Danse macabre – Les enquêtes de Hugo Delatour – L.A. Bailey – 2017

Quatrième de couverture

La mort rôde dans la petite ville de Shrewsbury, en Angleterre. Une riche héritière, Jennifer Barnes, est retrouvée assassinée. Pas vraiment la carte de postale de vacances idéale! Néanmoins, Hugo Delatour, ancien flic reconverti en détective privé, décide de reprendre l’enquête. Une autopsie bâclée, une mystérieuse application « Hunter », il n’est pas au bout de ses surprises. Qui se cache derrière le pseudonyme de « Danse macabre »? Hugo devra tout faire pour mettre un terme à sa folie meurtrière.

Chronique

Perdre un être cher est toujours quelque chose d’intolérable. Il faut pouvoir se panser et prendre soin de soi après cette disparition. C’est ce que décide notre détective Hugo Delatour. Y arrivera t-il? La vie fera t-elle fi de ses états d’âme? C’était sans compter sur ce pied de nez sournois dont la vie a ses secrets. En toute quiétude.

Dès qu’il a pris le dossier en main, notre détective français nous emporte dans son sillage à la recherche de l’assassin de Jennifer Barnes. Peut-être une manière d’oublier ses idées noires et sa peine? Tout se passe en douceur. Avec un certain flegme Britannique. Pas de courses-poursuites. Pas de coups de feu. Mais, du suspens. Des poussée d’adrénaline. Des réflexions profondes. Des énigmes. Des messages à double sens.

Danse Macabre est un thriller comme on les aime. Nous réfléchissons au rythme du détective. Pourquoi ce crime? Que cache t-il? Qui était la victime? Pourquoi elle? Peu à peu, le puzzle se met en place. Doucement, mais, sûrement. Nous découvrons en Hugo Delatour un homme fleur bleue. Fragile du fait de ses souffrances. Fort dans ses enquêtes. Très têtu.  Cependant, est-il prêt à ouvrir son cœur à la vie? A l’amour? Cette enquête sera t-elle aussi l’outil de sa guérison? Rien n’est moins sûr. Est-ce l’alpha d’une vie et l’oméga d’une douleur? Le début et la fin?

En lisant Danse Macabre, nous entrons dans une histoire. Dans des histoires. Celles d’hommes et de femmes. Celles de vies différentes. Celles de masques qui sont appelés à tomber. De masques qui disparaissent face à la vérité. De masques qui s’arrachent dans un silence feutré. Dans un cri muet des corps meurtris. Des masques peu ou prou sanglants qui tournent dans une ritournelle sans fin. Dans une danse macabre.

Note 18/20

9781549593338   Autoédition    124 p.

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L’évasion – Benoit Toccacieli – 2018

Quatrième de couverture

Dès qu’Alice ouvre un livre, les personnages qu’il contient prennent vie dans la réalité. Pour son dixième anniversaire, ses parents lui offrent son premier roman policier. Au même moment, un mystérieux tueur en série commence à sévir. Quand Alice découvre ça, c’est la panique! Elle décide alors de partir à sa recherche pour le neutraliser. Pourra t-elle compter sur Pompom, son chat qui rêve de conquérir le monde? Comment réagiront ses parents, deux adultes enfermés dans leur quotidien?

Ma Chronique

Alice est une petite fille de neuf ans. Enigmatique. Aimant lire. Elle ressemble à toutes les filles de son âge. Avec juste un aura de mystère. Pourquoi connait-elle tant de personnes? Pourquoi tant de livres dans toute la maison? Quel rapport avec tous ces personnages?

L’évasion nous entraine dans un monde qui pourrait sembler magique si l’intrigue ne tournait pas autour d’un serial killer. Une histoire racontée par trois personnes: Alice et ses parents. Ce qui nous permet de suivre l’histoire et son évolution. Offrir un livre à un lecteur compulsif est une excellente idée. Mais offrir un roman policier à une enfant est-ce bien raisonnable? Quand on ignore son don, n’est-ce pas dangereux?

