La piquante douceur de la joue de papa – Alice Brière-Haquet/Sylvie Serprix – 2019

Quatrième de couverture

Des mots et des images qui s’amusent à nous surprendre en se rapprochant!

Chronique

Il existe des livres atypiques. Ils sont faits pour le plaisir des yeux, de l’intellect. Pour le plaisir de la discussion. Pour le plaisir de l’échange. Ce qui est le cas de la piquante douceur de la joue de papa. Un livre fait d’oxymores (l’utilisation de deux mots aux sens contradictoires). Dès le titre, nous savons que nous allons nous délecter des mots.

Un beau livre. Un grand livre très coloré qui attire le regard, quel que soit l’âge. En fait, une suite d’oxymores hilarants. Pour tout discours, une phrase sur une double page qui fait sourire. Des dessins qui expliquent l’oxymore avec beaucoup d’humour. Qui réveillent des souvenirs. Qui démontrent l’anachronisme de la vie. Ce qui en fait la beauté. Ce qui en fait la complexité. La piquante douceur de la joue de papa, une phrase qu’un enfant peut dire en toute innocence et dans un éclat de rire. C’est une joue douce mais qui pique car il y a une barbe naissante.

La piquante douceur de la joue de papa est un concentré d’oxymores. Elles s’étalent sur chaque double page. Ce sont des devinettes, des fous rires en perspective en famille. A chaque page, sa couleur. Une belle et brillante couleur qui accroche le regard. Des compositions très recherchées et faciles à expliquer. Des compositions qui éveillent la curiosité des enfants, des adultes. Des compositions très drôles. C’est ce qui est mis en exergue. C’est un superbe album qui permet à toute le famille de participer à une agréable partie de jeu de mots.

Note 18/20

9782360110889   Editions Motus    40 p.    13€

Publicités

Avant que les ombres s’enfuient – Frédéric Surgan – 2017

Quatrième de couverture

Stan médecin quadragénaire, aurait bien du mal à dire quand il a commencé à s’éloigner de sa vie et même à succomber, lui, un ORL, sous le déluge de bruits qui lui labourent le crâne. Cela remonte peut-être à loin. Au fond. Depuis, en tout cas, il flotte sans repère, son humour grinçant et féroce le sauvant du naufrage sans pour autant le rapprocher des autres. Il a encore quelques ancrages pourtant. A vingt ans, il a connu un grand amour, Anne, qu’il a perdu ensuite, sans vraie raison. Et il a une famille singulière. Quand il était enfant, son oncle Yvon  qu’il aimait tant, s’est noyé en mer. Et au décès de son grand-père, patriarche redouté, d’autres secrets ont commencé à se dénouer. Mais le mystère perdure. Stan en est sûr: c’est quelque part par là que la vie s’est enfuie. Il doit comprendre l’histoire des siens, découvrir ce qui leur est vraiment arrivé. Il se lance sur leurs traces, il replonge dans le temps à leur recherche. Et puis il veut retrouver Anne. Peut-être qu’en réparant le passé, il pourra réparer le présent…

Chronique

Toutes les familles ont leurs secrets. leur bizarrerie. Elles ont ce genre de « truc » qui fait tiquer sans que l’on sache pourquoi. Quand Stan  nous présente la sienne, nous sommes pris entre la compassion et le fou rire. Il faut avouer qu’elle est particulière. C’est une famille qui semble figée dans son histoire, indifférente au temps qui passe. Aussi, quand Stan ne se sent pas à l’aise dans sa vie, nous le comprenons sans peine.

Avec un langage coloré, Stan nous présente sa vie vaseuse, hypothétique. Une vie où le rêve vire rapidement au cauchemar. Une vie où tout est incertain, même les êtres. Une vie où ses angoisses deviennent réelles et l’accompagnent à chaque pas. Peu à peu, il perd pied. Lentement. Inéluctablement. Des sursauts, l’instinct de survie se manifestent de temps en temps. Discrètement. Doucement. Sans pour autant s’imposer. Stan a t-il vraiment envie de s’en sortir? Si oui, comment y arrivera t-il? Ira t-il au bout de ses recherches?

Avant que les ombres s’enfuient nous invitent à accompagner un homme désespérément à la recherche de lui-même. A la recherche du désir de vivre. A la recherche d’une bouée à laquelle il pourra s’accrocher avec désespoir. Avec force. Un homme qui se sent aller à la dérive et qui souhaite s’ancrer quelque part dans sa vie. Dans la vie. Avant que les ombres s’enfuient.

Note 17/20

9782940583782   Editions des 5 sens   253 p.   18€

De roche & de sève -Alena Sizlo & Shovel – 2019

Quatrième de couverture

  • Notre roi est toujours absent, et ses nains sont à nos portes désormais!
  • Mais, que veulent-ils? Nos soldats nous rapportent que si nous ne nous dressions pas en travers de leur chemin, ils ne nous combattraient même pas!
  • Mais, leur chemin vers quoi? Cette ruée dévastatrice au creux de nos terres est sans précédent!
  • Nul ne le sait. Mais depuis l’accession du roi Wirkkin sur leur trône, notre espace vital se réduit chaque jour davantage. Nous devons y mettre un terme!
  • Et qui en prendrait l’initiative sinon le roi, d’après vous?
  • Vous, princesse. Vous n’avez plus le choix…

Chronique

La lignée royale est presque éteinte au pays des elfes. Un des souverains manque à l’appel. Où peut-il bien se trouver? Est-il mort? A t-il été enlevé? Tant de questions auxquelles il faut trouver des réponses rapidement. Dans ce monde fantastique, les elfes et les nains ne font pas bon ménage. Qu’a t-il pu se passer pour qu’ils aboutissent à une telle situation?

De roche et de sève, on ne nait pas elfe noire est une saga fantastique en quatre tomes. Les luttes pour l’accès au trône font rage en l’absence des héritiers de sang. Les luttes sont belles et meurtrières. A la hauteur des ambitions des chacun. Les planches sont en couleurs. Couleurs sombres. Couleurs foncées. Couleurs profondes. Couleurs qui représentent les états d’âme de chacun. Cependant, au vu de certaines scènes, cette bande dessinée est pour des adolescents et des adultes.

Nous assistons à des scènes fortes. L’ambition, la trahison, les batailles sont les nerfs de cette aventure à la recherche de l’héritier légitime du trône. Les monstres, les dragons sont à la hauteur de leur renommée: terriblement violents et dangereux. Retrouveront-ils le prince héritier? Règnera t-il un jour? Il y aura d’autres épreuves pour y arriver. D’autres secrets à découvrir ou à taire. Des batailles à accomplir. L’avenir le dira.

Note 18/20

9782919069620   Editions des bulles dans l’océan   48 p.

Les fleurs qui poussent en enfer – Mirza Mohammad Massoud (Dehati) – 2019

Quatrième de couverture

Parmi les romanciers des années trente-quarante, Mohammad Massoud, héritier comme tous ceux de sa génération des idées de la révolution constitutionnelle, offre la figure  du libertaire  et du redresseur de torts. Massoud est un « self-made man ». Issu d’une famille religieuse, traditionnaliste et économiquement défavorisée, il arrive à Téhéran encore adolescent […].

Chronique

L’Iran avant les ayatollahs. L’Iran à l’époque du Shah. Un pays qui se modernisait. Un pays où le port du voile avait été aboli. Un pays où la liberté de la parole n’existait toujours pas… C’est dans ce royaume qu’évolue Mohamed Massoud, journaliste satyrique.

Les fleurs qui poussent en enfer est d’abord un échange  épistolaire. Un échange qui démontre les rêves brisés. Qui montre la déception d’un homme de retour dans son pays. Pays où rien ne se fait dans les règles. Pays où règnent le mensonge et la peur. C’est aussi l’histoire d’un homme qui raconte son déclin, sa déchéance, ses désirs ensevelis sous des tonnes d’indifférence politique et sociale. C’est un cri dans le désert émotionnel, humain qui l’environne. Massoud s’est rêvé une vie en Iran avec son épouse européenne. L’Iran a assassiné ses rêves et dansé sur sa dignité.

Les fleurs qui poussent en enfer est une violente prise de conscience. De ce genre de prise de conscience qui annihile toute velléité de survie. Qui annihile toute joie de vivre et cueille dans le sang, la douleur et l’ignominie les fleurs qui poussent en enfer. Ces fleurs qui poussent au plus profond de l’être. Massoud nous dévoile un Iran effarant. Un pays qui va de mal en pis à travers son histoire. A travers ses gouvernants. Il présente l’enfer de Dante sur terre dans ses plaintes muettes. Dans ses larmes séchées par le feu de l’enfer. Dans ses rêves foulés au pied par une société tétanisée par la peur. Une société si violente qu’elle écrase volontiers les fleurs qui poussent en enfer.

Note 18/20

9782343169415 Ed. L’Harmattan   150 p.   13€

 

Loukoums sanglants – Soline Astier – 2018

Quatrième de couverture

Gabriel Lipari, misanthrope féru de diplomatie et fin lettré, est nommé à Istanbul au flambant neuf institut contemporain des civilisations méditerranéennes. Il traverse une crise sévère de la cinquantaine lorsque des cadavres se mettent à pleuvoir sur l’Institut, ne lui laissant aucun répit. Aux manettes du Learning Center, Gabriel devra jongler entre des oeuvres d’art salement attaquées, la susceptibilité du gratin international et des meurtres de plus en plus sinistres…

Chroniques

Avoir un bon métier qui permet de voyager et/ou d’habiter dans les plus grandes capitales du monde, qui n’en a jamais rêvé? Pour Gabriel Lipari, c’est la routine. La normalité. Jusqu’à son arrivée à Istanbul, ville mythique. Pourra t-il s’adapter à sa nouvelle vie? En attendant, depuis son arrivée, tout ne se passe pas comme il le souhaite. Que lui réserve l’avenir dans cette ville? Que penser de ses déboires familiaux? Cependant, la prise de son nouveau poste se passe relativement bien jusqu’au premier cadavre.

Loukoums sanglants est un thriller mené tambour battant. A un rythme quasi tropical pour un homme pétri de certitudes et ennuyeux à souhait. Que se passe t-il? Qui en veut à ce nouvel institut et à son tout nouveau directeur? La lecture est aisée. Le suspens tient en haleine jusqu’au bouquet final. Nous suivons avec inquiétude le déroulement de l’enquête à travers l’Europe. Nous doutons des étranges couples tous plus bizarres les uns que les autres qui gravitent autour du Learning Center. Qui est l’assassin? Quel est son but? Pourquoi s’en prend t-il au personnel de l’institut?

Peu à peu nous découvrons des secrets. Des anciennes blessures. Des sentiments refoulés. A travers Istanbul, l’enquête avance doucement mais sûrement. Au gré du temps. Au gré des policiers. Au gré des hommes qui ont lié leur vie à celui du tout nouvel institut. La suspicion règne et tout le monde peut être coupable. Alors, attention, les murs peuvent parler. Les pièces de musées aussi.

Note 17//20

9782343154152   Editions l’Harmattan   304 p.   25,50€

Le grogneux face à l’inexplicable – Iris Rivaldi – 2018

Quatrième de couverture

Le commissaire Paul Berger, surnommé « le grogneux » par tous ses collègues à cause de son fichu caractère, n’est pas au bout de ses peines. Ce policier un rien atypique est confronté tous les jours à un monde impitoyable à la lisière du sordide. Heureusement que ses amis dévoués et sa merveilleuse épouse à la nature espiègle et amoureuse lui permettent de souffler de temps  à autre. Seulement voilà, même s’il a une longue expérience de fin limier derrière lui, notre commissaire n’a encore rien vu  et va soudain subir d’étranges phénomènes, loin d’être le fruit de son imagination. En effet, il est brutalement projeté dans une dimension inconnue, par chance, dans la tourmente et croyant perdre l’esprit, quelqu’un plein de ressources croisera sa route. Une question se posera néanmoins: comment ce super flic incarnant loi et autorité se comportera t-il  face à l’inexplicable, lui d’habitude censé avoir réponse à tout?

Chronique

Après la perte de son remplaçant, le grogneux rempile en attendant l’arrivée du nouveau commissaire. Pour le moment, il doit faire face à un incendie criminel. Qui en est l’auteur? Pourquoi? Oubliant sa courte retraite, le grogneux se lance corps et âme dans cette nouvelle enquête. Avec la complicité de son épouse.

Le grogneux face à l’inexplicable est un roman policier plein de rebondissements. C’est une enquête où deux histoires se côtoient et intriguent. Malgré sa longue expérience, le commissaire devra faire face à une situation pas si facile à gérer. Ces deux enquêtes sont-elles liées?  quel est le message à retenir? Y a t-il un message?

Au fil des pages, la lecture se fait avec aisance. Nos policiers bien que fins limiers auront du pain sur la planche et beaucoup de mal à avancer dans leur enquête. Peu à peu, le grogneux nous démontre son esprit  vif et toujours en ébullition. Ce qui lui permet de rebondir facilement au gré des découvertes.

Le grogneux se jette dans ces enquêtes avec force. Avec discernement. Avec beaucoup d’enthousiasme. Peut-être est-ce la dernière avant de pouvoir profiter agréablement et pleinement de sa retraite. Une retraite où il déposera enfin les armes et ne sera plus le grogneux face à l’inexplicable.

Note 17/20

9782322147571  Books on Demand   276 p.   19€

L’amère victoire des tikis – Jean-Claude Dinety – 2017

Quatrième de couverture

Presque vingt ans plus tard, la veuve, Izel Beaulaincourt, appelle à la rescousse un vieil ami vivant en Nouvelle-Zélande: elle dispose enfin des preuves de l’assassinat de son époux… s’ensuit une succession d’aventures. On croise un ministre corrompu et un chercheur fantasque, on se perd dans le maelstrom de l’Histoire et les détours du cœur, on pénètre une secte redoutable et une île hostile…

Chronique

Les meurtres existent même dans les îles paradisiaques. La Polynésie Française ne déroge pas à cette règle. Qui a tué Roger Leroux, ce journaliste curieux? Pourquoi l’enquête a t-elle tourné court? Pire, pourquoi a-t-elle été classée sans suite? Qui Robert Leroux dérangeait-il?  Pourtant, vingt ans plus tard….

L’amère victoire des tikis  est un roman policier qui retrace, à travers l’enquête, l’histoire d’une île, l’histoire d’un peuple. L’histoire d’un crime vite oublié. Quels sont les nouveaux éléments apportés à l’enquête? Permettront-ils de la relancer sur une histoire oubliée depuis si longtemps? L’enquête se déroule dans des îles où les mentalités n’ont pas forcément évolué et où la politique pose son empreinte bien profondément sur tout. Une île où les traditions sont une excuses pour museler les témoins. Ce qui rend l’enquête plus difficile. Presque insoluble.

