L’évasion – Benoit Toccacieli – 2018

Quatrième de couverture

Dès qu’Alice ouvre un livre, les personnages qu’il contient prennent vie dans la réalité. Pour son dixième anniversaire, ses parents lui offrent son premier roman policier. Au même moment, un mystérieux tueur en série commence à sévir. Quand Alice découvre ça, c’est la panique! Elle décide alors de partir à sa recherche pour le neutraliser. Pourra t-elle compter sur Pompom, son chat qui rêve de conquérir le monde? Comment réagiront ses parents, deux adultes enfermés dans leur quotidien?

Ma Chronique

Alice est une petite fille de neuf ans. Enigmatique. Aimant lire. Elle ressemble à toutes les filles de son âge. Avec juste un aura de mystère. Pourquoi connait-elle tant de personnes? Pourquoi tant de livres dans toute la maison? Quel rapport avec tous ces personnages?

L’évasion nous entraine dans un monde qui pourrait sembler magique si l’intrigue ne tournait pas autour d’un serial killer. Une histoire racontée par trois personnes: Alice et ses parents. Ce qui nous permet de suivre l’histoire et son évolution. Offrir un livre à un lecteur compulsif est une excellente idée. Mais offrir un roman policier à une enfant est-ce bien raisonnable? Quand on ignore son don, n’est-ce pas dangereux?

L’écriture est simple, aisée, sans fioritures rendant ainsi la lecture agréable. Chaque chapitre concerne le point de vue d’un des trois personnages principaux. Cependant, il n’y a pas de rupture dans le récit. Au contraire. Le rythme léger nous emporte dans le monde de cette petite fille pétillante et secrète. Qui est cet assassin? Est-il seul? Comment l’arrêter? Alice et son ami Pompom le chat ne sont-ils pas un peu trop téméraires? Comment réagissent les adultes autour d’eux? Tant de questions que l’on se pose au cours de la lecture. Le suspens s’intensifie au fil des pages et c’est avec un soupçon d’angoisse que nous suivons les péripéties  de cette enfant intelligente et un chouïa casse-cou.

L’évasion est un roman de tendresse. Oui, malgré l’histoire. C’est un roman qui nous fait voir la vie sous ses meilleurs atours. C’est un roman qui fait sourire et espérer, surtout qui nous fait apprécier nos rêves d’évasion, dans tous les sens du terme.

Ma note 17/20

9791022768597   Autoédition    189 p.    14€

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Lula et les monstres – Christelle Lebailly – 2018

Quatrième de couverture

Des loups qui philosophent à la nuit tombée, des géants semeurs d’étoiles, et des chats qui dansent sur les toits… Lula vit dans un monde  à la fois merveilleux et inquiétant, créé par son grand frère, Perrie.  L’amour qui les unit l’un à l’autre ne connait aucune limite, aussi lorsque Perrie est emmené loin d’elle, la fillette n’hésite pas à se lancer dans une véritable odyssée pour le retrouver.

Aidée d’une vieille luciole grincheuse, et d’une petite voix dans sa tête, Lula devra accomplir sa mission avant l’aube. Une épopée à la frontière entre rêve et réalité, monstres et féérie, vérité et mensonge, et où il peut être facile  de se perdre en route. Et si c’était elle-même qu’elle devait sauver?

Mon avis

Deux êtres séparés par un mur. Deux êtres liés par la solitude. Deux enfants dans un monde qu’ils n’aiment pas. Une excursion en pleine forêt, de nuit et une découverte. Plusieurs découvertes. Lula fait des rencontres. De belles rencontres. Des rencontres intrigantes. Dans le but de retrouver un être cher: son frère. Rêve t-elle? Est-ce la réalité? Les récits de son frère n’ont-ils pas trop stimulé son imagination?

Dès les premiers mots, Lula et les monstres nous embarque dans un monde parallèle. Entre le réel et l’irréel. Entre bonheur et inquiétude. Pour la jeune Lula qui navigue entre son imagination, la réalité et les discours de son frère. Que se passera t-il? Où est la vérité? Et si l’imagination de cette petite héroïne était une manière de se protéger contre le monde extérieur? Un monde extérieur qui lui semble déstabilisant. Ces monstres qui remplissent son imagination ne sont-ils pas les représentations de ses propres peurs?

