Odyssée Mahoraise – Phil Ouzov – 2018

Quatrième de couverture

Enseignant en métropole, Charline en burn out, obtient sa mutation pour Mayotte au cœur de l’ Océan Indien. Fini les classes indisciplinées, place au travail facile dans un cadre exotique. C’est du moins ce qu’elle pense. Sur l’île aux parfums le bon et le mauvais se côtoient et les aventures insolites ne manquent pas. Heureusement Charline rencontre John, naturaliste qui lui fera découvrir les beautés du lagon en bathyscaphe. Mais le temps passant la question se pose inévitablement, faut-il rester ou quitter Mayotte?

Mon avis

Les aventures d’une enseignante métropolitaine en terre Mahoraise. Quand Charline débarque à Mayotte, les rêves plein la tête, elle est loin de se douter de ce qui l’attend. Le dépaysement est complet. L’île semble faire un pied de nez à cette institutrice un peu trop dans les nuages. Pour le plus grand plaisir du lecteur.

En effet, les personnages sont hauts en couleur et les dialogues sont d’une succulence telle que l’on en redemande. Les planches sont superbes de réalisme. Les personnages sont croqués de telle manière qu’il suffit d’un coup d’oeil pour connaître leur trait de caractère. Non seulement Phil Ouzov a un superbe coup de crayon, mais il a beaucoup d’humour. Du moins, ses personnages. Son histoire.

A chaque page, la suite d’une histoire qui nous fait rire aux éclats, tant Charline en fait et en voit de belles. Elle affiche un  optimisme hors pair. Ce qui est tout à son honneur. Finira t-elle par adopter son nouveau style de vie? Se laissera t-elle porter par ses rêves? Ses déboires auront-ils raison de sa candeur?

Odyssée Mahoraise respire la joie de vivre. Son humour est frais, cinglant, ce qui ne fait que donner envie d’en lire encore et encore. La présentation des fantasmes que l’on peut avoir quand on arrive dans un pays. C’est une superbe bande dessinée qui respire la bonne humeur. A mettre entre toutes les mains. Je remercie les éditions des bulles dans l’océan de m’avoir permis de découvrir cette superbe bande dessinée

Ma note 18/20

9782919069507  Ed. des bulles dans l’Océan  80 p.

 

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L’adieu à Lila – Colline Hoarau – 2014

Quatrième de couverture

La mère disparait et les souvenirs qui reviennent: une famille de la Réunion, les frères, les sœurs, les jalousies, les injustices et la mère qu’il faut enterrer après lui avoir pardonné. C’est ce que saura faire Isabella, la résiliente. Cette journée particulière permettra de voyager dans « le temps longtemps », dans une île de l’Océan Indien, bien rarement décrite. Une journée où tous se retrouvent autour de Lila. C’est un voyage, au cœur de l’île de la Réunion, dans la famille réunie  pour la première fois. Isabella photographie ou filme. Chaque personnage passe devant l’objectif à tour de rôle, avec les imperfections que le regard de l’autre saisit.

Mon avis

Le décès d’une mère. L’occasion pour tous ses enfants de se retrouver. Avec les rancunes. Les non dits. Les haines. Les joies. Les jalousies. Les questions sans réponses. Les souhaits avortés. Les amours inexistants. Brefs, les souvenirs. Lila, la mère d’une famille nombreuse, n’échappe pas à la règle. Tous ses enfants sont présents pour l’accompagner dans sa dernière demeure. Quelle mère a t-elle été? Qu’éprouvent tous ses enfants devant son corps sans vie? Amour? Désespoir? Soulagement? Rien du tout?

A partir de scènes de vie somme toute habituelles, Colline Hoarau a le don, par sa belle plume, de nous faire vivre chaque instant de manière incroyable. Chacun s’y retrouve et se reconnait dans les personnages. Des scènes vivantes, animées par des sentiments nobles ou non. Du vécu. C’est le cas de l’adieu à Lila. Perdre un être cher est terrible et fait revenir en masse tous les souvenirs. Revivre une dernière fois, en communion avec les autres, devant la personne disparue, la vie qui fut, du vivant  du disparu. Comme partout dans le monde.

Dans l’adieu à Lila, l’auteure nous fait découvrir les coutumes (face à la mort) de ce pays, cet ailleurs qu’elle connait si bien. Durant ce moment de recueil, que pensent les enfants de leur mère? Quels souvenirs ont-ils gardé d’elle? Quels sentiments éprouvent – ils envers elle? Colline Hoarau nous fait voyager dans la vie, dans le cœur de chacun. Les découvertes sont fortes. Parfois inimaginables. Parfois attendues. Toujours émouvantes. Des découvertes belles de cris du cœur. De cris des tripes. Alourdies de non dits. De souvenirs enfouis.

Les personnages sont superbes dans leur détresse, leur deuil réel ou non. Le lecteur va de découverte en découverte sur la vie de chacun. Sur leur lien avec Lila. Chacun passe le flambeau, le bâton de parole à l’autre pour qu’il se raconte. Qu’il se justifie. Qu’il explique son lien à sa mère. Est-ce enfin l’occasion pour chacun de dire ce qu’il pense ou ressent à haute voix? Un moment de partage familial? Laisseront-ils Lila partir en paix? Seront-ils en paix avec eux-mêmes?

L’adieu à Lila est une ode à la famille, avec ses travers et ses liens. Ses secrets. La lecture est aisée et facilitée par l’impression d’avoir déjà vu ou vécu les situations. Ce rassemblement familial où les discussions entre adultes ne sont pas facilement prévisibles. C’est un roman qui rime avec vie. Avec adieu. Avec famille. Avec fraternité. Un roman où le lecteur se retrouve face à lui-même pour un adieu à Lila. Tout simplement.

Ma note 18/20

9781710763777  Editions Dédicaces  108 p.

Ultimate Terra nova T. 1 – Aboubakri Sao – 2018

Quatrième de couverture

En 2025, le monde entre dans une nouvelle ère. La troisième guerre mondiale a fait des ravages considérables, provoquant le chaos sur la planète. Pour rétablir l’ordre, des clans apparaissent dans divers endroits du monde. La plupart de leurs membres possèdent un Néo Cerveau leur conférant des aptitudes spectaculaires. Membre du clan Terra Nova, Kadaj, Electromancien, voit sa vie basculer le jour où il rencontre Ragnarök, une milice extrêmement dangereuse. Cette organisation recherche activement Atlas, le chef des Terra Nova. De plus, le gouvernement qui considère les clans comme illégaux, veut à tout prix mettre la main sur un Cyborg que possèderaient les Terra Nova. Quelles sont les origines du Néo Cerveau? Pourquoi un cyborg attise t-il la convoitise du gouvernement? Et d’où provient cette pierre qui permet à son détenteur de bénéficier de pouvoirs extraordinaires? La nuit succède au jour, les réponses succèdent aux questions… ces évènements vont bouleverser à tout jamais la vie de Kadaj.

Mon avis

Un jeune homme à prendre en charge. Pourquoi? Qui est-il? Quel pouvoir peut-il avoir pour être admis dans la cité? L’environnement est spécifique et nous plonge dans un monde où le danger est quotidien. C’est en douceur que nous entrons dans ce clan, la Terra Nova. Ce monde où la nouvelle technologie règne en maître. Avec Kadaj, nous faisons connaissance de cet environnement où ne vivent que ceux qui le méritent. Un jour. Une attaque. Violente. Qui semble gratuite. Et la vie devient une aventure.

Avec Ultimate Terra Nova T.1 nous entrons dans le Japon du futur. Avec des personnages raffinés, énigmatiques. Vivre dans l’anonymat n’est pas chose facile. Maintenir quotidiennement cet anonymat est encore plus difficile. C’est une lutte de chaque seconde. Un moment d’inattention et le monde s’écroule. Kadaj en sait quelque chose. La vie devient précieuse surtout quand il faut se battre pour la conserver.

Au début du roman, une rapide instruction sur l’échelle sociale japonaise nous aide à situer les personnages et leur rang social. Ce qui aide beaucoup le lecteur quant aux titres. La lecture est agréable car les chapitres titrés sont courts et l’écriture est aérée. Le style ressemble à celui d’un manga, dans les batailles et dans la description des personnages. Des batailles qui ressemblent à des danses aériennes, sur une musique chronométrée.

Cependant, La trahison n’est-elle pas l’arme qui pourrait mettre à mal le clan? Ce clan gardera t-il longtemps sa puissance? Pourquoi tant de convoitise? Le Néo Cerveau restera t-il dans la cité? De plus, tout est agréable à imaginer. Quelle que soit la scène. Scène de bataille ou de discussion. Aboubakri Sao nous transporte avec ravissement dans son monde de haute technologie avec sa superbe plume. Le suspens nous tiraille jusqu’à la dernière ligne. Vivement la suite.

Ma note 17/20

9782368925812 Ed. L’Ivre-Book 325 p. 16€

Le rêve de Chat Taigne – Colline Hoarau & Ben Renaut – 2018

Quatrième de couverture

Chat Taigne est le compagnon quotidien de Clémentine. Heureusement qu’il est là lorsque Colin, le marin, s’en va de par les océans. Chat Taigne rêve en secret, observant chaque jour les enfant passer devant la fenêtre. Son souhait est de les accompagner à l’école. Pourra t-il réaliser son rêve? Que vont devenir ses maîtres? Restera t-il seul? Chat Taigne n’a pas fini de nous étonner.

Mon avis

Dès les premières pages, l’enfant part à la découverte du monde. Découverte qui peut s’accompagner d’une carte. Un beau moment de partage avec ses parents. Puis c’est la découverte du vocabulaire exotique. Enfin, c’est la découverte de ce chat rêveur et de son nom. Du quotidien de ce dernier et de ses désirs les plus fous. Les réalisera t-il? Même s’il ne peut pas parler, Chat Taigne emporte les enfants dans son monde et les accompagne dans le leur. Les jeunes lecteurs se familiarisent avec la vie et ses aléas bons ou mauvais. La différence. La difficulté d’apprendre. L’amour de l’école. La perte.

Un livre écrit pour dyslexiques, grands ou petits. Ce qui rend la lecture très agréable, surtout pour un enfant de six ans qui découvre les mots. La lecture. La couverture est minimaliste et très douce au toucher. Les dessins sont simples et les couleurs attirent le regard. A travers sa lecture, ce livre met en avance la complicité, le partage avec les parents. De très beaux moments en perspective.

Ma note 17/20

9791034808977  Evidence Editions  Collection Farfadet  41 p.  13€

Chemin du bout du monde – Jean Benjamin Jouteur – 2018

Quatrième de couverture

Un manoir pétrifié sous la neige, un jeune homme qui vit la route, la fin tragique d’une jeune héritière… Dans ce chemin du bout du monde, deux histoires s’imbriquent. Il y a l’affaire d’Aubigny, une délicate enquête pour la Commandante Christine Cartier. Complots de famille, jalousies, magouilles politiques, héritage, milieu niçois… Comment dévoiler une vérité que nul ne semble vraiment connaitre. Et puis il y a Eric. Fissuré de partout, consumé de révoltes, dévalisant les honnêtes gens, il fréquente les zonards, les junkies, les dealers, les marginaux. Egarés dans les vapeurs incertaines de paradis artificiels, poursuivi sans relâche par une ombre du passé cruellement aimante, il perd facilement le contrôle. Son comportement est imprévisible. Un soir de manque, dans un bar paumé d’une ville du Forez, son avenir prend la fuite. C’est la descente aux Enfers. Englué dans les méandres  d’un présent trop angoissant, à bout de souffle, il tente maladroitement de recomposer un passé occulté. Pour tous, il devient la cible, celui qu’il faut abattre… Ou peut-être aider.

Mon avis

Un jeune homme sans but débarque dans un café. Rien de plus banal en hiver. Qui est-il? Est-ce pour se réchauffer? Qui est Katia, cette amie qui l’accompagne? Quel lien avec les meurtres? Que peut-il cacher ou pas? Doucement mais sûrement, avec un humour parfois grinçant, nous abordons une enquête spéciale, atypique avec des personnages attachants. Pourquoi  tant de crimes? Quelqu’un a t-il quelque chose à cacher? Pourquoi le fait-il de cette manière?

Chemin du bout du monde nous emporte sur le chemin du bout d’une vie. Dune époque. Celle d’un homme. D’un adolescent brisé par la vie. Par ses choix. Par ses fréquentations. Le début et la fin d’un destin. Le destin choisi ou non, mais qui pèse lourd dans l’avenir sombre de ce jeune homme pas si bien sous tout rapport. Le tout raconté avec un vocabulaire fleuri mais en accord avec l’histoire et les personnages.

Au fur et à mesure des pages et des chapitres courts, nous découvrons l’histoire et la personnalité d’Eric, ce grand adolescent si énigmatique. Alors, est-il victime ou coupable? Dans un paysage de montagne, neigeux et glacé, des hommes jouent au chat et à la souris avec la vie. Le destin. L’humain. L’avenir. Le suspens demeure durant une grande partie de la lecture. Puis le doute se met en place. Poursuit-on la bonne personne? Qui est le vrai meurtrier? Puis la surprise. L’inavouable.

Chemin du bout du monde est un roman policier qui nous tient en haleine. Nous découvrons avec plaisir une énigme déroutante. Les pages se tournent avec plaisir. Ce qui pousse le lecteur à en redemander tant pour l’histoire que pour la beauté des paysages.

Ma note 17/20

9781719811750  329 p.

Pagaille à Mavoula! Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2018

Quatrième de couverture

Pourquoi cherchait-il à rendre justice lui-même? Cette triste affaire ne concernait que le département des affaires criminelles de la police congolaise. Pourquoi un Zaïrois devait-il s’occuper de l’investigation relative au meurtre d’un ministre d’un pays qui n’était pas le sien? La famille de la victime n’avait-elle pas confiance aux autorités policières nationales? La justice congolaise était-elle partiale, donc partisane? Pourquoi Roger Dercky devait-il entreprendre une opération périlleuse, au risque de braver quelques intouchables du régime local? Agirait-il avec une intrépidité ingénieuse pourrait animer la rage de vaincre qui l’habitait? Avait-il besoin de l’exaltation que le jeu procurait passionnément en lui: à savoir le divertissement? Dans la vie quotidienne, ce détective privé ne s’amusait pas pour le bonheur de l’ennemi ou de l’adversaire.

Mon avis

Un jeune ministre assassiné dans un pays où la corruption est reine et où l’intégrité n’est qu’un mirage. Qui a pu faire un geste aussi tragique? Pourquoi? Crime passionnel ou assassinat politique? Ce qui suffit à Roger Dercky pour enquêter. Pourra t-il garder son intégrité? Trouvera t-il le meurtrier de cet homme politique? Comme d’habitude Gaspard-Hubert Lonsi Koko fournit énormément de détails sur l’histoire du pays et du continent. Ce qui ne nous empêche pas d’assister à une enquête haute en couleurs dans le milieu politique. Plutôt entre amour et intrigues politiques. Peu importe le lieu, la boue a la même consistance et détruit tout ce qu’elle touche. Alors, imaginez dans ce monde d’intrigues…. Cette enquête n’est-elle pas celle de trop pour Roger Dercky?