L’écriture est simple, aisée, sans fioritures rendant ainsi la lecture agréable. Chaque chapitre concerne le point de vue d’un des trois personnages principaux. Cependant, il n’y a pas de rupture dans le récit. Au contraire. Le rythme léger nous emporte dans le monde de cette petite fille pétillante et secrète. Qui est cet assassin? Est-il seul? Comment l’arrêter? Alice et son ami Pompom le chat ne sont-ils pas un peu trop téméraires? Comment réagissent les adultes autour d’eux? Tant de questions que l’on se pose au cours de la lecture. Le suspens s’intensifie au fil des pages et c’est avec un soupçon d’angoisse que nous suivons les péripéties  de cette enfant intelligente et un chouïa casse-cou.

L’évasion est un roman de tendresse. Oui, malgré l’histoire. C’est un roman qui nous fait voir la vie sous ses meilleurs atours. C’est un roman qui fait sourire et espérer, surtout qui nous fait apprécier nos rêves d’évasion, dans tous les sens du terme.

Ma note 17/20

9791022768597   Autoédition    189 p.    14€

Le corbeau de Zurich -Gaspard-Hubert Lonsi-Koko – 2018

Quatrième de couverture

A la fin des années 1980, en pleine affaire Kopp et dans le contexte d’un probable trafic d’or entre la Turquie et la Suisse, le détective natif de Kinshasa débarqua dans la capitale du canton de Zurich. Ainsi devait-il assurer l’intérim de la direction de l’entreprise familiale AD Finanzen und Treuhand à la suite de l’hospitalisation de son frère qui, après avoir été empoisonné, luttait entre la vie et la mort dans l’un des services du Kantonsspital à Winterthur.

Mais le ressortissant zaïrois se rendrait compte, très vite, que les montagnes suisses cachaient des bunkers bourrés d’armes de guerre. Des voyous en costard et cravate, ainsi que des hommes d’affaires en col blanc, mais maffieux, agissaient en toute impunité. Les banques helvétiques n’étaient pas aussi respectueuses de la législation internationale que dans certains pays en voie d’industrialisation. Dans ce pays d’Europe centrale, le chocolat ne contiendrait pas que du lait. Quant aux lacs, ils seraient pleins de cadavres humains. Pis encore, ils serviraient de bases, d’immersion et d’émersion, pour des créatures venues d’autres univers. Vortex vers des mondes parallèles?

La neutralité de la Confédération helvétique arrangerait-elle quelques puissances, aussi bien terrestres qu’extraterrestres? Mystère absolu!

Mon Avis

Quand on est détective, peut-on avoir droit au repos? Surtout quand il s’agit de la famille?Roger Dercky va partir à la rescousse de son frère. L’aider dans son entreprise. Que va t-il se passer? Y arrivera t-il? Il lui faudra tout son flair pour y arriver. Est-ce plus facile quand il s’agit de la famille?

Evoluer dans un monde de coups bas. Nager parmi les requins affamés. Eviter les crocs trop longs de certains. C’est ainsi que Roger Dercky mène son enquête. Une enquête où le monde lisse suisse prends de grandes aspérités. Le corbeau de Zurich nous entraine dans les bas-fonds de la société suisse. Cependant, quel rapport  entre une société fiduciaire ayant pignon sur rue et le Milieu helvétique? Roger Dercky va tenter de faire la lumière sur cette question.

Gaspard Hubert Lonsi Koko donne des renseignements historiques sur tous les monuments. Ce qui pourrait n’intéresser qu’une partie du lectorat. Cependant, la lecture reste agréable. Plus les pages sont tournées et plus nous avançons dans le suspens. L’intrigue est bien ficelée et nous pousse à faire de nombreuses suppositions tandis que le suspens demeure jusqu’à la dernière ligne. L’enquête se déroule entre actions, sexe et meurtres, dans la froideur helvétique.

