Avant que les ombres s’enfuient – Frédéric Surgan – 2017

Quatrième de couverture

Stan médecin quadragénaire, aurait bien du mal à dire quand il a commencé à s’éloigner de sa vie et même à succomber, lui, un ORL, sous le déluge de bruits qui lui labourent le crâne. Cela remonte peut-être à loin. Au fond. Depuis, en tout cas, il flotte sans repère, son humour grinçant et féroce le sauvant du naufrage sans pour autant le rapprocher des autres. Il a encore quelques ancrages pourtant. A vingt ans, il a connu un grand amour, Anne, qu’il a perdu ensuite, sans vraie raison. Et il a une famille singulière. Quand il était enfant, son oncle Yvon  qu’il aimait tant, s’est noyé en mer. Et au décès de son grand-père, patriarche redouté, d’autres secrets ont commencé à se dénouer. Mais le mystère perdure. Stan en est sûr: c’est quelque part par là que la vie s’est enfuie. Il doit comprendre l’histoire des siens, découvrir ce qui leur est vraiment arrivé. Il se lance sur leurs traces, il replonge dans le temps à leur recherche. Et puis il veut retrouver Anne. Peut-être qu’en réparant le passé, il pourra réparer le présent…

Chronique

Toutes les familles ont leurs secrets. leur bizarrerie. Elles ont ce genre de « truc » qui fait tiquer sans que l’on sache pourquoi. Quand Stan  nous présente la sienne, nous sommes pris entre la compassion et le fou rire. Il faut avouer qu’elle est particulière. C’est une famille qui semble figée dans son histoire, indifférente au temps qui passe. Aussi, quand Stan ne se sent pas à l’aise dans sa vie, nous le comprenons sans peine.

Avec un langage coloré, Stan nous présente sa vie vaseuse, hypothétique. Une vie où le rêve vire rapidement au cauchemar. Une vie où tout est incertain, même les êtres. Une vie où ses angoisses deviennent réelles et l’accompagnent à chaque pas. Peu à peu, il perd pied. Lentement. Inéluctablement. Des sursauts, l’instinct de survie se manifestent de temps en temps. Discrètement. Doucement. Sans pour autant s’imposer. Stan a t-il vraiment envie de s’en sortir? Si oui, comment y arrivera t-il? Ira t-il au bout de ses recherches?

Avant que les ombres s’enfuient nous invitent à accompagner un homme désespérément à la recherche de lui-même. A la recherche du désir de vivre. A la recherche d’une bouée à laquelle il pourra s’accrocher avec désespoir. Avec force. Un homme qui se sent aller à la dérive et qui souhaite s’ancrer quelque part dans sa vie. Dans la vie. Avant que les ombres s’enfuient.

Note 17/20

9782940583782   Editions des 5 sens   253 p.   18€

Publicités

Les victimes du vent d’est – Manuel Lopes – 1996

Quatrième de couverture

Au Cap-Vert, les premières pluies annoncent l’espoir de nouvelles récoltes de maïs sauf si le redoutable vent venu des côtes africaines se met à souffler en brûlant tout sur son passage comme une tornade de feu. Sur l’île de San Antaõ, il y a ceux qui plantent dès les premières gouttes, ceux qui attendent des signes plus certains de pluies bénéfiques et même ceux qui en sont réduits à consommer les semences. Mais, tous risquent d’être les nouvelles victimes du vent d’est qui mène un combat inégal et meurtrier.

Mon avis

Des paysans, braves, vaillants, face au destin. Face aux aléas de la vie. Du temps. Ainsi va la vie sur une île du Cap-Vert. Le destin de différentes familles, plus ou moins bien loties face au redoutable vent d’est qui ne consume pas que les plantes, mais aussi les humains, leur vie, leur destin. Manuel Lopes nous campe une belle galerie de portraits. De destins. D’hommes et de femmes. En attente de la fin de ce malheur qui les frappe. Qu’auriez-vous fait à leur place? Quel aurait été votre comportement face à l’innommable? Face à ce malheur qui les frappe, l’humain se révèle. Pas forcément sous ses meilleurs jours.

Les victimes du vent d’est est un roman très fort. Très dur. Très humain. Si humain!! Des hommes et des femmes qui ont l’habitude du malheur. Des hommes et des femmes qui sont arrivés au bout de l’espérance. Qui ne trouvent plus beaucoup de solutions de survie. Dès lors, les caractères se révèlent. Certains subissent. D’autres deviennent tyranniques. Quelques-uns restent sereins.

Dans les victimes du vent d’est, la destinée de ces hommes et de ces femmes représente le destin du Cap-Vert et de ses habitants. Un pays qui reste debout face à la pauvreté et qui continue à aller de l’avant. En effet, sur cette île de Sao Antaõ, même arrivés au bout du désespoir suprême, les iliens continuent à espérer. Un meilleur destin. De nouvelles pluies. Une nouvelle vie. Malgré l’absence des autres: les victimes du vent d’est…