Folles vies – Alessia Valli – 2019

Quatrième de couverture

Fille d’un chauffeur de maître qui l’a élevée seul dans des conditions modestes, l’héroïne se fait appeler Audrey car elle s’identifie à Audrey Hepburn dans le film Sabrina. Il souhaite pour elle une existence rangée alors qu’elle aspire à une vie romanesque et dorée. Suite à une rencontre fortuite, Audrey est admise à 20 ans dans la très sélect Biotech Society, un club privé d’investisseurs fortunés. Plusieurs membres tenteront de la séduire, mais elle sera attirée par le très charismatique Adriano Cervi, fondateur de Genesis, une société de biotechnologie pionnière dans l’édition du génome, cotée sur le Nasdaq. Elle s’investira et investira tout dans Genesis dont le parcours en dents de scie fera écho à sa relation passionnée avec Adriano, entre euphorie et désespoir. Audrey se cherche, cherche l’amour et la fortune. Comment s’inventer une vie quand on veut sortir et s’affranchir de son milieu? Comment devenir adulte sans renoncer à ses rêves?

Chronique

Quoi de plus normal de rêver sa vie? De désirer une vie meilleure? Surtout quand on fait partie de ceux qui n’ont jamais eu beaucoup de moyens financiers.  Quand on fait partie de ceux qui ressentent un grand vide dans leur vie. C’est le cas d’Audrey qui rêve de liberté, de reconnaissance, de richesse. Pourquoi ne pas avoir un alter ego prêt à toutes les folies pour se sentir exister? Peut-être est-ce enfin une chance de vivre la vie dont elle avait tant rêvé?

Folles vies. Je serai tentée de dire Folles Espérances. Un roman intrigant qui vous pousse à vous questionner sur le destin. Sur l’amour. Sur le hasard des rencontres. C’est un roman de tendresse. De force. C’est un roman qui nous narre la forte fragilité d’une femme. Sa capacité à tout faire pour donner vie à ses rêves et à y croire. C’est un roman bouleversant qui nous fait découvrir un amour hésitant. Un roman qui nous fait découvrir une femme si forte de faiblesse. De douceur. De tendresse. Une jeune femme qui en veut et se donne les moyens. Y arrivera t-elle sans se brûler les ailes tel un papillon face à la lumière? Comment s’en sortira t-elle? Sera t-elle assez forte?

Une lecture toute en douceur. Avec une sorte de sérénité  qui nous fait tourner les pages avec curiosité. Avec un plaisir accru. Folles vies est l’histoire d’une femme hors norme. Une femme entière qui se découvre à travers ses rêves. Ses projets. Une femme qui se donne les moyens. Une femme qui se donne la chance d’y arriver même si pour cela elle devrait vivre de folles vies.

Note 17/20

9791030202816    Editions Fauves    168 p.    17€

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Pourquoi les baleines chantent-elles? – Françoise Kérisel – 2006

Quatrième de couverture

« Les chefs des animaux et ses sujets avaient des pirogues légères, qui ne pouvaient résister aux courants et aux cyclones. Seule l’énorme baleine possédait une barque immense, une arche solide, dans laquelle il y aurait de la place pour tout le monde. Au nom des siens, le chef lui parla.
– Baleine mon amie, entends notre requête. Ici, c’est la misère, et là-bas, une bonne terre nous attend. Il nous faut partir au plus vite. Seule ta superbe embarcation pourrait nous y transporter en un seul voyage, contre vents et marées. Prête-la nous, nous t’en prions.
-Non, dit-elle, je ne la prêterai jamais à des animaux des terres.
Et avec mépris elle cracha haut son écume. Il fallait donc s’emparer de son arche par la ruse ! »

Chronique

Des contes océaniens. Des contes qui solutionnent les mystères de la vie. A leur manière. Comment faire quand on est dépositaire de la mémoire d’un peuple et que ce dernier pose des questions existentielles? Comment aller à la découverte du monde en apprenant les mystères et en écoutant? Ainsi qu’ils le disent en Australie, « fermez la bouche, que vos oreilles entendent. » C’est si joliment dit.

