Les étoiles cachées – Régine Soszewicz – 2019

Quatrième de couverture

Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, la vie de Régine et de sa famille est bouleversée. Juives, elles sont soumises aux multiples interdits. Maurice, leur père, engagé volontaire, est alors prisonnier de guerre. Grâce au courage et à la détermination de Marie, leur mère, échappant aux rafles annonçant une mort certaine, Régine et sa sœur Marcelle, aidées clandestinement, fuient Paris. Elles trouvent refuge  et la vie sauve auprès de paysans accueillants. Elles partageront leur quotidien et le travail à la ferme. Régine raconte….

Chronique

Il est des périodes dans l’histoire que ne nous envieraient pas les pires animaux. Des périodes qui n’ont rien d’honorable pour les humains. Les étoiles cachées nous les rappelle fortement à notre bon souvenir. Qui n’a pas entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv, des pogroms, des stalags? Surtout, qui ignore cette étoile jaune qui a stigmatisé tout un peuple?  Une étoile qui rappelle l’indignité  et la honte humaine? Une étoile qui a marqué un peuple qui devait être sacrifié sur l’autel de la folie des hommes.

Les étoiles cachées nous parle d’innocence, de la vie simple d’une famille heureuse que les appels à la guerre de 1939 mènera à la quasi extinction. Une famille dont certains membres seront victimes de la shoah. Alors Régine a pris la plume pour raconter. Pour témoigner. Pour la postérité. La guerre à travers le regard d’une petite fille qui ignore que les horreurs toucheront profondément sa famille. Que ces horreurs transformeront sa vie à jamais. Que d’innocence dans ce regard!

Nous assistons à la lente et longue descente aux enfers d’une famille. Seuls les adultes se doutent. Les enfants sont loins de tout cela, cachés dans la campagne française. Un endroit où l’horreur ne les touchera pas. Nous ressentons cette lente dégradation sociale pour la population juive. Une atmosphère délétère qui l’isole peu à peu. Des actes qui la stigmatise de plus en plus, la mettant en grand danger. Régine présente des photos touchantes, montrant la vie d’une famille comme toutes les autres, si ce n’était cette grossière étoile  qui les désignera à la vindicte populaire, à la haine. Ces photos sont remplacées par celles de la honte, de l’horreur, de l’invivable, de l’inavouable. Ces étoiles qui ne marqueront pas les innocentes cachées en Province, ces deux sœurs qui sont les étoiles cachées de cette période sanguinaire.

Note 19/20

9782343177649    Ed. L’Harmattan   180 p.    19€

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Sanglante descendance – Camille Cambier – 2017

Quatrième de couverture

Jack Astrier mène une vie tout à fait normale, étudiant en médecine, il va fêter ses vingt ans. Mais son père en décide autrement. Il est temps pour lui de connaître le plus lourd secret que partage sa famille: Jack est le descendant d’un célèbre tueur en série… et pour honorer ses ancêtres, il va devoir perpétuer son héritage. Tous les hommes de la famille Astrier renferment en eux un gêne d’assassin maintenu par une colère hypertrophiée. Au fil des siècles, ils ont appris à se protéger afin de ne jamais se faire prendre. Mais Jack, pourtant insoupçonnable, est encore le plus dangereux.

Mon avis

sanglznteUne belle fête d’anniversaire. Un secret. Un lourd secret. A peine croyable. Si peu crédible. Pourtant si réel. Si vrai. Presque assumé. Qui l’eut crû? Est-ce vraiment une découverte? peut-on parler de découverte? C’est ainsi qu’après une lecture tranquille, nous nous trouvons embarqués dans l’insoupçonnable. L’incroyable. Aussi sonné que Jack ait pu l’être sans toutefois, le même sentiment  de déjà vu. Et c’est le début de l’aventure.

Dans sanglante descendance, Camille Cambier a l’art de raconter. Et ce, malgré son jeune âge. Du suspens. Des questions. Des découvertes durant toute la lecture. Un sentiment nous enveloppe brusquement et nous pétrifie dans sanglznteune merveilleuse horreur: le dégoût. Pourtant, cela rend la lecture encore plus jouissive. Est-ce notre instinct primaire qui se révèle? j’avoue avoir sauté deux ou trois lignes juste pour souffler. Cependant, la lecture est toujours restée addictive.

Sanglante descendance se lit d’une traite. Les chapitres sont courts, les flash-back bien situés et nous permettent de bien nous imprégner de l’histoire. C’est un roman merveilleusement horrible. Horriblement beau. D’une beauté terrifiante. Une terreur addictive. Une addiction plaisante. C’est un roman qui réveille un vieil instinct au fond de nous. C’est un roman qui se déguste avec un plaisir glaçant. Les Editions du Panthéon  et Camille Cambier vont faire trembler Stephen King. Et oui, la relève est là.

