Dangereuse comédie à Bamako – Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2018

Quatrième de couverture

La charmante Malienne vida d’une traite, la tristesse dans l’âme, le verre de whisky que l’on venait de lui tendre. Elle remercia ensuite l’employé de l’Evasion, l’un des dancings mythiques de la capital malienne, et sortit après avoir posé le contenant sur le comptoir. Une fois dehors, l’air chaud fouetta brutalement le visage de la Bamakoise qui eut l’impression d’avoir la tête lourde. Le malaise s’accentuait au fur et à mesure qu’elle marchait. A un moment donné, elle fut en proie au vertige. La nausée l’indisposa. Le whisky était-il empoisonné? Tout à coup, le vide s’installa dans son esprit et ses jambes la  lâchèrent. Elle s’écroula. Non loin de là, les derniers fêtards eurent l’impression qu’une très forte lumière s’extirpa de la masse corporelle qui était allongée à même le sol et se dirigea, en tourbillonnant, vers le haut pour disparaître dans le ciel noir et très étoilé. Ainsi Aïssata Camara rendit-elle l’âme. Elle ne danserait plus jamais au Calao, au Mandingo, ou au Yanga. Adieu l’artiste.

Pendant ce temps, dans la villa du quartier huppé de l’Hippodrome, François Piantoni et Aminata Dembélé furent très surpris de revoir l’Homme Noir, en pleine forme, et l’un de ses acolytes que l’on avait pourtant enfermés, bien ligotés, dans la cave. La Malienne et le Corse tentèrent de s’enfuirent, mais ils n’eurent pas le temps d’ouvrir la porte…

Quelque chose lui avait échappé, se dit Roger Dercky. La danseuse de Bamako était-elle l’un des maillons de cette chaîne infernale? Était-il manipulé, depuis le début? Dans l’affirmative, pour quelle finalité? Mamadou Diawoura était-il réellement kidnappé?

Mon avis

Bamako en mode policier. Qui peur résister à cela? En tous cas, pas moi. Alors, je me suis lancée. Un détective Zaïrois débarque au Mali pour une mission secrète. Mais, en Afrique, il n’y a que des secrets de polichinelle. Son client et ami a été enlevé par le gouvernement. Dans quelle prison est-il? D’ailleurs, est-il toujours sur le territoire malien? Est-il toujours vivant?

Nous voilà embarqués dans une histoire à l’ambiance africaine. Chaude. Torride. Une histoire à un rythme africain.  Dans Dangereuse comédie à Bamako, nous sommes plongés dans l’ambiance avec une brève leçon d’histoire sur l’origine de la ville. Très intéressante et instructive. Avec certains mots du terroir. Ce qui est assez original.

En bon détective, Roger continue son enquête entre les nuits chaudes, canailles de Bamako  et ses contacts dans la ville. Cependant des mystères planent? Doit-il faire confiance à tout le monde? Qui travaille pour qui? Qui sont ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre? Que découvrira t-il d’autre? Réussira t-il à sauver son ami? Est-ce sa dernière enquête? Cette dernière se déroule à son rythme entre amour, meurtres et trahison.

Dangereuse comédie à Bamako nous entraine dans une histoire originale, avec une écriture atypique. Une histoire qui nous démontre que le monde du crime est le même quel que soit l’hémisphère. Les mots sont crus, parfois. Le vocabulaire est enrichi par des mots bambaras qui sont traduits sur la page. Ce qui permet de ne pas interrompre la lecture. Vous découvrirez une superbe ville africaine dont l’histoire résonne encore à travers l’Afrique. Un bon moment de suspens.

Ma note 16/20

9791091580304   L’Atelier de l’Egrégore  277 p.

Publicités

Voyage entre deux vies – David Perroud – 2018

Quatrième de couverture

Perdu dans ses pensées à ressasser ces questions existentielles, Arold meurt dans un accident. contre toute attente, commence alors pour lui une aventure hors du commun, qui comblera sa curiosité au-delà de ses espérances. Il découvrira le fonctionnement de l’univers et ce qui se cache derrière ce que nos sens perçoivent. Ces fameux 95% que les scientifiques nomment naïvement énergie et matière noire. Noire? C’est bien la seule teinte qu’il n’observera pas dans ces vastes mondes riches, peuplés et colorés.

Grâce à l’aide d’Ariel, une magnifique âme terrienne, et ses amis surlumineux, Arold va se mettre au service de l’humanité avec comme outils une conscience étendue  et un accès au champ quantique, détenteur de l’information absolue. Comment éviter le pire, le triomphe de l’ego, la destruction de la vie? Chercheur inlassable, il visitera les lieux les plus inspirés comme les plus noirs pour lever le voile sur un joyau de nature à révolutionner la qualité de nos existences: un récit qui contient l’espoir et la force de faire dévier notre planète, la Terre, de la trajectoire funeste sur laquelle elle est engagée.

Mon avis

Dans notre monde actuel où la vie après la mort interroge, ce roman est une manière de rêver la réponse. En commençant la lecture de voyage entre deux vies, je m’attendais à un essai sur la vie après la mort (eh oui, je ne lis toujours pas les quatrièmes de couverture pour choisir un livre). Quelle n’a été ma surprise, agréable, cela va sans dire, de découvrir un roman. Et quel roman!

J’ai trouvé le style intéressant. En effet, le sujet traité n’est pas évident. Cependant, la légèreté de la plume rend le récit amusant. On meurt avec curiosité et on déambule dans les méandres de l’après mort avec beaucoup de questions. Est-ce douloureux de mourir? Que se passe t-il après? C’est ce que découvre Arold qui semble apprécier ce mystère.

Dans voyage entre deux vies, nous découvrons l’au-delà. Loin, très loin de l’imagination humaine. Un moment d’introversion, de douceur, de regrets, de découverte, de beauté. D’amour. Tout simplement. De partage. Le reflet de la vie sur terre, en mieux? Nous accompagnons Arold dans sa nouvelle vie-mort. Ses nouvelles fonctions. Sa nouvelle identité-entité. Comment cela va t-il se passer? Nous allons de découverte en découverte sur certaines pratiques religieuses. Arold va t-il s’adapter et aimer ses nouvelles missions? Comment s’en sortira t-il?

Dans voyage entre deux vies, la vie après la mort semble apprendre à l’Homme à devenir plus humain. Plus tolérant. Un monde meilleur que la Terre. Un monde où Arold apprend à devenir moins égoïste et plus à l’écoute des autres. Quel sera son avenir dans cette nouvelle vie? Voici un roman touchant. Intriguant. Beau. D’une beauté merveilleuse. Humain. Les mots, les chapitres défilent  et nous emmènent dans un rêve éveillé. Un merveilleux monde de pardon et d’amour. Un superbe roman.

Ma note 18/20

9791023608922   Ed. Publishroom  289 p. 18,90€

Viralata le fils du caïman – Sébastien Acacia – 2018

Quatrième de couverture

Chimio, hôpitaux, médecins… Un quotidien que Martin ne connait que trop bien. Dans quelques semaines, un mois peut-être, son passage dans ce monde touchera à sa fin. Comment supporter cette idée d’abandonner son fils, Antonin, atteint d’un autisme sévère, aux seuls bras épuisés de sa maman? Comment ne pas regretter de ne jamais lui avoir offert un frère ou une sœur sur qui compter sa vie durant. Ces questions le torturent, jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où un mystérieux message parvient à Martin: il aurait eu un autre enfant de son tout premier amour lors d’un précédente vie au Brésil, 18 ans auparavant. Coup de sang ou conquête de la dernière chance, Martin se lance dans une folle course contre la montre et part à sa recherche en Amazonie, espérant quitter ce monde le cœur en paix.

Mon avis

Le titre m’a beaucoup intriguée et m’a fait rêver à un monde proche de la nature, à l’abri de l’incidence de notre société et où l’homme avait gardé son humanité. Pas de déception. Comment, après des années d’absence, peut-on retourner dans un pays à la recherche d’un fils? A la recherche d’un amour enfoui au fond de son cœur? Partir en abandonnant tout, sur un coup de tête? Martin va oser. Pour savoir. Pour ne pas mourir sans avoir essayé. Pour s »éloigner de sa vie rythmée par les besoins de son fils autiste. Pour retrouver le second fils qu’il a toujours rêvé d’avoir.

Nous voilà embarqués dans une aventure dans la forêt amazonienne brésilienne. A la poursuite d’un rêve? D’une illusion? Au fil des chapitres, des pages, nous assistons aux sentiments mitigés d’un homme qui semble repousser l’échéance d’une fin en retrouvant un être, un enfant qu’il ne connait pas. Un enfant qu’il aime déjà. Les souvenirs se mêlent à la réalité et nous permettent de découvrir une histoire d’amour ancienne. Un amour fort qui a porté ses fruits à l’insu de Martin. Va t-il retrouvé le fruit de cet amour fou? Cette quête nous tient en haleine. une quête à travers le Brésil. Une course contre la montre. Une course contre la mort. Une course pour la vie.

Viralata le fils du caïman est un roman de tendresse. Un roman fort. Un roman d’amour au-delà de la vie. Au-delà de la mort. Un don de soi pour perpétuer la vie. Réparer un manque d’amour. Un très beau livre qui vous marque l’âme et vous fait rêver bien après le mot « fin ». Un roman d’une immense et d’une très fine tendresse. Vraiment très beau.

Ma note 18/20

9782900047002   236 p.

Astella – Ceginus – Thierry Vaillant – 2018

Quatrième de couverture

Au cœur d’une cité urbaine futuriste surpeuplée, une adolescente de 16 ans, Astella, partage un petit appartement avec son père et sa sœur, au 14ème étage d’un immeuble. L’histoire aurait pu continuer son cours et devenir une romance. Trop simple…

A la périphérie de l’immense ville asiatique d’Okona, la vie est partagée entre deux puissances politiques et une culture qui prône le sacrifice individuel pour l’intérêt de la Nation. Dans ce monde en pleine évolution, notre héroïne va connaître l’horreur, les bombes, les morts. Cette curieuse épopée l’entraînera avec ses compagnons dans des combats épiques, où de téméraires soldats se battront à l’aide d’une technologie futuriste et d’une conscience modifiée. Au cours de son long périple, Astella devra apprendre à se reconstruire pour rencontrer l’amour.

Mon avis

Bizarrement,  je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle  entre l’histoire de ce roman  avec ses situations de guerre, de destruction avec certains pays du Proche et du Moyen-Orient. Ai-je tort? Ai-je raison? Je ne sais pas. C’est juste une idée.

Le monde a changé. Il est divisé en deux puissances économiques. L’une en Occident et l’autre en Asie. Astella vit dans la partie asiatique. C’est ainsi que nous découvrons le nouveau partage géopolitique  du Monde d’Astella. La vie se déroule de manière routinière. Puis, un jour, le monde bascule autour d’elle. Sa vie ne sera plus jamais la même. La jeune étudiante laisse place à une jeune guerrière. Pleine de rancœur. De haine. Qu’auriez-vous fait à sa place? C’est ainsi que nous suivons cette jeune femme dans ses aventures. Ses pérégrinations. Sa révolte est-elle saine? Va t-elle durer?

Astella – Ceginus nous emporte dans un monde où la bataille pour l’espoir est vitale. Inévitable. Un monde où l’enfance, le rêve n’ont plus leur place.  Un monde où la rage de vivre, de vaincre, est le moteur de la vie. Cette bataille s’arrêtera -t-elle un jour?  Les deux mondes poseront – ils leurs armes? Et l’amour dans toute cette haine? Dans ce monde en déliquescence?  Un monde où la technologie avancée a eu raison de l’âme humaine? L’amour y a t-il sa place pour notre jeune héroïne?

Astella – Ceginus est un roman qui nous emporte facilement dans son monde. Avec bonheur. Avec plaisir. Un voyage qui fait passer le temps à la vitesse éclair. Chaque chapitre est précédé d’un petit laïus très instructif parfois plein d’humour dans ce récit de chaos. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781980734543   733 p.

 

Hermorrhage 2 – Ralliement – Manoël Montreuil – 2017

Quatrième de couverture

Les vagues magiques et technologiques se succèdent sans cesse, privant tantôt la population de toute technologie, tantôt les mages de leurs pouvoirs. Hermorrhage a appris à concilier ses côtés loup, tigre et humain. Jusqu’ici, il a su garder son indépendance malgré toutes les meutes intéressées par ses étranges particularités. cependant, les temps changent… Il sera confronté à des choix et des rencontres qui changeront peut-être la face de Paris.

Mon avis

N’ayant pas lu le premier tome, je m’attendais à être un peu perdue. Pas du tout. Je n’ai eu aucun mal à entrer dans cette aventure. Une aventure qui nous emporte dans un monde fantastique pour sauver Paris. Une aventure avec ses batailles, ses trahisons, ses amours. On entre de plein pied dans une histoire où un polymorphe nommé Hermorrhage tente de vivre en solitaire. Y arrivera t-il dans un monde qui le sollicite? Cette situation pourra t-elle perdurer?

Hermorrhage 2 – Ralliement est une roman fantastique qui nous entraine dans un  monde mystérieux. Imaginez des combats, des vies qui doivent tenir compte des vagues technologiques ou magiques qui vont  et viennent à leur gré. Des vagues qui semblent représenter des saisons. Un voyage merveilleux avec un étrange humain qui a différentes personnalités qu’il arrive à maîtriser au grand dam des autres polymorphes.

Hermorrhage 2 – Ralliement est un roman qui nous fait vivre au rythme des pages, des chapitres les aventures d’un être étrange dans les rues de Paris. Un être qui lutte contre ses pouvoirs. Contre son ego sombre. Va t-il réussir? Pourquoi ne pas les accepter et les contrôler? Avec le temps et au vu des combats qui risquent de ruiner son environnement, Hermorrhage arrivera t-il à s’intégrer et à s’adapter à une meute? De s’allier à ses compagnons, de les protéger et de recevoir leur protection?

Hermorrhage 2 – Ralliement est écrit à la première personne. Les chapitres sont courts. Les pages sont parcourues avec une étrange impression de vie quasi normale d’un humain. Avec beaucoup d’humour de la part d’Hermorrhage. Une vie en demie teinte dans les rues, les quartiers de Paris.  Voici un roman qui se lit facilement, au rythme du héros et de ses aventures. Un très beau roman.

Ma note 16/20

9782956058960  Editions Tigre  245 p.   13,90€

 

 

L’innocence oubliée – Véronique Videau-Martinez – 2018

Quatrième de couverture

Emma n’est pas une petite fille comme les autres. Diagnostiquée EIP à l’âge de six ans, elle va avoir du mal à trouver sa place dans un monde où élèves et enseignants ne lui feront aucun cadeau. Posséder un haut potentiel intellectuel: don ou handicap? La question mérite d’être posée. Harcèlement et humiliations diverses vont jalonner son parcours sans oublier des drames qui la marqueront à tout jamais. Elle pourra compter sur l’amour inconditionnel de certaines personnes pour surmonter beaucoup d’épreuves mais pour combien de temps?

