Publié dans Contemporain, fiction, romans

En toi tous les soleils – Marianne Poncelet – 2019

Quatrième de couverture

En des temps anciens, alors qu’elle n’est qu’une enfant vivant au cœur des terres lointaines, Maya reçoit d’une veille femme une pierre lumineuse dotée de mémoire. Cette pierre va pousser la jeune fille à suivre une route parsemée d’aventures, à la recherche de celui à qui ce talisman appartient. Poursuivant le destin de Maya, Anya rencontre Diego. Ils connaitront ensemble la fulgurance de la passion, mais aussi sa brûlure. Anya ne l’oublie pas. Comment oublier la splendeur? Partie à sa recherche au gré des routes, elle rencontre le vieux Kakou, un sage magnifique qui la prendra sous sa protection puis disparaîtra avec le vent, après lui avoir fait prendre conscience de sa propre force de femme libre. Au terme du voyage, la jeune femme brillera de mille soleils, invincible et belle, incarnant la Puri Dhai du peuple tsigane, celle qui sait et qui indique le chemin.

Chronique

Un jour, la terre fut belle. Riche. Superbe. Puis l’homme y chut. Destructeur. Egoïste. Pétri de haine. D’envie. De vengeance. De rancœur. Et il la détruisit. Il la méprisa. Ainsi commence l’histoire. L’histoire d’un peuple. Le peuple de la route. Le peuple qui suit le vent et parcourt cette terre où il puise ses forces: les tsiganes.

En toi tous les soleils est un récit qui commence comme une légende. Un récit qui fait prendre conscience du caractère éphémère de ce qui nous entoure. Un récit qui montre le manque de liberté au travers de l’acquisition de ce qui parait indispensable à la vie. Maya reçoit un bijou, symbole de la Terre-Mère respectée. Un bijou qui se transmettra de génération en génération. Symbole de la nature et de la liberté. Symbole d’amour et de vérité. Symbole de bonheur.

En toi tous les soleils est l’histoire d’une transmission. La transmission de la liberté. La transmission de l’écoute du vent. La transmission de la sagesse. Par le biais d’une femme qui fut à l’origine du peuple des routes. C’est aussi l’histoire d’une transmission à travers les rencontres. Rencontres faites de liberté. Liberté de choix ou d’amours éphémères, telle celle de la nature et du ciel. Des rencontres créant un autre ailleurs toujours libre. Dans des mondes où les hommes brillent comme des étoiles dans la voûte céleste. En totale union avec un talisman venu des siècles lointains. Un héritage, ce talisman qui semble dire à chacune de ses propriétaires, en toi tous les soleils.

Note 18/20

9782343178684    Editions L’Harmattan    Collection Amarante    108 p.    13€

 

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Publié dans fiction, romans

Un migrant dans la cave de Dieu – Loro Mazono – 2019

Quatrième de couverture

Mabou quitte le Sénégal en quête de ressources pour subvenir aux besoins de sa famille. Une embarcation de fortune, le menant avec ses camarades jusqu’à la forteresse Europe, chavire en Méditerranée. S’il échappe à la noyade, c’est pour devenir ouvrier corvéable à merci d’un entrepreneur cupide qui voit en lui une main-d’oeuvre à bon compte.

Chronique

Ah le pays de cocagne! Pays où l’argent se ramasse à la pelle. Pays où le travail se trouve facilement. Pays où les gens ne souffrent jamais et ne meurent peut-être jamais. Non, ce n’est pas moi qui le dis, mais Mabou qui le pense pleinement. Dire que son cousin lui conseille de rester au pays car au pays de cocagne la vie est difficile. Mais, bien sûr!

Un migrant dans la cave de Dieu. Un titre qui laisse pensif. Un titre qui nous laisse imaginer le pire. Mais, nous ne savons pas à quel point nous sommes en dessous de la réalité. A quel point nous sommes en dessous de l’horreur. Des voyages hasardeux. Des rencontres plus ou moins bénéfiques. Des rêves qui s’effritent au fur et à mesure des kilomètres qui séparent Mabou de son village natal. Ce dernier se rend compte, mais trop tard, que la vie de migrant n’est pas de tout  repos. Au contraire.

