Violences faites aux femmes – Une anthropologue au Tchad – Joëlle Kerl-Kochanski – 2018

Quatrième de couverture

Pourquoi les violences faites aux femmes au Tchad revêtent-elles une spécificité particulière? Car la nature et la forme des violences exercées contre les femmes sont « spectaculaires » et raffinées parfois dans leur ampleur. Les actes de violence ou de torture commis à l’encontre des femmes et des fillettes Tchadiennes sont peu connus ou mal connus. Elles interrogent en tout cas sur les pratiques toujours en cours au 21ème siècle. Le fonds culturel n’a guère évolué. La criminalisation des actes de cruauté envers les femmes et les fillettes est largement passée sous silence par des communautés enchâssées dans les normes et les tabous. C’est peu dire que les hommes se taisent et la justice ferme les yeux, n’engageant aucune véritable pénalisation de ces violences, en dépit des lois internes au pays. La société toute entière y trouverait-elle son compte? Pourtant la destruction physique et morale des femmes et des fillettes, rétives à une culture qui soumet la femme au pouvoir des hommes, à la tradition et à la religion, porte atteinte très directement à l’avenir d’un pays, à son tissu social et économique.

Mon avis

Lorsque j’ai concouru au Crazy Books Day de Evidence Edition, je souhaitais recevoir cet essai. C’est chose faite. J’en suis très heureuse. La violence faite aux femmes est le mal de notre siècle car, enfin, les langues se délient. Cependant, il existe des endroits où cette violence est endémique, culturelle, au nom de la tradition. Une violence qui n’est pas reconnue comme telle. Ce qui est le cas au Tchad.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, au Tchad, des lois sont votées pour lutter contre ce mal. Cependant, elles sont rarement appliquées. Violences faites aux femmes – Une Anthropologue au Tchad nous entraine dans le quotidien de ces femmes, parfois femmes-enfants, qui se racontent avec humilité, pudeur, franchise, réalisme. Elles font juste état de ces traditions qu’elles subissent au quotidien. Que dire du mariage forcé non seulement dans les faits, mais, parfois voire souvent avec des adolescentes à peine pubères? Comment ces femmes arrivent-elles parfois à réagir face à ces injonctions paternelles? Que dire, que faire, quand la violence répond à la violence? Dans quel désarroi vivent-elles?

Dans violences faites aux femmes – Une Anthropologue au Tchad, Joëlle Kerl-Kochanski nous fait voyager dans un monde de femmes. De fillettes. Blessées. Victimes. Des jeunes femmes dont les rêves d’études, de carrière sont bouleversés à jamais. Enterrés sous le poids des traditions et des exigences masculines. Des témoignages poignants. Des témoignages qui font mal à la féminité. Tout en simplicité. En pudeur. De quoi s’interroger sur l’incidence  ou l’absence d’incidence  sur le rôle de ces femmes dans l’économie de leur pays. L’impact de ces coutumes sur leur rôle économique et social. Ont-elles une réelle existence dans un pays qui tait ce qu’elles subissent? Un pays qui nie cette souffrance physique, psychologique?

Cette violence faite aux femmes tchadiennes est présente à toutes les étapes de leur vie: excision, infibulation, mariage forcé ou précoce, grossesse et accouchement précoce, violences pendant l’accouchement, viols non punis. Un mariage est sensé être le plus beau jour dans une vie. Eh bien, ce n’est pas le cas pour toutes les femmes. Imaginez-vous découvrir votre époux le jour de votre mariage. Quelle détresse pour ces petites filles, ces femmes face à un vieillard! Quel désespoir! Que dire des violences conjugales! Le taux de mortalité est très élevé, dans l’indifférence générale. Pourquoi tant d’impunité envers les auteurs? Pourquoi les lois ne sont-elles pas appliquées? Des questions qui laissent songeur.

