Publié dans romans, science fiction, Saga

Trahisons Mémoires d’un veilleur – Louise Morens – 2019

Quatrième de couverture

Lors d’une mission anodine, Jack disparait sous les yeux de sa femme et d’Alex. Après avoir été contrainte d’observer le passé tragique de son mari, Solène revient sur la Terre où elle dépérit un peu plus chaque jour. Jack réapparait le soir de son anniversaire, mais, c’est Alex qui disparaît alors… Qui s’opiniâtre à détruire la santé mentale de Solène et surtout pourquoi? Les enfants Cooper accepteront-ils les décisions de leurs parents et leurs implications? La quête de vérité des Veilleurs révèlera des trahisons et de lourds secrets. La jeune génération saura t’elle les aider  et les soutenir?

Chronique

Rester en alerte et curieux de tout, c’est la routine pour un veilleur. Alors, quand un vaisseau se trouve au mauvais endroit, au mauvais moment, il est normal que les Veilleurs se posent des questions. Que fait-il là? D’où vient-il? Qui est le pilote? Et c’est le début d’une longue et haletante aventure pour Jack, Solène, leur entourage, leurs amis.

A peine le temps d’ouvrir le livre et nous entrons de plein pied dans l’aventure. Pas de temps mort. L’aventure nous ouvre les bras. Et ce, jusqu’à la dernière ligne. Solène et Jack sont éprouvés dès le début. Sont-ils vraiment ciblés? Pourquoi? Leurs enfants sont-ils à l’abri? Comment les protéger? Nous ressentons leur angoisse, leur peur pour leurs enfants. Pourront-ils les protéger encore longtemps? Qui leur en veut autant?

Trahisons Mémoires d’un Veilleur. Le titre nous annonce ce à quoi Solène et Jack devraient faire face. Nous assistons à des batailles de haute voltige à travers les mondes. Nous assistons aussi à des moments de tendresse intenses. Des moments de vie intense qui nous permettent de reprendre un peu notre souffle dans cette lecture prenante et addictive. Une lecture riche en rebondissements qui nous tient en haleine et attise notre curiosité. Nous vivons des moments forts jusqu’à la dernière ligne en espérant que le mot « fin » n’est qu’illusoire.

Note 19/20

9789523403987    Editions Atramenta    Collection Science Fiction   365 p.     15€

 

 

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Publié dans conte

Contes et légendes de la Terre d’ Iesso – Jean-Baptiste Bing – 2016

Quatrième de couverture

Sur les cartes du monde datées des XVIème et XVIIème siècles, l’Ouest de l’Amérique et les côtes orientales de l’Asie n’ont pas encore acquis leurs contours exacts. A leur place, on peut voir un continent dénommé « Terre d’Iesso », où habitent des peuples aux cultures multiples. De leurs rêves, de leurs mythes, de leurs musiques, de leurs langues, ils ont tissé leurs contes, leurs légendes et leurs épopées. Comme tant d’autres, je me suis laissé frapper par cette terre hors du monde. J’y ai passé plusieurs années, à différentes époques, avantage des pays imaginaires, où le temps est à la merci de l’imagination. J’y ai entendu et lu de nombreux récits, je vous en offre quelques-uns dans ce recueil. Partez sur les traces d’Eau-du-ciel et Ours-des-forêts, frissonnez à l’épopée de l’Exilé du Nord, assistez à la naissance de l’empire du Zénith, arpentez le royaume des Maîtres de l’Eau…

Chronique

Des contes expliquant la cultures des peuples d’une terre imaginaire. Des légendes sur ces humains et leurs terres. Des légendes où la nature est sublimée. Où la nature est  respectée dans sa force et sa douceur. Des légendes où la nature légitimée donne naissance au monde des hommes. Entre ciel, terre et mer, la création du monde et son unification prend naissance sous nos yeux. Un tableau riche, fort en émotions.

Chaque conte nous rapproche un peu plus de la nature et nous démontre à quel point elle était respectée. Ces contes sont le reflet de l’humanité avec ses débordements émotionnels: jalousie, Peurs. Chaque conte est suivi d’une note historique expliquant le lien entre le conte et les traditions de ces peuples. Les pages se tournent avec une grande curiosité et un plaisir évident à la découverte de ces récits qui ont construit le monde d’Iesso.