Un migrant dans la cave de Dieu nous fait découvrir, dans une lecture frénétique, l’exploitation des migrants. Nous découvrons cette volonté qui leur permet de résister à toute bassesse humaine. C’est un roman d’une grande force et plein d’humanité. Nous entrons dans la peau d’un  de ces migrants et sentons sa peur. Sa terreur. Ses déceptions. Ses coups de blues. Surtout, nous ressentons ses inquiétudes pour ceux restés au pays. C’est un roman dur qui nous emmène à la rencontre d’un homme parti pour un rêve et qui finit par tenir debout par instinct de conservation . Telle est l’histoire de Mabou, un migrant dans la cave de Dieu.

Note 18/20

9782754742368    Editions du Panthéon    376 p.   19,50€

 

 

Publié dans fiction

Folles vies – Alessia Valli – 2019

Quatrième de couverture

Fille d’un chauffeur de maître qui l’a élevée seul dans des conditions modestes, l’héroïne se fait appeler Audrey car elle s’identifie à Audrey Hepburn dans le film Sabrina. Il souhaite pour elle une existence rangée alors qu’elle aspire à une vie romanesque et dorée. Suite à une rencontre fortuite, Audrey est admise à 20 ans dans la très sélect Biotech Society, un club privé d’investisseurs fortunés. Plusieurs membres tenteront de la séduire, mais elle sera attirée par le très charismatique Adriano Cervi, fondateur de Genesis, une société de biotechnologie pionnière dans l’édition du génome, cotée sur le Nasdaq. Elle s’investira et investira tout dans Genesis dont le parcours en dents de scie fera écho à sa relation passionnée avec Adriano, entre euphorie et désespoir. Audrey se cherche, cherche l’amour et la fortune. Comment s’inventer une vie quand on veut sortir et s’affranchir de son milieu? Comment devenir adulte sans renoncer à ses rêves?

Chronique

Quoi de plus normal de rêver sa vie? De désirer une vie meilleure? Surtout quand on fait partie de ceux qui n’ont jamais eu beaucoup de moyens financiers.  Quand on fait partie de ceux qui ressentent un grand vide dans leur vie. C’est le cas d’Audrey qui rêve de liberté, de reconnaissance, de richesse. Pourquoi ne pas avoir un alter ego prêt à toutes les folies pour se sentir exister? Peut-être est-ce enfin une chance de vivre la vie dont elle avait tant rêvé?

Folles vies. Je serai tentée de dire Folles Espérances. Un roman intrigant qui vous pousse à vous questionner sur le destin. Sur l’amour. Sur le hasard des rencontres. C’est un roman de tendresse. De force. C’est un roman qui nous narre la forte fragilité d’une femme. Sa capacité à tout faire pour donner vie à ses rêves et à y croire. C’est un roman bouleversant qui nous fait découvrir un amour hésitant. Un roman qui nous fait découvrir une femme si forte de faiblesse. De douceur. De tendresse. Une jeune femme qui en veut et se donne les moyens. Y arrivera t-elle sans se brûler les ailes tel un papillon face à la lumière? Comment s’en sortira t-elle? Sera t-elle assez forte?

Une lecture toute en douceur. Avec une sorte de sérénité  qui nous fait tourner les pages avec curiosité. Avec un plaisir accru. Folles vies est l’histoire d’une femme hors norme. Une femme entière qui se découvre à travers ses rêves. Ses projets. Une femme qui se donne les moyens. Une femme qui se donne la chance d’y arriver même si pour cela elle devrait vivre de folles vies.