En Afrique tout n’est pas ce qu’il parait et Pagaille à Mavoula! nous le démontrera de nombreuses manières. Toutes les facettes de cette enquête sont peut-être des leurres. Les dés sont peut-être pipés.  Une enquête qui se déroule dans les hautes sphères où richesse, politique et corruption se tiennent la main dans une spirale infernale. Et Roger Dercky ne doit pas l’oublier. Dans Pagaille à Mavoula, les meurtres se suivent  et ne se ressemblent pas. Nous naviguons entre politique et franc-maçonnerie, entre langue française et lingala. Cependant nous ne perdons pas de vue cette enquête et ses dangers. Son insécurité. Par contre, les relents nous envahissent et nous font découvrir les dessous de la politique Congolaise d’une manière peu flatteuse. Pleine de trahison. De coups douteux. Et Roger Dercky y perdra beaucoup plus qu’il n’y pensait. Est-ce sa dernière enquête? Espérons que non.

Ma note 16/20

9791091580250  L’Atelier de L’Egrégore  236p.

Sanglante descendance – Camille Cambier – 2017

Quatrième de couverture

Jack Astrier mène une vie tout à fait normale, étudiant en médecine, il va fêter ses vingt ans. Mais son père en décide autrement. Il est temps pour lui de connaître le plus lourd secret que partage sa famille: Jack est le descendant d’un célèbre tueur en série… et pour honorer ses ancêtres, il va devoir perpétuer son héritage. Tous les hommes de la famille Astrier renferment en eux un gêne d’assassin maintenu par une colère hypertrophiée. Au fil des siècles, ils ont appris à se protéger afin de ne jamais se faire prendre. Mais Jack, pourtant insoupçonnable, est encore le plus dangereux.

Mon avis

sanglznteUne belle fête d’anniversaire. Un secret. Un lourd secret. A peine croyable. Si peu crédible. Pourtant si réel. Si vrai. Presque assumé. Qui l’eut crû? Est-ce vraiment une découverte? peut-on parler de découverte? C’est ainsi qu’après une lecture tranquille, nous nous trouvons embarqués dans l’insoupçonnable. L’incroyable. Aussi sonné que Jack ait pu l’être sans toutefois, le même sentiment  de déjà vu. Et c’est le début de l’aventure.

Dans sanglante descendance, Camille Cambier a l’art de raconter. Et ce, malgré son jeune âge. Du suspens. Des questions. Des découvertes durant toute la lecture. Un sentiment nous enveloppe brusquement et nous pétrifie dans sanglznteune merveilleuse horreur: le dégoût. Pourtant, cela rend la lecture encore plus jouissive. Est-ce notre instinct primaire qui se révèle? j’avoue avoir sauté deux ou trois lignes juste pour souffler. Cependant, la lecture est toujours restée addictive.

Sanglante descendance se lit d’une traite. Les chapitres sont courts, les flash-back bien situés et nous permettent de bien nous imprégner de l’histoire. C’est un roman merveilleusement horrible. Horriblement beau. D’une beauté terrifiante. Une terreur addictive. Une addiction plaisante. C’est un roman qui réveille un vieil instinct au fond de nous. C’est un roman qui se déguste avec un plaisir glaçant. Les Editions du Panthéon  et Camille Cambier vont faire trembler Stephen King. Et oui, la relève est là.

Ma note 19/20

ISBN 9782754 736 305  Editions du Panthéon  189 P.  17,90€

 

 

 

Derniers mois en enfance – Philippe Mangion – 2018

Quatrième de couverture

Il est un  âge, au sortir de l’enfance, où les sentiments, les sensations, les pulsions nous envahissent, où l’on ne possède pas assez s’expérience pour les analyser et les garder à distance. il est un âge où l’on ressent les problèmes des adultes qui, eux, nous pensant innocents, ne nous épargnent rien. Il est un âge à partir duquel, plus tard, on peut dérouler le fil de son histoire. La mienne débute à neuf ans au bord d’une pelouse interdite…

Mon avis

Une enfance somme toute normale. Faite de jeux, de cachotteries, de découvertes. Une enfance qui s’arrête brusquement. Il y aura toujours un avant et un après. Cette enfance qui bascule met fin à l’innocence. La vie routinière a aussi changé. Que se passe t-il? Le monde est-il devenu fou? A quel moment le monde de l’enfance a t-il basculé? Pourquoi tant de difficultés dans le monde des adultes?

Derniers mois  en enfance nous fait entrer dans la vie d’un enfant qui a mûri trop vite. Et pas de la meilleure manière. Un enfant un peu balloté dans les histoires d’adultes et leurs mystères. Peu à peu, nous découvrons ces énigmes, ces drôles de vie. Tout en douceur. une immersion toute en innocence. Le monde des adultes au travers du regard d’un enfant qui ne le sera plus. La lecture est aisée et rendue agréable par des chapitres denses, mais d’une écriture légère. Les mots glissent et s’imprègnent en douceur dans notre subconscient., nous invitant à découvrir une histoire hors norme, pleine de surprises, de rebondissements.

Derniers mois en enfance est un roman riche en non-dits, en secrets. Ce qui en fait un roman agréable à lire. Surtout que cette lecture nous fait découvrir le regard d’un enfant. Un regard intransigeant, sans fards, sur la vie autour de lui. Un très beau roman.

Ma note 16/20

9781718049819  175 p.

 

TAPKAL le royaumes des nuages – Isabelle Hoarau-Joly – 2018

Quatrième de couverture

Tragédie créole mettant en scène les derniers esclaves marrons réfugiés au pied du Grand Bénare dans le cirque de Cilaos, du temps de l’île Bourbon. Ode à la liberté, cette pièce de théâtre est aussi le cri du cœur  d’une auteure engagée à défendre les droits des femmes réunionnaises et dénoncer les violences commises envers elles encore aujourd’hui.

Mon avis

tapkal résumLEnfin un livre écrit, AUSSI pour les dyslexique. Cela fait du bien. Du théâtre. Des chants. De la poésie. Ensemble. Pour une même histoire. Pour un même retour à l’histoire. L’histoire des marrons, esclaves réfugiés dans les hauteurs de Cilaos (île de la Réunion): le peuple des nuages. Zahira s’apprête pour la fête de la moisson, sans savoir que sa vie va basculer. N’ayant pas connu l’esclavage, elle doit faire face à son destin. Se battre pour gagner sa liberté en tant que femme. Le destin de toutes les femmes réunionnaises car « la paix suffit rarement au bonheur de l’homme« . Mais, Sangamore, la laissera t-il faire, lui qui pense que « les femmes ont besoin d’être dominées« . Cet homme n’a pas compris « qu’une femme se séduit, se charme et ne se contraint pas« . Quel sera le destin de cet amour à sens unique? Vivra t-il ou sera t-il voué au néant?

Le destin des femmes réunionnaises sera t-il celui de Zahira, princesse des nuages? Cestapkal femmes succomberont-elles toujours sous le joug d’un homme « dominateur, car méprisant la femme, refusant de quérir son cœur« ? Les réunionnais subiront-ils le même sort que Sangamore, amoureux transi? Ils semblent avoir oublié que « l’amour se mérite, il se noue pas à pas« . La quête de liberté des femmes, en général, est-elle « en avance sur notre temps« ?

Tapkal le royaume des nuages est une délicieuse pièce de théâtre qui nous régale à chaque mot, à chaque scène. Une pièce  qui se lit d’une traite. Superbe de force, de message pour la condition féminine. Tapkal le royaume des nuages  fait réfléchir à la capacité qu’a l’Humain à se battre pour ses idées. Cependant, face à l’inéluctable, saura t-il faire le bon choix? L’avenir des réunionnaises en dépend. Leur vie aussi.

 Ma note 17/20

9791092429169   Editions du 20 décembre  77p. 12€

Paris-Conakry – Valentine Morning & Jean-Pascal Ruiz – 2017

Quatrième de couverture

Une mère sculpteur aimante et loufoque, un meilleur copain aveugle qui devine tout avec son cœur, un vide à la place du père… Telle est la vie d’Hugo, jusqu’à ce qu’une jeune fille aux tresses perlées entre dans sa vie, par un jour de soleil, dans un square de Paris.

Mon avis

Une belle histoire. Une tendre histoire. Celle d’une amitié. Celle d’un amour. Deux jeunes hommes si différents et si proches qui vivent leurs premiers émois amoureux. C’est si beau d’éprouver ses premiers frissons d’amour, ses premiers doutes. Sa première folie d’amour. Si pour l’un l’amour coule en douceur, pour l’autre, l’amour n’est pas un long fleuve tranquille. Comment va t-il la vivre? Que se passera t-il? Eh oui, pour Hugo, la vie va basculer. Et à quel point!

Comme toute histoire d’amour, il y a un moment poignant. Celui où la séparation, la distance s’installe dans un duo amoureux. Quell folie! Quelle faiblesse! Quelle force! Comment agir? Comment survivre à ce moment douloureux? Qu’est prêt à faire Hugo? Que faire quand la douleur, puis le doute s’installent? Ces amoureux contemporains se retrouveront-ils?

Paris-Conakry est écrit avec la légèreté, l’innocence de l’amour. Les mots glissent sur la page. Les chapitres sont courts et nous apprécions cette lecture délicate. Une lecture qui se fait d’un trait et qui n’ôte rien au plaisir éprouvé. C’est un beau roman qui rappellera de tendres souvenirs à de nombreux lecteurs. Un roman d’une forte tendresse.

Ma note 16/20

9782377630134  Yaka Books Editions  193 p. 2€

 

Un an, déjà!!!

cropped-shell-386613__3403.jpgAujourd’hui est un jour spécial pour moi. Pour vous. Pour « Les Chroniques de Lee Ham« . En effet, il y a un an, je sortais timidement ma première chronique, torturée par le doute et ne sachant pas si l’idée était bonne. Les doutes sont toujours là, concernant mes écrits.1450792_10152013230694860_1581605880_n Cependant, vous m’avez offert votre confiance et votre bébé (votre livre). Pour certains, cette confiance a été renouvelée à plusieurs reprises. Je vous dis merci. Merci de m’avoir permis d’entrer dans vos mondes. Vos rêves. Votre imaginaire.

Aujourd’hui, je regarde le chemin parcouru. Je me retourne et je vois la route, notre route, pavée de lectures de toutes sortes. De commentaires enrichissants. Que de livres lus! Quels moments de bonheur! De rêve! D’évasion! Aujourd’hui, je n’ai qu’un mot, si simple,  si faible, si fort, qui représente ma gratitude envers vous: MERCI!!!!

Maman, lève-toi et marche – Chadi Bouhafs – 2018

Quatrième de couverture

A travers ce récit, l’auteur rend hommage à sa mère dont le chemine a croisé celui d’un mari tyrannique et bigame. Celle que le destin n’a pas ménagée et pour qui « la thérapie par la plume » fut le seul exutoire à une existence dramatique et tumultueuse. Au fil des pages, s’élève le cri de détresse d’un auteur  face à une société figée et qui refuse de quitter un navire qui coule. Issu d’une famille nombreuse et modeste, disloquée une première fois par la guerre d’Algérie, puis par la violence d’un père despotique, l’auteur libère la mémoire de sa mère, figure remarquable, image emblématique de la condition féminine.

Mon avis

Maman, lève-toi et marche - Chadi Bouhafs1962, la fin de la guerre d’Algérie. L’enfant prodigue est attendu de tous. Sauf de sa femme. Pourquoi? Que redoute t-elle? D’où lui vient cette sourde angoisse? Est-ce l’annonce d’une probable seconde épouse? Sa terreur sans nom ne relève t-elle pas autre chose? Le pire? La vie d’une famille bascule au plus profond de la violence. Avec la bénédiction de la société. Une société érigeant cette violence comme moyen d’éducation. Une violence sociale. Keltoum est l’étendard de cette souffrance larvée au sein des foyers, des cœurs. Combien de femmes vivent cet enfer au vu et au su de tous? pire, dans une indifférence socialement légitimée?

Avec Maman, lève-toi et marche, nous entrons dans le quotidien d’une famille . Une

Maman, lève-toi et marche - Chadi Bouhafs

famille traumatisée, maltraitée par une personne. Un homme roi en sa demeure. Demeure où vivent deux épouses que le sort a lié à un même homme. Deux épouses égales dans les coups et les insultes. Ces deux femmes se haïssent et pourtant leur destin est lié. Par la douleur, la peur, mutiques face à tant de violences. Deux femmes dont la progéniture sera marquée à vie, au fer rouge, par cette violence cataclysmique. Des enfants qui font partie des dégâts collatéraux, victimes innocentes  de ce diktat de la crainte, des coups. Mais, des enfants et des épouses résilients.

En refermant Maman, lève-toi et marche, on ne peut s’empêcher de penser à toutes ces femmes, à tous ces enfants dont le quotidien est un enfer. Dont la maison est une totale insécurité. Dont le quotidien est fait de larmes, de terreur, de violence inouïe. Cependant la force de cette famille est là, présente, dans  une résilience très forte, malgré les séquelles. Une résilience qui peut finalement mener à un apaisement. Mais, à quel prix? A quel moment? Un roman écrit avec tendresse. Douloureusement beau. D’une beauté machiavélique. D’un espoir fou. Rédemption? Merci aux Editions du Panthéon pour m’avoir permis de faire une si belle lecture.

Ma note 16/20

9782754742245  Ed. du Panthéon 15,90€ (broché)  163 p.

SABADAÏ- Mignar Adamson – 2018

Quatrième de couverture

Sabadaï ou le démon qui rêvait du Paradis est l’histoire du démon Sabadaï qui, au crépuscule de sa vie, revient sur les faits qui l’ont marqués. Il émergea du cinquième cercle de She’ôl, celui de la colère qui était depuis toujours gouverné par Zaa’me, ange déchu suite à la Bellum Prima. Cette guerre aux origines du temps qui déchira Eden et se conclut par le bannissement d’Adam, Eve et de nombreux anges, à la suite de Hêylêl.

Comme toutes les créatures immatérielles, il lui fallut trouver un réceptacle pour son essence. Cette tâche bien que triviale lui permettra de se forger une terrible légende de Violeur de Réceptacle puis de Tueur d’Anges. Sa renommée sera telle  que Zaa’me, lui-même, le fera convoquer pour lui confier une mission d’importance vitale pour She’ôl: ralentir l’effort de guerre d’Eden. C’est donc sous les traits parfaits d’un Marche-Ombre et armé de ses terribles compagnes Fléau des Âmes et Ravages, qu’il accomplira sa destinée.

Mon avis

Le ton est donné dès les premiers mots. Le monde s’écroule. L’enfer hérite d’un démon: Sabadaï. Son arrivée est digne de son rang. Fort de son destin, nous l’accompagnons dans un périple qui devrait forger sa vie. Sabadaï est écrit comme un poème, un chant scandant une destinée hors norme. Un poème sans fin. Horrible. Effrayant. Mais si tentant. Si addictif. Les mots se posent d’abord délicatement. Puis, ils explosent dans un artifice de sens que l’on  ne cherche pas à retenir: Curiosité, peur, dégoût, et  autres. Mignar Adamson a une écriture sublime qui rend la lecture agréable et nous transporte sans peine dans son monde.

Sabadaï nous aspire dans sa vie qui n’a rien de féérique. Dans son abominable vie qui peut nous crisper  et nous faire grincer des dents.  Un monde où nous plongeons avec une sorte de douce culpabilité. Ce qui ne nous empêche pas d’en redemander, de tourner la page avec frénésie pour connaître la suite. A aucun moment ne nous vient l’envie de fermer le livre malgré la dureté de certaines scènes. Au contraire.