La lecture nous entraine dans une partie de l’histoire de cette partie du monde. L’écriture est dense et l’histoire complexe. Une enquête qui se déroule après 2020. Ce qui perturbe un peu au début mais, ne nous empêche pas de plonger dans l’histoire sans trop de difficulté. Par  ailleurs, cette lecture nous laisse  entrevoir la difficulté d’enquêter dans un monde où la politique est plus que trouble. Un monde marqué par les affaires et où le secret est de mise.  L’amère victoire des tikis nous transporte dans un univers qui semble au-delà de la réalité. Dans un univers où rien n’est ce qu’il parait. Un univers où même les ancêtres semblent avoir baissé les bras. Un univers où éclaircir un meurtre est une gageure. Une gageure qui souligne l’amère victoire des tikis.

Note 15/20

9782343133562   Editions l’Harmattan   201 p.    20,50€

Ainsi vivent les femmes – Michèle Labbre-Cayla – 2019

Quatrième de couverture

Sept nouvelles pour décliner le doute, la solitude, l’espoir. On y parle de désir, de la difficulté d’aimer, de n’être pas aimé, au plus jamais, ou peut-être… De quête de bonheur et d’équilibre… Ainsi, elle n’espérait plus rencontrer l’amour, mais n’a-t-elle vraiment rien à perdre lorsqu’elle ouvre sa porte à un inconnu? Ce soir, elle a rendez-vous avec l’homme qui la hante. Mais, l’écrivain doit partir, abandonnant sur son bureau un roman inachevé qui révèle une étrange personnalité. Un invité de marque inquiétant. Quel rôle peut jouer l’amitié face à un drame intime, lorsqu’il est impossible de se défendre? Dans Au fil des pages, elle s’isole loin de celui qui l’a quittée. Un matin d’été, ils se retrouvent. Elle est étudiante et se prostitue. Mais qui est l’homme masqué, cette ombre dans le noir dont elle s’éprend? Peut-on se satisfaire d’avoir pour mère une inconnue qui vous a abandonnée à la naissance? D’accord, il faut parfois lâcher prise, au travail comme en famille, mais jusqu’à quel point?

Chronique

Des femmes du 21ème siècle. Des bribes de vie. Des bribes de leur vie. Chacune avec son histoire. Chacune avec ses douleurs. Ses secrets. Chacune trouve son courage où elle le peut. Elles sont fortes. Elles ont leur talon d’Achille. Elles ont un point commun: l’amour.

Ainsi vivent les femmes nous offre  des bribes d’histoire. Des histoires de femmes entières. Pleines de douceur. De tendresse. Des femmes sur qui la vie a laissé des empreintes plus ou moins profondes. Des empreintes qui démontrent leur solitude. Leur peur du désamour. Leur peur de se dévoiler. Des femmes qui se découvrent, parfois avec surprise. Elles sont modernes. Ce qui ne les empêche pas de s’avouer leur désespoir.  Cette part d’elles-mêmes qu’elles cachaient à tout un chacun.

Chaque histoire a son lot de drames. Son lot de surprises. Chaque histoire nous arrache un sourire ou un brin de compassion derrières ces détresses solitaires. Qu’en est-il de leurs rêves? Qu’en est-il de leurs désirs? Comment s’en sortent-elles au quotidien? Une lecture agréable et addictive où les mots, les phrases, les chapitres nous font voyager avec émotion.

Ainsi vivent les femmes. Non, ce n’est pas un mode d’emploi sur les femmes, ni sur le secret de leurs pensées d’ailleurs. C’est un florilège de vie intense. Vivant. Juste des bouts de vie où tout le monde peut se reconnaître. Des bribes de vie qui permettent de voir toute la force de caractère des femmes modernes. Leur faiblesse qui n’en est pas forcément une. Des vie d’une grande richesse. Des kaléidoscopes de vie qui font dire: ainsi vivent les femmes.

Note 17/20

9782343169217   Editions L’harmattan    144 p.   16€

Le temps des râteaux – Hervé Mestron – 2018

Quatrième de couverture

Edouard, boutonneux, en mal de filles, est accroc  aux jeux vidéo. Obéissant au médecin qui lui prescrit de la marche à pied, Edouard va accepter un job de promeneur de chiens. C’est ainsi qu’il rencontre Princesse Butterfly, un Yorkshire du sixième arrondissement, avec qui il va tisser une relation particulière. En effet, le chien lit dans ses pensées comme lui-même lit dans les pensées du cien. Et peu à peu, l’animal va le coacher et lui expliquer comment s’y prendre en amour. D’abord réticent,  voire mal à l’aise à l’idée d’écouter les conseils d’un clebs, Edouard va finir par jouer le jeu et affiner sa technique d’approche auprès de Nicoline, une copine de classe dont il est secrètement amoureux. Mais, si les premiers résultats sont prometteurs, la suite l’est nettement moins.

Chronique

Comment vivent les adolescents? Que pensent les ados du monde entier, qu’ils soient boutonneux ou non? Edouard en est un. Il a une vie routinière. Il traine son ennui, son addiction aux jeux vidéos ainsi que ses guêtres à travers son quotidien. Jusqu’au jour où sa mère l’emmène  ou plutôt, le traine chez le médecin. Et sa vie bascule. Peut-être pour toujours.

Le temps des râteaux, avec beaucoup d’humour nous entraine dans « l’enfer’ de ce jeune homme. Dans l’aventure de sa vie. Une vie qu’il partage avec une mère en pleine crise d’adulte ou d’adolescence, au choix. Edouard jette une regard tendre, filial, presque paternel sur cette femme qui lui a donné la vie et qui semble vouloir la lui reprendre. Avec de nombreux sourires, rires, éclats de rires, l’aventure tragi-comique de cet adolescent boutonneux nous emporte dans un monde transcendental. Un monde où les choses lui échappent, lui jouent des tours pendables.  Comment expliquer que la chienne qu’il promène lui parle? Que fera sa mère s’il lui disait que Princesse Butterfly s’immisçait dans sa vie sentimentale et qu’ils discutaient beaucoup lors de leurs promenades?

Le temps des râteaux parle de renaissance plus ou moins attendue. Renaissance d’un adolescent qui prend enfin conscience de ce qui l’entoure. Qui prend conscience du chien qu’il promène et de leur symbiose. De leurs discussions. Un adolescent qui, enfin, prend conscience de l’Autre au point de presque faire l’impasse sur ses questions existentielles face à celui du Yorkshire qui le conseille si bien. Le début d’une grande histoire?

Note 17/20

9782848591773   Editions Zinedi   137 p.   14,90€

Les roses et les oranges – Le diable s’invite à dîner – Francine Godin-Savary -2018

Quatrième de couverture

Quelques années faites de calme et de bonheur simple, sont passées depuis le quarante cinquième anniversaire de Paul et l’acceptation de son compagnon par tous ses enfants. Le châtelain de Warcliffe aurait aimé que cela continue, mais c’est sans compter sur le destin qui a, de nouveau, décidé de jouer avec sa famille et lui-même. C’est tout d’abord l’une des jumelles Eva qui se fait agresser dans Londres. Kevin, son fils adoptif qui fuit avec sa maîtresse, abandonnant le foyer conjugal. Jonah qui a de mauvaises fréquentations. Le summum est atteint lorsque tous apprennent la maladie incurable de la femme de Stephan. Seuls Barbara, Raphaël et Larry mènent une vie tranquille mais pour ce dernier, est-ce vraiment le cas?

Chronique

La nouvelle génération semble connaître un peu de répit. Une routine faite de petits tracas. En somme, une vie normale. Le destin a-t-il enfin décidé de les laisser tranquilles? Pour combien de temps? Cependant, ce dernier a plus d’un tour dans son sac et sait le rappeler aux gens, sans aucun état d’âme.

Une lecture aisée nous fait découvrir la dernière génération qui a survécu à toutes les turpitudes. Une génération qui a survécu aux coups du sort. Au fil de la lecture, nous découvrons une vie faite de secrets tus. Des secrets qui rongent l’humain au plus profond de lui. N’est-il pas plus simple de tout dire pour enfin mettre fin à la malédiction de cette famille si atypique? Pour cette dernière, la descente aux enfers sera de nouveau au rendez-vous. Est-ce vraiment une malédiction? N’est-il pas temps de rompre cette ronde de secrets qui détruit tout? N’est-ce pas le moment pour repartir d’un bon pied et d’offrir à la génération à venir un avenir serein?

Dans les roses et les oranges – le diable s’invite à dîner, aucune tare ne sera épargnée à la famille. La poly sexualité sera partout présente. Le diable s’incruste au sein de cette famille et saborde tout autour des membres. Il s’y incruste contre vents et marées. Il ne leur épargnera rien.  Quand finira t-il par les laisser tranquilles?  Quand lèvera t-il cette poisse qui colle à la peau des jeunes qui tiennent à s’affranchir de tout pour n’en faire qu’à leur tête? Un héritage familial qui jusqu’à présent ne leur a pas réussi. Un jour peut-être…

Note 18/20

9781034807390    Evidence Editions    428 p.   18,99€

Aya – Marie-Virginie Dru – 2019

Quatrième de couverture

« En Casamance on ne meurt pas pour de vrai. On reste toujours présent dans les arbres, les pierres, les rivières… La mort, c’est l’autre côté de la vie. A Karabane, les morts sont autour de nous, ils nous voient, pas nous. C’est tout« .

C’est le poème que son père lui avait appris. Aya, douze ans, le connaît par cœur. Elle sait que les arbres sont vivants grâce aux morts qui les habitent. Elle sait aussi que quelque chose en elle risque de mourir si elle reste aux côtés de son oncle. Alors, un jour, Aya décide de quitter son petit village adossé à ce vaste océan qui donne à ses larmes un goût de sel. Le voyage qu’elle entreprend va forger son destin et faire d’elle une femme libre d’aimer et de vivre.

Chronique

Ce roman me touche particulièrement et profondément car j’ai perdu des amis dans le naufrage du Joola. Une grande tragédie. Dans un petit village, au cœur de la forêt casamançaise, vivait une petite fille de douze ans: Aya. Ainsi aurait pu débuter cette chronique sur cette petite fille. Mais sa vie n’a rien d’un conte de fée, mais a tout à envier au cauchemar.

Aya nous emmène dans son monde. Un monde où elle a grandi trop vite. Un monde qui renferme des secrets douloureux. Un monde où sa mère, suite au naufrage du Joola, a laissé son esprit au fond de la mer en compagnie de son mari. La vie a fait d’Aya une adulte dans le corps d’une enfant. Un corps qui attise des convoitises. Aya rêve du retour de son frère parti vers l’Eldorado comme tant d’autres avant lui.  Où est-il? A t-il atteint son but? Pourquoi un si long silence? Pourquoi ne vient-il pas la protéger de ce parent lubrique et incestueux?

Les chapitre nous entrainent dans la vie de cette jeune fille. Enfant douce et victime.Que font les gens autour? Sa mère, bien qu’elle ait perdu son esprit, se doute t-elle de ce qui se passe? Son rêve de retrouver son frère sera t-il exaucé? Aya femme-enfant.  Aya mère courage. Un petit bout de femme qui lutte pour retrouver une mère saine d’esprit. Une femme qui lutte afin de pouvoir expliquer ce qui lui est arrivé. Comment le faire? Peut-elle échapper à ce destin mortifère?

Aya est un hommage. Un hommage aux femmes qui subissent. Aux femmes qui souffrent et qui trouvent la force de se re-créer. Aux femmes qui trouvent toujours de nouveaux buts pour avancer. Un hommage à toutes ces femmes enfants qui subissent en silence. Des résilentes. Des maîtresse-femmes telle que Aya.

Note 18/20

9782226438430   Ed. Albin Michel   219p.

Sœur Yvonne, vendéenne d’Ahmedabad – Didier Giroud-Piffoz – 2014

Quatrième de couverture

« Nous avions peu de moyens, c’était très primitif.  Quelques fois, pour prendre la température , nous mettions un crayon sous l’aisselle du patient. Il croyait que c’était un thermomètre… Nous avons guéri plein de gens. Nous mettions toujours un peu d’eau de Lourdes dans nos médicaments. Notre fondateur avait apporté des médailles du sanctuaire. Il nous avait dit:  » Mettez une médaille dans une bouteille et remettez toujours de l’eau ». Nous avions ainsi notre propre production d’eau de Lourdes (rires)« .

Chronique

Dans la vie, certaines personnes existent pour le bien  de l’humanité. Des personnes qui savent faire preuve d’empathie. De bonté suprême. Des personnes pour qui s’occuper des autres est un sacerdoce. Et quand l’Autre est au bout de sa souffrance, ces êtres sont les baumes qui cicatrisent les plaies, les blessures et insufflent le goût à une nouvelle vie.

Sœur Yvonne Vendéenne d’Ahmedabad est une histoire. Celle d’une femme. Celle d’une religieuse. Une femme ET une religieuse qui a su tendre la main à ceux que la société rejetait. A ceux que la société avait banni. A ceux à qui la maladie avait retiré toute once d’humanité: les lépreux. Aujourd’hui, retirée dans sa mission, elle revient avec humour, avec humilité sur ces années passées au service des Autres. Nous découvrons ses premiers pas auprès des personnes en souffrance (orphelins, femmes et enfants en souffrance, lépreux…). Des actions très réfléchies. Des actions très généreuses car son altruisme est né bien avant son entrée dans les ordres.

Sœur Yvonne Vendéenne d’Ahmedabad est l’histoire d’une abnégation. L’histoire d’une femme forte qui sait donner du bonheur, de l’humilité, de la joie de vivre à ceux qui l’entourent. A ceux qui viennent à sa rencontre. Elle raconte avec espièglerie son histoire. Ses histoires. Ses rencontres. Ses souvenirs. Elle raconte avec malice les leçons que la vie lui a inculqué. C’est une religieuse profondément généreuse qui partage avec plaisir ce que la vie lui a appris. La force que le Christ lui a insuflé durant toute son existence. Cette force qui a fait d’Yvonne Boyer, Sœur Yvonne Vendéenne d’Ahmedabad

Note 17/20

9782368030455    Ella Editions    182 p.   17€

Codex 632 – Le secret de Christophe Colomb – J.R. Dos Santos – 2015

Quatrième de couverture

La vie de Tomàs Noronha bascule lorsqu’on lui demande de déchiffrer les notes d’u professeur d’histoire retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel alors qu’il travaillait sur la découverte du Nouveau Monde. De Lisbonne à Rio, New York à Jérusalem, le jeune cryptologue se heurte à l’une des énigmes que les historiens n’ont toujours pas réussi à résoudre: l’identité de Christophe Colomb et la véritable histoire des Grandes Découvertes.

