Le chant du tambour -Jean-Luc Bremond – 2017

Quatrième de couverture

Alors que sévit la Grande Guerre en Europe, un jeune Algonquin de treize ans doit entreprendre sa quête de vision. Cependant, son père, homme-médecine, a d’autres projets. Il l’envoie en mission pour interpeller ceux qui menacent son peuple et pour que s’accomplissent les prophéties. Il doit pour cela faire un tambour, c’est  en le battant qu’il trouvera sa destination. Commence alors un voyage initiatique et périlleux  dans les couleurs des quatre points cardinaux, le jaune, le rouge, le noir et le blanc, avec comme guide le chant du tambour.

Mon avis

Tout commence par une loi. Celle du changement. Changement de traditions. De modes de vie. De coutumes. De l’interdiction. Interdiction de sortir d’un territoire attribué. La vie change autour des Algonquins. Quel sera leur avenir sur la terre de leurs ancêtres? Quel sera le destin de ce peuple qui vit en harmonie avec la nature qui l’entoure? plus rien ne sera comme avant. Que d’inquiétude! Cette ancienne vie qui s’en va avec le départ de l’un des leurs vers le monde des esprits. La fin d’un monde respectueux de rites millénaires préservant la nature.

Achack a, entre ses mains, le destin de son peuple. La quête se déroule en douceur, entre leçons de vie, questionnements, conseils des plus âgés. Le lecteur découvre avec bonheur les rituels Algonquins, leur lien à la nature à laquelle ils s’identifient. Aux coutumes et traditions  si respectueuses de la vie en général. Cette quête est initiatique et l’initiation est une quête qui mènera Achack au plus profond de lui, de ses desseins. Le tambour devient symbole. Devient le lien entre la vie et la mort. Symbole de cet éternel recommencement. Achack arrivera t-il à avoir des visions? Pourra t-il aller au bout de sa mission? Cette dernière portera t-elle les fruits escomptés?  A quel prix?

Le chant du tambour est un superbe roman. Un roman de sagesse. Sagesse du peuple Algonquin. Peuple qui arrive à la fin d’un cycle de vie. Doucement, lentement, au rythme de la nature, de l’éveil de la maturité d’un homme-enfant, nous avançons page par page à la découverte de deux peuples, au choc de leur rencontre, de leur destin si éloigné l’un de l’autre mais si lié. Destins liés rien que pour le pire.  Le chant du tambour est le roman des vies aussi résonnantes que le tambour. C’est un   très beau  roman où le destin d’un peuple lié à la nature basculera définitivement vers une fin inexorable. Une ode à la nature porteuse de vie, de beauté, d’espoir foulés au pied. Par une loi.

Ma note 18/20

9782889490578   5 sens Editions  200 p. Broché 17€

 

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Les victimes du vent d’est – Manuel Lopes – 1996

Quatrième de couverture

Au Cap-Vert, les premières pluies annoncent l’espoir de nouvelles récoltes de maïs sauf si le redoutable vent venu des côtes africaines se met à souffler en brûlant tout sur son passage comme une tornade de feu. Sur l’île de San Antaõ, il y a ceux qui plantent dès les premières gouttes, ceux qui attendent des signes plus certains de pluies bénéfiques et même ceux qui en sont réduits à consommer les semences. Mais, tous risquent d’être les nouvelles victimes du vent d’est qui mène un combat inégal et meurtrier.

Mon avis

Des paysans, braves, vaillants, face au destin. Face aux aléas de la vie. Du temps. Ainsi va la vie sur une île du Cap-Vert. Le destin de différentes familles, plus ou moins bien loties face au redoutable vent d’est qui ne consume pas que les plantes, mais aussi les humains, leur vie, leur destin. Manuel Lopes nous campe une belle galerie de portraits. De destins. D’hommes et de femmes. En attente de la fin de ce malheur qui les frappe. Qu’auriez-vous fait à leur place? Quel aurait été votre comportement face à l’innommable? Face à ce malheur qui les frappe, l’humain se révèle. Pas forcément sous ses meilleurs jours.

