Le cri de l’arbre – Philippe Vergeraud – 2009

Quatrième de couverture

« Renaud s’éveille, glacé, aux premières lueurs de l’aube, avec à nouveau la sensation d’une menace globale et indéterminée. Il s’approche l’arbre en rampant, progresse ainsi de plusieurs mètres, son corps frissonnant tapi dans les fougères et parcouru d’ondulations sauriennes. Puis il se redresse, se met debout à côté d’un tronc énorme et pétrifié par les siècles. C’est alors que quelque chose se passe ».

Chronique

Peut-on se fuir soi-même? Peut-on vivre en dehors de la réalité pour être soi-même? Comment faire quand des personnes autour de la bulle que l’on s’est fabriquée? Dans la vie, il est des moments où l’homme se sent perdu dans l’immensité qui l’entoure. Il est un moment où il s’accroche désespérément à quelque chose, à lui-même, pour ne pas sombrer. Sombrer c’est se perdre. C’est peut-être aussi la folie douce. Deux hommes vivent dans la société avec un vernis de politesse. Pour faire ce qu’il faut. Comme il se doit. Plutôt un homme vit deux vies. Deux identités. Une profonde dichotomie. Une sorte de Docteur Jekill et Mister Hyde.

Le cri de l’arbre est un tableau. Une toile vierge où les mots se dessinent, s’effacent et se réinventent. Une toile créée pour la poésie des mots. Pour la poésie des hommes. Les chapitres sont courts et semblent décousus. Cependant, ils se complètent et se lisent comme des puzzles de vie, d’actions, de personnages. C’est aussi l’histoire d’un homme qui se perd en lui-même et ne peut se retrouver. Renaud est un homme en morceaux qui, peu à peu, perd le sens des réalités pour mieux tenter d’être lui-même. Peut-être d’être Ren tout simplement. Quel homme sera t-il? Endossera -t-il son côté obscur?

L’écriture est belle et sobre. Les tableaux défilent avec douceur. Avec force. Avec horreur. Chaque geste est disséqué dans un monde ralenti qui, de temps en temps, se précipite pour le pire. Rien que le pire. Ce thriller glaçant  nous présente cette âme disséquée en perdition. En errance. Seul un arbre centenaire arrive à calmer ses angoisses. Pour combien de temps? Un homme face à sa conscience? Peut-être. Un homme qui lave sa conscience au contact de cet arbre centenaire. Un homme dont la schizophrénie, la douleur d’être s’expriment dans le cri de l’arbre.

Note 18/20

9782953334326   Editions Fondencre   155 p.   17€

Publicités

ÂM – Baba Alfa Umar – 2019

Quatrième de couverture

Les poèmes qui composent  ce recueil sont comme autant de fragments d’une seule et même âme. Baba Alfa Umar invite le lecteur à la découvrir et à ressentir tous ses troubles. Suivez- le pour vous emparer  du monde et le transformer avec bienveillance.

Mon Avis

Un recueil de poésie bilingue, français/anglais. Une très bonne initiative. Parler de l’humain. Des djinns. De la force de la vie. De la force des croyances est une ode à la vie. ÂM est un moment de partage. Un moment de questionnement aussi, sur l’humain. Sa place. Ses actions qui expliquent le Monde. Les forces qui désignent les mystères. Mystères de l’existence. Mystères des actes assujettis à la vie.

ÂM est un cri qui s’élève dans notre monde. Ce monde sourd. Ce monde aveugle. Ce monde manipulateur. Ce monde où l’humain peine à trouver sa place. Ce monde où l’humanité peut douter de son avenir.

ÂM est une interrogation. Celle d’un enfant du Fouta qui hurle son appartenance à ce peuple unique et multiple: les Peuls. Ce peuple qui est relié par la langue et la tradition. Une ode à ce peuple guerrier fier de ses racines, de son histoire, de ses enfants. Un homme chante la vie.  Chante son peuple. Chante sa terre. Chante ses terres. Il hurle ses doutes sur son identité.  Sur son avenir. Sur ses sentiments. Il offre au monde le pouvoir de parler de lui. Le pouvoir de douter de lui. Qui est-il? Que ressent-il? est-il double? Est-il unique?

ÂM est un recueil qui brille d’une humanité non contenue. Qui scintille de sentiments offerts sur l’autel du doute. Sur l’autel de l’identité. Sur l’autel de l’amour. Des mots qui swinguent. Dansent. Forts de liberté. Forts de vie. Des mots généreux. Comme une offre. Comme un don. Un don qui met à découvert l' »ÂM« .

Ma note 18/20

9782754743266   Editions du Panthéon    120 p.  13,90€