Pourquoi le nom de « Colomb » n’a-t-il jamais été trouvé dans les témoignages de l’époque? Pourquoi le navigateur a-t-il embarqué sur la Santa Maria quelques heures avant l’avis d’expulsion des juif du Portugal? Tomàs se rend vite compte qu’un mystère en appelle un autre. Pourquoi ce jeune Génois ne parlait-il ni italien, ni génois? Et l’Amérique était-elle vraiment inconnue avant 1492? Autant de questions auxquelles les spécialistes n’ont jamais vraiment pu répondre… jusqu’à aujourd’hui.

Chronique

Personnellement, les recherches en tant  que passionnée d’histoire m’ont appris une chose: L’histoire que nous apprenons n’a rien à voir avec la réalité de ce qui s’est passé. A la question « qui a découvert l’Amérique?« , la réponse est sans hésitation, en général: « Christophe Colomb ». C’est ce que nous apprennent les livre scolaires. Qu’en est-il réellement? Qui était cet homme? Qu’a t-il vraiment fait dans sa vie? Que signifie Codex 632? Et  si l’histoire était tout autre? Quel rapport avec un professeur d’histoire portugais?

Tomàs est un professeur d’histoire qui s’ennuie dans son quotidien. Une invitation à New York. Un départ précipité à Rio. Une énigme à résoudre. Ou plutôt, plusieurs. Au fil des pages, nous allons de découverte en découverte. Nous sommes de plus en plus intrigués par les résultats de recherche de Tomàs.  C’est une lecture passionnante et addictive où l’intelligence aigüe  de Tomàs nous fait regarder l’histoire avec un intérêt particulier. Peu à peu, le puzzle se met en place. Nous nous surprenons à réfléchir comme lui et à prendre un papier et un crayon afin de participer à l’analyse des mots.

Codex 632 le secret de Christophe Colomb  nous entraine dans un des mystères de l’histoire. Quel rapport entre le codex et Christophe Colomb? Nous suivons une enquête minutieuse, faite d’énigmes difficiles à résoudre, de messages obscurs. De messages d’une opacité profonde. Messages à ne pas mettre à la portée de tous. Une saine curiosité qui nous fera redécouvrir un fait historique. Une partie tue aux non initiés. Une partie nommée Codex 632 le secret de Christophe Colomb

Note 17/20

9782357201774   HC Editions   377 p.

L’espérance Macadam – Gisèle Pineau – 2006

Quatrième de couverture

Tout ça, c’était savane… Et là, il y avait des cases où roulaient des existence en chien qu’on serrait sous la tôle et  la  planche. Des bougresses qui comptaient plus leur marmaille. Sitôt laissée l’école, elles devenaient femelles, savantes en vices. Robes relevées, assurées que bondas et tétés allaient les délivrer de la misère, elles riaient. Mais, au bout d’un petit moment, égarées, tournées-virées par le roulis de la vie, elles étaient brisées sans le savoir. Et la ronde des ventres-calebasses commençait. Quand elles cherchaient la paix, qu’elles voulaient plus voir le portrait d’un homme, y avait déjà quatre-cinq enfants dans leurs pieds. Ventres et cartables vides. Patience des misérables et mâchoires contractées au guichet des Allocations Familiales.

Chronique

Après un évènement grave, c’est toujours le moment de faire un retour sur sa vie. Après le passage d’un cyclone destructeur, Eliette se remémore son passé. Tous les moments forts, douloureux de son existence. Toute la vie de son quartier. Elle laisse vagabonder ses souvenirs et nous fait découvrir son monde. Ses voisins.

L’espérance macadam nous fait entrer dans l’univers des compagnons d’infortune, de misère d’Eliette. Avec des mots fleuris, cueillis dans le créole, Cette dame nous raconte la déveine qui colle au corps des habitants de la ravine. Une vie colorée de misère, de crimes, de bons sentiments terrassés par la souffrance, la peur, la douleur. Une vie de déveine. Une vie scélérate et sans pitié.

Les mots sont terriblement beaux. D’une beauté enveloppée dans cette langue des gens antan lontan (autrefois). Un langage coloré et riche à souhait d’éclats de rire, de bribes de souffrance. Riche d’une vie scélérate. Les pages se tournent avec plaisir. Nous suivons Eliette dans ses souvenirs hachés, débridés qui nous font revivre le passé de chaque habitant. Des malheurs qui les frappent au petit bonheur la chance. Des moments où la douceur est éphémère. Où le bonheur est un rêve éternellement poursuivi.

L’espérance macadam nous emmène à la rencontre d’un peuple plein d’espoir bien que la misère soit quotidienne. Un peuple qui sait se réjouir de petits bonheurs arrachés à la dureté de la vie. Un peuple qui sait sourire et rire de ses coups du sort et y puiser la force pour continuer à espérer. Pour continuer à faire face au malheur. Pour rester bien droit dans ses bottes face à cette vie sans espoir. Une vie dont le futur se projette fatalement dans l’espérance macadam.

Note 18/20

9782911207549   HC Editions   200 p.   18,50€

Lisez & partagez, SVP. C’est urgent.

Aujourd’hui, je publie autre chose car je ne peux rester sans rien faire. Une personne souffre et est effrayée du lendemain.  Elle est atteinte d’un handicap. Merci

https://www.leetchi.com/c/handicap-et-nouvelle-vie-51722631

Bonjour,

Suite à une maladie neurologique toujours non étiquetée par le corps médical, je suis depuis quatre ans en incapacité de travailler, pour les médecins la reprise du travail est inenvisageable car cela détériorerait mon état de santé encore plus qu’il ne l’est. Sans salaire, sans aide (car je ne rentre dans aucun cadre): je suis à la limite de l’expulsion suite à des arriérés de loyer impayés, je suis devenu interdit bancaire suite à des crédits non payés car plus de moyens d’assumer mes responsabilités! Sans le sous, sans minimum vitale pour vivre, pas d’accès au soins. C’est pour cela que je vous sollicite pour m’aider à survivre à cette situation, pour que par la suite je reprenne des forces pour trouver un travail à domicile, qui me permettra d’avoir de nouveau un salaire et de retrouver un minimum pour vivre convenablement !Merci. Lydia

Faites passer. Partagez. Laissez parler votre cœur. Merci à tous et à toutes

Jours de pluie – Pascal Graff – 2019

Quatrième de couverture

Une semaine aux Antilles, François tient son journal de voyage. Explorateur contemplatif, il collectionne les sensations. Il découvre avec délice les eaux tropicales. Un autre jour, il gravit des collines et pénètre la forêt. En chemin, il rencontre trois hommes étonnants, trois destins brisés qui déroulent leur vie devant lui. Derrière l’image de carte postale, apparaît alors une réalité complexe et tourmentée, dans laquelle François est aspiré. Quand la pluie s’abat avec violence sur cette île de tragédie, les trois hommes décident de rejouer leur destin. Ils entraînent avec eux François, dans une histoire qui n’est pas la sienne: le meurtre a son témoin.

Chronique

François, jeune français est en vacances sur une île des Antilles. Le dépaysement est assuré. Les rencontres aussi sont dépaysantes, surtout quand la population est accueillante et sympathique. Des vacances où il va découvrir l’autre visage de l’île. Celui que les touristes ignorent. Celui qui donne une identité particulière à ce lieu.

Au fil des pages, nous faisons la connaissance d’un touriste en goguette. Nous le suivons dans des aventures qu’il vit à chaque rencontre. Des rencontres avec des personnages hauts en couleurs et énigmatiques. Des aventures où les découvertes sont mystérieuses. Mais, est-ce le bon moment pour visiter Saint Peter? Une période de l’année où la pluie s’invite très souvent? Une pluie comme seule peut en recevoir une île tropicale. Une pluie qui rythme les évènements. Une pluie complice des évènements, de la vie. Une pluie qui gère les sentiments et les ressentiments. Acceptée de tout le monde. Parfois bénéfique. Parfois dérangeante. Toujours acceptée car elle cache les secrets les plus sordides.

Jour de pluie, au travers de ses chapitres, de ses pages, de ses mots, nous invite à une visite. Etrange, il faut l’avouer. Une visite qui révèle des énigmes. Une visite qui révèle les secrets les plus sombres que recèle l’âme des iliens. La lecture est aisée et se fait d’une traite. En filigrane se dessine une histoire. Une histoire comme il en arrive partout. Une histoire qui reste secrète, cachée aux yeux des touristes. Une histoire qui tue parfois les jours de pluie.

Note 15/20

9782343165882   Ed L’Harmattan   135 p.   15€

 

Dans le tumulte du monde – Lahsen Bougdal – 2019

Quatrième de Couverture

Sous le tumulte du monde se cache une sensibilité poétique qui tente de suivre, dans les anfractuosités de l’histoire, le secret sinon de quelque vérité du moins une voie pour son approche. Ainsi, la poésie de Lahsen Bougdal témoigne d’une déchirure. Celle inconsolable, d’un être cher qui installe le poète, au-delà de la réalité brûlante du drame, dans un face à face avec l’absurdité du temps. C’est cette souffrance devant la mort qui lui permet en même temps de refaire surface dans la splendeur des mots comme une nouvelle promesse. De la ligne de l’absent à l’ombre de l’arc-en-ciel, en passant par la finitude des mots, de l’odeur de la terre, se révèle une tension profonde qui agite le poète confronté à l’insoutenable barbarie de l’être humain. Cette nouvelle voie sans concession est celle de la lucidité qui « écarte la nuit » selon l’heureuse expression de Pierre Reverdy. L’écriture d’une histoire inédite devient alors une urgence, car le poète nourrit sur un fond tumultueux le désir d’une lumière insoupçonnée. Sa poésie se déploie  dans cette aporie comme attachement à soi et aux autres. Elle ouvre la voie à un cri de travers, au-delà de l’entendement.

Chronique

Un amour. Une douleur. Des regrets. Des sentiments d’une telle force que les vers ont du mal à les contenir. La vie est tumulte. L’amour est tumulte. Ainsi que l’espoir et le désespoir. Tumulte d’un homme. Tumulte d’un être d’une grande sensibilité. Tumulte du monde. La poésie est le chant de la douleur. Le chant des sentiments. Sentiments forts. Profonds. Sentiments qui définissent la fragilité de l’humain. Les rêves brisés avant d’éclore. Rêves emportés par la force de l’incertain.

Dans le tumulte du monde démontre la profondeur de l’âme humaine.  Il démontre sa tendre faiblesse. Ses doutes. Les poèmes sont courts et denses. Chaque partie est précédée de dessins qui n’ont rien à envier à Picasso ou Dali. Des tableaux superbes d’horreur et de réalisme. Des tableaux en noir et blanc qui reflètent le tumulte profond de l’auteur. Qui reflètent intensément son désarroi, son questionnement sur la vie, sur l’amour. Qui reflètent sa grande désespérance si poétique. Des tableaux qui dépeignent sa colère, son lien à ses racines plantées profondément dans la terre de son pays.

Dans le tumulte du monde est un beau recueil qui chante les jours sans amour. Les amours tues ou brisées. Le bris de la terre. La terre de ses racines. Les racines en errance. Il hurle la souffrance secrète d’un homme. Un homme en colère. Une colère contre un monde hypocrite. Une hypocrisie qui réveille son anxiété et le pousse à poser les mots avec force, avec légèreté, sur une page blanche afin de s’affranchir  de ces maux, de ces sentiments qui se lient, se délient dans un grand tourment. Dans le tumulte du monde.

Note 19/20

9782343169439   Editions L’Harmattan   94 p.   12,50€

Les retournants – Michel Moatti – 2018

Quatrième de couverture

Août 1918. Vasseur et Jansen ont décidé de fuir. Quitter le front de la Somme et ne pas mourir dans les derniers assauts de cette guerre qui n’en finit plus. Alors qu’ils s’éloignent des tranchées sous de fausses identités, les deux lieutenants scellent leurs destins. Ils se connaissent mal, mais Jansen comprend très vite que son complice est un psychopathe prenant un plaisir insupportable aux crimes qu’ils doivent commettre. Ils trouvent refuge dans le domaine d’Ansennes, une étrange propriété à l’abri de la guerre et du monde. Là vivent un vieil industriel ruiné, sa fille Mathilde, poitrinaire et somnambule, et la très secrète Nelly Voyelle, leur domestique. Mais déjà François Delestre dit « le chien de sang », un capitaine de gendarmerie traqueur de déserteurs, est sur la piste des deux hommes. Comme les limiers de chasse au flair infaillible, il a la réputation de ne jamais lâcher sa proie…

Chronique

1918. Les dernières batailles des tranchées. Les derniers corps à corps meurtriers. Deux hommes. Deux déserteurs. Très différents mais unis dans cette fuite. Est-il sage de faire un tel acte en pleine guerre? Peut-on faire équipe avec quelqu’un dont on ignore tout? Que va t-il arriver à ces deux hommes?

Les retournants est un thriller qui vous glace le sang. C’est l’épopée de deux individus qui fuient les horreurs de la guerre. Deux hommes qui sont saturés de cette guerre et qui cherchent à rester vivants. C’est une épopée cauchemardesque où le meurtre, la mort, la torture se multiplierons froidement. Avec détachement. Avec délectation. C’est une épopée vers l’horreur, le meurtre gratuit. Nous sommes à la fin de la Première Guerre Mondiale et, contrairement au monde qui les entoure, deux hommes débuteront leur guerre. Une guerre où l’instinct sèmera la désolation, la mort et la détresse.

Nous assistons au jeu du chat et de la souris entre les déserteurs et leur traqueur, un gendarme tenace. Ce dernier arrivera t-il à mettre fin à cet hécatombe? Peut-on arrêter un psychopathe? Peut-on mettre fin au périple d’êtres prêts à tout pour couvrir leur retraite? Prêts à tout pour garder leur anonymat? Les retournants, les déserteurs des derniers moments de la Première Guerre nous transportent dans un monde où les êtres ne paraissent pas forcément ce qu’ils sont. Un monde où la violence est une excuse pour avancer. Pour trouver la liberté. Le seul moyen de communication pour les retournants.