Note 17/20

9791030202816    Editions Fauves    168 p.    17€

Publié dans fiction, romans

La Môme-Hulotte – Andrea B. Cecil – 2018

Quatrième de couverture

Rose Magras, célèbre romancière à succès, mène une vie un brin mystérieuse et assez solitaire avec ses deux chats. Elle tolère néanmoins dans son quotidien la présence de son agent littéraire mais également de celle, jeune et dynamique, de sa « môme-hulotte ». Plusieurs évènements concomitants mais bien indépendants vont brusquement bouleverser son petit rythme, révélant finalement au grand jour un secret bien gardé. Rose, défaite, va finalement devoir se reprendre et se ré-apprendre…

Chronique

Qui est vraiment Rose, écrivaine de renom? Pourquoi un coup de fil a t-il mis fin à sa séance de dédicace avant qu’elle ne commence? Pourquoi raconte t-elle cette histoire abracadabrante à Solveig sa jeune voisine? Est-ce la vérité? Ce sont les premières questions qui viennent à l’esprit en lisant les premières pages.

La Môme-Hulotte est écrit à la première et à la troisième personne. C’est un roman raconté à deux voix. Un récit sur les aventures d’une écrivaine. Cette relation avec une parfaite inconnue. D’ailleurs que lui veut cette femme qui s’est insinuée dans sa vie? S’incruster serait le bon mot. C’est l’histoire d’un secret longtemps et lourdement gardé. Un secret qu’elle a appris à taire pour se donner une image lisse et quelconque.

Au fil des pages, nous découvrons une intrigue machiavélique qui se met en place. Pour détruire. Pour salir. Pour mettre à mal  quelqu’un juste pour de l’argent. Une histoire qui se termine pour donner le jour à une nouvelle aventure. La Môme-Hulotte nous parle de la facilité avec laquelle une vie peut être saccagée. Sans aucun remords. Avec froideur. Pour atteindre un but. Pour acquérir la notoriété. Ce n’est pas ce que nierait la Môme-Hulotte.

Note 18/20

9781983280214    Autoédition   240 p.   9,07€

Publié dans fiction

Les collines de Berkeley – Françoise Autin – 2010

Quatrième de couverture

Les collines de Berkeley qui donnent leur nom au livre, servent de cadre à une conversation entre l’auteur et une amie qui lui tient lieu de double, de miroir. Aux paysages californiens répondent les paysages européens de l’enfance, de la jeunesse et de la maturité, lieux de souvenirs et d’évocation.  De ces rebondissements dans l’espace et le temps jaillit, sinon la révélation du sens de la vie, du moins une source de bonheur intense.

Chronique

A la poursuite du bonheur. A la construction du bonheur. Tels sont les titres que j’aurai aussi pu donner à ce livre. Qu’est ce que le bonheur, d’ailleurs? Comment le représente t-on? Quels sont les moments de la vie où nous avons éprouvé ce sentiment? Des souvenirs désordonnés qui surgissent dans la pensée. Réels ou irréels? Peu importe. Ils sont là et ils sont beaux et doux. Un échange épistolaire entre deux femmes. Deux vies racontées. L’une  vit en France, l’autre en Amérique. Leur lien? Leur quête irréversible du bonheur. Un échange où rêves et réalité s’emmêlent pour former un tout. Pour faire remonter les souvenirs. Pour les magnifier. Peut-être?

Les collines de Berkeley est un petit livre qui tient facilement dans un sac, dont les feuilles beiges emmagasinent des trésors de mots. Des trésors d’histoires qui nous font voyager dans le temps. A travers le temps. A la rencontre de mystérieux châteaux. De mystérieuses demeures par delà l’Atlantique. A la rencontre des joies incommensurables de l’enfance. Souvenirs réels? Magnifiés? Peu importe, du moment qu’ils sont acceptés, relatés et un brin idolâtrés. Les souvenirs d’une petite fille devenue femme. Une femme qui « reconstitue » ses souvenirs disparus. Oubliés

Les collines de Beverley est un roman qui se lit comme un conte. Un conte inventé au fur et à mesure de la discussion. Un conte où nous reconnaissons des parcelles de nos vies. De nos souvenirs. Un conte qui se brode finement. Tel une dentelle. Tel les collines de Berkeley

Note 16/20

9782919270002   Editions les trois platanes    120 p.   12€

Publié dans fiction, romans, thriller

Le pisseux – Damienne Lecat – 2019

Quatrième de couverture

Belle-doche, salope! Eric, gamin sensible et intelligent, invective ainsi en secret sa belle-mère qui ne rate pas une occasion de le maltraiter. Son père se voile la face, sa grande sœur Anne essaie de le protéger.  Encore une qui va me faire chier! Cinquante ans plus tard, Eric, misanthrope reclus dans son appartement, ne supporte ni Prune, sa nouvelle voisine, ni sa sœur qui l’entoure toujours de ses attentions. Un même personnage, une alternance de deux époques, un dénouement parallèle pour un drame psychologique caustique, non dénué d’humour et de poésie.