Sabadaï est un démon et nul ne peut le nier. Cependant, nous nous surprenons à éprouver de la sympathie pour cet hère sans âme et bouffi de colère. Oui, je dis bien sympathie car il a une vie de démon somme toute normale et comme tout un chacun, aspire à s’élever socialement. Qui ne rêve pas de grimper l’échelle sociale? Comment expliquer que l’on a de la sympathie pour un démon? Pourtant, c’est le cas, tant les mots sont beaux, vrais, humains. Profondément. Sincèrement. Telle est la plume de Mignar Adamson pour nous raconter son démon Sabadaï. Lisez-le et vous comprendrez. Un superbe roman.

Ma note 18/20

 

 

La mort des colombes – Carmine Strangi – 2018

Quatrième de couverture

Dans l’Afrique d’aujourd’hui, un village administré par les sœurs de l’Ordre de la Rose de San Angelo est attaqué par un groupe de mercenaires à la solde d’une organisation mafieuse qui, après avoir tué, pillé et violé les femmes, y met le feu pour détruire les traces de son passage.

Mon avis

Des informations. Tristes. D’une banalité absolue pour le monde entier. Mais, pas pour Ferdinand. Pour lui, les nouvelles sont troublantes. Mystérieuses. Son désir, son vœu: tout savoir, surtout la vérité. Que s’est-il réellement passé? Que cache ce soudain mutisme sur les évènements? Quelle est l’histoire des nonnes? Que font-elles au centre de cette histoire abracadabrante? Alors commence une enquête. Trépidante. Pleine de mystère. Que risque Ferdinand en découvrant la vérité? Où le mènera cette recherche? La curiosité, le questionnement du lecteur grandissent au fur et à mesure des pages, des chapitres. Chapitres titrés, ce qui facilite la lecture. Cette enquête de Ferdinand devient celle du lecteur qui va de découverte en découverte.

La mort des colombes est un roman fort sur une réalité qui est le quotidien  de certains peuples. Sur une indifférence totale mondiale concernant le sort de certains. La lecture se fait facilement. Les mots se posent avec une grande simplicité et nous laissent un petit sourire durant toute la lecture tant l’humour est fin. C’est ce que j’aime avec Evidence Editions, non seulement les couvertures sont superbes, mais, de plus, les écrits sont d’une grande beauté. On est toujours agréablement surpris. Ce qui est le cas avec la mort des colombes qui nous transporte dans une histoire, un suspens qui aurait pu se passer n’importe où à travers le monde. Vous vous laisserez emporter par cette énigme. Une fois le roman refermé, les pensées vous titilleront et les questions qui se poseront vous pousseront à imaginer une suite: Et si? Un beau roman à lire au coin du feu.

Ma note 17/20

9791034806829  Evidence Editions  185 p.   12€

 

Le chant du tambour -Jean-Luc Bremond – 2017

Quatrième de couverture

Alors que sévit la Grande Guerre en Europe, un jeune Algonquin de treize ans doit entreprendre sa quête de vision. Cependant, son père, homme-médecine, a d’autres projets. Il l’envoie en mission pour interpeller ceux qui menacent son peuple et pour que s’accomplissent les prophéties. Il doit pour cela faire un tambour, c’est  en le battant qu’il trouvera sa destination. Commence alors un voyage initiatique et périlleux  dans les couleurs des quatre points cardinaux, le jaune, le rouge, le noir et le blanc, avec comme guide le chant du tambour.

Mon avis

Tout commence par une loi. Celle du changement. Changement de traditions. De modes de vie. De coutumes. De l’interdiction. Interdiction de sortir d’un territoire attribué. La vie change autour des Algonquins. Quel sera leur avenir sur la terre de leurs ancêtres? Quel sera le destin de ce peuple qui vit en harmonie avec la nature qui l’entoure? plus rien ne sera comme avant. Que d’inquiétude! Cette ancienne vie qui s’en va avec le départ de l’un des leurs vers le monde des esprits. La fin d’un monde respectueux de rites millénaires préservant la nature.

Achack a, entre ses mains, le destin de son peuple. La quête se déroule en douceur, entre leçons de vie, questionnements, conseils des plus âgés. Le lecteur découvre avec bonheur les rituels Algonquins, leur lien à la nature à laquelle ils s’identifient. Aux coutumes et traditions  si respectueuses de la vie en général. Cette quête est initiatique et l’initiation est une quête qui mènera Achack au plus profond de lui, de ses desseins. Le tambour devient symbole. Devient le lien entre la vie et la mort. Symbole de cet éternel recommencement. Achack arrivera t-il à avoir des visions? Pourra t-il aller au bout de sa mission? Cette dernière portera t-elle les fruits escomptés?  A quel prix?

Le chant du tambour est un superbe roman. Un roman de sagesse. Sagesse du peuple Algonquin. Peuple qui arrive à la fin d’un cycle de vie. Doucement, lentement, au rythme de la nature, de l’éveil de la maturité d’un homme-enfant, nous avançons page par page à la découverte de deux peuples, au choc de leur rencontre, de leur destin si éloigné l’un de l’autre mais si lié. Destins liés rien que pour le pire.  Le chant du tambour est le roman des vies aussi résonnantes que le tambour. C’est un   très beau  roman où le destin d’un peuple lié à la nature basculera définitivement vers une fin inexorable. Une ode à la nature porteuse de vie, de beauté, d’espoir foulés au pied. Par une loi.

Ma note 18/20

9782889490578   5 sens Editions  200 p. Broché 17€

 

Primal ouverture – Mignar Adamson – 2018

Quatrième de couverture

Jean, trentenaire, en couple avec Caroline fera la rencontre d’une femme, Rhodia. Elle lui révèlera ses origines et bouleversera sa vie et le monde tel qu’il le perçoit. Il se retrouvera impliqué dans la lutte antédiluvienne du bien contre le mal, à laquelle sa famille participe depuis de nombreux siècles. Le temps est venu pour Jean de prendre sa place! Il devra se montrer digne de l’héritage de ses ancêtres et de la confiance de ses compagnons. Etes-vous prêts à découvrir le monde impitoyable de Primal, peuplé de Gardiens, de démons et autres chimères?

Mon avis

Une vie routinière. Un appel mystérieux. Une rencontre qui l’est moins. Des questions  sans réponses. C’est le début d’une aventure. De l’aventure de Jean. Une aventure hors du temps. Hors de la logique. Une logique qui démolit le destin.

Une lecture qui ravit, qui enchante le cœur du lecteur. Elle nous transporte au-delà de nos rêves. L’histoire est intrigante à souhait. Le mystère est distillé, dévoilé à petit feu, pour notre plus grand bonheur.  Une lecture aisée qui se fait au fil des chapitres courts et aérés. Quel est le secret que personne n’ose formuler? Quelles sont ces personnes au cœur de ce secret déroutant?

Primal ouverture est un roman qui nous enveloppe et nous étreint dans son monde de mystère, dans ses mondes de lumière, ses mondes sombres. En compagnie de personnages qui nous ressemblent tant. Pourtant si différents, si éloignés de nous. j’avoue ne pas avoir pu poser Primal ouverture dès que je l’ai ouvert. L’intrigue nous tient en haleine jusqu’à la fin. Et quelle fin! Un roman superbement écrit, qui nous transporte au fil des pages et nous dépose délicatement hors du temps. Vivement la suite. Un très beau roman

Ma note 17/20

9781719826822  272 p.

Aussitôt le printemps et autres nouvelles – Aurore Drey – 2018

Quatrième de couverture

Ces textes parlent de la vie. A la manière des scalpels, ils dissèquent les existences et laissent, sur leur passage , des chairs meurtries et des corps exsangues. Qu’il s’agisse de folie personnelle ou collective, de perte, de joie ou d’espoir, ces nouvelles mettent en scène des moments où tout bascule et dont personne ne sort indemne.

Mon avis

Les nouvelles sont belles. D’une cruelle beauté. D’une irréelle cruauté. Tout se fait en douceur. Plutôt, de manière doucereuse. Une histoire. Une personne. Une horreur. Pire que la précédente et moins que la suivante. Une entrée dans l’âme humaine, dans l’inhumanité de cette âme, qui se fait dans une tendre et belle horreur. Une sorte de vision sur écran blanc. Les mêmes questions surgissent à chaque fois. Que va t-il se passer cette fois? Quelle sera la découverte finale? Des questions qui se posent avec la même frénésie que celle d’un enfant qui va ouvrir ses cadeaux de Noël. Chaque histoire nous emporte plus loin dans la maison des horreurs. Mais, c’est si génial, qu’on se surprend à en redemander encore tel un enfant qui souhaite un autre conte avant de disparaître sous sa couette pour intégrer le monde des rêves.

Aussitôt le printemps et autres nouvelles nous emporte lentement sur l’aile de l’imagination d’Aurore Drey. Une imagination belle, fertile, pleine de suspens, d’amour. Oui, je dis bien d’amour pour ses personnages qui l’ont perdu. Ses personnages qui n’en ont jamais reçu, qui l’ont mal reçu et le rendent si maladroitement. Un recueil de nouvelles d’une douce beauté. D’une douce cruauté. Un recueil si vivant. Si réel.

Ma note 18/20

9781717988010

Islam et Christianisme dans la Prophétie – Tim Roosenberg – 2018

Quatrième de couverture

Notre monde est au bord d’un précipice, d’un changement cataclysmique extraordinaire. Le conflit entre les deux grandes religions du monde, l’islam et le christianisme, approche rapidement de son point culminant et il ébranlera le monde entier. En effet, la rapide expansion islamique a transformé le visage de l’Europe de l’Ouest, la crainte du terrorisme et d’une guerre sainte hante les esprits américains, alors que de multitudes conflits font rage au Moyen-Orient.

Que se passera-t-il ensuite. Et quand? A une époque d’imprévisibilité permanente, comment pouvons nous vraiment savoir ce que le futur nous réserve? Après une décennie de recherches approfondies, Tim Roosenberg, orateur international, présente une nouvelle étude stupéfiante des prophéties bibliques et démontre que la parole de Dieu ne passe pas sous silence le rôle de l’Islam dans ces derniers jours.

Mon avis

Il est vrai que la curiosité m’a titillée quand j’ai vu le titre. Pourquoi ne pas comparer ces prophéties à celles de Nostradamus? Qu’est ce que cet auteur peut rajouter de plus à toutes les prophéties passées, présentes et à venir? Pourquoi ne parler seulement que de deux religions monothéistes?  Quel intérêt de faire un énième livre sur les prophéties qui existent depuis des millénaires?

Me voilà partie … dans une bible réécrite. Rien de neuf, tout est vieux, comme le dit l’autre. En fait, le lecteur se perd dans les versets et les chapitres, avec une impression bizarre de lire des relents d’interdit. Le diable, c’est l’autre.  On se sent envahi par quelque chose pire que le doute, mais qui n’a pas de nom.  Des découvertes? Il n’y en a pas. Enfin, je n’en ai pas trouvé. Islam et Christianisme dans la Prophétie nous apprend que le monde est au bord du gouffre avec toutes ces guerres à travers la monde. Tout le monde le sait, j’espère. Je suis restée sur ma faim avec l’impression profonde de lire quelque chose de sacrilège. Islam et Christianisme dans la Prophétie m’a laissée pensive, avec une drôle d’impression qui n’a pas de nom. Juste une grande envie de se laver les mains. De prendre une douche. De laver son âme. Peut-être qu’un lecteur y trouvera un message, une prophétie que je n’ai pas vus. Ce ne fut pas mon cas.

Ma note 13/20

Le désert du lac Victoria – Ives Dumond – 2018

Quatrième de couverture

Une chose mystérieuse décide de vider le lac Victoria de ses eaux, puis de saccager l’Afrique et ensuite de se propager à travers le monde comme une inéluctable peste. Sur un continent réputé dépendant des aides internationales, quelle sera l’issue?

Mon avis

L’histoire d’un continent, l’Afrique. Intéressante pour ceux qui ne connaissent pas. Expliquent-ils ce qui se passe dans le monde? L’horreur qui s’invite au quotidien d’illustres inconnus? Que se passe t-il? Quels est le but? Des vies en parallèle. Des migrants. Un migrant. Un milieu d’une violence inouïe. Une chaleur intense qui irradie du continent africain, brûlant tout sur son passage. Pourquoi ce continent? Que peuvent faire les scientifiques?

Le désert du lac Victoria est assez intrigant. Des vies. Des histoires décousues. Des bouts de vie qui semblent s’entrechoquer. Une personne qui semble raconter une histoire. Son histoire. Réalité ou Impression? Trop de vies relatées?  Le lecteur navigue entre ces vies si éloignées l’une de l’autre. Le seul point commun reste le lac maudit. Pour des raisons qui peuvent paraître évidentes.

Dans le désert du lac Victoria, les personnages sont nombreux. Leur destin est scellé à celui du lac de la mort. Les chapitres regroupent plusieurs histoires. Ce qui peut perturber le lecteur. Cependant, l’histoire se tisse doucement, mais sûrement. Le suspens demeure autour de ce lac. Ives Dumond définit son roman comme atypique. C’est peu de le dire. C’est un roman déroutant, énigmatique, intrigant qui laisse le lecteur un peu pensif, en plein questionnement sur le fil de l’histoire. Une histoire qui se renouvelle à chaque chapitre.

Ma note 15/20             9781983028182

Peau de nonne – Aurore Drey – 2018

Quatrième de couverture

Alors que le monde ne connait plus de saisons, une petite fille vit recluse dans un château vieillissant. Elle y a pour seule compagnie son oncle et une personne chargée de son éducation. Convaincue d’être un monstre devant être tenu à l’écart de la civilisation, la petite fille devient jeune fille et les démons qui peuplent son existence se font chaque jour plus proches et plus menaçants.

Mon avis

peau de nonneUn enfant. Une jeune fille. Une jeune femme. Recluse au fond des bois. Refusée par la vie. Cachée de la vie. Juste une vie. Innocente. Solitaire. Taillée en pièces. Un texte qui commence doucement. Comme un éveil au monde. Un éveil à la découverte. Découverte des sentiments. Sentiment de peur. De rejet. De solitude. Un château isolé dans les bois où trois personnes se côtoient, se rencontrant occasionnellement. Puis vint l’horreur. La terreur. Le déshonneur. La douleur. Un corps blessé. Détruit. Annihilé. Ainsi qu’un fantasme. Un rêve. Une interdiction.

Peau de nonne est une nouvelle dense. Forte. Intime. Pas vraiment sentimentale. Une nouvelle qui vous fait abandonner notre monde pour entrer dans un autre où le questionnement, le doute, puis l’horreur prend une grande place. Nous entrons pas à pas, au fil des mots, dans la fin d’une vie sans trop d’émotion à une autre où l’amour est absent. Où l’amour n’a jamais existé. peau de nonne

Peau de nonne nous présente trois vies bousculées. Qui ne se croisent que pour le pire. Le meilleur n’y ayant jamais eu sa place. Le lecteur avance à pas de loup dans un monde de plus en plus opaque. Un monde où la lumière se fait sur l’extrême des gestes. Des choix. Des actes. Un monde où l’humain va au bout de lui-même dans une horreur glaçante pour renaître à la vie. Au monde extérieur. A l’horreur prochaine? A un goût improbable pour l’annihilement des vies dans un but de se laver de ses souillures. Pour renaître à la lumière glauque du monde? Une superbe nouvelle que vous accompagnerez dans l’escalade des décisions qui mettront en doute l’humanité. A lire absolument.