Les faits sont présentés simplement. Les lois sont présentées dans chaque chapitre. Violences faites aux femmes – une anthropologue au Tchad est un essai qui ne laisse pas indifférent. Une fois refermé, les questions, les pensées continuent à surgir. Un livre à lire. A conseiller. Un essai fort. Humain, ô combien! Profondément humain. A lire, pour le bien de la condition féminine. Le bien de l’humanité. Pour faire réfléchir l’humain en toute personne. Un chef-d’oeuvre!

Ma note 19/20

9791034807291   307 p.   Evidence Edition  Coll. Electron libre  16€

 

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Sois sage, Reine-May – Colline Hoarau – 2016

Quatrième de couverture

A dix ans, Reine-May quitte son île, la Réunion, pour être adoptée par un couple de Bretons dans le centre de la Bretagne, à Sainte-Tréphine. Quelques années plus tard, elle reçoit une lettre. Elle doit venir régler des affaires dans l’Océan Indien. C’est un voyage dans le temps dans deux univers différents: la Bretagne et la Réunion.

Mon avis

Sois Sage, Reine-May. Des mots. Simples. Usuels. Dits sans arrière-pensées. Des mots. Qui résonnent dans la tête d’une petite fille. Loin de son pays. Loin de ses racines. Des mots. Synonymes de nouvelle vie. Un courrier. Un seul. Et la vie routinière bascule. Des souvenirs se bousculent dans la mémoire. Un accident de la vie et Reine-May doit quitter son île pour l’inconnu. Un courrier. C’est le retour vers une île presqu’oubliée. Pourtant si chère à son cœur. Reine-May retourne sur son île avec un secret si bien gardé. Un secret pour elle toute seule. Que s’est -il passé?  Pourquoi cet envoi en Bretagne? Où est la famille de cette petite fille? Quel est ce secret?

Un roman plein d’une douce nostalgie. De doux souvenirs. De jolis moments de vie. De toute beauté. Des moments plus durs aussi. Un roman qui chante la mixité culturelle. Tous ceux qui ont quitté leur pays pour un ailleurs, connaissent ce retour au bercail. Ce moment où le cerveau enregistre le changement tout en faisant appel aux souvenirs. Moments d’extase ou de déception si bien décrits. Sois sage Reine-May est un roman qui parle d’amour d’un terroir. Que dis-je? Deux terroirs. Un roman qui parle du poids des souvenirs. De la beauté de la rencontre de l’autre.

Une écriture fluide. Une histoire superbement humaine. Des personnages d’une humanité remarquable. Simples. Des personnages qui ont un cœur gros comme ça. D’une noble humilité. Une histoire mine de rien intrigante. Un secret bien gardé. Voilà ce que  vous offre Sois sage, Reine-May. Chacun s’y retrouve. Se reconnaît. Chacun y trouve ses propres mots. Un roman profondément humain et digne. Lisez-le. Il le mérite grandement.

Ma note 17/20

9781770766341 Ed. Dédicaces  124 p.

 

Insula Tresoya – Sébastien Lencroz – 2018

Quatrième de couverture

Une jeune femme bercée par un idéal pour l’Homme, un jeune trentenaire inconscient de son rôle primordial qu’il devra jouer, un père avide de pouvoir et un ancien chef de confrérie protectrice d’un mystère. Voilà tous les ingrédients réunis pour vous transporter dans un thriller haletant de Strasbourg à l’île d’Yeu.

Mon avis

Pour tout dire, le titre de ce roman m’a beaucoup intriguée. Eh oui! C’est toujours ce qui pique ma curiosité: Le titre. Et celui- sonnait bien à mon oreille. Et je n’ai pas été déçue. Une personne est à l’affût. Qui est-elle? Est-ce un tueur? Une victime? Un snipper? Ainsi débute ce thriller. Que se passe t-il? Qui est cette personne visée? Pourquoi l’a t-on choisie? Tant de questions dès les premières lignes. Alors, imaginez la suite de la lecture.