Les contes sont courts et proviennent de toute l’Océanie. Chacun a sa formule pour débuter un conte. Les croquis qui respectent les codes de ce continent sont en noir et blanc et sont superbes. Ils décorent chaque conte que le lecteur prendra plaisir à découvrir. Ces contes expliquent les coutumes, les cultures de cette partie du monde. Savez-vous comment sont nés les cygnes noirs? Savez-vous comment les hommes ont connu le feu et la nuit? Des questions qui, j’en suis sûre, vous empêchent de dormir. Alors, vous trouverez une réponse belle, exotique et si simple que vous aurez du mal à l’imaginer.

Pourquoi les baleines chantent-elles? est une ode à la nature. Une invitation à la respecter. A l’écouter. A l’entendre pour mieux la comprendre. Françoise Kérisel nous fait voyager à travers les mots. A travers les paysages. A travers les récits. Elle nous fait voyager d’île en île pour répondre à une question bien simple: Pourquoi les baleines chantent-elles?

Note 18/20

9782296002234   Editions l’Harmattan   Collection La légende des mondes   74 p.   10,50€

 

 

Kyan Rogh – T. 1 – L’artéfact insoupçonné -Charles Chehirlian – 2018

Quatrième de couverture

Dans la nuée des mondes, sur le monde d’Hashkaria, terre de mystères et de légendes, d’honneur et d’infamie, de fééries et d’atrocités où l’acier, la magie et le savoir cohabitent, où des royaumes s’entredéchirent depuis la nuit des temps, où d’autres prospèrent , où des hommes au destin glorieux en croisent d’autres au sombre passé et aux desseins funestes, le monde où le dieu Kyan Rogh, créateur de toutes choses, est vénéré. Ce qui aurait dû être oublié à jamais ressurgit par la seule volonté de l’inextinguible soif de pouvoir qu’est celle de l’homme, menaçant le fragile équilibre de tout ce qui est. Le Roi Elhmor l’usurpateur, Kerek Galdine, mage noir d’Idhelheim, sont de ceux qui convoitent le Manuscrit des Anciens, alors que Khaynes le Roi Sanglant se prépare à l’invasion et à la destruction de toute chose. Au milieu des complots, des guerres et des histoires qui façonnent ce monde, une poignée d’êtres, à la convergence improbable, à la force et aux intentions imprédictibles, se lancent dans une quête dont l’issue pourrait à jamais changer la face du monde…..

Chronique

Un royaume où les secrets sont loi. Un royaume où le roi est un usurpateur. Où Eminaelle, grande guerrière est prête à tout pour protéger sa noble amie. Quel rapport? me direz-vous. Un secret qui peut coûter des vies. Des vies qui se perdront par cupidité. C’est ainsi que cela se passe dans les royaumes fantastiques. Des vies pour un objet bien secret. Que représente t-il? Pourquoi tant de détermination à l’acquérir?

Nous assistons à des batailles rudes. Parfois des batailles-éclair menées par des hommes, des personnages fantastiques. Dans un monde quasi féérique où les royaumes convoitent le même objet. Des trahisons. Des alliances plus ou moins respectées. Des mésalliances. Le rythme est soutenu. Des rebondissements qui mettent en lumière l’âme de l’homme. Pas forcément le côté sympathique. Nous apprenons l’origine des onze royaumes. Une histoire magique. Magnifique. Digne des grandes salles de cinéma. Les descriptions sont détaillées et belles. La lecture est addictive tant les évènements sont nombreux et titillent notre curiosité. La magie des mots. La magie des lieux nous emportent dans ce monde fantastique et nous adorons.

