Publié dans policier, romans, thriller

Les mystères de « Beau-Soleil » – Patrick Mothes – 2019

Quatrième de couverture

Le hameau de Beau-Soleil a perdu la plupart de ses habitants. Seule Maria résiste. A plus de 90 ans, elle ne veut rien céder au temps qui passe. Elle le fait en mémoire de ceux qui ont disparu mais surtout pour Julien, cet arrière-petit-fils différent des autres, qu’elle sait fragile mais qui lui est si proche. Il n’a rien de commun avec les jeunes de sa génération. Il est attaché à la terre, à la nature, à la vie paysanne, celle de ses grands-parents, celle de femmes et d’hommes qui respectaient leur environnement sachant que leur vie en dépendait. Néanmoins, il porte cette différence comme un fardeau et va se heurter à une ruralité dont il méconnait les déboires et les pièges. Heureusement, il fera la connaissance d’Agnès, cette adjudante de gendarmerie aussi pétillante qu’humaine.

Chronique

Le monde du terroir accepte difficilement ce qui vient de l’extérieur. Encore moins quand une personne décide de vivre différemment d’eux. Ce dernier se heurte à un mur de haine et de violence. Julien en sait quelque chose. Lui qui souhaite vivre et travailler sur la terre de ses ancêtres Selon ses choix. Comment va t-il vivre son retour à la terre? Son retour sur ses terres? Comment cela se passera t-il avec ses voisins?

Les mystères de Beau-Soleil est une immersion dans le monde rural. Un monde rude. Bourru. Sans concession. Un monde qui n’a aucune pitié pour les faibles. Pour les personnes différentes. Pour ceux qui viennent d’ailleurs. Julien en fait la rude expérience. Il côtoie des personnages qui n’ont jamais quitté cette terre qu’ils aiment jusqu’à la mort. Cette terre rude et généreuse qui fait des hommes des êtres rudes et frustres. Qui pourra bien aider ce jeune citadin? Arrivera t-il à faire comprendre à son entourage ses choix de vie? Qu’est ce qui explique ces meurtres autour de sa ferme? Qu’en pensent les gendarmes?

Avec une lecture prenante, nous avançons dans les péripéties de Beau-Soleil, terre insoumise. Nous assistons à une lutte âpre pour exister. Pour affimer sa particularité. Pour affronter de lourds secrets de famille. Que réserve l’avenir à Julien? Qui est cette gendarme qui dirige les enquêtes? Croira t-elle ses dires? A pas mesurés, nous évoluons dans ce microcosme. A la découverte de tous les mystères de « Beau-Soleil ».

Note 17/20

9782343175775    Editions l’Harmattan    Coll. Rue des Ecoles    228 p.    21€

 

 

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Publié dans policier, romans, thriller

Et le vent me traversa – Gérard Pardini – 2018

Quatrième de couverture

Qui est vraiment Claudio Di Blasio? Un redoutable tueur? Un mythomane? Une victime des services secrets italiens? Dans son journal, tout semble désespérant, absurde: impossible de distinguer le vrai du faux… Ses souvenirs nous plongent au cœur de l’histoire secrète de l’Italie des trente dernières années. Di Blasio a-t-il voulu régler ses comptes en laissant derrière lui ses terribles carnets, pris d’une crise subite de remords?  Désirait-il révéler sa véritable identité à Lucia sa confidente? Aux lecteurs de ses carnets? Même l’auteur, qui a pu les étudier, doute de son personnage et de la légitimité de son récit. Di Blasio est hors du commun, tout à la fois cynique et touchant de naïveté quand il nous parle de la raison d’Etat qui lui permet de justifier ses meurtres.

Chronique

Claudio Di Blasio. Un nom qui n’inspire personne. Pas même son propriétaire. Un homme doué d’une grande intelligence. Un homme froid, calculateur, qui met son intelligence au service du crime. Pourquoi? Que représente le crime pour lui?  Pourquoi, un jour, décider d’écrire ses mémoires? Claudio Di Blasio. Un homme invisible à la quasi totalité des personnes autour de lui. Un homme parmi tant d’autres. Un homme au hobby, au plaisir angoissants: le crime…

Dans et le vent me traversa, nous découvrons un tueur méticuleux. Trop méticuleux. Un homme qui prend plaisir à ce qu’il fait et qui utilise son intelligence à faire la seule chose qui lui inspire du bonheur: tuer. Avec froideur. Avec cynisme. Avec une sensation incommensurable de bonheur. Nous découvrons un tueur machiavélique. Merveilleusement sadique. Est-il né ainsi? L’est-il devenu suite à un vécu traumatisant? Pourquoi un homme cultivé devient-il un tueur calculateur au sang froid, sans état d’âme?