La curiosité pousse à tourner les pages avec de plus en plus d’interrogations. De suspens. Suspens qui dure tout au long du roman car l’intrigue est bien ficelée. Un suspens qui nous fait suivre pas à pas les pensées d’une personne avide d’amour paternel. Une personne toute en douceur. En force. Une personne qui malgré les apparences, est douée d’une intelligence très fine.

La lecture se fait en toute facilité. A chaque chapitre, il y a son lot de découvertes. Ce qui stimule encore plus la curiosité. Ce qui rend le suspens plus intenable. Insula Tresoya surprend par l’écriture très légère malgré le sujet abordé. Il en émane une grande force et une belle tendresse. Le dépaysement est garanti. Insula Tresoya est un roman qui vous emportera au fil des pages dans une aventure humaine. Terriblement humaine. Une aventure où le début et la fin s’unissent pour former une nouvelle énigme. Un très beau livre à lire pour le plaisir des surprises et des beaux moments de lecture.

Ma note 17/20

979109637801          342 p.    9,99€

 

Rokia Les masques tombent – Amel B. -2018

Quatrième de couverture

Un recueil de nouvelles à la série de portraits hétéroclites. Des tranches de vie qui s’entremêlent, des vies douces, d’autres plus chaotiques. Des histoires mystérieuses. Grâce à une écriture sensible, inattendue et originale, vous vous laisserez surprendre à voyager d’un genre à un autre sans difficultés. De la poésie… Une bonne manière, à travers ses histoires, d’aborder l’existence humaine dans toute sa multitude. Laissez-vous guider par Rokia. Elle vous étonnera.

Mon avis

Des nouvelles. Des portraits de vie. Des relations à l’autre plus ou moins réussies. Un début tout en douceur. Début qui réconcilie avec le passé. Avec les pertes. Les absences. Des mots simples qui décrivent des fractures de vie. Des personnalités originales. Des rêves. Des délivrances. Chaque chapitre. Chaque nouvelle est introduit par un poème de toute beauté. Chaque poème chante la vie. L’amour. La perte. La douleur de la perte.

Dans Rokia les masques tombent Amel B. donne une vie, une âme à tout ce qui nous entoure. Aux objets que nous utilisons au quotidien. Que nous utilisons si souvent que nous ne les voyons plus. Elle chante la résilience. Sous toutes ses formes.

Rokia les masques tombent est un joli petit bijou de belles histoires. Prenantes. Intrigantes. Riches d’émotions. D’humanité. Un vrai festival. Un superbe roman à la lecture aisée. Une écriture qui révèle l’autre côté des choses. L’autre monde. Avec beaucoup de pudeur.  Un livre à lire pour la poésie de ses mots. De ses histoires.

Ma note 17/20

9782414207633  Ed. Edilivre  120 p.   12€

Du couscous dans le pudding – Yamina Mazzouz – 2016

Quatrième de couverture

Norah, jeune fille maghrébine au  caractère bien trempé, décide de quitter sa banlieue et sa famille pour partir en Angleterre. Elle trouve rapidement une  place de domestique dans un manoir très british dont le propriétaire est un aristocrate à l’élégance raffinée qui l’accueille avec sympathie Une série de meurtres va venir troubler la quiétude apparente des lieux, le tout dans une atmosphère familiale qui se délite à mesure que le passé  et le présent s’exacerbent. Norah va alors se trouver au cœur de l’intrigue et participer à sa résolution, tout en tombant amoureuse

Au-delà du roman policier au classicisme avenant, le livre développe aussi une facette psychologique avec la rencontre de deux milieux que tout oppose: la noblesse britannique  et la jeune fille de la banlieue parisienne.

Mon avis

Changer de vie est une aventure. Dans le pays de Shakespeare, c’est encore mieux qu’une aventure. C’est un voyage épique. C’est ce que découvre Norah, heureuse de mettre du peps dans sa vie. Tout se passe bien jusqu’à ce que … beaucoup de choses. Amour, santé…meurtres!!! Oups, je m’égare. Pas tant que çà. Amour, oui. Meurtres, oh que oui. Santé, on verra.

