Danse macabre – Les enquêtes de Hugo Delatour – L.A. Bailey – 2017

Quatrième de couverture

La mort rôde dans la petite ville de Shrewsbury, en Angleterre. Une riche héritière, Jennifer Barnes, est retrouvée assassinée. Pas vraiment la carte de postale de vacances idéale! Néanmoins, Hugo Delatour, ancien flic reconverti en détective privé, décide de reprendre l’enquête. Une autopsie bâclée, une mystérieuse application « Hunter », il n’est pas au bout de ses surprises. Qui se cache derrière le pseudonyme de « Danse macabre »? Hugo devra tout faire pour mettre un terme à sa folie meurtrière.

Chronique

Perdre un être cher est toujours quelque chose d’intolérable. Il faut pouvoir se panser et prendre soin de soi après cette disparition. C’est ce que décide notre détective Hugo Delatour. Y arrivera t-il? La vie fera t-elle fi de ses états d’âme? C’était sans compter sur ce pied de nez sournois dont la vie a ses secrets. En toute quiétude.

Dès qu’il a pris le dossier en main, notre détective français nous emporte dans son sillage à la recherche de l’assassin de Jennifer Barnes. Peut-être une manière d’oublier ses idées noires et sa peine? Tout se passe en douceur. Avec un certain flegme Britannique. Pas de courses-poursuites. Pas de coups de feu. Mais, du suspens. Des poussée d’adrénaline. Des réflexions profondes. Des énigmes. Des messages à double sens.

Danse Macabre est un thriller comme on les aime. Nous réfléchissons au rythme du détective. Pourquoi ce crime? Que cache t-il? Qui était la victime? Pourquoi elle? Peu à peu, le puzzle se met en place. Doucement, mais, sûrement. Nous découvrons en Hugo Delatour un homme fleur bleue. Fragile du fait de ses souffrances. Fort dans ses enquêtes. Très têtu.  Cependant, est-il prêt à ouvrir son cœur à la vie? A l’amour? Cette enquête sera t-elle aussi l’outil de sa guérison? Rien n’est moins sûr. Est-ce l’alpha d’une vie et l’oméga d’une douleur? Le début et la fin?

En lisant Danse Macabre, nous entrons dans une histoire. Dans des histoires. Celles d’hommes et de femmes. Celles de vies différentes. Celles de masques qui sont appelés à tomber. De masques qui disparaissent face à la vérité. De masques qui s’arrachent dans un silence feutré. Dans un cri muet des corps meurtris. Des masques peu ou prou sanglants qui tournent dans une ritournelle sans fin. Dans une danse macabre.

Note 18/20

9781549593338   Autoédition    124 p.

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Assollicitation – Dimbombi – 2018

Quatrième de couverture

Stagiaire non déclaré, sans salaire et issu d’une famille pauvre, Juvénil Nguekipi se démène comme il le peut dans un Gabon qui n’est pas tendre pour les plus démunis. Pour subvenir à ses besoins, il est contraint de se mettre à vendre illégalement du chanvre. Mais lorsqu’il est arrêté, et déféré au Parquet, cette activité n’est qu’un prétexte: le Préfet jaloux, l’accuse également de détourner son épouse. Pourtant, la belle Lune dont notre héros est amoureux n’est que la maîtresse du préfet… Comment Juvénil va t-il échapper à cette machination?

Chronique

Si on vous demandait de parler de vous, de votre vie, que diriez-vous? Comment vous présenteriez-vous? Quels mots utiliseriez-vous? Juvénil s’y plie, l’air de rien. Juste en posant des mots. LES mots qui le caractérisent. Qui décrivent son moi profond ou non.

