Les enquêtes d’Hugo Delatour – Mise en abîme – L.A. Bailey – 2018

Quatrième de couverture

Hugo Delatour est de retour dans le sud de la France. La vie au soleil pourrait paraître douce et paisible. Mais les champs d’oliviers et le chant envoûtant des grillons cachent des réalités plus sinistres. Quand le squelette d’un enfant est découvert dans un champ de fouilles, Hugo n’a pas d’autres choix que d’affronter son propre passé. Entre sacré et sacrilège, ombre et lumière; où se cache la vérité? serez-vous prêts à accompagner Hugo dans son voyage?

Mon avis

Hugo Delatour se repose dans le sud de la France. Mais, pas pour longtemps. Un message intrigant l’invite à enquêter sur une histoire hors norme. Un cadavre sur un site archéologique. Dès lors, il nous entraîne dans une enquête à rebondissements multiples. Qui est ce squelette? Quelle est son histoire?

Nous entrons de plein pied dans une enquête qui n’a rien de reposant. A la recherche d’évènements qui auraient pu mener à la présence de ce corps. Distillé petit à petit, le suspens nous tient. La curiosité s’éveille et l’obligation d’accompagner le détective dans ses recherches se fait plus vive. Que s’est-il réellement passé? Pourquoi si peu d’intérêt pour ce squelette? Hugo arrivera t-il à mettre au jour l’histoire de cet enfant? Trouvera t-il l’assassin? Ce cadavre restera t-il toujours sans nom? Entre souvenirs et rencontre, le détective nous entraine avec lui. Dans ses questionnements. Dans ses retranchements. Dans ses souvenirs, parfois. Mais, avec beaucoup d’humanité.

Mise en abîme nous emmène dans une enquête feutrée. Une enquête où vie privée et recherche se mêlent. S’entrelacent pour former une probable solution. Une enquête avec en filigrane une improbable histoire d’amour. Vous attendez des courses poursuites? Des coups de feu? Que nenni. Pas du tout. Cependant, les évènements s’enchainent et nous surprennent. Hugo Delatour nous emporte dans son monde. Dans sa vie. Dans sa résilience. Quel sera le prix à payer?

Dans mise en abîme, les mots, les phrases, les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas. La lecture est agréable et le lecteur se laisse emporter dans cette quête d’une intelligence très fine, pour son plus grand plaisir. C’est avec une extrême douceur que nous accompagnons Hugo dans sa quête de vérité. Dans sa quête de réalité. Dans son besoin infini de savoir. Le tout avec une grande humanité. Une douce humilité. Un grand désir de savoir. Peu importe le prix à payer. Peu importent les vérités et les contre vérités. Du moment qu’un cadavre anonyme retrouve son droit à l’existence. Son droit à sortir  de l’anonymat. Son droit à une sépulture. Le Détective ira au-delà de tout. Pour lui rendre son âme. Pour lui permettre de se rappeler aux vivants. De retrouver sa dignité. Simplement.

Ma note 17/20

9781718075405     241 p.

 

 

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L’adieu à Lila – Colline Hoarau – 2014

Quatrième de couverture

La mère disparait et les souvenirs qui reviennent: une famille de la Réunion, les frères, les sœurs, les jalousies, les injustices et la mère qu’il faut enterrer après lui avoir pardonné. C’est ce que saura faire Isabella, la résiliente. Cette journée particulière permettra de voyager dans « le temps longtemps », dans une île de l’Océan Indien, bien rarement décrite. Une journée où tous se retrouvent autour de Lila. C’est un voyage, au cœur de l’île de la Réunion, dans la famille réunie  pour la première fois. Isabella photographie ou filme. Chaque personnage passe devant l’objectif à tour de rôle, avec les imperfections que le regard de l’autre saisit.

Mon avis

Le décès d’une mère. L’occasion pour tous ses enfants de se retrouver. Avec les rancunes. Les non dits. Les haines. Les joies. Les jalousies. Les questions sans réponses. Les souhaits avortés. Les amours inexistants. Brefs, les souvenirs. Lila, la mère d’une famille nombreuse, n’échappe pas à la règle. Tous ses enfants sont présents pour l’accompagner dans sa dernière demeure. Quelle mère a t-elle été? Qu’éprouvent tous ses enfants devant son corps sans vie? Amour? Désespoir? Soulagement? Rien du tout?

A partir de scènes de vie somme toute habituelles, Colline Hoarau a le don, par sa belle plume, de nous faire vivre chaque instant de manière incroyable. Chacun s’y retrouve et se reconnait dans les personnages. Des scènes vivantes, animées par des sentiments nobles ou non. Du vécu. C’est le cas de l’adieu à Lila. Perdre un être cher est terrible et fait revenir en masse tous les souvenirs. Revivre une dernière fois, en communion avec les autres, devant la personne disparue, la vie qui fut, du vivant  du disparu. Comme partout dans le monde.