Quoi de mieux pour passer le mal du pays que de résoudre des meurtres? Avec un zeste d’intuition et beaucoup de réflexion, d’imagination, Norah nous emmène dans son monde avec sa superbe fraicheur. Et si cela lui permettait d’oublier sa banlieue parisienne? Quel sera son avenir en terre britannique? S’adaptera t-elle à sa nouvelle vie?

Du couscous dans le pudding est très bien écrit.  Le suspens est diffusé en douceur tout au long de la lecture. Il s’agrandit au fil des pages. Des chapitres. On vit au rythme de la campagne anglaise. Pour son premier roman, Yamina Mazzouz, nous fait vivre une enquête à la Agatha Christie à qui elle n’a rien à envier. En effet, Du couscous dans le pudding est digne  des grandes dames du polar britannique.  C’est un roman qui se laisse dévorer. Un superbe roman. Un roman plein d’humour très fin. Yamina Mazzouz est une écrivaine, une plume à suivre car elle a beaucoup d’avenir dans le monde littéraire. Retenez bien son nom.

Ma note 18/20

9791031002255  Ed. Les Presses Littéraires   263p.   12€

L’oeuf de Tanglemhor – chroniques des secondes heures de Tanglemhor T. 1 Azaël Jhelil – 2018

Quatrième de couverture

L’Alliance n’est plus. Le Premier Vindicateur a imposé sa tyrannie à la rayonnante civilisation du Bassin ctasharre. Les rois ont été exécutés, la liberté de culte abolie. Le pouvoir du semi-lacertys est absolu. Il ne lui reste plus qu’à soumettre le duché de la Marche, dernier flambeau d’une résistance à l’agonie. Tout espoir est vain. Il ne reste rien. Il parait, cependant qu’un audacieux s’est introduit dans la Citadelle noire et en a dérobé l’un des biens les plus sacrés du Très Saint Libérateur. Toutes les forces de l’Empire ont pour ordre de le ramener … vivant.

Mon avis

Il est vrai que quand j’ai reçu l’oeuf de Tanglemhor , que j’ai vu le pavé que c’était, ma première impression a été « Ô mazette! Mamma mia! ». Dès que je l’ai ouvert et que j’ai commencé à lire, j’ai pensé « Ô mazette! Mamma mia ». Le ton n’était plus le même. J’étais conquise. Dès les premier mots.

Tout commence par un message. Une vision. Bon ou mauvais signe? une histoire comme je les aime. Des personnages improbables. Des noms imprononçables ou poétiques (Serpent de Lune). Des scènes dignes des meilleurs films d’horreur . Et tout cela, dès le début. Ce qui augure de la suite. Puis, la magie opère. Dans tous les sens du terme. Tout se précipite. L’ennemi est là. Il faut le combattre. Combattre ses pouvoirs occultes. Comment faire? Comment se protéger? Plutôt, comment protéger le peuple? Le protéger de la magie noire? Que faire quand l’ennemi est féru de sciences occultes et est prêt à tout pour réussir ses desseins? La bataille semble perdue face à un adversaire sans foi ni loi.

L’oeuf de Tanglemhor nous entraîne dans un rythme effréné. Sans temps mort. Dans un monde de guerre. Pour une reconquête.  Celle du droit de vivre. D’exister d’un peuple qui n’a plus d’espoir. Ce dernier réussira t-il à s’unir pour acquérir cette liberté tant souhaitée? Inutile de vous dire que la lecture est envoûtante et se fait d’une traite. Elle laisse peu de place à l’ennui, voire pas du tout. Les rebondissements sont nombreux et nous emportent dans le cœur de l’histoire. Avec bonheur. Avec curiosité. Chaque nouveau chapitre titille encore plus notre curiosité et nous emporte dans un monde où la fée côtoie l’ogre. Où ce dernier se bat contre un Maître de la magie. Le tout agrémenté de batailles mémorables.

