Folles vies – Alessia Valli – 2019

Quatrième de couverture

Fille d’un chauffeur de maître qui l’a élevée seul dans des conditions modestes, l’héroïne se fait appeler Audrey car elle s’identifie à Audrey Hepburn dans le film Sabrina. Il souhaite pour elle une existence rangée alors qu’elle aspire à une vie romanesque et dorée. Suite à une rencontre fortuite, Audrey est admise à 20 ans dans la très sélect Biotech Society, un club privé d’investisseurs fortunés. Plusieurs membres tenteront de la séduire, mais elle sera attirée par le très charismatique Adriano Cervi, fondateur de Genesis, une société de biotechnologie pionnière dans l’édition du génome, cotée sur le Nasdaq. Elle s’investira et investira tout dans Genesis dont le parcours en dents de scie fera écho à sa relation passionnée avec Adriano, entre euphorie et désespoir. Audrey se cherche, cherche l’amour et la fortune. Comment s’inventer une vie quand on veut sortir et s’affranchir de son milieu? Comment devenir adulte sans renoncer à ses rêves?

Chronique

Quoi de plus normal de rêver sa vie? De désirer une vie meilleure? Surtout quand on fait partie de ceux qui n’ont jamais eu beaucoup de moyens financiers.  Quand on fait partie de ceux qui ressentent un grand vide dans leur vie. C’est le cas d’Audrey qui rêve de liberté, de reconnaissance, de richesse. Pourquoi ne pas avoir un alter ego prêt à toutes les folies pour se sentir exister? Peut-être est-ce enfin une chance de vivre la vie dont elle avait tant rêvé?

Folles vies. Je serai tentée de dire Folles Espérances. Un roman intrigant qui vous pousse à vous questionner sur le destin. Sur l’amour. Sur le hasard des rencontres. C’est un roman de tendresse. De force. C’est un roman qui nous narre la forte fragilité d’une femme. Sa capacité à tout faire pour donner vie à ses rêves et à y croire. C’est un roman bouleversant qui nous fait découvrir un amour hésitant. Un roman qui nous fait découvrir une femme si forte de faiblesse. De douceur. De tendresse. Une jeune femme qui en veut et se donne les moyens. Y arrivera t-elle sans se brûler les ailes tel un papillon face à la lumière? Comment s’en sortira t-elle? Sera t-elle assez forte?

Une lecture toute en douceur. Avec une sorte de sérénité  qui nous fait tourner les pages avec curiosité. Avec un plaisir accru. Folles vies est l’histoire d’une femme hors norme. Une femme entière qui se découvre à travers ses rêves. Ses projets. Une femme qui se donne les moyens. Une femme qui se donne la chance d’y arriver même si pour cela elle devrait vivre de folles vies.

Note 17/20

9791030202816    Editions Fauves    168 p.    17€

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Avant que les ombres s’enfuient – Frédéric Surgan – 2017

Quatrième de couverture

Stan médecin quadragénaire, aurait bien du mal à dire quand il a commencé à s’éloigner de sa vie et même à succomber, lui, un ORL, sous le déluge de bruits qui lui labourent le crâne. Cela remonte peut-être à loin. Au fond. Depuis, en tout cas, il flotte sans repère, son humour grinçant et féroce le sauvant du naufrage sans pour autant le rapprocher des autres. Il a encore quelques ancrages pourtant. A vingt ans, il a connu un grand amour, Anne, qu’il a perdu ensuite, sans vraie raison. Et il a une famille singulière. Quand il était enfant, son oncle Yvon  qu’il aimait tant, s’est noyé en mer. Et au décès de son grand-père, patriarche redouté, d’autres secrets ont commencé à se dénouer. Mais le mystère perdure. Stan en est sûr: c’est quelque part par là que la vie s’est enfuie. Il doit comprendre l’histoire des siens, découvrir ce qui leur est vraiment arrivé. Il se lance sur leurs traces, il replonge dans le temps à leur recherche. Et puis il veut retrouver Anne. Peut-être qu’en réparant le passé, il pourra réparer le présent…

Chronique

Toutes les familles ont leurs secrets. leur bizarrerie. Elles ont ce genre de « truc » qui fait tiquer sans que l’on sache pourquoi. Quand Stan  nous présente la sienne, nous sommes pris entre la compassion et le fou rire. Il faut avouer qu’elle est particulière. C’est une famille qui semble figée dans son histoire, indifférente au temps qui passe. Aussi, quand Stan ne se sent pas à l’aise dans sa vie, nous le comprenons sans peine.