Dans l’adieu à Lila, l’auteure nous fait découvrir les coutumes (face à la mort) de ce pays, cet ailleurs qu’elle connait si bien. Durant ce moment de recueil, que pensent les enfants de leur mère? Quels souvenirs ont-ils gardé d’elle? Quels sentiments éprouvent – ils envers elle? Colline Hoarau nous fait voyager dans la vie, dans le cœur de chacun. Les découvertes sont fortes. Parfois inimaginables. Parfois attendues. Toujours émouvantes. Des découvertes belles de cris du cœur. De cris des tripes. Alourdies de non dits. De souvenirs enfouis.

Les personnages sont superbes dans leur détresse, leur deuil réel ou non. Le lecteur va de découverte en découverte sur la vie de chacun. Sur leur lien avec Lila. Chacun passe le flambeau, le bâton de parole à l’autre pour qu’il se raconte. Qu’il se justifie. Qu’il explique son lien à sa mère. Est-ce enfin l’occasion pour chacun de dire ce qu’il pense ou ressent à haute voix? Un moment de partage familial? Laisseront-ils Lila partir en paix? Seront-ils en paix avec eux-mêmes?

L’adieu à Lila est une ode à la famille, avec ses travers et ses liens. Ses secrets. La lecture est aisée et facilitée par l’impression d’avoir déjà vu ou vécu les situations. Ce rassemblement familial où les discussions entre adultes ne sont pas facilement prévisibles. C’est un roman qui rime avec vie. Avec adieu. Avec famille. Avec fraternité. Un roman où le lecteur se retrouve face à lui-même pour un adieu à Lila. Tout simplement.

Ma note 18/20

9781710763777  Editions Dédicaces  108 p.

Maman, lève-toi et marche – Chadi Bouhafs – 2018

Quatrième de couverture

A travers ce récit, l’auteur rend hommage à sa mère dont le chemine a croisé celui d’un mari tyrannique et bigame. Celle que le destin n’a pas ménagée et pour qui « la thérapie par la plume » fut le seul exutoire à une existence dramatique et tumultueuse. Au fil des pages, s’élève le cri de détresse d’un auteur  face à une société figée et qui refuse de quitter un navire qui coule. Issu d’une famille nombreuse et modeste, disloquée une première fois par la guerre d’Algérie, puis par la violence d’un père despotique, l’auteur libère la mémoire de sa mère, figure remarquable, image emblématique de la condition féminine.

Mon avis

Maman, lève-toi et marche - Chadi Bouhafs1962, la fin de la guerre d’Algérie. L’enfant prodigue est attendu de tous. Sauf de sa femme. Pourquoi? Que redoute t-elle? D’où lui vient cette sourde angoisse? Est-ce l’annonce d’une probable seconde épouse? Sa terreur sans nom ne relève t-elle pas autre chose? Le pire? La vie d’une famille bascule au plus profond de la violence. Avec la bénédiction de la société. Une société érigeant cette violence comme moyen d’éducation. Une violence sociale. Keltoum est l’étendard de cette souffrance larvée au sein des foyers, des cœurs. Combien de femmes vivent cet enfer au vu et au su de tous? pire, dans une indifférence socialement légitimée?

Avec Maman, lève-toi et marche, nous entrons dans le quotidien d’une famille . Une

Maman, lève-toi et marche - Chadi Bouhafs

famille traumatisée, maltraitée par une personne. Un homme roi en sa demeure. Demeure où vivent deux épouses que le sort a lié à un même homme. Deux épouses égales dans les coups et les insultes. Ces deux femmes se haïssent et pourtant leur destin est lié. Par la douleur, la peur, mutiques face à tant de violences. Deux femmes dont la progéniture sera marquée à vie, au fer rouge, par cette violence cataclysmique. Des enfants qui font partie des dégâts collatéraux, victimes innocentes  de ce diktat de la crainte, des coups. Mais, des enfants et des épouses résilients.

En refermant Maman, lève-toi et marche, on ne peut s’empêcher de penser à toutes ces femmes, à tous ces enfants dont le quotidien est un enfer. Dont la maison est une totale insécurité. Dont le quotidien est fait de larmes, de terreur, de violence inouïe. Cependant la force de cette famille est là, présente, dans  une résilience très forte, malgré les séquelles. Une résilience qui peut finalement mener à un apaisement. Mais, à quel prix? A quel moment? Un roman écrit avec tendresse. Douloureusement beau. D’une beauté machiavélique. D’un espoir fou. Rédemption? Merci aux Editions du Panthéon pour m’avoir permis de faire une si belle lecture.

Ma note 16/20

9782754742245  Ed. du Panthéon 15,90€ (broché)  163 p.

Chicha – Virginie Vanos – 2016

Quatrième de couverture

Chicha, un petit chat, tente de sauver sa maîtresse de ses comportements autodestructeurs. A près de 40 ans, Charlotte et Laura transforment diamétralement leurs vies, chacune à sa façon… L’ami de Félix, rejeté par les siens, trouve sa voie en dehors des sentiers battus, alors que Rose fait de son existence un hymne permanent à la joie.

Ces cinq personnages aussi atypiques qu’attachants, passant du rire aux larmes, de l’abattement à l’espoir le plus fou, nous plongent dans une réflexion intense sur ce droit inaliénable qu’est le bonheur.