L’oeuf de Tanglemhor est une odyssée digne de celle d’Ulysse et de ses monstres fantastiques. La multiplicité des personnages n’apporte aucune difficulté à la lecture. Au contraire. Vous allez peut-être, comme moi, succomber au charme de la belle Oriana. Qui sait? Azaël Jhelil a créé un monde imaginaire unique qu’il me tarde de retrouver dans le prochain tome. Un merveilleux et très beau roman.

Ma note 19/20

 

La perfidie d’un ange – Evelyne Sants – 2017

Quatrième de couverture

Sarah est une jeune fille dotée d’une intelligence hors norme. Elle a la chance d’être entourée par ses parents amoureux et bienveillants, mais ce cadre idyllique ne lui convient pas forcément.

Sarah se met en quête d’un destin exceptionnel, qu’elle choisira elle-même et qui sera à la hauteur de son intelligence, mais pour accomplir ce destin elle n’aura aucun état d’âme, aucun scrupule. Ses capacités intellectuelles lui serviront d’arme pour évincer tous ceux qui entraveront son chemin. Sa force mentale et sa froideur lui donneront le pouvoir de ne pas vaciller face à l’amour des autres. Existe t-il quelqu’un d’assez puissant pour contrarier son narcissisme débridé? Existe t-il quelqu’un d’assez généreux pour lui pardonner l’impardonnable?

Mon avis

Ô Mazette de mazette!!! C’est le titre qui a d’abord piqué ma curiosité. « Perfidie » et « ange » deux mots qui n’ont pas pour habitude de se côtoyer. Ce qui m’a interpelée. Et je n’avais pas tort. Au début, il y a cet étrange huis clos qui met en place les personnages. Leurs forces. Leurs faiblesses. Leurs doutes. Des personnages pris dans un jeu du chat et de la souris. L’atmosphère est lourde. Pleine de rancœur. De souffrance. Presque malsaine. Qui est Sarah, cette jeune fille que ses parents adulent? Enfin, qui est-elle réellement?

Dès les premiers mots, on ressent un malaise qui ne nous quittera plus. Au contraire. Le malaise fera place à l’inquiétude. A l’incroyable. A l’horreur. Y a t-il un mot plus fort que le mot horreur? Sarah avance dans la vie. Une vie planifiée depuis longtemps. Tel un bulldozer. Presque en douceur. Sans état d’âme. Mais, tout en douceur. Froidement. Oui, les mots choisis n’ont as l’air de convenir. Pourtant, c’est ainsi. Tel est le visage de Sarah. Beau. Angélique. Froid. Damné.

Bon sang! la perfidie d’un ange est un roman qui vous marque de son empreinte. Il vous marque et vous laisse pantois d’horreur. D’incompréhension. Quelle est la personnalité de cette femme? Surdouée? Psychopathe? Sociopathe? On entre dans un monde de faux-semblants où la malédiction, où le diable n’a pas le visage de l’emploi.

La perfidie d’un ange va vous faire plonger au plus noir, au plus profond de la cruauté humaine.  C’est un roman intrigant qui fait froid dans le dos, qui se lit d’une traite. Un roman qu’on ne peut lâcher facilement. Tout cela n’enlève rien à la beauté du texte. Au contraire. L’histoire nous emporte au fil des pages. Un roman agréable à lire. Dérangeant et excellent

Ma note 17/20

9781545420836  238 p.

 

 

Le sceptre de Râ – Agostinho Moreira – 2017

Quatrième de couverture

Depuis son enfance, Wilhem a toujours été le souffre-douleur des autres. Bien qu’ayant réussi à obtenir un poste important, son désir de revanche l’empêche d’être parfaitement heureux. C’est alors qu’un obscur démon hindou nommé Ravana vient lui proposer un marché qu’il ne peut pas refuser: dominer ses semblables en échange de son aide pour récupérer un puissant artefact, le sceptre de Râ. Râ n’étant pas d’accord  pour que Ravana utilise son sceptre à ses fins, il va demander à l’aristocrate Franz Meyer, dont il connait la grande valeur, de récupérer le sceptre et le détruire si nécessaire. Une lutte entre les deux hommes commence. Qui l’emportera?