Mon avis

Oh mazette! Des mots qui expriment bien mal ce que j’ai ressenti à la lecture de l’innocence oubliée. Ce sujet me touche profondément car durant mes années de collège, j’ai été une victime comme tant d’autres. Parce que j’étais la plus jeune. Parce que j’avais de bonnes notes dans certaines matières. Je n’en ai jamais parlé. Mais, je m’en suis sortie. Contrairement à beaucoup de victimes. L’innocence oubliée est un roman de toute beauté. Tout en émotion. Une famille comme toutes les autres. Une petite fille différente des autres. Des parents désemparés par le regard, les réactions des autres. Que se passe t-il réellement? Emma semble d’une grande maturité pour son âge. Pourquoi les adultes ne le comprennent-ils pas? Pourquoi est-elle stigmatisée à l’école? Pourquoi est-elle toujours l’objet de punition? Le bouc émissaire ?

L’innocence oubliée est un roman qui nous interpelle. Doucement. Fortement. Sur le harcèlement en milieu scolaire. Sur la stigmatisation de la différence. Sur cette violence en vase clos qui ne dit pas son nom. Violences souvent ignorées des adultes. Du personnel enseignant. Pourquoi les victimes hésitent-elles à parler? Comment cette violence peut-elle être ignorée des adultes? Un calvaire vécu au quotidien. Une vie de peur. Une vie de honte pour la victime qui hésite à parler. Une victime qui ignore son statut de victime. Au fil des pages, des chapitres nous suivons l’évolution des brimades subies par Emma de l’enfance à l’adolescence. Son mutisme face aux agissements. Le mutisme de ceux qui savaient. Comment mettre des mots sur cette souffrance? Sur cette culpabilité de ne pas être comme les autres? Sur cette peur d’être montrée du doigt si elle parlait? Comment expliquer à ses parents son cœur, son corps, son âme en miettes? Ce désir fou de vouloir ressembler aux autres? Comment dire ce calvaire inscrit dans sa chair? Comment expliquer que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue car le bout du tunnel n’existe plus?

 L’innocence oubliée est un récit poignant. Une superbe manière de rendre hommage aux victimes qui sont allées jusqu’au bout de leur peur. De leur peine. De leur vie. Chaque mot nous emmène au plus profond du désespoir de la jeune Emma. Un très beau roman. Poignant. Juste. Humain. Un roman qui pousse à la réflexion. A mettre entre toutes les mains pour susciter des prises de conscience. Un superbe récit criant de vérité.

Ma note 19/20

9791026217237    Ed. Librinova  206 p.

Miss Minchin ou l’histoire de la princesse Sara – Eric Le Parc – 2018

Quatrième de couverture

Réécrire de manière personnelle et novatrice un grand classique de la littérature jeunesse du XIXème siècle, il fallait le faire. C’est là le pari audacieux d’Eric Le Parc, qui revisite sous un angle différent « une petite princesse » chef d’oeuvre intemporel de Francess H. Burnett mille fois traduit et adapté. Beaucoup connaissent déjà l’histoire de Sara Crewe jeune demoiselle née aux Indes que son père tant aimé, un richissime gentleman anglais, place le cœur lourd dans un pensionnat huppé de Londres. Et là, dans ce lieu presque étrange, les choses finissent par prendre un tour plus sombre…Avant que la « magie » n’opère.

Ce roman, plutôt réservé à un lectorat adulte, explore les coulisses de cette histoire du point de vue de Miss Minchin, la directrice du pensionnat. Il brosse sans concessions les dessous d’un établissement pour jeunes filles de l’époque victorienne où sous le vernis des conventions sociales, se dévoilent tous les mensonges d’un univers obsédé par le paraître, le pouvoir et l’argent… La sévère Miss Minchin de l’oeuvre originale s’y dévoile comme une femme complexe et tourmentée et finalement … humaine… Elle est là avec son histoire, ses rêves, ses sentiments, ses doutes et ses obsessions… C’est une femme que la vie a malmené et qui, à force de travail est parvenue à se hisser seule, envers et contre tout… A une place où elle n’est que trop consciente d’avoir un rôle à jouer.

Mon avis

Qui n’a pas regardé Princesse Sara à la télévision? Cette petit fille de bonne famille qui subissait tous les coups de sort et s’en sortait toujours avec humilité et dignité? La même histoire du point de vue de la directrice est intéressant. Une jeune femme de la bourgeoisie, sans le sou et obligée de travailler. Telle est Miss Minchin.

Dans un français digne du 19ème siècle, nous allons à la rencontre d’une femme méconnue, mal aimée. Une femme qui présente souvent une assurance qu’elle est loin d’éprouver. Une femme de volonté. De mystères. De secrets. Miss Minchin ou l’histoire de la petite Sara nous fait découvrir le revers de la médaille. L’autre version de l’histoire. Version qui nous laisse interrogatifs. Intrigués.

L’écriture est fluide et riche et le vocabulaire se calque bien sur l’époque du roman (surtout dans les dialogues). Ce vocabulaire n’empêche pas la lecture. Il ne nous fait pas buter sur les mots. Au contraire, on s’en gargarise. La lecture se fait agréablement. On se surprend même à sourire. Miss Minchin ou l’histoire de la petite princesse Sara est un roman qui nous fait entrer de plein pieds dans les pensées de Miss Minchin. Dans sa vie aussi. Un régal.

Ma note 16/20

9782378770556    Ed. Le lys bleu     201 p.    19,80€

Quand s’éteindra la dernière chandelle – Frederick Durand – 2015

Quatrième de couverture

Célibataire désœuvré, Florent accepte de participer à une soirée qu’organise l’un de ses amis. Là, il prend part à une conversation qui porte sur le surnaturel. Interrogé, l’homme affiche son scepticisme. Son hôte le met alors publiquement à l’épreuve: puisque Florent est si incrédule, osera-t-il écrire une lettre aux forces des ténèbres  en leur demandant  d’être présentes à ses côtés jour et nuit? Florent accepte de relever le défi. L’idée de séduire l’une des convives n’est pas étrangère à cette décision…

De retour chez lui, Florent est prêt à oublier l’incident. Mais une série d’évènements troublants l’amènent peu à peu à s’interroger : en acceptant de rédiger cette missive, a-t-il déclenché un redoutable mécanisme capable d’exaucer ses souhaits au-delà de tout ce qu’il avait imaginé?

Mon avis

Une soirée. Un pari stupide. Une vie qui bascule. Surtout, des nuits qui se muent en cauchemar. Pourquoi avoir accepté ce pari? Comment faire Pour effacer cette décision irréfléchie? Plus simplement, fallait-il faire ce pari?

Au fil des pages, nous assistons à l’entrée dans la quatrième dimension de Florent, le parieur. Une véritable descente aux enfers. Et c’est peu de le dire. Peut-être est-ce un rêve? Un cauchemar éveillé? Les faits sont-ils réels? Ne sont-ils pas le fruit d’une conscience traumatisée par un pari idiot? Le monde change lentement autour de Florent. L’impensable? Un pari. Juste un pari. Bête et fait avec une immaturité totale. Juste pour rire. Et la vie tourne à l’envers. Prémices de la folie? Un rêve qui s’évanouira au réveil?

Quand s’éteindra la dernière chandelle nous emporte dans un monde fantastique où la réalité et le rêve se mêlent pour nous faire vivre un extase imaginaire. Une écriture superbement tragique. Une écriture superbe d’horreur. De fine angoisse. Les nouvelles qui terminent Quand s’éteindra la dernière chandelle sont aussi angoissantes les unes que les autres. Damnées nouvelles!! Le temps s’arrête puis s’accélère au fil des pages. Tel notre pouls tout au long des chapitres. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781612274164   Black Coat Press Coll. Rivière Blanche 190 p.   17€

Violences faites aux femmes – Une anthropologue au Tchad – Joëlle Kerl-Kochanski – 2018

Quatrième de couverture

Pourquoi les violences faites aux femmes au Tchad revêtent-elles une spécificité particulière? Car la nature et la forme des violences exercées contre les femmes sont « spectaculaires » et raffinées parfois dans leur ampleur. Les actes de violence ou de torture commis à l’encontre des femmes et des fillettes Tchadiennes sont peu connus ou mal connus. Elles interrogent en tout cas sur les pratiques toujours en cours au 21ème siècle. Le fonds culturel n’a guère évolué. La criminalisation des actes de cruauté envers les femmes et les fillettes est largement passée sous silence par des communautés enchâssées dans les normes et les tabous. C’est peu dire que les hommes se taisent et la justice ferme les yeux, n’engageant aucune véritable pénalisation de ces violences, en dépit des lois internes au pays. La société toute entière y trouverait-elle son compte? Pourtant la destruction physique et morale des femmes et des fillettes, rétives à une culture qui soumet la femme au pouvoir des hommes, à la tradition et à la religion, porte atteinte très directement à l’avenir d’un pays, à son tissu social et économique.

Mon avis

Lorsque j’ai concouru au Crazy Books Day de Evidence Edition, je souhaitais recevoir cet essai. C’est chose faite. J’en suis très heureuse. La violence faite aux femmes est le mal de notre siècle car, enfin, les langues se délient. Cependant, il existe des endroits où cette violence est endémique, culturelle, au nom de la tradition. Une violence qui n’est pas reconnue comme telle. Ce qui est le cas au Tchad.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, au Tchad, des lois sont votées pour lutter contre ce mal. Cependant, elles sont rarement appliquées. Violences faites aux femmes – Une Anthropologue au Tchad nous entraine dans le quotidien de ces femmes, parfois femmes-enfants, qui se racontent avec humilité, pudeur, franchise, réalisme. Elles font juste état de ces traditions qu’elles subissent au quotidien. Que dire du mariage forcé non seulement dans les faits, mais, parfois voire souvent avec des adolescentes à peine pubères? Comment ces femmes arrivent-elles parfois à réagir face à ces injonctions paternelles? Que dire, que faire, quand la violence répond à la violence? Dans quel désarroi vivent-elles?

Dans violences faites aux femmes – Une Anthropologue au Tchad, Joëlle Kerl-Kochanski nous fait voyager dans un monde de femmes. De fillettes. Blessées. Victimes. Des jeunes femmes dont les rêves d’études, de carrière sont bouleversés à jamais. Enterrés sous le poids des traditions et des exigences masculines. Des témoignages poignants. Des témoignages qui font mal à la féminité. Tout en simplicité. En pudeur. De quoi s’interroger sur l’incidence  ou l’absence d’incidence  sur le rôle de ces femmes dans l’économie de leur pays. L’impact de ces coutumes sur leur rôle économique et social. Ont-elles une réelle existence dans un pays qui tait ce qu’elles subissent? Un pays qui nie cette souffrance physique, psychologique?

Cette violence faite aux femmes tchadiennes est présente à toutes les étapes de leur vie: excision, infibulation, mariage forcé ou précoce, grossesse et accouchement précoce, violences pendant l’accouchement, viols non punis. Un mariage est sensé être le plus beau jour dans une vie. Eh bien, ce n’est pas le cas pour toutes les femmes. Imaginez-vous découvrir votre époux le jour de votre mariage. Quelle détresse pour ces petites filles, ces femmes face à un vieillard! Quel désespoir! Que dire des violences conjugales! Le taux de mortalité est très élevé, dans l’indifférence générale. Pourquoi tant d’impunité envers les auteurs? Pourquoi les lois ne sont-elles pas appliquées? Des questions qui laissent songeur.

Les faits sont présentés simplement. Les lois sont présentées dans chaque chapitre. Violences faites aux femmes – une anthropologue au Tchad est un essai qui ne laisse pas indifférent. Une fois refermé, les questions, les pensées continuent à surgir. Un livre à lire. A conseiller. Un essai fort. Humain, ô combien! Profondément humain. A lire, pour le bien de la condition féminine. Le bien de l’humanité. Pour faire réfléchir l’humain en toute personne. Un chef-d’oeuvre!

Ma note 19/20

9791034807291   307 p.   Evidence Edition  Coll. Electron libre  16€

 

Sois sage, Reine-May – Colline Hoarau – 2016

Quatrième de couverture

A dix ans, Reine-May quitte son île, la Réunion, pour être adoptée par un couple de Bretons dans le centre de la Bretagne, à Sainte-Tréphine. Quelques années plus tard, elle reçoit une lettre. Elle doit venir régler des affaires dans l’Océan Indien. C’est un voyage dans le temps dans deux univers différents: la Bretagne et la Réunion.

Mon avis

Sois Sage, Reine-May. Des mots. Simples. Usuels. Dits sans arrière-pensées. Des mots. Qui résonnent dans la tête d’une petite fille. Loin de son pays. Loin de ses racines. Des mots. Synonymes de nouvelle vie. Un courrier. Un seul. Et la vie routinière bascule. Des souvenirs se bousculent dans la mémoire. Un accident de la vie et Reine-May doit quitter son île pour l’inconnu. Un courrier. C’est le retour vers une île presqu’oubliée. Pourtant si chère à son cœur. Reine-May retourne sur son île avec un secret si bien gardé. Un secret pour elle toute seule. Que s’est -il passé?  Pourquoi cet envoi en Bretagne? Où est la famille de cette petite fille? Quel est ce secret?

Un roman plein d’une douce nostalgie. De doux souvenirs. De jolis moments de vie. De toute beauté. Des moments plus durs aussi. Un roman qui chante la mixité culturelle. Tous ceux qui ont quitté leur pays pour un ailleurs, connaissent ce retour au bercail. Ce moment où le cerveau enregistre le changement tout en faisant appel aux souvenirs. Moments d’extase ou de déception si bien décrits. Sois sage Reine-May est un roman qui parle d’amour d’un terroir. Que dis-je? Deux terroirs. Un roman qui parle du poids des souvenirs. De la beauté de la rencontre de l’autre.

Une écriture fluide. Une histoire superbement humaine. Des personnages d’une humanité remarquable. Simples. Des personnages qui ont un cœur gros comme ça. D’une noble humilité. Une histoire mine de rien intrigante. Un secret bien gardé. Voilà ce que  vous offre Sois sage, Reine-May. Chacun s’y retrouve. Se reconnaît. Chacun y trouve ses propres mots. Un roman profondément humain et digne. Lisez-le. Il le mérite grandement.

Ma note 17/20

9781770766341 Ed. Dédicaces  124 p.

 

Insula Tresoya – Sébastien Lencroz – 2018

Quatrième de couverture

Une jeune femme bercée par un idéal pour l’Homme, un jeune trentenaire inconscient de son rôle primordial qu’il devra jouer, un père avide de pouvoir et un ancien chef de confrérie protectrice d’un mystère. Voilà tous les ingrédients réunis pour vous transporter dans un thriller haletant de Strasbourg à l’île d’Yeu.

Mon avis

Pour tout dire, le titre de ce roman m’a beaucoup intriguée. Eh oui! C’est toujours ce qui pique ma curiosité: Le titre. Et celui- sonnait bien à mon oreille. Et je n’ai pas été déçue. Une personne est à l’affût. Qui est-elle? Est-ce un tueur? Une victime? Un snipper? Ainsi débute ce thriller. Que se passe t-il? Qui est cette personne visée? Pourquoi l’a t-on choisie? Tant de questions dès les premières lignes. Alors, imaginez la suite de la lecture.

La curiosité pousse à tourner les pages avec de plus en plus d’interrogations. De suspens. Suspens qui dure tout au long du roman car l’intrigue est bien ficelée. Un suspens qui nous fait suivre pas à pas les pensées d’une personne avide d’amour paternel. Une personne toute en douceur. En force. Une personne qui malgré les apparences, est douée d’une intelligence très fine.