Assollicitation nous emporte dans les pérégrinations d’un stagiaire-enseignant sans le sou mais bourré de rêves. De projets. Un stagiaire qui porte un regard cru sur tout ce qui interfère sur ses choix. Il est pauvre comme Job, mais débrouillard. En Afrique, même si il y a l’or, le pétrole, etc, et les poches percées, il y a aussi le rêve. Utopiste ou non. C’est le fil d’Ariane qui maintient en vie et qui pousse à se lever chaque matin. Au fil des mots, nous découvrons les difficultés rencontrées par les apprentis fonctionnaires. Retard voire absence de paiement des salaires. Déboires amoureux. Système D plus ou moins légal.

Assollicitation est un roman dont la lecture se fait sans heurts. D’une traite. Une lecture fluide et aisée. Une lecture qui nous pousse à nous questionner. Face à toutes ces difficultés, comment réagissent les parents? Sont-ils au courant de ce qui se passe? Juvénil fait face à l’incapacité des hauts fonctionnaires. Il fait face à leur rapacité. A leur manque de civisme. A leur manque d’intégrité.

Assollicitation est un mot qui dit tout. Nul n’est sollicité. Aucun acte. Aucun droit. Aucune vie. Juste une survie. Quelque chose de palpable. Quelque chose que l’on entrevoit l’espace d’une seconde et qui disparait d’un claquement de doigts. Un mirage. Une illusion. Telle est la vie d’un homme qui a eu un rêve. Rêve qu’il a pensé pouvoir réaliser. Rêve qu’il a du mal à imaginer. Une imagination sobre. Pertinente. Persistante. Une persistance profonde. Même si tout n’est qu’une assollicitation.

Note 17/20

9782754741163 Editions du Panthéon 80 p. 10,90€

The prison experiment – Eric Costa – 2018

Quatrième de couverture

Zone 51, désert du Nevada. Un dôme immense, à la peau cuivrée, se dresse tel un monstre sous les étoiles. Son nom: « L’Oeuvre », prison expérimentale secrète dotée d’une intelligence artificielle. Nul ne sait ce que recèle l’édifice depuis que la CIA en a perdu le contrôle. Que sont devenus les 5300 détenus livrés à eux-mêmes après sept ans d’abandon? Un commando  de douze hommes et une femme pénètre en secret dans ce labyrinthe mortel. Leur mission: retrouver Dédale, son architecte, à n’importe quel prix. Elana, hackeuse surdouée, compte bien percer les mystères de l’Oeuvre. Elle ignore que son génie peut les sauver… ou les tuer. Jusqu’où l’homme peut-il aller pour survivre?

Chronique

Une escouade qui se déplace en silence dans les profondeurs de la nuit. Qui sont-ils? Où vont-ils?  Pour quoi faire?  Dès les premiers mots, nous sommes happés  par l’aventure. Dès ce moment, le rythme reste soutenu. Angoissant. Qui sont ces hommes et ces femmes qui ont accepté de pénétrer dans l’inconnu? Quelles sont les raisons qui les ont poussés à accepter?

Dès le début, nous retenons notre souffle et vivons au rythme des évènements. Tout est mystère. Tout est déroutant. Personne ne sait ce qui attend ce détachement. Personne ne sait qui ils vont avoir en face d’eux. Hommes ou bêtes assoiffées de vengeance? Tout y est effroyable. Les attentes. Les batailles monstrueusement silencieuses. L’homme semble y avoir renié son humanité. Est-ce possible?

La lecture se fait addictive dès le début. Les pages se tournent avec avidité. Avec passion. Avec une curiosité qui pourrait sembler malsaine. Mais, ce n’est que de l’adrénaline. Le souffle est retenu par les intrigues. Par les luttes. Par les scènes apocalyptiques. Pourquoi continuer à progresser? Le jeu en vaut-il la chandelle? Reste-t-il une once d’humanité dans cette forteresse?

The prison experiment est une longue descente en enfer. Une descente que nous suivons avec un grand plaisir. Une curiosité sans nom. Chaque page, chaque chapitre est lu dans la même alégresse bizarre. Sans remords. Juste cette soif inextinguible de savoir. De comprendre.  De se perdre avec bonheur dans ces luttes. Dans ces terreurs. Dans ces cris. Dans ces vies plus ou moins fragiles. Juste cette soif de regarder l’âme de ces personnes. De l’interroger. Juste une question brûlante: « Qui sortira vivant de The prison experiment?

