Terrorist at home – Victoria Bell – 2019

Quatrième de couverture

Ce récit, basé sur des faits réels, nous rapporte l’histoire d’Emerik, un enfant qui a subi l’inceste, la pédophilie, la maltraitance. Malgré les obstacles, sa mère se bat pour le défendre, utilisant pour cela tous les moyens en sa possession, qu’ils soient médicaux ou juridiques. Entre influences politiques et francs-maçons, le lecteur découvre que la résistance et le refus de la vérité peuvent parfois venir de l’intérieur: la famille.

Chronique

L’histoire d’un enfant. L’histoire d’une petite vie malmenée. Une histoire vraie qui prend aux tripes. Emerik est petit garçon heureux de vivre. Un enfant qui a des rêves de son âge: trois ans. Tout va bien. Mais la vie réserve parfois des tours pendables. La roue tourne dans un sens comme dans l’autre. Elle tournera pour Emerik et sa mère. Elle s’arrêtera aux portes de l’enfer. Que dis-je? Des enfers. Et presque pour l’éternité…

Terrorist at home est le cri de douleur d’une mère. Un cri d’amour emporté par la plume pour frapper à la porte d’un cœur scellé par le désespoir. C’est un roman qui nous présente un mal bien trop courant à notre époque: la violence  sous toutes ses formes envers un enfant. La violence faite à un petit garçon. Un mal qui gangrène la société. Comment se reconstruire après avoir subi des horreurs? Que faire pour que le statut de victime soit octroyé et reconnu? Comment peut réagir l’entourage? La résilience est-elle possible?

Les mots sont durs  mais la lecture reste aisée. Les chapitres s’enchainent comme les maillons d’un collier pour nous narrer l’histoire d’Emerik. Ses souffrances. Ses cris sourds. Ses douleurs d’enfant. Les mots se posent avec force. Ils sont empreints de cette douleur qui épuise le cœur et tord les boyaux. Cette douleur qui donne des nuits blanches et des cauchemars éveillés. La douleur d’une mère. Une mère pour qui le monde s’écroule, l’entrainant bien malgré elle dans les tréfonds du désespoir. Une mère. Un enfant. Une vie. Des vies. Rien que de plus banal. D’une telle banalité que l’on pense  que cette souffrance muette, ces cris angoissants de silence ne peuvent être perçus que de ceux qui ont un terrorist at home.

Note 19/20

9782754743989   Ed. du Panthéon    230 p.     19,90€

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Le Nègre de Napoléon – Raymond Chabaud – 2015

Quatrième de couverture

Peut-on être martiniquais, noir, abolitionniste, officier de la Légion d’Honneur, général nommé par Napoléon sur le front et membre de l’Etat Major de Louis XVIII? L’histoire de Joseph Serrant débute dans l’époque troublée de la Révolution pour s’achever dans la morne conformisme de la Restauration.

Cordonnier à Saint-Pierre, Joseph Serrant s’active dans le Club des jeunes citoyens et se bat pour l’abolition avec Louis Delgrès: tous deux participent, dès 1792, à la première abolition qui ne durera guère. Puis c’est la guerre où il peut enfin exprimer sa bravoure: Napoléon le nomme Général après la victoire d’Ostrovno. Joseph Serrant est le seul métis élevé au grade de général par Napoléon, le seul Général métis d’Empire.

Chabin, aux Antilles, Joseph est Noir. En Europe, seul officier métis dans une armée qui n’en compte guère, il est vu comme Blanc. Aux Antilles, révolutionnaire, Joseph se prend d’une passion pour la Nation. En France, la Nation Jacobine lui fera oublier la singularité antillaise.

Chronique

Au crépuscule de sa vie, Joseph Serrant fait un retour sur sa vie. Sur son édifiante carrière. C’est un homme qui est né Métis et libre  dans son île. Un homme qui est reconnu en tant que Blanc en France. Un mensonge sur ses origines qu’il assumera toute sa vie. C’est l’histoire d’un cordonnier qui s’élève socialement et devient l’un des plus grands généraux de l’Empire Napoléonien.