La lecture se fait en toute facilité. A chaque chapitre, il y a son lot de découvertes. Ce qui stimule encore plus la curiosité. Ce qui rend le suspens plus intenable. Insula Tresoya surprend par l’écriture très légère malgré le sujet abordé. Il en émane une grande force et une belle tendresse. Le dépaysement est garanti. Insula Tresoya est un roman qui vous emportera au fil des pages dans une aventure humaine. Terriblement humaine. Une aventure où le début et la fin s’unissent pour former une nouvelle énigme. Un très beau livre à lire pour le plaisir des surprises et des beaux moments de lecture.

Ma note 17/20

979109637801          342 p.    9,99€

 

Rokia Les masques tombent – Amel B. -2018

Quatrième de couverture

Un recueil de nouvelles à la série de portraits hétéroclites. Des tranches de vie qui s’entremêlent, des vies douces, d’autres plus chaotiques. Des histoires mystérieuses. Grâce à une écriture sensible, inattendue et originale, vous vous laisserez surprendre à voyager d’un genre à un autre sans difficultés. De la poésie… Une bonne manière, à travers ses histoires, d’aborder l’existence humaine dans toute sa multitude. Laissez-vous guider par Rokia. Elle vous étonnera.

Mon avis

Des nouvelles. Des portraits de vie. Des relations à l’autre plus ou moins réussies. Un début tout en douceur. Début qui réconcilie avec le passé. Avec les pertes. Les absences. Des mots simples qui décrivent des fractures de vie. Des personnalités originales. Des rêves. Des délivrances. Chaque chapitre. Chaque nouvelle est introduit par un poème de toute beauté. Chaque poème chante la vie. L’amour. La perte. La douleur de la perte.

Dans Rokia les masques tombent Amel B. donne une vie, une âme à tout ce qui nous entoure. Aux objets que nous utilisons au quotidien. Que nous utilisons si souvent que nous ne les voyons plus. Elle chante la résilience. Sous toutes ses formes.

Rokia les masques tombent est un joli petit bijou de belles histoires. Prenantes. Intrigantes. Riches d’émotions. D’humanité. Un vrai festival. Un superbe roman à la lecture aisée. Une écriture qui révèle l’autre côté des choses. L’autre monde. Avec beaucoup de pudeur.  Un livre à lire pour la poésie de ses mots. De ses histoires.

Ma note 17/20

9782414207633  Ed. Edilivre  120 p.   12€

Du couscous dans le pudding – Yamina Mazzouz – 2016

Quatrième de couverture

Norah, jeune fille maghrébine au  caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une  place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé  et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse

Au-delà du roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose: la noblesse britannique  et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Mon avis

Changer de vie est une aventure. Dans le pays de Shakespeare, c’est encore mieux qu’une aventure. C’est un voyage épique. C’est ce que découvre Norah, heureuse de mettre du peps dans sa vie. Tout se passe bien jusqu’à ce que … beaucoup de choses. Amour, santé…meurtres!!! Oups, je m’égare. Pas tant que çà. Amour, oui. Meurtres, oh que oui. Santé, on verra.

Quoi de mieux pour passer le mal du pays que de résoudre des meurtres? Avec un zeste d’intuition et beaucoup de réflexion, d’imagination, Norah nous emmène dans son monde avec sa superbe fraicheur. Et si cela lui permettait d’oublier sa banlieue parisienne? Quel sera son avenir en terre britannique? S’adaptera t-elle à sa nouvelle vie?

Du couscous dans le pudding est très bien écrit.  Le suspens est diffusé en douceur tout au long de la lecture. Il s’agrandit au fil des pages. Des chapitres. On vit au rythme de la campagne anglaise. Pour son premier roman, Yamina Mazzouz, nous fait vivre une enquête à la Agatha Christie à qui elle n’a rien à envier. En effet, Du couscous dans le pudding est digne  des grandes dames du polar britannique.  C’est un roman qui se laisse dévorer. Un superbe roman. Un roman plein d’humour très fin. Yamina Mazzouz est une écrivaine, une plume à suivre car elle a beaucoup d’avenir dans le monde littéraire. Retenez bien son nom.

Ma note 18/20

9791031002255  Ed. Les Presses Littéraires   263p.   12€

L’oeuf de Tanglemhor – chroniques des secondes heures de Tanglemhor T. 1 Azaël Jhelil – 2018

Quatrième de couverture

L’Alliance n’est plus. Le Premier Vindicateur a imposé sa tyrannie à la rayonnante civilisation du Bassin ctasharre. Les rois ont été exécutés, la liberté de culte abolie. Le pouvoir du semi-lacertys est absolu. Il ne lui reste plus qu’à soumettre le duché de la Marche, dernier flambeau d’une résistance à l’agonie. Tout espoir est vain. Il ne reste rien. Il parait, cependant qu’un audacieux s’est introduit dans la Citadelle noire et en a dérobé l’un des biens les plus sacrés du Très Saint Libérateur. Toutes les forces de l’Empire ont pour ordre de le ramener … vivant.

Mon avis

Il est vrai que quand j’ai reçu l’oeuf de Tanglemhor , que j’ai vu le pavé que c’était, ma première impression a été « Ô mazette! Mamma mia! ». Dès que je l’ai ouvert et que j’ai commencé à lire, j’ai pensé « Ô mazette! Mamma mia ». Le ton n’était plus le même. J’étais conquise. Dès les premier mots.

Tout commence par un message. Une vision. Bon ou mauvais signe? une histoire comme je les aime. Des personnages improbables. Des noms imprononçables ou poétiques (Serpent de Lune). Des scènes dignes des meilleurs films d’horreur . Et tout cela, dès le début. Ce qui augure de la suite. Puis, la magie opère. Dans tous les sens du terme. Tout se précipite. L’ennemi est là. Il faut le combattre. Combattre ses pouvoirs occultes. Comment faire? Comment se protéger? Plutôt, comment protéger le peuple? Le protéger de la magie noire? Que faire quand l’ennemi est féru de sciences occultes et est prêt à tout pour réussir ses desseins? La bataille semble perdue face à un adversaire sans foi ni loi.

L’oeuf de Tanglemhor nous entraîne dans un rythme effréné. Sans temps mort. Dans un monde de guerre. Pour une reconquête.  Celle du droit de vivre. D’exister d’un peuple qui n’a plus d’espoir. Ce dernier réussira t-il à s’unir pour acquérir cette liberté tant souhaitée? Inutile de vous dire que la lecture est envoûtante et se fait d’une traite. Elle laisse peu de place à l’ennui, voire pas du tout. Les rebondissements sont nombreux et nous emportent dans le cœur de l’histoire. Avec bonheur. Avec curiosité. Chaque nouveau chapitre titille encore plus notre curiosité et nous emporte dans un monde où la fée côtoie l’ogre. Où ce dernier se bat contre un Maître de la magie. Le tout agrémenté de batailles mémorables.

L’oeuf de Tanglemhor est une odyssée digne de celle d’Ulysse et de ses monstres fantastiques. La multiplicité des personnages n’apporte aucune difficulté à la lecture. Au contraire. Vous allez peut-être, comme moi, succomber au charme de la belle Oriana. Qui sait? Azaël Jhelil a créé un monde imaginaire unique qu’il me tarde de retrouver dans le prochain tome. Un merveilleux et très beau roman.

Ma note 19/20

 

La perfidie d’un ange – Evelyne Sants – 2017

Quatrième de couverture

Sarah est une jeune fille dotée d’une intelligence hors norme. Elle a la chance d’être entourée par ses parents amoureux et bienveillants, mais ce cadre idyllique ne lui convient pas forcément.

Sarah se met en quête d’un destin exceptionnel, qu’elle choisira elle-même et qui sera à la hauteur de son intelligence, mais pour accomplir ce destin elle n’aura aucun état d’âme, aucun scrupule. Ses capacités intellectuelles lui serviront d’arme pour évincer tous ceux qui entraveront son chemin. Sa force mentale et sa froideur lui donneront le pouvoir de ne pas vaciller face à l’amour des autres. Existe t-il quelqu’un d’assez puissant pour contrarier son narcissisme débridé? Existe t-il quelqu’un d’assez généreux pour lui pardonner l’impardonnable?

Mon avis

Ô Mazette de mazette!!! C’est le titre qui a d’abord piqué ma curiosité. « Perfidie » et « ange » deux mots qui n’ont pas pour habitude de se côtoyer. Ce qui m’a interpelée. Et je n’avais pas tort. Au début, il y a cet étrange huis clos qui met en place les personnages. Leurs forces. Leurs faiblesses. Leurs doutes. Des personnages pris dans un jeu du chat et de la souris. L’atmosphère est lourde. Pleine de rancœur. De souffrance. Presque malsaine. Qui est Sarah, cette jeune fille que ses parents adulent? Enfin, qui est-elle réellement?

Dès les premiers mots, on ressent un malaise qui ne nous quittera plus. Au contraire. Le malaise fera place à l’inquiétude. A l’incroyable. A l’horreur. Y a t-il un mot plus fort que le mot horreur? Sarah avance dans la vie. Une vie planifiée depuis longtemps. Tel un bulldozer. Presque en douceur. Sans état d’âme. Mais, tout en douceur. Froidement. Oui, les mots choisis n’ont as l’air de convenir. Pourtant, c’est ainsi. Tel est le visage de Sarah. Beau. Angélique. Froid. Damné.

Bon sang! la perfidie d’un ange est un roman qui vous marque de son empreinte. Il vous marque et vous laisse pantois d’horreur. D’incompréhension. Quelle est la personnalité de cette femme? Surdouée? Psychopathe? Sociopathe? On entre dans un monde de faux-semblants où la malédiction, où le diable n’a pas le visage de l’emploi.

La perfidie d’un ange va vous faire plonger au plus noir, au plus profond de la cruauté humaine.  C’est un roman intrigant qui fait froid dans le dos, qui se lit d’une traite. Un roman qu’on ne peut lâcher facilement. Tout cela n’enlève rien à la beauté du texte. Au contraire. L’histoire nous emporte au fil des pages. Un roman agréable à lire. Dérangeant et excellent

Ma note 17/20

9781545420836  238 p.

 

 

Le sceptre de Râ – Agostinho Moreira – 2017

Quatrième de couverture

Depuis son enfance, Wilhem a toujours été le souffre-douleur des autres. Bien qu’ayant réussi à obtenir un poste important, son désir de revanche l’empêche d’être parfaitement heureux. C’est alors qu’un obscur démon hindou nommé Ravana vient lui proposer un marché qu’il ne peut pas refuser: dominer ses semblables en échange de son aide pour récupérer un puissant artefact, le sceptre de Râ. Râ n’étant pas d’accord  pour que Ravana utilise son sceptre à ses fins, il va demander à l’aristocrate Franz Meyer, dont il connait la grande valeur, de récupérer le sceptre et le détruire si nécessaire. Une lutte entre les deux hommes commence. Qui l’emportera?

Mon avis

Sincèrement, je m’attendais juste à un je ne sais quoi qui se passait entre les pyramides d’Egypte. Non ce n’est pas tout à fait cela. C’est mieux que cela. Pour notre plus grand plaisir. Deux divinités qui s’affrontent par le biais d’humains. Cela promet de grandes aventures. Et des aventures, il y en aura.

Un homme aigri par les vicissitudes de la vie. Des hommes. Un rêve récurrent. Prémonitoire? Rêve éveillé? Cauchemar? Ainsi débute l’aventure. Mandatée par qui? Par quoi? Par la curiosité de la découverte? Nous entrons dans le monde énigmatique des dieux hindous et égyptiens, de leurs pouvoirs. Le monde d’hommes passionnés d’Egypte.

Le sceptre de Râ nous entraîne dans un monde spécifique. Celui des divinités et de leurs exigences. De leur mystère. Celui de la rapacité humaine face au pouvoir. Face à la soif de pouvoir. Le monde de la mesquinerie humaine. Le tout agrémenté d’une improbable histoire d’amour.

Le sceptre de Râ est une course poursuite à la Indiana Jones. Des rebondissements qui font grimper le suspens.  C’est un roman où les esprits maléfiques, les malédictions sont légion. Qui va trouver ce fameux sceptre?  Quel sera le prix à payer?

Les chapitres sont courts et titrés. Ce qui rend la lecture agréable. L’écriture est fluide. Cette lecture nous emporte dans une quête de l’objet sacré de Râ. Avec ses luttes, ses trahisons, ses rebondissements. Comment aller au bout de cette recherche en échappant aux intrigues? Aux pièges?

Le sceptre de Râ est un roman digne des grands où la quête tient en haleine jusqu’au bout. Le suspens reste à son comble. Et ce, jusqu’à la dernière ligne. Un très beau livre pour un très bon moment de détente.

Ma note 16/20

9791097131043   Ed. Hystérie   298 p.   15€

 

 

L’évangile selon Jacques Lucas – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

« Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur: un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d’être peintes et Mélodie…. Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie….

Ouais, c’est sûrement ça le bonheur.

Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais, c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres… Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface. Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley… »

Mon avis

Tout commence par une timide histoire d’amour. Un peu tendre. Un brin d’humour. Puis, le cauchemar, L’horreur. L’incompréhension. Encore un acte ignoble. Au-delà du supportable. Une douleur abyssale. L’histoire du cadavre dans le placard. Une réalité. Qui est le meurtrier? Et si c’était cet homme au passé énigmatique? Au passé secret? Quelqu’un d’autre?

David Huxley se noie dans un cauchemar éveillé. Que se passe t-il? Qui est-il? Qu’a t-il pu faire? Pire, est-ce lui l’assassin de ces maghrébins dont les cadavres essaiment dans toute la ville? Est-ce possible?

Si l’évangile selon Jean Lucas commence doucement, le rythme s’accélère. Des doutes s’installent, encouragés par ceux de David Huxley. Et si un retour dans le passé expliquait tout? Est-ce si simple? On se surprend à trouver tout le monde coupable. Eh oui, la suspicion s’installe! Durant toute la lecture. L’intrigue est prenante. Les découvertes, les surprises s’enchainent. A un moment, je me suis doutée de l’identité de l’assassin. Mais, le suspens est si bien distillé que le doute reste présent jusqu’à la fin.

L’évangile selon Jean Lucas est un roman qui tient en haleine. Les mots sont justes. Le roman est facile à lire. Chaque chapitre nous fait douter encre plus et fait monter le suspens. C’est un roman qui se lit d’une traite. Qui fait passer de bons moments de lecture.

Ma note 16/20

9782952857352  Ed. Sindbadboy 289 p. Broché 17€ Kindle  2,99€

 

Dénis, non-dits, mensonges, etc. – Philippe Mangion – 2015

Quatrième de couverture

Yasmina et Fadila sont deux cousines qui ont grandi à Bagneux, ville de la banlieue parisienne. Elles étaient inséparables, solidaires face à la brutalité et au machisme régnant dans la cité. Quand l’histoire débute, Yasmina est à la dérive, errant de foyers en hôpitaux psychiatriques dans le sud de la France. Elle ne se remet pas de la fuite de Laurent. Son amour pour lui a viré à l’obsessionnel. Fadila lui vient en aide. Elle apprend de sa cousine un secret de leur enfance qui, à ses yeux, explique son déséquilibre. Cette révélation amène Fadila à affronter sa propre famille, ses dénis, ses non-dits, ses mensonges. Yasmina, quant à elle, retrouve la trace de Laurent en Suisse et se lance à sa recherche….

Mon avis

Tout est dans le titre. L’histoire de Yasmina tourne autour de ces mots. Durs. Forts. Blessants. Usants. Brisants. Et c’est peu de le dire. L’histoire d’une fuite en avant. A la recherche de soi. Au bout de soi.

