Noces d’un tombeau – Germain Nyada – 2017

Quatrième de couverture

Ayant perdu sa clé USB dans la maison familiale avant son départ pour des études supérieures en Allemagne, Pura charge Sita sa mère, de la retrouver et de la lui renvoyer tout en lui interdisant d’en lire le contenu. Mais cette dernière ne résiste pas à la tentation. Elle y découvre « noces d’un tombeau », le récit fantastique d’une jeune femme condamnée aux dures réalités d’un veuvage en campagne, puis soumise aux aleas conjoncturels d’une vie urbaine. D’abord fascinée par l’idée d’avoir un fils écrivain, Sita estime après réflexion que la réputation  de toute l’Afrique prendrait un coup si le texte était publié. Mais s’opposer à sa parution reviendrait à reconnaître qu’elle a trahi la confiance de Pura…

Mon avis

Oublier ou perdre une clé USB, cela peut arriver. Que se passerait-il si la personne qui la retrouvait la lisait? Sita, mère aimante, découvre ainsi son fils. Sa vie. Leur vie. Vivre sa vie est normal. La lire noir sur blanc est bouleversant. Surtout s’il y a des secrets.

Avec beaucoup d’humour, nous découvrons la vie  d’un village, d’une famille, d’une femme, d’un enfant à travers les traditions et les coutumes ethniques. Puis dans une vie citadine. Sita se pose de nombreuses questions. Faut-il rendre la clé à son fils? Faut-il, donc, accepter la publication de ce roman? La clé USB est à l’origine de tribulations tragi-comiques qui font réfléchir. Des tribulations qui nous poussent à tourner les pages avec frénésie, le sourire aux lèvres.

Tout se déroule tel une pièce de théâtre de Guillaume Oyono Mbia, tel un écrit de Francis Bebey. Le sourire et la grandiloquence des personnages tissent une histoire superbe. Superbe de doutes. D’humour. Une histoire criante de vérité. Noces d’un tombeau nous fait découvrir le poids des traditions pour les femmes. Le poids des traditions tout simplement. La lecture est très agréable et c’est avec plaisir  que l’on retrouve le parler local (« ékiééé ») et des expressions typiques qui insufflent une particularité vibrante au texte.

Sita doit réfléchir à un choix car, c’est accepter de révéler sa vie aux yeux du monde entier. A condition, bien sûr, qu’elle accepte de renvoyer cette clé. Dans le cas contraire… Mais, a-t-elle le droit de cacher son histoire? Qu’est ce qui l’y autorise? Trouvera t-elle la meilleure solution pour tout le monde? Que choisira t-elle finalement? Une question qui tient en haleine jusqu’au bout. Son choix peut sceller le destin de noces d’un tombeau à tout jamais. Et vous, si c’était votre vie qui se trouvait sur cette clé USB, quel serait votre choix?

Ma note 18/20

9782754735803 Ed. du Panthéon   331 p.   22,90€

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Dans l’ombre de l’Afrique – Djakaridja Ballo – 2017

Quatrième de couverture

Dans les méandres de l’Afrique, entre valeurs, spiritualités et traditions, deux jeunes gens tombent amoureux. Un amour interdit par une coutume intrigante : la parenté à plaisanterie, un lien instauré entre certaines tribus afin de privilégier une meilleure cohabitation.

Peut-on échapper à des rites anciens dans le monde actuel? L’amour est-il le moyen de s’en affranchir? Est-ce réellement une bénédiction pour préserver les peuples ou une malédiction pour les séparer? D’une plume aussi avisée que poétique, l’auteur nous entraine au cœur des coutumes de l’Afrique. Une belle façon d’attirer notre attention sur un continent aux mille et une facettes.

Djakaridja Ballo tend à casser subtilement les préjugés en dévoilant l’origine de cette parenté. Ainsi, il soulève l’ingéniosité des sages africains dans leur volonté de conserver une paix sociale depuis des siècles dans une Afrique qui n’a de cesse de se déchirer.