Contes et légendes de la Terre d’Iesso est un concentré de récits qui nous emmène à la découverte de peuples  et de leurs croyances d’une grande beauté. A la rencontre de peuples respectant ce qu’il y a de plus sacré dans la nature. Une découverte à travers la création de leur Terre. Une lecture aisée et agréable faite de conquêtes, de luttes et de réconciliations. Une lecture qui nous montre la création d’un empire et ce qui s’en suivit, à travers les contes et légendes de la Terre d’Iesso.

Note 16/20 

9782343100357   Editions l’Harmattan    Collection les légendes du Monde   158 p.   14,50€

 

Publié dans Contemporain, fiction, romans

En toi tous les soleils – Marianne Poncelet – 2019

Quatrième de couverture

En des temps anciens, alors qu’elle n’est qu’une enfant vivant au cœur des terres lointaines, Maya reçoit d’une veille femme une pierre lumineuse dotée de mémoire. Cette pierre va pousser la jeune fille à suivre une route parsemée d’aventures, à la recherche de celui à qui ce talisman appartient. Poursuivant le destin de Maya, Anya rencontre Diego. Ils connaitront ensemble la fulgurance de la passion, mais aussi sa brûlure. Anya ne l’oublie pas. Comment oublier la splendeur? Partie à sa recherche au gré des routes, elle rencontre le vieux Kakou, un sage magnifique qui la prendra sous sa protection puis disparaîtra avec le vent, après lui avoir fait prendre conscience de sa propre force de femme libre. Au terme du voyage, la jeune femme brillera de mille soleils, invincible et belle, incarnant la Puri Dhai du peuple tsigane, celle qui sait et qui indique le chemin.

Chronique

Un jour, la terre fut belle. Riche. Superbe. Puis l’homme y chut. Destructeur. Egoïste. Pétri de haine. D’envie. De vengeance. De rancœur. Et il la détruisit. Il la méprisa. Ainsi commence l’histoire. L’histoire d’un peuple. Le peuple de la route. Le peuple qui suit le vent et parcourt cette terre où il puise ses forces: les tsiganes.

En toi tous les soleils est un récit qui commence comme une légende. Un récit qui fait prendre conscience du caractère éphémère de ce qui nous entoure. Un récit qui montre le manque de liberté au travers de l’acquisition de ce qui parait indispensable à la vie. Maya reçoit un bijou, symbole de la Terre-Mère respectée. Un bijou qui se transmettra de génération en génération. Symbole de la nature et de la liberté. Symbole d’amour et de vérité. Symbole de bonheur.

En toi tous les soleils est l’histoire d’une transmission. La transmission de la liberté. La transmission de l’écoute du vent. La transmission de la sagesse. Par le biais d’une femme qui fut à l’origine du peuple des routes. C’est aussi l’histoire d’une transmission à travers les rencontres. Rencontres faites de liberté. Liberté de choix ou d’amours éphémères, telle celle de la nature et du ciel. Des rencontres créant un autre ailleurs toujours libre. Dans des mondes où les hommes brillent comme des étoiles dans la voûte céleste. En totale union avec un talisman venu des siècles lointains. Un héritage, ce talisman qui semble dire à chacune de ses propriétaires, en toi tous les soleils.

Note 18/20

9782343178684    Editions L’Harmattan    Collection Amarante    108 p.    13€

 

Publié dans fiction, romans

Extérieur Jungle – Vanessa Fucks – 2019

Quatrième de couverture

Ce qu’il avait voulu, c’était quoi? Etre un artiste, être aimé, se voir, qu’on le voit? Mais qu’on le voit tel qu’il était ou tel qu’il voulait être? Oui, il voulait son nom en gros sur les affiches, et cette femme si belle, si talentueuse à son bras. Il avait voulu tout cela si fort et pourtant tout avait disparu. Mais, n’était-ce pas justement cela l’essence de l’Art? Tristan est un acteur, du moins il le croit. Il croit que le vide qui l’habite peut s’emplir de la vision d’un autre et rayonner au-delà de sa propre existence. Et tant pis si  cette vision ressemble plus à un gouffre sans fond qu’à une aura. Qu’a t-il à perdre à présent, à part le peu de lui-même qu’il lui reste?