Et le vent me traversa nous fait côtoyer un homme qui avait une vie normale. En apparence. Un homme qui avait des parents qui l’aimaient à leur manière. Nous accompagnons un homme qui peine à s’identifier autrement qu’en tant que tueur. Un homme qui tuait sur commande ou par plaisir. Un homme qui, avec le temps, avait oublié son nom enregistré à l’Etat Civil. Un homme qui tua et mourut dans le secret. En toute discrétion. Mensonges ou réalité? A vous de voir.

Note 17/20

9782343160597   Editions l’Harmattan   Collection Rue des Ecoles   245 p.    21,50€

 

 

Publié dans policier, thriller

Et tout sera silence – Michel Moatti – 2019

Quatrième de couverture

Grand Londres, hiver 2019, Anna Kaczor est retrouvée assassinée à coups de tournevis et tout le monde s’en fout…Jusqu’à ce qu’on découvre que la jeune femme a été impliquée dans un scandale politico-sexuel retentissant. Dès lors, la police et la presse se jettent sur l’affaire dans une grande confusion. Et Lynn Dunsday, web-reporter aux méthodes expéditives et à la plume aiguisée, décide de remonter la piste. Débute alors un terrifiant voyage entre Londres, l’Italie et le Nord de la Pologne, où des femmes sont recrutées par des organisations criminelles dont la violence est sans limites. Convoyées comme des marchandises vers l’Europe de l’Ouest, elles y nourrissent de vastes réseaux de prostitution…

Chronique

Une histoire trop connue à travers le monde. Malheureusement. Une belle promesse d’emploi. Un rêve à réaliser. Le désir d’avoir une vie professionnelle pour s’en sortir. Le rêve qui prend l’eau. Une grande déchéance. Et c’est le monde qui s’effondre sur les trottoirs des belles villes occidentales. Promesses oubliées. Rêves violemment foulés au pied. Ecrasés par la libido des clients. Une histoire sordide. Une histoire qui a brisé de nombreuses femmes. Malheureusement. Le pire étant quand ces femmes deviennent la proie de tueurs. Tel est le destin de nombre de ces femmes qui avaient un rêve. La mort croise souvent leur route, tel Anna Kaczor, sacrifiée sur l’autel de la Traite Humaine.

Tout commence par un voyage hors norme que nous suivons au fil des pages. Nous assistons à leur destin brisé, aux violences subies pour les soumettre. Michel Moatti en parle avec une telle humanité que nous ressentons profondément la détresse, la peur de ces femmes. Nous vivons chaque instant de leur chienne de vie jusqu’au jour où un inspecteur se penche sur leur corps meurtri. Tel Andy, Inspecteur du Crime Command et son amie Lynn, journaliste.

Et tout sera silence, un roman policier profondément humain dont le récit fait froid dans le dos. Chaque mot, chaque page est si proche de la réalité de ces femmes que nous ne regarderons plus jamais ces femmes de l’ombre, ces femmes-objet de la même manière. La vie de ces jeunes proies se lie à celle de l’inspecteur et de son amie, rendant le récit vivant. Vivant de force. Une force d’horreur. Une horreur tue par la peur. Une peur qui fera dire avec culpabilité et tout sera silence.

Note 19/20

9782357204737   HC Editions     320 p.    19€

 

 

 

Publié dans policier, thriller

Chemin du bout du monde – Jean Benjamin Jouteur – 2018

Quatrième de couverture

Un manoir pétrifié sous la neige, un jeune homme qui vit la route, la fin tragique d’une jeune héritière… Dans ce chemin du bout du monde, deux histoires s’imbriquent. Il y a l’affaire d’Aubigny, une délicate enquête pour la Commandante Christine Cartier. Complots de famille, jalousies, magouilles politiques, héritage, milieu niçois… Comment dévoiler une vérité que nul ne semble vraiment connaitre. Et puis il y a Eric. Fissuré de partout, consumé de révoltes, dévalisant les honnêtes gens, il fréquente les zonards, les junkies, les dealers, les marginaux. Egarés dans les vapeurs incertaines de paradis artificiels, poursuivi sans relâche par une ombre du passé cruellement aimante, il perd facilement le contrôle. Son comportement est imprévisible. Un soir de manque, dans un bar paumé d’une ville du Forez, son avenir prend la fuite. C’est la descente aux Enfers. Englué dans les méandres  d’un présent trop angoissant, à bout de souffle, il tente maladroitement de recomposer un passé occulté. Pour tous, il devient la cible, celui qu’il faut abattre… Ou peut-être aider.