Mon avis

Sincèrement, je m’attendais juste à un je ne sais quoi qui se passait entre les pyramides d’Egypte. Non ce n’est pas tout à fait cela. C’est mieux que cela. Pour notre plus grand plaisir. Deux divinités qui s’affrontent par le biais d’humains. Cela promet de grandes aventures. Et des aventures, il y en aura.

Un homme aigri par les vicissitudes de la vie. Des hommes. Un rêve récurrent. Prémonitoire? Rêve éveillé? Cauchemar? Ainsi débute l’aventure. Mandatée par qui? Par quoi? Par la curiosité de la découverte? Nous entrons dans le monde énigmatique des dieux hindous et égyptiens, de leurs pouvoirs. Le monde d’hommes passionnés d’Egypte.

Le sceptre de Râ nous entraîne dans un monde spécifique. Celui des divinités et de leurs exigences. De leur mystère. Celui de la rapacité humaine face au pouvoir. Face à la soif de pouvoir. Le monde de la mesquinerie humaine. Le tout agrémenté d’une improbable histoire d’amour.

Le sceptre de Râ est une course poursuite à la Indiana Jones. Des rebondissements qui font grimper le suspens.  C’est un roman où les esprits maléfiques, les malédictions sont légion. Qui va trouver ce fameux sceptre?  Quel sera le prix à payer?

Les chapitres sont courts et titrés. Ce qui rend la lecture agréable. L’écriture est fluide. Cette lecture nous emporte dans une quête de l’objet sacré de Râ. Avec ses luttes, ses trahisons, ses rebondissements. Comment aller au bout de cette recherche en échappant aux intrigues? Aux pièges?

Le sceptre de Râ est un roman digne des grands où la quête tient en haleine jusqu’au bout. Le suspens reste à son comble. Et ce, jusqu’à la dernière ligne. Un très beau livre pour un très bon moment de détente.

Ma note 16/20

9791097131043   Ed. Hystérie   298 p.   15€

 

 

L’évangile selon Jacques Lucas – Cyrille Audebert – 2009

Quatrième de couverture

« Jusqu’à ce jour, j’avais une idée assez précise de ce que pouvait être le bonheur: un appart dans un quartier chic, des toiles vendues à prix d’or avant même d’être peintes et Mélodie…. Mélodie, le modèle que je rêvais depuis toujours de serrer dans mes bras, et qui venait de me rouler la pelle de ma vie….

Ouais, c’est sûrement ça le bonheur.

Y avait bien cette « Ombre » au tableau, celle qui avait entrepris de nettoyer la ville de ses clochards d’origine maghrébine, mais, c’était tellement loin d’ici, dans les rues sombres… Et puis, ce matin-là, en rentrant, j’ai trouvé cet attroupement devant mon immeuble, et tous ces flics chez moi, à l’étage… C’est là que le cauchemar a commencé, et que les souvenirs de ma vie d’avant ont refait surface. Et si l’assassin, c’était tout simplement moi, David Huxley… »

Mon avis

Tout commence par une timide histoire d’amour. Un peu tendre. Un brin d’humour. Puis, le cauchemar, L’horreur. L’incompréhension. Encore un acte ignoble. Au-delà du supportable. Une douleur abyssale. L’histoire du cadavre dans le placard. Une réalité. Qui est le meurtrier? Et si c’était cet homme au passé énigmatique? Au passé secret? Quelqu’un d’autre?

David Huxley se noie dans un cauchemar éveillé. Que se passe t-il? Qui est-il? Qu’a t-il pu faire? Pire, est-ce lui l’assassin de ces maghrébins dont les cadavres essaiment dans toute la ville? Est-ce possible?

