Terrorist at home – Victoria Bell – 2019

Quatrième de couverture

Ce récit, basé sur des faits réels, nous rapporte l’histoire d’Emerik, un enfant qui a subi l’inceste, la pédophilie, la maltraitance. Malgré les obstacles, sa mère se bat pour le défendre, utilisant pour cela tous les moyens en sa possession, qu’ils soient médicaux ou juridiques. Entre influences politiques et francs-maçons, le lecteur découvre que la résistance et le refus de la vérité peuvent parfois venir de l’intérieur: la famille.

Chronique

L’histoire d’un enfant. L’histoire d’une petite vie malmenée. Une histoire vraie qui prend aux tripes. Emerik est petit garçon heureux de vivre. Un enfant qui a des rêves de son âge: trois ans. Tout va bien. Mais la vie réserve parfois des tours pendables. La roue tourne dans un sens comme dans l’autre. Elle tournera pour Emerik et sa mère. Elle s’arrêtera aux portes de l’enfer. Que dis-je? Des enfers. Et presque pour l’éternité…

Terrorist at home est le cri de douleur d’une mère. Un cri d’amour emporté par la plume pour frapper à la porte d’un cœur scellé par le désespoir. C’est un roman qui nous présente un mal bien trop courant à notre époque: la violence  sous toutes ses formes envers un enfant. La violence faite à un petit garçon. Un mal qui gangrène la société. Comment se reconstruire après avoir subi des horreurs? Que faire pour que le statut de victime soit octroyé et reconnu? Comment peut réagir l’entourage? La résilience est-elle possible?

Les mots sont durs  mais la lecture reste aisée. Les chapitres s’enchainent comme les maillons d’un collier pour nous narrer l’histoire d’Emerik. Ses souffrances. Ses cris sourds. Ses douleurs d’enfant. Les mots se posent avec force. Ils sont empreints de cette douleur qui épuise le cœur et tord les boyaux. Cette douleur qui donne des nuits blanches et des cauchemars éveillés. La douleur d’une mère. Une mère pour qui le monde s’écroule, l’entrainant bien malgré elle dans les tréfonds du désespoir. Une mère. Un enfant. Une vie. Des vies. Rien que de plus banal. D’une telle banalité que l’on pense  que cette souffrance muette, ces cris angoissants de silence ne peuvent être perçus que de ceux qui ont un terrorist at home.

Note 19/20

9782754743989   Ed. du Panthéon    230 p.     19,90€

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La résiliente – Orianne Valdeau

Quatrième de couverture

L’histoire d’une femme des années quatre-vingt ou autant d’histoires que de chapitres dont chacun pourrait, l’un après l’autre, constituer la base d’un roman… Pourquoi une même vie accumule -t-elle autant d’épreuves? Résultent-elles d’un mauvais karma, d’une mauvaise étoile ou sont-elles de la responsabilité de l’héroïne et de ses choix? Choisit-on vraiment le cours de sa vie? Du « comment as-tu pu supporter cela »? au « Ta force nous effraie », le regard des autres sur une résistance peu particulière. est le point de départ de ce récit. La résilience, cette faculté de surmonter, par sa propre force, les obstacles est au cœur de ce roman, où trouver l’énergie en est le fil conducteur.

Pour fond: la difficulté d’être femme dans une époque et une France dites égalitaires. Pour sujet, les thèmes forts de notre société; l’échangisme, la famille mono parentale, la pédophilie, le handicap mental, l’inceste, le suicide, les addictions alcool et drogue, les institutions telles que le monde carcéral, l’administration juridique ou la psychiatrie, l’inégalité et la difficulté des femmes dans le monde du travail, l’accès au logement, la vie dans la rue, le décès d’un enfant, pour les principaux.

Il y a quelque chose à donner aux autres plus fragiles, plus touchés ou n’ayant pas simplement cette capacité à surmonter l’inacceptable. La résilience n’a pas de recette, ce récit non plus. Peut-être quelques pistes à cerner au détour des confrontations aux maux de notre société. aux réponses bonnes ou mauvaises apportées par une femme de tempérament, au choix qu’elle fait de ne jamais baisser les bras.

 

Mon avis

Que dire de ce roman? Un roman fait de miettes de vies? Et, quelles miettes!! Qu’il est beau. Tout simplement. Qu’il est humain. Qu’il est humble. La résiliente se lit d’une traite. Facilement car les chapitres sont courts. L’écriture est simple. Il est superbe. De vie. De force. De belles histoires en kaléidoscope. Des histoires faites de mots. De maux. Des mots qui disent, qui expliquent des maux. Comment continuer à aimer la vie quand cette dernière vous a éprouvé plus qu’il n’en faut? Quand, comme Job, vous allez au fondla-resiliente de la douleur, de l’horreur, pour en revenir encore plus fort, encore plus courageux? Je vais vous faire un aveu. Il est rare que je lise aussi rapidement un livre: j’ai mis trois heures. Ce qui veut tout dire.

L’histoire d’une lutte récurrente. une lutte de chaque instant pour garder sa vie en main. Faire face. Toujours. Ne pas plier. Les mots sont naturels. Naturellement beaux. Naturellement forts. Que de belles batailles! Que de belles victoires! Un livre bouleversant qui vous remue l’âme et vous donne l’envie de prendre Sophie dans vos bras. Pas par pitié. Non, ce serait insultant. Mais, par respect pour sa force.

Un livre de tendresse. Un livre de douceur. Malgré les maux. Un livre où l’enfer est de plus en plus glauque. Où l’Humain montre son côté obscur. La profonde noirceur de son âme. j’ai eu beaucoup de respect pour ce petit bout de femme qui va au plus profond de la vie pour pêcher un sourire, y prendre une volonté de fer. Pour survivre. Pour vivre. J’ai adoré La résiliente. J’ai aimé les mots. C’est une ode à toutes ces personnes anonymes qui se battent tous les jours pour exister. Juste exister. A lire. A conseiller. A garder à son chevet. Une belle leçon de vie.

Ma note 17/20

ISBN 9782367281049      216 Pages      Les plumes d’Ocris      Broché 20€