Le corbeau de Zurich nous fait entrer de plein pied dans un monde d’habitude secret. Un monde feutré malgré l’illégalité flagrante de certaines actions commerciales. Nous découvrons le monde des affaires. Plutôt le côté obscure de ce monde. Qui est ce fameux corbeau? Quel est son rôle dans cette histoire? Une enquête menée tambour battant, dans le luxe, le monde de l’argent facile. Une enquête qui prouve, une fois de plus, l’argent n’a pas d’odeur. Enfin, pour ceux qui désirent avoir un problème d’odorat.

Ma note 16/20

9791091580328  L’Atelier de l’Egrégore  346 p.

Le 9ème jour – Cyrille Audebert – 2012

Quatrième de couverture

Les prairies Saint-Martin et l’usine désaffectée qui bordent le Cimetière du Nord abritent-elles réellement un fantôme? Le nouveau collègue des détectives Jacques Lucas et David Huxley est-il un sorcier vaudou? Les saintes ont-elles vraiment le pouvoir de rendre la parole aux muets et de guérir tous les maux?

Pour l’avènement du printemps, Margot Baudor se pose beaucoup de questions, mais principalement celle-ci: « La météo, curieusement estivale de ce mois de mars, ne serait-elle pas responsable de la vague de meurtres abominables qui s’étend sur la ville?… »

Mon avis

Oh mazette! Comme d’habitude Cyrille Audebert nous transporte dans le moi négatif de l’humain. Son moi le plus noir et le plus dérangeant. Et ce, dès les premières pages. Des crimes. Des personnages bizarres. Déroutants. Aussi, les questions fusent dès les premiers mots. Que se passe t-il? Qui sont toutes ces personnes « bizarres »? Qu’ont-ils subi? Est-ce la quatrième dimension?

La lecture est fluide avec une impression d’entrer dans un monde fantastique. Enigmatique. Dérangeant dans le bon sens du terme. L’humour reste incisif. Croustillant. Contagieux. Le suspens est maintenu jusqu’au bout. C’est avec plaisir que l’on retrouve Jacques Lucas et David Huxley ainsi que leurs petits travers familiers. Rassurants. Avec eux, nous partons à la recherche de ce ou de ces meurtriers mystérieux. Bizarres.

Les mots nous emportent, chapitre après chapitre, dans un monde hétéroclite. Un monde où rien ne semble être ce qu’il parait. Un monde où l’esprit cartésien est abandonné à, l’entrée. Un monde où il faut garder l’esprit ouvert. Très ouvert. Ce qui rend la lecture encore plus plaisante.

Le 9ème jour est un roman policier qui nous exalte par sa fin surprenante. Un roman de tendresse malgré la dureté de certaines situations. Un roman plein d’humanité. Un roman où les personnages quels qu’ils soient nous paraissent familiers, attachants tant la description est précise. Un régal qui rend addictif et fait espérer une série sans fin  comme pour les écrivains de polar d’outre-manche. Un très beau roman.

18/20

9782954267043  Editions Sindbadboy   303 p.  18€

Ma vie sera pire que la tienne – Williams Exbrayat – 2018

Quatrième de couverture

Quel est le point commun entre un  looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile: des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

Mon avis

Il y a des jours où il est préférable de rester au lit. Tout le monde a connu ce moment. Ce ne sont pas les apprentis voyous qui vont dire le contraire. Avec un vocabulaire truculent, Williams Exbrayat nous fait entrer dans un monde peu ordinaire: celui des voyous loosers. Ceux qui ont la poisse collée au corps. Peu importe le milieu. Peu importe la classe sociale. La poisse guide la vie de ces gangsters. Vous voulez du sang? Vous en aurez plus que vous ne le souhaitez. Vous voulez des cadavres? Il suffit de demander.

Les différentes scènes se passent avec horreur, gouaille, humour. Nous suivons les aventures de ces apprentis méchants. De ces victimes à qui la vie joue des tours assez retors. Les scènes se succèdent, se recoupent, se rejoignent pour finir en apothéose. N’est pas gangster qui veut. Peu importe l’intelligence. Peu importe la baraka. Les hommes se substituent aux animaux qui, eux, se substituent aux hommes. Ils ont plus de sentiments, plus d’âme que ces derniers. Ces humains qui vont jusqu’au bout de leur noirceur d’âme pour gagner si peu. Pour gagner le pire.