Note 17/20

9782357203631   HC Editions   272 p.   19€

L’île parle – Gilbert Gratiant – 2017

Quatrième de couverture

Poète et intellectuel, Gilbert Gratiant (1895-1985) a mené de front la conception de deux oeuvres, l’une en créole, l’autre en Français. Connu pour ses poèmes, il a conféré au créole le statut de langue écrite à vocation littéraire.

Chronique

Une île: la Martinique.  Terre du poète. Terre chantée par le poète. En français. En créole. Il dit les mots. Les mots de son histoire. Il dit les mots de l’histoire de sa terre natale. L’histoire de ses compatriotes. L’histoire de sa famille. L’île parle est un recueil poétique d’une grande beauté. D’une grande richesse. C’est un recueil qui chante une île où « l’opulente nature est si riche et si gaie ». Une île « qui mélange les sangs et confond les climats« . C’est dire la force de caractère de cette ile.

Que ce soit en alexandrins, en quatrains, en rimes croisées ou embrassées, Gilbert Gratiant nous parle de son âme, de ses racines,  des femmes de son île. Des femmes telles que « Marie Coolie » au « regard crépusculaire« , ou « Clémentine la Chabine, bavarde autant que la cascade« . Il évoque une île où la danse est « parée de nostalgie« .

A la fin du recueil, il y a une partie constituée de poèmes bilingues français/créole.  En effet, dès les années 30, Gilbert Gratiant a été le premier à considérer le créole comme une langue pouvant s’écrire. Ces poèmes sont retranscrits comme des narrations de la vie quotidienne. Comme des contes soufflés à une oreille dans le secret de la nuit. A l’abri des oreilles indiscrètes, l’auteur nous susurre des secrets. Il nous peint des scènes de famille telle la prise d’une photo où doit figurer « un coin de mer« . Sans bouger. Les yeux clos, nous écoutons car… l’île parle.

Note 19/20

9782357202962  HC Editions 560 p. 24,50€

Les pirates – Elias Mani Assadi – 2018

Quatrième de couverture

A une époque où il faisait bon être pirate, un capitaine fort, brave et téméraire, possédait un équipage de neuf hommes. Tous étaient différents, solides, authentiques. Et parmi eux se trouvait l’ami d’enfance et bras droit du commandant: Marco, un homme rusé et agile qui consolidait l’escouade. Ensemble, ils bravaient vents et marées. Jusqu’au jour où ils décidèrent d’aider un vieil homme dont la famille était prisonnière d’un tyran. Qui était ce despote? Que voulait-il à ces innocents?

Chronique

Un groupe d’hommes venant d’horizons différents. Des hommes ayant des histoires de vie diverses. Des hommes appartenant en partie à un monde fantastique. Des hommes sur un même bateau pour une destinée commune. En général, qui dit pirates, dit trésor. Quel est celui de cet équipage? Ont-ils vraiment trouvé un trésor? Une belle aventure en perspective pour ces compagnons pirates.

Les Pirates nous relate l’histoire d’une recherche. L’histoire d’une bataille. L’histoire d’une course poursuite. Avec des êtres fantastiques. C’est un récit d’un style assez particulier avec une impression de récit biblique. Une impression de lire La Genèse dans l’Ancien Testament (des répétitions de « ils firent ainsi »). Une impression de  lire une épopée biblique. Les mots sont très touchants. Des mots qui relatent une camaraderie contre vents et marées. Des mots qui racontent une confiance sans borne entre êtres qui se respectent, se tolèrent et qui restent soudés face aux tempêtes. Face aux batailles. Face à l’ennemi.

Nous découvrons des hommes d’une extrême générosité. Des hommes prêts à prendre les armes pour aider les exploités. Prêts à se battre contre l’injustice. Mais cette vie d’aventures durera t-elle toujours? Cette grande confiance en leur sort ne leur jouera t-elle pas des tours pendables? La lecture reste intrigante au vu du style de l’auteur. Un peu déroutante aussi. Nous accompagnons des pirates au cœur tendre. Des pirates épris de justice. Que leur réserve l’avenir? Ces batailles porteront – elles leur fruit? Contrairement aux pirates que nous connaissons d’habitude, ces derniers sont les Robin des Bois des mers et des océans. Des hommes de grand cœur dénommés « les pirates« .

Note 15/20

9782754739528   Edition du Panthéon   101 p.   16,90€

 

Hazadef – le nouveau monde – Ana Kori -2019

Quatrième de couverture

Débarqués sur Jeilfen, un monde nouveau, Okriana, son frère et ses amis, découvrent un archipel cosmopolite animé par d’incessantes conquêtes territoriales. Les épreuves endurées précédemment par la jeune reine l’ont laissée perdue et effrayée à l’idée de perdre ceux qu’elle aime. Il faut la rencontre avec deux guerrières pour la rappeler à sa destinée. Les trois femmes, aussi différentes que complémentaires, s’engagent dans un combat sans merci, opposées à de puissants ennemis aux ramifications tentaculaires et dont la barbarie semble sans limites.

Loin d’une Hazadef envahie, le combat va s’intensifier, alimenté de trahisons, de souffrances et de peurs qui seront pansées par de profondes amitiés et des amours tourmentés. Prenez le chemin de Jeilfen, méfiez vous des démons, des limbes et des harpies.

Chronique

Qui n’a jamais rêvé de conquérir de nouvelles terres? Okriana veut le faire. Y parviendra t-elle avec ses amis? Le monde fantastique qui l’entoure le laissera t-elle s’établir en toute tranquillité? Ce n’est pas si sûr.

Hazadef – le nouveau monde nous entraine dans une aventure en compagnie d’êtres mystérieux (goules, vampires, êtres qui se transforment en animaux, etc.). nous traversons des terres aux lois aussi insolites les unes que les autres. Okriana et ses amis nous engagent dans des batailles d’une grande beauté. D’une belle horreur. Des batailles où le sang , les êtres, la terre se mêlent à la magie pour vaincre les âmes infernales. Pour vaincre les êtres sans âme et sans aucune aménité.

Les paysages, les mondes sont superbes. Superbement dangereux. Superbement démoniaques. C’est avec plaisir que nous poursuivons notre lecture jusqu’à la dernière ligne. Une lecture qui se fait d’une traite tant nous sommes emportés par l’histoire. Tant l’écriture est aisée et claire. Rien ne sera épargné à nos héros (trahisons, mensonges…). Nous faisons aussi de belles découvertes sur la nouvelle vie de nos héros. De surprenantes découvertes…

Avec Hazadef – Le nouveau monde, les conquêtes revêtent de nouvelles normes. De nouvelles contingences. De nouveaux visages toujours plus fantastiques. Comment finiront-elles? Okriana retrouvera t-elle son royaume? Ce qui est sûr c’est que nous l’accompagnons jusqu’au bout tant le suspens est grand.

Note 18/20

9791022793247   Autoédition    353 p.

 

 

Lasik et la baleine Légendes de la Terre de Feu – Jacqueline Heissat – 2019

Quatrième de couverture

Comment la Terre de Feu est-elle devenue une île? Comment naquirent les saisons? Pourquoi Hanouxa fait-elle chavirer les embarcations des hommes? D’où viennent les dauphins? Comment Lasik se retrouva t-il dans le ventre de la baleine? Des légendes cosmogoniques et étiologiques, envoûtantes, qui nous feront découvrir la richesse et l’originalité de la culturede peuples aujourd’hui disparus.

Chronique

Les contes sont toujours un voyage. Un voyage à travers une époque. Un voyage à travers la naissance d’un passé qui accoucha du présent. Lasik et la baleine – légendes de la Terre de Feu ne déroge pas à la règle. Comment est née cette terre? Comment naquirent les saisons? Oubliez les théories scientifiques. Oubliez la question de culture générale. Laissez vagabonder votre imagination.

Lasik et la baleine – Légendes de la Terre de Feu fait appel à notre imagination. Ce recueil de contes repousse les frontières de la réalité pour nous faire naviguer dans l’imaginaire d’un peuple.  L’imaginaire d’une terre. Dans la richesse d’une civilisation. Nous accompagnons un peuple d’une grande force. Un peuple qui raconte ses racines

La lecture est agréable. Le recueil se lit d’une traite. Les mots sont pleins de force. De cette force qui enracine le peuple sur la terre. Les mots, les chapitres nous font découvrir à chaque fois une nouvelle histoire. De nouvelles légendes. Légendes d’une terre qui fut formée à coup de lance-pierres. Des contes pour colorer les rêves et mettre des étoiles dans la vie.

Note 17/20

9782343110349   Ed. L’Harmattan    105 p.   12€

Ecueils de poésies – Alexandre Majorczyk – 2018

Quatrième de Couverture

Et cueille ces écueils
Où mes rimes se bousculent.
Ils remplissent ce recueil
Blanchis, au crépuscule

Cachées par l’orgueil,
Mes pensées effeuillées,
Jettent un coup d’œil,
À la mer esseulée

Et se couvrent les reflets
D’une éclipse noctambule
Sur cette eau troublée
Cataclysme incrédule

Chronique

L’homme face à l’immensité du temps. L’homme face à l’inéluctabilité de la mort. L’homme face à lui-même à travers la diversité des mots. Des rimes. Rimes croisées ou embrassées donnant une réalité au rêve. A l’irréel. A la face de la vie.

Ecueils de poésies reflète la magie  des mots. Des mots qui chantent l’amertume. Le désespoir. La solitude. Des mots qui terrassent tendrement l’amour, le rêve. Des mots qui font voler en éclats l’absurdité de la vie. Une absurdité qui pousse cette vie à tisser des pièges merveilleux à ceux qui savent ouvrir leur cœur. Leur âme. A ceux qui savent poser avec délicatesse leurs sentiments sur l’autel de la rime.

Chaque poème est d’une belle force. Les mots, les rimes semblent s’écrire si facilement sur des sentiments qui s’offrent si difficilement. Chaque poème est un rêve plus ou moins avorté. Un rêve plus ou moins désiré. Un rêve si proche et si loin. Rêves présents, passés et à venir. Torture des mots. Torture des âmes. Torture des cœurs. Torture de l’homme.

Ecueils de poésies n’a d’écueils que le mot tant les vers s’enlacent, se tressent, se défont dans un chant silencieux, harmonieux. Des poèmes. Des vers qui disent l’amertume, qui questionnent la vie et ses aleas. Mots forts, merveilleusement douloureux. Tendrement cyniques, forts et fracassants. Des mots. Des vers. Des rimes. Pour la vie. Pour l’humain. Des écueils de poésies. Pour le plaisir

Note 18/20

9781976958311   Autoédition   122p.

 

La mare au faon – Iris Rivaldi – 2018

Quatrième de Couverture

Un autre rendez-vous avec le commissaire principal Paul Berger, chargé de mener une nouvelle enquête avec ses habituels compagnons d’aventure  du commissariat d’une petite ville de province qui pourrait être la vôtre.

Ce flic assez atypique, désormais connu de tous comme le Grogneux, savoure une retraite  bien méritée au soleil d’Italie, au bord du lac Majeur. Sa tendre épouse barbote dans un décor de carte postale quand son portable sonne: « Allô Paul, il faut que tu rentres de toute urgence, on a besoin de toi ». Appelé par le devoir, le voilà de nouveau fidèle au poste de police pour aider son jeune collègue et commissaire Fabien.

Face à une énigme pour le moins inextricable, notre fin limier à la longue expérience va faire tout ce qui est en son pouvoir pour ne pas se laisser doubler par un sadique manipulateur. Une course contre la montre s’engage alors pour arrêter ce bourreau à l’esprit tordu.

Chronique

Promener son chien est une chose courante. Il flaire tout et fait des découvertes. Découvertes qui, parfois, mènent à des enquêtes policières. Comme c’est le cas pour le Grogneux. Une enquête bien mystérieuse. Même si elle met un coup de frein à son voyage de noces. Le Grogneux nous emporte dans une nouvelle enquête. Une enquête intrigante à souhait. Quel est ce mystère? Pourquoi un sadique jouerait-il avec les nerfs de la police? Des questions qui semblent sans réponse. Pour l’instant. Une course contre la montre s’engage. Le Grogneux parviendra t-il à mettre la main sur ce quidam?

Les chapitres sont courts et la lecture toujours plaisante. C’est avec une saine curiosité que nous tournons les pages. Que nous nous laissons emporter par cette énigme. Le suspens jusqu’à la fin.  Le Grogneux est toujours aussi amoureux. Ce qui ne l’empêche pas d’être ronchon.

La mare au faon est une course contre la montre qui se déroule en plusieurs étapes. Etapes qui s’imbriquent les unes aux autres, formant un parcours d’obstacles à lever au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête. Pour notre plus grand plaisir, le Grogneux se meut avec aisance dans cette course contre la mort afin de trouver l’ennemi public n°1. N’est-il pas trop tard?

Note 18/20

9782322147427   Editions Books on Demand   223 p.   18€

Léandre et Acacia, mariage compromis – Sébastien Bonmarchand – 2019

Quatrième de couverture

C’est le grand soir! Une troupe de collégiens donne la représentation de sa pièce intitulée Léandre et Acacia, mariage compromis. Un an de travail et beaucoup d’efforts. Ils sont dans les coulisses, le stress monte. Leurs parents patientent et leur professeur s’apprête à lancer la soirée. Ils vont jouer (en vers s’il vous plait!) l’histoire antique de Léandre, jeune et peureux prince d’Athènes et de sa fiancée, la belle Acacia. Ils vont présenter la machination d’Emilios, ministre de la Guerre et amoureux en secret d’Acacia…

Mais patatras! Une invitée surprise, venue du fond des âges, fait son apparition sur scène…. Une licorne! Quel rôle va t-elle jouer? Que vont penser les spectateurs de cette intruse un soir si important? Et le traitre Emilios, parviendra t-il à conquérir Acacia?

Chronique

En Grèce, Léandre et Acacia sont impatients de se marier. Se doutent-ils de ce qui se trame autour d’eux? Leur mariage aura t-il finalement lieu? L’amour sera t-il plus fort? Que faire si la guerre est déclarée? Sur qui compter? Léandre, en tant que prince, est appelé à prendre l’épée car il ne peut « laisser le royaume voisin l’insulter ainsi à chacun de ses festins« . Sa bien-aimée le laissera t-elle guerroyer en sachant que c’est un peureux?

Ce qu’il y a de superbe dans Léandre et Acacia, mariage compromis c’est que la scène est très vivante. Cette pièce de théâtre est faite de trois tableaux qui se jouent en même temps et se complètent. En plus des acteurs, le professeur et une licorne interviennent indépendamment l’un de l’autre, à des moments différents, à des époques différentes et, surtout avec la complicité des spectateurs. Tout cela est fait avec beaucoup d’humour. Trois mondes se côtoient: la Grèce antique, notre époque et un monde fantastique. Ces époques se mêlent grâce aux fils rouges: le professeur et la licorne, en toute simplicité et avec beaucoup de succès.  Une excellente idée que d’avoir des fils rouges aussi différents.