Le Nègre de Napoléon nous transporte dans une vie. Celle de Joseph Serrant, né au pied de la Montagne Pelée. Les hasards de la vie vont jouer en sa faveur et faire de lui l’homme qu’il deviendra. Un homme de combat.  Il s’agit d’une histoire envoûtante, addictive qui pousse à tourner les pages avec un grand plaisir. Une petite histoire dans la grande. Une petite histoire avec la grande.  Celle qui se greffe à l’Histoire dans une trame tissée avec obstination jusqu’à s’unir pour aboutir à des faits historiques tels que l’abolissement de l’esclavage qui ne dura qu’un an, à l’époque.

Le Nègre de Napoléon est l’histoire d’une île: la Martinique. Une île où la société se décline en couleur de peau. Une île où les classes sociales se côtoient, mais sont profondément divisées. Sur cette île une famille aura un destin profondément bouleversée par sa participation à l’histoire de France.  Joseph Serrant est le témoin actif de ce changement. Un témoin qui nous entraîne dans les grandes batailles de l’Empire à travers l’Europe. Le regard que porte Joseph Serrant sur sa vie est sans fards. D’une limpidité sans faille. Il a aimé sa vie, malgré quelques regrets. Il a aimé représenter son pays. Il en a ressenti une grande fierté, même s’il a toujours tu sa couleur qui, autrement l’aurait desservi. Même s’il était le Nègre de Napoléon.

Note 17/20

9782357202498   HC Editions   208p.   17€

La princesse fantôme – Laure St Andrea – 2018

Quatrième de couverture

En 948, trois royaumes se disputent Seillos, gros bourg minier au commerce florissant. La guerre est aux portes de la ville et une négociation de la dernière chance est organisée. Exilée à Seillos pour des raisons mystérieuses, Wilia, 16 ans, doit apprendre à se débrouiller seule. Accusée de sorcellerie, elle doit fuir de nouveau. Devenue l’apprentie du médecin royal, pourra t-elle faire confiance à Pedr, le neveu de la reine? Un personnage mythique vient s’inviter au cœur de la lutte fratricide qui oppose deux conceptions du monde. Qui pourra rétablir la paix?

Ma chronique

Une jeune femme insouciante. Une jeune femme qui aime  la nature et les plantes. Un passé mystérieux. Quel sera son avenir? Qui est-elle? Le Xème siècle est-il une bonne époque pour quelqu’un qui reste si proche de la nature? Wilia l’apprendra, peut-être, à ses dépens. On ne peut pas toujours se confronter aux puissants, sans se brûler les ailes.

La princesse fantôme nous transpose dans une époque où la ferveur religieuse est dévastatrice. Une époque où la différence pouvait, parfois, être mortelle. Une époque où la nature était liée à la magie noire. Nous assistons au destin d’une jeune femme. Une jeune femme qui se sent destinée à soigner grâce aux offrandes de la nature.

Les chapitres ont des intitulés qui nous permettent de suivre l’histoire sans peine. Le vocabulaire est adapté à l’époque rendant, ainsi la lecture agréable, truculente. Laure St Andrea nous fait découvrir les us et coutumes du dixième siècle. Elle nous fait découvrir les croyances. Les usages de la haute société. Les prémices de la nouvelle religion monothéiste et les pratiques sulfureuses de ses serviteurs zélés.

La princesse fantôme nous emporte dans une aventure sans fin. Chaque page, chaque ligne nous tient en haleine et aiguise notre curiosité. Entre intrigues, batailles et trahison, l’histoire nous emporte toujours plus loin à la recherche du savoir, des ennemis  et surtout de la princesse fantôme. La trouvera-t-on? Un mystère qui, peut-être, s’éclaircira. Comment s’y prendre? Existe t-elle vraiment? Comment s’y prendre? Où est-elle? Une recherche pleine de douleur, de peines, d’énigmes qui nous entraînent dans de nombreuses aventures. Pour notre plus grand plaisir.

Ma note 17/20

9781717724618   Autoédité   355 p.

 

Une étrange aventure – Giorgio de Piaggi – 2018

Quatrième de couverture

Dans une île de l’archipel des Caraïbes, un homme jongle entres ses fonctions de médecin et de politicien  dans une lutte acharnée pour la restauration d’un bonheur évanoui dans son pays natal. Ravagée par la violence surnaturelle  de la nature et par les décisions des dirigeants incapables, cette terre mérite son salut et notre héros est fermement résolu à faire rayonner de nouveau les espoirs et les joies disparus.