Note 18/20

9781790504299    Autoédition    662 p.

La tentatrice de minuit – Mylène Simone – 2018

Quatrième de couverture

Chaque week-end, Myriam Madeleine alias la tentatrice de minuit chasse un homme. Elle déchaine les foules, passionne les médias, bouleverse les sensibles. Tout le monde en parle et personne ne sait. Qui est-elle? Une avocate désenchantée. Une amoureuse transie. Une amie. Une tueuse en série…

Ma Chronique

Beaucoup de personnes ont un emploi qu’ils n’aiment pas même s’ils ont fait des études pour occuper cette fonction. Certains pensent que leur vie pourrait être meilleure qu’elle ne l’est actuellement. C’est exactement ce que pense Myriam, femme épuisée par sa vie professionnelle. Solitaire. N’aimant personne à part elle-même. Et encore, ce n’est pas si sûr.

Dans la tentatrice de minuit, nous déambulons dans la vie de Myriam. De son entourage. De ses voisins. Chacun donne son avis sur des fait dont il ignore tout. Ont-ils réellement su? Qu’ont-ils vu? Se sont-ils vraiment doutés de quelque chose? Qui est cette tentatrice dont tout le monde parle? Chaque chapitre raconte le lien, la rencontre avec cette femme. Chaque chapitre nous parle de la vie de ces personne qui ont gravité autour d’elle. L’histoire se raconte ainsi dans la continuité. Entre chaque chapitre, il y a l’avis du voisinage. Chacun y va de ses mot. De son humeur. De son ignorance. De ses fantasmes. Savent-ils de qui ils parlent et de quoi il retourne? Rien n’est sûr.

La tentatrice de minuit nous raconte une histoire. Celle d’une femme. Celle de différentes personnes. L’histoire d’une traque. Celle de la Tentatrice. Celle de la police. Celle d’une femme qui veut assouvir sa soif d’amour. Son besoin de faire reconnaitre sa beauté. Sa supériorité sur la gente masculine. Celle d’une femme qui veut combler un vide en elle. Un vide abyssal. Incommensurable. Une obsession.

Nous sommes emportés dans ce vaudeville sur fond de polar. Pas de courses poursuites. Mais, du suspens. Jusqu’au moment où l’on découvre l’auteur de ces crimes sordides. Puis nous assistons à l’intérêt morbide des autres. Ceux qui savaient sans savoir. Ceux qui pensent avoir tout compris. Sincèrement, combien d’entre eux avaient vraiment découvert l’identité de la tentatrice de minuit?

 Ma note 16/20

9781790295937    Autoédition    261 p.    17,99€

L’évasion – Benoit Toccacieli – 2018

Quatrième de couverture

Dès qu’Alice ouvre un livre, les personnages qu’il contient prennent vie dans la réalité. Pour son dixième anniversaire, ses parents lui offrent son premier roman policier. Au même moment, un mystérieux tueur en série commence à sévir. Quand Alice découvre ça, c’est la panique! Elle décide alors de partir à sa recherche pour le neutraliser. Pourra t-elle compter sur Pompom, son chat qui rêve de conquérir le monde? Comment réagiront ses parents, deux adultes enfermés dans leur quotidien?

Ma Chronique

Alice est une petite fille de neuf ans. Enigmatique. Aimant lire. Elle ressemble à toutes les filles de son âge. Avec juste un aura de mystère. Pourquoi connait-elle tant de personnes? Pourquoi tant de livres dans toute la maison? Quel rapport avec tous ces personnages?

L’évasion nous entraine dans un monde qui pourrait sembler magique si l’intrigue ne tournait pas autour d’un serial killer. Une histoire racontée par trois personnes: Alice et ses parents. Ce qui nous permet de suivre l’histoire et son évolution. Offrir un livre à un lecteur compulsif est une excellente idée. Mais offrir un roman policier à une enfant est-ce bien raisonnable? Quand on ignore son don, n’est-ce pas dangereux?