Chronique

Qui n’a pas connu une rupture douloureuse? Celle qui vous arrache le cœur, vous démolit l’âme et vous laisse hagard de douleur? Tristan traverse ce moment avec pénibilité et une bonne dose de plaisir à l’autodestruction. Cependant, il doit s’efforcer à reprendre sa vie en main s’il ne veut pas que sa vie professionnelle se termine dans le même état que sa vie privée.

Nous suivons le parcours d’un homme qui se noie dans sa douleur. D’un homme pris d’une douce folie destructrice et qui ne semble pas pouvoir remonter la pente. En a-t-il seulement envie? Peut-être qu’un voyage, un film à l’étranger, en compagnie d’un metteur en scène talentueux et complètement fou…

Extérieur jungle. Un euphémisme. Une folie des hommes. Une fin de non recevoir d’un artiste au bout de lui-même. D’un acteur  pris dans les rêtres d’un savant fou avec un clap pour arme. Mais pas que. Devrait-il aller au bout de la folie pour retrouver le goût de vivre? Aller au bout de la douleur pour se sentir renaître? Aura t-il ce sursaut de survie qui l’empêchera de plonger au fond de la détresse, du désespoir? Devra t-il subir l’extrême folie de l’humain pour enfin assainir sa douleur? L’existence est-elle en fonction de la reconnaissance mondiale? Ce qui est sûr c’est que le début sera la fin et peut-être que la fin sera renaissance.

Note 18/20

9782379120039   Editions Et le bruit de ses talons    149 p.   15€

 

Publié dans fiction, romans

Lâche-moi les crampons – Giuliana Olivero – 2019

Quatrième de couverture

Grazia n’est ni jolie, ni riche, ni cultivée. De surcroit, malchanceuse, elle traine une  enfance difficile. Seul le football arrive à illuminer sa vie morose sans perspectives d’avenir. Grazia ne se contente pas d’assister aux matchs du dimanche comme le tifoso lambda, mais son plus grand plaisir est de suivre, depuis le bord de la pelouse, les entrainements d’équipes aussi prestigieuses que la Juventus de Turin. Deux mondes bien différents cohabitent. En effet, la réalité de tous ces sportifs, devenus au fil du temps l’objet de son besoin effréné d’amour, est à des années lumières  du quotidien de l’héroïne. Celle-ci a d’abord idolâtré les rockstars, avant de tenter de se rapprocher des footballeurs, en apparence plus accessibles et disponibles. Mais ses lubies  et ses fantasmes auront raison de son innocence et d’un rêve  de vie meilleure. Son petit cœur souffre. De leur côté, ces magnifiques athlètes au zénith de leur gloire n’acceptent pas l’intrusion de Grazia, ne comprenant pas la pureté de ses sentiments et sa recherche éperdue de contact. Un seul d’entre eux fera preuve d’égards et d’humanité.

Chronique

Une femme. Une fan. Une histoire de foot. Quel rapport? Les groupies existent. Partout à travers le monde. Quelle est leur histoire? Pourquoi un tel acharnement à suivre une personne, une équipe? Grazia va nous faire découvrir son monde. Ses coups de cœur. Ses déceptions. Comme toutes les groupies ou presque. Une vie bien compliquée. Et c’est peu de le dire pour peu qu’elle vire à la pasionaria et elle devient infernale pour tout le monde.

Dès l’instant où elle l’a décidé, Grazia bat les terrains de football à la recherche des signatures de la Juventus et surtout de Platini, son idole. Au fil des pages, nous découvrons ses succès, ses déboires. Les liens plus ou moins hasardeux  qu’elle noue avec les joueurs. A quel moment est-elle passée de groupie à harceleuse? Que peut-elle bien penser de l’impact que cela a dans la vie de ces joueurs qu’elle suit nuit et jour? Grazia nous fait sourire pour son amour platonique pour Platini. Est-ce vraiment de l’amour?