Les victimes du vent d’est est un roman très fort. Très dur. Très humain. Si humain!! Des hommes et des femmes qui ont l’habitude du malheur. Des hommes et des femmes qui sont arrivés au bout de l’espérance. Qui ne trouvent plus beaucoup de solutions de survie. Dès lors, les caractères se révèlent. Certains subissent. D’autres deviennent tyranniques. Quelques-uns restent sereins.

Dans les victimes du vent d’est, la destinée de ces hommes et de ces femmes représente le destin du Cap-Vert et de ses habitants. Un pays qui reste debout face à la pauvreté et qui continue à aller de l’avant. En effet, sur cette île de Sao Antaõ, même arrivés au bout du désespoir suprême, les iliens continuent à espérer. Un meilleur destin. De nouvelles pluies. Une nouvelle vie. Malgré l’absence des autres: les victimes du vent d’est…

Le poème dont vous êtes le héros – Guillaume Prié – 2017

Quatrième de couverture

Et je me penche alors, je regarde les flots:

c’est ma vie que je vois, je suis une goutte d’eau

un être qu’on emmène, sans lui dire où il va

Vers la mer où finit son voyage ici-bas

Rencontre avec quelques gouttes d’eau intimement liées les unes aux autres, qui rêvent de vivre et vivent pour rêver. En refusant de se laisser ballotter par les évènements et les règles imposées, ils découvrent petit à petit que la vie qu’on mène est, toujours, celle qu’on choisit. Que si la destination est connue, il n’est jamais trop tard pour détourner la rivière!

 

Mon avis

De la poésie. Des strophes qui accompagnent des tranches de vie. Des vie de Monsieur et Madame Tout le monde. Des strophes. Des vers croisés ou embrassés qui débutent chaque vie. Une poésie qui vagabonde et tisse des vers dans la vie des personnages et lesguillaume Prié lie à jamais les uns aux autres.

Du sérieux. De l’humour. Un humour très fin. Qui se lit dans les mots. Entre les mots. Dans les pensées des personnages. Personnages sublimes de suffisance, tel Anatole. Anatole qui reconstruit le monde. Son monde, au gré des discussions. Discussions de Ban Bayan. Ban Bayan qui reprend sa vie en main, comme tous les personnage de ce livre. La lecture est très fluide.

Les mots sont secs. Francs. Précis. Profonds. Ils chantent une ode au renouvellement. Au recommencement. A la renaissance. Les mots font la ronde autour des vies, des destins. Et tel le fil d’Ariane les guident vers leurs choix. Leur destinée.  Des mots qui chantent la liberté. Le renoncement qui annonce l’accès à une autre vie.  La poésie n’est pas que dans les strophes. Elle est aussi dans les textes. Textes qui peuvent être d’une bellepoème héros légèreté. Légèreté  faite de profondeur. Profondeur des personnages. De leur vie. De leur âme. De leur destin.

La lecture est rythmée. Poétique. Profondément belle. Le poème dont vous êtes le héros est un petit livre riche de beauté. Qui tient dans la main. Dans la vie. Qui chante la vie  et l’embellit. Il est d’une rare beauté. Beauté subtile. Subtilité des mots. Des histoires. Le poème dont vous êtes le héros vous fait réfléchir à l’influence que vous pouvez avoir sur votre vie. Vos choix de vie. Votre devenir. Qui n’a jamais pensé  » Et si j’avais fait Autrement…? ». Ce livre peut être une très belle réponse. Il se termine par un beau recueil de poème qui nous régale de rêves. De force.

A mettre entre toutes les mains. Sans modération. Un livre qui chante la liberté de penser. De choisir. D’être tout simplement.

Ma note 16/20:

 

ISBN 9782956207009  Ed. Le livre en papier   185 p.