Ma vie sera pire que la tienne fait remonter la faiblesse, la fourberie de l’homme. Jusqu’où peut aller ce dernier pour garder un pactole? Qu’est ce que sa conscience lui permet de faire ou d’oublier?  Les mots sont crus. La logique est illogique. Le suspens est présent jusqu’au dernier mot. La lecture est agréable et les surprises sont nombreuses. L’intrigue est superbement ficelée et, jusqu’au bout, les personnages resteront sur le fil du rasoir. Définitivement, il est vrai que JE a raison de dire Ma vie sera pire quela tienne. Et c’est peu de le dire.

Ma note 18/20

9781719901536   Autoédition   232 p.

Le déshonneur des Montergnac – Isabelle Buffet – 2018

Quatrième de couverture

En décembre 2008, sur une île au large de Brest, Edouard Montergnac, un riche et vieil homme d’affaires réunit sa famille et quelques amis dans le manoir familial. Charlotte Valentin, une amie de Suzie, la fille aînée d’Edouard, fait partie des invités. Elle découvre une famille désunie, uniquement guidée par la cupidité. Les héritiers du vieil homme craignent en effet qu’Edouard ne supprime l’important soutien financier qu’il leur octroie généreusement depuis de nombreuses années. La présence parmi eux de Geneviève, la première épouse d’Edouard que tous croyaient morte depuis très longtemps, surprend et inquiète les invités. Geneviève avait disparu après leur divorce, le couple qu’elle formait avec Edouard n’ayant pas surmonté la mort effroyable de leur fils unique. Pourquoi cette femme réapparaît-elle aujourd’hui, et pourquoi revient-elle sur cette île après les drames qu’elle y a vécus? Au cours du dîner, Edouard va révéler, avec un plaisir sadique, la raison pour laquelle il a décidé de tous les réunir, provoquant alors la colère et le désarroi de sa famille. Tandis que souffle une violente tempête, qui empêche quiconque de rejoindre ou de quitter l’île, un des occupants du manoir est retrouvé mort au petit matin, assassiné. C’est dans un huis clos oppressant que Charlotte, ancien officier de gendarmerie, va mener sa propre enquête en attendant l’arrivée de la police. Pour comprendre les raisons qui ont conduit à ce crime, elle devra plonger au cœur du sombre passé des Montergnac, faisant ressurgir d’effroyables secrets familiaux.

Mon Avis

En général, quand une famille se réunit, il y a de la joie, des discussions, des souvenirs communs, des rires, des petites disputes qui se résorbent rapidement. Pas chez les habitants du Manoir qui son sous le joug d’Edouard, le patriarche. Tous présents sous un ciel de tempête. Répondant à l’ordre du chef de la famille Montergnac. Un seul lien entre eux: Edouard, ce vieux patriarche. Pourquoi sont-ils tous là? Que leur veut ce vieillard? Puis vient l’annonce. Le meurtre. Qui en est l’auteur? Pourquoi?

Le déshonneur des Montergnac nous englobe dans un  huis clos. Un huis clos fait de secrets. De méchanceté. De haine refoulée. De souvenirs pas très glorieux. Qui est vraiment cet assassin? Quelle est son histoire? Qu’est ce qui a bien pu le pousser à bout? Le faire passer à l’acte? Le suspens s’installe. La vie détaillée de chacun en fait un probable assassin et contribue à semer le doute. La lecture se fait sans difficulté avec une impression de lire un roman d’Agatha Christie.

Le déshonneur des Montergnac nous emmène dans un monde feutré. Froid. Calculateur. Un monde où tout se fait discrètement. Même les crimes. Un monde où le sens de l’honneur est si discret qu’il est presque inexistant. Un monde où l’argent côtoie la misère affective. Les pages se tournent avec curiosité et la froideur du Manoir et de ses habitants finit par nous atteindre tant la description est bien faite. Si bien que nous ne ressentons aucune compassion pour eux.