Ma note 18/20

9781717865977   30 p. Broché 5,48€

LIANN, L’enfant Faune – Suzanne Max & Alain Benoist – 2018

Quatrième de couverture

Tout au fond de la forêt, à l’abri des regards des humains, vit le mystérieux peuple des Faunes. Et, parmi eux, Liann l’enfant Faune. Curieux et épris de liberté il décide de quitter sa forêt pour explorer le monde et découvrir la civilisation des hommes.

Mon avis

 fauneQuel est l’enfant qui n’a jamais rêvé de faire comme les grands? De montrer aux adultes qu’il peut agir seul? Qu’il est indépendant? Quel est l’enfant qui n’a jamais rêvé de partir à l’aventure, même si c’est dans la cour du voisin? Avec Liann à qui il peut s’identifier, cet enfant rêveur vit cette aventure en toute sécurité. Liann est un tout petit enfant. Différent des humains. Curieux de tout comme on peut l’être à son âge. Il va de découvertes en découvertes. Bonnes ou mauvaises. Il apprend à se connaître. A connaître les autres et à accepter leurs différences.

Liann l’enfant faune est un livre superbe. Par sonfaune histoire. Par ses images. Pour un enfant curieux de tout, Liann lui apprend la curiosité saine. La prudence. Les images sont sublimes et Liann est mignon à croquer. Les couleurs sont douces et accrochent le regard du lecteur. Les chapitres sont courts et illustrés. Ce qui permet à un enfant de laisser une grande place à son imagination.

Ce que j’aime avec les Editions Ex Aequo, c’est que l’enfant et son imagination sont mis à l’honneur. Tout est fait pour que la lecture soit ludique. Pour que le jeune lecteur s’approprie l’histoire et prenne goût à sa lecture. Liann l’enfant faune est un très beau roman que les enfants adoreront feuilleter.

Ma note 18/20

9782378734596   Ed. Ex Aequo   Coll. Saute-Mouton  53 P.  Broché 10€

Odelia Floyd et la légende des huit pierres – Ludivine Casemode – 2018

Quatrième de couverture

Odelia Floyd est une jeune fille qui découvre son pouvoir: voyager dans des dimensions parallèles. Suite à son premier saut dans le temps, Odelia se voit associée au Cercle des Huit pierres, un groupuscule créé par son grand-père, également voyageur du temps et de l’espace. Elle s’aperçoit ainsi que son destin est lié à une légende ancestrale et qu’elle va devoir s’emparer de ses nouvelles capacités pour conquérir le cœur de tous.

Mon avis

Que se passe t-il quand, à seize ans, on se réveille avec une nouvelle vie, une nouvelle histoire, de nouveaux pouvoirs? C’est la découverte que fait Odelia, une jeune fille comme les autres et promise à un destin hors norme le jour de son anniversaire. Très prise par son apprentissage, elle va de découverte en découverte. A peine intronisée et déjà une mission à accomplir.

Les chapitres courts précédés parfois d’arbres généalogiques, le récit à la première personne facilite la lecture et nous permet de nous identifier à la jeune Ophélia. Nous vivons la lecture à travers ses émotions, ses pérégrinations. Nous vivons ses aventures trépidantes et souffrons avec elle face à l’inconnu, face aux attaques. Nous l’accompagnons dans sa quête de connaissances. Les poèmes qui parsèment Odelia et la légende des huit pierres sont beaux. Profonds. Nostalgiques. Douloureux. Un vrai plaisir même pour ceux qui ne sont pas adeptes de la poésie. Ce qui n’enlève rien à la beauté de l’histoire. A sa fragilité. Au contraire.

Odelia Floyd et la légende des huit pierres est une quête qui mène l’héroïne au bout d’elle-même afin qu’elle renaisse à sa nouvelle identité. Afin qu’elle donne une âme à sa mission. Une renaissance à la vie, nouvelle et énigmatique. Une possible naissance à l’amour? Odelia Floyd et la légende des huit pierres se lit d’une traite tant nous sommes pris dans l’aventure. Les mots bercent simplement notre curiosité et nous avançons au même pas que les héros. Avec les mêmes questionnements. La même curiosité. Un roman prenant. Un très beau moment de lecture.  Merci aux Editions du Panthéon.

Ma note 17/20

9782754739849   Ed. du Panthéon  272 p.  Broché 19,90€

 

Les derniers de la rue Ponty – Serigne M. Guèye – 2009

Quatrième de couverture

Un jeune homme étrange qui se dit déjà mort et prétend être un ange, Gabriel, atterrit au Sénégal. Silhouette haute, allongée par son grand manteau aux poches si remplies de billets qu’on les croirait sans fond, Gabriel sillonne Dakar en quête de rédemption peut-être, d’une forme de salut certainement…

Roman

De nuit, dans les rues de Dakar, une ombre se déplace. Humain? Fantôme? Elle Pose son ombre, sa protection sur une fratrie à la rue. Bon ou mauvais présage? Un roman qui nous emmène dans les profondeurs de la société sénégalaise. Différentes rencontres. Différents portraits. Différentes histoires. Tristes. Touchantes. C’est un roman écrit à la première personne. Récit d’un homme qui va au bout de sa foi. De sa douleur. Un homme-ange qui ne peur résister aux sirènes de Cupidon. Homme dans sa vie. Ange dans ses actions. Quelle est la réalité de cet homme? Quel est son destin.

Gabriel nous emmène dans son monde. Ses rencontres hétéroclites poussent l’humain à aller au bout de ses choix, de ses idées, en agissant mieux. Puis, un jour, la vérité se fait jour. Qui est-il vraiment? Pourquoi agit-il ainsi? Qu’est ce que Gabriel va devenir? Comment va -t-il agir? Les derniers de la rue Ponty est un superbe roman sur la recherche de soi et des autres. Très humain.

Les chroniques de l’Uchronomicon – Le cycle de Saclyd – Premières intrusions – Philippe Morineau – 2017

Quatrième de couverture

L’histoire nous apparait comme un fleuve s’écoulant inlassablement sans que nous puissions le détourner ou le ralentir. Il existe cependant des êtres pour qui le fleuve s’est transformé en un océan qu’ils nomment l’Uchronomicon. Ils l’explorent sans relâche tout en se combattant. L’un d’eux, Saclyd, grâce aux connaissances millénaires héritées de ses ancêtres, manipule les variables de l’équation originelle qui lui permettent de contrôler le destin de plusieurs mondes plus ou moins semblables à la Terre que nous connaissons. A l’abri de sa forteresse sous-marine, protégé par des créatures terrifiantes et perverses qu’il a lui-même créées grâce au génie génétique. Il lutte depuis peu contre une menace grandissante qu’il ne peut encore circonscrire. Mais si sa vie  a déjà été mise en danger à plusieurs reprises, c’est la toute première fois qu’il n’est plus le seul à sauver.

Mon avis

Imaginez-vous à bord d’un vaisseau spatial. Amnésique, avec de grandes connaissances. Ou dans un autre pays. A une autre époque. Des vies parallèles. Qui semblent se compléter. Des énigmes nouent ces vies. Que se passe t-il? Qui est à l’origine de ces faits qui traversent des destinées, des mondes?

Des histoires d’hommes qui se suivent, ne se ressemblent pas mais s’imbriquent les unes aux autres. Les chapitres sont courts, titrés et nous entrainent dans des mondes différents qui sont le début ou la fin du chapitre précédent ou du suivant. Un début. Une suite. Des histoires. Une histoire. Un point commun: Saclyd. Les monstres. Les horreurs. Les guerres. Saclyd trouvera t-il un adversaire à sa hauteur? Pourquoi une telle manipulation des êtres et de leur destin? Que cache t-il? A t-il une âme? Est-il capable de compassion?

Au fil des pages, des personnages défilent. Avec leur vie. Mais, est-ce bien la leur? Une impression, une question  taraude le lecteur. Et si ces personnages nous représentaient? Et si Saclyd était cette force supérieure qui semble gérer notre monde? Les chroniques de l’Uchronomicon – Le cycle de Saclyd est peut-être l’explication de ces vies terrestres. De ces pions que nous sommes.

Philippe Morineau par le biais des éditions complicité   nous offre un roman épique. Un roman qui interroge sur l’humanité et son mode de fonctionnement. Un très beau roman de suspens qui se laisse agréablement lire. Qui régale le lecteur. Miam!

Ma note 18/20

9782351200919  Ed. Complicités – Hors Collection   196 p.   16€

Enclavia – Nouveaux dieux – Johan Atlas – 2018

Quatrième de couverture

Enclavia vit son apocalypse. Ce monde est impitoyablement frappé par des rayons célestes. Les doit-on à de nouveaux dieux? Sont-ils liés à l’apparition du Guerrier, cet être surnaturel qui prend la vie des hommes comme on fauche du blé? Aujourd’hui, Merlin, descendant de l’illustre mage, semble le seul à pouvoir mettre un terme à ces catastrophes. Son histoire s’entrechoquera avec celle de Fileas, le voleur elfe, et celle de Promptus, le stratège commandant des armées d’Escarith.

Mais sur ces destins croisés, une ombre plane. Un mage noir dont l’identité, les machinations, voire même l’existence, sont incertaines. Est-il réel? Ou Lorussi l’a-t-elle opportunément imaginé, pour couvrir un meurtre politique? Vivez leur aventure, assistez aux luttes pour le pouvoir et découvrez

Mon avis

Deux êtres au bout du monde. D’un monde. Différents physiquement. Culturellement. Différents tout simplement. Deux amis unis par l’extinction de leur monde. Qu’adviendra t-il d’eux? Dans leur monde en plein déliquescence, quel rôle auront-ils à jouer? Seul Merlin a connaissance de la prophétie. n’est-il pas trop tard au vu des attaques de  plus en plus ciblées et violentes?

Enclavia – Nouveaux Dieux nous entraîne dès les premières pages, dans un monde apocalyptique. Un monde où l’enfer semble s’être approprié la planète. Il y a tout ce qu’il faut pour passer un beau moment de lecture. Des personnages hauts en couleur et au caractère bien trempé. Des batailles mémorables. Et… Guerrier. Qui est-il? Quel est son rôle dans ces attaques? Ce peuple habitué à la belle vie arrivera t-il à réagir à temps? Nous naviguons entre guerre et incantations. Entre l’impuissance et le désarroi d’un peuple qui perd ses dirigeants et ses repères. Fileas et son acolyte Gorowin semblent être les spectateurs et les acteurs de cette attaque qui les dépasse.

Ce qui est superbe dans Enclavia – Nouveaux Dieux , c’est que le monde des elfes côtoie celui des géants qui côtoie les mondes planétaires. Un monde unique où tout ce qui vit est la proie de prédateurs venus d’ailleurs. Un monde où les millénaires anciens et nouveaux s’entrelacent. Chaque seconde se vit intensément. Les batailles sont sans fin. La lecture se fait aisément malgré les mots assez savants comme « anthropocentriques », entre autres. Les chapitres sont titrés. Ce qui facilite la lecture et en permet la fluidité.

Dans toutes ces batailles, une superbe histoire d’amour se vit en toute discrétion. Profondément. En dehors du temps, survivra t-elle à ce chaos sans nom? Durera t-elle plus longtemps qu’une estocade? Enclavia Nouveaux Dieux est un roman qui fait rêver et laisse le lecteur imprégné de ce monde et de ses personnages particuliers. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781986756983   343 p.

Civilisation Tome 2 – L’arche- Sylvain Sylvestro – 2018

Quatrième de couverture

Bien des générations plus tard, sur une autre planète, le combat pour la survie de toute une espèce continue. ILS arrivent, les Gaïens pourront-ils leur résister? L’équipe de chasseurs la plus puissante de la planète va devoir affronter une nouvelle menace mais les choses sont plus compliquées qu’il n’y paraît…

Mon avis

Des décennies plus tard. De nouveaux combattants: des triplés, dont le but est la survie. Une survie faite de luttes. De chasses. Ce sont des maîtres du combat face aux mutants. Cependant, leur force commune les aidera t-elle face au grand prédateur? Arkheim veille. Tapi dans l’ombre. Ignoré de tous. Que souhaite t-il? Pourquoi s’en prendre à ce peuple? Dans quel but voulait-il annihiler autant de vies?

Pour ces triplés hors du commun, des questions surgissent. Seront-ils à la hauteur? En sortiront-ils indemnes? C’est ainsi que Civilisation – L’arche nous emporte dans une odyssée presque sans fin. Une odyssée où les batailles n’ont qu’une règle: survivre coûte que coûte et, surtout, gagner. Quel qu’en soit le prix.

Au gré des chapitres, nous accompagnons Nil, Nefer et Kork dans leur mission. Civilisation-l’arche se lit d’une traite. Chaque mot. Chaque paragraphe ne tend qu’à une chose, nous emporter sur les ailes de la survie d’un monde. Les triplés arriveront-ils à enrayer définitivement la menace qui plane sur leur territoire? Sylvain Sylvestro réussit, à nouveau, à nous transporter dans son monde. A nous faire vivre au rythmes des batailles, des émotions d’un peuple et de ses sauveurs. Et c’est avec beaucoup de bonheur et de curiosité qu’on se laisse emporter.

Ma note 17/20

The avenue in the rain et autres nouvelles – Arnauld Pontier – 2018

Quatrième de couverture

L’image est celle de la femme éternelle. Une image qui se fiche des controverses sur la réalité ou le fantasme de cette « féminité » idéale: de la place de chaque sexe sur le vaisseau de la vie. Cette femme, c’est celle qui naît de la vision de l’homme; il ne cherche pas en elle son semblable, son égale: en elle, il voit l’espérance, l’amour qui l’attend, un jour, quelque part, en dépit du temps  qui passe et les aléas de la vie. Ou bien l’amour qu’il a perdu, manqué. Femme, sœur, marraine, mère… elle est là jusque dans la défaite: jusqu’à la fin.

Fixée en une seule et belle image, cette femme éternelle est l’allégorie de la vie. Force et douceur. Attirance. Respect. Mystère. Elle est notre désir. En quatre textes, sur une photo emblématique, c’est cette figure de proue, cette égérie qui est illustrée, fantasmée, remerciée.

Mon avis

La pluie. Sous toutes les latitudes. Dans toutes les situations. A chaque page, les mots se posent au gré de la vie. Au gré des émotions. La solitude enrobe le tout. Jusqu’au bout. De la vie. De la fin du rêve. De la fin du cauchemar. Au bout de l’amour sous toutes ses formes. Au bout de tout. Chaque nouvelle nous présente une situation spécifique. Cette nouvelle qui semble être le commencement. La fin. Le re-commencement. Des nouvelles où la douleur est extrême. Où le poids de la vie semble insoutenable. Où la solitude est prenante. Forte. Etouffante.