Deux jeunes femmes. Deux destins qui s’assemblent, se séparent,  s’unissent, pour mieux se retrouver. Deux cousines séparées par de lourds secrets. Continueront-elles à s’entendre malgré les difficultés? Que faire pour poser les bonnes questions? Poser le doigt là où ça fait mal? Ouvrir des plaies déjà béantes et les faire cicatriser? Est-ce possible? Deux cousines que tout lie et que tout sépare.

Nous faisons une incursion dans le monde de la psychiatrie. Des douleurs. Des blessures qui détruisent l’être. L’âme. Des gestes qui annihilent l’humanité de l’autre. La renient. Qui rabaissent l’autre au point de lui faire perdre sa confiance en lui. Qui détruit son image à tel point que les morceaux ont du mal à se recoller. Nous accompagnons Yasmina dans la décadence de sa vie. Décadence faite de blessures tues. Subies. Honteuses. Comment expliquer l’inexplicable? Comment le faire entendre et accepter?

Yasmina va à la recherche de son dernier amour, Laurent. Cette recherche n’est-elle pas celle de sa purification? Une recherche qui lui permettra de restaurer sa propre image. Les maux trouveront – ils leurs mots? Yasmina semble à la dérive. Incomprise. Insoumise. Blessée. Reléguée à sa maladie. Soutenue par sa seule amie, sa cousine Fadila. Cette quête est SA quête. Une réponse à ses troubles psychiatriques.

Dénis, non-dits, mensonges, etc. est un roman touchant. Très fort. Un roman qui n’est pas seulement une incursion dans le monde psychiatrique. Mais, aussi l’histoire de femmes. Brisées. Qui cherchent des réponses à des questions gênantes, secrètes. Qui cherchent à se reconstruire en faisant face à certains non-dits. Destructifs. Y arriveront – elles? A quel prix?

Dénis, non-dits, mensonges, etc. est un roman tout en finesse. En douceur. En force. En tendresse. Un roman qui fait vibrer chaque fibre de notre être. Un superbe roman. A découvrir et à faire découvrir.

Ma note 18/20

9781520527666  223 p.   broché 7,60€

 

Vangual – le verrou du temps – Forman – 2018

Quatrième de couverture

« Dwilom, vieux nain et maître brasseur, n’est vraiment pas en veine. Alors qu’il effectuait un acheminement important de tonneaux de bière jusqu’à Tamatur, la cité souveraine, le voilà maintenant encombré d’un compagnon de voyage indésirable dont la bêtise est aussi profonde que le gouffre qui lui sert d’estomac. Et comme si cela ne suffisait pas, Dwilom va se retrouver mêlé à un sombre complot aux répercussions  inimaginables.

Loin de là, à Borthalion, un frère et une sœur, reviennent au pays après de longues années d’absence. Mais de mystérieux meurtres sévissent dans la région et semblent être les prémices d’une plus longue tragédie. Des destins différents…. ».

Mon avis

Une odyssée. Ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit. Une odyssée hilarante avec les pieds nickelés. Dès les premières lignes, l’émotion est présente. Ainsi que l’humour. Un humour qui n’ôte rien à la beauté du roman. Un nain râleur et tendre comme un chamallow. Un enfant perdu. Au passé et au destin énigmatiques. Des animaux fantastiques. Exotiques. Des jumeaux qui découvrent à nouveau les terres de leur enfance. Quel rapport entre eux? Plus qu’il n’y paraît. Le peuple et la royauté. Vangual….

Une histoire. Plutôt des histoires fantastiques. Un humour fin. Je me suis surprise à rire aux éclats. Parfois. A sourire. Aussi. Face aux situations abracadabrantes. Aux discours truculents. Aux personnages aussi déroutants les uns que les autres. Aux situations rocambolesques. Une impression d’être sur la route du pays des merveilles. Dans les arènes romaines. Le Mowk m’a fait hurler de rire ainsi que certaines scènes. Scènes de tendresse avec  ce petit enfant Quardien. Une fin mystérieuse. Féérique. Mortifère. Drôle. Dramatique. Poétique. Surprenante.

Vangual – le verrou du temps est un roman atypique. Comme j’en ai rarement lu. Un mélange de conte de fée. De combats de titans. De mondes fantastiques aussi différents les uns que les autres. Chaque ligne, chaque page, chaque chapitre vous fait pénétrer dans un monde différent mais qui complète le précédent et le suivant.

Vangual – le verrou du temps est un roman qui se dévore. Dont on se délecte. Un roman que l’on savoure jusqu’au point final. En le refermant, on se rend compte des déferlements d’émotions qui nous ont accompagné durant toute la lecture. Les images continuent à flotter dans la tête tant ce fut beau et envoûtant. J’ai aimé chaque personnage avec ses mystères. Ses différences. Un vrai régal.

Laissez vous emporter au rythme des mots. Des aventures. Des situations rocambolesques. LE livre à lire pendant ses vacances.

Ma note 18/20

ISBN  9781980627760

Lena Wilder – Carnet 2 Féroce – Johan Heliot – 2018

Quatrième de couverture

Nouvelle alpha de la horde, Lena s’embarque avec ses amis dans un périple mouvementé qui la conduira à la découverte de ses origines, dans un village secret au nord du pays. Mais, ses ennemis la traquent. Qu’adviendra t-il s’ils découvrent avant elle l’existence de cette ancienne lignée?

Mon avis

Une jeune fille. Une adolescente. Ballotée par la vie. Par les choix de sa mère. Une adolescente comme les autres. En apparence.

L’histoire d’un destin. D’une hérédité. D’une malédiction?  Des questions fusent. Des idées vite repoussées. Un choix. Est-il possible de choisir? N’est-il pas plus simple d’accepter? De subir? Que dire aux autres? Quel lien avec l’hérédité?  L’histoire d’une adolescente avec son destin. Face aux secrets de famille. Face aux cadavres dans les placards. Un poids qui n’est pas facile à porter.  Surtout quand sa vie tourne autour  de la vie du lycée et des amis.

Tout se passe doucement. Au rythme de Lena. De ses découvertes. De ses décisions. De ses adaptations. Lena Wilder Carnet 2 Féroce est  un roman envoûtant. Mine de rien.  Les chapitres sont courts et titrés. La lecture est facile. Pas de fioritures. Mais des mots qui marquent. Qui claquent.  Qui résonnent. Qui intriguent. Qui tiennent en haleine.

Une histoire particulière, mais si belle. Si insolite. Si humble. Une histoire qui emporte les personnages au bout d’eux-mêmes et de leurs doutes. A la place de Lena, qu’auriez-vous fait?  Qu’auriez-vous pensé? Comment auriez-vous géré votre vie?

Lena Wilder commence comme une banale histoire d’une adolescente au bord de la rupture pour finir en apothéose. Une histoire qui ressemble à une quête. Une quête sans fin et sans illusions. L’histoire d’une prise en main. D’une vie. D’une destinée. D’une responsabilité hors du commun. Lena Wilder carnet 2: féroce est un roman tout en finesse. En force. Un roman profond. A lire impérativement tant il est fort et addictif.

 

Ma note 17/20

ISBN  9791097434144  Ed. Lynks  248 p.

Hazadef, le crépuscule des Dhals – Ana Kori – 2018

Mon avis

Le titre Hazadef, le crépuscule des Dhals, m’a tout de suite intriguée. Et, oups, j’ai ouvert la boîte de Pandore…. J’ai découvert un monde merveilleux  qui vous invite à le suivre dès les premiers mots. Un monde qui est équilibre. Un monde qui est amour. Un monde qui ne ressemble à nul autre.  Un monde où le karma est une belle et douce réalité. Un monde où tout est initiation. Jusqu’à ce que…. Le grain de sable. Toujours ce fameux grain de sable. Et ce monde fut.

Hazadef, le crépuscule des Dhals est une superbe histoire. Une histoire entre une quête et une odyssée. L’histoire d’une prophétie. Quel est le danger? Est-il éminent? Que faire?  La prophétie se réalisera t-elle? C’est ainsi que l’on se laisse prendre par cette histoire. Une histoire où les personnages ne ressemblent qu’à eux-mêmes et sont forts de leur particularité.

Hazadef, le crépuscule des Dhals est un roman qui vous accueille , vous enveloppe et vous emporte dans un conte qui n’en est pas un. Un roman qui vous envoûte par la beauté de ses personnages. Des mots. De l’histoire. Un roman où on s’évade  dans un monde des mille et une magies. L’écriture est légère et vous emporte sur l’aile de la magie Ottomane. La lecture est facile et addictive. Eh oui, une fois le livre ouvert, on ne le lâche plus.

J’ai aimé Okriana. Belle femme et belle âme.  Femme forte. Douce. Juste. Femme intègre face aux Dhals. J’ai adoré ce monde. Cet univers. Ana Kori a signé un véritable chef-d’oeuvre. D’une grande beauté. Découvrez-le. Vous ne le regretterez pas.

Ma note 19/20

ISBN 9791022764599   Ed. Bookelis  510 p.

Les sous-Teckels – Virginie Vanos – 2014

Quatrième de couverture

Ils sont parmi nous! La majorité silencieuse, les conformistes passifs-agressifs, les petits esprits trop bien-pensants, nourris de préjugés et emplis de « prêt-à-penser »! Comment donc être heureux et tenter de se faire une place au soleil alors que l’on est considéré comme un outsider?

 

Mon avis

Sincèrement, je ne savais pas dans quoi je m’embarquais au vu du titre du roman. Je me suis régalée et bien amusée. Un regard fort. Très fin. Sur l’Humain. La naissance des « bien pensants ».  Une Horde qui se forme et se serre les coudes dès l’enfance. Attention à ceux qui ne rentreront pas dans les cases qu’ils ont créées. Leur vie sera un enfer. Quel que soit leur âge. Un regard sur la réaction sociétale face à celui qui ne correspond pas, qui ne ressemble pas à leurs exigences. A celui qui est différent.

J’ai aimé les sous- teckels. Une sorte de tendresse pleine de souvenirs. Eh oui, j’ose le dire, des souvenirs. Qui n’a jamais fait partie ou été victimes des sous – teckels? Chacun s’y retrouve. Bien malgré lui, parfois. On voit évoluer ces bêtes. Nuisibles pour eux et pour la société. Ces êtres que l’on retrouve dans toutes les strates sociales. Une belle analyse de l’Humain. Pleine d’humour. D’une profonde acuité aussi.

Les sous – teckels est un livre qui ne laisse pas indifférent. Qui questionne les consciences. J’ai un peu buté sur les initiales ST à la place de sous – teckels, tout au long du roman. C’est le seul bémol. Voici un livre à lire pour se régaler. Questionner nos actes. Analyser notre comportement.  A lire. Tout simplement.

 

Ma note 17/20

9782332765 703  Ed. Edilivre  177 p. 16€

Ma vision de Montluçon – Nathan Serny

Mon avis

Un petit livre très fin. Un livret que l’on peut emporter avec soi partout, en le glissant dans son sac. Une couverture sobre avec juste un oeil. Un oeil qui symbolise ce regard plein d’amour que Nathan Serny pose sur sa ville.

Nathan Serny nous propose d’aller à la rencontre de Montluçon comme il la voit et comme il l’aime. De nombreuses et belles photos en noir et blanc, en couleurs. Je ne connaissais Montluçon que de nom. J’ai pu la découvrir. Ce qui est appréciable, c’est que l’on voit la richesse architecturale, culturelle de cette belle ville.  On découvre aussi certaines traditions culturelles.

Nathan Serny nous donne certaines explications sur l’architecture, les traditions, les manifestations culturelles de Montluçon. Cependant, des explications plus complètes sur les manifestations, plus détaillées sur l’histoire des monuments auraient mis sa ville plus en avant. Ce qui ne nous empêche pas de découvrir une ville pleine de vie. Un livre intéressant.

 

Ma note 14/20

ISBN 9781983248900

Hamsi et Vica – Emma Laforêt – 2018

Quatrième de couverture

Hamsi est une jeune vache indienne dont la race est en voie d’extinction. A la mort de son propriétaire, elle se retrouve dans un petit monastère hindou du sud de l’Inde où la vie se révèle de plus en plus difficile. Heureusement, elle se lie d’amitié avec Vica, un corbeau gourmand et dégourdi, qui l’aide à retrouver sa joie de vivre.

 

Mon avis

Quand on lit les livres jeunesse, on retrouve son innocence et ses rêves d’enfance. On retourne en enfance. Avec beaucoup de bonheur. Quoi de plus exaltant que de se glisser dans la vie, les pensées d’une vache sacrée. On souffre avec elle. On se questionne. On doute. Hamsi et Vica est un beau conte.  L’histoire d’une amitié inconditionnelle. Au-delà de la différence. Une belle histoire de tolérance.

Hamsi et Vica est l’histoire d’une quête. D’un voyage  initiatique où le jeune lecteur apprend à découvrir l’autre. A découvrir les traditions indiennes. A la fin du livre, il y a un glossaire qui permet  de comprendre les mots utilisés. Il y a aussi un quizz qui offre au lecteur la possibilité de faire de belles découvertes historiques  et traditionnelles indiennes.

Hamsi et Vica est un très beau conte qui aide à comprendre et accepter la différence. Ce qui est primordiale dans un époque comme la nôtre. C’est un conte éducatif pour tout le monde. Une très belle histoire à lire. Pour le plaisir.

 

Ma note 17/20

ISBN 9782378730826   Ed. Ex Aequo Coll. Saute Mouton 82 p.  9€

 

La source S – Philippe Raxhon – 2018

Quatrième de couverture

Quel est le point commun entre le philosophe romain Sénèque, l’écrivain Oscar Wilde et l’empereur Napoleon 1er? La source S. Qu’est-ce qui relie Paris, Palerme, Dublin, Tel Aviv, Rome, Waterloo, Sainte-Hélène et les chemins de la mémoire? La Source S. Qu’est-ce qui pourrait bouleverser notre vision historique du monde? La Source S.

Qu’est-ce qui peut réunir un historien renommé, professeur à la Sorbonne, jouisseur, gourmand et amateur de grands vins sans modération et une jeune chercheuse sicilienne amitieuse, instable et sensuelle à tomber par terre? La Source S.

Qu’est-ce qui peut tuer ou inviter à tuer dans un raffinement de cruauté? La Source S.  Qu’est-ce qui constitue une énigme insoluble, et le restera peut-être, même à la dernière page? La source S? Qu’est-ce qui est authentique dans cette histoire? L’impact de la Source S.

 

Mon avis

Voilà un thriller comme je les aime. Qui vous fait réfléchir à tel point que vos neurones hissent le drapeau blanc. Oh oui, je vous l’assure. Un thriller qui changera votre regard sur le monde qui vous entoure.  L’histoire du Monde est-il réellement ce que l’on sait ou l’on pense savoir? Qu’en est-il réellement?

La découverte d’un document  qui interroge les certitudes du Monde.  Qui pourrait bouleverser son évolution  et faire voler en éclats  bien des théories. Et là, c’est le début du début de l’histoire. Puis, arrive un grain de sable qui perturbe la routine mondiale surfaite. On rentre de plein pied dans le monde secret des hautes sphères. Cette fameuse source S qui affole le monde entier, quelle peut être son lien avec le monde que nous connaissons. Quel danger représente t-elle?