Kyan Rogh – L’artéfact insoupçonné nous présente des mondes incroyables. Des mondes où la paix est chèrement acquise.  Des mondes où la paix et la guerre se vivent avec la même passion. Avec la même frénésie. C’est un roman fort. Beau. Un roman qui permet de chercher avec des personnages incroyables, entiers, forts, l’artefact insoupçonné.

Note 18/20

9791022784412   Autoédition    594 p.     26,30€

La Môme-Hulotte – Andrea B. Cecil – 2018

Quatrième de couverture

Rose Magras, célèbre romancière à succès, mène une vie un brin mystérieuse et assez solitaire avec ses deux chats. Elle tolère néanmoins dans son quotidien la présence de son agent littéraire mais également de celle, jeune et dynamique, de sa « môme-hulotte ». Plusieurs évènements concomitants mais bien indépendants vont brusquement bouleverser son petit rythme, révélant finalement au grand jour un secret bien gardé. Rose, défaite, va finalement devoir se reprendre et se ré-apprendre…

Chronique

Qui est vraiment Rose, écrivaine de renom? Pourquoi un coup de fil a t-il mis fin à sa séance de dédicace avant qu’elle ne commence? Pourquoi raconte t-elle cette histoire abracadabrante à Solveig sa jeune voisine? Est-ce la vérité? Ce sont les premières questions qui viennent à l’esprit en lisant les premières pages.

La Môme-Hulotte est écrit à la première et à la troisième personne. C’est un roman raconté à deux voix. Un récit sur les aventures d’une écrivaine. Cette relation avec une parfaite inconnue. D’ailleurs que lui veut cette femme qui s’est insinuée dans sa vie? S’incruster serait le bon mot. C’est l’histoire d’un secret longtemps et lourdement gardé. Un secret qu’elle a appris à taire pour se donner une image lisse et quelconque.

Au fil des pages, nous découvrons une intrigue machiavélique qui se met en place. Pour détruire. Pour salir. Pour mettre à mal  quelqu’un juste pour de l’argent. Une histoire qui se termine pour donner le jour à une nouvelle aventure. La Môme-Hulotte nous parle de la facilité avec laquelle une vie peut être saccagée. Sans aucun remords. Avec froideur. Pour atteindre un but. Pour acquérir la notoriété. Ce n’est pas ce que nierait la Môme-Hulotte.

Note 18/20

9781983280214    Autoédition   240 p.   9,07€

Un monde désorbité – Christine Bry – 2018

Quatrième de couverture

– Vous aimez Proust?

– Ah, vous savez, je suis comme Céline. Trop de mots!

Un verre tinte. Le silence se fait dans Le Café de la Paix de Valréas où se tient la réunion littéraire mensuelle. La voix de Christine Bry s’élève. Elle ne faiblira plus pendant une heure jusqu’à ce que jaillissent les applaudissements. Il y a décidément trop à garder en soi après une lecture  de A l’ombre des jeunes filles en fleurs, ce roman que Proust a achevé pendant la guerre de 14, époque particulièrement désorbitée. D’habitude, les lectures s’accumulent dans la mémoire en strates géologiques. Ici, la mémoire déborde, il faut la partager. […]

Chronique

Un voyage. Dans le temps. Dans le monde…des arts. Entre Van Gogh et Proust en passant par… Maupassant. Dans le salon de la famille Blanche. Un endroit où tous les artistes se rencontrent. Un voyage à travers le monde littéraire de l’époque accompagné de trois belles lettres lues avec émotion.

Le monde désorbité est une plongée passionnante dans le 19ème siècle. Par le biais des écrits, des tableaux. Dans les salons tenus par des intellectuels de l’époque. La vie de ces hommes et de ces femmes qui ont marqué l’art, la littérature, des matières qui ont encore un impact dans notre société actuelle.