The avenue in the rain est un recueil qui se lit d’une traite. Le lecteur se sent envahi par cette pluie purificatrice. Cette pluie maudite  où même le monde semble être au bout de tout. Au bout de lui-même. Les mots sont poétiques. Doux. Forts. Extrêmes. Limites. Pleins de vie. Pleins de mort. Les mots sont la pluie et la pluie est un mot. Un mal. Un souvenirs. Une gomme qui efface la vie souffreteuse. Qui pousse l’homme à revoir son âme. Son cœur. Pour devenir humble face à la douleur. Face au manque.

The avenue in the rain vous prendra au cœur. A l’âme. Et vous emportera dans la vie trouble. Douloureuse des personnages. Un recueil qui vous emportera dans leurs faiblesses. Leurs rêves avortés. Leur humanité. Vous vous trouverez face à vous-même et à vos troubles. Mais, la pluie est là. Elle nettoie, balaie, emporte les mauvais jours. Les souvenirs en suspens. Les désirs non accomplis. Laissez-vous aller. La pluie vous accompagnera. Un superbe recueil. Très beau. Très fort.  Merci à Evidence Editions

Ma note 19/20

9791031808458  Evidence Edition – Collection Anthologia    58 p. Broché 9€

Dans l’ombre de l’Afrique – Djakaridja Ballo – 2017

Quatrième de couverture

Dans les méandres de l’Afrique, entre valeurs, spiritualités et traditions, deux jeunes gens tombent amoureux. Un amour interdit par une coutume intrigante : la parenté à plaisanterie, un lien instauré entre certaines tribus afin de privilégier une meilleure cohabitation.

Peut-on échapper à des rites anciens dans le monde actuel? L’amour est-il le moyen de s’en affranchir? Est-ce réellement une bénédiction pour préserver les peuples ou une malédiction pour les séparer? D’une plume aussi avisée que poétique, l’auteur nous entraine au cœur des coutumes de l’Afrique. Une belle façon d’attirer notre attention sur un continent aux mille et une facettes.

Djakaridja Ballo tend à casser subtilement les préjugés en dévoilant l’origine de cette parenté. Ainsi, il soulève l’ingéniosité des sages africains dans leur volonté de conserver une paix sociale depuis des siècles dans une Afrique qui n’a de cesse de se déchirer.

Mon avis

L’Afrique. Terre de traditions. Dans un monde moderne. Comme le dit le proverbe « si tu veux savoir où tu vas, regarde d’où tu viens« . C’est un peu le message de Dans l’ombre de l’Afrique. C’est ainsi que vit Sory, entre l’apprentissage de la tradition, le respect des interdits, des coutumes ancestrales et l’apprentissage du monde moderne. Comment agir quand la tradition empiète sur la vie moderne, sur la vie intime et la rend difficile?

Le destin de Sory qu’il veut lier à son continent passe par des études en Europe. Alors, l’amour naquit et le monde s’écroula. L’interdit s’invita. Que faire? Penda et Sory pourront-ils vivre cet amour interdit? Pourront-ils passer outre la tradition?  Les règles ancestrales? L’absence de bénédictions des ancêtres?

Dans l’ombre de l’Afrique nous fait rêver. Voyager. Découvrir un monde où les traditions demeurent et règlementent certains actes. Dès les premiers mots, le lecteur est pris dans un tourbillon d’émotions. De sentiments qui l’accompagnent à chaque page. A chaque chapitre, on vibre au son de ce bel amour. Au rythme des battements de cœur de nos Romeo et Juliette africains. Que leur réserve l’avenir? Entre prose et poésie, les pages défilent pour notre plus grand bonheur.

Quand j’ai recherché un roman à livre dans le catalogue varié des Editions du Panthéon, Dans l’ombre de l’Afrique m’a interpelée et je ne l’ai pas regretté.  Eh non, aucun regret. Lire un roman riche. De traditions. D’amour. De force sentimentale. Découvrir le dilemme des deux amants face au tabou transgressé. Comment réagira la famille africaine, si elle savait? Un dilemme dantesque lors du retour sur la terre des ancêtres.  Ces derniers accepteront – ils  de pardonner la transgression de ce tabou?

Le destin de Penda et de Sory embrasse celui de ce continent écartelé entre traditions et modernité. Entre respect des coutumes et réflexions modernes. Les dieux seront-ils enfin magnanimes? Une très belle et très émouvante histoire. Deux êtres face à leur destin. Deux êtres allant au bout de leur amour. En refermant ce livre, on se découvre profondément ému. Les larmes aux yeux. Supputant des rêves « et si« . Laissez-vous envoûter. Vous ne le regretterez pas. Un superbe roman.

Ma note 19/20

9782754739146  Edition du Panthéon   222 p.   18,90€

ACHAT

Notre vie à trois – Colline Hoarau – 2015

Quatrième de couverture

regards croisés d’un patient et d’une impatiente en lien avec la maladie de Parkinson. C’est une vraie histoire ancrée dans une réalité ni drôle, ni éplorée. Elle est, tout simplement, sans artifice, comme l’authenticité de la vie. Vous serez embarqués dans ce dialogue, l’un faisant écho à l’une.

Mon avis

La maladie. Le malade. L’entourage. Surtout les aidants. Ces petites mains du bien-être du malades. Oubliés de tous. Incompris de beaucoup de monde. Ceux dont la fatigue est une dure réalité et le repos un merveilleux rêve. Ce roman m’a profondément touchée car en tant qu’ancienne soignante, j’ai connu leur souffrance légitime dans toute son ampleur. Leur infinie détresse. Du point de vue du patient, ainsi que de celui de l’aidant.

Notre vie à trois est une très belle histoire de vie. De maladie. De culpabilité qui défile au fil des pages. Au fil des chapitres. Une histoire d’humanité au-delà de la maladie. Au-delà de la souffrance  commune. Une souffrance si différente et si semblable. Cette pénibilité à se voir décliner. A supporter et à partager le quotidien de celui qui ne sera plus. A supporter la difficulté de cette intrusion non désirée. Une intrusion dans la vie sentimentale. La vie intime. Le quotidien. Notre vie à trois  démontre si bien que l’écoute auprès du malade, de l’aidant est d’une importance cruciale. Que déculpabiliser l’un et l’autre est une aide. C’est un roman qui souligne si bien cette colère. Contre soi. Contre l’autre. Contre l’intrus.

Notre vie à trois est un roman beau d’amour. De douceur. De tendresse. Il est profondément beau de colère. De culpabilité. D’incompréhension. De cette sorte de pudeur à refuser l’innommable qui s’infiltre dans les vies au risque de tout briser. C’est le point de vue de deux personnes qui vivent différemment la maladie. Qui se parlent et se répondent via la vie, la routine bouleversée. C’est un roman profondément humain. D’une grande force et d’une terrible tendresse. Tout est si vrai. Si fort. Chaque mot, chaque phrase relate la vie. La lutte âpre  au quotidien pour maintenir la vie ou ce qu’il en reste. Malgré les moments de désespoir, de fatigue, de culpabilité. Une très belle ode à la vie et à l’amour. Un superbe roman.

Ma note 19/20

9781770765528   Editions Dédicaces  104 p.

 

La noirceur des étoiles – livre 1 – Les yeux noirs – Jessica Naide – 2018

Quatrième de couverture

L’univers est vaste, la Nature n’y a plus sa place, et la Deuxième Ethnie n’y voit que source de profit et de conquêtes. N’étant plus le bienvenu dans la plupart des galaxies, le capitaine Iwata Kazuya arpente l’univers en compagnie de son équipage à bord de son vaisseau le Sekai. Jusqu’au jour où son voyage lui fait croiser la route d’un vaisseau en perdition et qu’il sauve d’une mort certaine un jeune homme à la mémoire évanouie.

Le passé à ses trousses, et confronté à lui-même, Kazuya peut-il faire confiance à cet homme qui ignore d’où il vient et ce dont il est capable? Des souvenirs douloureux aux visions prophétiques, Kazuya tentera à ses côtés de répondre à la question qui le hante depuis toujours: dans un univers où la Nature n’est plus qu’une légende, pourquoi celle-ci continue-t-elle de l’appeler sans relâche?

Mon avis

C’est le titre qui m’a interpelée. Quel rapport entre des yeux et des étoiles noirs? La réponse apparait dès les premières pages. Un vaisseau dans ce monde d’étoiles. Un jeune homme aux yeux noirs seul dans un vaisseau abandonné. C’est juste le début de l’histoire. On entre de plein pied dans une scène ubuesque. Très drôle. Une scène où deux personnes se rencontrent. Se découvrent. Se mesurent du regard. Doutes. Confiance ou pas? Peu à peu Kazuya apprend à connaître son nouvel invité Sotcha. Qui est cet homme? D’où vient-il? Où a t-il appris tout ce qu’il sait?

Au fur et à mesure de la lecture, les personnages se livrent au lecteur. Les batailles se suivent et ne se ressemblent pas. On découvre un monde qui n’a rien à envier aux mille et une nuits. Un monde séparé en Ethnies. Un monde où l’amour est un apprentissage. Une manière de baisser sa garde face à l’autre. Un amour qui accepte d’offrir sa confiance. Son corps. Son cœur. Mais, est-ce raisonnable? Dans ce monde spécifique, cet amour est-il réel? Est-ce l’antichambre de la trahison?

La noirceur des étoiles – livre 1 – les yeux noirs est un roman envoûtant. Qui vous traverse. Qui vous renverse et vous entraine dans le sillage des personnages. Dans le sillage de leur force. De leur faiblesse. Un roman qui fait remonter des émotions très fortes. Vous rencontrez des personnages d’une force, d’une fragilité au-delà des mots. Des personnages pour qui la nature est un rêve. Peut-être une réalité. Une probable possibilité. Des personnages qui cherchent à la trouver.  A communiquer avec elle. A être la nature. Est-ce un rêve qui se réalisera? Kazuya la rencontrera t-elle enfin?

La noirceur des étoiles – livre 1 – les yeux noirs est un roman qui se lit d’une traite. Les pages, les chapitres défilent dans ce monde de chaos où l’homme retrouve son âme. Ses désirs. L’amour. Le tout dans une extrême douceur malgré la violence environnante. Un superbe roman.

Ma note 18/20

9782956385318  381 p. 18€ broché

Dangereuse comédie à Bamako – Gaspard-Hubert Lonsi Koko – 2018

Quatrième de couverture

La charmante Malienne vida d’une traite, la tristesse dans l’âme, le verre de whisky que l’on venait de lui tendre. Elle remercia ensuite l’employé de l’Evasion, l’un des dancings mythiques de la capital malienne, et sortit après avoir posé le contenant sur le comptoir. Une fois dehors, l’air chaud fouetta brutalement le visage de la Bamakoise qui eut l’impression d’avoir la tête lourde. Le malaise s’accentuait au fur et à mesure qu’elle marchait. A un moment donné, elle fut en proie au vertige. La nausée l’indisposa. Le whisky était-il empoisonné? Tout à coup, le vide s’installa dans son esprit et ses jambes la  lâchèrent. Elle s’écroula. Non loin de là, les derniers fêtards eurent l’impression qu’une très forte lumière s’extirpa de la masse corporelle qui était allongée à même le sol et se dirigea, en tourbillonnant, vers le haut pour disparaître dans le ciel noir et très étoilé. Ainsi Aïssata Camara rendit-elle l’âme. Elle ne danserait plus jamais au Calao, au Mandingo, ou au Yanga. Adieu l’artiste.

Pendant ce temps, dans la villa du quartier huppé de l’Hippodrome, François Piantoni et Aminata Dembélé furent très surpris de revoir l’Homme Noir, en pleine forme, et l’un de ses acolytes que l’on avait pourtant enfermés, bien ligotés, dans la cave. La Malienne et le Corse tentèrent de s’enfuirent, mais ils n’eurent pas le temps d’ouvrir la porte…

Quelque chose lui avait échappé, se dit Roger Dercky. La danseuse de Bamako était-elle l’un des maillons de cette chaîne infernale? Était-il manipulé, depuis le début? Dans l’affirmative, pour quelle finalité? Mamadou Diawoura était-il réellement kidnappé?

Mon avis

Bamako en mode policier. Qui peur résister à cela? En tous cas, pas moi. Alors, je me suis lancée. Un détective Zaïrois débarque au Mali pour une mission secrète. Mais, en Afrique, il n’y a que des secrets de polichinelle. Son client et ami a été enlevé par le gouvernement. Dans quelle prison est-il? D’ailleurs, est-il toujours sur le territoire malien? Est-il toujours vivant?

Nous voilà embarqués dans une histoire à l’ambiance africaine. Chaude. Torride. Une histoire à un rythme africain.  Dans Dangereuse comédie à Bamako, nous sommes plongés dans l’ambiance avec une brève leçon d’histoire sur l’origine de la ville. Très intéressante et instructive. Avec certains mots du terroir. Ce qui est assez original.

En bon détective, Roger continue son enquête entre les nuits chaudes, canailles de Bamako  et ses contacts dans la ville. Cependant des mystères planent? Doit-il faire confiance à tout le monde? Qui travaille pour qui? Qui sont ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre? Que découvrira t-il d’autre? Réussira t-il à sauver son ami? Est-ce sa dernière enquête? Cette dernière se déroule à son rythme entre amour, meurtres et trahison.

Dangereuse comédie à Bamako nous entraine dans une histoire originale, avec une écriture atypique. Une histoire qui nous démontre que le monde du crime est le même quel que soit l’hémisphère. Les mots sont crus, parfois. Le vocabulaire est enrichi par des mots bambaras qui sont traduits sur la page. Ce qui permet de ne pas interrompre la lecture. Vous découvrirez une superbe ville africaine dont l’histoire résonne encore à travers l’Afrique. Un bon moment de suspens.

Ma note 16/20

9791091580304   L’Atelier de l’Egrégore  277 p.

Voyage entre deux vies – David Perroud – 2018

Quatrième de couverture

Perdu dans ses pensées à ressasser ces questions existentielles, Arold meurt dans un accident. contre toute attente, commence alors pour lui une aventure hors du commun, qui comblera sa curiosité au-delà de ses espérances. Il découvrira le fonctionnement de l’univers et ce qui se cache derrière ce que nos sens perçoivent. Ces fameux 95% que les scientifiques nomment naïvement énergie et matière noire. Noire? C’est bien la seule teinte qu’il n’observera pas dans ces vastes mondes riches, peuplés et colorés.

Grâce à l’aide d’Ariel, une magnifique âme terrienne, et ses amis surlumineux, Arold va se mettre au service de l’humanité avec comme outils une conscience étendue  et un accès au champ quantique, détenteur de l’information absolue. Comment éviter le pire, le triomphe de l’ego, la destruction de la vie? Chercheur inlassable, il visitera les lieux les plus inspirés comme les plus noirs pour lever le voile sur un joyau de nature à révolutionner la qualité de nos existences: un récit qui contient l’espoir et la force de faire dévier notre planète, la Terre, de la trajectoire funeste sur laquelle elle est engagée.

Mon avis

Dans notre monde actuel où la vie après la mort interroge, ce roman est une manière de rêver la réponse. En commençant la lecture de voyage entre deux vies, je m’attendais à un essai sur la vie après la mort (eh oui, je ne lis toujours pas les quatrièmes de couverture pour choisir un livre). Quelle n’a été ma surprise, agréable, cela va sans dire, de découvrir un roman. Et quel roman!