D’un coup, tout se précipite. Le suspens se fait plus pesant. Le rythme s’accélère. Les mots deviennent plus secs. Plus durs. Je me suis surprise à m’accrocher à ce livre, le souffle court. Oui, je sais, c’est insensé. Pourtant, c’est vrai.  Une fois que l’on commence à lire, on se retrouve à penser à la théorie du complot. On se sent nerveux et comme François et Laura, on commence à trouver des coupables partout et en tout un chacun. En qui avoir confiance? Faut-il tout révéler? dans quel but? Quelles peuvent être les conséquences?

Dans la Source S, il y a tout pour vous faire passer un très bon moment de lecture. Un secret. Des courses poursuites. Des filatures…. on est merveilleusement piégé. Dès les premiers mots. Pour notre plus grand plaisir. Un conseil: Lisez-le et laissez  – vous prendre par l’histoire. Vous ne le regretterez pas.

 

Ma note 18/20

ISBN 9791026219750  Ed. Librinova  397 p.

 

Bucéphale et Alexandre – une amitié interdite – Marjolaine Pauchet – 2018

Quatrième de couverture

Le père d’Alexandre est éleveur de taureaux de corrida. Le garçon grandit dans le milieu de la tauromachie qu’il adore. Jusqu’au jour où né dans l’exploitation, un jeune taureau, Bucéphale. Etre le garçon et l’animal née une amitié extraordinaire qui va tout balayer, les anciens rêves, les certitudes et les doutes. Mais, comme tous les taureaux de l’exploitation, Bucéphale est destiné à mourir dans une arène. Pour le sauver, Alexandre est prêt à tout. Aidé de sa fidèle chienne Vadrouille, il s’enfuira et devra affronter l’incompréhension, mais découvrira aussi des mains tendues. Cela suffira t-il à sauver Bucéphale?

 

Mon avis

Alexandre, neuf ans, vit dans une belle maison en Provence. La tauromachie est une de ses passions. Pour faire comme son père. A cet âge, la vie joue parfois bien des tours. Une belle histoire entre un enfant et un veau. Quoi de plus naturel? De plus simple? Nous assistons à cette rencontre. Toute en tendresse. Deux êtres que tout séparait se rencontrent. Se reconnaissent. Grandissent et avancent ensemble dans la vie.

Alexandre, le petit héros et son compagnon Bucéphale nous font vivre une belle histoire. On se surprend à soutenir Alexandre dans ses pérégrinations avec son ami. Emouvante. Tendre. Ce jeune Don Quichotte de Provence arrivera t-il à ne pas perdre son ami? A lui éviter de finir sa vie dans une arène? Un voyage au bout de soi. Au bout de l’amitié. Un voyage initiatique qui mène à la maturité. Un voyage qui fait fi des traditions.

Bucéphale et Alexandre – une amitié interdite se lit d’une traite. Agréablement. Une histoire envoûtante.Que de beauté! Que d’amour! Que de force! Que de tendresse! Un très beau livre à lire absolument. Peu importe l’âge.

 

Ma note 18/20

9782955194256  Ed. de la goutte d’étoile  219 p.   7,90€

Aztèques La croisée des Mondes – Eric Costa – 2018

Quatrième de couverture

Teotitlan 1517. Ameyal fille de chef téméraire, fière et impulsive, est enfin admise comme concubine. Le rêve qui se cache derrière son regard de jade: s’évader du harem d’Ahuizotl, le monstre aquatique. Mais, pour y parvenir, elle devra payer le prix.

D’un côté, la liberté et la vie. De l’autre, la mort ou la prison. Entre les deux, un parterre de fleurs sublimes et vénéneuses. Des rivales et ennemies qui ne lui laissent aucun répit. Un Maître qui la poursuit. Une alliée folle de désir. Une déesse qui l’a choisie pour servir d’obscurs desseins. Comment s’échapper de cette cage dorée?

Mon avis

Une cérémonie qui nomme les nouvelles concubines. Tel est le début de ce roman. Une cérémonie modeste qui permet à des femmes d’évoluer au sein du harem. Un harem qui ressemble à tous les autres à travers le monde. Où la vie, les amis, les inimitiés se font et se défont au rythme des intrigues. Ameyal y fait ses premières armes de concubine et n’a qu’un rêve : s’échapper.

Une belle histoire toute en finesse où les traditions Aztèques affleurent à chaque cérémonie. Où les traditions et les règles du harem montrent la rigidité de ce monde fermé qui fait fantasmer beaucoup de monde. Cette vie dans ce huis clos n’est pas de toute tranquillité. Et  Ameyal apprend vite. Aztèques La croisée des chemins nous emporte dans la suite des aventures de notre héroïne. Héroïne dont on ressent profondément les sentiments. Que l’on voit évoluer au fil des pages.

J’ai eu un coup de cœur pour Ameyal. Pour sa vie. Ses douleurs. Ses souvenirs, bons ou mauvais. Cette femme-enfant en avance sur son siècle. Dont les choix ne cadrent pas avec les traditions du harem. Cette jeune femme que son passé force à regarder vers l’avenir malgré les blessures du présent. Que lui réserve justement l’avenir? Arrivera t-elle à accomplir ses rêves?

Bien que ce soit la troisième saison, Aztèques – La croisée des mondes se lit aisément, séparément des deux premières saisons. Un roman qui se lit d’une traite tant il est prenant. Une très belle lecture.

 

Ma note 17/20

ISBN 9781980911168    330 p.

Le projet Traumaless – Philippe Mangion – 2018

Quatrième de Couverture

Quand l’Intelligence Artificielle se mêle de l’inconscient…. Brain Corp, une société spécialisée dans les neurosciences prétend effacer en quelques semaines les traumatismes refoulés qui handicapent notre quotidien.

Dans un premier temps, enthousiaste, le Dr Kaufman devient un opposant au traitement, après avoir découvert des effets secondaires irréversibles sur la personnalité. Le roman est construit autour de trois cobayes du Projet Traumaless, au destin hors norme. Il décrit leur évolution psychologique autant que les relations qui se nouent entre eux.

Agnès est une artiste dont le traitement perturbe l’inspiration. Victor est un surdoué empêtré dans l’obsession de trouver la théorie qui régit notre psychisme. Mehdi est un délinquant aux rêves de Gatsby le magnifique.

Mon avis

Un recrutement. Des psychologues. Des psychiatres. Des savants. Un projet. Des secrets. Dès la première page, on est mis dans l’ambiance. Feutrée. Un chouïa glaciale. on commence à se questionner. Des projets? Pour le bien de qui? De quoi? De la science? De l’Humain? Tout commence en douceur. L’air de rien. Puis, on entre dans la vie des cobayes. Le monde change. Les mots aussi. Sans oublier les cobayes.  Que se passe t-il? Peut-on changer l’âme humaine? Pour quel bénéfice? Quelles en sont les conséquences? Un miroir aux alouettes? L’enjeu n’est-il pas plutôt commercial?

Nous suivons les tribulations des bénéficiaires du traitement et nous nous surprenons à chercher ce qui a changé. Ce petit truc qui fait penser que finalement la science a peut-être réponse à tout. A chercher ce qui a été amélioré dans la vie de chaque cobaye. Lentement, sans trop s’en rendre compte, nous sommes pris dans cette histoire intrigante. Une histoire intrigante qui pourrait aller bien loin. Peut-être trop loin.  En entraînant l’Humanité dans des choix cornéliens. Dangereux. Suicidaires.

Le projet Traumaless est superbement écrit. C’est un roman dérangeant. Qui questionne au plus profond de soi. Un roman qui nous pousse à arrêter notre narcissisme habituel pour réfléchir à demain. A notre Monde. A l’Humanité. Un livre qu’on referme, mais qui nous ouvre d’autres horizons. Qui nous laisse dans l’expectative. Un  très beau roman.

 

Ma note 16/20

ISBN 9781976867927  212 p.

 

 

De profundis – Eric Maliska – 2018

Quatrième de couverture

Je suis impatient. Voilà plusieurs semaines que j’attends le dérivateur des champs. Une pièce maîtresse dans mon oeuvre. Je n’en suis pas encore à me ronger les ongles, ni à faire tout à fait les cent pas, mais mon acrimonie s’est accentuée de façon perceptible au fur et à mesure de l’attente. Ce n’est pas la première fois cependant que l’on me verra faire preuve d’une telle acerbité.  Sans aller jusqu’à dire que j’en suis coutumier, ceux que je dois conventionnellement nommer mes chers collègues ne s’étonnent guère d’une telle humeur…. On ne me situe pas volontiers dans cette partie de la société, composée de gens aimables dont on attend, le matin en arrivant, un mot aimable, un sourire affable ou  une plaisanterie. J’ai cependant renoncé depuis longtemps à toute amélioration de mes rapports sociaux. Je suis « ailleurs », concentré sur mon projet. Il est inutile de m’encombrer de rapports humains qui ne m’ont jamais vraiment réussi, même s’ils m’ont sûrement manqué.

Mon avis

Au début, j’ai pensé que c’était un livre de scientifique pour des scientifiques. Je me suis trompée. Le ton est donné dès le début. Une vague impression de lire le journal de grincheux ou du Schtroumpf grognon. C’est édifiant. Un grand râleur qui rejette une société dans laquelle, malgré lui, il essaie de se faire une petite place. De montrer qu’il existe. Ne dit-on pas que râler est un signe d’existence? Nait – on râleur ou le devient – on?

Puis, on découvre un être pétri de rêves. De désirs. D’amour de l’autre. Que lui est-il alors arrivé? Quelle est la place de l’autre dans ce trait de caractère?  Que dire de la timidité dans tout çà? Quel est le rôle de la vie, du quotient intellectuel dans la définition d’un caractère? Ainsi découvre -t-on un homme un brin obsédé.

J’avoue avoir souri à certains passages tant l’humour est fin. D’une profondeur exquise. Cependant, je n’ai pas aimé le fait que les chapitre soient trop condensés. Qu’il n’y ait pas d’espace entre les lignes. Ce qui n’enlève rien à une histoire touchante. Pleine d’humour. Profondément humaine. De Profundis nous fait plonger au plus profond d’un homme. De sa vie. De ses désirs.

Voici un livre vraiment touchant. Il est écrit à la première personne. Ce qui crée rapidement un lien avec le personnage. Un Homme pétri de maladresse. D’humanité sincère et profonde. Il aime l’Humain. Mais, l’Humain ne l’aime pas tant que ça. Un personnage très attachant. Un livre à lire. Vraiment.

 

Ma note 16/20

ISBN 9781515131748  300 p.

L’Arbre-Fontaine – Pierre Cousin – 2018

Quatrième de couverture

Lucie a 9 ans. Elle vit seule avec son père dans un hameau de Touraine. Elle rejoint très souvent ses grands parents dans leur maison au cœur de la forêt, où son grand-père est garde-chasse. Chaque jour, elle s’émerveille des spectacles que lui offre la nature et savoure tous les instants de sa jeune existence. Mais, la nuit, dans ses rêves, sa quête du mystérieux arbre-fontaine la transporte vers d’autres horizons et une rencontre troublante.

 

Mon avis

J’ai voulu sortir de ma zone de confort. Je ne le regrette pas. Je m’attendais à une écriture un peu simple du fait du public ciblé: les Jeunes. Mea culpa. Que nenni. En fait, c’est un roman qui touche notre âme d’enfant sans égratigner notre maturité d’adulte. Pour notre plus grand bonheur.

Lucie s’évade à travers ses rêves et vit beaucoup d’aventures. Elle vit une enfance heureuse. Elle adore aller dans les bois pour épier les animaux dans les endroits mentionnés par son grand-père. De plus, elle explore ces endroits inconnus à la recherche de son arbre mystère. Que de rencontres! Que d’aventures! Que de nouveaux amis! Une vie entre le rêve et la réalité. Deux mondes totalement différents se mêlent, s’entremêlent, se séparent pour mieux se rejoindre et donner naissance à un art de vivre.

L’arbre-fontaine se lit facilement. Les chapitres sont courts. L’histoire est très prenante et très belle. Les jeunes y retrouvent la richesse de faune et de la flore française. Que de curiosités! Des oiseaux aux noms exotiques. De belles découvertes. C’est un live qui attisera la curiosité des lecteurs. Curiosité qu’ils pourront éprouver lors de petites ballades dans les bois. Un très beau livre.

 

Ma note 16/20

9782378732912   Ed. Exæquo   Coll. Saute-mouton   18€

Trocs de choc – Jean-François Thomas – 2018

Quatrième de couverture

Où est donc passé Timo? Sa disparition aurait – elle un rapport avec ces étranges objets que Julien et Singh ont découverts et rapportés à l’école pour faire du troc? Laurianne en est persuadée. Elle décide de se joindre aux deux garçons pour retrouver Timo et percer le mystère.

 

Mon avis

Une exploration des grottes. Une curiosité. Des bidules bizarres. Un troc. En toute innocence. Des échanges de gamins dans une cour de récréation. Rien de bien spécial. Détrompez vous. C’est le début d’une belle aventure pour Timo. Une aventure qui débute avec un « truc » qui ne lui a coûté que des broutilles. Une broutille qui a échappé à la curiosité de sa sœur. Ce qui est rare.

Dans trocs de choc, on retrouve cet esprit aventurier, cette curiosité qui anime tous les enfants de la terre. Ces moments où le monde leur appartient. Loin des adultes. Un rêve. Mais, comment faire quand il se réalise? Comment faire lorsque la peur, la solitude, la curiosité et l’impression d’avoir fait une grosse bêtise se bouscule dans sa tête d’enfant? Faut-il avancer? Comment revenir en arrière? Les amis de Timo réussiront – ils à le retrouver? Ce suspens tient en haleine durant toute la lecture. On ira de découverte en découverte.

Trocs de choc est très bien écrit. Les chapitres sont très courts. Ce que j’aime avec cette collection que je découvre, c’est que ces livres Jeunesse peuvent être lus par tout le monde. Pas seulement les Adolescents. J’y ai trouvé un grand plaisir. Une très agréable lecture.

 

Ma note 16/20

9782378730529  Ed. Exæquo  Coll. Saute-mouton  137 p.  12€

Une plume sur l’épaule – Viviane – Illustrations Lea Moulin – 2018

Quatrième de couverture

De retour d’un voyage, Charles offre à sa fille un livre fabuleux. En le feuilletant au creux d’un chêne centenaire, Mylène s’évade dans un monde magique et se lie d’amitié avec des rapaces. Un voyage initiatique durant lequel elle va découvrir le secret du peuple Sioux, sa sagesse et son harmonie avec la nature

Mon avis

Mylène est une petite fille comme les autres. Elle a un petit frère qu’elle supporte juste un petit peu. Des parents très pris par leur emploi respectif. Heureusement qu’elle a une passion: la lecture qui l’aide à s’évader. A rêver.

Une plume sur l’épaule emporte les enfants dans un beau rêve. Oui, quel est l’enfant qui n’a jamais voulu partir au loin? A la rencontre de nouveaux êtres? Sauver le Monde?  Les Mondes? Mylène a pu vivre cela grâce à son ami Tekao. Elle découvre un univers qu’elle n’aurait jamais imaginé. Un univers où la nature est reine. Où la nature est respectée. Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Dans notre monde actuelle, la nature est torturée. En constante révolte. Une plume sur l’épaule apprend aux futurs adultes à la respecter.