Nous évoluons, au fil des pages, dans une ambiance ouatée où chacun se raconte dans un murmure. Dans un souffle. De peur de bousculer une société refermée sur elle-même. Une société qui choisit ses élites. Un monde où la vie se raconte dans des textes, des peintures, de la musique. En parallèle se raconte une vie qui, paradoxalement, sort de ses habitudes. Une vie qui sort de ses repères et semble se perdre au-delà de ce qu’elle voulait ou souhaitait.

Le monde désorbité est une mémoire schizophrène. Une mémoire parfois vacillante d’un passé qui fut, d’un présent qui est. D’un présent asthmatique qui peine à se retrouver. Une époque qui se vit tel le monde désorbité.

Note 16/20

9782919270088   Editions les trois platanes   114 p.   15€

Le grogneux rempile – Iris Rivaldi – 2018

Quatrième de couverture

Il n’aspirait qu’à la paix et à la tranquillité, de notre fin limier mais voilà que de nouveaux soucis se pointent pour le Commissaire principal Paul Berger dit le « Grogneux », et donc de nouveaux grognements en perspective!  Heureusement sa charmante épouse Emilie est là pour apaiser son esprit… Le voilà de nouveau confronté à un crime odieux dont il devra éclaircir le mystère et sa retraite tant attendue n’est plus à l’ordre du jour. Les lendemains ne s’annoncent pas de tout repos. Le petit commissariat de province de Sernon est en effet le théâtre de nombreuses péripéties.. Les dossiers s’empilent au grand dam de notre fin limier, autour duquel gravitent amis et collègues, qui se serrent les coudes quand le sort s’acharne. En reprenant du service, notre Grogneux n’a pas laissé ses bons sentiments dans les classeurs métalliques de son bureau: toujours aussi fleur bleue, sa douce Emilie lui communique sa joie de vivre et son amour qui l’aideront à supporter bien des tourments. Elle apportera aussi son aide pour réconforter les âmes en peine de passage. Ce récit est rythmé par une cascade d’évènements intenses. Comment notre grogneux va-t-il se sortir d’autant de chausse-trappes?

Chronique

C’est le départ pour la retraite et le Grogneux semble pressé de partir retrouver ses êtres chers. Et si le sort en décidait autrement? Et voilà que notre flic reprend du service. Est-ce une bonne idée? Que nous réserve le Grogneux? La vie est faite de priorités et notre commissaire sait faire la part des choses. Nous partons pour une nouvelle enquête. Une enquête qui touche particulièrement le Grogneux. Alors commence une chasse à l’homme. Une course contre la montre. La traque du ou des assassins. Avec un policier toujours aussi fleur bleue et sensible.

La lecture est agréable et se fait sans heurts. Les chapitres sont assez courts. La vie du commissaire et l’enquête sont liées  rendant ainsi l’histoire vivante. Plausible. Vraie. Nous avançons dans l’enquête d’une manière simple. Une enquête où quelques coups de feu ponctuent les avancées. Nous assistons à la renaissance d’un homme. Une renaissance à la vie. A l’amour. A son entourage.

Le Grogneux rempile et nous rempilons avec lui. Avec plaisir. Avec bonheur. Nous découvrons aussi les ficelles du métier de flic et nous nous posons de nombreuses questions intrigantes. Qui est à l’origine d’un tel crime crapuleux? D’un crime si odieux? Pourquoi cette cible et pas une autre? Trouvera t-on un jour le ou les assassins? Le Grogneux arrivera t-il à concilier vie privée et vie professionnelle sans heurts? Au fil des pages, nous avançons sur la pointe des pieds dans cette traque éprouvante. Pour toute une équipe. Une traque qui devient possible car le grogneux rempile.

Note 17/20

9782322148004    Books on Demand    200 p.    15€

Le trône maudit – Jose Luis Corral & Antonio Piñero – 2014

Quatrième de couverture

An 4 avant Jésus-Christ. Le cruel tyran Hérode le Grand meurt et laisse le trône d’Israël vacant. Deux de ses fils se disputent  alors la succession de celui qui était considéré comme le roi de tous les juifs. Débute ainsi une période mouvementée où passion, violence et trahison se déchainent: chacun voulant obtenir la faveur de l’Empereur Auguste qui surveille avec une extrême vigilance cette partie particulièrement sensible de son Empire.