Mon Avis

Un pays dans un état catastrophique. Une soudaine prise de conscience. Un être perdu, écœuré par ce qu’il a vu. La vie mérite t-elle qu’on se batte pour qu’elle reprenne son cours?  Pourquoi ne pas tout lâcher? Est-ce le moment de se poser les bonnes questions relatives au pays? C’est alors que le débat parlementaire débute. Utopique. Vain. Manipulateur. Subi. Un débat placé sous le sceau de la langue de bois. Peut-on prendre en main le destin d’un pays d’une manière aussi quelconque?

Une étrange aventure est racontée à la première personne. Ce qui nous rapproche du personnage principal. De son histoire. De ses émotions. Au fil des chapitres et des pages, nous assistons au basculement de la destinée d’un pays. Un pays au bord de la rupture. Comment Ferdinand vivra t-il le bouleversement que subit sa terre? Nous plongeons avec lui dans les méandres de la politique d’un pays en pleine déliquescence.

Une étrange aventure nous entraîne dans la progression de la lutte et de la résistance d’un homme pour son peuple. Pour son pays. Pour lui. Et ce, bien malgré lui. Une lutte étrange pour garder son intégrité morale. Pour ne pas être souillé par ce milieu. Nous assistons à d’étranges révélations sur la fange secrète politicienne. La lecture est aisée. Les mots défilent et se posent lentement. Doucement. Presque avec crainte. Peu à peu, nous intégrons ce monde secret. Ce monde de coups bas. De terreur. De trahison. Peu à peu, nous intégrons une étrange aventure.

Ma note 16/20

9782754741286    Ed. Du Panthéon     252 p.    19,90€

Fillette Lalo – Gerry L’Etang et Dominique Batraville – 2018

Quatrième de couverture

Dans une autre circonstance, un autre pays, un président-à-vie entreprit une traversée de l’horreur. Il s’appuya dans cette aventure sur une milice dont les membres reçurent le titre officiel de « volontaires de la sécurité nationale ». La malice populaire préféra les nommer « tontons macoutes » pour les hommes, « fillettes Lalo » pour les femmes, s’inspirant là d’un croquemitaine et d’une ogresse, figures imaginaires du lieu. Une femme se hissa à la tête de ces paramilitaires, devint LA Fillette Lalo. Plus d’un demi-siècle après le début de son oeuvre, sa légende, d’extravagance et d’effroi, est ici restituée

Mon Avis

Un peuple qui se révolte. Comme partout dans le monde. Sur une île Antillaise, les légendent courent les rues. Les chants moqueurs et satyriques aussi. Surtout ceux qui concernent Fillette Lalo qui a disparu de mille et une manières différentes. Qui est-elle? Mythe ou réalité? Que se passe t-il? Qu’est-ce qui a mené à cette révolte populaire? Quel est le lien avec fillette Lalo? Fillette Lalo nous fait découvrir des personnages hauts en couleurs. Des personnages aux noms d’une grande douceur. D’une douceur aussi grande que la férocité de la personne qui le porte. Leur vie. Leur sort nous sont racontés dans le détail. Nous suivons un peuple qui est arrivé au bout de la peur. Au bout de la douleur. Au bout de la terreur. Au bout de la violence. Une violence aveugle. Gratuite. Partiale.

Au fil des pages, nous faisons face à la grandiloquence d’un tyran. D’un autocrate nommé « Président à vie ». D’un « vampire du peuple ». Nous découvrons un pouvoir autoritaire qui se complait dans ses exactions. Comment vivent ces hommes et ces femmes qui détiennent le pouvoir? Ont-ils des limites à leur débauche? Ont-ils des imites à leurs violences? Peu à peu se dessine l’innommable. Les luttes souterraines. Les trahisons. Le ton est caustique. L’humour aussi.

A travers les actes, l’histoire de fillette Lalo est le destin d’une île saturée d’horreur. Qui se dessine. Ainsi que la force et la résilience d’un peuple qui se dresse face à son dictateur et à ses sbires. Un peuple qui tire sa force de cette violence pour se construire, pour avancer dans la vie. Pour regarder, de loin, la chute de ces « grands », voire de l’orchestrer. Mine de rien. Fillette Lalo est un hommage à un peuple jamais nommé, mais connu du monde entier. Ce peuple qui possède dans les gènes, dans son histoire, une part de l’ADN de cette légende: Fillette Lalo.

