Publié dans BD, Comics, Erotique, Fantastique

Ember la chaleur du phoenix – Christian Zanier – 2019

Quatrième de couverture

Victime d’un terrible accident aérien, EMBER renaît de ses cendres, tel le phoenix, dotée de pouvoirs surnaturels. Cette super héroïne sexy et ultra chaude, à maints égards, ne se prive pas de faire tomber le costume dès que l’occasion se présente….

Chronique

Hum! J’ai failli réviser ma méthode pour choisir un livre, à savoir faire le choix en fonction du titre ou du nom de l’auteur. Quand j’ai reçu cette bande dessinée, j’ai éclaté de rire. Je pensais recevoir un roman. Bref! Un comics érotique! Une découverte, une superbe surprise à sa réception. Comme d’habitude, j’ai craqué sur le titre et… surprise! Cependant, une histoire qui tient la route. Connaissez-vous beaucoup de héros qui reviennent à la vie pour se battre contre… sa famille? Ben, moi non! Eh oui, une héroïne habillée sexy et qui a une superbe énergie pour se battre.

Ember la chaleur du phoenix est réservé à un public averti. Notre héroïne va devoir sauver le monde avec des arguments convaincants.  Au  vu de son ardeur au  combat et à faire parler les plus récalcitrants, ne serait-il pas plus simple qu’elle intègre les services secrets? Qu’elle devienne détective privée? Ce qui est sûr, c’est qu’elle sait se faire entendre, même des généraux les plus butés. Et pour cause…

Ember la chaleur du phoenix nous parle d’une femme de caractère et bien dans sa peau. Une femme pour qui tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. Seule épine au pied: sa famille. Entre batailles d’enfer, trahisons  et sexe, Ember fait tout son possible pour remplir son contrat.

Note 16/20

9782359541465    Tabou Editions    Comics BD     184 p.    19€

 

 

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Publié dans policier, thriller

Et tout sera silence – Michel Moatti – 2019

Quatrième de couverture

Grand Londres, hiver 2019, Anna Kaczor est retrouvée assassinée à coups de tournevis et tout le monde s’en fout…Jusqu’à ce qu’on découvre que la jeune femme a été impliquée dans un scandale politico-sexuel retentissant. Dès lors, la police et la presse se jettent sur l’affaire dans une grande confusion. Et Lynn Dunsday, web-reporter aux méthodes expéditives et à la plume aiguisée, décide de remonter la piste. Débute alors un terrifiant voyage entre Londres, l’Italie et le Nord de la Pologne, où des femmes sont recrutées par des organisations criminelles dont la violence est sans limites. Convoyées comme des marchandises vers l’Europe de l’Ouest, elles y nourrissent de vastes réseaux de prostitution…

Chronique

Une histoire trop connue à travers le monde. Malheureusement. Une belle promesse d’emploi. Un rêve à réaliser. Le désir d’avoir une vie professionnelle pour s’en sortir. Le rêve qui prend l’eau. Une grande déchéance. Et c’est le monde qui s’effondre sur les trottoirs des belles villes occidentales. Promesses oubliées. Rêves violemment foulés au pied. Ecrasés par la libido des clients. Une histoire sordide. Une histoire qui a brisé de nombreuses femmes. Malheureusement. Le pire étant quand ces femmes deviennent la proie de tueurs. Tel est le destin de nombre de ces femmes qui avaient un rêve. La mort croise souvent leur route, tel Anna Kaczor, sacrifiée sur l’autel de la Traite Humaine.

Tout commence par un voyage hors norme que nous suivons au fil des pages. Nous assistons à leur destin brisé, aux violences subies pour les soumettre. Michel Moatti en parle avec une telle humanité que nous ressentons profondément la détresse, la peur de ces femmes. Nous vivons chaque instant de leur chienne de vie jusqu’au jour où un inspecteur se penche sur leur corps meurtri. Tel Andy, Inspecteur du Crime Command et son amie Lynn, journaliste.

Et tout sera silence, un roman policier profondément humain dont le récit fait froid dans le dos. Chaque mot, chaque page est si proche de la réalité de ces femmes que nous ne regarderons plus jamais ces femmes de l’ombre, ces femmes-objet de la même manière. La vie de ces jeunes proies se lie à celle de l’inspecteur et de son amie, rendant le récit vivant. Vivant de force. Une force d’horreur. Une horreur tue par la peur. Une peur qui fera dire avec culpabilité et tout sera silence.