Chronique

Souvent, un homme devient adulte en fonction de l’enfance qu’il a eu. De l’amour qu’il a reçu ou non. Des parents qu’il a eu et de l’éducation qu’ils lui ont donné. Eric ne déroge pas à la règle. Une enfance douloureuse fait de lui un homme aigri  qui n’a aucune envie de côtoyer les humains quels qu’ils soient. Encore moins les femmes. Alors, qui est cette femme qui a décidé d’empiéter sur sa vie de reclus émotionnel? Que lui veut-elle?

Le pisseux. Un titre qui dit presque tout. Un titre qui insinue une violence verbale. Une violence tout simplement. Une violence gratuite que doit subir un enfant. Dans l’indifférence paternelle totale. Mais ce n’est pas le cas pour sa sœur. Le pisseux. L’histoire d’une promesse. Celle d’un enfant à une mourante. Le Pisseux. Un enfant dont la vie est faite de maltraitance, de cris, de coups. Pourquoi un tel surnom? Qui a bien pu avoir la mauvaise idée de le surnommer ainsi? Cet enfant qui a vécu le martyr ira au-delà de ses forces pour s’en sortir. Où sont ses parents? Que font-ils face à un déferlement haineux qui l’accompagne?

Que de souffrance. Que de solitude. Que de force dans la vie du petit Eric face à un tortionnaire. Une résilience qui peut paraitre mal adaptée. Une résilience qui a l’intérêt de le faire avancer à l’aveugle dans la vie. Vie routinière. Vie pansement. Vie brisée par un manque total de confiance envers les autres. Nous découvrons une enfance saccagée. Une enfance torturée. Une enfance que les adultes rendent vide. Vide d’amour. Vie de mansuétude. Cependant, une bouée à laquelle Eric peur s’accrocher. Une bouée qui ne l’appellera jamais le pisseux

Note 17/20

9782806104441   Editions Academia/l’Harmattan   120 p.   13,50€

Publié dans fiction

Bois flottés – Jean-Marie Wallet – 2019

Quatrième de couverture

Il a choisi de s’exiler en Guadeloupe pour couler une retraite paisible, élu domicile dans un chalet en bois, tendu un hamac  où il s’adonne à sa passion de la lecture. Il agrémente son jardin de quelques statuettes de bois, un autre de ses hobbys. Peu à peu, il récolte sur la plage des bois flottés charriés puis déposés par l’océan et les assemble en de curieuses figurines qui ne manquent pas de charme. Sa vie devient une quête de pièces improbables, fruits du hasard. Il se laisse porter par les jours qui amènent leur cortège de surprise. Lui n’est plus dans la gouvernance et les projets.

Chronique

Quand la retraite approche, les projets pullulent, en général. Beaucoup rêvent d’une vie tranquille faite de voyages, de farniente, de petites siestes. De vivre au soleil.  Il suffit d’un message pour que toute tranquillité vole en éclats et qu’une retraite devienne active. Très active. Trop active?

Bois flottés est le récit d’un homme à la vie bien remplie. D’un homme qui ressemble à tout un chacun.  D’un retraité parmi tant d’autres. Le soleil était son souhait.  La Guadeloupe devint son jardin d’Eden. Un homme qui voulait passer sa retraite à penser à lui seul et à une vie nonchalante. Une vie routinière. Qu’est-ce qui va changer? Comment s’y prendra t-il pour honorer sa décision?