Ma note 18/20

9782357204171     Hervé Chopin Editions    80 p.     12,50€

Mamie Denis, évadée de la maison de retraite – Edimo & Adjim Danngar – 2017

Quatrième de couverture

J’ai le sentiment qu’il va m’arriver quelque chose. Comme si j’étais une blonde d’Alfred Hitchcock.

Mon avis

Mamie Denis a des idées bien arrêtées sur tout ce qui l’entoure. Sur son arrondissement. La vie de quartier. Ses voisins… Son maire est bien placé pour le savoir, lui qui reçoit tous ses courriers de protestation. Alors, imaginez sa réaction quand des « coloniaux » (Africains) emménagent dans son immeuble. Que va -t-il se passer? Le supportera t-elle? Comment vont évoluer leurs relations? La vie de cette brave dame devient de plus en plus difficile. Elle doit faire face à de nombreux problèmes. Son neveu entre autres. La vie de Mamie Denis n’est vraiment pas un long fleuve tranquille. Surtout qu’elle est pleine de fougue, de verbe, de vie.

C’est avec beaucoup d’humour que nous faisons connaissance de cette mamie et de ses tribulations. Une Tatie Danielle puissance dix. Un regard acéré sur la société occidentale et son regard sur les personnes âgées. Un regard que mamie Denis va éclairer sur la situation de ces personnes qui ont beaucoup de connaissances de la vie. Qui sont riches d’expériences. Les dialogues sont truculents et nous font rire aux éclats tant les discours sont riches d’expressions telles que « tu cherches palabres« .

Les planches de Mamie Denis évadée de la maison de retraite sont en couleurs. Les coups de crayon griment si bien  les personnages et leurs traits de caractère que l’on reconnait sans peine leurs émotions. Cette bande dessinée se lit d’une traite tant le lecteur s’amuse.  Mamie Denis évadée dela maison de retraite est très cocasse. Avec son caractère trempé, Mamie Denis pourra t-elle se faire des amis? Quelqu’un comprendra t-il enfin cette dame? Mamie Denis démontre qu’il est possible d’avoir une vie après la maison de retraite. Et quelle vie!

Ma note 17/20

9782343101309   Ed. L’Harmattan  116 p.   14,90€

Crime de grossesse – Issan Giska Ntsila – 2018

Quatrième de couverture

Wayatima, fille d’un colonel riche et autoritaire, tombe malencontreusement enceinte d’Eloki, celui qu’elle considère comme l’homme de sa vie. Troublé par cette nouvelle et ne sachant comment l’assumer, Eloki trouve refuge chez sa sœur. Mais, quand le père de Wayatima  découvre l’impensable, c’est une horde de militaires qui part à la recherche du responsable de ce « crime de grossesse ».

Mon avis

Wayatima porte l’enfant de son prince charmant. Rêve ou cauchemar? Comment l’annoncer à sa famille? Surtout à son père. Crime de grossesse est une pièce de théâtre qui décortique cette situation et démontre le mécanisme qui se met en place dès l’annonce de la grossesse hors mariage. Il se lit rapidement et l’écriture est fluide.

En Afrique, dans certaines cultures, les grossesses hors mariage sont un problème sociétal. Surtout pour les jeunes femmes. C’est un grand moment de solitude pour ces dernières qui sont souvent abandonnées par le père de l’enfant. Par leur famille. Elles sont vouées à la colère parentale et rejetées par la société. Elles doivent faire face à la stigmatisation: réputations bafouée. Abandonnées de tous et jetées à la rue.

Crime de grossesse est une pièce de théâtre qui se lit d’une traite. L’humour est présent malgré le sérieux du thème abordé. Très fin. Les personnages sont caricaturaux à souhait. Cependant, certains comme la mère paraissent lisses. Les sentiments ne sont pas très approfondis. Ce qui n’empêche pas à la pièce de théâtre d’être truculente. Ce sujet très actuel aurait pu être approfondi. Cependant, l’essentiel est présent.

Dès le départ, nous sommes pris dans cette trame et souffrons avec Wayatima. Nous comprenons sa détresse. Les mots nous enserrent dans cette angoisse légitime de cette jeune femme. Crime de grossesse démontre que le fait d’attendre un enfant n’est pas forcément un très bel évènement dans certaines cultures. C’est une pièce de théâtre qui fait réfléchir. Profondément.