Léandre et Acacia, mariage compromis est une pièce de théâtre qui a été jouée par des élèves et leur professeur. Nous ressentons cette énergie, ce trac, cet amusement à travers les mots. A travers les tableaux. Nous naviguons entre la Grèce Antique et notre époque sans en perdre une miette. Léandre fera t-il la fierté de son peuple? Fera t-il la fierté de sa bien-aimée? Que de fous rires. Que de scénettes qui interrogent sur la prise en main de leur destin par les amoureux! Un beau spectacle: Léandre et Acacia, mariage compromis.

Note 17/20

9782343168937   Editions L’Harmattan Collection En scène    76 p.   12€

Le petit rat de Wallis et Futuna – Malino Nau & Savelina Vea – 2008

Chronique

Le petit rat de Wallis et Futuna est un petit livre pour enfants à partir de trois ans. L’histoire est bilingue français/wallisien. Le livre est souple et tient bien dans la main. Les dessins sont en blanc sur fond noir. Dès la première page, il y a une situation des îles Wallis et Futuna, dans l’océan Indien. De plus, il y a une petite présentation symbolique des animaux du livre et de leur représentation dans la mythologie  de ces deux îles. Ce qui pourrait être un petit moment de partage parents/enfants.

Nous suivons les aventure d’un petit rat  dont la pirogue est en train de couler. Il sera aidé de différents animaux et à chaque fois, ce sera une nouvelle aventure pour notre rat malchanceux. Une histoire pleine de petits rebondissements qui plaira aux tout petits de trois ans. Une histoire qui stimulera l’imaginations des petits lecteurs. Ce conte parle de la réalité de la vie. La fin doit être expliquée par les parents car un peu rude. Malgré cela, ce conte reste un beau moment de complicité et de fous rires pour les petits lecteurs.

Note 18/20

9782296054042   Editions L’Harmattan  Collection 4 vents    16 p.    8€

 

 

La Lozère d’antan – Jean-Marc Gilly – 2017

Quatrième de couverture

A travers près de 350 cartes postales anciennes, Jean-Marc Gilly nous conte un autre temps, celui où bûcherons et scieurs de long travaillent le bois sans relâche, où diligences et malle-poste sillonnent les routes lozériennes et où les colporteurs ambulants relient les villages. Au début du XXème siècle, la Lozère connait un essor touristique important grâce à l’arrivée du chemin de fer, tandis que perdurent l’élevage des vers à soie et le savoir-faire des dentellières.

Chronique

Les régions française sont très riches d’histoire et connues surtout de leurs ressortissants. Cependant, peu de personnes connaissent l’histoire de ces régions sur le bout des doigts. La Lozère d’antan nous montre une façon ludique de la découvrir.

Tout débute par un rapide cours d’histoire (une page). Puis, peu à peu, nous entrons dans le vif du sujet. Comment vivaient les gens à cette époque? Quels étaient les métiers les plus courants? Existent-ils encore actuellement? Était-ce vraiment le bon temps? Comment s’habillaient les gens dans l’Aubrac? Nous découvrons avec ravissement le travail du blé. Nous découvrons aussi les pâturages et leurs rituels dans les Cévennes. Le passé industriel dans le textile et l’acier.

Les photos en noir et blanc sont d’anciennes cartes postales qui illustrent bien le quotidien des lozériens. Savez-vous ce qu’est la sériciculture? Savez-vous qu’elle connut un grand essor en Lozère? La lecture se fait au gré de la curiosité. Curiosité qui est bien assouvie par des explications claires, concises, riches.

La Lozère d’antan nous apporte une belle lumière sur la société de l’époque et de son évolution. C’est une promenade bucolique à travers les pages et les photos. Une promenade intéressante qui nous fait aussi découvrir la richesse culturelle de cette région. C’est une belle ballade qui nous fait connaitre la Lozère d’antan.

Note 17/20

9782357202450   H.C. Editions    128 p.    18,50€

Le cauchemar d’Obi – Chino & Tenso Tenso – 2019

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Prix Couilles au  cul 2019 au festival off d’Angoulême

Quatrième de couverture

Un soir Teodoro  Obiang Nguema (dénommé « Obi »), président de la Guinée Equatoriale depuis presque quarante ans, s’endort comme d’habitude. Le lendemain matin, il se réveille sans un sou dans une mansarde, simple citoyen lambda dans un quartier pauvre de la capitale. Il découvre alors la rudesse de son pays, asphyxié par la corruption, le manque de liberté d’expression, d’accès aux soins ou à un système éducatif basique. Partant d’une idée assez simple, à savoir: quelle serait la vie du président équato-guinéen s’il cessait de l’être, les auteurs nous livrent une satire mordante et grinçante décrivant les conséquences d’une dictature sur la vie quotidienne des citoyens.

Tout y passe, dans un joyeux foutoir et sans épargner aucun pan de la société guinéenne où la bêtise, la cupidité, la cruauté et l’égoïsme sont devenus les qualités les mieux partagées. Entre…

Voir l’article original 304 mots de plus

Le grogneux rempile – Iris Rivaldi – 2018

Quatrième de couverture

Il n’aspirait qu’à la paix et à la tranquillité, de notre fin limier mais voilà que de nouveaux soucis se pointent pour le Commissaire principal Paul Berger dit le « Grogneux », et donc de nouveaux grognements en perspective!  Heureusement sa charmante épouse Emilie est là pour apaiser son esprit… Le voilà de nouveau confronté à un crime odieux dont il devra éclaircir le mystère et sa retraite tant attendue n’est plus à l’ordre du jour. Les lendemains ne s’annoncent pas de tout repos. Le petit commissariat de province de Sernon est en effet le théâtre de nombreuses péripéties.. Les dossiers s’empilent au grand dam de notre fin limier, autour duquel gravitent amis et collègues, qui se serrent les coudes quand le sort s’acharne. En reprenant du service, notre Grogneux n’a pas laissé ses bons sentiments dans les classeurs métalliques de son bureau: toujours aussi fleur bleue, sa douce Emilie lui communique sa joie de vivre et son amour qui l’aideront à supporter bien des tourments. Elle apportera aussi son aide pour réconforter les âmes en peine de passage. Ce récit est rythmé par une cascade d’évènements intenses. Comment notre grogneux va-t-il se sortir d’autant de chausse-trappes?

Chronique

C’est le départ pour la retraite et le Grogneux semble pressé de partir retrouver ses êtres chers. Et si le sort en décidait autrement? Et voilà que notre flic reprend du service. Est-ce une bonne idée? Que nous réserve le Grogneux? La vie est faite de priorités et notre commissaire sait faire la part des choses. Nous partons pour une nouvelle enquête. Une enquête qui touche particulièrement le Grogneux. Alors commence une chasse à l’homme. Une course contre la montre. La traque du ou des assassins. Avec un policier toujours aussi fleur bleue et sensible.

La lecture est agréable et se fait sans heurts. Les chapitres sont assez courts. La vie du commissaire et l’enquête sont liées  rendant ainsi l’histoire vivante. Plausible. Vraie. Nous avançons dans l’enquête d’une manière simple. Une enquête où quelques coups de feu ponctuent les avancées. Nous assistons à la renaissance d’un homme. Une renaissance à la vie. A l’amour. A son entourage.

Le Grogneux rempile et nous rempilons avec lui. Avec plaisir. Avec bonheur. Nous découvrons aussi les ficelles du métier de flic et nous nous posons de nombreuses questions intrigantes. Qui est à l’origine d’un tel crime crapuleux? D’un crime si odieux? Pourquoi cette cible et pas une autre? Trouvera t-on un jour le ou les assassins? Le Grogneux arrivera t-il à concilier vie privée et vie professionnelle sans heurts? Au fil des pages, nous avançons sur la pointe des pieds dans cette traque éprouvante. Pour toute une équipe. Une traque qui devient possible car le grogneux rempile.

Note 17/20

9782322148004    Books on Demand    200 p.    15€

La Provence – 100% vintage – Anne Laure Rauch – 2019

Quatrième de couverture

Quelle gare provençale a servi de décor au premier film des frères Lumière? Comment est née la bouillabaisse? Qui habitait dans le palais des Papes en 1900? Qui a créé l’emblématique cigale en céramique? Combien de fois Jean Mermoz a-t-il échoué à son examen de pilote à Istres? Illustré de cartes postales de la Belle Epoque, ce petit livre « 100% vintage » fourmille d’anecdotes pour tous les amoureux de la Provence et de son histoire.

Chronique

Une belle surprise en recevant ce beau livre. Grand? Que nenni. Concentré. Petit. Qui tien dans la main. Un livre-objet. Un livre qui tient dans un sac à  main et qui peut être sorti facilement au cours d’une excursion, d’une promenade à travers la Provence. Les photos sont en noir et blanc. Ils nous font découvrir la Provence, la société provençale, ses traditions, ses fêtes, ses métiers d’antan.

Découvrez les terres de Provence. Découvrez leur histoire. Leurs histoires. Les petites anecdotes propres à chaque monument. A chaque tradition. Aux métiers aujourd’hui disparus. Vous vous posez des questions sur la Provence? Eh bien, vous trouverez les réponses dans ce petit bijou de livre. En quelle année ont été construites les Halles Centrales dans la Cité des Papes? Que savez-vous des porteuses, un rude métier de femmes? Saviez vous pourquoi la Canebière ne s’écrit plus qu’avec un seul « N »? Autant de questions qui trouveront réponse dans ce petit recueil d’anecdotes provençales.

La Provence 100% vintage se feuillette sans fin. Pas besoin de commencer par le début, ni de le lire dans l’ordre. D’ailleurs, la lecture est très amusante et attise la curiosité.  Une lecture enrichissante quelle que soit la région de France. Ce petit rectangle est idéal pour l’avoir bien en main lors d’escapades, de vacances en Provence. Il promet de beaux moments de découvertes.

Note17/20

9782357202184    HC Editions    250 p.   12€

 

Terrorist at home – Victoria Bell – 2019

Quatrième de couverture

Ce récit, basé sur des faits réels, nous rapporte l’histoire d’Emerik, un enfant qui a subi l’inceste, la pédophilie, la maltraitance. Malgré les obstacles, sa mère se bat pour le défendre, utilisant pour cela tous les moyens en sa possession, qu’ils soient médicaux ou juridiques. Entre influences politiques et francs-maçons, le lecteur découvre que la résistance et le refus de la vérité peuvent parfois venir de l’intérieur: la famille.

Chronique

L’histoire d’un enfant. L’histoire d’une petite vie malmenée. Une histoire vraie qui prend aux tripes. Emerik est petit garçon heureux de vivre. Un enfant qui a des rêves de son âge: trois ans. Tout va bien. Mais la vie réserve parfois des tours pendables. La roue tourne dans un sens comme dans l’autre. Elle tournera pour Emerik et sa mère. Elle s’arrêtera aux portes de l’enfer. Que dis-je? Des enfers. Et presque pour l’éternité…

Terrorist at home est le cri de douleur d’une mère. Un cri d’amour emporté par la plume pour frapper à la porte d’un cœur scellé par le désespoir. C’est un roman qui nous présente un mal bien trop courant à notre époque: la violence  sous toutes ses formes envers un enfant. La violence faite à un petit garçon. Un mal qui gangrène la société. Comment se reconstruire après avoir subi des horreurs? Que faire pour que le statut de victime soit octroyé et reconnu? Comment peut réagir l’entourage? La résilience est-elle possible?

Les mots sont durs  mais la lecture reste aisée. Les chapitres s’enchainent comme les maillons d’un collier pour nous narrer l’histoire d’Emerik. Ses souffrances. Ses cris sourds. Ses douleurs d’enfant. Les mots se posent avec force. Ils sont empreints de cette douleur qui épuise le cœur et tord les boyaux. Cette douleur qui donne des nuits blanches et des cauchemars éveillés. La douleur d’une mère. Une mère pour qui le monde s’écroule, l’entrainant bien malgré elle dans les tréfonds du désespoir. Une mère. Un enfant. Une vie. Des vies. Rien que de plus banal. D’une telle banalité que l’on pense  que cette souffrance muette, ces cris angoissants de silence ne peuvent être perçus que de ceux qui ont un terrorist at home.

Note 19/20

9782754743989   Ed. du Panthéon    230 p.     19,90€

Amira, la fille bannie – Joséphine Loppy – 2019

Quatrième de couverture

Une vie cueillie sauvagement, un cursus scolaire brillant stoppé en pleine ascension, un rêve brisé, juste pour préserver des intérêts! Voilà le tableau qui est dépeint à travers l’histoire d’Amira, cette jeune fille innocente à qui les parents ont très tôt ôté la joie de vivre. Croyant en sa bonne étoile et ne voulant pas finir sa vie comme tant d’autres jeunes filles de son âge, à peine sorties de l’enfance, elle a pris son destin en main et s’est enfuie, loin des siens, bravant ainsi l’inconnu. Là-bas , une nouvelle vie l’attendait.

Chronique

Toute jeune fille a des rêves. Toute adolescente rêve du métier qu’elle fera plus tard. Elle rêve de la vie de famille qu’elle se fabriquera avec l’homme qu’elle aime. Mais, la vie, l’inconscience humaine peuvent parfois être des freins à ces rêves. Que se passe t-il quand, finalement, rien ne se passe comme prévu? Quand les rêves à peine éclos, sont brisés et piétinés?

Amira, la fille bannie nous montre un mariage forcé et précoce sous tous les plans. Pas forcément le meilleur point de vue. C’est le joug que subit une jeune fille qui ne demande qu’à grandir comme les autres filles de son âge. Mais, quand le destin tourne la roue de la vie dans un autre sens, le monde s’écroule. La lecture est aisée et rapide. Les chapitres sont courts. Les mots rythment la descente aux enfers de notre héroïne. Amira arrivera t-elle à se reconstruire? A quel prix? Que fera sa famille? Que lui réserve l’avenir?

Amira, la fille bannie est un récit romancé de la descente aux enfers d’une jeune adolescente. Malheureusement, c’est le sort qui est réservé aux jeunes femmes dans certaines régions du Monde. Joséphine Loppy appelle à une réflexion approfondie sur le sujet. Sur le sort de ces jeunes femmes à peine sorties de l’enfance qui doivent subir la pression familiale ou sociale pour le bien-être ou le faire-valoir de la famille ou de la tradition. Amira, la fille bannie nous pousse à porter un regard acéré sur le sort de ces femmes et à réfléchir. A réagir. A reconsidérer la situation des femmes que ce soit en Afrique ou sur d’autres continents.