Bois flottés est un roman écrit à la troisième personne. Ce qui donne l’impression d’assister à cet évènement. D’être le témoin du changement subi et accepté finalement. Une lecture aisée et des mots parfois crus qui apportent humanité et humour au texte. La promenade insulaire est agréable et les personnages sont décrits avec beaucoup de tendresse. Avec beaucoup de réalité les rendant très touchants. C’est aussi l’histoire d’un homme  qui, un jour, arrête de se regarder le nombril pour voir le monde autour de lui. Pour voir la souffrance des autres et décider de réagir. A sa manière.  Son but n’est-il pas d’améliorer la situation des autres? D’essayer d’apporter une solution? C’est l’histoire d’un homme qui se rend compte que les humains méritent plus d’égard que les bois flottés. 

Note 17/20

9782343170848   Editions L’Harmattan    109 p.   13€

 

 

Publié dans fiction, romans

Extérieur Jungle – Vanessa Fucks – 2019

Quatrième de couverture

Ce qu’il avait voulu, c’était quoi? Etre un artiste, être aimé, se voir, qu’on le voit? Mais qu’on le voit tel qu’il était ou tel qu’il voulait être? Oui, il voulait son nom en gros sur les affiches, et cette femme si belle, si talentueuse à son bras. Il avait voulu tout cela si fort et pourtant tout avait disparu. Mais, n’était-ce pas justement cela l’essence de l’Art? Tristan est un acteur, du moins il le croit. Il croit que le vide qui l’habite peut s’emplir de la vision d’un autre et rayonner au-delà de sa propre existence. Et tant pis si  cette vision ressemble plus à un gouffre sans fond qu’à une aura. Qu’a t-il à perdre à présent, à part le peu de lui-même qu’il lui reste?

Chronique

Qui n’a pas connu une rupture douloureuse? Celle qui vous arrache le cœur, vous démolit l’âme et vous laisse hagard de douleur? Tristan traverse ce moment avec pénibilité et une bonne dose de plaisir à l’autodestruction. Cependant, il doit s’efforcer à reprendre sa vie en main s’il ne veut pas que sa vie professionnelle se termine dans le même état que sa vie privée.

Nous suivons le parcours d’un homme qui se noie dans sa douleur. D’un homme pris d’une douce folie destructrice et qui ne semble pas pouvoir remonter la pente. En a-t-il seulement envie? Peut-être qu’un voyage, un film à l’étranger, en compagnie d’un metteur en scène talentueux et complètement fou…

Extérieur jungle. Un euphémisme. Une folie des hommes. Une fin de non recevoir d’un artiste au bout de lui-même. D’un acteur  pris dans les rêtres d’un savant fou avec un clap pour arme. Mais pas que. Devrait-il aller au bout de la folie pour retrouver le goût de vivre? Aller au bout de la douleur pour se sentir renaître? Aura t-il ce sursaut de survie qui l’empêchera de plonger au fond de la détresse, du désespoir? Devra t-il subir l’extrême folie de l’humain pour enfin assainir sa douleur? L’existence est-elle en fonction de la reconnaissance mondiale? Ce qui est sûr c’est que le début sera la fin et peut-être que la fin sera renaissance.

Note 18/20

9782379120039   Editions Et le bruit de ses talons    149 p.   15€

 

Publié dans fiction, récit

La belle Fanny – Pedro Lenz – 2018

Quatrième de couverture

Pedro Lenz revisite avec humour, tendresse et espièglerie le mythe ancestral de la beauté féminine inspiratrice. Une belle Fanny hante le milieu artistique d’Olten, petite ville postindustrielle du plateau suisse en passe de devenir une capitale culturelle. Le héros de ce roman s’appelle Jackpot, c’est un parieur professionnel aux aspirations littéraires. Il fait partie d’une bande de copains artistes peintres et musiciens dont il ne comprend pas forcément les règles. Jackpot se considère plutôt comme « un normalo, sans signe distinctif  » jusqu’au jour où il tomba fou amoureux d’une femme mystérieuse et indépendante…..

Chronique

Tout commence par une banale histoire d’amitié entre un peintre et un écrivain. Chacun a son idée sur son art. Chacun sa petite histoire de vie. Mais, la vie n’aime pas la routine. Elle aime embrouiller les hommes. Elle aime leur soumettre ses choix et faire un pied de nez à leur destin. Ces deux hommes qui cherchent chacun leur Graal artistique. Puis Fanny fut. Et un destin chut.