L’écriture est simple, aisée, sans fioritures rendant ainsi la lecture agréable. Chaque chapitre concerne le point de vue d’un des trois personnages principaux. Cependant, il n’y a pas de rupture dans le récit. Au contraire. Le rythme léger nous emporte dans le monde de cette petite fille pétillante et secrète. Qui est cet assassin? Est-il seul? Comment l’arrêter? Alice et son ami Pompom le chat ne sont-ils pas un peu trop téméraires? Comment réagissent les adultes autour d’eux? Tant de questions que l’on se pose au cours de la lecture. Le suspens s’intensifie au fil des pages et c’est avec un soupçon d’angoisse que nous suivons les péripéties  de cette enfant intelligente et un chouïa casse-cou.

L’évasion est un roman de tendresse. Oui, malgré l’histoire. C’est un roman qui nous fait voir la vie sous ses meilleurs atours. C’est un roman qui fait sourire et espérer, surtout qui nous fait apprécier nos rêves d’évasion, dans tous les sens du terme.

Ma note 17/20

9791022768597   Autoédition    189 p.    14€

La princesse fantôme – Laure St Andrea – 2018

Quatrième de couverture

En 948, trois royaumes se disputent Seillos, gros bourg minier au commerce florissant. La guerre est aux portes de la ville et une négociation de la dernière chance est organisée. Exilée à Seillos pour des raisons mystérieuses, Wilia, 16 ans, doit apprendre à se débrouiller seule. Accusée de sorcellerie, elle doit fuir de nouveau. Devenue l’apprentie du médecin royal, pourra t-elle faire confiance à Pedr, le neveu de la reine? Un personnage mythique vient s’inviter au cœur de la lutte fratricide qui oppose deux conceptions du monde. Qui pourra rétablir la paix?

Ma chronique

Une jeune femme insouciante. Une jeune femme qui aime  la nature et les plantes. Un passé mystérieux. Quel sera son avenir? Qui est-elle? Le Xème siècle est-il une bonne époque pour quelqu’un qui reste si proche de la nature? Wilia l’apprendra, peut-être, à ses dépens. On ne peut pas toujours se confronter aux puissants, sans se brûler les ailes.

La princesse fantôme nous transpose dans une époque où la ferveur religieuse est dévastatrice. Une époque où la différence pouvait, parfois, être mortelle. Une époque où la nature était liée à la magie noire. Nous assistons au destin d’une jeune femme. Une jeune femme qui se sent destinée à soigner grâce aux offrandes de la nature.

Les chapitres ont des intitulés qui nous permettent de suivre l’histoire sans peine. Le vocabulaire est adapté à l’époque rendant, ainsi la lecture agréable, truculente. Laure St Andrea nous fait découvrir les us et coutumes du dixième siècle. Elle nous fait découvrir les croyances. Les usages de la haute société. Les prémices de la nouvelle religion monothéiste et les pratiques sulfureuses de ses serviteurs zélés.

La princesse fantôme nous emporte dans une aventure sans fin. Chaque page, chaque ligne nous tient en haleine et aiguise notre curiosité. Entre intrigues, batailles et trahison, l’histoire nous emporte toujours plus loin à la recherche du savoir, des ennemis  et surtout de la princesse fantôme. La trouvera-t-on? Un mystère qui, peut-être, s’éclaircira. Comment s’y prendre? Existe t-elle vraiment? Comment s’y prendre? Où est-elle? Une recherche pleine de douleur, de peines, d’énigmes qui nous entraînent dans de nombreuses aventures. Pour notre plus grand plaisir.

