Ainsi vivent les femmes – Michèle Labbre-Cayla – 2019

Quatrième de couverture

Sept nouvelles pour décliner le doute, la solitude, l’espoir. On y parle de désir, de la difficulté d’aimer, de n’être pas aimé, au plus jamais, ou peut-être… De quête de bonheur et d’équilibre… Ainsi, elle n’espérait plus rencontrer l’amour, mais n’a-t-elle vraiment rien à perdre lorsqu’elle ouvre sa porte à un inconnu? Ce soir, elle a rendez-vous avec l’homme qui la hante. Mais, l’écrivain doit partir, abandonnant sur son bureau un roman inachevé qui révèle une étrange personnalité. Un invité de marque inquiétant. Quel rôle peut jouer l’amitié face à un drame intime, lorsqu’il est impossible de se défendre? Dans Au fil des pages, elle s’isole loin de celui qui l’a quittée. Un matin d’été, ils se retrouvent. Elle est étudiante et se prostitue. Mais qui est l’homme masqué, cette ombre dans le noir dont elle s’éprend? Peut-on se satisfaire d’avoir pour mère une inconnue qui vous a abandonnée à la naissance? D’accord, il faut parfois lâcher prise, au travail comme en famille, mais jusqu’à quel point?

Chronique

Des femmes du 21ème siècle. Des bribes de vie. Des bribes de leur vie. Chacune avec son histoire. Chacune avec ses douleurs. Ses secrets. Chacune trouve son courage où elle le peut. Elles sont fortes. Elles ont leur talon d’Achille. Elles ont un point commun: l’amour.

Ainsi vivent les femmes nous offre  des bribes d’histoire. Des histoires de femmes entières. Pleines de douceur. De tendresse. Des femmes sur qui la vie a laissé des empreintes plus ou moins profondes. Des empreintes qui démontrent leur solitude. Leur peur du désamour. Leur peur de se dévoiler. Des femmes qui se découvrent, parfois avec surprise. Elles sont modernes. Ce qui ne les empêche pas de s’avouer leur désespoir.  Cette part d’elles-mêmes qu’elles cachaient à tout un chacun.

Chaque histoire a son lot de drames. Son lot de surprises. Chaque histoire nous arrache un sourire ou un brin de compassion derrières ces détresses solitaires. Qu’en est-il de leurs rêves? Qu’en est-il de leurs désirs? Comment s’en sortent-elles au quotidien? Une lecture agréable et addictive où les mots, les phrases, les chapitres nous font voyager avec émotion.

Ainsi vivent les femmes. Non, ce n’est pas un mode d’emploi sur les femmes, ni sur le secret de leurs pensées d’ailleurs. C’est un florilège de vie intense. Vivant. Juste des bouts de vie où tout le monde peut se reconnaître. Des bribes de vie qui permettent de voir toute la force de caractère des femmes modernes. Leur faiblesse qui n’en est pas forcément une. Des vie d’une grande richesse. Des kaléidoscopes de vie qui font dire: ainsi vivent les femmes.

Note 17/20

9782343169217   Editions L’harmattan    144 p.   16€

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Aya – Marie-Virginie Dru – 2019

Quatrième de couverture

« En Casamance on ne meurt pas pour de vrai. On reste toujours présent dans les arbres, les pierres, les rivières… La mort, c’est l’autre côté de la vie. A Karabane, les morts sont autour de nous, ils nous voient, pas nous. C’est tout« .

C’est le poème que son père lui avait appris. Aya, douze ans, le connaît par cœur. Elle sait que les arbres sont vivants grâce aux morts qui les habitent. Elle sait aussi que quelque chose en elle risque de mourir si elle reste aux côtés de son oncle. Alors, un jour, Aya décide de quitter son petit village adossé à ce vaste océan qui donne à ses larmes un goût de sel. Le voyage qu’elle entreprend va forger son destin et faire d’elle une femme libre d’aimer et de vivre.

Chronique

Ce roman me touche particulièrement et profondément car j’ai perdu des amis dans le naufrage du Joola. Une grande tragédie. Dans un petit village, au cœur de la forêt casamançaise, vivait une petite fille de douze ans: Aya. Ainsi aurait pu débuter cette chronique sur cette petite fille. Mais sa vie n’a rien d’un conte de fée, mais a tout à envier au cauchemar.