Mon avis

Un jeune homme sans but débarque dans un café. Rien de plus banal en hiver. Qui est-il? Est-ce pour se réchauffer? Qui est Katia, cette amie qui l’accompagne? Quel lien avec les meurtres? Que peut-il cacher ou pas? Doucement mais sûrement, avec un humour parfois grinçant, nous abordons une enquête spéciale, atypique avec des personnages attachants. Pourquoi  tant de crimes? Quelqu’un a t-il quelque chose à cacher? Pourquoi le fait-il de cette manière?

Chemin du bout du monde nous emporte sur le chemin du bout d’une vie. Dune époque. Celle d’un homme. D’un adolescent brisé par la vie. Par ses choix. Par ses fréquentations. Le début et la fin d’un destin. Le destin choisi ou non, mais qui pèse lourd dans l’avenir sombre de ce jeune homme pas si bien sous tout rapport. Le tout raconté avec un vocabulaire fleuri mais en accord avec l’histoire et les personnages.

Au fur et à mesure des pages et des chapitres courts, nous découvrons l’histoire et la personnalité d’Eric, ce grand adolescent si énigmatique. Alors, est-il victime ou coupable? Dans un paysage de montagne, neigeux et glacé, des hommes jouent au chat et à la souris avec la vie. Le destin. L’humain. L’avenir. Le suspens demeure durant une grande partie de la lecture. Puis le doute se met en place. Poursuit-on la bonne personne? Qui est le vrai meurtrier? Puis la surprise. L’inavouable.

Chemin du bout du monde est un roman policier qui nous tient en haleine. Nous découvrons avec plaisir une énigme déroutante. Les pages se tournent avec plaisir. Ce qui pousse le lecteur à en redemander tant pour l’histoire que pour la beauté des paysages.

Ma note 17/20

9781719811750  329 p.

Publié dans policier, thriller

Pagaille à Mavoula! Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2018

Quatrième de couverture

Pourquoi cherchait-il à rendre justice lui-même? Cette triste affaire ne concernait que le département des affaires criminelles de la police congolaise. Pourquoi un Zaïrois devait-il s’occuper de l’investigation relative au meurtre d’un ministre d’un pays qui n’était pas le sien? La famille de la victime n’avait-elle pas confiance aux autorités policières nationales? La justice congolaise était-elle partiale, donc partisane? Pourquoi Roger Dercky devait-il entreprendre une opération périlleuse, au risque de braver quelques intouchables du régime local? Agirait-il avec une intrépidité ingénieuse pourrait animer la rage de vaincre qui l’habitait? Avait-il besoin de l’exaltation que le jeu procurait passionnément en lui: à savoir le divertissement? Dans la vie quotidienne, ce détective privé ne s’amusait pas pour le bonheur de l’ennemi ou de l’adversaire.

Mon avis

Un jeune ministre assassiné dans un pays où la corruption est reine et où l’intégrité n’est qu’un mirage. Qui a pu faire un geste aussi tragique? Pourquoi? Crime passionnel ou assassinat politique? Ce qui suffit à Roger Dercky pour enquêter. Pourra t-il garder son intégrité? Trouvera t-il le meurtrier de cet homme politique? Comme d’habitude Gaspard-Hubert Lonsi Koko fournit énormément de détails sur l’histoire du pays et du continent. Ce qui ne nous empêche pas d’assister à une enquête haute en couleurs dans le milieu politique. Plutôt entre amour et intrigues politiques. Peu importe le lieu, la boue a la même consistance et détruit tout ce qu’elle touche. Alors, imaginez dans ce monde d’intrigues…. Cette enquête n’est-elle pas celle de trop pour Roger Dercky?

En Afrique tout n’est pas ce qu’il parait et Pagaille à Mavoula! nous le démontrera de nombreuses manières. Toutes les facettes de cette enquête sont peut-être des leurres. Les dés sont peut-être pipés.  Une enquête qui se déroule dans les hautes sphères où richesse, politique et corruption se tiennent la main dans une spirale infernale. Et Roger Dercky ne doit pas l’oublier. Dans Pagaille à Mavoula, les meurtres se suivent  et ne se ressemblent pas. Nous naviguons entre politique et franc-maçonnerie, entre langue française et lingala. Cependant nous ne perdons pas de vue cette enquête et ses dangers. Son insécurité. Par contre, les relents nous envahissent et nous font découvrir les dessous de la politique Congolaise d’une manière peu flatteuse. Pleine de trahison. De coups douteux. Et Roger Dercky y perdra beaucoup plus qu’il n’y pensait. Est-ce sa dernière enquête? Espérons que non.