Ma note 19/20

ISBN 9782754 736 305  Editions du Panthéon  189 P.  17,90€

 

 

 

Aussitôt le printemps et autres nouvelles – Aurore Drey – 2018

Quatrième de couverture

Ces textes parlent de la vie. A la manière des scalpels, ils dissèquent les existences et laissent, sur leur passage , des chairs meurtries et des corps exsangues. Qu’il s’agisse de folie personnelle ou collective, de perte, de joie ou d’espoir, ces nouvelles mettent en scène des moments où tout bascule et dont personne ne sort indemne.

Mon avis

Les nouvelles sont belles. D’une cruelle beauté. D’une irréelle cruauté. Tout se fait en douceur. Plutôt, de manière doucereuse. Une histoire. Une personne. Une horreur. Pire que la précédente et moins que la suivante. Une entrée dans l’âme humaine, dans l’inhumanité de cette âme, qui se fait dans une tendre et belle horreur. Une sorte de vision sur écran blanc. Les mêmes questions surgissent à chaque fois. Que va t-il se passer cette fois? Quelle sera la découverte finale? Des questions qui se posent avec la même frénésie que celle d’un enfant qui va ouvrir ses cadeaux de Noël. Chaque histoire nous emporte plus loin dans la maison des horreurs. Mais, c’est si génial, qu’on se surprend à en redemander encore tel un enfant qui souhaite un autre conte avant de disparaître sous sa couette pour intégrer le monde des rêves.

Aussitôt le printemps et autres nouvelles nous emporte lentement sur l’aile de l’imagination d’Aurore Drey. Une imagination belle, fertile, pleine de suspens, d’amour. Oui, je dis bien d’amour pour ses personnages qui l’ont perdu. Ses personnages qui n’en ont jamais reçu, qui l’ont mal reçu et le rendent si maladroitement. Un recueil de nouvelles d’une douce beauté. D’une douce cruauté. Un recueil si vivant. Si réel.

Ma note 18/20

9781717988010

Quand s’éteindra la dernière chandelle – Frederick Durand – 2015

Quatrième de couverture

Célibataire désœuvré, Florent accepte de participer à une soirée qu’organise l’un de ses amis. Là, il prend part à une conversation qui porte sur le surnaturel. Interrogé, l’homme affiche son scepticisme. Son hôte le met alors publiquement à l’épreuve: puisque Florent est si incrédule, osera-t-il écrire une lettre aux forces des ténèbres  en leur demandant  d’être présentes à ses côtés jour et nuit? Florent accepte de relever le défi. L’idée de séduire l’une des convives n’est pas étrangère à cette décision…

De retour chez lui, Florent est prêt à oublier l’incident. Mais une série d’évènements troublants l’amènent peu à peu à s’interroger : en acceptant de rédiger cette missive, a-t-il déclenché un redoutable mécanisme capable d’exaucer ses souhaits au-delà de tout ce qu’il avait imaginé?

Mon avis

Une soirée. Un pari stupide. Une vie qui bascule. Surtout, des nuits qui se muent en cauchemar. Pourquoi avoir accepté ce pari? Comment faire Pour effacer cette décision irréfléchie? Plus simplement, fallait-il faire ce pari?

Au fil des pages, nous assistons à l’entrée dans la quatrième dimension de Florent, le parieur. Une véritable descente aux enfers. Et c’est peu de le dire. Peut-être est-ce un rêve? Un cauchemar éveillé? Les faits sont-ils réels? Ne sont-ils pas le fruit d’une conscience traumatisée par un pari idiot? Le monde change lentement autour de Florent. L’impensable? Un pari. Juste un pari. Bête et fait avec une immaturité totale. Juste pour rire. Et la vie tourne à l’envers. Prémices de la folie? Un rêve qui s’évanouira au réveil?

Quand s’éteindra la dernière chandelle nous emporte dans un monde fantastique où la réalité et le rêve se mêlent pour nous faire vivre un extase imaginaire. Une écriture superbement tragique. Une écriture superbe d’horreur. De fine angoisse. Les nouvelles qui terminent Quand s’éteindra la dernière chandelle sont aussi angoissantes les unes que les autres. Damnées nouvelles!! Le temps s’arrête puis s’accélère au fil des pages. Tel notre pouls tout au long des chapitres. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781612274164   Black Coat Press Coll. Rivière Blanche 190 p.   17€