Note 19/20

9782357204737   HC Editions     320 p.    19€

 

 

 

Publié dans fiction, romans, thriller

Le pisseux – Damienne Lecat – 2019

Quatrième de couverture

Belle-doche, salope! Eric, gamin sensible et intelligent, invective ainsi en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père se voile la face, sa grande sœur Anne essaie de le protéger.  Encore une qui va me faire chier! Cinquante ans plus tard, Eric, misanthrope reclus dans son appartement, ne supporte ni Prune, sa nouvelle voisine, ni sa sœur qui l’entoure toujours de ses attentions. Un même personnage, une alternance de deux époques, un dénouement parallèle pour un drame psychologique caustique, non dénué d’humour et de poésie.

Chronique

Souvent, un homme devient adulte en fonction de l’enfance qu’il a eu. De l’amour qu’il a reçu ou non. Des parents qu’il a eu et de l’éducation qu’ils lui ont donné. Eric ne déroge pas à la règle. Une enfance douloureuse fait de lui un homme aigri  qui n’a aucune envie de côtoyer les humains quels qu’ils soient. Encore moins les femmes. Alors, qui est cette femme qui a décidé d’empiéter sur sa vie de reclus émotionnel? Que lui veut-elle?

Le pisseux. Un titre qui dit presque tout. Un titre qui insinue une violence verbale. Une violence tout simplement. Une violence gratuite que doit subir un enfant. Dans l’indifférence paternelle totale. Mais ce n’est pas le cas pour sa sœur. Le pisseux. L’histoire d’une promesse. Celle d’un enfant à une mourante. Le Pisseux. Un enfant dont la vie est faite de maltraitance, de cris, de coups. Pourquoi un tel surnom? Qui a bien pu avoir la mauvaise idée de le surnommer ainsi? Cet enfant qui a vécu le martyr ira au-delà de ses forces pour s’en sortir. Où sont ses parents? Que font-ils face à un déferlement haineux qui l’accompagne?

Que de souffrance. Que de solitude. Que de force dans la vie du petit Eric face à un tortionnaire. Une résilience qui peut paraitre mal adaptée. Une résilience qui a l’intérêt de le faire avancer à l’aveugle dans la vie. Vie routinière. Vie pansement. Vie brisée par un manque total de confiance envers les autres. Nous découvrons une enfance saccagée. Une enfance torturée. Une enfance que les adultes rendent vide. Vide d’amour. Vie de mansuétude. Cependant, une bouée à laquelle Eric peur s’accrocher. Une bouée qui ne l’appellera jamais le pisseux

Note 17/20

9782806104441   Editions Academia/l’Harmattan   120 p.   13,50€

Publié dans fiction, romans

Extérieur Jungle – Vanessa Fucks – 2019

Quatrième de couverture

Ce qu’il avait voulu, c’était quoi? Etre un artiste, être aimé, se voir, qu’on le voit? Mais qu’on le voit tel qu’il était ou tel qu’il voulait être? Oui, il voulait son nom en gros sur les affiches, et cette femme si belle, si talentueuse à son bras. Il avait voulu tout cela si fort et pourtant tout avait disparu. Mais, n’était-ce pas justement cela l’essence de l’Art? Tristan est un acteur, du moins il le croit. Il croit que le vide qui l’habite peut s’emplir de la vision d’un autre et rayonner au-delà de sa propre existence. Et tant pis si  cette vision ressemble plus à un gouffre sans fond qu’à une aura. Qu’a t-il à perdre à présent, à part le peu de lui-même qu’il lui reste?

Chronique

Qui n’a pas connu une rupture douloureuse? Celle qui vous arrache le cœur, vous démolit l’âme et vous laisse hagard de douleur? Tristan traverse ce moment avec pénibilité et une bonne dose de plaisir à l’autodestruction. Cependant, il doit s’efforcer à reprendre sa vie en main s’il ne veut pas que sa vie professionnelle se termine dans le même état que sa vie privée.