Lâche-moi les crampons, d’une manière ludique, nous démontre les relations bipolaires entre une fan et l’objet de sa passion. Une passion dévastatrice qui peut détruire tout sur son passage. Et, parfois, l’objet de la passion. Les situations prêtent à sourire tant elles frôlent l’absurdité. Des courses-poursuites pour un regard, un mot, une poignée de mains. Des rendez-vous fantasmés par ces groupies dont l’objet de leur passion ne pense qu’à dire « lâche-moi les crampons ».

Note 16/20

9782812710537   Editions Les Presses du Midi   203 p.    16€

Publié dans Jeunesse, policier

L’assassin de papa – Malika Ferdjoukh – 2010

Quatrième de couverture

Valentin et son père vivent dans une péniche abandonnée, sous le pont de Grenelle, à Paris et doivent chaque jour ruser pour survivre et ne pas être séparés. Un soir, ils surprennent le tueur en série qui s’attaque aux jeunes femmes du quartier. La peur hante alors leurs jours et leurs nuits. Car le tueur en série les a vus aussi…

Chronique

Avoir une vie marginale est un fait pour Valentin et son père. L’école de la vie plait à ce garçon qui, très tôt, a appris à ne pas aimer l’école. Mais, connait-il vraiment  la vie scolaire? Pourquoi ne veut-il pas y aller? Son père le laissera t-il y aller un jour? Sa vie de bohème ne lui pèse pas jusqu’au jour où il fit une rencontre.

L’assassin de papa est un roman policier pour lecteurs à partir de dix(10) ans, mais qui peut être lu par des adultes aussi. L’histoire est belle. La lecture est agréable. Au fur et à mesure des pages, nous découvrons l’histoire de ces deux personnages hauts en couleurs, un peu perdus dans la vie. Deux personnes pétries de beaux souvenirs lointains. Deux personnes brisées par une perte commune. Par des accidents de la vie. Valentin et son père connaissent le visage du serial killer qui sévit dans leur quartier parisien. Comment faire pour qu’il soit arrêté? Plutôt, comment le dénoncer sans se présenter au commissariat?

C’est avec beaucoup de plaisir que nous dévorons l’assassin de papa, un roman plein d’humour. D’amour. De force. D’humanité. Ce roman est un concentré de suspens. Cette atmosphère qui s’infiltre dans chaque fibre du corps insufflant fortement l’instinct de survie. Une envie de mieux être entouré. C’est ce qui arrive à Valentin qui craint pour sa vie et celle de son père. Surtout qu’en dehors de la péniche sévit l’assassin de papa.

Note 17/20

9782748509373    Editions Syros 102 p.    6,95€

Publié dans historique, romans

Le trône maudit – Jose Luis Corral & Antonio Piñero – 2014

Quatrième de couverture

An 4 avant Jésus-Christ. Le cruel tyran Hérode le Grand meurt et laisse le trône d’Israël vacant. Deux de ses fils se disputent  alors la succession de celui qui était considéré comme le roi de tous les juifs. Débute ainsi une période mouvementée où passion, violence et trahison se déchainent: chacun voulant obtenir la faveur de l’Empereur Auguste qui surveille avec une extrême vigilance cette partie particulièrement sensible de son Empire.

Dans ce contexte fragile apparaît un jeune prédicateur, Jésus de Nazareth, qui par ses sermons sur le Royaume de Dieu et sa capacité de persuasion commence à remettre en cause la tutelle romaine  et l’hégémonie des prêtres juifs de Jérusalem. Dès lors, nombreux sont ceux qui veulent se débarrasser de ce rebelle, qui va entrainer un bouleversement fondamental dans l’histoire du monde.

