Les roses et les oranges – T.1 – La déferlante – Francine Godin-Savary – 2018

Quatrième de couverture

Devon, Angleterre, 1932. La grande guerre s’est éloignée et la jeunesse a soif de plaisirs et de revanche sur la mort. Françoise et Florence Henrisson sont bien belles. Elles sont aussi jumelles  et s’amusent des garçons qui les courtisent  en échangeant leurs tenues vestimentaires. Puis, Mark, leur frère, va revenir de son exil suisse et tout va changer. Les amourettes passagères vont être balayées  pour laisser place au grand amour qu’il a toujours eu pour Paul qu’il n’a pourtant pas revu depuis de longues années.

Mon avis

L’entre-deux guerres. Une famille recueille un jeune orphelin. Une timide amitié se noue. Une amitié enfantine. Une amitié traversée par la vie. Par la séparation. Par les aléas de la vie au manoir. Une vie au manoir pleine de surprises bonnes ou mauvaises.

Les roses et les oranges – T.1 – La déferlante nous raconte l’amour sous toutes ses formes. Avec ou sans interdits. Avec folie. Des amours d’adolescents. Fortes. Folles. Débordantes. Qui n’a jamais fait de folie par amour? Qui n’a pas écouté, au moins une fois, son cœur plutôt que sa raison? L’histoire d’un amour interdit. Stigmatisé par une société « bien pensante ». Est-il toujours facile d’éprouver un amour proscrit? Comment faire pour aimer à la folie en toute discrétion? L’histoire d’un regard social qui salit un amour profond. Que faire? Que dire face à une société qui entre les deux guerres, respire la joie de vivre, l’insouciance et qui refuse ce qui n’est pas la norme?

Les roses et les oranges – T. 1 – La déferlante nous entraine dans une belle histoire d’amour. Avec force. Avec pudeur. Un amour qui torture. Un amour qui blesse et fait fondre l’amant. L’amour qui rend presque inaccessible l’être aimé. C’est avec beaucoup de pudeur que le sujet de l’homosexualité est abordée. Avec humanité. Avec beaucoup de tendresse. Comme la vie peut être dure pour ces personnes jugées asociales! Comment peuvent-elles s’aimer en dépit de la stigmatisation? Comment faire face à tous ces sentiments qui déferlent dans le cœur? Dans l’âme?

Les roses et les oranges -T.1 – La déferlante est un beau roman qui présente la vie de l’entre deux guerres avec une société qui est tout ce qu’il y a de plus actuel. Une société stigmatisante. Une société qui rejette tout ce qui ne rentre pas dans un moule. Un roman très émouvant.

Ma note 17/20

9782378770501  Editions les Lys bleus   329 p.  20,60€

 

 

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La bombe – Maëlle Denis – 2018

Quatrième de couverture

Suite à un gage, Suzanne entreprend de faire la connaissance de Sayid, nouveau dans sa classe et déjà considéré comme un paria par ses camarades. Ce qui a commencé comme un désagréable défi à relever se mue rapidement en amitié, et l’envie d’en savoir plus sur ce garçon mystérieux et taciturne devient sincère et authentique. Mais le jeune homme tient à ses secrets et son passé demeure obscur… Qui est vraiment Sayid Zebary?

Mon avis

L’histoire d’une amitié. Un peu bancale. Mais une amitié quand même. Deux jeunes enfants. Presque adultes. Deux histoires de vie différentes. Deux destins. Une amitié aux prémices timides. Maladroits. Qui est le nouveau? D’où vient-il? Pourquoi est-il  là?  Deux êtres très différents. L’un quasi mutique. L’autre bavard. Deux êtres qui vont s’apprivoiser dans une longue danse virtuelle. Deux adolescents, face l’un à l’autre, tentant plus ou moins facilement  de se découvrir. De s’apprivoiser. De s’apprécier. Au plus grand dam de certains de leurs proches. De leurs amis.

Les mots sont doux, au début. Délicats. Avant de s’endurcir. Chacun vit avec un secret. Lourd. Qui ne peut être confié. Que se passerait-il si tout le monde savait? Sayid aurait-il toujours sa place au sein de la société? Une société loin des horreurs de la guerre. Une société qui, pourtant, subit le terrorisme. Lorsque les Editions du Panthéon m’ont envoyé ce roman, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le titre m’avait interpelée.  J’ai découvert une pure merveille. Un roman qui ne laisse pas intact, qui ne laisse pas indifférent.