Nous suivons le parcours d’un homme qui se noie dans sa douleur. D’un homme pris d’une douce folie destructrice et qui ne semble pas pouvoir remonter la pente. En a-t-il seulement envie? Peut-être qu’un voyage, un film à l’étranger, en compagnie d’un metteur en scène talentueux et complètement fou…

Extérieur jungle. Un euphémisme. Une folie des hommes. Une fin de non recevoir d’un artiste au bout de lui-même. D’un acteur  pris dans les rêtres d’un savant fou avec un clap pour arme. Mais pas que. Devrait-il aller au bout de la folie pour retrouver le goût de vivre? Aller au bout de la douleur pour se sentir renaître? Aura t-il ce sursaut de survie qui l’empêchera de plonger au fond de la détresse, du désespoir? Devra t-il subir l’extrême folie de l’humain pour enfin assainir sa douleur? L’existence est-elle en fonction de la reconnaissance mondiale? Ce qui est sûr c’est que le début sera la fin et peut-être que la fin sera renaissance.

Note 18/20

9782379120039   Editions Et le bruit de ses talons    149 p.   15€

 

Publié dans policier, thriller

Les retournants – Michel Moatti – 2018

Quatrième de couverture

Août 1918. Vasseur et Jansen ont décidé de fuir. Quitter le front de la Somme et ne pas mourir dans les derniers assauts de cette guerre qui n’en finit plus. Alors qu’ils s’éloignent des tranchées sous de fausses identités, les deux lieutenants scellent leurs destins. Ils se connaissent mal, mais Jansen comprend très vite que son complice est un psychopathe prenant un plaisir insupportable aux crimes qu’ils doivent commettre. Ils trouvent refuge dans le domaine d’Ansennes, une étrange propriété à l’abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel ruiné, sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule, et la très secrète Nelly Voyelle, leur domestique. Mais déjà François Delestre dit « le chien de sang », un capitaine de gendarmerie traqueur de déserteurs, est sur la piste des deux hommes. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie…

Chronique

1918. Les dernières batailles des tranchées. Les derniers corps à corps meurtriers. Deux hommes. Deux déserteurs. Très différents mais unis dans cette fuite. Est-il sage de faire un tel acte en pleine guerre? Peut-on faire équipe avec quelqu’un dont on ignore tout? Que va t-il arriver à ces deux hommes?

Les retournants est un thriller qui vous glace le sang. C’est l’épopée de deux individus qui fuient les horreurs de la guerre. Deux hommes qui sont saturés de cette guerre et qui cherchent à rester vivants. C’est une épopée cauchemardesque où le meurtre, la mort, la torture se multiplierons froidement. Avec détachement. Avec délectation. C’est une épopée vers l’horreur, le meurtre gratuit. Nous sommes à la fin de la Première Guerre Mondiale et, contrairement au monde qui les entoure, deux hommes débuteront leur guerre. Une guerre où l’instinct sèmera la désolation, la mort et la détresse.

Nous assistons au jeu du chat et de la souris entre les déserteurs et leur traqueur, un gendarme tenace. Ce dernier arrivera t-il à mettre fin à cet hécatombe? Peut-on arrêter un psychopathe? Peut-on mettre fin au périple d’êtres prêts à tout pour couvrir leur retraite? Prêts à tout pour garder leur anonymat? Les retournants, les déserteurs des derniers moments de la Première Guerre nous transportent dans un monde où les êtres ne paraissent pas forcément ce qu’ils sont. Un monde où la violence est une excuse pour avancer. Pour trouver la liberté. Le seul moyen de communication pour les retournants.

Note 17/20

9782357203631   HC Editions   272 p.   19€

Publié dans romans, témoignage

Terrorist at home – Victoria Bell – 2019

Quatrième de couverture

Ce récit, basé sur des faits réels, nous rapporte l’histoire d’Emerik, un enfant qui a subi l’inceste, la pédophilie, la maltraitance. Malgré les obstacles, sa mère se bat pour le défendre, utilisant pour cela tous les moyens en sa possession, qu’ils soient médicaux ou juridiques. Entre influences politiques et francs-maçons, le lecteur découvre que la résistance et le refus de la vérité peuvent parfois venir de l’intérieur: la famille.