Chronique

Comme le dit l’adage: « Le roi est mort, vive le roi« .  Et après, que se passe t-il? Qui lui succèdera?  Avait-il choisi son dauphin avant de mourir? Pour Hérode, comme pour tous les rois, la mort est aussi une question politique. Et Hérode n’en finit pas de mourir. Plutôt, il est mort dans un silence et un secret assourdissants. Fracassants. Sa succession est une énigme. Nous découvrons, ainsi, les coulisses d’un succession royale où tous les coups sont permis pour accéder au trône tant désiré (meurtres, trahison…). Encore faudrait-il pouvoir survivre à cette foire d’empoigne.

Le trône maudit nous fait vivre un moment clé de l’histoire du peuple juif. A une époque où Jésus de Nazareth, par ses prêches, semait le trouble dans un  royaume tant convoité par tant de puissants. Qui succèdera, finalement à Hérode? Comment ce successeur accèdera t-il au trône tant convoité? Par le biais de cette succession, nous assistons aux prémices de ce qui deviendra la seconde religion monothéiste: le christianisme. Nous assistons aux  mutations socio-historiques  qui bouleverseront la politique de cette partie du monde. Nous faisons aussi la connaissance de différents personnages bibliques. Nous les découvrons sous un autre jour.

Nous ne nous ennuyons à aucun moment. Dès les premiers mots, nous voyageons dans le temps et nous sommes subjugués par la vie de ces hommes et de ces femmes. Certains faits décrits dans les grands livres religieux sont bien expliqués. Cependant, ne vous y trompez pas, il s’agit bien d’un roman. D’un superbe roman. Un gros pavé qui se lit avec une grande facilité tant le récit est prenant. Nous sommes pris dans la vie de nombreux héritiers plus ou moins légitimes. Une vie où intrigues, fourberie, violence, trahison sont maitres. Tout est acceptable pour s’accaparer le trône. Fut-il maudit.

Note 17/20

9782357204218   HC Editions   576 p.    22€

Publié dans historique, romans

Le Nègre de Napoléon – Raymond Chabaud – 2015

Quatrième de couverture

Peut-on être martiniquais, noir, abolitionniste, officier de la Légion d’Honneur, général nommé par Napoléon sur le front et membre de l’Etat Major de Louis XVIII? L’histoire de Joseph Serrant débute dans l’époque troublée de la Révolution pour s’achever dans la morne conformisme de la Restauration.

Cordonnier à Saint-Pierre, Joseph Serrant s’active dans le Club des jeunes citoyens et se bat pour l’abolition avec Louis Delgrès: tous deux participent, dès 1792, à la première abolition qui ne durera guère. Puis c’est la guerre où il peut enfin exprimer sa bravoure: Napoléon le nomme Général après la victoire d’Ostrovno. Joseph Serrant est le seul métis élevé au grade de général par Napoléon, le seul Général métis d’Empire.

Chabin, aux Antilles, Joseph est Noir. En Europe, seul officier métis dans une armée qui n’en compte guère, il est vu comme Blanc. Aux Antilles, révolutionnaire, Joseph se prend d’une passion pour la Nation. En France, la Nation Jacobine lui fera oublier la singularité antillaise.

Chronique

Au crépuscule de sa vie, Joseph Serrant fait un retour sur sa vie. Sur son édifiante carrière. C’est un homme qui est né Métis et libre  dans son île. Un homme qui est reconnu en tant que Blanc en France. Un mensonge sur ses origines qu’il assumera toute sa vie. C’est l’histoire d’un cordonnier qui s’élève socialement et devient l’un des plus grands généraux de l’Empire Napoléonien.

Le Nègre de Napoléon nous transporte dans une vie. Celle de Joseph Serrant, né au pied de la Montagne Pelée. Les hasards de la vie vont jouer en sa faveur et faire de lui l’homme qu’il deviendra. Un homme de combat.  Il s’agit d’une histoire envoûtante, addictive qui pousse à tourner les pages avec un grand plaisir. Une petite histoire dans la grande. Une petite histoire avec la grande.  Celle qui se greffe à l’Histoire dans une trame tissée avec obstination jusqu’à s’unir pour aboutir à des faits historiques tels que l’abolissement de l’esclavage qui ne dura qu’un an, à l’époque.

