Lula et les monstres – Christelle Lebailly – 2018

Quatrième de couverture

Des loups qui philosophent à la nuit tombée, des géants semeurs d’étoiles, et des chats qui dansent sur les toits… Lula vit dans un monde  à la fois merveilleux et inquiétant, créé par son grand frère, Perrie.  L’amour qui les unit l’un à l’autre ne connait aucune limite, aussi lorsque Perrie est emmené loin d’elle, la fillette n’hésite pas à se lancer dans une véritable odyssée pour le retrouver.

Aidée d’une vieille luciole grincheuse, et d’une petite voix dans sa tête, Lula devra accomplir sa mission avant l’aube. Une épopée à la frontière entre rêve et réalité, monstres et féérie, vérité et mensonge, et où il peut être facile  de se perdre en route. Et si c’était elle-même qu’elle devait sauver?

Mon avis

Deux êtres séparés par un mur. Deux êtres liés par la solitude. Deux enfants dans un monde qu’ils n’aiment pas. Une excursion en pleine forêt, de nuit et une découverte. Plusieurs découvertes. Lula fait des rencontres. De belles rencontres. Des rencontres intrigantes. Dans le but de retrouver un être cher: son frère. Rêve t-elle? Est-ce la réalité? Les récits de son frère n’ont-ils pas trop stimulé son imagination?

Dès les premiers mots, Lula et les monstres nous embarque dans un monde parallèle. Entre le réel et l’irréel. Entre bonheur et inquiétude. Pour la jeune Lula qui navigue entre son imagination, la réalité et les discours de son frère. Que se passera t-il? Où est la vérité? Et si l’imagination de cette petite héroïne était une manière de se protéger contre le monde extérieur? Un monde extérieur qui lui semble déstabilisant. Ces monstres qui remplissent son imagination ne sont-ils pas les représentations de ses propres peurs?

Les chapitres sont courts, précédés des échanges secrets entre le frère et la sœur. Ce qui crèe un fil rouge dans la lecture. Un fil rouge qui lie l’ensemble dans un monde que l’on évoque à voix basse comme les murmures de Lula et de son frère. Le monde de la souffrance psychique qui enferme sa victime dans une douleur chronique.  Ce monde que les adultes maîtrisent peu et ont du mal à expliquer à leurs enfants.

Lula et les monstres est un roman dit jeunesse qui peut être lu par tout le monde car, à mots feutrés, il nous fait entrer dans l’imaginaire des enfants. Un imaginaire souvent difficile à décoder. Un imaginaire qui leur fait voir des monstres face à l’inconnu. Face à l’incompréhensible. Face à leurs propres peurs. Tout comme Lula.

Ma note 18/20

9782956490807   Autoédité   292 p.    14,90€

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1515 – 1519 – Le Chroniqueur de la Tour – 2018

Quatrième de couverture

1er janvier 1515, François Ier devient Roi de France. Il se doute qu’il va vivre des évènements extraordinaires mais il sous-estime largement ce qui l’attend. Il va découvrir que l’Histoire n’est qu’un théâtre où s’affrontent des forces obscures en coulisses. Tout ce qu’il croyait solide, tout ce qu’il pensait vrai sera bouleversé. Car le monde est en train de basculer. Pour une damnation ou pour une renaissance?

Mon avis

L’entrée en matière nous laisse bouche bée. En état de choc. A Cuba, des hommes subissent mortellement la religion. Ailleurs, le Comte d’Angoulême est couronné par un ange et devient François 1er. Leur point commun? La ferveur religieuse. Deux mondes. Deux peuples. Deux manifestations de la croyance. Nous suivons des instants, des vies parallèles, dont les actes sont établis au nom de la religion. Peut-on tout faire au nom de la religion? Peu importe, le monde est en train de changer. Ce que semble ignorer François 1er. Les sentiments humains prennent le dessus sur la religion: ambition, soif de pouvoir, obscurcissement des cœurs et des âmes. L’obscurantisme en un mot.

