La piquante douceur de la joue de papa – Alice Brière-Haquet/Sylvie Serprix – 2019

Quatrième de couverture

Des mots et des images qui s’amusent à nous surprendre en se rapprochant!

Chronique

Il existe des livres atypiques. Ils sont faits pour le plaisir des yeux, de l’intellect. Pour le plaisir de la discussion. Pour le plaisir de l’échange. Ce qui est le cas de la piquante douceur de la joue de papa. Un livre fait d’oxymores (l’utilisation de deux mots aux sens contradictoires). Dès le titre, nous savons que nous allons nous délecter des mots.

Un beau livre. Un grand livre très coloré qui attire le regard, quel que soit l’âge. En fait, une suite d’oxymores hilarants. Pour tout discours, une phrase sur une double page qui fait sourire. Des dessins qui expliquent l’oxymore avec beaucoup d’humour. Qui réveillent des souvenirs. Qui démontrent l’anachronisme de la vie. Ce qui en fait la beauté. Ce qui en fait la complexité. La piquante douceur de la joue de papa, une phrase qu’un enfant peut dire en toute innocence et dans un éclat de rire. C’est une joue douce mais qui pique car il y a une barbe naissante.

La piquante douceur de la joue de papa est un concentré d’oxymores. Elles s’étalent sur chaque double page. Ce sont des devinettes, des fous rires en perspective en famille. A chaque page, sa couleur. Une belle et brillante couleur qui accroche le regard. Des compositions très recherchées et faciles à expliquer. Des compositions qui éveillent la curiosité des enfants, des adultes. Des compositions très drôles. C’est ce qui est mis en exergue. C’est un superbe album qui permet à toute le famille de participer à une agréable partie de jeu de mots.

Note 18/20

9782360110889   Editions Motus    40 p.    13€

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5 sens Editions

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5 Sens Editions est une maison d’édition créée en avril 2015 et domiciliée dans le canton de Genève. L’essence même de 5 Sens est basée sur l’ambition de faciliter l’accès à l’édition à compte d’éditeur.

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avant-que-les-ombres-s-enfuient

Avant que les ombres s’enfuient – Frédéric Surgan – 2017

Quatrième de couverture

Stan médecin quadragénaire, aurait bien du mal à dire quand il a commencé à s’éloigner de sa vie et même à succomber, lui, un ORL, sous le déluge de bruits qui lui labourent le crâne. Cela remonte peut-être à loin. Au fond. Depuis, en tout cas, il flotte sans repère, son humour grinçant et féroce le sauvant du naufrage sans pour autant le rapprocher des autres. Il a encore quelques ancrages pourtant. A vingt ans, il a connu un grand amour, Anne, qu’il a perdu ensuite, sans vraie raison. Et il a une famille singulière. Quand il était enfant, son oncle Yvon  qu’il aimait tant, s’est noyé en mer. Et au décès de son grand-père, patriarche redouté, d’autres secrets ont commencé à se dénouer. Mais le mystère perdure. Stan en est sûr: c’est quelque part par là que la vie s’est enfuie. Il doit comprendre l’histoire des siens, découvrir ce qui leur est vraiment arrivé. Il se lance sur leurs traces, il replonge dans le temps à leur recherche. Et puis il veut retrouver Anne. Peut-être qu’en réparant le passé, il pourra réparer le présent…

Chronique

Toutes les familles ont leurs secrets. leur bizarrerie. Elles ont ce genre de « truc » qui fait tiquer sans que l’on sache pourquoi. Quand Stan  nous présente la sienne, nous sommes pris entre la compassion et le fou rire. Il faut avouer qu’elle est particulière. C’est une famille qui semble figée dans son histoire, indifférente au temps qui passe. Aussi, quand Stan ne se sent pas à l’aise dans sa vie, nous le comprenons sans peine.

Avec un langage coloré, Stan nous présente sa vie vaseuse, hypothétique. Une vie où le rêve vire rapidement au cauchemar. Une vie où tout est incertain, même les êtres. Une vie où ses angoisses deviennent réelles et l’accompagnent à chaque pas. Peu à peu, il perd pied. Lentement. Inéluctablement. Des sursauts, l’instinct de survie se manifestent de temps en temps. Discrètement. Doucement. Sans pour autant s’imposer. Stan a t-il vraiment envie de s’en sortir? Si oui, comment y arrivera t-il? Ira t-il au bout de ses recherches?

Avant que les ombres s’enfuient nous invitent à accompagner un homme désespérément à la recherche de lui-même. A la recherche du désir de vivre. A la recherche d’une bouée à laquelle il pourra s’accrocher avec désespoir. Avec force. Un homme qui se sent aller à la dérive et qui souhaite s’ancrer quelque part dans sa vie. Dans la vie. Avant que les ombres s’enfuient.