Les chapitres sont courts, précédés des échanges secrets entre le frère et la sœur. Ce qui crèe un fil rouge dans la lecture. Un fil rouge qui lie l’ensemble dans un monde que l’on évoque à voix basse comme les murmures de Lula et de son frère. Le monde de la souffrance psychique qui enferme sa victime dans une douleur chronique.  Ce monde que les adultes maîtrisent peu et ont du mal à expliquer à leurs enfants.

Lula et les monstres est un roman dit jeunesse qui peut être lu par tout le monde car, à mots feutrés, il nous fait entrer dans l’imaginaire des enfants. Un imaginaire souvent difficile à décoder. Un imaginaire qui leur fait voir des monstres face à l’inconnu. Face à l’incompréhensible. Face à leurs propres peurs. Tout comme Lula.

Ma note 18/20

9782956490807   Autoédité   292 p.    14,90€

La bombe – Maëlle Denis – 2018

Quatrième de couverture

Suite à un gage, Suzanne entreprend de faire la connaissance de Sayid, nouveau dans sa classe et déjà considéré comme un paria par ses camarades. Ce qui a commencé comme un désagréable défi à relever se mue rapidement en amitié, et l’envie d’en savoir plus sur ce garçon mystérieux et taciturne devient sincère et authentique. Mais le jeune homme tient à ses secrets et son passé demeure obscur… Qui est vraiment Sayid Zebary?

Mon avis

L’histoire d’une amitié. Un peu bancale. Mais une amitié quand même. Deux jeunes enfants. Presque adultes. Deux histoires de vie différentes. Deux destins. Une amitié aux prémices timides. Maladroits. Qui est le nouveau? D’où vient-il? Pourquoi est-il  là?  Deux êtres très différents. L’un quasi mutique. L’autre bavard. Deux êtres qui vont s’apprivoiser dans une longue danse virtuelle. Deux adolescents, face l’un à l’autre, tentant plus ou moins facilement  de se découvrir. De s’apprivoiser. De s’apprécier. Au plus grand dam de certains de leurs proches. De leurs amis.

Les mots sont doux, au début. Délicats. Avant de s’endurcir. Chacun vit avec un secret. Lourd. Qui ne peut être confié. Que se passerait-il si tout le monde savait? Sayid aurait-il toujours sa place au sein de la société? Une société loin des horreurs de la guerre. Une société qui, pourtant, subit le terrorisme. Lorsque les Editions du Panthéon m’ont envoyé ce roman, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le titre m’avait interpelée.  J’ai découvert une pure merveille. Un roman qui ne laisse pas intact, qui ne laisse pas indifférent.

La bombe nous entraîne dans le monde de la violence. Violence que la société subit avec rage. Avec douleurs. Avec colère. Avec larmes. Une violence qui détruit l’être, l’âme. Une violence qui fait de certaines personnes des morts-vivants. Des morts-vivants entrainés. Téléguidés. Pour le pire et encore le pire. L’histoire est pleine de suspens. Au fur et à mesure de la lecture, le voile se lève sur un monde que l’on peine à imaginer, même si la réalité n’est un secret pour personne. Pour le plus grand malheur du Monde Entier. Un monde où l’innocence se liquéfie  et les sentiments s’évanouissent sous les brimades, les coups, la torture physique et mentale. Qui est vraiment Sayid? Quel est son rôle dans ce monde anesthésié où la mort, omniprésente, est ordonnée/donnée par contrat interposé? Quelle serait la réaction des gens qui l’entourent et qui l’aiment?

La bombe est un roman écrit à deux voix. Deux visions différentes de l’histoire. Visions si proches et si éloignées. Deux réactions. Deux consciences qui soupèsent les mots, l’environnement. Les actes. Deux consciences troublées par une violence si différente mais qui brise l’âme de la même manière. La conscience qui anesthésie l’Humain et le pousse à faire comme si le mal n’existait pas. Maëlle Denis a su décrire des évènements qui brisent sporadiquement notre société. L’éclaboussant de sang pour déclencher la haine. Cette haine si forte que certains réussissent à insinuer dans les cœurs, les âmes, dans les humains fragiles. Y arriveront-ils un jour? Espérons que non….

Ma note 20/20

9782754741446   Editions du Panthéon   235 p.   18,90€

Les enquêtes d’Hugo Delatour – Mise en abîme – L.A. Bailey – 2018

Quatrième de couverture

Hugo Delatour est de retour dans le sud de la France. La vie au soleil pourrait paraître douce et paisible. Mais les champs d’oliviers et le chant envoûtant des grillons cachent des réalités plus sinistres. Quand le squelette d’un enfant est découvert dans un champ de fouilles, Hugo n’a pas d’autres choix que d’affronter son propre passé. Entre sacré et sacrilège, ombre et lumière; où se cache la vérité? serez-vous prêts à accompagner Hugo dans son voyage?