Au fur et à mesure de la lecture, nous faisons connaissance d’univers différents et pas forcément catholiques: elfes, morts-vivants, etc. Les intrigues sont nombreuses et l’histoire Mondiale semble être écrit par les desseins et les actes humains. Quelque soit l’endroit dans le Monde Catholique, les intrigues vont bon train. L’histoire de François 1er se mêle à celle des marionnettistes des complots, de la vie, de l’Histoire, du Monde.

1515-1519 est un roman intriguant qui nous fait revisiter l’Histoire en regardant par le bout d’une lorgnette bizarre et parfois incroyable. Et si le Monde était le résultat d’actions d’un groupe d’individus qui tiraient les ficelles dans l’ombre? C’est peut-être déjà le cas? Vous allez voir les évènements mondiaux de cette époque  d’une manière que n’avait délivré aucun document historique.

L’amour, la trahison, les batailles agrémentent la lecture et titille notre curiosité. il ne faisait pas forcément bon d’être dirigeant en 1515-1519. François 1er vous le confirmerait sans aucun doute. Le chroniqueur de la tour nous emporte dans son Histoire mondiale revisitée par les efes, les humains, les morts-vivants, les intrigants, les victimes, le clergé. Les chapitres sont denses et envoûtants, ce qui n’empêche que la lecture est addictive et nous laisse imaginer une suite toute aussi belle et prenante.

Ma note 17/20

9791026219576   Ed. Librinova   476 p.

Sur le pont supérieur – Jacques Dompnier – 2018

Quatrième de couverture

La commissaire principle Phylis était à bord d’un navire  cinglant vers les Açores. En voyage de noces avec son mari Jérôme, Phylis goûtait une paix qui adoucissait le bleu de ses yeux. Mais bientôt les évènements se précipitèrent et ce lieu d’agrément céda la place à un magistral imbroglio. Chaque visage devenait suspect, les morts restaient incompréhensibles; le ou les assassins demeuraient cachés derrière un masque indéchiffrable. Un naufrage couronna le tout. Il fallut toute la sagacité de Phylis pour pénétrer une filière surprenante et raccorder tous les fils.

Mon avis

Le titre fait penser à une croisière peinarde. Une histoire d’amour. Est-ce le vrai tableau? Au premier abord, effectivement. Mais, une croisière légèrement entachée d’un cadavre. Dans l’indifférence quasi générale des croisiéristes. Ainsi débute une enquête énigmatique. Qui est cette femme? Accident ou assassinat?

Dès la première ligne, la première page, le ton est donné. Malgré un environnement paradisiaque. Mauvaise augure?  Le rythme  de l’enquête est soutenu. L’intrigue se tisse et se diversifie au fil de la lecture. Que se passe t-il dans ce groupe qui voyageait pour passer de beaux moments?  Pour passer de bonnes vacances à bord de ce bateau?  Le compte à rebours est lancé. Qui croire?

Sur le pont supérieur est une enquête hors normes où les surprises sont à chaque page. A chaque chapitre. La lecture se fait d’une traite avec un plaisir et une curiosité intenses. Les personnages atypiques sont aussi énigmatiques que les crimes commis. Tout se passe en douceur. Oui, j’insiste. En douceur. Peu ou pas de courses poursuites, de coups de feu intempestifs. Mais de l’humanité, de l’amour, de la vie. De bons moments entre personnes qui s’apprécient. Eh oui, lune de miel oblige. Cependant, tout le monde est présumé coupable jusqu’à preuve du contraire, ainsi que la loi ne le dit pas.

Sur le pont supérieur est un vrai roman policier. Ne vous fiez pas au titre. De très beaux moments d’enquête. Des moments de déception et de doute. De suspicion. Puis l’inimaginable. L’inavouable. Ce moment où le ciel vous tombe sur la tête vous laissant abasourdi. Pourquoi cette personne? Pas elle! Dire qu’elle était avec tous les autres… sur le pont supérieur!