La bombe nous entraîne dans le monde de la violence. Violence que la société subit avec rage. Avec douleurs. Avec colère. Avec larmes. Une violence qui détruit l’être, l’âme. Une violence qui fait de certaines personnes des morts-vivants. Des morts-vivants entrainés. Téléguidés. Pour le pire et encore le pire. L’histoire est pleine de suspens. Au fur et à mesure de la lecture, le voile se lève sur un monde que l’on peine à imaginer, même si la réalité n’est un secret pour personne. Pour le plus grand malheur du Monde Entier. Un monde où l’innocence se liquéfie  et les sentiments s’évanouissent sous les brimades, les coups, la torture physique et mentale. Qui est vraiment Sayid? Quel est son rôle dans ce monde anesthésié où la mort, omniprésente, est ordonnée/donnée par contrat interposé? Quelle serait la réaction des gens qui l’entourent et qui l’aiment?

La bombe est un roman écrit à deux voix. Deux visions différentes de l’histoire. Visions si proches et si éloignées. Deux réactions. Deux consciences qui soupèsent les mots, l’environnement. Les actes. Deux consciences troublées par une violence si différente mais qui brise l’âme de la même manière. La conscience qui anesthésie l’Humain et le pousse à faire comme si le mal n’existait pas. Maëlle Denis a su décrire des évènements qui brisent sporadiquement notre société. L’éclaboussant de sang pour déclencher la haine. Cette haine si forte que certains réussissent à insinuer dans les cœurs, les âmes, dans les humains fragiles. Y arriveront-ils un jour? Espérons que non….

Ma note 20/20

9782754741446   Editions du Panthéon   235 p.   18,90€

Les miroirs du silence – Zoubida Bengeloune Fall – 2018

Quatrième de couverture

Au moment d’ouvrir ce livre, posez-vous une question: Que sais-je des inconnus devant lesquels je passe tous les matins? Qui sont-ils? D’où viennent-ils? Quels sont leurs rêves? Mendiants, chômeurs, vendeurs à la sauvette, jeunes cadres d’entreprise, autant de personnes que nous croisons tousles jours sans leur accorder attention. Survivre à son divorce, retrouver sa jeunesse évanouie, réussir sa mort sont certaines des épreuves de vie qu’imagine l’auteure, remontant ainsi le fil invisible qui la relie à ces inconnus.

Mon avis

Il arrive souvent qu’en observant une scène, nous tentons d’en imaginer l’histoire. Dans les miroirs du silence, l’imagination de l’auteure va jusqu’au bout. Ces aventures du quotidien prennent vie sous la plume légère de Zoubida Bengeloune Fall. Des bouts de vie. Des tranches de vie. Tendres. Dures. Pleines d’humour. Pleines de doute. Poignantes. Des vies parfois misérables. Celles de personnes oubliées par la paix, la joie, le bonheur, l’équilibre psychique. Des hommes dans un pays où le quotidien est une lutte sans fin. Des tranches de vie qui pourraient être vécues n’importe où, à travers le monde.

Les miroirs du silence offrent un regard sans fards sur une société engluée dans son carcan de bonne éducation, de personnes « bien pensantes » et de l’art de supporter les aléas de la vie avec dignité. Les histoires, souvent égayées par des adages, des proverbes, sont courtes et profondément humaines. Quelques mots wolof ne sont pas traduits. Ce qui ne nuit en rien à la lecture et à la compréhension des petits moments de vie. Au détour d’une rencontre, même furtive, Les miroirs du silence nous peignent les vies imaginées d’hommes et de femmes du quotidien. Toute rencontre même furtive fait la part belle à l’imagination. C’est une belle prouesse. La lecture se fait facilement, d’une traite. tant elle est addictive et tant la curiosité est aiguisée à chaque page, à chaque nouveau récit.

Les miroirs du silence sont le miroir d’une superbe imagination. Une imagination qui entraine le lecteur dans une valse de mots. De maux. De vies mosaïques. De bris de vies pleines d’humanité. Une humanité pudique. Forte. Reflet d’une société résiliente. Une résilience que Zoubida Bengeloune Fall a su dépeindre avec douceur. Avec tendresse. Avec empathie, brisant ainsi le silence de l’indifférence.