J’ai trouvé le style intéressant. En effet, le sujet traité n’est pas évident. Cependant, la légèreté de la plume rend le récit amusant. On meurt avec curiosité et on déambule dans les méandres de l’après mort avec beaucoup de questions. Est-ce douloureux de mourir? Que se passe t-il après? C’est ce que découvre Arold qui semble apprécier ce mystère.

Dans voyage entre deux vies, nous découvrons l’au-delà. Loin, très loin de l’imagination humaine. Un moment d’introversion, de douceur, de regrets, de découverte, de beauté. D’amour. Tout simplement. De partage. Le reflet de la vie sur terre, en mieux? Nous accompagnons Arold dans sa nouvelle vie-mort. Ses nouvelles fonctions. Sa nouvelle identité-entité. Comment cela va t-il se passer? Nous allons de découverte en découverte sur certaines pratiques religieuses. Arold va t-il s’adapter et aimer ses nouvelles missions? Comment s’en sortira t-il?

Dans voyage entre deux vies, la vie après la mort semble apprendre à l’Homme à devenir plus humain. Plus tolérant. Un monde meilleur que la Terre. Un monde où Arold apprend à devenir moins égoïste et plus à l’écoute des autres. Quel sera son avenir dans cette nouvelle vie? Voici un roman touchant. Intriguant. Beau. D’une beauté merveilleuse. Humain. Les mots, les chapitres défilent  et nous emmènent dans un rêve éveillé. Un merveilleux monde de pardon et d’amour. Un superbe roman.

Ma note 18/20

9791023608922   Ed. Publishroom  289 p. 18,90€

Viralata le fils du caïman – Sébastien Acacia – 2018

Quatrième de couverture

Chimio, hôpitaux, médecins… Un quotidien que Martin ne connait que trop bien. Dans quelques semaines, un mois peut-être, son passage dans ce monde touchera à sa fin. Comment supporter cette idée d’abandonner son fils, Antonin, atteint d’un autisme sévère, aux seuls bras épuisés de sa maman? Comment ne pas regretter de ne jamais lui avoir offert un frère ou une sœur sur qui compter sa vie durant. Ces questions le torturent, jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où un mystérieux message parvient à Martin: il aurait eu un autre enfant de son tout premier amour lors d’un précédente vie au Brésil, 18 ans auparavant. Coup de sang ou conquête de la dernière chance, Martin se lance dans une folle course contre la montre et part à sa recherche en Amazonie, espérant quitter ce monde le cœur en paix.

Mon avis

Le titre m’a beaucoup intriguée et m’a fait rêver à un monde proche de la nature, à l’abri de l’incidence de notre société et où l’homme avait gardé son humanité. Pas de déception. Comment, après des années d’absence, peut-on retourner dans un pays à la recherche d’un fils? A la recherche d’un amour enfoui au fond de son cœur? Partir en abandonnant tout, sur un coup de tête? Martin va oser. Pour savoir. Pour ne pas mourir sans avoir essayé. Pour s »éloigner de sa vie rythmée par les besoins de son fils autiste. Pour retrouver le second fils qu’il a toujours rêvé d’avoir.

Nous voilà embarqués dans une aventure dans la forêt amazonienne brésilienne. A la poursuite d’un rêve? D’une illusion? Au fil des chapitres, des pages, nous assistons aux sentiments mitigés d’un homme qui semble repousser l’échéance d’une fin en retrouvant un être, un enfant qu’il ne connait pas. Un enfant qu’il aime déjà. Les souvenirs se mêlent à la réalité et nous permettent de découvrir une histoire d’amour ancienne. Un amour fort qui a porté ses fruits à l’insu de Martin. Va t-il retrouvé le fruit de cet amour fou? Cette quête nous tient en haleine. une quête à travers le Brésil. Une course contre la montre. Une course contre la mort. Une course pour la vie.

Viralata le fils du caïman est un roman de tendresse. Un roman fort. Un roman d’amour au-delà de la vie. Au-delà de la mort. Un don de soi pour perpétuer la vie. Réparer un manque d’amour. Un très beau livre qui vous marque l’âme et vous fait rêver bien après le mot « fin ». Un roman d’une immense et d’une très fine tendresse. Vraiment très beau.

Ma note 18/20

9782900047002   236 p.

Astella – Ceginus – Thierry Vaillant – 2018

Quatrième de couverture

Au cœur d’une cité urbaine futuriste surpeuplée, une adolescente de 16 ans, Astella, partage un petit appartement avec son père et sa sœur, au 14ème étage d’un immeuble. L’histoire aurait pu continuer son cours et devenir une romance. Trop simple…

A la périphérie de l’immense ville asiatique d’Okona, la vie est partagée entre deux puissances politiques et une culture qui prône le sacrifice individuel pour l’intérêt de la Nation. Dans ce monde en pleine évolution, notre héroïne va connaître l’horreur, les bombes, les morts. Cette curieuse épopée l’entraînera avec ses compagnons dans des combats épiques, où de téméraires soldats se battront à l’aide d’une technologie futuriste et d’une conscience modifiée. Au cours de son long périple, Astella devra apprendre à se reconstruire pour rencontrer l’amour.

Mon avis

Bizarrement,  je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle  entre l’histoire de ce roman  avec ses situations de guerre, de destruction avec certains pays du Proche et du Moyen-Orient. Ai-je tort? Ai-je raison? Je ne sais pas. C’est juste une idée.

Le monde a changé. Il est divisé en deux puissances économiques. L’une en Occident et l’autre en Asie. Astella vit dans la partie asiatique. C’est ainsi que nous découvrons le nouveau partage géopolitique  du Monde d’Astella. La vie se déroule de manière routinière. Puis, un jour, le monde bascule autour d’elle. Sa vie ne sera plus jamais la même. La jeune étudiante laisse place à une jeune guerrière. Pleine de rancœur. De haine. Qu’auriez-vous fait à sa place? C’est ainsi que nous suivons cette jeune femme dans ses aventures. Ses pérégrinations. Sa révolte est-elle saine? Va t-elle durer?

Astella – Ceginus nous emporte dans un monde où la bataille pour l’espoir est vitale. Inévitable. Un monde où l’enfance, le rêve n’ont plus leur place.  Un monde où la rage de vivre, de vaincre, est le moteur de la vie. Cette bataille s’arrêtera -t-elle un jour?  Les deux mondes poseront – ils leurs armes? Et l’amour dans toute cette haine? Dans ce monde en déliquescence?  Un monde où la technologie avancée a eu raison de l’âme humaine? L’amour y a t-il sa place pour notre jeune héroïne?

Astella – Ceginus est un roman qui nous emporte facilement dans son monde. Avec bonheur. Avec plaisir. Un voyage qui fait passer le temps à la vitesse éclair. Chaque chapitre est précédé d’un petit laïus très instructif parfois plein d’humour dans ce récit de chaos. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781980734543   733 p.

 

Hermorrhage 2 – Ralliement – Manoël Montreuil – 2017

Quatrième de couverture

Les vagues magiques et technologiques se succèdent sans cesse, privant tantôt la population de toute technologie, tantôt les mages de leurs pouvoirs. Hermorrhage a appris à concilier ses côtés loup, tigre et humain. Jusqu’ici, il a su garder son indépendance malgré toutes les meutes intéressées par ses étranges particularités. cependant, les temps changent… Il sera confronté à des choix et des rencontres qui changeront peut-être la face de Paris.

Mon avis

N’ayant pas lu le premier tome, je m’attendais à être un peu perdue. Pas du tout. Je n’ai eu aucun mal à entrer dans cette aventure. Une aventure qui nous emporte dans un monde fantastique pour sauver Paris. Une aventure avec ses batailles, ses trahisons, ses amours. On entre de plein pied dans une histoire où un polymorphe nommé Hermorrhage tente de vivre en solitaire. Y arrivera t-il dans un monde qui le sollicite? Cette situation pourra t-elle perdurer?

Hermorrhage 2 – Ralliement est une roman fantastique qui nous entraine dans un  monde mystérieux. Imaginez des combats, des vies qui doivent tenir compte des vagues technologiques ou magiques qui vont  et viennent à leur gré. Des vagues qui semblent représenter des saisons. Un voyage merveilleux avec un étrange humain qui a différentes personnalités qu’il arrive à maîtriser au grand dam des autres polymorphes.

Hermorrhage 2 – Ralliement est un roman qui nous fait vivre au rythme des pages, des chapitres les aventures d’un être étrange dans les rues de Paris. Un être qui lutte contre ses pouvoirs. Contre son ego sombre. Va t-il réussir? Pourquoi ne pas les accepter et les contrôler? Avec le temps et au vu des combats qui risquent de ruiner son environnement, Hermorrhage arrivera t-il à s’intégrer et à s’adapter à une meute? De s’allier à ses compagnons, de les protéger et de recevoir leur protection?

Hermorrhage 2 – Ralliement est écrit à la première personne. Les chapitres sont courts. Les pages sont parcourues avec une étrange impression de vie quasi normale d’un humain. Avec beaucoup d’humour de la part d’Hermorrhage. Une vie en demie teinte dans les rues, les quartiers de Paris.  Voici un roman qui se lit facilement, au rythme du héros et de ses aventures. Un très beau roman.

Ma note 16/20

9782956058960  Editions Tigre  245 p.   13,90€

 

 

L’innocence oubliée – Véronique Videau-Martinez – 2018

Quatrième de couverture

Emma n’est pas une petite fille comme les autres. Diagnostiquée EIP à l’âge de six ans, elle va avoir du mal à trouver sa place dans un monde où élèves et enseignants ne lui feront aucun cadeau. Posséder un haut potentiel intellectuel: don ou handicap? La question mérite d’être posée. Harcèlement et humiliations diverses vont jalonner son parcours sans oublier des drames qui la marqueront à tout jamais. Elle pourra compter sur l’amour inconditionnel de certaines personnes pour surmonter beaucoup d’épreuves mais pour combien de temps?

Mon avis

Oh mazette! Des mots qui expriment bien mal ce que j’ai ressenti à la lecture de l’innocence oubliée. Ce sujet me touche profondément car durant mes années de collège, j’ai été une victime comme tant d’autres. Parce que j’étais la plus jeune. Parce que j’avais de bonnes notes dans certaines matières. Je n’en ai jamais parlé. Mais, je m’en suis sortie. Contrairement à beaucoup de victimes. L’innocence oubliée est un roman de toute beauté. Tout en émotion. Une famille comme toutes les autres. Une petite fille différente des autres. Des parents désemparés par le regard, les réactions des autres. Que se passe t-il réellement? Emma semble d’une grande maturité pour son âge. Pourquoi les adultes ne le comprennent-ils pas? Pourquoi est-elle stigmatisée à l’école? Pourquoi est-elle toujours l’objet de punition? Le bouc émissaire ?

L’innocence oubliée est un roman qui nous interpelle. Doucement. Fortement. Sur le harcèlement en milieu scolaire. Sur la stigmatisation de la différence. Sur cette violence en vase clos qui ne dit pas son nom. Violences souvent ignorées des adultes. Du personnel enseignant. Pourquoi les victimes hésitent-elles à parler? Comment cette violence peut-elle être ignorée des adultes? Un calvaire vécu au quotidien. Une vie de peur. Une vie de honte pour la victime qui hésite à parler. Une victime qui ignore son statut de victime. Au fil des pages, des chapitres nous suivons l’évolution des brimades subies par Emma de l’enfance à l’adolescence. Son mutisme face aux agissements. Le mutisme de ceux qui savaient. Comment mettre des mots sur cette souffrance? Sur cette culpabilité de ne pas être comme les autres? Sur cette peur d’être montrée du doigt si elle parlait? Comment expliquer à ses parents son cœur, son corps, son âme en miettes? Ce désir fou de vouloir ressembler aux autres? Comment dire ce calvaire inscrit dans sa chair? Comment expliquer que la vie ne vaut plus la peine d’être vécue car le bout du tunnel n’existe plus?

 L’innocence oubliée est un récit poignant. Une superbe manière de rendre hommage aux victimes qui sont allées jusqu’au bout de leur peur. De leur peine. De leur vie. Chaque mot nous emmène au plus profond du désespoir de la jeune Emma. Un très beau roman. Poignant. Juste. Humain. Un roman qui pousse à la réflexion. A mettre entre toutes les mains pour susciter des prises de conscience. Un superbe récit criant de vérité.

Ma note 19/20

9791026217237    Ed. Librinova  206 p.

Miss Minchin ou l’histoire de la princesse Sara – Eric Le Parc – 2018

Quatrième de couverture

Réécrire de manière personnelle et novatrice un grand classique de la littérature jeunesse du XIXème siècle, il fallait le faire. C’est là le pari audacieux d’Eric Le Parc, qui revisite sous un angle différent « une petite princesse » chef d’oeuvre intemporel de Francess H. Burnett mille fois traduit et adapté. Beaucoup connaissent déjà l’histoire de Sara Crewe jeune demoiselle née aux Indes que son père tant aimé, un richissime gentleman anglais, place le cœur lourd dans un pensionnat huppé de Londres. Et là, dans ce lieu presque étrange, les choses finissent par prendre un tour plus sombre…Avant que la « magie » n’opère.

Ce roman, plutôt réservé à un lectorat adulte, explore les coulisses de cette histoire du point de vue de Miss Minchin, la directrice du pensionnat. Il brosse sans concessions les dessous d’un établissement pour jeunes filles de l’époque victorienne où sous le vernis des conventions sociales, se dévoilent tous les mensonges d’un univers obsédé par le paraître, le pouvoir et l’argent… La sévère Miss Minchin de l’oeuvre originale s’y dévoile comme une femme complexe et tourmentée et finalement … humaine… Elle est là avec son histoire, ses rêves, ses sentiments, ses doutes et ses obsessions… C’est une femme que la vie a malmené et qui, à force de travail est parvenue à se hisser seule, envers et contre tout… A une place où elle n’est que trop consciente d’avoir un rôle à jouer.

Mon avis

Qui n’a pas regardé Princesse Sara à la télévision? Cette petit fille de bonne famille qui subissait tous les coups de sort et s’en sortait toujours avec humilité et dignité? La même histoire du point de vue de la directrice est intéressant. Une jeune femme de la bourgeoisie, sans le sou et obligée de travailler. Telle est Miss Minchin.

Dans un français digne du 19ème siècle, nous allons à la rencontre d’une femme méconnue, mal aimée. Une femme qui présente souvent une assurance qu’elle est loin d’éprouver. Une femme de volonté. De mystères. De secrets. Miss Minchin ou l’histoire de la petite Sara nous fait découvrir le revers de la médaille. L’autre version de l’histoire. Version qui nous laisse interrogatifs. Intrigués.

L’écriture est fluide et riche et le vocabulaire se calque bien sur l’époque du roman (surtout dans les dialogues). Ce vocabulaire n’empêche pas la lecture. Il ne nous fait pas buter sur les mots. Au contraire, on s’en gargarise. La lecture se fait agréablement. On se surprend même à sourire. Miss Minchin ou l’histoire de la petite princesse Sara est un roman qui nous fait entrer de plein pieds dans les pensées de Miss Minchin. Dans sa vie aussi. Un régal.

