SABADAÏ- Mignar Adamson – 2018

Quatrième de couverture

Sabadaï ou le démon qui rêvait du Paradis est l’histoire du démon Sabadaï qui, au crépuscule de sa vie, revient sur les faits qui l’ont marqués. Il émergea du cinquième cercle de She’ôl, celui de la colère qui était depuis toujours gouverné par Zaa’me, ange déchu suite à la Bellum Prima. Cette guerre aux origines du temps qui déchira Eden et se conclut par le bannissement d’Adam, Eve et de nombreux anges, à la suite de Hêylêl.

Comme toutes les créatures immatérielles, il lui fallut trouver un réceptacle pour son essence. Cette tâche bien que triviale lui permettra de se forger une terrible légende de Violeur de Réceptacle puis de Tueur d’Anges. Sa renommée sera telle  que Zaa’me, lui-même, le fera convoquer pour lui confier une mission d’importance vitale pour She’ôl: ralentir l’effort de guerre d’Eden. C’est donc sous les traits parfaits d’un Marche-Ombre et armé de ses terribles compagnes Fléau des Âmes et Ravages, qu’il accomplira sa destinée.

Mon avis

Le ton est donné dès les premiers mots. Le monde s’écroule. L’enfer hérite d’un démon: Sabadaï. Son arrivée est digne de son rang. Fort de son destin, nous l’accompagnons dans un périple qui devrait forger sa vie. Sabadaï est écrit comme un poème, un chant scandant une destinée hors norme. Un poème sans fin. Horrible. Effrayant. Mais si tentant. Si addictif. Les mots se posent d’abord délicatement. Puis, ils explosent dans un artifice de sens que l’on  ne cherche pas à retenir: Curiosité, peur, dégoût, et  autres. Mignar Adamson a une écriture sublime qui rend la lecture agréable et nous transporte sans peine dans son monde.

Sabadaï nous aspire dans sa vie qui n’a rien de féérique. Dans son abominable vie qui peut nous crisper  et nous faire grincer des dents.  Un monde où nous plongeons avec une sorte de douce culpabilité. Ce qui ne nous empêche pas d’en redemander, de tourner la page avec frénésie pour connaître la suite. A aucun moment ne nous vient l’envie de fermer le livre malgré la dureté de certaines scènes. Au contraire.

Sabadaï est un démon et nul ne peut le nier. Cependant, nous nous surprenons à éprouver de la sympathie pour cet hère sans âme et bouffi de colère. Oui, je dis bien sympathie car il a une vie de démon somme toute normale et comme tout un chacun, aspire à s’élever socialement. Qui ne rêve pas de grimper l’échelle sociale? Comment expliquer que l’on a de la sympathie pour un démon? Pourtant, c’est le cas, tant les mots sont beaux, vrais, humains. Profondément. Sincèrement. Telle est la plume de Mignar Adamson pour nous raconter son démon Sabadaï. Lisez-le et vous comprendrez. Un superbe roman.

Ma note 18/20

 

 

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Quand s’éteindra la dernière chandelle – Frederick Durand – 2015

Quatrième de couverture

Célibataire désœuvré, Florent accepte de participer à une soirée qu’organise l’un de ses amis. Là, il prend part à une conversation qui porte sur le surnaturel. Interrogé, l’homme affiche son scepticisme. Son hôte le met alors publiquement à l’épreuve: puisque Florent est si incrédule, osera-t-il écrire une lettre aux forces des ténèbres  en leur demandant  d’être présentes à ses côtés jour et nuit? Florent accepte de relever le défi. L’idée de séduire l’une des convives n’est pas étrangère à cette décision…

De retour chez lui, Florent est prêt à oublier l’incident. Mais une série d’évènements troublants l’amènent peu à peu à s’interroger : en acceptant de rédiger cette missive, a-t-il déclenché un redoutable mécanisme capable d’exaucer ses souhaits au-delà de tout ce qu’il avait imaginé?

Mon avis

Une soirée. Un pari stupide. Une vie qui bascule. Surtout, des nuits qui se muent en cauchemar. Pourquoi avoir accepté ce pari? Comment faire Pour effacer cette décision irréfléchie? Plus simplement, fallait-il faire ce pari?

Au fil des pages, nous assistons à l’entrée dans la quatrième dimension de Florent, le parieur. Une véritable descente aux enfers. Et c’est peu de le dire. Peut-être est-ce un rêve? Un cauchemar éveillé? Les faits sont-ils réels? Ne sont-ils pas le fruit d’une conscience traumatisée par un pari idiot? Le monde change lentement autour de Florent. L’impensable? Un pari. Juste un pari. Bête et fait avec une immaturité totale. Juste pour rire. Et la vie tourne à l’envers. Prémices de la folie? Un rêve qui s’évanouira au réveil?

Quand s’éteindra la dernière chandelle nous emporte dans un monde fantastique où la réalité et le rêve se mêlent pour nous faire vivre un extase imaginaire. Une écriture superbement tragique. Une écriture superbe d’horreur. De fine angoisse. Les nouvelles qui terminent Quand s’éteindra la dernière chandelle sont aussi angoissantes les unes que les autres. Damnées nouvelles!! Le temps s’arrête puis s’accélère au fil des pages. Tel notre pouls tout au long des chapitres. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781612274164   Black Coat Press Coll. Rivière Blanche 190 p.   17€