Odyssée Mahoraise – Phil Ouzov – 2018

Quatrième de couverture

Enseignant en métropole, Charline en burn out, obtient sa mutation pour Mayotte au cœur de l’ Océan Indien. Fini les classes indisciplinées, place au travail facile dans un cadre exotique. C’est du moins ce qu’elle pense. Sur l’île aux parfums le bon et le mauvais se côtoient et les aventures insolites ne manquent pas. Heureusement Charline rencontre John, naturaliste qui lui fera découvrir les beautés du lagon en bathyscaphe. Mais le temps passant la question se pose inévitablement, faut-il rester ou quitter Mayotte?

Mon avis

Les aventures d’une enseignante métropolitaine en terre Mahoraise. Quand Charline débarque à Mayotte, les rêves plein la tête, elle est loin de se douter de ce qui l’attend. Le dépaysement est complet. L’île semble faire un pied de nez à cette institutrice un peu trop dans les nuages. Pour le plus grand plaisir du lecteur.

En effet, les personnages sont hauts en couleur et les dialogues sont d’une succulence telle que l’on en redemande. Les planches sont superbes de réalisme. Les personnages sont croqués de telle manière qu’il suffit d’un coup d’oeil pour connaître leur trait de caractère. Non seulement Phil Ouzov a un superbe coup de crayon, mais il a beaucoup d’humour. Du moins, ses personnages. Son histoire.

A chaque page, la suite d’une histoire qui nous fait rire aux éclats, tant Charline en fait et en voit de belles. Elle affiche un  optimisme hors pair. Ce qui est tout à son honneur. Finira t-elle par adopter son nouveau style de vie? Se laissera t-elle porter par ses rêves? Ses déboires auront-ils raison de sa candeur?

Odyssée Mahoraise respire la joie de vivre. Son humour est frais, cinglant, ce qui ne fait que donner envie d’en lire encore et encore. La présentation des fantasmes que l’on peut avoir quand on arrive dans un pays. C’est une superbe bande dessinée qui respire la bonne humeur. A mettre entre toutes les mains. Je remercie les éditions des bulles dans l’océan de m’avoir permis de découvrir cette superbe bande dessinée

Ma note 18/20

9782919069507  Ed. des bulles dans l’Océan  80 p.

 

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Du couscous dans le pudding – Yamina Mazzouz – 2016

Quatrième de couverture

Norah, jeune fille maghrébine au  caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une  place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé  et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse

Au-delà du roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose: la noblesse britannique  et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Mon avis

Changer de vie est une aventure. Dans le pays de Shakespeare, c’est encore mieux qu’une aventure. C’est un voyage épique. C’est ce que découvre Norah, heureuse de mettre du peps dans sa vie. Tout se passe bien jusqu’à ce que … beaucoup de choses. Amour, santé…meurtres!!! Oups, je m’égare. Pas tant que çà. Amour, oui. Meurtres, oh que oui. Santé, on verra.

Quoi de mieux pour passer le mal du pays que de résoudre des meurtres? Avec un zeste d’intuition et beaucoup de réflexion, d’imagination, Norah nous emmène dans son monde avec sa superbe fraicheur. Et si cela lui permettait d’oublier sa banlieue parisienne? Quel sera son avenir en terre britannique? S’adaptera t-elle à sa nouvelle vie?

Du couscous dans le pudding est très bien écrit.  Le suspens est diffusé en douceur tout au long de la lecture. Il s’agrandit au fil des pages. Des chapitres. On vit au rythme de la campagne anglaise. Pour son premier roman, Yamina Mazzouz, nous fait vivre une enquête à la Agatha Christie à qui elle n’a rien à envier. En effet, Du couscous dans le pudding est digne  des grandes dames du polar britannique.  C’est un roman qui se laisse dévorer. Un superbe roman. Un roman plein d’humour très fin. Yamina Mazzouz est une écrivaine, une plume à suivre car elle a beaucoup d’avenir dans le monde littéraire. Retenez bien son nom.