Note 17/20

9782940583782   Editions des 5 sens   253 p.   18€

De roche & de sève -Alena Sizlo & Shovel – 2019

Quatrième de couverture

  • Notre roi est toujours absent, et ses nains sont à nos portes désormais!
  • Mais, que veulent-ils? Nos soldats nous rapportent que si nous ne nous dressions pas en travers de leur chemin, ils ne nous combattraient même pas!
  • Mais, leur chemin vers quoi? Cette ruée dévastatrice au creux de nos terres est sans précédent!
  • Nul ne le sait. Mais depuis l’accession du roi Wirkkin sur leur trône, notre espace vital se réduit chaque jour davantage. Nous devons y mettre un terme!
  • Et qui en prendrait l’initiative sinon le roi, d’après vous?
  • Vous, princesse. Vous n’avez plus le choix…

Chronique

La lignée royale est presque éteinte au pays des elfes. Un des souverains manque à l’appel. Où peut-il bien se trouver? Est-il mort? A t-il été enlevé? Tant de questions auxquelles il faut trouver des réponses rapidement. Dans ce monde fantastique, les elfes et les nains ne font pas bon ménage. Qu’a t-il pu se passer pour qu’ils aboutissent à une telle situation?

De roche et de sève, on ne nait pas elfe noire est une saga fantastique en quatre tomes. Les luttes pour l’accès au trône font rage en l’absence des héritiers de sang. Les luttes sont belles et meurtrières. A la hauteur des ambitions des chacun. Les planches sont en couleurs. Couleurs sombres. Couleurs foncées. Couleurs profondes. Couleurs qui représentent les états d’âme de chacun. Cependant, au vu de certaines scènes, cette bande dessinée est pour des adolescents et des adultes.

Nous assistons à des scènes fortes. L’ambition, la trahison, les batailles sont les nerfs de cette aventure à la recherche de l’héritier légitime du trône. Les monstres, les dragons sont à la hauteur de leur renommée: terriblement violents et dangereux. Retrouveront-ils le prince héritier? Règnera t-il un jour? Il y aura d’autres épreuves pour y arriver. D’autres secrets à découvrir ou à taire. Des batailles à accomplir. L’avenir le dira.

Note 18/20

9782919069620   Editions des bulles dans l’océan   48 p.

Les fleurs qui poussent en enfer – Mirza Mohammad Massoud (Dehati) – 2019

Quatrième de couverture

Parmi les romanciers des années trente-quarante, Mohammad Massoud, héritier comme tous ceux de sa génération des idées de la révolution constitutionnelle, offre la figure  du libertaire  et du redresseur de torts. Massoud est un « self-made man ». Issu d’une famille religieuse, traditionnaliste et économiquement défavorisée, il arrive à Téhéran encore adolescent […].

Chronique

L’Iran avant les ayatollahs. L’Iran à l’époque du Shah. Un pays qui se modernisait. Un pays où le port du voile avait été aboli. Un pays où la liberté de la parole n’existait toujours pas… C’est dans ce royaume qu’évolue Mohamed Massoud, journaliste satyrique.

Les fleurs qui poussent en enfer est d’abord un échange  épistolaire. Un échange qui démontre les rêves brisés. Qui montre la déception d’un homme de retour dans son pays. Pays où rien ne se fait dans les règles. Pays où règnent le mensonge et la peur. C’est aussi l’histoire d’un homme qui raconte son déclin, sa déchéance, ses désirs ensevelis sous des tonnes d’indifférence politique et sociale. C’est un cri dans le désert émotionnel, humain qui l’environne. Massoud s’est rêvé une vie en Iran avec son épouse européenne. L’Iran a assassiné ses rêves et dansé sur sa dignité.

Les fleurs qui poussent en enfer est une violente prise de conscience. De ce genre de prise de conscience qui annihile toute velléité de survie. Qui annihile toute joie de vivre et cueille dans le sang, la douleur et l’ignominie les fleurs qui poussent en enfer. Ces fleurs qui poussent au plus profond de l’être. Massoud nous dévoile un Iran effarant. Un pays qui va de mal en pis à travers son histoire. A travers ses gouvernants. Il présente l’enfer de Dante sur terre dans ses plaintes muettes. Dans ses larmes séchées par le feu de l’enfer. Dans ses rêves foulés au pied par une société tétanisée par la peur. Une société si violente qu’elle écrase volontiers les fleurs qui poussent en enfer.

Note 18/20

9782343169415 Ed. L’Harmattan   150 p.   13€

 

Loukoums sanglants – Soline Astier – 2018

Quatrième de couverture

Gabriel Lipari, misanthrope féru de diplomatie et fin lettré, est nommé à Istanbul au flambant neuf institut contemporain des civilisations méditerranéennes. Il traverse une crise sévère de la cinquantaine lorsque des cadavres se mettent à pleuvoir sur l’Institut, ne lui laissant aucun répit. Aux manettes du Learning Center, Gabriel devra jongler entre des oeuvres d’art salement attaquées, la susceptibilité du gratin international et des meurtres de plus en plus sinistres…

Chroniques

Avoir un bon métier qui permet de voyager et/ou d’habiter dans les plus grandes capitales du monde, qui n’en a jamais rêvé? Pour Gabriel Lipari, c’est la routine. La normalité. Jusqu’à son arrivée à Istanbul, ville mythique. Pourra t-il s’adapter à sa nouvelle vie? En attendant, depuis son arrivée, tout ne se passe pas comme il le souhaite. Que lui réserve l’avenir dans cette ville? Que penser de ses déboires familiaux? Cependant, la prise de son nouveau poste se passe relativement bien jusqu’au premier cadavre.