Ma note 16/20

9782378770556    Ed. Le lys bleu     201 p.    19,80€

Quand s’éteindra la dernière chandelle – Frederick Durand – 2015

Quatrième de couverture

Célibataire désœuvré, Florent accepte de participer à une soirée qu’organise l’un de ses amis. Là, il prend part à une conversation qui porte sur le surnaturel. Interrogé, l’homme affiche son scepticisme. Son hôte le met alors publiquement à l’épreuve: puisque Florent est si incrédule, osera-t-il écrire une lettre aux forces des ténèbres  en leur demandant  d’être présentes à ses côtés jour et nuit? Florent accepte de relever le défi. L’idée de séduire l’une des convives n’est pas étrangère à cette décision…

De retour chez lui, Florent est prêt à oublier l’incident. Mais une série d’évènements troublants l’amènent peu à peu à s’interroger : en acceptant de rédiger cette missive, a-t-il déclenché un redoutable mécanisme capable d’exaucer ses souhaits au-delà de tout ce qu’il avait imaginé?

Mon avis

Une soirée. Un pari stupide. Une vie qui bascule. Surtout, des nuits qui se muent en cauchemar. Pourquoi avoir accepté ce pari? Comment faire Pour effacer cette décision irréfléchie? Plus simplement, fallait-il faire ce pari?

Au fil des pages, nous assistons à l’entrée dans la quatrième dimension de Florent, le parieur. Une véritable descente aux enfers. Et c’est peu de le dire. Peut-être est-ce un rêve? Un cauchemar éveillé? Les faits sont-ils réels? Ne sont-ils pas le fruit d’une conscience traumatisée par un pari idiot? Le monde change lentement autour de Florent. L’impensable? Un pari. Juste un pari. Bête et fait avec une immaturité totale. Juste pour rire. Et la vie tourne à l’envers. Prémices de la folie? Un rêve qui s’évanouira au réveil?

Quand s’éteindra la dernière chandelle nous emporte dans un monde fantastique où la réalité et le rêve se mêlent pour nous faire vivre un extase imaginaire. Une écriture superbement tragique. Une écriture superbe d’horreur. De fine angoisse. Les nouvelles qui terminent Quand s’éteindra la dernière chandelle sont aussi angoissantes les unes que les autres. Damnées nouvelles!! Le temps s’arrête puis s’accélère au fil des pages. Tel notre pouls tout au long des chapitres. Un très beau roman.

Ma note 17/20

9781612274164   Black Coat Press Coll. Rivière Blanche 190 p.   17€

Violences faites aux femmes – Une anthropologue au Tchad – Joëlle Kerl-Kochanski – 2018

Quatrième de couverture

Pourquoi les violences faites aux femmes au Tchad revêtent-elles une spécificité particulière? Car la nature et la forme des violences exercées contre les femmes sont « spectaculaires » et raffinées parfois dans leur ampleur. Les actes de violence ou de torture commis à l’encontre des femmes et des fillettes Tchadiennes sont peu connus ou mal connus. Elles interrogent en tout cas sur les pratiques toujours en cours au 21ème siècle. Le fonds culturel n’a guère évolué. La criminalisation des actes de cruauté envers les femmes et les fillettes est largement passée sous silence par des communautés enchâssées dans les normes et les tabous. C’est peu dire que les hommes se taisent et la justice ferme les yeux, n’engageant aucune véritable pénalisation de ces violences, en dépit des lois internes au pays. La société toute entière y trouverait-elle son compte? Pourtant la destruction physique et morale des femmes et des fillettes, rétives à une culture qui soumet la femme au pouvoir des hommes, à la tradition et à la religion, porte atteinte très directement à l’avenir d’un pays, à son tissu social et économique.

Mon avis

Lorsque j’ai concouru au Crazy Books Day de Evidence Edition, je souhaitais recevoir cet essai. C’est chose faite. J’en suis très heureuse. La violence faite aux femmes est le mal de notre siècle car, enfin, les langues se délient. Cependant, il existe des endroits où cette violence est endémique, culturelle, au nom de la tradition. Une violence qui n’est pas reconnue comme telle. Ce qui est le cas au Tchad.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, au Tchad, des lois sont votées pour lutter contre ce mal. Cependant, elles sont rarement appliquées. Violences faites aux femmes – Une Anthropologue au Tchad nous entraine dans le quotidien de ces femmes, parfois femmes-enfants, qui se racontent avec humilité, pudeur, franchise, réalisme. Elles font juste état de ces traditions qu’elles subissent au quotidien. Que dire du mariage forcé non seulement dans les faits, mais, parfois voire souvent avec des adolescentes à peine pubères? Comment ces femmes arrivent-elles parfois à réagir face à ces injonctions paternelles? Que dire, que faire, quand la violence répond à la violence? Dans quel désarroi vivent-elles?

Dans violences faites aux femmes – Une Anthropologue au Tchad, Joëlle Kerl-Kochanski nous fait voyager dans un monde de femmes. De fillettes. Blessées. Victimes. Des jeunes femmes dont les rêves d’études, de carrière sont bouleversés à jamais. Enterrés sous le poids des traditions et des exigences masculines. Des témoignages poignants. Des témoignages qui font mal à la féminité. Tout en simplicité. En pudeur. De quoi s’interroger sur l’incidence  ou l’absence d’incidence  sur le rôle de ces femmes dans l’économie de leur pays. L’impact de ces coutumes sur leur rôle économique et social. Ont-elles une réelle existence dans un pays qui tait ce qu’elles subissent? Un pays qui nie cette souffrance physique, psychologique?

Cette violence faite aux femmes tchadiennes est présente à toutes les étapes de leur vie: excision, infibulation, mariage forcé ou précoce, grossesse et accouchement précoce, violences pendant l’accouchement, viols non punis. Un mariage est sensé être le plus beau jour dans une vie. Eh bien, ce n’est pas le cas pour toutes les femmes. Imaginez-vous découvrir votre époux le jour de votre mariage. Quelle détresse pour ces petites filles, ces femmes face à un vieillard! Quel désespoir! Que dire des violences conjugales! Le taux de mortalité est très élevé, dans l’indifférence générale. Pourquoi tant d’impunité envers les auteurs? Pourquoi les lois ne sont-elles pas appliquées? Des questions qui laissent songeur.

Les faits sont présentés simplement. Les lois sont présentées dans chaque chapitre. Violences faites aux femmes – une anthropologue au Tchad est un essai qui ne laisse pas indifférent. Une fois refermé, les questions, les pensées continuent à surgir. Un livre à lire. A conseiller. Un essai fort. Humain, ô combien! Profondément humain. A lire, pour le bien de la condition féminine. Le bien de l’humanité. Pour faire réfléchir l’humain en toute personne. Un chef-d’oeuvre!

Ma note 19/20

9791034807291   307 p.   Evidence Edition  Coll. Electron libre  16€

 

Sois sage, Reine-May – Colline Hoarau – 2016

Quatrième de couverture

A dix ans, Reine-May quitte son île, la Réunion, pour être adoptée par un couple de Bretons dans le centre de la Bretagne, à Sainte-Tréphine. Quelques années plus tard, elle reçoit une lettre. Elle doit venir régler des affaires dans l’Océan Indien. C’est un voyage dans le temps dans deux univers différents: la Bretagne et la Réunion.

Mon avis

Sois Sage, Reine-May. Des mots. Simples. Usuels. Dits sans arrière-pensées. Des mots. Qui résonnent dans la tête d’une petite fille. Loin de son pays. Loin de ses racines. Des mots. Synonymes de nouvelle vie. Un courrier. Un seul. Et la vie routinière bascule. Des souvenirs se bousculent dans la mémoire. Un accident de la vie et Reine-May doit quitter son île pour l’inconnu. Un courrier. C’est le retour vers une île presqu’oubliée. Pourtant si chère à son cœur. Reine-May retourne sur son île avec un secret si bien gardé. Un secret pour elle toute seule. Que s’est -il passé?  Pourquoi cet envoi en Bretagne? Où est la famille de cette petite fille? Quel est ce secret?

Un roman plein d’une douce nostalgie. De doux souvenirs. De jolis moments de vie. De toute beauté. Des moments plus durs aussi. Un roman qui chante la mixité culturelle. Tous ceux qui ont quitté leur pays pour un ailleurs, connaissent ce retour au bercail. Ce moment où le cerveau enregistre le changement tout en faisant appel aux souvenirs. Moments d’extase ou de déception si bien décrits. Sois sage Reine-May est un roman qui parle d’amour d’un terroir. Que dis-je? Deux terroirs. Un roman qui parle du poids des souvenirs. De la beauté de la rencontre de l’autre.

Une écriture fluide. Une histoire superbement humaine. Des personnages d’une humanité remarquable. Simples. Des personnages qui ont un cœur gros comme ça. D’une noble humilité. Une histoire mine de rien intrigante. Un secret bien gardé. Voilà ce que  vous offre Sois sage, Reine-May. Chacun s’y retrouve. Se reconnaît. Chacun y trouve ses propres mots. Un roman profondément humain et digne. Lisez-le. Il le mérite grandement.

Ma note 17/20

9781770766341 Ed. Dédicaces  124 p.

 

Insula Tresoya – Sébastien Lencroz – 2018

Quatrième de couverture

Une jeune femme bercée par un idéal pour l’Homme, un jeune trentenaire inconscient de son rôle primordial qu’il devra jouer, un père avide de pouvoir et un ancien chef de confrérie protectrice d’un mystère. Voilà tous les ingrédients réunis pour vous transporter dans un thriller haletant de Strasbourg à l’île d’Yeu.

Mon avis

Pour tout dire, le titre de ce roman m’a beaucoup intriguée. Eh oui! C’est toujours ce qui pique ma curiosité: Le titre. Et celui- sonnait bien à mon oreille. Et je n’ai pas été déçue. Une personne est à l’affût. Qui est-elle? Est-ce un tueur? Une victime? Un snipper? Ainsi débute ce thriller. Que se passe t-il? Qui est cette personne visée? Pourquoi l’a t-on choisie? Tant de questions dès les premières lignes. Alors, imaginez la suite de la lecture.

La curiosité pousse à tourner les pages avec de plus en plus d’interrogations. De suspens. Suspens qui dure tout au long du roman car l’intrigue est bien ficelée. Un suspens qui nous fait suivre pas à pas les pensées d’une personne avide d’amour paternel. Une personne toute en douceur. En force. Une personne qui malgré les apparences, est douée d’une intelligence très fine.

La lecture se fait en toute facilité. A chaque chapitre, il y a son lot de découvertes. Ce qui stimule encore plus la curiosité. Ce qui rend le suspens plus intenable. Insula Tresoya surprend par l’écriture très légère malgré le sujet abordé. Il en émane une grande force et une belle tendresse. Le dépaysement est garanti. Insula Tresoya est un roman qui vous emportera au fil des pages dans une aventure humaine. Terriblement humaine. Une aventure où le début et la fin s’unissent pour former une nouvelle énigme. Un très beau livre à lire pour le plaisir des surprises et des beaux moments de lecture.

Ma note 17/20

979109637801          342 p.    9,99€

 

Rokia Les masques tombent – Amel B. -2018

Quatrième de couverture

Un recueil de nouvelles à la série de portraits hétéroclites. Des tranches de vie qui s’entremêlent, des vies douces, d’autres plus chaotiques. Des histoires mystérieuses. Grâce à une écriture sensible, inattendue et originale, vous vous laisserez surprendre à voyager d’un genre à un autre sans difficultés. De la poésie… Une bonne manière, à travers ses histoires, d’aborder l’existence humaine dans toute sa multitude. Laissez-vous guider par Rokia. Elle vous étonnera.

Mon avis

Des nouvelles. Des portraits de vie. Des relations à l’autre plus ou moins réussies. Un début tout en douceur. Début qui réconcilie avec le passé. Avec les pertes. Les absences. Des mots simples qui décrivent des fractures de vie. Des personnalités originales. Des rêves. Des délivrances. Chaque chapitre. Chaque nouvelle est introduit par un poème de toute beauté. Chaque poème chante la vie. L’amour. La perte. La douleur de la perte.

Dans Rokia les masques tombent Amel B. donne une vie, une âme à tout ce qui nous entoure. Aux objets que nous utilisons au quotidien. Que nous utilisons si souvent que nous ne les voyons plus. Elle chante la résilience. Sous toutes ses formes.

Rokia les masques tombent est un joli petit bijou de belles histoires. Prenantes. Intrigantes. Riches d’émotions. D’humanité. Un vrai festival. Un superbe roman à la lecture aisée. Une écriture qui révèle l’autre côté des choses. L’autre monde. Avec beaucoup de pudeur.  Un livre à lire pour la poésie de ses mots. De ses histoires.

Ma note 17/20

9782414207633  Ed. Edilivre  120 p.   12€

Du couscous dans le pudding – Yamina Mazzouz – 2016

Quatrième de couverture

Norah, jeune fille maghrébine au  caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une  place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé  et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse

Au-delà du roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose: la noblesse britannique  et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Mon avis

Changer de vie est une aventure. Dans le pays de Shakespeare, c’est encore mieux qu’une aventure. C’est un voyage épique. C’est ce que découvre Norah, heureuse de mettre du peps dans sa vie. Tout se passe bien jusqu’à ce que … beaucoup de choses. Amour, santé…meurtres!!! Oups, je m’égare. Pas tant que çà. Amour, oui. Meurtres, oh que oui. Santé, on verra.

Quoi de mieux pour passer le mal du pays que de résoudre des meurtres? Avec un zeste d’intuition et beaucoup de réflexion, d’imagination, Norah nous emmène dans son monde avec sa superbe fraicheur. Et si cela lui permettait d’oublier sa banlieue parisienne? Quel sera son avenir en terre britannique? S’adaptera t-elle à sa nouvelle vie?

Du couscous dans le pudding est très bien écrit.  Le suspens est diffusé en douceur tout au long de la lecture. Il s’agrandit au fil des pages. Des chapitres. On vit au rythme de la campagne anglaise. Pour son premier roman, Yamina Mazzouz, nous fait vivre une enquête à la Agatha Christie à qui elle n’a rien à envier. En effet, Du couscous dans le pudding est digne  des grandes dames du polar britannique.  C’est un roman qui se laisse dévorer. Un superbe roman. Un roman plein d’humour très fin. Yamina Mazzouz est une écrivaine, une plume à suivre car elle a beaucoup d’avenir dans le monde littéraire. Retenez bien son nom.

Ma note 18/20

9791031002255  Ed. Les Presses Littéraires   263p.   12€

L’oeuf de Tanglemhor – chroniques des secondes heures de Tanglemhor T. 1 Azaël Jhelil – 2018

Quatrième de couverture

L’Alliance n’est plus. Le Premier Vindicateur a imposé sa tyrannie à la rayonnante civilisation du Bassin ctasharre. Les rois ont été exécutés, la liberté de culte abolie. Le pouvoir du semi-lacertys est absolu. Il ne lui reste plus qu’à soumettre le duché de la Marche, dernier flambeau d’une résistance à l’agonie. Tout espoir est vain. Il ne reste rien. Il parait, cependant qu’un audacieux s’est introduit dans la Citadelle noire et en a dérobé l’un des biens les plus sacrés du Très Saint Libérateur. Toutes les forces de l’Empire ont pour ordre de le ramener … vivant.

Mon avis

Il est vrai que quand j’ai reçu l’oeuf de Tanglemhor , que j’ai vu le pavé que c’était, ma première impression a été « Ô mazette! Mamma mia! ». Dès que je l’ai ouvert et que j’ai commencé à lire, j’ai pensé « Ô mazette! Mamma mia ». Le ton n’était plus le même. J’étais conquise. Dès les premier mots.