Chronique

L’histoire d’un enfant. L’histoire d’une petite vie malmenée. Une histoire vraie qui prend aux tripes. Emerik est petit garçon heureux de vivre. Un enfant qui a des rêves de son âge: trois ans. Tout va bien. Mais la vie réserve parfois des tours pendables. La roue tourne dans un sens comme dans l’autre. Elle tournera pour Emerik et sa mère. Elle s’arrêtera aux portes de l’enfer. Que dis-je? Des enfers. Et presque pour l’éternité…

Terrorist at home est le cri de douleur d’une mère. Un cri d’amour emporté par la plume pour frapper à la porte d’un cœur scellé par le désespoir. C’est un roman qui nous présente un mal bien trop courant à notre époque: la violence  sous toutes ses formes envers un enfant. La violence faite à un petit garçon. Un mal qui gangrène la société. Comment se reconstruire après avoir subi des horreurs? Que faire pour que le statut de victime soit octroyé et reconnu? Comment peut réagir l’entourage? La résilience est-elle possible?

Les mots sont durs  mais la lecture reste aisée. Les chapitres s’enchainent comme les maillons d’un collier pour nous narrer l’histoire d’Emerik. Ses souffrances. Ses cris sourds. Ses douleurs d’enfant. Les mots se posent avec force. Ils sont empreints de cette douleur qui épuise le cœur et tord les boyaux. Cette douleur qui donne des nuits blanches et des cauchemars éveillés. La douleur d’une mère. Une mère pour qui le monde s’écroule, l’entrainant bien malgré elle dans les tréfonds du désespoir. Une mère. Un enfant. Une vie. Des vies. Rien que de plus banal. D’une telle banalité que l’on pense  que cette souffrance muette, ces cris angoissants de silence ne peuvent être perçus que de ceux qui ont un terrorist at home.

Note 19/20

9782754743989   Ed. du Panthéon    230 p.     19,90€

Publié dans #fantastique, anticipation, thriller

The prison experiment – Eric Costa – 2018

Quatrième de couverture

Zone 51, désert du Nevada. Un dôme immense, à la peau cuivrée, se dresse tel un monstre sous les étoiles. Son nom: « L’Oeuvre », prison expérimentale secrète dotée d’une intelligence artificielle. Nul ne sait ce que recèle l’édifice depuis que la CIA en a perdu le contrôle. Que sont devenus les 5300 détenus livrés à eux-mêmes après sept ans d’abandon? Un commando  de douze hommes et une femme pénètre en secret dans ce labyrinthe mortel. Leur mission: retrouver Dédale, son architecte, à n’importe quel prix. Elana, hackeuse surdouée, compte bien percer les mystères de l’Oeuvre. Elle ignore que son génie peut les sauver… ou les tuer. Jusqu’où l’homme peut-il aller pour survivre?

Chronique

Une escouade qui se déplace en silence dans les profondeurs de la nuit. Qui sont-ils? Où vont-ils?  Pour quoi faire?  Dès les premiers mots, nous sommes happés  par l’aventure. Dès ce moment, le rythme reste soutenu. Angoissant. Qui sont ces hommes et ces femmes qui ont accepté de pénétrer dans l’inconnu? Quelles sont les raisons qui les ont poussés à accepter?

Dès le début, nous retenons notre souffle et vivons au rythme des évènements. Tout est mystère. Tout est déroutant. Personne ne sait ce qui attend ce détachement. Personne ne sait qui ils vont avoir en face d’eux. Hommes ou bêtes assoiffées de vengeance? Tout y est effroyable. Les attentes. Les batailles monstrueusement silencieuses. L’homme semble y avoir renié son humanité. Est-ce possible?

La lecture se fait addictive dès le début. Les pages se tournent avec avidité. Avec passion. Avec une curiosité qui pourrait sembler malsaine. Mais, ce n’est que de l’adrénaline. Le souffle est retenu par les intrigues. Par les luttes. Par les scènes apocalyptiques. Pourquoi continuer à progresser? Le jeu en vaut-il la chandelle? Reste-t-il une once d’humanité dans cette forteresse?

The prison experiment est une longue descente en enfer. Une descente que nous suivons avec un grand plaisir. Une curiosité sans nom. Chaque page, chaque chapitre est lu dans la même alégresse bizarre. Sans remords. Juste cette soif inextinguible de savoir. De comprendre.  De se perdre avec bonheur dans ces luttes. Dans ces terreurs. Dans ces cris. Dans ces vies plus ou moins fragiles. Juste cette soif de regarder l’âme de ces personnes. De l’interroger. Juste une question brûlante: « Qui sortira vivant de The prison experiment?

