A fleur de fables – Dritëro Agolli – 2010

Quatrième de couverture

Va, petit, va, dans la fournaise de l’été. Va, dompte ce cheval à l’échine rebelle. Dont la crinière flamboie comme un brandon. Pousse-le au plein cœur de la montagne verte.

Chronique

Quand j’ai vu le titre dans le catalogue des Editions Fondencre, cela a été un véritable coup de cœur. A fleur de fables. Un titre qui est un poème à lui tout seul. Effleure t-on les fables? S’envolent-elles au gré des mots? Les effeuille t-on comme les marguerites en murmurant « un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout« ? Ce titre m’a fait rêver et je n’ai pas été pas déçue.

Des poèmes courts, longs. Des poèmes où les mots s’épèlent dans un doux bruit. Un doux murmure. Un plaisir fin et fort. Fermer les yeux et déclamer: « Le neige est silence tant qu’elle est neige vive Et ne parle jamais qu’au moment de mourir« . Nous entendons le bruit du silence. Le crissement des pas  dans la neige qui se meurt. Ces mots écrits sur des feuilles ivoires, accompagnées ou plutôt illustrées de superbes graphiques.

Les sons nous emportent dans un monde où l’imagination est sans fin. Nous voyageons au gré des allégories, des rimes, des silences qui étreignent le rythme de la déclamation.  A fleur de fables nous fait rêver les mots. La beauté des mots. la douceur des rimes. Au rythme des alexandrins qui sautillent dans un doux silence, pour embrasser ou croiser les rimes au gré du poète. Des poèmes qui nous caressent à fleur de peau. A fleur de fables.

Note 19/20

9782953334333   Editions Fondencre    63 p.    17€

 

 

 

Publicités

Dans le tumulte du monde – Lahsen Bougdal – 2019

Quatrième de Couverture

Sous le tumulte du monde se cache une sensibilité poétique qui tente de suivre, dans les anfractuosités de l’histoire, le secret sinon de quelque vérité du moins une voie pour son approche. Ainsi, la poésie de Lahsen Bougdal témoigne d’une déchirure. Celle inconsolable, d’un être cher qui installe le poète, au-delà de la réalité brûlante du drame, dans un face à face avec l’absurdité du temps. C’est cette souffrance devant la mort qui lui permet en même temps de refaire surface dans la splendeur des mots comme une nouvelle promesse. De la ligne de l’absent à l’ombre de l’arc-en-ciel, en passant par la finitude des mots, de l’odeur de la terre, se révèle une tension profonde qui agite le poète confronté à l’insoutenable barbarie de l’être humain. Cette nouvelle voie sans concession est celle de la lucidité qui « écarte la nuit » selon l’heureuse expression de Pierre Reverdy. L’écriture d’une histoire inédite devient alors une urgence, car le poète nourrit sur un fond tumultueux le désir d’une lumière insoupçonnée. Sa poésie se déploie  dans cette aporie comme attachement à soi et aux autres. Elle ouvre la voie à un cri de travers, au-delà de l’entendement.

Chronique

Un amour. Une douleur. Des regrets. Des sentiments d’une telle force que les vers ont du mal à les contenir. La vie est tumulte. L’amour est tumulte. Ainsi que l’espoir et le désespoir. Tumulte d’un homme. Tumulte d’un être d’une grande sensibilité. Tumulte du monde. La poésie est le chant de la douleur. Le chant des sentiments. Sentiments forts. Profonds. Sentiments qui définissent la fragilité de l’humain. Les rêves brisés avant d’éclore. Rêves emportés par la force de l’incertain.

Dans le tumulte du monde démontre la profondeur de l’âme humaine.  Il démontre sa tendre faiblesse. Ses doutes. Les poèmes sont courts et denses. Chaque partie est précédée de dessins qui n’ont rien à envier à Picasso ou Dali. Des tableaux superbes d’horreur et de réalisme. Des tableaux en noir et blanc qui reflètent le tumulte profond de l’auteur. Qui reflètent intensément son désarroi, son questionnement sur la vie, sur l’amour. Qui reflètent sa grande désespérance si poétique. Des tableaux qui dépeignent sa colère, son lien à ses racines plantées profondément dans la terre de son pays.