Note 16/20

9782754740302   Edition du Panthéon   115 p.   12,90€

Les roses et les oranges – T.1 – La déferlante – Francine Godin-Savary – 2018

Quatrième de couverture

Devon, Angleterre, 1932. La grande guerre s’est éloignée et la jeunesse a soif de plaisirs et de revanche sur la mort. Françoise et Florence Henrisson sont bien belles. Elles sont aussi jumelles  et s’amusent des garçons qui les courtisent  en échangeant leurs tenues vestimentaires. Puis, Mark, leur frère, va revenir de son exil suisse et tout va changer. Les amourettes passagères vont être balayées  pour laisser place au grand amour qu’il a toujours eu pour Paul qu’il n’a pourtant pas revu depuis de longues années.

Mon avis

L’entre-deux guerres. Une famille recueille un jeune orphelin. Une timide amitié se noue. Une amitié enfantine. Une amitié traversée par la vie. Par la séparation. Par les aléas de la vie au manoir. Une vie au manoir pleine de surprises bonnes ou mauvaises.

Les roses et les oranges – T.1 – La déferlante nous raconte l’amour sous toutes ses formes. Avec ou sans interdits. Avec folie. Des amours d’adolescents. Fortes. Folles. Débordantes. Qui n’a jamais fait de folie par amour? Qui n’a pas écouté, au moins une fois, son cœur plutôt que sa raison? L’histoire d’un amour interdit. Stigmatisé par une société « bien pensante ». Est-il toujours facile d’éprouver un amour proscrit? Comment faire pour aimer à la folie en toute discrétion? L’histoire d’un regard social qui salit un amour profond. Que faire? Que dire face à une société qui entre les deux guerres, respire la joie de vivre, l’insouciance et qui refuse ce qui n’est pas la norme?

Les roses et les oranges – T. 1 – La déferlante nous entraine dans une belle histoire d’amour. Avec force. Avec pudeur. Un amour qui torture. Un amour qui blesse et fait fondre l’amant. L’amour qui rend presque inaccessible l’être aimé. C’est avec beaucoup de pudeur que le sujet de l’homosexualité est abordée. Avec humanité. Avec beaucoup de tendresse. Comme la vie peut être dure pour ces personnes jugées asociales! Comment peuvent-elles s’aimer en dépit de la stigmatisation? Comment faire face à tous ces sentiments qui déferlent dans le cœur? Dans l’âme?

Les roses et les oranges -T.1 – La déferlante est un beau roman qui présente la vie de l’entre deux guerres avec une société qui est tout ce qu’il y a de plus actuel. Une société stigmatisante. Une société qui rejette tout ce qui ne rentre pas dans un moule. Un roman très émouvant.

Ma note 17/20

9782378770501  Editions les Lys bleus   329 p.  20,60€

 

 

La bombe – Maëlle Denis – 2018

Quatrième de couverture

Suite à un gage, Suzanne entreprend de faire la connaissance de Sayid, nouveau dans sa classe et déjà considéré comme un paria par ses camarades. Ce qui a commencé comme un désagréable défi à relever se mue rapidement en amitié, et l’envie d’en savoir plus sur ce garçon mystérieux et taciturne devient sincère et authentique. Mais le jeune homme tient à ses secrets et son passé demeure obscur… Qui est vraiment Sayid Zebary?

Mon avis

L’histoire d’une amitié. Un peu bancale. Mais une amitié quand même. Deux jeunes enfants. Presque adultes. Deux histoires de vie différentes. Deux destins. Une amitié aux prémices timides. Maladroits. Qui est le nouveau? D’où vient-il? Pourquoi est-il  là?  Deux êtres très différents. L’un quasi mutique. L’autre bavard. Deux êtres qui vont s’apprivoiser dans une longue danse virtuelle. Deux adolescents, face l’un à l’autre, tentant plus ou moins facilement  de se découvrir. De s’apprivoiser. De s’apprécier. Au plus grand dam de certains de leurs proches. De leurs amis.

Les mots sont doux, au début. Délicats. Avant de s’endurcir. Chacun vit avec un secret. Lourd. Qui ne peut être confié. Que se passerait-il si tout le monde savait? Sayid aurait-il toujours sa place au sein de la société? Une société loin des horreurs de la guerre. Une société qui, pourtant, subit le terrorisme. Lorsque les Editions du Panthéon m’ont envoyé ce roman, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le titre m’avait interpelée.  J’ai découvert une pure merveille. Un roman qui ne laisse pas intact, qui ne laisse pas indifférent.