Ma note 18/20

9791031002255  Ed. Les Presses Littéraires   263p.   12€

De profundis – Eric Maliska – 2018

Quatrième de couverture

Je suis impatient. Voilà plusieurs semaines que j’attends le dérivateur des champs. Une pièce maîtresse dans mon oeuvre. Je n’en suis pas encore à me ronger les ongles, ni à faire tout à fait les cent pas, mais mon acrimonie s’est accentuée de façon perceptible au fur et à mesure de l’attente. Ce n’est pas la première fois cependant que l’on me verra faire preuve d’une telle acerbité.  Sans aller jusqu’à dire que j’en suis coutumier, ceux que je dois conventionnellement nommer mes chers collègues ne s’étonnent guère d’une telle humeur…. On ne me situe pas volontiers dans cette partie de la société, composée de gens aimables dont on attend, le matin en arrivant, un mot aimable, un sourire affable ou  une plaisanterie. J’ai cependant renoncé depuis longtemps à toute amélioration de mes rapports sociaux. Je suis « ailleurs », concentré sur mon projet. Il est inutile de m’encombrer de rapports humains qui ne m’ont jamais vraiment réussi, même s’ils m’ont sûrement manqué.

Mon avis

Au début, j’ai pensé que c’était un livre de scientifique pour des scientifiques. Je me suis trompée. Le ton est donné dès le début. Une vague impression de lire le journal de grincheux ou du Schtroumpf grognon. C’est édifiant. Un grand râleur qui rejette une société dans laquelle, malgré lui, il essaie de se faire une petite place. De montrer qu’il existe. Ne dit-on pas que râler est un signe d’existence? Nait – on râleur ou le devient – on?

Puis, on découvre un être pétri de rêves. De désirs. D’amour de l’autre. Que lui est-il alors arrivé? Quelle est la place de l’autre dans ce trait de caractère?  Que dire de la timidité dans tout çà? Quel est le rôle de la vie, du quotient intellectuel dans la définition d’un caractère? Ainsi découvre -t-on un homme un brin obsédé.

J’avoue avoir souri à certains passages tant l’humour est fin. D’une profondeur exquise. Cependant, je n’ai pas aimé le fait que les chapitre soient trop condensés. Qu’il n’y ait pas d’espace entre les lignes. Ce qui n’enlève rien à une histoire touchante. Pleine d’humour. Profondément humaine. De Profundis nous fait plonger au plus profond d’un homme. De sa vie. De ses désirs.

Voici un livre vraiment touchant. Il est écrit à la première personne. Ce qui crée rapidement un lien avec le personnage. Un Homme pétri de maladresse. D’humanité sincère et profonde. Il aime l’Humain. Mais, l’Humain ne l’aime pas tant que ça. Un personnage très attachant. Un livre à lire. Vraiment.

 

Ma note 16/20

ISBN 9781515131748  300 p.

Battue – Virginie Vanos – 2013

Quatrième de couverture

De septembre 2000 à mai 2002, Virginie Vanos a été violentée, battue, torturée, humiliée… Mais, aujourd’hui, pour rien au monde, elle ne veut rester confinée dans son statut de victime, c’est pour cela qu’elle a choisi de témoigner… avec ironie et un maximum d’humour…noir.

 

Mon avis

Un sujet très sérieux traité avec beaucoup d’humour. D’auto dérision. Au vu du titre, je m’attendais à sortir les mouchoirs. A hurler en sanglotant à chaque page. Eh bien non. Le récit se fait sur un ton léger, bien que l’histoire, elle, ne le soit pas. Le sujet est actuel. Très actuel.

Une vie chaotique. Orchestrée par une descente aux enfers méthodique. d’abord lente,battue puis de plus en plus précipité. Plus ou moins volontaire. Une vie entre parenthèses. Qui fait réfléchir. Parfois sourire tant l’humour est décapant et l’ironie grinçante.

En lisant Battue!, je m’attendais vraiment à des termes très durs. Ce qui n’est pas le cas. La lecture se fait facilement. J’avoue qu’à certains moments, j’ai presque oublié le thème du roman tant j’ai ri. Je dis bien « presque ». Surtout en lisant les fiches établies sur les différents personnages.