Ma note 17/20

9781717724618   Autoédité   355 p.

 

Vice – Vers’Âmes – Muriel Rawolle – 2018

Quatrième de couverture

Victime de ses excès, Samuel, jeune étudiant fêtard, insolent et imbu de lui-même, se retrouve plongé dans le coma. Il se réveille au XIXème siècle dans le corps de Clémence, une jeune bourgeoise  parisienne aux antipodes de sa personnalité et doit, bien malgré lui, s’adapter à cette  nouvelle existence. Mais, pour combien de temps. Et surtout, où se trouve Clémence dont il a usurpé l’identité? C’est justement la question que se pose cette dernière, en ouvrant les yeux dans une chambre d’hôpital au XXIème siècle.

Ma Chronique 

Ce qui est fantastique dans le monde du même nom, c’est que tout peut être rêvé. Tout peut arriver, même l’improbable. Vivre dans un autre monde, dans une autre vie peut parfois être possible. Que feriez-vous si cela vous arrivait réellement?  Samuel et Clémence vivent ce cauchemar et doivent apprendre à faire avec. Difficilement. Avec eux, nous allons de découvertes en découvertes. De grands moments de solitude. De grands moments de doute. De grands moments de fous rires. De grands moments de tendresse.

Vice-Vers’Âmes nous raconte deux âmes, deux êtres perdus dans le temps. Perdus dans le corps d’un autre. Un corps, une vie, une époque qu’ils n’ont pas choisis. Avec beaucoup de difficultés à affronter. De nouveautés auxquelles il faut s’adapter. D’inconnus à côtoyer. Comment faire? Comment ne pas perdre l’esprit? Comment expliquer la situation à ceux qui les entourent? Surtout, est-il possible de retourner chez soi? Cet échange d’âmes est-il définitif? Pas si simple, voire impossible.

Les chapitres sont datés et situent les lieux de chaque personnage. Ce qui nous permet de suivre les pérégrinations de Samuel et Clémence dans leur nouvel environnement. Nous suivons aussi leur détresse. La force qu’ils ont en eux. Muriel Rawolle a fait un grand travail de recherches. Ce qui rend la lecture agréable, addictive et l’histoire très crédible. Ce qui donne aussi une grande texture aux deux héros. Ils sont vrais. Les anecdotes sont nombreuses. Nous sommes, ainsi, emportés dans cette histoire rocambolesque pour notre plus grand plaisir et, nous finissons par nous poser la question fatidique: Et si nous étions l’un des héros de Vice-Vers’Âmes?

Ma note 19/20

9782901231011    Autoédition  349p.   19€

Les nouveaux maîtres de la parole – Diana Ramassamy- 2016

Quatrième de couverture

De génération en génération, la parole ravive le conte, le sublime, et lui permet de perdurer sans jamais s’essouffler. Les conteurs de Martinique, de Guadeloupe et de Guyane sont les témoins d’un genre littéraire toujours vivant et encore très répandu dans les sociétés créoles. S’inscrivant dans la tradition orale, le conte est un art qui même poésie, théâtre et un peu de magie. La voix, le corps et les gestes des conteurs fascinent le public et le transportent dans un temps hors du réel.

Aujourd’hui, c’est une nouvelle génération de conteurs qui prend la relève et assure la transmission de cette tradition. Cet ouvrage, qui regroupe, à la fois des contes traditionnels et des contes « modernes », en français et en créole, est le livre indispensable de toutes les bibliothèques des Antilles et de Guyane.

Ma Chronique

« Yé krik, Yé krak, Yé Mistikrik, Yé Mistikrak« , ainsi commence le discours des nouveaux Maîtres de la parole créole à travers les Antilles. Ils jouent avec les mots. Ils jouent avec le rythme des mots. Ils jouent avec le public. Ces mots millénaires qui scandent les contes, les blagues, les récits. Ces mots qui tiennent en éveil « la cour qui ne dort pas« .

Les nouveaux Maîtres de la parole créole est le témoignage du passage du flambeau entre l’ancienne et la nouvelle génération. Ces paroliers qui se déplacent de maison en maison, de centre culturel en cours d’écoles pour raconter. Pour dire.  Pour faire vivre le conte. Pour faire rire l’assemblée. Ces hommes et ces femmes qui, autrefois, animaient les veillées mortuaires, faisant rire l’auditoire, racontant des blagues sur le disparu et faisant rire sa famille éplorée.