Aya nous emmène dans son monde. Un monde où elle a grandi trop vite. Un monde qui renferme des secrets douloureux. Un monde où sa mère, suite au naufrage du Joola, a laissé son esprit au fond de la mer en compagnie de son mari. La vie a fait d’Aya une adulte dans le corps d’une enfant. Un corps qui attise des convoitises. Aya rêve du retour de son frère parti vers l’Eldorado comme tant d’autres avant lui.  Où est-il? A t-il atteint son but? Pourquoi un si long silence? Pourquoi ne vient-il pas la protéger de ce parent lubrique et incestueux?

Les chapitre nous entrainent dans la vie de cette jeune fille. Enfant douce et victime.Que font les gens autour? Sa mère, bien qu’elle ait perdu son esprit, se doute t-elle de ce qui se passe? Son rêve de retrouver son frère sera t-il exaucé? Aya femme-enfant.  Aya mère courage. Un petit bout de femme qui lutte pour retrouver une mère saine d’esprit. Une femme qui lutte afin de pouvoir expliquer ce qui lui est arrivé. Comment le faire? Peut-elle échapper à ce destin mortifère?

Aya est un hommage. Un hommage aux femmes qui subissent. Aux femmes qui souffrent et qui trouvent la force de se re-créer. Aux femmes qui trouvent toujours de nouveaux buts pour avancer. Un hommage à toutes ces femmes enfants qui subissent en silence. Des résilentes. Des maîtresse-femmes telle que Aya.

Note 18/20

9782226438430   Ed. Albin Michel   219p.

Battue – Virginie Vanos – 2013

Quatrième de couverture

De septembre 2000 à mai 2002, Virginie Vanos a été violentée, battue, torturée, humiliée… Mais, aujourd’hui, pour rien au monde, elle ne veut rester confinée dans son statut de victime, c’est pour cela qu’elle a choisi de témoigner… avec ironie et un maximum d’humour…noir.

 

Mon avis

Un sujet très sérieux traité avec beaucoup d’humour. D’auto dérision. Au vu du titre, je m’attendais à sortir les mouchoirs. A hurler en sanglotant à chaque page. Eh bien non. Le récit se fait sur un ton léger, bien que l’histoire, elle, ne le soit pas. Le sujet est actuel. Très actuel.

Une vie chaotique. Orchestrée par une descente aux enfers méthodique. d’abord lente,battue puis de plus en plus précipité. Plus ou moins volontaire. Une vie entre parenthèses. Qui fait réfléchir. Parfois sourire tant l’humour est décapant et l’ironie grinçante.

En lisant Battue!, je m’attendais vraiment à des termes très durs. Ce qui n’est pas le cas. La lecture se fait facilement. J’avoue qu’à certains moments, j’ai presque oublié le thème du roman tant j’ai ri. Je dis bien « presque ». Surtout en lisant les fiches établies sur les différents personnages.

Cependant, en filigrane, la manipulation, les critiques envers le partenaire, les contre-vérités sont présents tout au long du roman.  Ils démontrent bien la difficulté des femmes et des hommes battus à quitter un giron qui n’est plus protecteur. La difficulté à se reconstruire. A ne pas culpabiliser d’avoir accepté de vivre cet enfer. A avoir du mal à accepter son statut de victime.

Battue! est un roman très instructif. Il reste très dur malgré le style léger. Chaque mot est une leçon de survie. De protection précaire. Il faut le lire pour faire voler en éclat les préjugés sur les femmes et les hommes qui subissent ce sort. Ceux pour qui leur foyer n’est plus un abri. Pour qui l’enfer est impossible à relater.

Une lecture fluide. Des mots qui claquent. Résonnent. Sombrent telle la vie de Virginie. Que dis-je? Sa survie. Virginie,  une femme forte. Meurtrie. Rabaissée. Mais combative. Résiliente. Une superbe histoire à partager.

Ma note 17/20

ISBN  9782332551023   Ed. Edilivre 226 p.  Broché 22,50 €