Une plume sur l’épaule est un très beau livre. La couverture est épaisse et l’illustration superbe. Les chapitres sont courts et introduits par un chêne. Un beau livre pour les enfants à partir de 8 ans. Je pense qu’il peut être mis entre les mains de tous les enfants. Ce qui augure, pour les tous petits, de beaux moments de complicité avec leurs parents. Et pour les grands. Pourquoi ne pas retrouver avec plaisir son âme d’enfant? Pour moi, ce fut le cas. Cerise sur le gâteau, à la fin du roman, il y a des images, des textes qui prolongent l’évasion du lecteur. Les enfants apprécieront…. Les adultes aussi….

Ma note 18/20

9782378734169  Ed. Ex Aequo  Coll. Saute-mouton 69 p.  8€

Anna et la dame du fond de la forêt – Marjolaine Pauchet – Illustration : Miia Illustratrice – 2018

Quatrième de couverture

Alors qu’Anna sort de l’école, un oiseau vient lui demander son aide. Vite, vite, suivons-le!

 

Mon avis

Anna est une petite fille rêveuse et presque solitaire. Elle préfère la compagnie des animaux à qui elle parle pendant des heures entières. A sa grande surprise, un jour, un oiseau va lui répondre. C’est le début d’une très belle aventure  Le genre d’aventure qui nourrit les rêves de tous les enfants. Avec l’aide de tous les animaux de la forêt, de la nature, elle va essayer de venir en aide à un animal sauvage

A travers cette histoire, l’enfant apprend la notion d’entraide, de dépassement de soi et de ses peurs, de responsabilité et la capacité à solliciter un tiers pour dépasser ses limites. Il apprend aussi et surtout le respect de l’autre et de la différence.

Anna et la dame du fond de la forêt est un très beau livre avec une couverture cartonnée et très colorée. Les illustrations sont vraiment très belles at accrochent le regard. Et à la fin, il y a de très beaux dessins à colorier. Ce qui permettra au petit lecteur de s’approprier son livre et de le personnaliser.

 

Ma note 18/20

9782955194249    Ed. La goutte d’étoile   14,50€

Civilisation – Le réseau de Seth – Tome 1 Sylvain Sylvestro 2018

Quatrième de couverture

L’histoire se déroule dans un passé lointain, très lointain…. racontant le destin d’une civilisation prise au piège entre sa dépendance de la technologie et des tempêtes de plus en plus violentes et fréquentes. Mais, ces dernières cachent quelque chose d’autre, quelque chose de dangereux, tapie dans l’ombre…. Quel avenir peuvent encore espérer les habitants de Seth? Le dernier continent encore habitable va-t-il subir le même sort que les autres ?

Torik et son amie vont bien malgré eux être entraînés dans une aventure périlleuse pour tenter d’obtenir des réponses.

 

Mon avis 

J’avoue que le titre Civilisation – le Réseau de Seth m’a intriguée. Ce que j’ai découvert va au-delà de mes espérances. Le Réseau. Un grand mystère. Mystère qui gère la vie sur Seth. Tout est calculé. Dosé. Est-ce pour le bien des habitants? Eh oui, le Réseau s’occupe de tout. Mais, quand il n’en a plus la possibilité, que se passe t-il? Difficile d’agir, de prendre des initiatives pour des personnes qui ne savent plus réfléchir par eux-mêmes?

Un monde où tout est automatisé. Sans exception. Un monde où la routine est reine et où les questionnements brillent par leur absence. Elles sont quasi inutiles. Est-ce le monde de demain? En plus, dans ce monde, le climat fait des caprices. A une époque où le réchauffement climatique est un grand enjeu, Civilisation – le Réseau de Seth nous montre une probabilité future. Pas très rassurante.

Torik et Crista, confrontés à l’inédit, nous entrainent dans leur aventure. Il font face à la mort, à l’horreur. Que se passe t-il? Pourquoi ces tempêtes? Quelle en est l’origine? Y a t-il un piège? Que vont découvrir nos héros? Vont-ils réussir à trouver une solution ?Comment vont-ils s’y prendre? Vont-ils réussir à sauver Seth?

Civilisation – le Réseau de Seth est une belle lecture qui nous pousse à nous interroger, sur notre époque où c’est la course à l’Intelligence Artificielle. J’ai passé un agréable moment de lecture. J’ai hâte de découvrir la suite des aventures de Torik et de Cristina.

 

Ma note 16/20

ISBN9781977044181  168 p.

Artahe le Dieu ours – Philippe Ward – 2018

Quatrième de couverture

Après dix années passées à Paris, Arnaud revient vivre à Raynat, village pyrénéen moribond. Il retrouve avec émotion Berthe Galy, une vieille femme malade qui a aidé sa grand-mère à l’élever après la mort de ses parents et Cathy, une amie d’enfance qu’un accident a rendue aveugle. Son retour coincide avec l’apparition d’un mystérieux ours qui ne se contente bientôt plus de massacrer des moutons et s’attaque aux hommes.

 

Mon avis

L’histoire d’un retour aux sources comme il en existe tant.  Un retour qui peut être à l’origine de beaucoup de phénomènes. En quelques jours, un choix qui bouleverse la vie d’un homme. Sa perception du monde. Du destin. Le début d’une nouvelle vie. Comme dans tous les villages reculés de France et de Navarre, cette vie est enfouie sous une tonne de secrets.  De non dits. De dires qui n’ont aucun sens. Apparemment. Et si comme le disait le proverbe:  » il n’y a pas de fumée sans feu  » ?

Une légende. Une histoire dans une atmosphère de secrets.  Est-ce le début d’une tragédie? Arnaud, héros bien malgré lui, a t-il eu raison de retourner sur les lieux de son enfance? Fera t-il la part des choses entre les légendes et la réalité? Quel est le secret qui plane sur ce village? Une sorte de chasse au trésor pas si virtuel que ça?

Chaque paragraphe amène son lot de question. D’indices. L’histoire se déroule doucement au rythme d’un village qui n’a peut-être plus d’avenir. Autour d’Artahe, des histoires naissent, s’inventent ou disparaissent dans le terroir de légendes séculaires.

Artahe le dieu ours est un voyage initiatique pour Arnaud. Un voyage à travers l’histoire, les légendes de son village. Un voyage qui l’aidera, sans aucun doute, à se retrouver. A se réconcilier avec le passé de sa terre natale. Son destin est-il lié à Artahe?  Au fait, qui est Artahe? Des questions qui trouveront peut-être réponse. Voici un roman très agréable à lire. C’est une très belle histoire sur fond de terroir. Un très beau moment de lecture.

 

Ma note 17/20

ISBN 9782350686141  Ed. Cairn 283 p.  Broché 17€

 

Le voyage de Kirikoustra – Livre premier -Kirikoustra – 2016

Quatrième de couverture

Kirikoustra, lui qui se voulait devenir, se verra peut-être lu par vous cet autre qui dans vos mains détenez un fragment de son histoire, de notre Histoire.

« A travers les âges, je vous mènerai malgré vous à ce présent que vous avez voulu ignorer. Oh oui, vous qui l’avez chassé, l’Homme Dernier se rappellera aujourd’hui à vous. Alors, un peu de courage, le voyage saura se faire court, et loin de moi l’idée de vous sortir de votre quotidien, seulement le mettrai-je à la lumière de la pensée, de notre pensée! »

Ainsi aura parlé Kirikoustra, lui qui par vous aura toujours voulu être compris….

 

Mon avis

Kirikoustra. Kirikoustra…. Zarathoustra. Dès que j’ai lu la première ligne, j’ai su que j’étais dans mon élément. Ce roman semble déjanté. Illogique. Ecrit sans repères aucun. Que nenni! Il est tout ce qu’il y a de plus logique. Qui n’a jamais, un jour où la vie fait des caprices, pris l’initiative de se refermer sur lui. De s’interroger. De faire un voyage intérieur. Pour se panser. S’aimer. Se protéger. Combien de personnes à notre époque méga connectée, se retrouvent seules. Faces à elles-mêmes et à leur vie.  Des questions. Des réflexions. La vie. La mort. L’absurdité de la vie. L’inéluctabilité de la mort. Questionnements vains. Mais nécessaires.  La liberté de pensée. D’être. De devenir. La liberté, tout simplement. Pas si simple. Pas si évident. Kirikoustra s’analyse. Nous analyse. Partage avec nous ses réflexions. Ses évidences. Ses contradictions qui sont aussi les nôtres.

Quel plaisir! Quel régal! On a l’impression d’assister à une joute oratoire entre Kirikoustra et Zarathoustra. En plus moderne? Pas si sûr. Cette vanité en soi. Ce combat de Titans qui n’en est pas un.  Pourquoi faire une joute verbale alors qu’il suffit juste de se laisser vivre. D’accepter. De supporter.  De se porter. C’est un voyage à l’intérieur de l’Humain. De sa suffisance. De ses faiblesses. De ses forces. De ses peurs. Kirikoustra est la terre. La planète. Notre avenir. Notre existence. Avec brio…. L’Homme est égoïsme. Nombrilisme. Vain. Des soucis du quotidien vécus comme des agressions contre soi. Ô égoïsme quand tu nous tiens!!

Des questions troublantes que  nous nous sommes tous posées sur notre société hyper développée, hyper tout. Ce roman n’est-il pas le fruit de l’égoïsme? Du moi de Kirikoustra? Pourquoi communiquer avec les autres si on veut se laisser vivre et ne pas subir la vie? N’est-ce pas une lutte stérile comme toutes celles qui existent de par le Monde? Combien de vérités, de contre-vérités poussent Kirikoustra à prendre la plume? Ah l’Humain! Kirikoustra se veut déshumanisé. Pourtant il est si humain par ses réflexions. Ses doutes qu’il confie à son alter ego Plume.

Ce livre interroge. Fait sourire à certains moments. Pousse à une réflexion qui se fait en parallèle à Kirikoustra. Une ballade épique à travers le monde de l’Humain et de sa conscience. Une très belle ballade. Un très beau voyage que je conseille à tous les curieux.

 

Ma note 17/20

9782956029113  73 p.  Broché 4,99€  Kindle 0,99

 

Nouvel Horizon – Yann-Cédric Agbodan-Aolio – 2017

Quatrième de couverture

Septembre 2088. S’ouvre pour la13ème année consécutive la sélection des candidats  pour l’admission au programme Nouvel Horizon. Cette nouvelle année sera loin de se dérouler comme les précédentes …

L’humanité est-elle toujours maîtresse de son évolution? Telle est la question que l’on peut se poser en lisant ce livre. Ce roman post-apocalyptique aborde les sujets du transhumanisme et de la biologie synthétique au service de la survie des Hommes immergés dans un monde toujours plus malmené par une Nature  et une Technologie imprévisible.

Mon avis

L’Intelligence Artificielle. Les robots. Leur place dans l’Humanité de demain. Des sujets très actuels. Ce sont les sujets de ce roman. J’adore la science fiction. Elle titille toujours l’imagination. Elle fait voler en éclats les certitudes. J’avoue qu’avec Nouvel Horizon c’était un peu particulier. Le début a été un peu difficile car l’histoire se met en place lentement. J’ai apprécié que l’action se passe en Afrique. C’est assez rare pour le signaler.

Dès le départ, on se trouve face à de nombreux personnages qui aident à tisser l’intrigue. A comprendre que la situation n’est pas aussi idéale qu’elle ne le paraît. Une sorte de huis clos entre initiés. L’histoire se déroule à travers leur discours. Ce qui rend ce roman particulier et intéressant. Et, quand l’action débute, le suspens nous tient jusqu’au bout. Des questions commencent à se poser. Que se passe t-il? Quel est le but de cette mission? Que réserve t-elle à l’Humanité? Est-ce vraiment pour son bien? Peu à peu des vérités voient le jour. Ces candidats sont-ils vraiment ce qu’ils avancent?

Le Monde des Humains dirigé, guidé et assisté par une entité, une Intelligence Artificielle douée de sentiments. Qui est peut-être plus humaine qu’elle ne le pense. Un projet qui tient en haleine le monde entier. Est-ce notre futur? Est-ce l’avenir que nous créons pour nos enfants? Est-ce le monde que nous leur lèguerons? Faut – il l’aide d’une intelligence artificielle pour sauver les terriens? Nouvel Horizon fait réfléchir, surtout à une époque où le réchauffement climatique est un enjeu mondial. Une urgence. On se projette facilement vers l’avenir avec des « si », des « pourquoi », des « comment » car nous nous sentons tous concernés.

Nouvel Horizon m’a laissée dans l’expectative. J’ai vraiment aimé et j’ai eu quelques petites difficultés. J’ai aimé l’histoire, l’intrigue. Mais, j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Pourtant, j’ai passé un très beau moment de lecture (je l’ai lu en une journée). Les chapitres sont courts et la lecture facile.

Nouvel Horizon est un roman qui fait réfléchir sur l’avenir de l’homme sur cette terre qu’ils martyrisent jusqu’à plus soif. A mon humble avis, j’aurais été curieuse de savoir comment vivaient les autochtones à cette époque. Cela aurait été intéressant.  Un roman intrigant, qui questionne et fait réfléchir. Une belle lecture.

Ma note 17/20

ISBN 9781976706790  213 p.  Broché 10€  Kindle 2,99€

Fantôme d’amour – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

« Excusez-moi Marie, mais… il y a un truc qui me chiffonne… Est-ce qu’il y a votre corps en morceaux dans la valise? » Marie retrouve son immense sourire. Elle ne s’était pas amusée comme cela depuis une éternité.

« A votre avis? »

« A vous voir comme ça, j’ai déjà du mal à vous imaginer morte. Alors, rangée en tranches… c’est plus fort que moi, j’y arrive pas

-Rassurez-vous alors. Je ne suis pas en petits morceaux et encore moins dans la valise. Si un jour vous deviez faire le curieux, vous ne trouveriez pas un puzzle sanguinolent à l’intérieur

-Merci, vous m’enlevez un poids

-oh ne me remerciez pas! je n’y suis pour rien. je n’ai pas choisi. Je ne sais même pas où se trouve mon corps

-c’est possible ça?

-J’en suis la preuve vivante. Enfin… Vivante… »

 

Mon avis

Le titre « Fantôme d’amour » a éveillé mon intérêt. Je ne suis pas déçue. Dès le début, on se trouve pris dans une scène intrigante. Bizarre. Qui interpelle. Que se passe t-il? Le trouble vous prend à la gorge sans que vous sachiez pourquoi. Quel est ce rituel? Etrange!!! A quoi sert – il ? C’est presque un huis – clos. Léger et plein d’humour. Deux êtres aux antipodes l’un de l’autre qui apprennent à se connaître, malgré le fait qu’ils vivent dans deux mondes différents.

Fantôme d’amour est une histoire toute en douceur qui nous laisse accompagner les personnages dans leur quête. Quête de connaissance, de découverte de l’autre. Pas à pas, nous suivons l’histoire de cette découverte commune. Nous assistons à un jeu du chat et de la souris très subtil. D’une extrême douceur. Une recherche afin d’en apprendre plus sur l’autre. Sa vie. Sa situation actuelle.  L’enquête est fine et se déroule avec une touche de tendresse. Deux personnages aussi étranges l’un que l’autre.

Youn est un homme attachant qui semble délirant, mais, si profondément humain. Les personnes qui gravitent autour de lui sont particuliers. Il ont une sorte de tendresse qui les rend uniques. Même la course à la recherche d’un amour évanescent se fait entre délires, rires, ironie. Le tout, en toute tranquillité. Une course poursuite spéciale après un amour spécial. Un amour presque perdu. Existe t-il vraiment? Est-ce un rêve éveillé?