Chaque maître de la parole raconte son histoire avec ce petit quelque chose qui le différencie de l’autre. Le livre est bilingue créole/français. Ce qui le rend à la portée de tout lecteur. Chaque Maître est présenté avec sa photo et un petit laïus en français. Chaque maître raconte son histoire. Les mots tombent en cascade. En rimes. Ils se mêlent pour former un slam amusant. Mystérieux. Un slam antique hérité  de grands hommes et femmes d’une époque à jamais révolue. Une époque où on leur vouait un grand respect. Une grande reconnaissance de leur art.

Les nouveaux maîtres de la parole créole raconte une histoire. Celle d’un métier. Celle d’un art. Celle d’hommes et de femmes qui jouent et jonglent avec les mots. Ces hommes et ces femmes qui tiennent le pubic en haleine avec un héritage séculaire en voie de disparition. C’est le recueil d’un art, d’un héritage, d’un style de vie à perpétuer. A faire connaitre. Un art auquel on doit redonner une existence pérenne aux nouveaux maitres de la parole créole.

9782357202658   HC Editions    128 p.   18,50€

Mapuka – Vendre son corps en échange d’un mariage blanc – Khunlung – 2018

Quatrième de couverture

En Afrique, plus qu’ailleurs, si vous avez de l’argent, tout s’achète. Chaque jour, une grande partie de la population se bat pour gagner juste de quoi se sustenter. Beaucoup de filles des cités populaires se vendent pour vivre en espérant trouver l’homme fortuné qui ferait d’elles une épouse. Certaines arrivent à trouver un Européen pour une nuit en espérant les rendre suffisamment amoureux pour concrétiser une idylle durable. Plusieurs quinquagénaires, fatigués par une vie de couple à bout de souffle, dans leur pays d’origine, ont succombé aux délices sexuels de ces redoutables amazones.

Mon Avis

Un titre qui sonne comme un glas. Un titre qui dit tout d’une société en perdition.  Une vie. Celle d’une jeune femme prête à tout  pour se hisser très haut dans l’échelle sociale.  Une vie. Celle d’un homme en grande misère affective à la recherche de celle qui comblera ses attentes. Que faire quand on vit dans un pays où tout part à vau-l’eau? Que faire quand la pauvreté est une seconde nature? Qu’elle colle à la peau comme une sangsue?

Mapuka est un roman pour un public averti. Les mots sont crus. D’une âpreté à faire tomber les aiguilles d’un cactus. Des mots qui font ressortir l’amertume des personnages et la perte de leurs repères. Mapuka, un mot qui comme la danse du même nom, laisse au spectateur ou au lecteur une impression de pertes de valeurs les plus basiques de l’humanité. Un arrière-goût aigre qui fait réfléchir sur les valeurs essentielles de la vie.

Cependant, comment vivre dans un pays où la pauvreté est endémique? La mise en scène est présente chez Beverly et Patrick. D’un côté, une grande misère financière. De l’autre, une grande misère affective, amoureuse. La manipulation est consciente ou inconsciente. Chacun y trouve son compte, peu importe les origines. Tout y est manipulation, chantage, profit, sexe tarifé.  Finalement, quels que soient les moyens, l’essentiel n’est-il pas d’atteindre son but? Son rêve?

Mapuka est comme la danse du même nom. Cru. Sexuel. Lascif à l’extrême. Il est le rêve, le cauchemar de deux mondes riches de beaucoup de choses, pauvres d’autant. Deux mondes où espoir, désespoir, rêves avortés, cauchemars réels se côtoient, se ressemblent et sont si différents. Chacun se voile la face. Le sens de l’honneur  est aléatoire. L’argent est roi et révèle la face cachée de l’humain. Bienvenus dans le monde du Mapuka!

Ma note 15/20

9791034810048   Evidence Editions   220 p.    14,90€