Ma note 16/20

9791091580250  L’Atelier de L’Egrégore  236p.

Publié dans fiction, romans

La mort des colombes – Carmine Strangi – 2018

Quatrième de couverture

Dans l’Afrique d’aujourd’hui, un village administré par les sœurs de l’Ordre de la Rose de San Angelo est attaqué par un groupe de mercenaires à la solde d’une organisation mafieuse qui, après avoir tué, pillé et violé les femmes, y met le feu pour détruire les traces de son passage.

Mon avis

Des informations. Tristes. D’une banalité absolue pour le monde entier. Mais, pas pour Ferdinand. Pour lui, les nouvelles sont troublantes. Mystérieuses. Son désir, son vœu: tout savoir, surtout la vérité. Que s’est-il réellement passé? Que cache ce soudain mutisme sur les évènements? Quelle est l’histoire des nonnes? Que font-elles au centre de cette histoire abracadabrante? Alors commence une enquête. Trépidante. Pleine de mystère. Que risque Ferdinand en découvrant la vérité? Où le mènera cette recherche? La curiosité, le questionnement du lecteur grandissent au fur et à mesure des pages, des chapitres. Chapitres titrés, ce qui facilite la lecture. Cette enquête de Ferdinand devient celle du lecteur qui va de découverte en découverte.

La mort des colombes est un roman fort sur une réalité qui est le quotidien  de certains peuples. Sur une indifférence totale mondiale concernant le sort de certains. La lecture se fait facilement. Les mots se posent avec une grande simplicité et nous laissent un petit sourire durant toute la lecture tant l’humour est fin. C’est ce que j’aime avec Evidence Editions, non seulement les couvertures sont superbes, mais, de plus, les écrits sont d’une grande beauté. On est toujours agréablement surpris. Ce qui est le cas avec la mort des colombes qui nous transporte dans une histoire, un suspens qui aurait pu se passer n’importe où à travers le monde. Vous vous laisserez emporter par cette énigme. Une fois le roman refermé, les pensées vous titilleront et les questions qui se poseront vous pousseront à imaginer une suite: Et si? Un beau roman à lire au coin du feu.

Ma note 17/20

9791034806829  Evidence Editions  185 p.   12€

 

Publié dans policier, romans, thriller

Du couscous dans le pudding – Yamina Mazzouz – 2016

Quatrième de couverture

Norah, jeune fille maghrébine au  caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une  place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé  et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse

Au-delà du roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose: la noblesse britannique  et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Mon avis

Changer de vie est une aventure. Dans le pays de Shakespeare, c’est encore mieux qu’une aventure. C’est un voyage épique. C’est ce que découvre Norah, heureuse de mettre du peps dans sa vie. Tout se passe bien jusqu’à ce que … beaucoup de choses. Amour, santé…meurtres!!! Oups, je m’égare. Pas tant que çà. Amour, oui. Meurtres, oh que oui. Santé, on verra.

Quoi de mieux pour passer le mal du pays que de résoudre des meurtres? Avec un zeste d’intuition et beaucoup de réflexion, d’imagination, Norah nous emmène dans son monde avec sa superbe fraicheur. Et si cela lui permettait d’oublier sa banlieue parisienne? Quel sera son avenir en terre britannique? S’adaptera t-elle à sa nouvelle vie?

Du couscous dans le pudding est très bien écrit.  Le suspens est diffusé en douceur tout au long de la lecture. Il s’agrandit au fil des pages. Des chapitres. On vit au rythme de la campagne anglaise. Pour son premier roman, Yamina Mazzouz, nous fait vivre une enquête à la Agatha Christie à qui elle n’a rien à envier. En effet, Du couscous dans le pudding est digne  des grandes dames du polar britannique.  C’est un roman qui se laisse dévorer. Un superbe roman. Un roman plein d’humour très fin. Yamina Mazzouz est une écrivaine, une plume à suivre car elle a beaucoup d’avenir dans le monde littéraire. Retenez bien son nom.

Ma note 18/20

9791031002255  Ed. Les Presses Littéraires   263p.   12€