Mon avis

L’Afrique. Terre de traditions. Dans un monde moderne. Comme le dit le proverbe « si tu veux savoir où tu vas, regarde d’où tu viens« . C’est un peu le message de Dans l’ombre de l’Afrique. C’est ainsi que vit Sory, entre l’apprentissage de la tradition, le respect des interdits, des coutumes ancestrales et l’apprentissage du monde moderne. Comment agir quand la tradition empiète sur la vie moderne, sur la vie intime et la rend difficile?

Le destin de Sory qu’il veut lier à son continent passe par des études en Europe. Alors, l’amour naquit et le monde s’écroula. L’interdit s’invita. Que faire? Penda et Sory pourront-ils vivre cet amour interdit? Pourront-ils passer outre la tradition?  Les règles ancestrales? L’absence de bénédictions des ancêtres?

Dans l’ombre de l’Afrique nous fait rêver. Voyager. Découvrir un monde où les traditions demeurent et règlementent certains actes. Dès les premiers mots, le lecteur est pris dans un tourbillon d’émotions. De sentiments qui l’accompagnent à chaque page. A chaque chapitre, on vibre au son de ce bel amour. Au rythme des battements de cœur de nos Romeo et Juliette africains. Que leur réserve l’avenir? Entre prose et poésie, les pages défilent pour notre plus grand bonheur.

Quand j’ai recherché un roman à livre dans le catalogue varié des Editions du Panthéon, Dans l’ombre de l’Afrique m’a interpelée et je ne l’ai pas regretté.  Eh non, aucun regret. Lire un roman riche. De traditions. D’amour. De force sentimentale. Découvrir le dilemme des deux amants face au tabou transgressé. Comment réagira la famille africaine, si elle savait? Un dilemme dantesque lors du retour sur la terre des ancêtres.  Ces derniers accepteront – ils  de pardonner la transgression de ce tabou?

Le destin de Penda et de Sory embrasse celui de ce continent écartelé entre traditions et modernité. Entre respect des coutumes et réflexions modernes. Les dieux seront-ils enfin magnanimes? Une très belle et très émouvante histoire. Deux êtres face à leur destin. Deux êtres allant au bout de leur amour. En refermant ce livre, on se découvre profondément ému. Les larmes aux yeux. Supputant des rêves « et si« . Laissez-vous envoûter. Vous ne le regretterez pas. Un superbe roman.

Ma note 19/20

9782754739146  Edition du Panthéon   222 p.   18,90€

ACHAT

Hamsi et Vica – Emma Laforêt – 2018

Quatrième de couverture

Hamsi est une jeune vache indienne dont la race est en voie d’extinction. A la mort de son propriétaire, elle se retrouve dans un petit monastère hindou du sud de l’Inde où la vie se révèle de plus en plus difficile. Heureusement, elle se lie d’amitié avec Vica, un corbeau gourmand et dégourdi, qui l’aide à retrouver sa joie de vivre.

 

Mon avis

Quand on lit les livres jeunesse, on retrouve son innocence et ses rêves d’enfance. On retourne en enfance. Avec beaucoup de bonheur. Quoi de plus exaltant que de se glisser dans la vie, les pensées d’une vache sacrée. On souffre avec elle. On se questionne. On doute. Hamsi et Vica est un beau conte.  L’histoire d’une amitié inconditionnelle. Au-delà de la différence. Une belle histoire de tolérance.

Hamsi et Vica est l’histoire d’une quête. D’un voyage  initiatique où le jeune lecteur apprend à découvrir l’autre. A découvrir les traditions indiennes. A la fin du livre, il y a un glossaire qui permet  de comprendre les mots utilisés. Il y a aussi un quizz qui offre au lecteur la possibilité de faire de belles découvertes historiques  et traditionnelles indiennes.

Hamsi et Vica est un très beau conte qui aide à comprendre et accepter la différence. Ce qui est primordiale dans un époque comme la nôtre. C’est un conte éducatif pour tout le monde. Une très belle histoire à lire. Pour le plaisir.

 

Ma note 17/20

ISBN 9782378730826   Ed. Ex Aequo Coll. Saute Mouton 82 p.  9€