dans le cri de l’arbre.

Note 18/20

9782953334326   Editions Fondencre   155 p.   17€

La fille de juin – Laurent Maillard – 2018

Quatrième de couverture

Quelque part dans les Cevennes, un couple de retraités sauvagement assassinés sans mobile apparent… A quelque temps de là toujours traquée par les autorités, l’ex-tueuse Aurélie Van-Root se retrouve en cavale non loin des lieux du drame et se voit bientôt contrainte de fuir aux côtés de Julie Massol, une jeune artiste impliquée dans une sordide affaire de stupéfiants. Alors que dans un premier temps, Julie propose à Aurélie de la guider à travers la région en échange de sa protection, leur association vire rapidement au cauchemar. Malgré les avertissements du « huguenot », pour échapper aux trafiquants et aux forces de l’ordre les deux femmes se réfugient au Havre, un domaine hébergeant les membres d’une secte. Accueillies par un groupe de druides régnant sans partage sur ce microcosme médiéval totalement reclus du reste du monde, les fugitives découvrent que sous le vernis d’un communautarisme idyllique, leurs hôtes vivent dans la terreur permanente du « croquelat », un mystérieux tueur qui terroriserait la contrée. Face au comportement de Julie qui semble de moins en moins étrangère à ses déboires, le doute s’installe bientôt chez Aurélie. Et lorsque cette dernière découvre que dans une cave, les fidèles vénèrent également pour ses prétendues vertus, « une chose tombée du ciel », il y a vraiment de quoi devenir dingue…

Chronique

Un crime odieux. Une course poursuite avec les gendarmes. Qui est cette femme qui tente de leur échapper? Quel est son crime? Qui est cette jeune femme qui décide d’aller en cavale avec elle? Etre en cavale n’est pas chose facile. Encore moins lorsqu’une inconnue est de la partie. Comment la confiance peut-elle s’instaurer? Qui sont ces deux femmes qui sèment la mort sur leur passage?
Dès le début, le ton est donné. Nous entrons de plein pied dans un monde où les armes prennent un grand plaisir à parler le langage de la mort. Nous accompagnons Aurélie et Julie dans leur fuite en avant à travers les Cevennes. Elles fuient la police. Chacune a ses raisons. Elles fuient leur douleur. Elles fuient leur passé en miettes. Elles fuient leur vie en décadence. Est-ce si simple? Comment se terminera cette cavale?
La fille de juin est un policier agréable à lire. Le suspens est toujours présent et l’adrénaline nous accompagne à chaque page. Chacune des pages tournées nous réserve une énigme de plus. Courses poursuites. Coups de feu. Cadavres. Quatrième dimension. Tout est là pour instaurer le suspens jusqu’à la dernière ligne. Une dimension où nous plongera avec bonheur la fille de juin.

Note 17/20

9782379120015   Editions Et le bruit de ses talons   165 p.   15€

 

Whistlers – Michael Fenris – 2018

Quatrième de couverture

Dans la jungle péruvienne, une équipe de scientifiques découvre une espèce animale inconnue, particulièrement agressive. Elle parvient à la ramener pour l’étudier dans un laboratoire secret  du centre de New York. Profitant d’une erreur de surveillance, les créatures s’échappent à leurs gardiens et s’évaporent dans la ville. Peu de temps après, les lieutenants Phil Parker et Horace Walett, du NYPD, sont appelés sur des crimes étranges: toutes les victimes ont les yeux arrachés et leur cerveau a disparu.

Mon avis

Une mission dans une jungle torride. Une découverte macabre. C’est le début d’une aventure pour des chercheurs ravis d’avoir trouvé le graal. Pourquoi ne pas regarder cette espèce de plus près? Pourquoi ne pas les étudier? Cette curiosité est-elle malsaine ou dangereuse? Puis, tout va très vite jusqu’à la dernière page. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Même mode opératoire. Pourquoi? Que se passe t-il? Qui est cet assassin particulier? Est-il humain?

Whistlers nous embarque dans une histoire énigmatique. Un thriller. Un suspens de plus en plus intense. Comment se sont échappés ces êtres? Qui est responsable de ce qui se passe? Les chercheurs? C’est une plongée dans les choix extrêmes des hommes. Dans leur folie profonde. Dans leur folie au nom de la science. Une science qui s’octroie tous les droits au nom de la découverte. Découverte qui peut être fatale à l’humanité. Une humanité inconsciente du danger qui la guette. La lecture est agréable et addictive. Les pages se tournent  avec horreur et plaisir, sans compter la curiosité. Nous accompagnons les inspecteurs dans leur enquête avec angoisse.

Whistlers est un roman qui prend au cœur, avec un mystère complet. Qui sont ces créatures? D’où viennent-elles? Comment évolueront-elles? Le mystère demeure  et la fin est savoureusement surprenante. Intrigante. Après avoir fermé le livre, les premiers mots qui viennent à l’esprit sont « Bon sang« . Notre conscience reste imprégnée de cette histoire. Si forte. Si flippante. Si sifflante…

Ma note 18/20

9791034809936  Edition Evidence   Collection Imaginaire   433 p.  18,99€

Sanglante descendance – Camille Cambier – 2017

Quatrième de couverture

Jack Astrier mène une vie tout à fait normale, étudiant en médecine, il va fêter ses vingt ans. Mais son père en décide autrement. Il est temps pour lui de connaître le plus lourd secret que partage sa famille: Jack est le descendant d’un célèbre tueur en série… et pour honorer ses ancêtres, il va devoir perpétuer son héritage. Tous les hommes de la famille Astrier renferment en eux un gêne d’assassin maintenu par une colère hypertrophiée. Au fil des siècles, ils ont appris à se protéger afin de ne jamais se faire prendre. Mais Jack, pourtant insoupçonnable, est encore le plus dangereux.

Mon avis

sanglznteUne belle fête d’anniversaire. Un secret. Un lourd secret. A peine croyable. Si peu crédible. Pourtant si réel. Si vrai. Presque assumé. Qui l’eut crû? Est-ce vraiment une découverte? peut-on parler de découverte? C’est ainsi qu’après une lecture tranquille, nous nous trouvons embarqués dans l’insoupçonnable. L’incroyable. Aussi sonné que Jack ait pu l’être sans toutefois, le même sentiment  de déjà vu. Et c’est le début de l’aventure.

Dans sanglante descendance, Camille Cambier a l’art de raconter. Et ce, malgré son jeune âge. Du suspens. Des questions. Des découvertes durant toute la lecture. Un sentiment nous enveloppe brusquement et nous pétrifie dans sanglznteune merveilleuse horreur: le dégoût. Pourtant, cela rend la lecture encore plus jouissive. Est-ce notre instinct primaire qui se révèle? j’avoue avoir sauté deux ou trois lignes juste pour souffler. Cependant, la lecture est toujours restée addictive.

Sanglante descendance se lit d’une traite. Les chapitres sont courts, les flash-back bien situés et nous permettent de bien nous imprégner de l’histoire. C’est un roman merveilleusement horrible. Horriblement beau. D’une beauté terrifiante. Une terreur addictive. Une addiction plaisante. C’est un roman qui réveille un vieil instinct au fond de nous. C’est un roman qui se déguste avec un plaisir glaçant. Les Editions du Panthéon  et Camille Cambier vont faire trembler Stephen King. Et oui, la relève est là.

Ma note 19/20

ISBN 9782754 736 305  Editions du Panthéon  189 P.  17,90€