Note 17/20

9782343167305 L’Harmattan 85 p. 10€

L’assassin de papa – Malika Ferdjoukh – 2010

Quatrième de couverture

Valentin et son père vivent dans une péniche abandonnée, sous le pont de Grenelle, à Paris et doivent chaque jour ruser pour survivre et ne pas être séparés. Un soir, ils surprennent le tueur en série qui s’attaque aux jeunes femmes du quartier. La peur hante alors leurs jours et leurs nuits. Car le tueur en série les a vus aussi…

Chronique

Avoir une vie marginale est un fait pour Valentin et son père. L’école de la vie plait à ce garçon qui, très tôt, a appris à ne pas aimer l’école. Mais, connait-il vraiment  la vie scolaire? Pourquoi ne veut-il pas y aller? Son père le laissera t-il y aller un jour? Sa vie de bohème ne lui pèse pas jusqu’au jour où il fit une rencontre.

L’assassin de papa est un roman policier pour lecteurs à partir de dix(10) ans, mais qui peut être lu par des adultes aussi. L’histoire est belle. La lecture est agréable. Au fur et à mesure des pages, nous découvrons l’histoire de ces deux personnages hauts en couleurs, un peu perdus dans la vie. Deux personnes pétries de beaux souvenirs lointains. Deux personnes brisées par une perte commune. Par des accidents de la vie. Valentin et son père connaissent le visage du serial killer qui sévit dans leur quartier parisien. Comment faire pour qu’il soit arrêté? Plutôt, comment le dénoncer sans se présenter au commissariat?

C’est avec beaucoup de plaisir que nous dévorons l’assassin de papa, un roman plein d’humour. D’amour. De force. D’humanité. Ce roman est un concentré de suspens. Cette atmosphère qui s’infiltre dans chaque fibre du corps insufflant fortement l’instinct de survie. Une envie de mieux être entouré. C’est ce qui arrive à Valentin qui craint pour sa vie et celle de son père. Surtout qu’en dehors de la péniche sévit l’assassin de papa.

Note 17/20

9782748509373    Editions Syros 102 p.    6,95€

En noir et or – Claudine Aubrun – 2011

Chronique

Tout le monde a déjà ramassé de la ferraille dans son jardin. En général, tout finit à la décharge. Rarement au grenier. C’est pourtant ce qui arrive à Adèle et à son père. Avec beaucoup de surprise, elle apprend qu’ils ont de la valeur. Est-ce vrai? Que faut-il en faire? Le vendre? Le garder? Adèle doit-elle en parler à son père? Doit-elle, comme le suggère son ami Mika, se taire et le cacher? Il faut dire qu’Adèle et son père ont une vie somme toute routinière jusqu’au jour où un collègue  de ce dernier se fait assassiner. Qui est l’assassin? Le père d’Agnès? Cette dernière doit-elle faire sa propre enquête pour y voir plus clair?

En noir et or, un roman policier pour lecteur de dix ans et plus,  se lit d’une traite tant l’histoire est prenante. Le suspens nous tient jusqu’au dernier mot. L’intrigue est bien ficelée et nous tournons les pages avec une grande curiosité. Avec un extrême plaisir. Les mots s’enchainent, se nouent et se posent avec légèreté et force sur une page de la vie des personnages. Claudine Aubrun, avec cette superbe histoire, a su créer une atmosphère qui rend la lecture agréable. En noir et or est un roman jeunesse que ne renierait pas un adulte. Un beau moment d’évasion.

Note 18/20

9782748511710   Editions Syros    132 p.    5,99€

Les tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet – Edimo & Al’Mata – 2016

Chronique

Tout le monde connait notre ami Tanguy, n’est-ce pas? Eh bien, figurez-vous qu’il a un jumeau africain. Un jumeau…. en pire. Alphonse Madiba dit Daudet est un éternel étudiant, fou de la France et d’Alphonse Daudet, l’écrivain. Cet étudiant est censé faire des études avant de rentrer dans son pays avec un diplôme en poche. Mais… Avec lui, il n’y a que des « mais ».

Nous voilà devenus les témoins involontaires de la vie décousue de cet étudiant qui n’a rien d’exemplaire. Un étudiant qui vit dans un éternel tourbillon de fêtes, de rencontres féminines. Un étudiant forcément absent à tous les cours. Une vie de fête, tandis que ses parents se saignent aux quatre veines pour lui assurer un revenu minimum en plus de sa bourse. Tout comme notre amie la cigale, notre éternel étudiant s’est beaucoup amusé. Le retour à la vraie vie va s’avérer rude pour lui. Très rude. Pour notre plus grand plaisir.

Avec les tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet, nous sommes embarqués dans les aventures rocambolesques de notre héros. C’est une Bande Dessinée pleine d’humour. Une bande dessinée qui fait rire aux éclats face aux péripéties de notre amoureux de la France. Amoureux prêt à tout pour y retourner. Les dessins sont superbes. Les coups de crayon vifs et acérés dépeignent avec exactitude les caractères de chaque personnage. La vie de quartier est croquée avec justesse. Avec acuité. Avec beaucoup de réalisme. La bonne humeur est au détour de chaque page, de chaque mot, de chaque croquis. Avec une belle hilarité, nous suivons les tribulations d’Alphonse Madiba dit Daudet. Sans en perdre une miette.

Note 18/20

9782343090757 Editions l’Harmattan 118 p. 16,50€

Le trône maudit – Jose Luis Corral & Antonio Piñero – 2014

Quatrième de couverture

An 4 avant Jésus-Christ. Le cruel tyran Hérode le Grand meurt et laisse le trône d’Israël vacant. Deux de ses fils se disputent  alors la succession de celui qui était considéré comme le roi de tous les juifs. Débute ainsi une période mouvementée où passion, violence et trahison se déchainent: chacun voulant obtenir la faveur de l’Empereur Auguste qui surveille avec une extrême vigilance cette partie particulièrement sensible de son Empire.

Dans ce contexte fragile apparaît un jeune prédicateur, Jésus de Nazareth, qui par ses sermons sur le Royaume de Dieu et sa capacité de persuasion commence à remettre en cause la tutelle romaine  et l’hégémonie des prêtres juifs de Jérusalem. Dès lors, nombreux sont ceux qui veulent se débarrasser de ce rebelle, qui va entrainer un bouleversement fondamental dans l’histoire du monde.

Chronique

Comme le dit l’adage: « Le roi est mort, vive le roi« .  Et après, que se passe t-il? Qui lui succèdera?  Avait-il choisi son dauphin avant de mourir? Pour Hérode, comme pour tous les rois, la mort est aussi une question politique. Et Hérode n’en finit pas de mourir. Plutôt, il est mort dans un silence et un secret assourdissants. Fracassants. Sa succession est une énigme. Nous découvrons, ainsi, les coulisses d’un succession royale où tous les coups sont permis pour accéder au trône tant désiré (meurtres, trahison…). Encore faudrait-il pouvoir survivre à cette foire d’empoigne.

Le trône maudit nous fait vivre un moment clé de l’histoire du peuple juif. A une époque où Jésus de Nazareth, par ses prêches, semait le trouble dans un  royaume tant convoité par tant de puissants. Qui succèdera, finalement à Hérode? Comment ce successeur accèdera t-il au trône tant convoité? Par le biais de cette succession, nous assistons aux prémices de ce qui deviendra la seconde religion monothéiste: le christianisme. Nous assistons aux  mutations socio-historiques  qui bouleverseront la politique de cette partie du monde. Nous faisons aussi la connaissance de différents personnages bibliques. Nous les découvrons sous un autre jour.

Nous ne nous ennuyons à aucun moment. Dès les premiers mots, nous voyageons dans le temps et nous sommes subjugués par la vie de ces hommes et de ces femmes. Certains faits décrits dans les grands livres religieux sont bien expliqués. Cependant, ne vous y trompez pas, il s’agit bien d’un roman. D’un superbe roman. Un gros pavé qui se lit avec une grande facilité tant le récit est prenant. Nous sommes pris dans la vie de nombreux héritiers plus ou moins légitimes. Une vie où intrigues, fourberie, violence, trahison sont maitres. Tout est acceptable pour s’accaparer le trône. Fut-il maudit.

Note 17/20

9782357204218   HC Editions   576 p.    22€

Les Royaumes Démoniaques – T.1 – La roche des âges – Christopher Evrard – 2018

Quatrième de couverture

« Mes erreurs sont tout ce qu’il me reste » Ciwen

Les royaumes démoniaques vous proposent de suivre l’histoire d’un univers où l’horreur et la violence côtoient la féerie et la beauté. La magie et les combats forgent la réalité au jour le jour, tandis que les légendes et mythe résonnent dans l’inconscient collectif comme des promesses d’un jour meilleur, telle la mystique roche des âges que Ciwen, un mage de foudre, recherche désespérément.

Dans une existence où le macabre est un lot quotidien… Quel est le sens de la vie? Quelle signification donner à des concepts comme l’amour et la haine, ou la guerre et la paix? Comment les définir, et les dépasser? Tant d’éternelles énigmes qui se posent à chaque instant, depuis la nuit des temps. Les réponses apparaissent toujours dans le noir, telles des lucioles fuyantes…

Ma Chronique

Un homme, une arme à la main, ivre de colère. Un homme qui jure vengeance. A qui? Pourquoi? Un homme pas si anonyme que çà et dangereux. Cela n’augure rien de bon. Ciwen recherche la roche des âges. Il est prêt à tout pour l’avoir. Sans aucune pitié. Bienvenus dans un monde où la fée Carabosse et l’Ogre ne sont qu’une seule et même personne. Bienvenus dans les royaumes démoniaques. Vous y entrerez de plein pied, ivres de curiosité. Saturés de beaux paysages et de violences inouïes. Bienvenus dans un monde où le paradis et l’enfer ne font qu’un.

Ciwen nous intrigue dès le début. Nous le découvrons ainsi que cette aura orageuse qu’il porte en lui. Qui est cet homme, ce mage? Quelle est son histoire? Pourquoi un tel manque d’empathie envers les autres? Pourquoi tant de violence en lui? Une violence qui semble le dépasser parfois? Dès le début, Owen nous intrigue et cela se poursuivra durant toute la lecture au gré des rencontres.

Une lecture qui débute calmement, puis peu à peu, nous sommes emportés dans un monde pire que l’enfer de Dante. Les paysages sont superbes. Bizarres. Les personnages sont nombreux et fantastiques. Les pires côtoient les plus beaux: ondines, mages, fées… Des êtres qui titillent notre imagination. Les sublimes batailles sont sanglantes. Sulfureuses. Dures. Les images en noir et blanc alourdissent et dépeignent si bien cette atmosphère de violence et d’enfer. Une violence  qui nous installe dans les royaumes démoniaques.

Les royaumes démoniaques nous entrainent dans une quête. Aboutira t-elle? Pourquoi révèle-t-elle les plus bas instincts des hommes? Pourquoi ne se fait-elle pas sereinement? Owen est le noyau suprême de ce lieu où il passe d’une réalité à l’autre. Sa quête nous mènera à la rencontre de mondes où la force, l’aura, la magie permettent de survivre. Des mondes où les personnages luttent contre leurs propres démons. Des mondes où les âmes sont torturées. Des âmes qui ont du mal à se fondre dans les corps qu’ils occupent. Des âmes  qui sont le reflet de la vanité des personnages qu’ils habitent. Personnages qui vivent dans les royaumes démoniaques et qui se perdent dans une quête: celle de la roche des âges.

Note 18/20

9782960223521   Autoédition   391 p.

Manège – Rémy Mallard – 2019

Quatrième de couverture

Egoïsme, indifférence, pouvoir, paranoïa, malchance, espoir… Couple qui se découvre, ne s’écoute pas, s’amuse, se questionne sur l’engagement… Voici à travers quatorze nouvelles, quelques fragments de la vie, peuplés de rêves qui ne se terminent pas toujours bien, en tout cas pour certains. Des histoires différentes qui se suivent, s’entrecroisent, tournent, comme dans la vie… comme sur un manège.

Chronique

Des histoires de tous les jours. Mais, si insolites. Si surprenantes. Des petites histoires. Des anecdotes. Des perles qui sont enfilées avec justesse, avec précision sur un beau collier. Telles sont les nouvelles de Rémy Mallard. Un kaléidoscope de vies. Un kaléidoscope de faits. Un kaléidoscope de récits dantesques.

Dans manège, nous entrons dans un monde sidérant. Parfois. Hilarant. Souvent. Enigmatique. Aussi. Une famille déjantée. Un adolescent crédule. Une femme âgée délirante. Autant de bribes de vies relatées avec humour. Avec suspens. Avec horreur. Avec perspicacité. Pas de fioritures. Des mots justes. Posés comme une offrande au lecteur. Une ritournelle de mots qui se mêlent, se tissent, pour former des passages, pour certains, dignes de Stephen King.

A travers manège, nous sommes enveloppés dans une atmosphère très dense. Une atmosphère surprenante. Une atmosphère qui nous fait grincer des dents devant des situations pleines de cynisme, d’humour. Des situations piquantes. Très fines. Nous posons, ainsi, un regard « pervers » sur les nouvelles car nous sommes pris dans une lecture très addictive. Le suspens est à chaque page. Que se passe t-il? Comment cela va finir?

La lecture se fait d’une traite (je l’ai lu en une journée) tant ces histoires sont belles. Elles ne se ressemblent pas, mais, ont un point commun: l’absurdité de l’être humain. L’absurdité des choix de la vie. La déshumanisation de la société. Le suspens dure jusqu’à la dernière ligne. Pour notre plus grand bonheur. Parfois, pour notre plus grande horreur. Pour notre plus belle peur. Les personnages se retrouvent tournant en vain, étourdis par cette ronde d’évènements sans fin. Pris dans les filets d’évènements qui les dépassent. Ils tournent. Terriblement. Pris dans le manège de la fatuité humaine.

Note 18/20

9782343163512    Ed. L’harmattan    258 p.    22€

Rebelle – Fatou Keïta – 1998

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture (Erik Orsenna)

Il était une fois Malimouna, fillette africaine. Il était une fois la tradition de l’excision. Malimouna n’est pas docile. Malimouna va refuser de se soumettre au rituel séculaire. La vie qui suivra ne sera pas de tout repos…

Chronique

Une amitié entre deux enfants. L’une est une citadine, l’autre est une villageoise. Deux destins différents. Deux vies différentes. Celle de Malimouna est régie par les traditions. Traditions qu’elle ne supporte pas car trop contraignante pour une femme et encore plus pour une petite fille. Une petite fille qui subit tout et dont l’avis ne compte pas.