Le style est très léger et plein d’humour. Et cette impression d’être devant un écran et d’assister à la renaissance de deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer. C’est si agréable! L’écriture est délicate. Les mots sont aussi légers que l’histoire qu’ils racontent.

Les chapitres sont courts et la lecture agréable et facile. Dès le début, on se sent connecté à Youn cet homme troublant et à son obsession. A son délire qui n’en est peut-être pas un.  Sa douce folie. Fantôme d’amour est superbement écrit. Avec cœur. Avec un brin d’humour. Il fait passer le temps sans que l’on s’en rende compte. Un très bon compagnon de vacances. De voyage. Un très beau moment de lecture.

Ma note 18/20

ISBN 9782952857376  Ed. Sindbadboy  Broché 17€  Kindle 2,99€

L’essence des Ténèbres – Tom Clearlake -2018

Quatrième de couverture

La petite ville de St Marys est frappée par des disparitions d’enfants inexpliquées. Cinq au total, en l’espace de quatre mois. Bien qu’aucun indice formel n’ait été relevé par les forces de police, tout porte à croire qu’il s’agit d’enlèvements. Le FBI est chargé du dossier. L’agent spécial Eliott Cooper est envoyé sur place pour enquêter.

Peu à peu, il va être confronté à des faits qui ne relèveront plus de ses compétences d’agent, mais de sa capacité à lutter contre un mal obscur qui semble s’être emparé des forêts alentour de la ville… et ça n’est que le début de son enquête.

 

Mon avis

Dès le début, on se retrouve dans un monde inquiétant, en compagnie de l’agent Cooper dans les balbutiements d’une enquête. Une enquête qui démarre comme toutes les autres. Rien de spécial. Jusqu’à ce que… Et le monde bascula. L’horreur. L’innommable se révèle  et l’enquête prend un nouveau tournant. Et la terreur fut!

L’essence des ténèbres est un roman prenant. Qui ne laisse aucun moment de répit, même si l’enquête commence en douceur. Puis, fil des pages, le rythme se fait trépidant. Pas le temps de reprendre son souffle. Les pages défilent et ne se ressemblent pas. Pour notre plus grand bonheur. Les questions se posent de plus en plus et notre cerveau entre en ébullition.  Ce cauchemar se terminera t-il? Va t-il se répandre à travers la planète? Qui ou qu’est-ce qui est derrière tout çà? On suit le déroulement de l’histoire à travers les mots. Le monde.

L’essence des Ténèbres se lit facilement. Les chapitres sont courts et nous emportent de plus en plus loin dans la noirceur des hommes, du monde, du désir de pouvoir. Au-delà de l’imaginable. Dans l’amour. Amour puissant qui peut lier à jamais deux âmes. Un amour au-delà de l’inexplicable. Dans ce voyage au tréfonds de l’inconnu, la fin devient une apothéose. La réunion de tout ce qui nous a tenu en haleine.

Un très beau roman. Une histoire vécue comme une course effrénée. Vous ne vous ennuierez pas. Vous accompagnerez les personnages. Vous serez les personnages. Longtemps après avoir lu le mot « fin », vous flotterez encore dans ce monde mystérieux.  L’essence des Ténèbres est un roman fait pour le cinéma. Un roman à emporter partout avec soi, dans son sac. En promenade. En vacances. Vous ne le regretterez pas.

 

Ma note 18/20

ISBN 9782956131618    Ed. Moonlight   462p.  Broché 17,92€  Kindle 2,99€

 

 

Manhattan Marilyn – Philippe Laguerre – 2016

Quatrième de couverture

Ancienne marine en Irak, Kristin Arroyo  découvre dans les affaires de son grand-père décédé – un célèbre portraitiste – des clichés inédits de Marilyn Monroe. Aidée par un photographe, elle décide de monter une exposition.

Malheureusement, rien ne se passe comme prévu: une mystérieuse organisation s’en prend à eux. Pourchassée, traquée, la jeune femme va rapidement comprendre que son destin est lié à celui de Marilyn Monroe et s’efforcer de reconstituer les derniers jours de l’égérie hollywoodienne afin de percer le mystère qui entoure sa disparition.

 

Mon avis

Qui, dans le monde, ignore cette histoire d’amour d’un président américain et d’une super star hyper sexy? Très peu de personnes, je pense. Le mystère autour de leur mort reste fascinant. Manhattan Marilyn nous offre une version admirable. Et pourquoi ne pas y croire? Juste pour le plaisir… Comment ces mystérieux évènements peuvent-ils impacter notre société actuelle? Quel est le lien? Surtout, quel rapport avec l’héroïne Kristin Arroyo? Qui sont ses ennemis? Pourquoi ces attaques insidieuses?

C’est là toute la beauté, toute la force de ce roman qui débute en douceur. Puis le rythme s’accélère. Une vie des plus normales. Une découverte des plus dangereuses. Et le Monde change de visage. L’inquiétude, la peur, l’adrénaline deviennent le quotidien de Kristin. Un quotidien explosif. En tant que Marine, Kristin pensait avoir tout vu. Tout vécu. Mais, la vie joue parfois des tours pendables.

En lisant Manhattan Marilyn, j’ai pensé à cette information parue il y a quelques années concernant des photos inédites de Marilyn Monroe. Est-ce la base de ce roman où on se laisse porter par l’histoire? Oui, oui, vous devenez Kristin. Vous vous trouvez traqués sans savoir à qui se fier.

Une très belle histoire qui nous fait penser que tous les scenarii sont possibles pour ce conte de fée du XXème siècle. Manhattan Marilyn est un livre qui se vit et se lit facilement au rythme de la traque. Un récit qui vous emporte dès les premiers mots avec un suspens prenant. L’écriture est rythmée et dense et se fait dans une envolée de mots claquants. C’est un excellent roman.  Agréable à lire.

Ma note 17/20

9791090648562   Ed. Critic    348 p.    Broché 19€  Kindle 12,99€

A la table du Roi Soleil – 35 recettes royales et simples – Marie et Françoise de La Forest – 2017

Mon avis

Quel beau livre! Pour une passionnée d’histoire comme moi, c’est un délice. A la table du Roi Soleil fait partie de la collection Cuisine d’histoire. Ce qui augure une superbe collection culinaire. Eh oui, préparez-vous à faire un merveilleux voyage dans l’univers de Roi Soleil.

On plonge dans une époque qui n’est pas méconnue des Français: celle du Roi Soleil, Louis XIV pour ne pas le nommer.  Une époque où l’art culinaire était prise très au sérieux. Elle reflétait la richesse et l’élégance royale. Du point de vue de la table. Des mets. Et même des métiers de la cuisine.

Oui, je l’avoue. Je me suis délectée. En grande gourmande que je suis. En épicurienne. Des mots. Des mets. De l’évolution de la table royale. Des traditions qui perdurent. En effet, vous découvrirez avec bonheur les origines de la présentation de plusieurs menus. L’étymologie des recettes, des plats présentés. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ces derniers étaient très élaborés et très diététiques. Chaque légume, chaque fruit avait sa raison d’être dans le menu. Les habitudes culinaires royales étaient nombreuses et tordent le cou à de nombreux préjugés tels que des leçons de maintien à table qui existaient déjà.

C’est un merveilleux voyage qui vous attend au pays des métiers de bouche. Beaucoup d’entre eux n’existent plus de nos jours. A la table du Roi Soleil vous permettra de les redécouvrir avec plaisir. Dites- moi, savez – vous ce qu’est une perce-pierre? Elles est servie avec une dizaine d’autres mets. Savez – vous qui sont les queux, les galopins, les avertisseurs? J’avoue, qu’avant de l’avoir lu, je n’en avais qu’une vague idée. Je vous laisse le bonheur de les découvrir.

A la table du Roi Soleil est une croisière au pays du plaisir culinaire qui s’enrichit de temps en temps du Français de l’époque. Une pure merveille. J’ai adoré. Cela donne beaucoup d’authenticité aux récits. Ce livre est une invitation au voyage. Un voyage à travers l’histoire. L’histoire de la cuisine royale. De ses recettes. Des hommes dont c’était le métier. Une histoire d’escapades au gré des menus, des traditions de la table. Une histoire dans l’Histoire.

Laissez – vous bercer par le vieux français, les anecdotes de la table royale. Voyagez en compagnie du Roy et de ses serviteurs. Vous ferez de belles découvertes, des rencontres insolites, inestimables et vous saliverez devant des mets fins et variés. Sans oublier les vins, bien sûr.

A la table du Roi Soleil est un beau livre à offrir. A garder précieusement dans sa bibliothèque. Surtout à lire pour avoir de bonnes idées de menus pour les repas de fête. Vous surprendrez vos invités.  C’est un livre à transmettre car la tradition se transmet de génération en génération. Oui, un livre qui est LA tradition culinaire Française. Tout simplement.

Ma note 18/20

ISBN 9791095480051   Les Editions du rêve   155 p.   Broché 35€

Chicago Requiem – Carine Foulon – 2018

Quatrième de couverture

William, issu d’une famille riche et influente, les Henderson, possède un théâtre cerné de speakeasies et de maisons closes. il aide son épouse, Susan à reprendre sa carrière d’actrice malgré la corruption et la prohibition. La sœur de William, Meredith, vient de passer cinq ans en prison. Résolue à se venger de son frère et de tous ceux qu’elle pense responsables de son incarcération, elle s’établit à Miami où elle rencontre un certain Al Capone. Le vaudeville peut alors virer au drame, à la scène comme à la ville.

 

Mon avis

L’Amérique à l’époque de la prohibition. L’époque où de grandes familles dirigeaient l’économie clandestine tout en ayant pignon sur rue. C’est de plein pied qu’on arrive dans cette saga.  Mais, dans un environnement feutré. Une plongée lente et parfois glauque dans une tragédie Shakespearienne.

On découvre chaque membre de la famille Henderson. Des personnages hauts en couleurs. Des femmes fortes. Des femmes de caractère. Pour la plupart. On évolue dans une atmosphère plus ou moins feutrée, à l’époques de personnages mythiques telles que Al Capone, Sarah Bernhardt. Dans un superbe manoir. Dans cette famille boiteuse, il y achicago requiem un canard encore plus boiteux que les autres. Ce canard boiteux du nom de Meredith tentera de régner sur le monde de la pègre.

On assiste à l’éclosion, la mise en place d’une partie du Monde du banditisme sous la houlette d’une femme éprise de vengeance et de reconnaissance. Le côté obscur de l’Amérique pendant la prohibition était violent, sans pitié. La rancœur, la jalousie, l’amour peuvent mener très loin. L’enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. Dans cette saga, les intentions étaient-elles toujours bonnes?

Dans ce roman, les grands héros de cette époque ne sont que des figurants dans l’histoirechicago requiem de cette dynastie. Chicago Requiem – La Saga des Henderson montre la naissance d’une famille qui verse dans des affaires plus ou moins troubles. Nous découvrons la société de l’époque. Le style de vie où la passion peut parfois faire des ravages. Que va devenir cette famille? Marquera t-elle son époque? Comment?

La lecture se fait facilement bien que les mots soient parfois durs. Forts. Intenses. Violents. Comme le veut l’époque de cette saga. Chaque chapitre nous transporte encore plus loin que le précédent, dans les complots. Dès la première page, cette famille intrigante nous prend dans ses filets et nous emporte dans ses aventures. Nous devenons des spectateurs privilégiés de leur vie trépidante. De ce grand théâtre familial.

Laissez-vous emporter dans les pérégrinations de la famille Henderson. Vous ne lâcherez ce roman qu’à la dernière page. Et encore… Un agréable moment en perspective. Laissez-vous tenter.

Ma note 17/20

ISBN 9781980714477     Broché 16,50€    Kindle 3,99€    388p.

 

Battue – Virginie Vanos – 2013

Quatrième de couverture

De septembre 2000 à mai 2002, Virginie Vanos a été violentée, battue, torturée, humiliée… Mais, aujourd’hui, pour rien au monde, elle ne veut rester confinée dans son statut de victime, c’est pour cela qu’elle a choisi de témoigner… avec ironie et un maximum d’humour…noir.

 

Mon avis

Un sujet très sérieux traité avec beaucoup d’humour. D’auto dérision. Au vu du titre, je m’attendais à sortir les mouchoirs. A hurler en sanglotant à chaque page. Eh bien non. Le récit se fait sur un ton léger, bien que l’histoire, elle, ne le soit pas. Le sujet est actuel. Très actuel.

Une vie chaotique. Orchestrée par une descente aux enfers méthodique. d’abord lente,battue puis de plus en plus précipité. Plus ou moins volontaire. Une vie entre parenthèses. Qui fait réfléchir. Parfois sourire tant l’humour est décapant et l’ironie grinçante.

En lisant Battue!, je m’attendais vraiment à des termes très durs. Ce qui n’est pas le cas. La lecture se fait facilement. J’avoue qu’à certains moments, j’ai presque oublié le thème du roman tant j’ai ri. Je dis bien « presque ». Surtout en lisant les fiches établies sur les différents personnages.

Cependant, en filigrane, la manipulation, les critiques envers le partenaire, les contre-vérités sont présents tout au long du roman.  Ils démontrent bien la difficulté des femmes et des hommes battus à quitter un giron qui n’est plus protecteur. La difficulté à se reconstruire. A ne pas culpabiliser d’avoir accepté de vivre cet enfer. A avoir du mal à accepter son statut de victime.

Battue! est un roman très instructif. Il reste très dur malgré le style léger. Chaque mot est une leçon de survie. De protection précaire. Il faut le lire pour faire voler en éclat les préjugés sur les femmes et les hommes qui subissent ce sort. Ceux pour qui leur foyer n’est plus un abri. Pour qui l’enfer est impossible à relater.

Une lecture fluide. Des mots qui claquent. Résonnent. Sombrent telle la vie de Virginie. Que dis-je? Sa survie. Virginie,  une femme forte. Meurtrie. Rabaissée. Mais combative. Résiliente. Une superbe histoire à partager.

Ma note 17/20

ISBN  9782332551023   Ed. Edilivre 226 p.  Broché 22,50 €

Le Malleus – Les sorcières de Sarry -Marie-Laure König

Quatrième de couverture

Dans ce roman, vous ne rencontrerez pas de vraie magie., car comme vous le savez, comme moi, les sorcières ne volent pas sur des manches à balai.

Nous sommes à l’époque tragique où la sorcellerie se faisait femme.  Plus de 100 000 procès pour hérésie au cours de deux siècles avec pour appuis le « Malleus Maleficarum » furent administrés. Ce manuel écrit par un moine inquisiteur haineux, Institoris, fut approuvé par la Papauté de la fin du XVe siècle. Il connut un essor considérable grâce à l’invention de Gutenberg et fut à l’origine de plus de 60 000 condamnations pour hérésie, essentiellement des femmes.

Découvrez l’histoire d’Alayone, une petite fille qui grandira à l’ombre du Malleus et qui apprendra son existence bien plus tard à ses dépens. Son tuteur, l’évêque de Chalons, lui enseignera la théologie. Elle sera également instruite sur d’autres sciences qui sont condamnées par l’église comme l’astronomie, l’étude des pierres à venin ou l’agronomie que lui transmettra une guérisseuse. Elle découvrira les effets dévastateurs des amours interdits, mais aussi Paris, ville emplie de magnificence, de pestilence et d’étudiants.

Beaucoup de recherches ont été menées afin de donner à ce roman d’amour et d’amitié une envergure historique. Vous serez plongé dans les usages et les coutumes d’un temps révolu, on vous parlera du procès de Jeanne d’Arc, de l’élection d’Innocent VIII et bien évidemment de l’évolution d’une idée qui germa dans la tête de Heinrich Kramer  jusqu’à l’oeuvre de sa vie, le marteau des sorcières.