Au fil des pages se dessine une saga familiale. Pas que pour le meilleur. Chacun avec des idées bien précises sur sa vie routinière. Chacun avec ses secrets. Chacun couvant sa haine envers les autres, avec la peur que ses secrets soient découverts. Et quels secrets!!!. Cependant, lequel est à l’origine du déshonneur des Montergnac et a poussé au crime? Une histoire prenante qui ne nous lâche qu’avec le mot « fin ».

Ma note 17/20

9781980962922  Autoédition  299 p.

 

Whistlers – Michael Fenris – 2018

Quatrième de couverture

Dans la jungle péruvienne, une équipe de scientifiques découvre une espèce animale inconnue, particulièrement agressive. Elle parvient à la ramener pour l’étudier dans un laboratoire secret  du centre de New York. Profitant d’une erreur de surveillance, les créatures s’échappent à leurs gardiens et s’évaporent dans la ville. Peu de temps après, les lieutenants Phil Parker et Horace Walett, du NYPD, sont appelés sur des crimes étranges: toutes les victimes ont les yeux arrachés et leur cerveau a disparu.

Mon avis

Une mission dans une jungle torride. Une découverte macabre. C’est le début d’une aventure pour des chercheurs ravis d’avoir trouvé le graal. Pourquoi ne pas regarder cette espèce de plus près? Pourquoi ne pas les étudier? Cette curiosité est-elle malsaine ou dangereuse? Puis, tout va très vite jusqu’à la dernière page. Les meurtres se suivent et se ressemblent. Même mode opératoire. Pourquoi? Que se passe t-il? Qui est cet assassin particulier? Est-il humain?

Whistlers nous embarque dans une histoire énigmatique. Un thriller. Un suspens de plus en plus intense. Comment se sont échappés ces êtres? Qui est responsable de ce qui se passe? Les chercheurs? C’est une plongée dans les choix extrêmes des hommes. Dans leur folie profonde. Dans leur folie au nom de la science. Une science qui s’octroie tous les droits au nom de la découverte. Découverte qui peut être fatale à l’humanité. Une humanité inconsciente du danger qui la guette. La lecture est agréable et addictive. Les pages se tournent  avec horreur et plaisir, sans compter la curiosité. Nous accompagnons les inspecteurs dans leur enquête avec angoisse.

Whistlers est un roman qui prend au cœur, avec un mystère complet. Qui sont ces créatures? D’où viennent-elles? Comment évolueront-elles? Le mystère demeure  et la fin est savoureusement surprenante. Intrigante. Après avoir fermé le livre, les premiers mots qui viennent à l’esprit sont « Bon sang« . Notre conscience reste imprégnée de cette histoire. Si forte. Si flippante. Si sifflante…

Ma note 18/20

9791034809936  Edition Evidence   Collection Imaginaire   433 p.  18,99€

Le sceau des Maîtres – 1 – Le manoir -Etherian Lore – 2018

Quatrième de couverture

Lorsque leur fête d’amis est interrompue par un drame, ils se dispersent tous dans les bois. Pourchassés par des bêtes, Isabelle est séparée de son copain  dans leur course. Maintenant, seule face à ce manoir étrange, elle devra tenter de retrouver ses amis et de rester en vie. Les découvertes qu’elle fera seront aussi inquiétantes… qu’intrigantes. Tout en cherchant le moyen de s’échapper de cet endroit labyrinthique, elle comprendra  pour quelle raison le manoir est caché au fond des bois. Ce qui existe en ces lieux n’aurait pas dû être découvert. Un document trouvé lui donnera des indices et l’un de ses amis la conduira à une ressource qui pourrait leur révéler les mystères du manoir.