Dans le tumulte du monde est un beau recueil qui chante les jours sans amour. Les amours tues ou brisées. Le bris de la terre. La terre de ses racines. Les racines en errance. Il hurle la souffrance secrète d’un homme. Un homme en colère. Une colère contre un monde hypocrite. Une hypocrisie qui réveille son anxiété et le pousse à poser les mots avec force, avec légèreté, sur une page blanche afin de s’affranchir  de ces maux, de ces sentiments qui se lient, se délient dans un grand tourment. Dans le tumulte du monde.

Note 19/20

9782343169439   Editions L’Harmattan   94 p.   12,50€

L’île parle – Gilbert Gratiant – 2017

Quatrième de couverture

Poète et intellectuel, Gilbert Gratiant (1895-1985) a mené de front la conception de deux oeuvres, l’une en créole, l’autre en Français. Connu pour ses poèmes, il a conféré au créole le statut de langue écrite à vocation littéraire.

Chronique

Une île: la Martinique.  Terre du poète. Terre chantée par le poète. En français. En créole. Il dit les mots. Les mots de son histoire. Il dit les mots de l’histoire de sa terre natale. L’histoire de ses compatriotes. L’histoire de sa famille. L’île parle est un recueil poétique d’une grande beauté. D’une grande richesse. C’est un recueil qui chante une île où « l’opulente nature est si riche et si gaie ». Une île « qui mélange les sangs et confond les climats« . C’est dire la force de caractère de cette ile.

Que ce soit en alexandrins, en quatrains, en rimes croisées ou embrassées, Gilbert Gratiant nous parle de son âme, de ses racines,  des femmes de son île. Des femmes telles que « Marie Coolie » au « regard crépusculaire« , ou « Clémentine la Chabine, bavarde autant que la cascade« . Il évoque une île où la danse est « parée de nostalgie« .

A la fin du recueil, il y a une partie constituée de poèmes bilingues français/créole.  En effet, dès les années 30, Gilbert Gratiant a été le premier à considérer le créole comme une langue pouvant s’écrire. Ces poèmes sont retranscrits comme des narrations de la vie quotidienne. Comme des contes soufflés à une oreille dans le secret de la nuit. A l’abri des oreilles indiscrètes, l’auteur nous susurre des secrets. Il nous peint des scènes de famille telle la prise d’une photo où doit figurer « un coin de mer« . Sans bouger. Les yeux clos, nous écoutons car… l’île parle.

Note 19/20

9782357202962  HC Editions 560 p. 24,50€

ÂM – Baba Alfa Umar – 2019

Quatrième de couverture

Les poèmes qui composent  ce recueil sont comme autant de fragments d’une seule et même âme. Baba Alfa Umar invite le lecteur à la découvrir et à ressentir tous ses troubles. Suivez- le pour vous emparer  du monde et le transformer avec bienveillance.

Mon Avis

Un recueil de poésie bilingue, français/anglais. Une très bonne initiative. Parler de l’humain. Des djinns. De la force de la vie. De la force des croyances est une ode à la vie. ÂM est un moment de partage. Un moment de questionnement aussi, sur l’humain. Sa place. Ses actions qui expliquent le Monde. Les forces qui désignent les mystères. Mystères de l’existence. Mystères des actes assujettis à la vie.

ÂM est un cri qui s’élève dans notre monde. Ce monde sourd. Ce monde aveugle. Ce monde manipulateur. Ce monde où l’humain peine à trouver sa place. Ce monde où l’humanité peut douter de son avenir.

ÂM est une interrogation. Celle d’un enfant du Fouta qui hurle son appartenance à ce peuple unique et multiple: les Peuls. Ce peuple qui est relié par la langue et la tradition. Une ode à ce peuple guerrier fier de ses racines, de son histoire, de ses enfants. Un homme chante la vie.  Chante son peuple. Chante sa terre. Chante ses terres. Il hurle ses doutes sur son identité.  Sur son avenir. Sur ses sentiments. Il offre au monde le pouvoir de parler de lui. Le pouvoir de douter de lui. Qui est-il? Que ressent-il? est-il double? Est-il unique?

ÂM est un recueil qui brille d’une humanité non contenue. Qui scintille de sentiments offerts sur l’autel du doute. Sur l’autel de l’identité. Sur l’autel de l’amour. Des mots qui swinguent. Dansent. Forts de liberté. Forts de vie. Des mots généreux. Comme une offre. Comme un don. Un don qui met à découvert l' »ÂM« .