Bienvenue en cette fin du XVe siècle où religion et politique sont intimement liées, à une époque où les caprices de la nature étaient indéniablement l’oeuvre du malin et de ses servantes, où l’incrédulité du peuple fut le meilleur instrument des ambitions des puissants.

 

Mon avis

Dès les premiers mots, on entre de plein pied dans la face sombre de cette histoire.  Une histoire malheureusement d’actualité. Que dire quand la religion vise à obscurcir l’évolution humaine? Quand religion et politique jouent dans la même cour? Celle de l’intérêt personnel? Quelle place a le savoir face à une société hérétique?

De tout temps, la femme a dû se battre pour se faire une place dans un monde d’hommes. Pour peu qu’elle soit très intelligente et très instruite, le monde -son monde- peut basculer. Telle est la superbe histoire d’Alayone, femme en avance sur son époque.malleus La société féminine. La société fanatique. Telle qu’elle fut à l’époque barbare de l’inquisition. Alayone, malheureusement, découvrira cette société dans toute son horreur. Une société froide. Insensible. Faite de mensonges. De fanatisme. Une société où la connaissance crée la peur. La terreur. Une société où la religion se veut Maître de pensée. Alayone, par son intelligence, fait la fierté de son bienfaiteur. Elle comprend l’idée que le monde religieux de son époque se fait de ses connaissances si riches. si dangereuses. Ce qui ne l’empêche pas de vivre avec passion une histoire d’amour d’une force inouïe. D’une tragédie folle.

Le Malleus – Les sorcières de Sarry est aussi décrit au travers du regard humain et aussi d’un chat. Le chat d’Alayone. Mais, il suffit d’un homme -d’un seul- mû par la haine. Qui agisse sous le couvert de la religion. Pour que le monde plonge dans le chaos. Le cauchemar. Que les intellectuels soient décimés. Ô ignorance! Ô haine! N’êtes-vous pas le moteur de destruction à travers les temps? Moteur de l’avilissement des femmes quimalleus seront vouées à l’enfer sur terre quelle que soit l’époque ? Femmes sacrifiées, diabolisées au nom d’une religion qui se veut masculine?

Le Malleus – Les sorcières de Sarry est écrit sous forme de journal intime. Un récit presque quotidien des évènements. Admirablement écrit avec le vocabulaire d’époque qui émaille le texte sans pour autant le rendre désuet. Vous souhaitez des éclaircissements ? Vous les avez en bas de page. Et ils sont très instructifs.  Le mot fin ne termine pas ce roman. Au contraire. Les réflexions sont intenses tant ce roman interpelle chaque once du cerveau humain. Des réflexions sur des maux qui ne sont guéris que par le bûcher.

Voici un roman historique de toute beauté. Bien documenté. Un délice à lire. Avec ce bel ancien français qui réjouit et flatte l’intellect. De très beaux moments de lecture en perspective. A conseiller. Un livre à offrir et qui se lira avec bonheur en bord de mer ou en montagne. Juste pour oublier le quotidien et apprécier l’instant présent.

Ma note 18/20

ISBN 9781973409588  http://www.ecrivonsunlivre.com. 308 p.  broché 14,90€

 

 

 

L’utopie NanoTotal – Vincent Ferrique – 2017

Quatrième de couverture

Dans un futur proche, les peuples ne s’entredéchirent plus. Les famines sont reléguées aux oubliettes de l’histoire, ainsi que le chômage, la maladie ou la misère. Sous la houlette des puissants de ce monde, NanoTotal, une archi-société de haute technologie, a réalisé l’impensable: pacifier la Terre. Mais, quel prix a payé l’humanité pour cette utopie? Un jeune homme qui échappe à l’emprise de NanoTotal le découvrira, bien malgré lui…

 

Mon avis

En refermant l’utopie NanoTotal, je suis restée pensive. En toute positivité. « Oh mazette, pourvu que cela n’existe jamais ». Telles ont été mes premières pensées.  Dès les premiers chapitres. Que penser d’un monde utopique? Est-ce un monde dont rien n’est maîtrisé? Un futur où les sentiments, quels qu’ils soient, se font linéaires? Est-ce le monde que nous souhaitons? Du fait de ses études scientifiques, Vincent Ferriqueferrique anticipe-t-il le monde de demain? C’est intrigant. Merveilleusement. Et c’est si bien raconté.

La lecture de l’utopie NanoTotal nous fait réfléchir sur notre société actuelle. Notre société de consommation. Avec étonnement, nous suivons Sockys et Michellin dans leur quotidien plein de bonheur. Extatique.  Que direz-vous d’une très belle vie? Paisible? Lisse? Uniforme? Imaginez-vous vivre dans une société où le moindre de vos désirs sera assouvi? Où vous n’aurez plus de choix dantesque à faire? Cela semble merveilleux. Oui, en effet. Jusqu’à ce qu’un minuscule grain de sable vienne gripper la machine. Merveilleux grain deutopie sable!

L’utopie NanoTotal  est un vrai délice de lecture. Les chapitres sont courts et l’écriture est très fluide. J’ai adoré les clins d’œil à notre société de surconsommation et géopolitique actuelle. Il s’agit d’un livre qui dérange et fait poser les bonnes questions. Un roman qui nous fait entrevoir un monde avilissant qui ne dit pas son nom. Un monde qui existera peut-être d’ici quelques décennies.  La cerise sur le gâteau est à la fin du roman. Un pur bonheur!

Un livre pour les gourmands, les gourmets des livres. A dévorer sans modération. Pour se délecter. Surtout, n’oubliez pas entre deux gorgées de thé, d’entrevoir notre futur. Allez-y, régalez-vous!!!

Ma note 18/20

ISBN 9782490121114  Ed. AFNIL   258 p.    Broché 9,50€  Format Kindle 2,99€

 

 

Chicha – Virginie Vanos – 2016

Quatrième de couverture

Chicha, un petit chat, tente de sauver sa maîtresse de ses comportements autodestructeurs. A près de 40 ans, Charlotte et Laura transforment diamétralement leurs vies, chacune à sa façon… L’ami de Félix, rejeté par les siens, trouve sa voie en dehors des sentiers battus, alors que Rose fait de son existence un hymne permanent à la joie.

Ces cinq personnages aussi atypiques qu’attachants, passant du rire aux larmes, de l’abattement à l’espoir le plus fou, nous plongent dans une réflexion intense sur ce droit inaliénable qu’est le bonheur.

 

Mon avis

Une histoire douce. Belle. Tendre. Chaleureuse. Entre un chaton et sa maman humaine. Une histoire d’amour inconditionnelle. Merveilleuse de beauté. De souffrance. Telle est la première nouvelle qui nous laisse rêveur tant elle est tragiquement belle. Belle danschicha toute sa tristesse.

La seconde nouvelle m’a fait sourire. L’image, l’idée que les gens se forgent sur les autres est intrigante. Un beau message d’espoir. De résilience. De belles leçons de vie. De tolérance. D’amour de l’Autre. Quelle que soit sa différence. Et je ne vous parle que de ces nouvelles!!vanos V.

Chicha est un recueil qui se lit en un battement de cils tant les histoires sont émouvantes. Pleines d’une profonde tendresse. Chaque mot renvoie à soi. A l’autre. Pour regarder au fond de soi et faire taire les préjugés qui enlaidissent les relations humaines. Une ode à la tolérance. Un recueil à mettre entre les mains de notre jeunesse, de tous, afin que l’Humain ne soit aimé que pour ce qu’il est. Ce qu’il a le droit et la liberté d’être.

Que de beaux, de bons moments en compagnie de Chicha. Un conseil: Lisez-le! Offrez-le! Juste une chaîne d’amour, de tolérance à la face de notre monde actuel.

Ma note 17/20

ISBN 9782334197335  Ed. Edilivre  68p.   Broché 9€

Parfum de femmes océanes – Chris Ravéri – 2018

Quatrième de couverture

Gwendoline, jeune armatrice et patron de pêche dans le port Breton de Guilvinec, est amoureuse de l’océan depuis sa plus tendre enfance. Elle commande un chalutier avec un équipage exclusivement féminin. Sa beauté naturelle séduit aussi bien les hommes que les femmes. Eprise de liberté, elle concoure à la reconnaissance réelle de l’égalité professionnelle entre les sexes.

Elle aime la vie et affronte ses aleas, comme l’océan, passionnément et courageusement. Une rencontre l’amène à découvrir l’amour homosexuel. Son mentor disparu, son rand-père, Merlin, continue à la soutenir de l’au-delà. Mais, les difficultés de son métier et sa liaison l’entrainent sur des voies inhabituelles et insoupçonnées. Sera-t-elle capable de s’en sortir indemne?

 

Mon avis

J’avoue que j’y suis allée sur la pointe des pieds car la romance n’est pas du tout ma tasse de thé. Je ne suis pas du tout amatrice d’histoire d’amour. Mais, je souhaitais sortir de maParfums-de-femmes-oceanes zone de confort. Ce qui permet de faire des découvertes. Ce roman raconte une aventure de femmes.

Une histoires de femmes fortes. Libres. Elles viennent d’horizons différents et partent à l’aventure. Une histoire d’amour du vingt et unième siècle. Amour de femmes d’une grande force. En apparence. Mais, si fragiles. A travers cette histoire, on découvre la vie de marins-pêcheurs. Une vie très prenante. Qui se lie aux éléments. Très dure. Mais ô combien exaltante. Ce monde d’hommes. Cette sphère où gravitent très peu de femmes.

Les mots sont simples. Les chapitres ne sont pas trop longs. Gwen vit sa vie de femme à toute vitesse et découvre l’homosexualité. L’amour à trois. Tout simplement. L’amourParfums-de-femmes-oceanes peut paraître parfois exigeant. Il oblige souvent à des choix plus ou moins difficiles. Quelle que soit la force d’un être humain, il succombe presque toujours aux exigences imposées par le cœur.  Ce qui est le cas de Gwen , de ses amies.

Ce livre plaira beaucoup aux amateurs d’histoires d’amour. Il s’adresse à un public averti. Un roman facile à lire malgré quelques longueurs dans les descriptions. Une histoire d’amour qui vous fera traverser l’Europe. A lire pour rêver.

Ma note 14/20

ISBN 9782355196638  Ed. France Libris  251 p.  Broché 14,90€

Maldonnes – Virginie Vanos – 2018

Quatrième de couverture

Le paisible quotidien de Boris et sa sœur Mélanie est bouleversé par la venue d’une cliente pas comme les autres dans leur épicerie. Mannequin de haut couturier, Elisabeth Mayne, les éblouit tous deux par sa grâce et sa sympathie. Les deux femmes se lient d’amitié , tandis que l’amour naît progressivement dans le cœur de Boris. Mais derrière sa beauté de façade, la célébrité se révèle une arriviste égocentrique venue semer le trouble. Les apparences sont trompeuses et le jeu de dupes qui s’instaure entre les personnages mène bientôt à un drame inéluctable. A travers le destin tragique de cette idole sacrifiée au culte du paraître, Virginie Vanos entend dénoncer les dangereux travers de la société contemporaine.

 

Mon avis

Tout commence par une belle nostalgie. De celle qui nous arrive à tous et qui nous renvoie à nos propres souvenirs. Une rencontre somme toute banale. Etrangement banale. Puis, vient la curiosité. Le désir de connaître. De savoir. De rencontrer. Humainement. Sans fards. Deux mondes qui se heurtent et fusionnent. Des hasards de lamaldonnes vie.

C’est avec une grande curiosité que j’ai commencé ma lecture. Trop curieuse de ces histoires. Si différentes. Faites de rêves avortés plus ou moins digérés. Acceptés. Des vies si différentes et pourtant si semblables. Une belle histoire. Ce que j’ai aimé, c’est la manière dont chacun raconte son histoire. Sa vie. Ce regard porté sur l’autre. Bizarrement, j’ai adoré Elisabeth et sa grande fragilité. Elisabeth et saMaldonnes chro force apparente. L’image qu’elle véhicule de son moi intérieur. Son égocentrisme apparent. Je me suis attachée à elle. Avec beaucoup de tendresse.

La lecture se fait facilement. Les chapitres sont courts. Pleins d’humour. De sensibilité. ils dépeignent en parallèle la vie de chacun des personnages. Des personnages auxquels on s’identifie facilement. Dans cette histoire, qui a manipulé l’autre et s’est fait des illusions? Attention au retour à la vraie vie. La lecture reste très agréable et les personnages sont quelque peu énigmatiques. Chacun à sa manière. Je reste dans l’expectative quant à leurs actions. Quels sont les liens qui tissent une amitié? Quelles en sont les attentes?

Maldonnes est un livre qui se lit d’une traite. Un livre sur l’illusion humaine. Même après l’avoir terminé, j’ai continué à penser aux personnages si attachants. Aux quiproquos qui peuvent blesser, briser une vie, altérer une image que l’on peut avoir de l’autre. Une réflexion sur la nature humaine.

Un livre qui fait passer de bons moments. Léger. Facile à lire.

Ma note 15/20

ISBN 9782414182190  Ed. Edilivre  146 p.   Broché 13,50€

 

 

La rentrée littéraire des blogueurs

La plume d'Isandre

Qui dit rentrée, dit aussi rentrée littéraire…Alors, est-ce que vous allez lire le Nothomb de la rentrée cette année ou pas 😉 ?

Pour ma part, j’avais envie de vous proposer une rentrée littéraire un peu différente, un peu moins convenue, et de demander aux blogueurs ce que eux comptaient lire pour la rentrée, recommandaient de lire et quels étaient leurs projets pour leur blog à cette occasion.

Voilà donc la rentrée décalée des blogueurs, de styles variés, qui ont accepté de me répondre. Je les en remercie.  que je remercie.

La rentrée de Rainbows etc

En ce mois de septembre, je me suis attaquée à un livre que j’avais depuis longtemps sur ma « to read list » : This Perfect Day d’Ira Levin. Il s’agit d’une dystopie dans la même veine que Brave New World ou que le moins connu mais tout aussi puissant Nous autres.

La suite…

View original post 1 285 mots de plus

Les cris muets à la face du monde – 6 Septembre 2018 – Rédigé par Virginie Vanos – Entretien avec Amélie Diack

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

 C’est avec une joie infinie que j’entame cette rentrée littéraire. Car j’ai décidé d’aller à la rencontre de femmes, artistes, créatrices, complexes, fascinantes. Ma première interview est une entrevue avec Amélie Diack, auteure et chroniqueuse que j’estime particulièrement. Née au Sénégal, d’une mère martiniquaise et d’un père sénégalais, elle vit actuellement en France.

ciel bleu feuille nuagesVV : « Bonjour Amélie, vous êtes auteure, chroniqueuse et, à mes yeux, une grande humaniste. Commençons alors par vos livres. Comment résumerez-vous votre travail et votre approche personnelle ? »

Amélie Diack : « Bonjour Virginie. Humaniste est un bien grand mot. J’ai du respect pour tout ce qui vit. Tout simplement. En ce qui concerne mon écriture, il n’est pas facile d’en parler. Écrire, pour moi, représente une façon de vivre.
L’écriture c’est ma vie, mes maux, mes mots, mes tripes.
Mes cris muets à la face du monde. L’écriture est une seconde nature. Je…

View original post 1 610 mots de plus