Rebelle parle de la condition féminine  et de l’impact de la tradition sur la vie de cette dernière. Malimouna représente toutes ces femmes qui disent non aux traditions de l’excision et du mariage précoce. Cependant, dans une société où la tradition régit tout, Malimouna peut-elle faire face aux conséquences…

Voir l’article original 199 mots de plus

Le Nègre de Napoléon – Raymond Chabaud – 2015

Quatrième de couverture

Peut-on être martiniquais, noir, abolitionniste, officier de la Légion d’Honneur, général nommé par Napoléon sur le front et membre de l’Etat Major de Louis XVIII? L’histoire de Joseph Serrant débute dans l’époque troublée de la Révolution pour s’achever dans la morne conformisme de la Restauration.

Cordonnier à Saint-Pierre, Joseph Serrant s’active dans le Club des jeunes citoyens et se bat pour l’abolition avec Louis Delgrès: tous deux participent, dès 1792, à la première abolition qui ne durera guère. Puis c’est la guerre où il peut enfin exprimer sa bravoure: Napoléon le nomme Général après la victoire d’Ostrovno. Joseph Serrant est le seul métis élevé au grade de général par Napoléon, le seul Général métis d’Empire.

Chabin, aux Antilles, Joseph est Noir. En Europe, seul officier métis dans une armée qui n’en compte guère, il est vu comme Blanc. Aux Antilles, révolutionnaire, Joseph se prend d’une passion pour la Nation. En France, la Nation Jacobine lui fera oublier la singularité antillaise.

Chronique

Au crépuscule de sa vie, Joseph Serrant fait un retour sur sa vie. Sur son édifiante carrière. C’est un homme qui est né Métis et libre  dans son île. Un homme qui est reconnu en tant que Blanc en France. Un mensonge sur ses origines qu’il assumera toute sa vie. C’est l’histoire d’un cordonnier qui s’élève socialement et devient l’un des plus grands généraux de l’Empire Napoléonien.

Le Nègre de Napoléon nous transporte dans une vie. Celle de Joseph Serrant, né au pied de la Montagne Pelée. Les hasards de la vie vont jouer en sa faveur et faire de lui l’homme qu’il deviendra. Un homme de combat.  Il s’agit d’une histoire envoûtante, addictive qui pousse à tourner les pages avec un grand plaisir. Une petite histoire dans la grande. Une petite histoire avec la grande.  Celle qui se greffe à l’Histoire dans une trame tissée avec obstination jusqu’à s’unir pour aboutir à des faits historiques tels que l’abolissement de l’esclavage qui ne dura qu’un an, à l’époque.

Le Nègre de Napoléon est l’histoire d’une île: la Martinique. Une île où la société se décline en couleur de peau. Une île où les classes sociales se côtoient, mais sont profondément divisées. Sur cette île une famille aura un destin profondément bouleversée par sa participation à l’histoire de France.  Joseph Serrant est le témoin actif de ce changement. Un témoin qui nous entraîne dans les grandes batailles de l’Empire à travers l’Europe. Le regard que porte Joseph Serrant sur sa vie est sans fards. D’une limpidité sans faille. Il a aimé sa vie, malgré quelques regrets. Il a aimé représenter son pays. Il en a ressenti une grande fierté, même s’il a toujours tu sa couleur qui, autrement l’aurait desservi. Même s’il était le Nègre de Napoléon.

Note 17/20

9782357202498   HC Editions   208p.   17€

Contes et récits imaginaires de Bretagne Intérieure – Pierre A. Lemaître – 2019

Quatrième de couverture

Cet ouvrage reproduit des contes et histoires familiales divertissantes qu’on racontait ,il y a un siècle, en Bretagne, dans la régions des sources de la Rance. Il répond aux curiosités des enfants désireux de connaitre comment l’on vivait, désireux de donner du sens à leur vie, ou attirés par la psychologie des personnages évoqués.

C’est aussi un document historique et ethnologique qui décrit la culture de la paysannerie pauvre de la Bretagne intérieure, au début du siècle dernier. Il analyse, ce faisant, le rôle éducatif  des grands-parents dans l’éducation des enfants, en illustrant la façon dont ils diffusaient les convictions d’une communauté, sans inculquer une morale absolue, qui rejetterait et exclurait les autres. Cet ouvrage constitue, ainsi, une réflexion philosophique sur le fait que les « valeurs » adoptées par les hommes varient selon leurs conditions de vie et, donc, avec le temps.

Chronique

Avoir une bonne fée comme marraine. Beaucoup de personnes en rêvent. Encore faut-il pouvoir respecter les conditions qu’elle impose. Epouser un prince fait partie de ces rêves. C’est ainsi que nous entrons dans le monde des contes et récits imaginaires de Bretagne Intérieure. Pierre Lemaître nous emmène dans la Bretagne profonde. Cette Bretagne d’autrefois où les fées étaient reines des forêts, des bois. Une Bretagne dont les coutumes étaient différentes des autres contrées qui l’entouraient.

Les contes se succèdent et ne se ressemblent pas. Mais, ils éveillent le même intérêt. Le même plaisir de la lecture. L’art de raconter. Avant chaque conte, l’auteur nous explique les traditions, les anecdotes sur le monde Breton. Ces derniers sont expliqués par le récit qui suit. La lecture reste agréable. Les contes plairont aux lecteurs de tous âges et de tous horizons. Nous entrons dans un monde qui fut. Dans une Bretagne en avance sur son époque. Dans une Bretagne où l’ouverture d’esprit, la curiosité, l’esprit de liberté, le respect de l’autre, l’entraide, l’hospitalité organisent la société.

Contes et récits imaginaires de Bretagne Intérieure nous emporte dans un monde pas si imaginaire que cela. Un monde où les humains respectent la nature et les êtres qui l’habitent. Un monde où la réalité se mêle au mystérieux pour donner naissance à la Terre de Bretagne. A l’esprit breton. Aux légendes de ce terroir et de ses habitants si fiers de leurs origines. C’est un livre qui nous explique les expressions si typiques à ce bout de terre. Une superbe lecture qui nous laisse entrevoir un monde magique. Un monde qui nous fait entrer de bon cœur dans les contes et récits imaginaires de la Bretagne Intérieure.

Note 18/20

9782343150659    Editions L’Harmattan     305 p.    26€

 

La voie de l’errance – Jean-Luc Brémond – 2019

Quatrième de couverture

Un jeune Mongol du désert du Gobi, Naranbaatar, neuf ans, doit quitter sa yourte pour aller à l’école en ville. Avec deux camarades, ils décident de fuir l’institution scolaire chinoise pour retrouver leurs familles. Un projet ambitieux qu’un chaman viendra bouleverser. Ainsi commence l’errance, beaucoup plus longue que les fugueurs l’auraient imaginée. D’épreuves en découvertes, elle leur permet de trouver leur voie annoncée par un chant

Chronique

Quitter sa famille pour l’inconnu quand on a neuf ans, n’est pas facile. Quand il s’agit de perdre son identité, c’est pire. A cet âge, l’esprit de rébellion peut être très forte. La recherche des racines que l’on est en train de perdre devient une quête. Une quête qui va au-delà de sa propre volonté. C’est le début de l’aventure. Trois enfants, symboles de résistance Mongole face à l’institution chinoise. Guidés par leur désir de liberté, par les diverses rencontres, par la foi en leur rêve, ils avancent vers un but. LEUR but. Que trouveront-ils au bout du chemin? Est-ce une manière de se confronter à leur destinée propre?

La voie de l’errance est un ode à la liberté. Une liberté qui peut être acquise très chèrement. Chacun pourrait en sortir grandi. Chacun pourra se découvrir et découvrir l’autre dans les épreuves. Dans l’amitié. Pour la vie. Pour leur destinée. Nous assistons à un voyage initiatique. Les trois fugueurs iront au bout d’eux-mêmes pour se découvrir. pour se connaitre enfin. Pour comprendre leurs choix. Pour accepter leur destin. Qui aurait pensé qu’un chant, fut-il chamanique, bouleverserait leur vie?

La voie de l’errance comporte sept parties qui portent des noms d’animaux-totems. Ces animaux qui illustrent les caractères, les aventures de chaque enfant. La lecture se fait d’une traite tant l’aventure de ces jeunes nous intrigue et nous rend addictifs. La voie de l’errance ne raconte pas une banale errance. Mais raconte une vie. Des vies. Des personnes à la recherche d’eux-mêmes et de leur idéal. Vont-ils le trouver? Dans combien de temps? Ce roman est un chant de liberté. Un chant de conquête. Conquête de soi. Conquête des idéaux. Conquête de la liberté. Une liberté chèrement acquise. Mais, profondément méritée. Une quête de liberté sur la voie de l’errance.

Note 18/20

9782918951704   Editions la lampe de chevet   358 p.   19€

Jusqu’aux frontières de l’enfer – Alassane Cissé – 2019

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture

Lorsque par une nuit du mois de juin 2002, Matar Sy sortit silencieusement la voiture de sa mère du garage pour faire une escapade avec sa petite amie, il ne se doutait pas le moins du monde de l’enchainement  d’évènements auxquels il allait être mêlé. Et, quand, plus tard, après son arrestation, avec deux autres suspects, sa mère fera des démarches et parviendra à le faire libérer bien avant son procès et bien avant les autres, un juge d’instruction opiniâtre va lancer toutes les polices du pays à ses trousses. S’engage, alors, entre le jeune homme et la justice, une course-poursuite jusqu’aux frontières de l’enfer.

Chronique

Quel adolescent ou jeune adulte n’a jamais désobéi à ses parents juste pour le plaisir de braver l’interdit? Combien d’entre eux pensent aux conséquences de leur acte? Matar, en faisant son excursion nocturne, ne savait pas qu’il venait de gagner son…

Voir l’article original 261 mots de plus

Danse macabre – Les enquêtes de Hugo Delatour – L.A. Bailey – 2017

Quatrième de couverture

La mort rôde dans la petite ville de Shrewsbury, en Angleterre. Une riche héritière, Jennifer Barnes, est retrouvée assassinée. Pas vraiment la carte de postale de vacances idéale! Néanmoins, Hugo Delatour, ancien flic reconverti en détective privé, décide de reprendre l’enquête. Une autopsie bâclée, une mystérieuse application « Hunter », il n’est pas au bout de ses surprises. Qui se cache derrière le pseudonyme de « Danse macabre »? Hugo devra tout faire pour mettre un terme à sa folie meurtrière.

Chronique

Perdre un être cher est toujours quelque chose d’intolérable. Il faut pouvoir se panser et prendre soin de soi après cette disparition. C’est ce que décide notre détective Hugo Delatour. Y arrivera t-il? La vie fera t-elle fi de ses états d’âme? C’était sans compter sur ce pied de nez sournois dont la vie a ses secrets. En toute quiétude.

Dès qu’il a pris le dossier en main, notre détective français nous emporte dans son sillage à la recherche de l’assassin de Jennifer Barnes. Peut-être une manière d’oublier ses idées noires et sa peine? Tout se passe en douceur. Avec un certain flegme Britannique. Pas de courses-poursuites. Pas de coups de feu. Mais, du suspens. Des poussée d’adrénaline. Des réflexions profondes. Des énigmes. Des messages à double sens.

Danse Macabre est un thriller comme on les aime. Nous réfléchissons au rythme du détective. Pourquoi ce crime? Que cache t-il? Qui était la victime? Pourquoi elle? Peu à peu, le puzzle se met en place. Doucement, mais, sûrement. Nous découvrons en Hugo Delatour un homme fleur bleue. Fragile du fait de ses souffrances. Fort dans ses enquêtes. Très têtu.  Cependant, est-il prêt à ouvrir son cœur à la vie? A l’amour? Cette enquête sera t-elle aussi l’outil de sa guérison? Rien n’est moins sûr. Est-ce l’alpha d’une vie et l’oméga d’une douleur? Le début et la fin?

En lisant Danse Macabre, nous entrons dans une histoire. Dans des histoires. Celles d’hommes et de femmes. Celles de vies différentes. Celles de masques qui sont appelés à tomber. De masques qui disparaissent face à la vérité. De masques qui s’arrachent dans un silence feutré. Dans un cri muet des corps meurtris. Des masques peu ou prou sanglants qui tournent dans une ritournelle sans fin. Dans une danse macabre.

Note 18/20

9781549593338   Autoédition    124 p.

Assollicitation – Dimbombi – 2018

Quatrième de couverture

Stagiaire non déclaré, sans salaire et issu d’une famille pauvre, Juvénil Nguekipi se démène comme il le peut dans un Gabon qui n’est pas tendre pour les plus démunis. Pour subvenir à ses besoins, il est contraint de se mettre à vendre illégalement du chanvre. Mais lorsqu’il est arrêté, et déféré au Parquet, cette activité n’est qu’un prétexte: le Préfet jaloux, l’accuse également de détourner son épouse. Pourtant, la belle Lune dont notre héros est amoureux n’est que la maîtresse du préfet… Comment Juvénil va t-il échapper à cette machination?

Chronique

Si on vous demandait de parler de vous, de votre vie, que diriez-vous? Comment vous présenteriez-vous? Quels mots utiliseriez-vous? Juvénil s’y plie, l’air de rien. Juste en posant des mots. LES mots qui le caractérisent. Qui décrivent son moi profond ou non.

Assollicitation nous emporte dans les pérégrinations d’un stagiaire-enseignant sans le sou mais bourré de rêves. De projets. Un stagiaire qui porte un regard cru sur tout ce qui interfère sur ses choix. Il est pauvre comme Job, mais débrouillard. En Afrique, même si il y a l’or, le pétrole, etc, et les poches percées, il y a aussi le rêve. Utopiste ou non. C’est le fil d’Ariane qui maintient en vie et qui pousse à se lever chaque matin. Au fil des mots, nous découvrons les difficultés rencontrées par les apprentis fonctionnaires. Retard voire absence de paiement des salaires. Déboires amoureux. Système D plus ou moins légal.

Assollicitation est un roman dont la lecture se fait sans heurts. D’une traite. Une lecture fluide et aisée. Une lecture qui nous pousse à nous questionner. Face à toutes ces difficultés, comment réagissent les parents? Sont-ils au courant de ce qui se passe? Juvénil fait face à l’incapacité des hauts fonctionnaires. Il fait face à leur rapacité. A leur manque de civisme. A leur manque d’intégrité.