Dans ce contexte fragile apparaît un jeune prédicateur, Jésus de Nazareth, qui par ses sermons sur le Royaume de Dieu et sa capacité de persuasion commence à remettre en cause la tutelle romaine  et l’hégémonie des prêtres juifs de Jérusalem. Dès lors, nombreux sont ceux qui veulent se débarrasser de ce rebelle, qui va entrainer un bouleversement fondamental dans l’histoire du monde.

Chronique

Comme le dit l’adage: « Le roi est mort, vive le roi« .  Et après, que se passe t-il? Qui lui succèdera?  Avait-il choisi son dauphin avant de mourir? Pour Hérode, comme pour tous les rois, la mort est aussi une question politique. Et Hérode n’en finit pas de mourir. Plutôt, il est mort dans un silence et un secret assourdissants. Fracassants. Sa succession est une énigme. Nous découvrons, ainsi, les coulisses d’un succession royale où tous les coups sont permis pour accéder au trône tant désiré (meurtres, trahison…). Encore faudrait-il pouvoir survivre à cette foire d’empoigne.

Le trône maudit nous fait vivre un moment clé de l’histoire du peuple juif. A une époque où Jésus de Nazareth, par ses prêches, semait le trouble dans un  royaume tant convoité par tant de puissants. Qui succèdera, finalement à Hérode? Comment ce successeur accèdera t-il au trône tant convoité? Par le biais de cette succession, nous assistons aux prémices de ce qui deviendra la seconde religion monothéiste: le christianisme. Nous assistons aux  mutations socio-historiques  qui bouleverseront la politique de cette partie du monde. Nous faisons aussi la connaissance de différents personnages bibliques. Nous les découvrons sous un autre jour.

Nous ne nous ennuyons à aucun moment. Dès les premiers mots, nous voyageons dans le temps et nous sommes subjugués par la vie de ces hommes et de ces femmes. Certains faits décrits dans les grands livres religieux sont bien expliqués. Cependant, ne vous y trompez pas, il s’agit bien d’un roman. D’un superbe roman. Un gros pavé qui se lit avec une grande facilité tant le récit est prenant. Nous sommes pris dans la vie de nombreux héritiers plus ou moins légitimes. Une vie où intrigues, fourberie, violence, trahison sont maitres. Tout est acceptable pour s’accaparer le trône. Fut-il maudit.

Note 17/20

9782357204218   HC Editions   576 p.    22€

Les Royaumes Démoniaques – T.1 – La roche des âges – Christopher Evrard – 2018

Quatrième de couverture

« Mes erreurs sont tout ce qu’il me reste » Ciwen

Les royaumes démoniaques vous proposent de suivre l’histoire d’un univers où l’horreur et la violence côtoient la féerie et la beauté. La magie et les combats forgent la réalité au jour le jour, tandis que les légendes et mythe résonnent dans l’inconscient collectif comme des promesses d’un jour meilleur, telle la mystique roche des âges que Ciwen, un mage de foudre, recherche désespérément.

Dans une existence où le macabre est un lot quotidien… Quel est le sens de la vie? Quelle signification donner à des concepts comme l’amour et la haine, ou la guerre et la paix? Comment les définir, et les dépasser? Tant d’éternelles énigmes qui se posent à chaque instant, depuis la nuit des temps. Les réponses apparaissent toujours dans le noir, telles des lucioles fuyantes…

Ma Chronique

Un homme, une arme à la main, ivre de colère. Un homme qui jure vengeance. A qui? Pourquoi? Un homme pas si anonyme que çà et dangereux. Cela n’augure rien de bon. Ciwen recherche la roche des âges. Il est prêt à tout pour l’avoir. Sans aucune pitié. Bienvenus dans un monde où la fée Carabosse et l’Ogre ne sont qu’une seule et même personne. Bienvenus dans les royaumes démoniaques. Vous y entrerez de plein pied, ivres de curiosité. Saturés de beaux paysages et de violences inouïes. Bienvenus dans un monde où le paradis et l’enfer ne font qu’un.