Loukoums sanglants est un thriller mené tambour battant. A un rythme quasi tropical pour un homme pétri de certitudes et ennuyeux à souhait. Que se passe t-il? Qui en veut à ce nouvel institut et à son tout nouveau directeur? La lecture est aisée. Le suspens tient en haleine jusqu’au bouquet final. Nous suivons avec inquiétude le déroulement de l’enquête à travers l’Europe. Nous doutons des étranges couples tous plus bizarres les uns que les autres qui gravitent autour du Learning Center. Qui est l’assassin? Quel est son but? Pourquoi s’en prend t-il au personnel de l’institut?

Peu à peu nous découvrons des secrets. Des anciennes blessures. Des sentiments refoulés. A travers Istanbul, l’enquête avance doucement mais sûrement. Au gré du temps. Au gré des policiers. Au gré des hommes qui ont lié leur vie à celui du tout nouvel institut. La suspicion règne et tout le monde peut être coupable. Alors, attention, les murs peuvent parler. Les pièces de musées aussi.

Note 17//20

9782343154152   Editions l’Harmattan   304 p.   25,50€

Le grogneux face à l’inexplicable – Iris Rivaldi – 2018

Quatrième de couverture

Le commissaire Paul Berger, surnommé « le grogneux » par tous ses collègues à cause de son fichu caractère, n’est pas au bout de ses peines. Ce policier un rien atypique est confronté tous les jours à un monde impitoyable à la lisière du sordide. Heureusement que ses amis dévoués et sa merveilleuse épouse à la nature espiègle et amoureuse lui permettent de souffler de temps  à autre. Seulement voilà, même s’il a une longue expérience de fin limier derrière lui, notre commissaire n’a encore rien vu  et va soudain subir d’étranges phénomènes, loin d’être le fruit de son imagination. En effet, il est brutalement projeté dans une dimension inconnue, par chance, dans la tourmente et croyant perdre l’esprit, quelqu’un plein de ressources croisera sa route. Une question se posera néanmoins: comment ce super flic incarnant loi et autorité se comportera t-il  face à l’inexplicable, lui d’habitude censé avoir réponse à tout?

Chronique

Après la perte de son remplaçant, le grogneux rempile en attendant l’arrivée du nouveau commissaire. Pour le moment, il doit faire face à un incendie criminel. Qui en est l’auteur? Pourquoi? Oubliant sa courte retraite, le grogneux se lance corps et âme dans cette nouvelle enquête. Avec la complicité de son épouse.

Le grogneux face à l’inexplicable est un roman policier plein de rebondissements. C’est une enquête où deux histoires se côtoient et intriguent. Malgré sa longue expérience, le commissaire devra faire face à une situation pas si facile à gérer. Ces deux enquêtes sont-elles liées?  quel est le message à retenir? Y a t-il un message?

Au fil des pages, la lecture se fait avec aisance. Nos policiers bien que fins limiers auront du pain sur la planche et beaucoup de mal à avancer dans leur enquête. Peu à peu, le grogneux nous démontre son esprit  vif et toujours en ébullition. Ce qui lui permet de rebondir facilement au gré des découvertes.

Le grogneux se jette dans ces enquêtes avec force. Avec discernement. Avec beaucoup d’enthousiasme. Peut-être est-ce la dernière avant de pouvoir profiter agréablement et pleinement de sa retraite. Une retraite où il déposera enfin les armes et ne sera plus le grogneux face à l’inexplicable.

Note 17/20

9782322147571  Books on Demand   276 p.   19€

La fuite – Driss Homet – 2016

LITTERATURE D'AILLEURS DE LEE HAM

Quatrième de couverture

« Fuyez vers le nord, n’espérez plus partir, bientôt la situation sera incontrôlable et je ne pourrai plus rien faire pour vous« .
Congo Brazzaville, 1997. Sous la pluie des obus, une famille tente de survivre à la guerre civile qui fait rage. Une seule solution s’impose: la fuite.

Chronique

La guerre, de nos jours, concerne le monde entier. Les hommes fuient autant que possible ces coins en perdition. Ils fuient l’enfer pour trouver un endroit où la peur n’est plus et où la vie n’a pas le prix d’une balle, d’un viol, d’un massacre. Un endroit où ils ne seront pas forcément les bienvenus. Un endroit où les épreuves qu’ils ont subi n’intéresseraient pas grand monde.

Avec la fuite, Driss Homet nous confie un brin de sa vie. Un brin de son histoire. Un brin de sa fuite vers de nouveaux horizons. Le destin joue parfois…

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