Cependant, en filigrane, la manipulation, les critiques envers le partenaire, les contre-vérités sont présents tout au long du roman.  Ils démontrent bien la difficulté des femmes et des hommes battus à quitter un giron qui n’est plus protecteur. La difficulté à se reconstruire. A ne pas culpabiliser d’avoir accepté de vivre cet enfer. A avoir du mal à accepter son statut de victime.

Battue! est un roman très instructif. Il reste très dur malgré le style léger. Chaque mot est une leçon de survie. De protection précaire. Il faut le lire pour faire voler en éclat les préjugés sur les femmes et les hommes qui subissent ce sort. Ceux pour qui leur foyer n’est plus un abri. Pour qui l’enfer est impossible à relater.

Une lecture fluide. Des mots qui claquent. Résonnent. Sombrent telle la vie de Virginie. Que dis-je? Sa survie. Virginie,  une femme forte. Meurtrie. Rabaissée. Mais combative. Résiliente. Une superbe histoire à partager.

Ma note 17/20

ISBN  9782332551023   Ed. Edilivre 226 p.  Broché 22,50 €

Global work: on marche sur la tête – Angeline Vagabulle – 2016

Quatrième de couverture

Angeline a en charge une multitude de projets auxquels contribuent des collaborateurs de nombreux pays dans une grande entreprise globale.

Un jour, grâce à un manteau qui la distingue dans l’environnement gris  des Grandes Tours de La Défense, elle décide de regarder les choses différemment, de s’amuser des situations, de rire des absurdités d’un monde technologique qui lui complexifie la vie au lieu de la lui simplifier, observe en souriant ces hommes et ces femmes qui courent dans des gares et des aéroports en tirant des valises à roulettes qui font « zui, zui », s’interroge sur le lien entre l’épaisseur de la moquette et son niveau d’influence dans l’entreprise, essaye de concilier sa vie de femme et de maman avec sa vie professionnelle qui tourne 24h/24 au rythme du business global.

Vous ne regarderez plus votre boîte mail ni vos collègues de la même façon après avoir lu ce livre, illustré avec humour par Renard.

 

Mon avis

Le monde du travail dans toute sa splendeur! Qui n’a jamais regardé avec du recul, de la curiosité voire de l’humour, le monde qui nous entoure? En lisant Global work, je me suis retrouvée face aux réflexions que je me faisais quand j’évoluais dans le monde de la santé. Cette réflexion qui va au fond des choses. De l’être humain. De ses manies. Endosser la blouse avant d’entrer dans son service, c’était laisser sa vie au vestiaire et seglobal work l’approprier en partant. Je ne suis pas la seule à avoir le cerveau à l’envers. C’est réconfortant.

Au début, j’ai souri. Puis, je me suis surprise à rire aux éclats. Ce livre raconte le monde du travail (quel que soit le métier). Côté absurdité. Côté humour. Pour notre plus grand plaisir. Chaque caricature représente quelqu’un qu’on a côtoyé. Les croquis illustrent bien ce monde qui court après le temps. Qui brasse de l’air. Pour exister. Pour faire face au néant. Pour aller versA. Vagabulle l’infini. Avec beaucoup d’humour et de tendresse, Angeline Vagabulle et son acolyte Renard (dessinateur) nous font vivre le monde du travail au travers du regard d’Alice au pays des grandes tours.

Je pense que ce livre dont les chapitres sont courts et bien illustrés vous parlera comme il m’a parlé. Les petits relevés quotidiens nous confortent dans l’idée que cela fait du bien de rêvasser dans ce monde de fous.  On lit avec délectation. Sans voir défiler le temps. Vous vous régalez avec l’écrit et les croquis sont la cerise sur le gâteau. Vous vous retrouvez hoquetant, la larme à l’œil, tant vous riez.  De bons moments à partager. N’hésitez pas. Lancez-vous. Effacez la morosité qui vous entoure!

Ma note 16/20

ISBN 9782955545201   Ed. Les Funambules 152 P.    Broché 15€ Kindle 4,99€