Si l’évangile selon Jean Lucas commence doucement, le rythme s’accélère. Des doutes s’installent, encouragés par ceux de David Huxley. Et si un retour dans le passé expliquait tout? Est-ce si simple? On se surprend à trouver tout le monde coupable. Eh oui, la suspicion s’installe! Durant toute la lecture. L’intrigue est prenante. Les découvertes, les surprises s’enchainent. A un moment, je me suis doutée de l’identité de l’assassin. Mais, le suspens est si bien distillé que le doute reste présent jusqu’à la fin.

L’évangile selon Jean Lucas est un roman qui tient en haleine. Les mots sont justes. Le roman est facile à lire. Chaque chapitre nous fait douter encre plus et fait monter le suspens. C’est un roman qui se lit d’une traite. Qui fait passer de bons moments de lecture.

Ma note 16/20

9782952857352  Ed. Sindbadboy 289 p. Broché 17€ Kindle  2,99€

 

Dénis, non-dits, mensonges, etc. – Philippe Mangion – 2015

Quatrième de couverture

Yasmina et Fadila sont deux cousines qui ont grandi à Bagneux, ville de la banlieue parisienne. Elles étaient inséparables, solidaires face à la brutalité et au machisme régnant dans la cité. Quand l’histoire débute, Yasmina est à la dérive, errant de foyers en hôpitaux psychiatriques dans le sud de la France. Elle ne se remet pas de la fuite de Laurent. Son amour pour lui a viré à l’obsessionnel. Fadila lui vient en aide. Elle apprend de sa cousine un secret de leur enfance qui, à ses yeux, explique son déséquilibre. Cette révélation amène Fadila à affronter sa propre famille, ses dénis, ses non-dits, ses mensonges. Yasmina, quant à elle, retrouve la trace de Laurent en Suisse et se lance à sa recherche….

Mon avis

Tout est dans le titre. L’histoire de Yasmina tourne autour de ces mots. Durs. Forts. Blessants. Usants. Brisants. Et c’est peu de le dire. L’histoire d’une fuite en avant. A la recherche de soi. Au bout de soi.

Deux jeunes femmes. Deux destins qui s’assemblent, se séparent,  s’unissent, pour mieux se retrouver. Deux cousines séparées par de lourds secrets. Continueront-elles à s’entendre malgré les difficultés? Que faire pour poser les bonnes questions? Poser le doigt là où ça fait mal? Ouvrir des plaies déjà béantes et les faire cicatriser? Est-ce possible? Deux cousines que tout lie et que tout sépare.

Nous faisons une incursion dans le monde de la psychiatrie. Des douleurs. Des blessures qui détruisent l’être. L’âme. Des gestes qui annihilent l’humanité de l’autre. La renient. Qui rabaissent l’autre au point de lui faire perdre sa confiance en lui. Qui détruit son image à tel point que les morceaux ont du mal à se recoller. Nous accompagnons Yasmina dans la décadence de sa vie. Décadence faite de blessures tues. Subies. Honteuses. Comment expliquer l’inexplicable? Comment le faire entendre et accepter?

Yasmina va à la recherche de son dernier amour, Laurent. Cette recherche n’est-elle pas celle de sa purification? Une recherche qui lui permettra de restaurer sa propre image. Les maux trouveront – ils leurs mots? Yasmina semble à la dérive. Incomprise. Insoumise. Blessée. Reléguée à sa maladie. Soutenue par sa seule amie, sa cousine Fadila. Cette quête est SA quête. Une réponse à ses troubles psychiatriques.

Dénis, non-dits, mensonges, etc. est un roman touchant. Très fort. Un roman qui n’est pas seulement une incursion dans le monde psychiatrique. Mais, aussi l’histoire de femmes. Brisées. Qui cherchent des réponses à des questions gênantes, secrètes. Qui cherchent à se reconstruire en faisant face à certains non-dits. Destructifs. Y arriveront – elles? A quel prix?

Dénis, non-dits, mensonges, etc. est un roman tout en finesse. En douceur. En force. En tendresse. Un roman qui fait vibrer chaque fibre de notre être. Un superbe roman. A découvrir et à faire découvrir.

Ma note 18/20

9781520527666  223 p.   broché 7,60€