Tout commence par un message. Une vision. Bon ou mauvais signe? une histoire comme je les aime. Des personnages improbables. Des noms imprononçables ou poétiques (Serpent de Lune). Des scènes dignes des meilleurs films d’horreur . Et tout cela, dès le début. Ce qui augure de la suite. Puis, la magie opère. Dans tous les sens du terme. Tout se précipite. L’ennemi est là. Il faut le combattre. Combattre ses pouvoirs occultes. Comment faire? Comment se protéger? Plutôt, comment protéger le peuple? Le protéger de la magie noire? Que faire quand l’ennemi est féru de sciences occultes et est prêt à tout pour réussir ses desseins? La bataille semble perdue face à un adversaire sans foi ni loi.

L’oeuf de Tanglemhor nous entraîne dans un rythme effréné. Sans temps mort. Dans un monde de guerre. Pour une reconquête.  Celle du droit de vivre. D’exister d’un peuple qui n’a plus d’espoir. Ce dernier réussira t-il à s’unir pour acquérir cette liberté tant souhaitée? Inutile de vous dire que la lecture est envoûtante et se fait d’une traite. Elle laisse peu de place à l’ennui, voire pas du tout. Les rebondissements sont nombreux et nous emportent dans le cœur de l’histoire. Avec bonheur. Avec curiosité. Chaque nouveau chapitre titille encore plus notre curiosité et nous emporte dans un monde où la fée côtoie l’ogre. Où ce dernier se bat contre un Maître de la magie. Le tout agrémenté de batailles mémorables.

L’oeuf de Tanglemhor est une odyssée digne de celle d’Ulysse et de ses monstres fantastiques. La multiplicité des personnages n’apporte aucune difficulté à la lecture. Au contraire. Vous allez peut-être, comme moi, succomber au charme de la belle Oriana. Qui sait? Azaël Jhelil a créé un monde imaginaire unique qu’il me tarde de retrouver dans le prochain tome. Un merveilleux et très beau roman.

Ma note 19/20

 

La perfidie d’un ange – Evelyne Sants – 2017

Quatrième de couverture

Sarah est une jeune fille dotée d’une intelligence hors norme. Elle a la chance d’être entourée par ses parents amoureux et bienveillants, mais ce cadre idyllique ne lui convient pas forcément.

Sarah se met en quête d’un destin exceptionnel, qu’elle choisira elle-même et qui sera à la hauteur de son intelligence, mais pour accomplir ce destin elle n’aura aucun état d’âme, aucun scrupule. Ses capacités intellectuelles lui serviront d’arme pour évincer tous ceux qui entraveront son chemin. Sa force mentale et sa froideur lui donneront le pouvoir de ne pas vaciller face à l’amour des autres. Existe t-il quelqu’un d’assez puissant pour contrarier son narcissisme débridé? Existe t-il quelqu’un d’assez généreux pour lui pardonner l’impardonnable?

Mon avis

Ô Mazette de mazette!!! C’est le titre qui a d’abord piqué ma curiosité. « Perfidie » et « ange » deux mots qui n’ont pas pour habitude de se côtoyer. Ce qui m’a interpelée. Et je n’avais pas tort. Au début, il y a cet étrange huis clos qui met en place les personnages. Leurs forces. Leurs faiblesses. Leurs doutes. Des personnages pris dans un jeu du chat et de la souris. L’atmosphère est lourde. Pleine de rancœur. De souffrance. Presque malsaine. Qui est Sarah, cette jeune fille que ses parents adulent? Enfin, qui est-elle réellement?

Dès les premiers mots, on ressent un malaise qui ne nous quittera plus. Au contraire. Le malaise fera place à l’inquiétude. A l’incroyable. A l’horreur. Y a t-il un mot plus fort que le mot horreur? Sarah avance dans la vie. Une vie planifiée depuis longtemps. Tel un bulldozer. Presque en douceur. Sans état d’âme. Mais, tout en douceur. Froidement. Oui, les mots choisis n’ont as l’air de convenir. Pourtant, c’est ainsi. Tel est le visage de Sarah. Beau. Angélique. Froid. Damné.

Bon sang! la perfidie d’un ange est un roman qui vous marque de son empreinte. Il vous marque et vous laisse pantois d’horreur. D’incompréhension. Quelle est la personnalité de cette femme? Surdouée? Psychopathe? Sociopathe? On entre dans un monde de faux-semblants où la malédiction, où le diable n’a pas le visage de l’emploi.

La perfidie d’un ange va vous faire plonger au plus noir, au plus profond de la cruauté humaine.  C’est un roman intrigant qui fait froid dans le dos, qui se lit d’une traite. Un roman qu’on ne peut lâcher facilement. Tout cela n’enlève rien à la beauté du texte. Au contraire. L’histoire nous emporte au fil des pages. Un roman agréable à lire. Dérangeant et excellent

Ma note 17/20

9781545420836  238 p.

 

 

Le sceptre de Râ – Agostinho Moreira – 2017

Quatrième de couverture

Depuis son enfance, Wilhem a toujours été le souffre-douleur des autres. Bien qu’ayant réussi à obtenir un poste important, son désir de revanche l’empêche d’être parfaitement heureux. C’est alors qu’un obscur démon hindou nommé Ravana vient lui proposer un marché qu’il ne peut pas refuser: dominer ses semblables en échange de son aide pour récupérer un puissant artefact, le sceptre de Râ. Râ n’étant pas d’accord  pour que Ravana utilise son sceptre à ses fins, il va demander à l’aristocrate Franz Meyer, dont il connait la grande valeur, de récupérer le sceptre et le détruire si nécessaire. Une lutte entre les deux hommes commence. Qui l’emportera?

Mon avis

Sincèrement, je m’attendais juste à un je ne sais quoi qui se passait entre les pyramides d’Egypte. Non ce n’est pas tout à fait cela. C’est mieux que cela. Pour notre plus grand plaisir. Deux divinités qui s’affrontent par le biais d’humains. Cela promet de grandes aventures. Et des aventures, il y en aura.

Un homme aigri par les vicissitudes de la vie. Des hommes. Un rêve récurrent. Prémonitoire? Rêve éveillé? Cauchemar? Ainsi débute l’aventure. Mandatée par qui? Par quoi? Par la curiosité de la découverte? Nous entrons dans le monde énigmatique des dieux hindous et égyptiens, de leurs pouvoirs. Le monde d’hommes passionnés d’Egypte.

Le sceptre de Râ nous entraîne dans un monde spécifique. Celui des divinités et de leurs exigences. De leur mystère. Celui de la rapacité humaine face au pouvoir. Face à la soif de pouvoir. Le monde de la mesquinerie humaine. Le tout agrémenté d’une improbable histoire d’amour.

Le sceptre de Râ est une course poursuite à la Indiana Jones. Des rebondissements qui font grimper le suspens.  C’est un roman où les esprits maléfiques, les malédictions sont légion. Qui va trouver ce fameux sceptre?  Quel sera le prix à payer?

Les chapitres sont courts et titrés. Ce qui rend la lecture agréable. L’écriture est fluide. Cette lecture nous emporte dans une quête de l’objet sacré de Râ. Avec ses luttes, ses trahisons, ses rebondissements. Comment aller au bout de cette recherche en échappant aux intrigues? Aux pièges?

Le sceptre de Râ est un roman digne des grands où la quête tient en haleine jusqu’au bout. Le suspens reste à son comble. Et ce, jusqu’à la dernière ligne. Un très beau livre pour un très bon moment de détente.

Ma note 16/20

9791097131043   Ed. Hystérie   298 p.   15€

 

 

L’évangile selon Jacques Lucas – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

« Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur: un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d’être peintes et Mélodie…. Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie….

Ouais, c’est sûrement ça le bonheur.

Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais, c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres… Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface. Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley… »

Mon avis

Tout commence par une timide histoire d’amour. Un peu tendre. Un brin d’humour. Puis, le cauchemar, L’horreur. L’incompréhension. Encore un acte ignoble. Au-delà du supportable. Une douleur abyssale. L’histoire du cadavre dans le placard. Une réalité. Qui est le meurtrier? Et si c’était cet homme au passé énigmatique? Au passé secret? Quelqu’un d’autre?

David Huxley se noie dans un cauchemar éveillé. Que se passe t-il? Qui est-il? Qu’a t-il pu faire? Pire, est-ce lui l’assassin de ces maghrébins dont les cadavres essaiment dans toute la ville? Est-ce possible?

Si l’évangile selon Jean Lucas commence doucement, le rythme s’accélère. Des doutes s’installent, encouragés par ceux de David Huxley. Et si un retour dans le passé expliquait tout? Est-ce si simple? On se surprend à trouver tout le monde coupable. Eh oui, la suspicion s’installe! Durant toute la lecture. L’intrigue est prenante. Les découvertes, les surprises s’enchainent. A un moment, je me suis doutée de l’identité de l’assassin. Mais, le suspens est si bien distillé que le doute reste présent jusqu’à la fin.

L’évangile selon Jean Lucas est un roman qui tient en haleine. Les mots sont justes. Le roman est facile à lire. Chaque chapitre nous fait douter encre plus et fait monter le suspens. C’est un roman qui se lit d’une traite. Qui fait passer de bons moments de lecture.

Ma note 16/20

9782952857352  Ed. Sindbadboy 289 p. Broché 17€ Kindle  2,99€

 

Dénis, non-dits, mensonges, etc. – Philippe Mangion – 2015

Quatrième de couverture

Yasmina et Fadila sont deux cousines qui ont grandi à Bagneux, ville de la banlieue parisienne. Elles étaient inséparables, solidaires face à la brutalité et au machisme régnant dans la cité. Quand l’histoire débute, Yasmina est à la dérive, errant de foyers en hôpitaux psychiatriques dans le sud de la France. Elle ne se remet pas de la fuite de Laurent. Son amour pour lui a viré à l’obsessionnel. Fadila lui vient en aide. Elle apprend de sa cousine un secret de leur enfance qui, à ses yeux, explique son déséquilibre. Cette révélation amène Fadila à affronter sa propre famille, ses dénis, ses non-dits, ses mensonges. Yasmina, quant à elle, retrouve la trace de Laurent en Suisse et se lance à sa recherche….

Mon avis

Tout est dans le titre. L’histoire de Yasmina tourne autour de ces mots. Durs. Forts. Blessants. Usants. Brisants. Et c’est peu de le dire. L’histoire d’une fuite en avant. A la recherche de soi. Au bout de soi.

Deux jeunes femmes. Deux destins qui s’assemblent, se séparent,  s’unissent, pour mieux se retrouver. Deux cousines séparées par de lourds secrets. Continueront-elles à s’entendre malgré les difficultés? Que faire pour poser les bonnes questions? Poser le doigt là où ça fait mal? Ouvrir des plaies déjà béantes et les faire cicatriser? Est-ce possible? Deux cousines que tout lie et que tout sépare.

Nous faisons une incursion dans le monde de la psychiatrie. Des douleurs. Des blessures qui détruisent l’être. L’âme. Des gestes qui annihilent l’humanité de l’autre. La renient. Qui rabaissent l’autre au point de lui faire perdre sa confiance en lui. Qui détruit son image à tel point que les morceaux ont du mal à se recoller. Nous accompagnons Yasmina dans la décadence de sa vie. Décadence faite de blessures tues. Subies. Honteuses. Comment expliquer l’inexplicable? Comment le faire entendre et accepter?

Yasmina va à la recherche de son dernier amour, Laurent. Cette recherche n’est-elle pas celle de sa purification? Une recherche qui lui permettra de restaurer sa propre image. Les maux trouveront – ils leurs mots? Yasmina semble à la dérive. Incomprise. Insoumise. Blessée. Reléguée à sa maladie. Soutenue par sa seule amie, sa cousine Fadila. Cette quête est SA quête. Une réponse à ses troubles psychiatriques.

Dénis, non-dits, mensonges, etc. est un roman touchant. Très fort. Un roman qui n’est pas seulement une incursion dans le monde psychiatrique. Mais, aussi l’histoire de femmes. Brisées. Qui cherchent des réponses à des questions gênantes, secrètes. Qui cherchent à se reconstruire en faisant face à certains non-dits. Destructifs. Y arriveront – elles? A quel prix?

Dénis, non-dits, mensonges, etc. est un roman tout en finesse. En douceur. En force. En tendresse. Un roman qui fait vibrer chaque fibre de notre être. Un superbe roman. A découvrir et à faire découvrir.

Ma note 18/20

9781520527666  223 p.   broché 7,60€

 

Vangual – le verrou du temps – Forman – 2018

Quatrième de couverture

« Dwilom, vieux nain et maître brasseur, n’est vraiment pas en veine. Alors qu’il effectuait un acheminement important de tonneaux de bière jusqu’à Tamatur, la cité souveraine, le voilà maintenant encombré d’un compagnon de voyage indésirable dont la bêtise est aussi profonde que le gouffre qui lui sert d’estomac. Et comme si cela ne suffisait pas, Dwilom va se retrouver mêlé à un sombre complot aux répercussions  inimaginables.

Loin de là, à Borthalion, un frère et une sœur, reviennent au pays après de longues années d’absence. Mais de mystérieux meurtres sévissent dans la région et semblent être les prémices d’une plus longue tragédie. Des destins différents…. ».

Mon avis

Une odyssée. Ce sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit. Une odyssée hilarante avec les pieds nickelés. Dès les premières lignes, l’émotion est présente. Ainsi que l’humour. Un humour qui n’ôte rien à la beauté du roman. Un nain râleur et tendre comme un chamallow. Un enfant perdu. Au passé et au destin énigmatiques. Des animaux fantastiques. Exotiques. Des jumeaux qui découvrent à nouveau les terres de leur enfance. Quel rapport entre eux? Plus qu’il n’y paraît. Le peuple et la royauté. Vangual….

Une histoire. Plutôt des histoires fantastiques. Un humour fin. Je me suis surprise à rire aux éclats. Parfois. A sourire. Aussi. Face aux situations abracadabrantes. Aux discours truculents. Aux personnages aussi déroutants les uns que les autres. Aux situations rocambolesques. Une impression d’être sur la route du pays des merveilles. Dans les arènes romaines. Le Mowk m’a fait hurler de rire ainsi que certaines scènes. Scènes de tendresse avec  ce petit enfant Quardien. Une fin mystérieuse. Féérique. Mortifère. Drôle. Dramatique. Poétique. Surprenante.

Vangual – le verrou du temps est un roman atypique. Comme j’en ai rarement lu. Un mélange de conte de fée. De combats de titans. De mondes fantastiques aussi différents les uns que les autres. Chaque ligne, chaque page, chaque chapitre vous fait pénétrer dans un monde différent mais qui complète le précédent et le suivant.

Vangual – le verrou du temps est un roman qui se dévore. Dont on se délecte. Un roman que l’on savoure jusqu’au point final. En le refermant, on se rend compte des déferlements d’émotions qui nous ont accompagné durant toute la lecture. Les images continuent à flotter dans la tête tant ce fut beau et envoûtant. J’ai aimé chaque personnage avec ses mystères. Ses différences. Un vrai régal.

Laissez vous emporter au rythme des mots. Des aventures. Des situations rocambolesques. LE livre à lire pendant ses vacances.

Ma note 18/20

ISBN  9781980627760