Ma note 18/20

9782754743266   Editions du Panthéon    120 p.  13,90€

Rokia Les masques tombent – Amel B. -2018

Quatrième de couverture

Un recueil de nouvelles à la série de portraits hétéroclites. Des tranches de vie qui s’entremêlent, des vies douces, d’autres plus chaotiques. Des histoires mystérieuses. Grâce à une écriture sensible, inattendue et originale, vous vous laisserez surprendre à voyager d’un genre à un autre sans difficultés. De la poésie… Une bonne manière, à travers ses histoires, d’aborder l’existence humaine dans toute sa multitude. Laissez-vous guider par Rokia. Elle vous étonnera.

Mon avis

Des nouvelles. Des portraits de vie. Des relations à l’autre plus ou moins réussies. Un début tout en douceur. Début qui réconcilie avec le passé. Avec les pertes. Les absences. Des mots simples qui décrivent des fractures de vie. Des personnalités originales. Des rêves. Des délivrances. Chaque chapitre. Chaque nouvelle est introduit par un poème de toute beauté. Chaque poème chante la vie. L’amour. La perte. La douleur de la perte.

Dans Rokia les masques tombent Amel B. donne une vie, une âme à tout ce qui nous entoure. Aux objets que nous utilisons au quotidien. Que nous utilisons si souvent que nous ne les voyons plus. Elle chante la résilience. Sous toutes ses formes.

Rokia les masques tombent est un joli petit bijou de belles histoires. Prenantes. Intrigantes. Riches d’émotions. D’humanité. Un vrai festival. Un superbe roman à la lecture aisée. Une écriture qui révèle l’autre côté des choses. L’autre monde. Avec beaucoup de pudeur.  Un livre à lire pour la poésie de ses mots. De ses histoires.

Ma note 17/20

9782414207633  Ed. Edilivre  120 p.   12€

Le poème dont vous êtes le héros – Guillaume Prié – 2017

Quatrième de couverture

Et je me penche alors, je regarde les flots:

c’est ma vie que je vois, je suis une goutte d’eau

un être qu’on emmène, sans lui dire où il va

Vers la mer où finit son voyage ici-bas

Rencontre avec quelques gouttes d’eau intimement liées les unes aux autres, qui rêvent de vivre et vivent pour rêver. En refusant de se laisser ballotter par les évènements et les règles imposées, ils découvrent petit à petit que la vie qu’on mène est, toujours, celle qu’on choisit. Que si la destination est connue, il n’est jamais trop tard pour détourner la rivière!

 

Mon avis

De la poésie. Des strophes qui accompagnent des tranches de vie. Des vie de Monsieur et Madame Tout le monde. Des strophes. Des vers croisés ou embrassés qui débutent chaque vie. Une poésie qui vagabonde et tisse des vers dans la vie des personnages et lesguillaume Prié lie à jamais les uns aux autres.

Du sérieux. De l’humour. Un humour très fin. Qui se lit dans les mots. Entre les mots. Dans les pensées des personnages. Personnages sublimes de suffisance, tel Anatole. Anatole qui reconstruit le monde. Son monde, au gré des discussions. Discussions de Ban Bayan. Ban Bayan qui reprend sa vie en main, comme tous les personnage de ce livre. La lecture est très fluide.

Les mots sont secs. Francs. Précis. Profonds. Ils chantent une ode au renouvellement. Au recommencement. A la renaissance. Les mots font la ronde autour des vies, des destins. Et tel le fil d’Ariane les guident vers leurs choix. Leur destinée.  Des mots qui chantent la liberté. Le renoncement qui annonce l’accès à une autre vie.  La poésie n’est pas que dans les strophes. Elle est aussi dans les textes. Textes qui peuvent être d’une bellepoème héros légèreté. Légèreté  faite de profondeur. Profondeur des personnages. De leur vie. De leur âme. De leur destin.

La lecture est rythmée. Poétique. Profondément belle. Le poème dont vous êtes le héros est un petit livre riche de beauté. Qui tient dans la main. Dans la vie. Qui chante la vie  et l’embellit. Il est d’une rare beauté. Beauté subtile. Subtilité des mots. Des histoires. Le poème dont vous êtes le héros vous fait réfléchir à l’influence que vous pouvez avoir sur votre vie. Vos choix de vie. Votre devenir. Qui n’a jamais pensé  » Et si j’avais fait Autrement…? ». Ce livre peut être une très belle réponse. Il se termine par un beau recueil de poème qui nous régale de rêves. De force.

A mettre entre toutes les mains. Sans modération. Un livre qui chante la liberté de penser. De choisir. D’être tout simplement.

Ma note 16/20:

 

ISBN 9782956207009  Ed. Le livre en papier   185 p.