Ciwen nous intrigue dès le début. Nous le découvrons ainsi que cette aura orageuse qu’il porte en lui. Qui est cet homme, ce mage? Quelle est son histoire? Pourquoi un tel manque d’empathie envers les autres? Pourquoi tant de violence en lui? Une violence qui semble le dépasser parfois? Dès le début, Owen nous intrigue et cela se poursuivra durant toute la lecture au gré des rencontres.

Une lecture qui débute calmement, puis peu à peu, nous sommes emportés dans un monde pire que l’enfer de Dante. Les paysages sont superbes. Bizarres. Les personnages sont nombreux et fantastiques. Les pires côtoient les plus beaux: ondines, mages, fées… Des êtres qui titillent notre imagination. Les sublimes batailles sont sanglantes. Sulfureuses. Dures. Les images en noir et blanc alourdissent et dépeignent si bien cette atmosphère de violence et d’enfer. Une violence  qui nous installe dans les royaumes démoniaques.

Les royaumes démoniaques nous entrainent dans une quête. Aboutira t-elle? Pourquoi révèle-t-elle les plus bas instincts des hommes? Pourquoi ne se fait-elle pas sereinement? Owen est le noyau suprême de ce lieu où il passe d’une réalité à l’autre. Sa quête nous mènera à la rencontre de mondes où la force, l’aura, la magie permettent de survivre. Des mondes où les personnages luttent contre leurs propres démons. Des mondes où les âmes sont torturées. Des âmes qui ont du mal à se fondre dans les corps qu’ils occupent. Des âmes  qui sont le reflet de la vanité des personnages qu’ils habitent. Personnages qui vivent dans les royaumes démoniaques et qui se perdent dans une quête: celle de la roche des âges.

Note 18/20

9782960223521   Autoédition   391 p.

Manège – Rémy Mallard – 2019

Quatrième de couverture

Egoïsme, indifférence, pouvoir, paranoïa, malchance, espoir… Couple qui se découvre, ne s’écoute pas, s’amuse, se questionne sur l’engagement… Voici à travers quatorze nouvelles, quelques fragments de la vie, peuplés de rêves qui ne se terminent pas toujours bien, en tout cas pour certains. Des histoires différentes qui se suivent, s’entrecroisent, tournent, comme dans la vie… comme sur un manège.

Chronique

Des histoires de tous les jours. Mais, si insolites. Si surprenantes. Des petites histoires. Des anecdotes. Des perles qui sont enfilées avec justesse, avec précision sur un beau collier. Telles sont les nouvelles de Rémy Mallard. Un kaléidoscope de vies. Un kaléidoscope de faits. Un kaléidoscope de récits dantesques.

Dans manège, nous entrons dans un monde sidérant. Parfois. Hilarant. Souvent. Enigmatique. Aussi. Une famille déjantée. Un adolescent crédule. Une femme âgée délirante. Autant de bribes de vies relatées avec humour. Avec suspens. Avec horreur. Avec perspicacité. Pas de fioritures. Des mots justes. Posés comme une offrande au lecteur. Une ritournelle de mots qui se mêlent, se tissent, pour former des passages, pour certains, dignes de Stephen King.

A travers manège, nous sommes enveloppés dans une atmosphère très dense. Une atmosphère surprenante. Une atmosphère qui nous fait grincer des dents devant des situations pleines de cynisme, d’humour. Des situations piquantes. Très fines. Nous posons, ainsi, un regard « pervers » sur les nouvelles car nous sommes pris dans une lecture très addictive. Le suspens est à chaque page. Que se passe t-il? Comment cela va finir?