Avec un langage coloré, Stan nous présente sa vie vaseuse, hypothétique. Une vie où le rêve vire rapidement au cauchemar. Une vie où tout est incertain, même les êtres. Une vie où ses angoisses deviennent réelles et l’accompagnent à chaque pas. Peu à peu, il perd pied. Lentement. Inéluctablement. Des sursauts, l’instinct de survie se manifestent de temps en temps. Discrètement. Doucement. Sans pour autant s’imposer. Stan a t-il vraiment envie de s’en sortir? Si oui, comment y arrivera t-il? Ira t-il au bout de ses recherches?

Avant que les ombres s’enfuient nous invitent à accompagner un homme désespérément à la recherche de lui-même. A la recherche du désir de vivre. A la recherche d’une bouée à laquelle il pourra s’accrocher avec désespoir. Avec force. Un homme qui se sent aller à la dérive et qui souhaite s’ancrer quelque part dans sa vie. Dans la vie. Avant que les ombres s’enfuient.

Note 17/20

9782940583782   Editions des 5 sens   253 p.   18€

Mapuka – Vendre son corps en échange d’un mariage blanc – Khunlung – 2018

Quatrième de couverture

En Afrique, plus qu’ailleurs, si vous avez de l’argent, tout s’achète. Chaque jour, une grande partie de la population se bat pour gagner juste de quoi se sustenter. Beaucoup de filles des cités populaires se vendent pour vivre en espérant trouver l’homme fortuné qui ferait d’elles une épouse. Certaines arrivent à trouver un Européen pour une nuit en espérant les rendre suffisamment amoureux pour concrétiser une idylle durable. Plusieurs quinquagénaires, fatigués par une vie de couple à bout de souffle, dans leur pays d’origine, ont succombé aux délices sexuels de ces redoutables amazones.

Mon Avis

Un titre qui sonne comme un glas. Un titre qui dit tout d’une société en perdition.  Une vie. Celle d’une jeune femme prête à tout  pour se hisser très haut dans l’échelle sociale.  Une vie. Celle d’un homme en grande misère affective à la recherche de celle qui comblera ses attentes. Que faire quand on vit dans un pays où tout part à vau-l’eau? Que faire quand la pauvreté est une seconde nature? Qu’elle colle à la peau comme une sangsue?

Mapuka est un roman pour un public averti. Les mots sont crus. D’une âpreté à faire tomber les aiguilles d’un cactus. Des mots qui font ressortir l’amertume des personnages et la perte de leurs repères. Mapuka, un mot qui comme la danse du même nom, laisse au spectateur ou au lecteur une impression de pertes de valeurs les plus basiques de l’humanité. Un arrière-goût aigre qui fait réfléchir sur les valeurs essentielles de la vie.

Cependant, comment vivre dans un pays où la pauvreté est endémique? La mise en scène est présente chez Beverly et Patrick. D’un côté, une grande misère financière. De l’autre, une grande misère affective, amoureuse. La manipulation est consciente ou inconsciente. Chacun y trouve son compte, peu importe les origines. Tout y est manipulation, chantage, profit, sexe tarifé.  Finalement, quels que soient les moyens, l’essentiel n’est-il pas d’atteindre son but? Son rêve?

Mapuka est comme la danse du même nom. Cru. Sexuel. Lascif à l’extrême. Il est le rêve, le cauchemar de deux mondes riches de beaucoup de choses, pauvres d’autant. Deux mondes où espoir, désespoir, rêves avortés, cauchemars réels se côtoient, se ressemblent et sont si différents. Chacun se voile la face. Le sens de l’honneur  est aléatoire. L’argent est roi et révèle la face cachée de l’humain. Bienvenus dans le monde du Mapuka!

Ma note 15/20

9791034810048   Evidence Editions   220 p.    14,90€