Le Nègre de Napoléon est l’histoire d’une île: la Martinique. Une île où la société se décline en couleur de peau. Une île où les classes sociales se côtoient, mais sont profondément divisées. Sur cette île une famille aura un destin profondément bouleversée par sa participation à l’histoire de France.  Joseph Serrant est le témoin actif de ce changement. Un témoin qui nous entraîne dans les grandes batailles de l’Empire à travers l’Europe. Le regard que porte Joseph Serrant sur sa vie est sans fards. D’une limpidité sans faille. Il a aimé sa vie, malgré quelques regrets. Il a aimé représenter son pays. Il en a ressenti une grande fierté, même s’il a toujours tu sa couleur qui, autrement l’aurait desservi. Même s’il était le Nègre de Napoléon.

Note 17/20

9782357202498   HC Editions   208p.   17€

Publié dans autobiographie, récit, romans

Une nuit à Aden T. 1 & 2 – Emad Jarar – 2018

Quatrième de couverture T.1

« Mon père pensait qu’on « naissait musulman » et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion; il était de ceux pour lesquels l’islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. Pour lui, le christianisme ne serait qu’un avatar illégitime de son propre héritage, puis qu’il était désormais représenté par la religion vraie et transcendante qu’était l’islam. Sa suprématie sur les autres religions  et cette sorte d’inviolabilité  du statut de musulman semblaient d’ailleurs apaiser ses craintes: elles étaient censées me protéger de toute manoeuvre rusée de la part de ma mère ».

Quatrième de couverture T. 2

« Soudain, le fil de mes pensées cesse, quand dans l’obscurité, je perçois au loin le bruit d’un moteur, arrivant de nulle part; il semble provenir du fin fond de cette nuit: c’est u son aussi fin que le soupir de la nuit si elle pouvait respirer. Il y a que je n’ai plus besoin de tendre l’oreille pour écouter la nuit profonde. De mes mois de captivité et d’isolement, j’ai appris à domestiquer les bruits du silence, à soupeser l’air de ma prison; et je le sens cette nuit-ci plus léger; ou est ce mon corps qui est plus lourd à l’approche de la mort? Oui, l’idée me passe dans l’esprit que ce bruit peut plus facilement transpercer l’atmosphère si fine de cette nuit; c’est celui d’un moteur très au loin, et je l’entends à ne point s’y méprendre. Je me tourne vers la sentinelle: elle dort toujours ».

Mon avis

Naître Palestinien exilé est déjà une particularité. Naître d’un père musulman et d’une mère chrétienne pratiquante est une intrigue. Cette dichotomie pèsera dans tous les actes du jeune héros. A travers l’évocation de sa vie, nous découvrons les lois du Coran telles qu’elles sont établies en parallèle aux actes de ses parents. Ainsi, dans une nuit à Aden, cette particularité religieuse dans la vie de l’auteur est très intéressante et très instructive. Du fait de son statut d’homme citoyen du monde, son raisonnement est-il le résultat de cette situation? Cette dichotomie interne, psychologique entre sa vie et sa religion/ses religions rend la lecture agréable malgré les longues digressions. Ce qui est sûr, c’est que Emad Jarar est un érudit, un intellectuel doué et un théologien.

La lecture se déroule entre histoire personnelle, édits du Coran, de la Sunna, des Hadiths et les proverbes, les citations du monde Arabe. Des citations des plus grands maîtres de la pensée arabophone. C’est un regard plein de tendresse et d’humour qu’il pose sur sa vie et celle de ses parents. Au fur et à mesure de la lecture, une sorte d’addiction s’installe et les pages se tournent avec beaucoup de curiosité. Dans un monde où l’Islam est devenu un objet d’incompréhension, de questionnement, une nuit à Aden est le symbole de la possibilité d’une symbiose entre deux religions monothéistes.

Cependant, Emad Jarar ne parle pas que de religion. Il présente la vie d’un jeune homme sans patrie. Un jeune homme qui est le lien entre l’Orient et l’Occident. Qui mène une vie en fonction de ses antécédents familiaux. Un homme qui vit un amour passionné et passionnel. Il vit cet amour dans l’extrême. Avec douceur. Avec force. Malgré le monde qui s’écroule autour de lui. Malgré sa vie coincée entre quatre murs. Une vie qui s’effrite au nom de l’amour absent. Une vie retrouvée au nom de l’amour absent. Malgré le fanatisme religieux.

