Crime de grossesse – Issan Giska Ntsila – 2018

Quatrième de couverture

Wayatima, fille d’un colonel riche et autoritaire, tombe malencontreusement enceinte d’Eloki, celui qu’elle considère comme l’homme de sa vie. Troublé par cette nouvelle et ne sachant comment l’assumer, Eloki trouve refuge chez sa sœur. Mais, quand le père de Wayatima  découvre l’impensable, c’est une horde de militaires qui part à la recherche du responsable de ce « crime de grossesse ».

Mon avis

Wayatima porte l’enfant de son prince charmant. Rêve ou cauchemar? Comment l’annoncer à sa famille? Surtout à son père. Crime de grossesse est une pièce de théâtre qui décortique cette situation et démontre le mécanisme qui se met en place dès l’annonce de la grossesse hors mariage. Il se lit rapidement et l’écriture est fluide.

En Afrique, dans certaines cultures, les grossesses hors mariage sont un problème sociétal. Surtout pour les jeunes femmes. C’est un grand moment de solitude pour ces dernières qui sont souvent abandonnées par le père de l’enfant. Par leur famille. Elles sont vouées à la colère parentale et rejetées par la société. Elles doivent faire face à la stigmatisation: réputations bafouée. Abandonnées de tous et jetées à la rue.

Crime de grossesse est une pièce de théâtre qui se lit d’une traite. L’humour est présent malgré le sérieux du thème abordé. Très fin. Les personnages sont caricaturaux à souhait. Cependant, certains comme la mère paraissent lisses. Les sentiments ne sont pas très approfondis. Ce qui n’empêche pas à la pièce de théâtre d’être truculente. Ce sujet très actuel aurait pu être approfondi. Cependant, l’essentiel est présent.

Dès le départ, nous sommes pris dans cette trame et souffrons avec Wayatima. Nous comprenons sa détresse. Les mots nous enserrent dans cette angoisse légitime de cette jeune femme. Crime de grossesse démontre que le fait d’attendre un enfant n’est pas forcément un très bel évènement dans certaines cultures. C’est une pièce de théâtre qui fait réfléchir. Profondément.

Note 16/20

9782754740302   Edition du Panthéon   115 p.   12,90€

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Les roses et les oranges – T.1 – La déferlante – Francine Godin-Savary – 2018

Quatrième de couverture

Devon, Angleterre, 1932. La grande guerre s’est éloignée et la jeunesse a soif de plaisirs et de revanche sur la mort. Françoise et Florence Henrisson sont bien belles. Elles sont aussi jumelles  et s’amusent des garçons qui les courtisent  en échangeant leurs tenues vestimentaires. Puis, Mark, leur frère, va revenir de son exil suisse et tout va changer. Les amourettes passagères vont être balayées  pour laisser place au grand amour qu’il a toujours eu pour Paul qu’il n’a pourtant pas revu depuis de longues années.

Mon avis

L’entre-deux guerres. Une famille recueille un jeune orphelin. Une timide amitié se noue. Une amitié enfantine. Une amitié traversée par la vie. Par la séparation. Par les aléas de la vie au manoir. Une vie au manoir pleine de surprises bonnes ou mauvaises.

Les roses et les oranges – T.1 – La déferlante nous raconte l’amour sous toutes ses formes. Avec ou sans interdits. Avec folie. Des amours d’adolescents. Fortes. Folles. Débordantes. Qui n’a jamais fait de folie par amour? Qui n’a pas écouté, au moins une fois, son cœur plutôt que sa raison? L’histoire d’un amour interdit. Stigmatisé par une société « bien pensante ». Est-il toujours facile d’éprouver un amour proscrit? Comment faire pour aimer à la folie en toute discrétion? L’histoire d’un regard social qui salit un amour profond. Que faire? Que dire face à une société qui entre les deux guerres, respire la joie de vivre, l’insouciance et qui refuse ce qui n’est pas la norme?

Les roses et les oranges – T. 1 – La déferlante nous entraine dans une belle histoire d’amour. Avec force. Avec pudeur. Un amour qui torture. Un amour qui blesse et fait fondre l’amant. L’amour qui rend presque inaccessible l’être aimé. C’est avec beaucoup de pudeur que le sujet de l’homosexualité est abordée. Avec humanité. Avec beaucoup de tendresse. Comme la vie peut être dure pour ces personnes jugées asociales! Comment peuvent-elles s’aimer en dépit de la stigmatisation? Comment faire face à tous ces sentiments qui déferlent dans le cœur? Dans l’âme?

Les roses et les oranges -T.1 – La déferlante est un beau roman qui présente la vie de l’entre deux guerres avec une société qui est tout ce qu’il y a de plus actuel. Une société stigmatisante. Une société qui rejette tout ce qui ne rentre pas dans un moule. Un roman très émouvant.

Ma note 17/20

9782378770501  Editions les Lys bleus   329 p.  20,60€