Assollicitation est un mot qui dit tout. Nul n’est sollicité. Aucun acte. Aucun droit. Aucune vie. Juste une survie. Quelque chose de palpable. Quelque chose que l’on entrevoit l’espace d’une seconde et qui disparait d’un claquement de doigts. Un mirage. Une illusion. Telle est la vie d’un homme qui a eu un rêve. Rêve qu’il a pensé pouvoir réaliser. Rêve qu’il a du mal à imaginer. Une imagination sobre. Pertinente. Persistante. Une persistance profonde. Même si tout n’est qu’une assollicitation.

Note 17/20

9782754741163 Editions du Panthéon 80 p. 10,90€

The prison experiment – Eric Costa – 2018

Quatrième de couverture

Zone 51, désert du Nevada. Un dôme immense, à la peau cuivrée, se dresse tel un monstre sous les étoiles. Son nom: « L’Oeuvre », prison expérimentale secrète dotée d’une intelligence artificielle. Nul ne sait ce que recèle l’édifice depuis que la CIA en a perdu le contrôle. Que sont devenus les 5300 détenus livrés à eux-mêmes après sept ans d’abandon? Un commando  de douze hommes et une femme pénètre en secret dans ce labyrinthe mortel. Leur mission: retrouver Dédale, son architecte, à n’importe quel prix. Elana, hackeuse surdouée, compte bien percer les mystères de l’Oeuvre. Elle ignore que son génie peut les sauver… ou les tuer. Jusqu’où l’homme peut-il aller pour survivre?

Chronique

Une escouade qui se déplace en silence dans les profondeurs de la nuit. Qui sont-ils? Où vont-ils?  Pour quoi faire?  Dès les premiers mots, nous sommes happés  par l’aventure. Dès ce moment, le rythme reste soutenu. Angoissant. Qui sont ces hommes et ces femmes qui ont accepté de pénétrer dans l’inconnu? Quelles sont les raisons qui les ont poussés à accepter?

Dès le début, nous retenons notre souffle et vivons au rythme des évènements. Tout est mystère. Tout est déroutant. Personne ne sait ce qui attend ce détachement. Personne ne sait qui ils vont avoir en face d’eux. Hommes ou bêtes assoiffées de vengeance? Tout y est effroyable. Les attentes. Les batailles monstrueusement silencieuses. L’homme semble y avoir renié son humanité. Est-ce possible?

La lecture se fait addictive dès le début. Les pages se tournent avec avidité. Avec passion. Avec une curiosité qui pourrait sembler malsaine. Mais, ce n’est que de l’adrénaline. Le souffle est retenu par les intrigues. Par les luttes. Par les scènes apocalyptiques. Pourquoi continuer à progresser? Le jeu en vaut-il la chandelle? Reste-t-il une once d’humanité dans cette forteresse?

The prison experiment est une longue descente en enfer. Une descente que nous suivons avec un grand plaisir. Une curiosité sans nom. Chaque page, chaque chapitre est lu dans la même alégresse bizarre. Sans remords. Juste cette soif inextinguible de savoir. De comprendre.  De se perdre avec bonheur dans ces luttes. Dans ces terreurs. Dans ces cris. Dans ces vies plus ou moins fragiles. Juste cette soif de regarder l’âme de ces personnes. De l’interroger. Juste une question brûlante: « Qui sortira vivant de The prison experiment?

Note 18/20

9781790504299    Autoédition    662 p.

La tentatrice de minuit – Mylène Simone – 2018

Quatrième de couverture

Chaque week-end, Myriam Madeleine alias la tentatrice de minuit chasse un homme. Elle déchaine les foules, passionne les médias, bouleverse les sensibles. Tout le monde en parle et personne ne sait. Qui est-elle? Une avocate désenchantée. Une amoureuse transie. Une amie. Une tueuse en série…

Ma Chronique

Beaucoup de personnes ont un emploi qu’ils n’aiment pas même s’ils ont fait des études pour occuper cette fonction. Certains pensent que leur vie pourrait être meilleure qu’elle ne l’est actuellement. C’est exactement ce que pense Myriam, femme épuisée par sa vie professionnelle. Solitaire. N’aimant personne à part elle-même. Et encore, ce n’est pas si sûr.

Dans la tentatrice de minuit, nous déambulons dans la vie de Myriam. De son entourage. De ses voisins. Chacun donne son avis sur des fait dont il ignore tout. Ont-ils réellement su? Qu’ont-ils vu? Se sont-ils vraiment doutés de quelque chose? Qui est cette tentatrice dont tout le monde parle? Chaque chapitre raconte le lien, la rencontre avec cette femme. Chaque chapitre nous parle de la vie de ces personne qui ont gravité autour d’elle. L’histoire se raconte ainsi dans la continuité. Entre chaque chapitre, il y a l’avis du voisinage. Chacun y va de ses mot. De son humeur. De son ignorance. De ses fantasmes. Savent-ils de qui ils parlent et de quoi il retourne? Rien n’est sûr.

La tentatrice de minuit nous raconte une histoire. Celle d’une femme. Celle de différentes personnes. L’histoire d’une traque. Celle de la Tentatrice. Celle de la police. Celle d’une femme qui veut assouvir sa soif d’amour. Son besoin de faire reconnaitre sa beauté. Sa supériorité sur la gente masculine. Celle d’une femme qui veut combler un vide en elle. Un vide abyssal. Incommensurable. Une obsession.

Nous sommes emportés dans ce vaudeville sur fond de polar. Pas de courses poursuites. Mais, du suspens. Jusqu’au moment où l’on découvre l’auteur de ces crimes sordides. Puis nous assistons à l’intérêt morbide des autres. Ceux qui savaient sans savoir. Ceux qui pensent avoir tout compris. Sincèrement, combien d’entre eux avaient vraiment découvert l’identité de la tentatrice de minuit?

 Ma note 16/20

9781790295937    Autoédition    261 p.    17,99€

L’évasion – Benoit Toccacieli – 2018

Quatrième de couverture

Dès qu’Alice ouvre un livre, les personnages qu’il contient prennent vie dans la réalité. Pour son dixième anniversaire, ses parents lui offrent son premier roman policier. Au même moment, un mystérieux tueur en série commence à sévir. Quand Alice découvre ça, c’est la panique! Elle décide alors de partir à sa recherche pour le neutraliser. Pourra t-elle compter sur Pompom, son chat qui rêve de conquérir le monde? Comment réagiront ses parents, deux adultes enfermés dans leur quotidien?

Ma Chronique

Alice est une petite fille de neuf ans. Enigmatique. Aimant lire. Elle ressemble à toutes les filles de son âge. Avec juste un aura de mystère. Pourquoi connait-elle tant de personnes? Pourquoi tant de livres dans toute la maison? Quel rapport avec tous ces personnages?

L’évasion nous entraine dans un monde qui pourrait sembler magique si l’intrigue ne tournait pas autour d’un serial killer. Une histoire racontée par trois personnes: Alice et ses parents. Ce qui nous permet de suivre l’histoire et son évolution. Offrir un livre à un lecteur compulsif est une excellente idée. Mais offrir un roman policier à une enfant est-ce bien raisonnable? Quand on ignore son don, n’est-ce pas dangereux?

L’écriture est simple, aisée, sans fioritures rendant ainsi la lecture agréable. Chaque chapitre concerne le point de vue d’un des trois personnages principaux. Cependant, il n’y a pas de rupture dans le récit. Au contraire. Le rythme léger nous emporte dans le monde de cette petite fille pétillante et secrète. Qui est cet assassin? Est-il seul? Comment l’arrêter? Alice et son ami Pompom le chat ne sont-ils pas un peu trop téméraires? Comment réagissent les adultes autour d’eux? Tant de questions que l’on se pose au cours de la lecture. Le suspens s’intensifie au fil des pages et c’est avec un soupçon d’angoisse que nous suivons les péripéties  de cette enfant intelligente et un chouïa casse-cou.

L’évasion est un roman de tendresse. Oui, malgré l’histoire. C’est un roman qui nous fait voir la vie sous ses meilleurs atours. C’est un roman qui fait sourire et espérer, surtout qui nous fait apprécier nos rêves d’évasion, dans tous les sens du terme.

Ma note 17/20

9791022768597   Autoédition    189 p.    14€

La princesse fantôme – Laure St Andrea – 2018

Quatrième de couverture

En 948, trois royaumes se disputent Seillos, gros bourg minier au commerce florissant. La guerre est aux portes de la ville et une négociation de la dernière chance est organisée. Exilée à Seillos pour des raisons mystérieuses, Wilia, 16 ans, doit apprendre à se débrouiller seule. Accusée de sorcellerie, elle doit fuir de nouveau. Devenue l’apprentie du médecin royal, pourra t-elle faire confiance à Pedr, le neveu de la reine? Un personnage mythique vient s’inviter au cœur de la lutte fratricide qui oppose deux conceptions du monde. Qui pourra rétablir la paix?

Ma chronique

Une jeune femme insouciante. Une jeune femme qui aime  la nature et les plantes. Un passé mystérieux. Quel sera son avenir? Qui est-elle? Le Xème siècle est-il une bonne époque pour quelqu’un qui reste si proche de la nature? Wilia l’apprendra, peut-être, à ses dépens. On ne peut pas toujours se confronter aux puissants, sans se brûler les ailes.

La princesse fantôme nous transpose dans une époque où la ferveur religieuse est dévastatrice. Une époque où la différence pouvait, parfois, être mortelle. Une époque où la nature était liée à la magie noire. Nous assistons au destin d’une jeune femme. Une jeune femme qui se sent destinée à soigner grâce aux offrandes de la nature.

Les chapitres ont des intitulés qui nous permettent de suivre l’histoire sans peine. Le vocabulaire est adapté à l’époque rendant, ainsi la lecture agréable, truculente. Laure St Andrea nous fait découvrir les us et coutumes du dixième siècle. Elle nous fait découvrir les croyances. Les usages de la haute société. Les prémices de la nouvelle religion monothéiste et les pratiques sulfureuses de ses serviteurs zélés.

La princesse fantôme nous emporte dans une aventure sans fin. Chaque page, chaque ligne nous tient en haleine et aiguise notre curiosité. Entre intrigues, batailles et trahison, l’histoire nous emporte toujours plus loin à la recherche du savoir, des ennemis  et surtout de la princesse fantôme. La trouvera-t-on? Un mystère qui, peut-être, s’éclaircira. Comment s’y prendre? Existe t-elle vraiment? Comment s’y prendre? Où est-elle? Une recherche pleine de douleur, de peines, d’énigmes qui nous entraînent dans de nombreuses aventures. Pour notre plus grand plaisir.

Ma note 17/20

9781717724618   Autoédité   355 p.

 

Vice – Vers’Âmes – Muriel Rawolle – 2018

Quatrième de couverture

Victime de ses excès, Samuel, jeune étudiant fêtard, insolent et imbu de lui-même, se retrouve plongé dans le coma. Il se réveille au XIXème siècle dans le corps de Clémence, une jeune bourgeoise  parisienne aux antipodes de sa personnalité et doit, bien malgré lui, s’adapter à cette  nouvelle existence. Mais, pour combien de temps. Et surtout, où se trouve Clémence dont il a usurpé l’identité? C’est justement la question que se pose cette dernière, en ouvrant les yeux dans une chambre d’hôpital au XXIème siècle.

Ma Chronique 

Ce qui est fantastique dans le monde du même nom, c’est que tout peut être rêvé. Tout peut arriver, même l’improbable. Vivre dans un autre monde, dans une autre vie peut parfois être possible. Que feriez-vous si cela vous arrivait réellement?  Samuel et Clémence vivent ce cauchemar et doivent apprendre à faire avec. Difficilement. Avec eux, nous allons de découvertes en découvertes. De grands moments de solitude. De grands moments de doute. De grands moments de fous rires. De grands moments de tendresse.

Vice-Vers’Âmes nous raconte deux âmes, deux êtres perdus dans le temps. Perdus dans le corps d’un autre. Un corps, une vie, une époque qu’ils n’ont pas choisis. Avec beaucoup de difficultés à affronter. De nouveautés auxquelles il faut s’adapter. D’inconnus à côtoyer. Comment faire? Comment ne pas perdre l’esprit? Comment expliquer la situation à ceux qui les entourent? Surtout, est-il possible de retourner chez soi? Cet échange d’âmes est-il définitif? Pas si simple, voire impossible.

Les chapitres sont datés et situent les lieux de chaque personnage. Ce qui nous permet de suivre les pérégrinations de Samuel et Clémence dans leur nouvel environnement. Nous suivons aussi leur détresse. La force qu’ils ont en eux. Muriel Rawolle a fait un grand travail de recherches. Ce qui rend la lecture agréable, addictive et l’histoire très crédible. Ce qui donne aussi une grande texture aux deux héros. Ils sont vrais. Les anecdotes sont nombreuses. Nous sommes, ainsi, emportés dans cette histoire rocambolesque pour notre plus grand plaisir et, nous finissons par nous poser la question fatidique: Et si nous étions l’un des héros de Vice-Vers’Âmes?

Ma note 19/20

9782901231011    Autoédition  349p.   19€

5 sens Editions

En cliquant sur le logo; vous accèderez à la maison d’édition.  En cliquant sur le livre, vous pourrez en lire la chronique.

5 Sens Editions est une maison d’édition créée en avril 2015 et domiciliée dans le canton de Genève. L’essence même de 5 Sens est basée sur l’ambition de faciliter l’accès à l’édition à compte d’éditeur.

1452381730

avant-que-les-ombres-s-enfuient

La fuite – Driss Homet – 2016

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture

« Fuyez vers le nord, n’espérez plus partir, bientôt la situation sera incontrôlable et je ne pourrai plus rien faire pour vous« .
Congo Brazzaville, 1997. Sous la pluie des obus, une famille tente de survivre à la guerre civile qui fait rage. Une seule solution s’impose: la fuite.

Chronique

La guerre, de nos jours, concerne le monde entier. Les hommes fuient autant que possible ces coins en perdition. Ils fuient l’enfer pour trouver un endroit où la peur n’est plus et où la vie n’a pas le prix d’une balle, d’un viol, d’un massacre. Un endroit où ils ne seront pas forcément les bienvenus. Un endroit où les épreuves qu’ils ont subi n’intéresseraient pas grand monde.

Avec la fuite, Driss Homet nous confie un brin de sa vie. Un brin de son histoire. Un brin de sa fuite vers de nouveaux horizons. Le destin joue parfois…

Voir l’article original 210 mots de plus