 

Mon avis

Une histoire douce. Belle. Tendre. Chaleureuse. Entre un chaton et sa maman humaine. Une histoire d’amour inconditionnelle. Merveilleuse de beauté. De souffrance. Telle est la première nouvelle qui nous laisse rêveur tant elle est tragiquement belle. Belle danschicha toute sa tristesse.

La seconde nouvelle m’a fait sourire. L’image, l’idée que les gens se forgent sur les autres est intrigante. Un beau message d’espoir. De résilience. De belles leçons de vie. De tolérance. D’amour de l’Autre. Quelle que soit sa différence. Et je ne vous parle que de ces nouvelles!!vanos V.

Chicha est un recueil qui se lit en un battement de cils tant les histoires sont émouvantes. Pleines d’une profonde tendresse. Chaque mot renvoie à soi. A l’autre. Pour regarder au fond de soi et faire taire les préjugés qui enlaidissent les relations humaines. Une ode à la tolérance. Un recueil à mettre entre les mains de notre jeunesse, de tous, afin que l’Humain ne soit aimé que pour ce qu’il est. Ce qu’il a le droit et la liberté d’être.

Que de beaux, de bons moments en compagnie de Chicha. Un conseil: Lisez-le! Offrez-le! Juste une chaîne d’amour, de tolérance à la face de notre monde actuel.

Ma note 17/20

ISBN 9782334197335  Ed. Edilivre  68p.   Broché 9€

La résiliente – Orianne Valdeau

Quatrième de couverture

L’histoire d’une femme des années quatre-vingt ou autant d’histoires que de chapitres dont chacun pourrait, l’un après l’autre, constituer la base d’un roman… Pourquoi une même vie accumule -t-elle autant d’épreuves? Résultent-elles d’un mauvais karma, d’une mauvaise étoile ou sont-elles de la responsabilité de l’héroïne et de ses choix? Choisit-on vraiment le cours de sa vie? Du « comment as-tu pu supporter cela »? au « Ta force nous effraie », le regard des autres sur une résistance peu particulière. est le point de départ de ce récit. La résilience, cette faculté de surmonter, par sa propre force, les obstacles est au cœur de ce roman, où trouver l’énergie en est le fil conducteur.

Pour fond: la difficulté d’être femme dans une époque et une France dites égalitaires. Pour sujet, les thèmes forts de notre société; l’échangisme, la famille mono parentale, la pédophilie, le handicap mental, l’inceste, le suicide, les addictions alcool et drogue, les institutions telles que le monde carcéral, l’administration juridique ou la psychiatrie, l’inégalité et la difficulté des femmes dans le monde du travail, l’accès au logement, la vie dans la rue, le décès d’un enfant, pour les principaux.

Il y a quelque chose à donner aux autres plus fragiles, plus touchés ou n’ayant pas simplement cette capacité à surmonter l’inacceptable. La résilience n’a pas de recette, ce récit non plus. Peut-être quelques pistes à cerner au détour des confrontations aux maux de notre société. aux réponses bonnes ou mauvaises apportées par une femme de tempérament, au choix qu’elle fait de ne jamais baisser les bras.

 

Mon avis

Que dire de ce roman? Un roman fait de miettes de vies? Et, quelles miettes!! Qu’il est beau. Tout simplement. Qu’il est humain. Qu’il est humble. La résiliente se lit d’une traite. Facilement car les chapitres sont courts. L’écriture est simple. Il est superbe. De vie. De force. De belles histoires en kaléidoscope. Des histoires faites de mots. De maux. Des mots qui disent, qui expliquent des maux. Comment continuer à aimer la vie quand cette dernière vous a éprouvé plus qu’il n’en faut? Quand, comme Job, vous allez au fondla-resiliente de la douleur, de l’horreur, pour en revenir encore plus fort, encore plus courageux? Je vais vous faire un aveu. Il est rare que je lise aussi rapidement un livre: j’ai mis trois heures. Ce qui veut tout dire.

L’histoire d’une lutte récurrente. une lutte de chaque instant pour garder sa vie en main. Faire face. Toujours. Ne pas plier. Les mots sont naturels. Naturellement beaux. Naturellement forts. Que de belles batailles! Que de belles victoires! Un livre bouleversant qui vous remue l’âme et vous donne l’envie de prendre Sophie dans vos bras. Pas par pitié. Non, ce serait insultant. Mais, par respect pour sa force.

Un livre de tendresse. Un livre de douceur. Malgré les maux. Un livre où l’enfer est de plus en plus glauque. Où l’Humain montre son côté obscur. La profonde noirceur de son âme. j’ai eu beaucoup de respect pour ce petit bout de femme qui va au plus profond de la vie pour pêcher un sourire, y prendre une volonté de fer. Pour survivre. Pour vivre. J’ai adoré La résiliente. J’ai aimé les mots. C’est une ode à toutes ces personnes anonymes qui se battent tous les jours pour exister. Juste exister. A lire. A conseiller. A garder à son chevet. Une belle leçon de vie.

Ma note 17/20

ISBN 9782367281049      216 Pages      Les plumes d’Ocris      Broché 20€