Ma note 17/20

9782375440421   Ed. Brumerge   10 p.   11€

Du couscous dans le pudding – Yamina Mazzouz – 2016

Quatrième de couverture

Norah, jeune fille maghrébine au  caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une  place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé  et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse

Au-delà du roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose: la noblesse britannique  et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Mon avis

Changer de vie est une aventure. Dans le pays de Shakespeare, c’est encore mieux qu’une aventure. C’est un voyage épique. C’est ce que découvre Norah, heureuse de mettre du peps dans sa vie. Tout se passe bien jusqu’à ce que … beaucoup de choses. Amour, santé…meurtres!!! Oups, je m’égare. Pas tant que çà. Amour, oui. Meurtres, oh que oui. Santé, on verra.

Quoi de mieux pour passer le mal du pays que de résoudre des meurtres? Avec un zeste d’intuition et beaucoup de réflexion, d’imagination, Norah nous emmène dans son monde avec sa superbe fraicheur. Et si cela lui permettait d’oublier sa banlieue parisienne? Quel sera son avenir en terre britannique? S’adaptera t-elle à sa nouvelle vie?

Du couscous dans le pudding est très bien écrit.  Le suspens est diffusé en douceur tout au long de la lecture. Il s’agrandit au fil des pages. Des chapitres. On vit au rythme de la campagne anglaise. Pour son premier roman, Yamina Mazzouz, nous fait vivre une enquête à la Agatha Christie à qui elle n’a rien à envier. En effet, Du couscous dans le pudding est digne  des grandes dames du polar britannique.  C’est un roman qui se laisse dévorer. Un superbe roman. Un roman plein d’humour très fin. Yamina Mazzouz est une écrivaine, une plume à suivre car elle a beaucoup d’avenir dans le monde littéraire. Retenez bien son nom.

Ma note 18/20

9791031002255  Ed. Les Presses Littéraires   263p.   12€

Aztèques La croisée des Mondes – Eric Costa – 2018

Quatrième de couverture

Teotitlan 1517. Ameyal fille de chef téméraire, fière et impulsive, est enfin admise comme concubine. Le rêve qui se cache derrière son regard de jade: s’évader du harem d’Ahuizotl, le monstre aquatique. Mais, pour y parvenir, elle devra payer le prix.

D’un côté, la liberté et la vie. De l’autre, la mort ou la prison. Entre les deux, un parterre de fleurs sublimes et vénéneuses. Des rivales et ennemies qui ne lui laissent aucun répit. Un Maître qui la poursuit. Une alliée folle de désir. Une déesse qui l’a choisie pour servir d’obscurs desseins. Comment s’échapper de cette cage dorée?

Mon avis

Une cérémonie qui nomme les nouvelles concubines. Tel est le début de ce roman. Une cérémonie modeste qui permet à des femmes d’évoluer au sein du harem. Un harem qui ressemble à tous les autres à travers le monde. Où la vie, les amis, les inimitiés se font et se défont au rythme des intrigues. Ameyal y fait ses premières armes de concubine et n’a qu’un rêve : s’échapper.

Une belle histoire toute en finesse où les traditions Aztèques affleurent à chaque cérémonie. Où les traditions et les règles du harem montrent la rigidité de ce monde fermé qui fait fantasmer beaucoup de monde. Cette vie dans ce huis clos n’est pas de toute tranquillité. Et  Ameyal apprend vite. Aztèques La croisée des chemins nous emporte dans la suite des aventures de notre héroïne. Héroïne dont on ressent profondément les sentiments. Que l’on voit évoluer au fil des pages.

J’ai eu un coup de cœur pour Ameyal. Pour sa vie. Ses douleurs. Ses souvenirs, bons ou mauvais. Cette femme-enfant en avance sur son siècle. Dont les choix ne cadrent pas avec les traditions du harem. Cette jeune femme que son passé force à regarder vers l’avenir malgré les blessures du présent. Que lui réserve justement l’avenir? Arrivera t-elle à accomplir ses rêves?

Bien que ce soit la troisième saison, Aztèques – La croisée des mondes se lit aisément, séparément des deux premières saisons. Un roman qui se lit d’une traite tant il est prenant. Une très belle lecture.

 

Ma note 17/20

ISBN 9781980911168    330 p.