Mon avis

Le titre m’a beaucoup intriguée. Le scénario imaginé était presque celui du livre. Bref, j’imaginais bien un manoir au fond de la forêt. Mais, pas la suite.  Et quelle suite! Un manoir qui retient les personnes! Ce sentiment affolant qu’est la peur, qui envahit tout être humain qui se rend compte d’un piège qui se referme sur lui. Dans un monde sans origine. Un monde inconnu et hostile. D’une hostilité froide. Inerte. Sans nom. Juste une impression qui s’exacerbe tout au long des pages. Une terreur pire que celle ressentie en pleine forêt ou dans un labyrinthe.

Le sceau des maître – 1 – Le manoir est un roman qui fait apprécier la liberté. De cette appréciation éprouvée  pour une chose perdue  et fortement regrettée. Tel est ce que ressent Isabelle. Le récit  est à la première personne. Ce qui permet au lecteur de s’identifier au personnage et de vivre l’aventure à son rythme.

Les découvertes se font, plus intrigantes les unes que les autres. Des questions se posent et pour nombre d’entre elles, restent sans réponse. Tout comme les solutions qui sont quasi inexistantes. Et, ce n’est pas faute pour Isabelle d’essayer de comprendre la situation afin de prendre une décision. Que se passe t-il? Quelle loi a été transgressée? Dans quel but garder les gens? Qui est à l’origine de cette blague douteuse? Comment s’évader? Des questions qui taraudent Isabelle et gardent intact son désir de s’échapper.

Lentement, le lecteur se trouve engagé dans une chasse à la liberté vitale. Il traverse des vagues d’espoir, de doute, d’euphorie et de déception. Dans le sceau des maîtres – 1 – Le Manoir, la vie, quelle qu’elle soit, est d’une grande présence. Juste une soif de vivre. Plus forte. Plus intense que celle du manoir et de ses habitants.

Ma note 17/20

978175209973   Ed. Solarianne      165 p.

Du croissant pur beurr…ette! – Yamina Mazzouz – 2018

Quatrième de couverture

Le lecteur retrouve avec plaisir Norah, la jeune maghrébine expatriée en Angleterre dans une famille aristocratique où elle a résolu une intrigue policière. Norah revient en France pour tenter de renouer avec son père qui n’a jamais accepté son départ du cocon familial. Alors que ces retrouvailles ne prennent pas le chemin souhaité, Mariame, son amie d’enfance, lui demande son aide pour récupérer une mystérieuse montre tombée entre les mains d’un séduisant gigolo. Norah n’hésite pas une seconde et plonge dans une nouvelle aventure policière. Saura t-elle conjuguer rapprochement familial avec résolution de l’intrigue et… amour?

Mon avis

Des années ont passé et Norah bien qu’ayant évolué socialement, est toujours la même: généreuse, pleine de vie, curieuse comme il n’est pas permis. D’une fraiche innocence. Cependant, tout n’est pas si simple. La vie a suivi son cours et les plaies sont toujours ouvertes. Il va falloir à Norah de la force. Beaucoup de courage. Dès les premiers mots, le ton est donné. Et le mystère plane. Une histoire bizarre. Abracadabrante. Comment concilier enquête et retrouvailles familiales? Norah percera t-elle un nouveau mystère et aidera t-elle son amie? Et l’amour dans tout çà?

Yamina Mazzouz, de nouveau, nous régale. Les péripéties s’enchaînent et le mystère reste entier jusqu’au bout. C’est avec bonheur et curiosité que nous tournons les pages et que nous accompagnons Norah et Mariame dans cette nouvelle aventure. L’humour est aussi au rendez-vous. Cet humour so british! Nous plongeons avec délice dans cette course au trésor sans carte et à plus d’une inconnue. Les personnages finement esquissés nous aident dans cette quête  avec leur profil parfois particulier. Les situations, rocambolesques pour certaines, font avancer cette recherche au plus profond de l’intimité humaine. Au plus profond de l’âme humaine et de ses mauvais travers. Cette recherche est-elle celle des liens perdus? Du bonheur inaccessible? Du temps perdu à la recherche de sa conscience? Que ne fait-on pas par amour?