Note 18/20

9781790504299    Autoédition    662 p.

Publié dans historique, romans

Fillette Lalo – Gerry L’Etang et Dominique Batraville – 2018

Quatrième de couverture

Dans une autre circonstance, un autre pays, un président-à-vie entreprit une traversée de l’horreur. Il s’appuya dans cette aventure sur une milice dont les membres reçurent le titre officiel de « volontaires de la sécurité nationale ». La malice populaire préféra les nommer « tontons macoutes » pour les hommes, « fillettes Lalo » pour les femmes, s’inspirant là d’un croquemitaine et d’une ogresse, figures imaginaires du lieu. Une femme se hissa à la tête de ces paramilitaires, devint LA Fillette Lalo. Plus d’un demi-siècle après le début de son oeuvre, sa légende, d’extravagance et d’effroi, est ici restituée

Mon Avis

Un peuple qui se révolte. Comme partout dans le monde. Sur une île Antillaise, les légendent courent les rues. Les chants moqueurs et satyriques aussi. Surtout ceux qui concernent Fillette Lalo qui a disparu de mille et une manières différentes. Qui est-elle? Mythe ou réalité? Que se passe t-il? Qu’est-ce qui a mené à cette révolte populaire? Quel est le lien avec fillette Lalo? Fillette Lalo nous fait découvrir des personnages hauts en couleurs. Des personnages aux noms d’une grande douceur. D’une douceur aussi grande que la férocité de la personne qui le porte. Leur vie. Leur sort nous sont racontés dans le détail. Nous suivons un peuple qui est arrivé au bout de la peur. Au bout de la douleur. Au bout de la terreur. Au bout de la violence. Une violence aveugle. Gratuite. Partiale.

Au fil des pages, nous faisons face à la grandiloquence d’un tyran. D’un autocrate nommé « Président à vie ». D’un « vampire du peuple ». Nous découvrons un pouvoir autoritaire qui se complait dans ses exactions. Comment vivent ces hommes et ces femmes qui détiennent le pouvoir? Ont-ils des limites à leur débauche? Ont-ils des imites à leurs violences? Peu à peu se dessine l’innommable. Les luttes souterraines. Les trahisons. Le ton est caustique. L’humour aussi.

A travers les actes, l’histoire de fillette Lalo est le destin d’une île saturée d’horreur. Qui se dessine. Ainsi que la force et la résilience d’un peuple qui se dresse face à son dictateur et à ses sbires. Un peuple qui tire sa force de cette violence pour se construire, pour avancer dans la vie. Pour regarder, de loin, la chute de ces « grands », voire de l’orchestrer. Mine de rien. Fillette Lalo est un hommage à un peuple jamais nommé, mais connu du monde entier. Ce peuple qui possède dans les gènes, dans son histoire, une part de l’ADN de cette légende: Fillette Lalo.

Ma note 18/20

9782357204171     Hervé Chopin Editions    80 p.     12,50€

Publié dans Romance

Loin des fauves – Philippe Saimbert – 2018

Quatrième de couverture

Une passion amoureuse, une motte castrale hantée et un lourd secret de famille servent de toile de fond à cette histoire. Suite à un accident de moto, Jean est soigné par Lorina, une guérisseuse qui habite en compagnie de son père dans un petit village du Béarn. Une belle relation  va naître entre ces deux êtres aux vies tourmentées. Tous deux sont passionnés. Elle de nature et lui, de création musicale. Lorina s’investit dans sa vocation  et la protection de l’environnement. Mais Jean se rend bien vite compte que la propriété et ses occupants cachent de nombreux mystères… De son côté, Lorina va devoir se battre contre un élevage industriel. Un combat qui scellera son destin et celui de Jean.

Mon Avis

Que faire quand les souvenirs vous tenaillent? Que faire quand tout un pan de votre passé ressurgit des années plus tard? Fuir ou faire face? Se taire ou raconter? Un récit à la première personne qui nous rend témoins de cette histoire. Le hasard de la vie. Une rencontre et la vie bascule. A jamais. Une histoire toute en délicatesse. Toute en beauté. Toute en pudeur. Des personnages forts. Aussi bien dans la tendresse que la méchanceté. Des personnages d’une grande timidité. D’une grande tendresse. D’une grande candeur. Des personnages d’une haine débordante. D’une misérable haine capable de bouleverser les vies environnantes.