La lecture se fait d’une traite (je l’ai lu en une journée) tant ces histoires sont belles. Elles ne se ressemblent pas, mais, ont un point commun: l’absurdité de l’être humain. L’absurdité des choix de la vie. La déshumanisation de la société. Le suspens dure jusqu’à la dernière ligne. Pour notre plus grand bonheur. Parfois, pour notre plus grande horreur. Pour notre plus belle peur. Les personnages se retrouvent tournant en vain, étourdis par cette ronde d’évènements sans fin. Pris dans les filets d’évènements qui les dépassent. Ils tournent. Terriblement. Pris dans le manège de la fatuité humaine.

Note 18/20

9782343163512    Ed. L’harmattan    258 p.    22€

Le Nègre de Napoléon – Raymond Chabaud – 2015

Quatrième de couverture

Peut-on être martiniquais, noir, abolitionniste, officier de la Légion d’Honneur, général nommé par Napoléon sur le front et membre de l’Etat Major de Louis XVIII? L’histoire de Joseph Serrant débute dans l’époque troublée de la Révolution pour s’achever dans la morne conformisme de la Restauration.

Cordonnier à Saint-Pierre, Joseph Serrant s’active dans le Club des jeunes citoyens et se bat pour l’abolition avec Louis Delgrès: tous deux participent, dès 1792, à la première abolition qui ne durera guère. Puis c’est la guerre où il peut enfin exprimer sa bravoure: Napoléon le nomme Général après la victoire d’Ostrovno. Joseph Serrant est le seul métis élevé au grade de général par Napoléon, le seul Général métis d’Empire.

Chabin, aux Antilles, Joseph est Noir. En Europe, seul officier métis dans une armée qui n’en compte guère, il est vu comme Blanc. Aux Antilles, révolutionnaire, Joseph se prend d’une passion pour la Nation. En France, la Nation Jacobine lui fera oublier la singularité antillaise.

Chronique

Au crépuscule de sa vie, Joseph Serrant fait un retour sur sa vie. Sur son édifiante carrière. C’est un homme qui est né Métis et libre  dans son île. Un homme qui est reconnu en tant que Blanc en France. Un mensonge sur ses origines qu’il assumera toute sa vie. C’est l’histoire d’un cordonnier qui s’élève socialement et devient l’un des plus grands généraux de l’Empire Napoléonien.

Le Nègre de Napoléon nous transporte dans une vie. Celle de Joseph Serrant, né au pied de la Montagne Pelée. Les hasards de la vie vont jouer en sa faveur et faire de lui l’homme qu’il deviendra. Un homme de combat.  Il s’agit d’une histoire envoûtante, addictive qui pousse à tourner les pages avec un grand plaisir. Une petite histoire dans la grande. Une petite histoire avec la grande.  Celle qui se greffe à l’Histoire dans une trame tissée avec obstination jusqu’à s’unir pour aboutir à des faits historiques tels que l’abolissement de l’esclavage qui ne dura qu’un an, à l’époque.

Le Nègre de Napoléon est l’histoire d’une île: la Martinique. Une île où la société se décline en couleur de peau. Une île où les classes sociales se côtoient, mais sont profondément divisées. Sur cette île une famille aura un destin profondément bouleversée par sa participation à l’histoire de France.  Joseph Serrant est le témoin actif de ce changement. Un témoin qui nous entraîne dans les grandes batailles de l’Empire à travers l’Europe. Le regard que porte Joseph Serrant sur sa vie est sans fards. D’une limpidité sans faille. Il a aimé sa vie, malgré quelques regrets. Il a aimé représenter son pays. Il en a ressenti une grande fierté, même s’il a toujours tu sa couleur qui, autrement l’aurait desservi. Même s’il était le Nègre de Napoléon.

Note 17/20

9782357202498   HC Editions   208p.   17€