Mon avis

Hugo Delatour se repose dans le sud de la France. Mais, pas pour longtemps. Un message intrigant l’invite à enquêter sur une histoire hors norme. Un cadavre sur un site archéologique. Dès lors, il nous entraîne dans une enquête à rebondissements multiples. Qui est ce squelette? Quelle est son histoire?

Nous entrons de plein pied dans une enquête qui n’a rien de reposant. A la recherche d’évènements qui auraient pu mener à la présence de ce corps. Distillé petit à petit, le suspens nous tient. La curiosité s’éveille et l’obligation d’accompagner le détective dans ses recherches se fait plus vive. Que s’est-il réellement passé? Pourquoi si peu d’intérêt pour ce squelette? Hugo arrivera t-il à mettre au jour l’histoire de cet enfant? Trouvera t-il l’assassin? Ce cadavre restera t-il toujours sans nom? Entre souvenirs et rencontre, le détective nous entraine avec lui. Dans ses questionnements. Dans ses retranchements. Dans ses souvenirs, parfois. Mais, avec beaucoup d’humanité.

Mise en abîme nous emmène dans une enquête feutrée. Une enquête où vie privée et recherche se mêlent. S’entrelacent pour former une probable solution. Une enquête avec en filigrane une improbable histoire d’amour. Vous attendez des courses poursuites? Des coups de feu? Que nenni. Pas du tout. Cependant, les évènements s’enchainent et nous surprennent. Hugo Delatour nous emporte dans son monde. Dans sa vie. Dans sa résilience. Quel sera le prix à payer?

Dans mise en abîme, les mots, les phrases, les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas. La lecture est agréable et le lecteur se laisse emporter dans cette quête d’une intelligence très fine, pour son plus grand plaisir. C’est avec une extrême douceur que nous accompagnons Hugo dans sa quête de vérité. Dans sa quête de réalité. Dans son besoin infini de savoir. Le tout avec une grande humanité. Une douce humilité. Un grand désir de savoir. Peu importe le prix à payer. Peu importent les vérités et les contre vérités. Du moment qu’un cadavre anonyme retrouve son droit à l’existence. Son droit à sortir  de l’anonymat. Son droit à une sépulture. Le Détective ira au-delà de tout. Pour lui rendre son âme. Pour lui permettre de se rappeler aux vivants. De retrouver sa dignité. Simplement.

Ma note 17/20

9781718075405     241 p.

 

 

LIANN, L’enfant Faune – Suzanne Max & Alain Benoist – 2018

Quatrième de couverture

Tout au fond de la forêt, à l’abri des regards des humains, vit le mystérieux peuple des Faunes. Et, parmi eux, Liann l’enfant Faune. Curieux et épris de liberté il décide de quitter sa forêt pour explorer le monde et découvrir la civilisation des hommes.

Mon avis

 fauneQuel est l’enfant qui n’a jamais rêvé de faire comme les grands? De montrer aux adultes qu’il peut agir seul? Qu’il est indépendant? Quel est l’enfant qui n’a jamais rêvé de partir à l’aventure, même si c’est dans la cour du voisin? Avec Liann à qui il peut s’identifier, cet enfant rêveur vit cette aventure en toute sécurité. Liann est un tout petit enfant. Différent des humains. Curieux de tout comme on peut l’être à son âge. Il va de découvertes en découvertes. Bonnes ou mauvaises. Il apprend à se connaître. A connaître les autres et à accepter leurs différences.

Liann l’enfant faune est un livre superbe. Par sonfaune histoire. Par ses images. Pour un enfant curieux de tout, Liann lui apprend la curiosité saine. La prudence. Les images sont sublimes et Liann est mignon à croquer. Les couleurs sont douces et accrochent le regard du lecteur. Les chapitres sont courts et illustrés. Ce qui permet à un enfant de laisser une grande place à son imagination.

Ce que j’aime avec les Editions Ex Aequo, c’est que l’enfant et son imagination sont mis à l’honneur. Tout est fait pour que la lecture soit ludique. Pour que le jeune lecteur s’approprie l’histoire et prenne goût à sa lecture. Liann l’enfant faune est un très beau roman que les enfants adoreront feuilleter.

Ma note 18/20

9782378734596   Ed. Ex Aequo   Coll. Saute-Mouton  53 P.  Broché 10€