Ma note 18/20

9791069927025 – Du Kokalam – Plein de petits riens – 184 p

Odyssée Mahoraise – Phil Ouzov – 2018

Quatrième de couverture

Enseignant en métropole, Charline en burn out, obtient sa mutation pour Mayotte au cœur de l’ Océan Indien. Fini les classes indisciplinées, place au travail facile dans un cadre exotique. C’est du moins ce qu’elle pense. Sur l’île aux parfums le bon et le mauvais se côtoient et les aventures insolites ne manquent pas. Heureusement Charline rencontre John, naturaliste qui lui fera découvrir les beautés du lagon en bathyscaphe. Mais le temps passant la question se pose inévitablement, faut-il rester ou quitter Mayotte?

Mon avis

Les aventures d’une enseignante métropolitaine en terre Mahoraise. Quand Charline débarque à Mayotte, les rêves plein la tête, elle est loin de se douter de ce qui l’attend. Le dépaysement est complet. L’île semble faire un pied de nez à cette institutrice un peu trop dans les nuages. Pour le plus grand plaisir du lecteur.

En effet, les personnages sont hauts en couleur et les dialogues sont d’une succulence telle que l’on en redemande. Les planches sont superbes de réalisme. Les personnages sont croqués de telle manière qu’il suffit d’un coup d’oeil pour connaître leur trait de caractère. Non seulement Phil Ouzov a un superbe coup de crayon, mais il a beaucoup d’humour. Du moins, ses personnages. Son histoire.

A chaque page, la suite d’une histoire qui nous fait rire aux éclats, tant Charline en fait et en voit de belles. Elle affiche un  optimisme hors pair. Ce qui est tout à son honneur. Finira t-elle par adopter son nouveau style de vie? Se laissera t-elle porter par ses rêves? Ses déboires auront-ils raison de sa candeur?

Odyssée Mahoraise respire la joie de vivre. Son humour est frais, cinglant, ce qui ne fait que donner envie d’en lire encore et encore. La présentation des fantasmes que l’on peut avoir quand on arrive dans un pays. C’est une superbe bande dessinée qui respire la bonne humeur. A mettre entre toutes les mains. Je remercie les éditions des bulles dans l’océan de m’avoir permis de découvrir cette superbe bande dessinée

Ma note 18/20

9782919069507  Ed. des bulles dans l’Océan  80 p.

 

Les sous-Teckels – Virginie Vanos – 2014

Quatrième de couverture

Ils sont parmi nous! La majorité silencieuse, les conformistes passifs-agressifs, les petits esprits trop bien-pensants, nourris de préjugés et emplis de « prêt-à-penser »! Comment donc être heureux et tenter de se faire une place au soleil alors que l’on est considéré comme un outsider?

 

Mon avis

Sincèrement, je ne savais pas dans quoi je m’embarquais au vu du titre du roman. Je me suis régalée et bien amusée. Un regard fort. Très fin. Sur l’Humain. La naissance des « bien pensants ».  Une Horde qui se forme et se serre les coudes dès l’enfance. Attention à ceux qui ne rentreront pas dans les cases qu’ils ont créées. Leur vie sera un enfer. Quel que soit leur âge. Un regard sur la réaction sociétale face à celui qui ne correspond pas, qui ne ressemble pas à leurs exigences. A celui qui est différent.

J’ai aimé les sous- teckels. Une sorte de tendresse pleine de souvenirs. Eh oui, j’ose le dire, des souvenirs. Qui n’a jamais fait partie ou été victimes des sous – teckels? Chacun s’y retrouve. Bien malgré lui, parfois. On voit évoluer ces bêtes. Nuisibles pour eux et pour la société. Ces êtres que l’on retrouve dans toutes les strates sociales. Une belle analyse de l’Humain. Pleine d’humour. D’une profonde acuité aussi.

Les sous – teckels est un livre qui ne laisse pas indifférent. Qui questionne les consciences. J’ai un peu buté sur les initiales ST à la place de sous – teckels, tout au long du roman. C’est le seul bémol. Voici un livre à lire pour se régaler. Questionner nos actes. Analyser notre comportement.  A lire. Tout simplement.

 

Ma note 17/20

9782332765 703  Ed. Edilivre  177 p. 16€