La bombe nous entraîne dans le monde de la violence. Violence que la société subit avec rage. Avec douleurs. Avec colère. Avec larmes. Une violence qui détruit l’être, l’âme. Une violence qui fait de certaines personnes des morts-vivants. Des morts-vivants entrainés. Téléguidés. Pour le pire et encore le pire. L’histoire est pleine de suspens. Au fur et à mesure de la lecture, le voile se lève sur un monde que l’on peine à imaginer, même si la réalité n’est un secret pour personne. Pour le plus grand malheur du Monde Entier. Un monde où l’innocence se liquéfie  et les sentiments s’évanouissent sous les brimades, les coups, la torture physique et mentale. Qui est vraiment Sayid? Quel est son rôle dans ce monde anesthésié où la mort, omniprésente, est ordonnée/donnée par contrat interposé? Quelle serait la réaction des gens qui l’entourent et qui l’aiment?

La bombe est un roman écrit à deux voix. Deux visions différentes de l’histoire. Visions si proches et si éloignées. Deux réactions. Deux consciences qui soupèsent les mots, l’environnement. Les actes. Deux consciences troublées par une violence si différente mais qui brise l’âme de la même manière. La conscience qui anesthésie l’Humain et le pousse à faire comme si le mal n’existait pas. Maëlle Denis a su décrire des évènements qui brisent sporadiquement notre société. L’éclaboussant de sang pour déclencher la haine. Cette haine si forte que certains réussissent à insinuer dans les cœurs, les âmes, dans les humains fragiles. Y arriveront-ils un jour? Espérons que non….

Ma note 20/20

9782754741446   Editions du Panthéon   235 p.   18,90€

Les miroirs du silence – Zoubida Bengeloune Fall – 2018

Quatrième de couverture

Au moment d’ouvrir ce livre, posez-vous une question: Que sais-je des inconnus devant lesquels je passe tous les matins? Qui sont-ils? D’où viennent-ils? Quels sont leurs rêves? Mendiants, chômeurs, vendeurs à la sauvette, jeunes cadres d’entreprise, autant de personnes que nous croisons tousles jours sans leur accorder attention. Survivre à son divorce, retrouver sa jeunesse évanouie, réussir sa mort sont certaines des épreuves de vie qu’imagine l’auteure, remontant ainsi le fil invisible qui la relie à ces inconnus.

Mon avis

Il arrive souvent qu’en observant une scène, nous tentons d’en imaginer l’histoire. Dans les miroirs du silence, l’imagination de l’auteure va jusqu’au bout. Ces aventures du quotidien prennent vie sous la plume légère de Zoubida Bengeloune Fall. Des bouts de vie. Des tranches de vie. Tendres. Dures. Pleines d’humour. Pleines de doute. Poignantes. Des vies parfois misérables. Celles de personnes oubliées par la paix, la joie, le bonheur, l’équilibre psychique. Des hommes dans un pays où le quotidien est une lutte sans fin. Des tranches de vie qui pourraient être vécues n’importe où, à travers le monde.

Les miroirs du silence offrent un regard sans fards sur une société engluée dans son carcan de bonne éducation, de personnes « bien pensantes » et de l’art de supporter les aléas de la vie avec dignité. Les histoires, souvent égayées par des adages, des proverbes, sont courtes et profondément humaines. Quelques mots wolof ne sont pas traduits. Ce qui ne nuit en rien à la lecture et à la compréhension des petits moments de vie. Au détour d’une rencontre, même furtive, Les miroirs du silence nous peignent les vies imaginées d’hommes et de femmes du quotidien. Toute rencontre même furtive fait la part belle à l’imagination. C’est une belle prouesse. La lecture se fait facilement, d’une traite. tant elle est addictive et tant la curiosité est aiguisée à chaque page, à chaque nouveau récit.

Les miroirs du silence sont le miroir d’une superbe imagination. Une imagination qui entraine le lecteur dans une valse de mots. De maux. De vies mosaïques. De bris de vies pleines d’humanité. Une humanité pudique. Forte. Reflet d’une société résiliente. Une résilience que Zoubida Bengeloune Fall a su dépeindre avec douceur. Avec tendresse. Avec empathie, brisant ainsi le silence de l’indifférence.

Ma note 18/20

9791069927025 – Du Kokalam – Plein de petits riens – 184 p