La belle Fanny est écrit à la première personne. Dans un style un peu argotique. C’est un roman raconté par un écrivain qui écrit comme il parle. Ce qui rend la lecture agréable et l’humour caustique. C’est un roman qui baigne dans le monde de la peinture. Un monde où l’être est sensible, fantasque avec un ego plus ou moins démesuré. Mais c’est un être attachant et profondément humain. En tournant les pages, nous suivons l’histoire de personnes enfermées dans un monde qui les force à se tourner autour. Louis le peintre et Jackpot le presqu’écrivain aiment-ils la même femme? Peut-on parler d’amour? Comment se terminera l’histoire de ce trio?

En filigrane, les paroles des plus grands chanteurs bercent ce conte des temps modernes et donne une particularité appréciable au texte. Le cœur de la belle Fanny vers qui penche t-il? Ne serait-elle pas simplement une muse? La belle Fanny est une superbe promenade dans l’amour, la jalousie. Dans la vie. Une vie de bohême. Rythmée par la peinture, la musique, l’écriture. Un monde où la muse se dénomme la belle Fanny.

Note 17/20

9782829005824    Editions d’en bas   196 p.

 

Publié dans fiction, romans

How to stop time – Matt Haig – 2019

Quatrième de couverture

Tom Hazard vient de postuler pour devenir professeur d’histoire dans un collège londonien. Il se tient résolument à l’écart des autres. Car Tom a un secret. Il est atteint d’anagérie, une condition qui survient à la puberté et provoque un vieillissement extrêmement plus lent que la normale. Il doit donc tout faire pour ne pas éveiller les soupçons  et risquer de devenir un objet d’étude scientifique ou, pire, d’être tué. Il renonce ainsi, à chaque fois que le danger se précise, à la vie qu’il s’est construite, recommençant tout à zéro ailleurs. C’est ainsi qu’il a dû abandonner sa fille, atteinte du même mal que lui. Depuis lors, il n’a qu’une idée en tête: la retrouver, morte ou vivante. Mais voilà qu’il est en train de tomber amoureux de Camille, une simple mortelle _ lui qui sait que l’envie de se rapprocher d’elle est la pire chose qui puisse lui arriver…

Chronique

il existe des livres qui, dès la première page, nous donnent une envie furieuse d’aller à la dernière page pour voir la fin. Et on se fait violence pour le lire normalement de la première à la dernière page. How to stop time en fait partie. Qui n’a jamais rêvé de vivre longtemps?  Très longtemps? De traverser les siècles en secret? D’être multi centenaire? Comment le vivrez-vous? Figurez-vous que Tom jouit de ce privilège. De cette malédiction. Comme lui, auriez-vous la force de traverser les siècles et de revenir à votre première vie? Supporterez-vous de voir disparaître les personnes que vous aimez?

How to stop time nous fait revivre les tribulations d’un homme qui a un lourd secret. un secret qui le ronge jusqu’à la moelle. Un secret qui peut se révéler dangereux pour lui. Un secret qui lui pèse tant qu’il a envie de s’en défaire. Cependant, ce n’est pas si simple. Avec cet homme, nous empruntons les pas de l’histoire. Des réalités de diverses époques. Nous assistons à l’annihilement de nos certitudes historiques. Sur la pointe des pieds, nous le suivons dans sa recherche de sa seuls réussite. Dans la recherche du grand regret de sa vie: Sa fille Marion qu’il abandonnée.

How to stop time est un roman d’un grande tendresse. D’une grande humanité. Un romans fait de nombreux flashbacks  d’un humour très fin. De souvenirs qui s’incrustent et font fi des états d’âme de Tom. Des souvenirs qui font fi de ses regrets.  Des souvenirs qui s’imposent comme un pique-assiette sans vergogne. Tom poursuit ses errances au gré de ses souvenirs. Il est possible qu’il veuille échanger son sort contre celui d’un éphémère. Qu’il soit prêt à lui expliquer how to stop time.

Note 17/20

9782330117245    Editions Hélium   352 p.    16,50€