Une nuit à Aden fait revivre les moments clés des pays du Maghreb, du Proche et de Moyen Orient. Il s’agit d’une découverte des différents modes de vie de ces régions liées à l’islam et aux conséquences terribles des différentes interprétations des peuples. C’est une plongée dans un monde qui ne laisse pas indifférent. Qui ne laisse pas indemne. Qui permet de comprendre les raisons de la montée de certains courants extrémistes. Une nuit à Aden est un voyage superbe à travers l’amour. A travers les souvenirs. A travers la vie et ses déboires. Un voyage profondément humain. Un voyage d’un homme à la recherche de sa vie. De son destin. Quitte à se perdre à jamais. Quitte à se retrouver pour toujours.

Ma note 17/20

Tome 1 – 97823631588949  382 p.   17€     Tome 2 – 97823631588956   394 p.   19€

 

Publié dans fiction, romans

Noces d’un tombeau – Germain Nyada – 2017

Quatrième de couverture

Ayant perdu sa clé USB dans la maison familiale avant son départ pour des études supérieures en Allemagne, Pura charge Sita sa mère, de la retrouver et de la lui renvoyer tout en lui interdisant d’en lire le contenu. Mais cette dernière ne résiste pas à la tentation. Elle y découvre « noces d’un tombeau », le récit fantastique d’une jeune femme condamnée aux dures réalités d’un veuvage en campagne, puis soumise aux aleas conjoncturels d’une vie urbaine. D’abord fascinée par l’idée d’avoir un fils écrivain, Sita estime après réflexion que la réputation  de toute l’Afrique prendrait un coup si le texte était publié. Mais s’opposer à sa parution reviendrait à reconnaître qu’elle a trahi la confiance de Pura…

Mon avis

Oublier ou perdre une clé USB, cela peut arriver. Que se passerait-il si la personne qui la retrouvait la lisait? Sita, mère aimante, découvre ainsi son fils. Sa vie. Leur vie. Vivre sa vie est normal. La lire noir sur blanc est bouleversant. Surtout s’il y a des secrets.

Avec beaucoup d’humour, nous découvrons la vie  d’un village, d’une famille, d’une femme, d’un enfant à travers les traditions et les coutumes ethniques. Puis dans une vie citadine. Sita se pose de nombreuses questions. Faut-il rendre la clé à son fils? Faut-il, donc, accepter la publication de ce roman? La clé USB est à l’origine de tribulations tragi-comiques qui font réfléchir. Des tribulations qui nous poussent à tourner les pages avec frénésie, le sourire aux lèvres.

Tout se déroule tel une pièce de théâtre de Guillaume Oyono Mbia, tel un écrit de Francis Bebey. Le sourire et la grandiloquence des personnages tissent une histoire superbe. Superbe de doutes. D’humour. Une histoire criante de vérité. Noces d’un tombeau nous fait découvrir le poids des traditions pour les femmes. Le poids des traditions tout simplement. La lecture est très agréable et c’est avec plaisir  que l’on retrouve le parler local (« ékiééé ») et des expressions typiques qui insufflent une particularité vibrante au texte.

Sita doit réfléchir à un choix car, c’est accepter de révéler sa vie aux yeux du monde entier. A condition, bien sûr, qu’elle accepte de renvoyer cette clé. Dans le cas contraire… Mais, a-t-elle le droit de cacher son histoire? Qu’est ce qui l’y autorise? Trouvera t-elle la meilleure solution pour tout le monde? Que choisira t-elle finalement? Une question qui tient en haleine jusqu’au bout. Son choix peut sceller le destin de noces d’un tombeau à tout jamais. Et vous, si c’était votre vie qui se trouvait sur cette clé USB, quel serait votre choix?

Ma note 18/20

9782754735803 Ed. du Panthéon   331 p.   22,90€