Loin des fauves  est l’histoire d’êtres humains. D’un humain. Un homme qui révèle des sentiments. Des vies. Un homme qui se révèle aux autres. A lui-même. Un homme qui retrouve une raison de vivre. Un homme qui retrouve sa vie. Qui retrouve une sensation de vivre. Un homme qui se retrouve. Tout simplement.

Les pages et les chapitres défilent doucement. Fortement. Rapidement. Ils recèlent une force tendre. Douce. Chaque mot est une référence à la vie. Une référence aux gens de la campagne. Aux gens de la nature. Avec des secrets. Comme tout le monde. Nous nous laissons emporter par le récit. Nous ressentons les mêmes émotions que les personnages. Un voyage dans le temps. Un voyage dans l’espace. Un voyage au bout de soi. Un voyage épique. Romantique. Rustique. Juste une grande escapade dans un monde terriblement humain. Un monde qui sent si bon la vie.

18/20

9791091097314  Autoédition  231 p.  9,99€

Publié dans fiction, récit, romans

La bombe – Maëlle Denis – 2018

Quatrième de couverture

Suite à un gage, Suzanne entreprend de faire la connaissance de Sayid, nouveau dans sa classe et déjà considéré comme un paria par ses camarades. Ce qui a commencé comme un désagréable défi à relever se mue rapidement en amitié, et l’envie d’en savoir plus sur ce garçon mystérieux et taciturne devient sincère et authentique. Mais le jeune homme tient à ses secrets et son passé demeure obscur… Qui est vraiment Sayid Zebary?

Mon avis

L’histoire d’une amitié. Un peu bancale. Mais une amitié quand même. Deux jeunes enfants. Presque adultes. Deux histoires de vie différentes. Deux destins. Une amitié aux prémices timides. Maladroits. Qui est le nouveau? D’où vient-il? Pourquoi est-il  là?  Deux êtres très différents. L’un quasi mutique. L’autre bavard. Deux êtres qui vont s’apprivoiser dans une longue danse virtuelle. Deux adolescents, face l’un à l’autre, tentant plus ou moins facilement  de se découvrir. De s’apprivoiser. De s’apprécier. Au plus grand dam de certains de leurs proches. De leurs amis.

Les mots sont doux, au début. Délicats. Avant de s’endurcir. Chacun vit avec un secret. Lourd. Qui ne peut être confié. Que se passerait-il si tout le monde savait? Sayid aurait-il toujours sa place au sein de la société? Une société loin des horreurs de la guerre. Une société qui, pourtant, subit le terrorisme. Lorsque les Editions du Panthéon m’ont envoyé ce roman, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le titre m’avait interpelée.  J’ai découvert une pure merveille. Un roman qui ne laisse pas intact, qui ne laisse pas indifférent.

La bombe nous entraîne dans le monde de la violence. Violence que la société subit avec rage. Avec douleurs. Avec colère. Avec larmes. Une violence qui détruit l’être, l’âme. Une violence qui fait de certaines personnes des morts-vivants. Des morts-vivants entrainés. Téléguidés. Pour le pire et encore le pire. L’histoire est pleine de suspens. Au fur et à mesure de la lecture, le voile se lève sur un monde que l’on peine à imaginer, même si la réalité n’est un secret pour personne. Pour le plus grand malheur du Monde Entier. Un monde où l’innocence se liquéfie  et les sentiments s’évanouissent sous les brimades, les coups, la torture physique et mentale. Qui est vraiment Sayid? Quel est son rôle dans ce monde anesthésié où la mort, omniprésente, est ordonnée/donnée par contrat interposé? Quelle serait la réaction des gens qui l’entourent et qui l’aiment?

La bombe est un roman écrit à deux voix. Deux visions différentes de l’histoire. Visions si proches et si éloignées. Deux réactions. Deux consciences qui soupèsent les mots, l’environnement. Les actes. Deux consciences troublées par une violence si différente mais qui brise l’âme de la même manière. La conscience qui anesthésie l’Humain et le pousse à faire comme si le mal n’existait pas. Maëlle Denis a su décrire des évènements qui brisent sporadiquement notre société. L’éclaboussant de sang pour déclencher la haine. Cette haine si forte que certains réussissent à insinuer dans les cœurs, les âmes, dans les humains fragiles. Y arriveront-ils un jour? Espérons que non….

Ma note 20/20

9782754741446   Editions du Panthéon   235 p.   18,90€