Une simple recherche. Finalement pas aussi simple qu’elle le paraît, emmène Norah dans un monde qu’elle côtoie sans s’y fondre réellement. Une recherche qui la mène vers son destin. Le destin de sa famille. Le destin de son amour. Une réconciliation est-elle encore possible? Jusqu’au bout Du croissant pur beurr…ette nous emporte dans un monde. Le monde de Norah. Pour notre plus grand plaisir. Les mots s’alignent, s’ajustent, se fondent pour une lecture aisée. Addictive. Une hâte s’installe. Celle de connaître les suites des aventures de Norah, notre détective en herbe franco-britannique. Cette lecture rassure. Yamina Mazzouz a bien sa place dans le roman policier tout comme Agatha Christie, PD James ou Elisabeth George, ces grandes dames du Policier. Un bel avenir.

Ma note 18/20

9791031004297 Ed. Les Presses Littéraires Coll. Crimes et châtiments   306p. 13€

Un temps de chien – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

Une pie pencha la tête de côté et regarda la chose s’éloigner à travers la végétation dense du sous-bois. Si le froissement des broussailles indiquait que l’étrange apparition s’enfonçait bien dans une direction opposée à la sienne, elle patienta malgré tout encore un instant. Rassurée par le calme retrouvé, elle s’approcha en sautillant.

arrivée à moins de deux mètres du corps inanimé, la pie émit un léger grincement et fit un bond en arrière… Rien. Pas un mouvement. il lui sembla qu’elle n’aurait aucune résistance à attendre ce mets de choix. Elle s’avança prudemment, plongea son bec dans les viscères du cadavre étalés sur le sol pour s’emparer d’un morceau encore chaud. Aussitôt elle projeta sa tête en arrière pour faciliter  le passage du morceau de viande dans son gosier.

Elle savait n’avoir que peu de temps avant que les autres charognards ne viennent lui disputer le corps déchiqueté de la femme…

Mon avis

Des cadavres. Il en pleut. Sur toute la ville. Et, pas en très bon état. Que se passe t-il? Qu’est ce qui est à l’origine de cette pluie hors du commun? Une inconnue au bord de la route. Qui est-elle? Quel lien a t-elle avec les évènements? Deux histoires irréelles. Enigmatiques. C’est le début d’une enquête pour la police et le privé Jacques Lucas. Avec un brin d’humour parfois caustique, Cyrille Audebert nous embarque dans cette course à la vérité.

Au début, l’enquête se déroule tranquillement avec des personnages hauts en couleur. Les hypothèses se succèdent et s’évanouissent tout aussi vite. Cependant, en filigrane, une histoire voit le jour. Une histoire tissée par des experts. Sont-ils vraiment sérieux? L’énigme est de plus en plus prenante. D’autant plus que les réponses sont de plus en plus machiavéliques. De plus en plus improbables. De plus en plus imprévisibles. Peut-être plus simples que l’on ne pense? Le lecteur est emporté dans un tourbillon d’émotions. Le suspens devient de plus en plus prenant et le rythme s’accélère. Les pages sont tournées avec impatience. Evident? Impensable? Horrible? Les répliques sont un réel régal et les personnages attachants.

Un temps de chien nous emporte avec engouement dans cette enquête unique. Une enquête où les questions paraissent sans réponse. Une enquête où les personnages énigmatiques traversent l’histoire et semblent être le fil rouge de la solution. La curiosité reste vive et nous tient en haleine. La réponse à ces drames est-elle logique ou non? Qui du privé ou des policiers trouvera la solution? Cette enquête pourra t-elle être clôturée?

Un temps de chien nous enserre dans ses pages et finit en apothéose, laissant le lecteur exsangue, le souffle court, la terreur au ventre. Une fois le livre fermé, nous nous étonnons de cette énergie qui découle de chaque mot, de chaque chapitre. Nous pensons à cette image qui ne nous quitte plus et à cette fin… Ô cette fin! Que d’énigmes! Que de surprises! Que du bonheur!

Ma note 18/20

9782952857369 Ed. Sindbadboy  251 p.  17€