La voie de l’errance – Jean-Luc Brémond – 2019

Quatrième de couverture

Un jeune Mongol du désert du Gobi, Naranbaatar, neuf ans, doit quitter sa yourte pour aller à l’école en ville. Avec deux camarades, ils décident de fuir l’institution scolaire chinoise pour retrouver leurs familles. Un projet ambitieux qu’un chaman viendra bouleverser. Ainsi commence l’errance, beaucoup plus longue que les fugueurs l’auraient imaginée. D’épreuves en découvertes, elle leur permet de trouver leur voie annoncée par un chant

Chronique

Quitter sa famille pour l’inconnu quand on a neuf ans, n’est pas facile. Quand il s’agit de perdre son identité, c’est pire. A cet âge, l’esprit de rébellion peut être très forte. La recherche des racines que l’on est en train de perdre devient une quête. Une quête qui va au-delà de sa propre volonté. C’est le début de l’aventure. Trois enfants, symboles de résistance Mongole face à l’institution chinoise. Guidés par leur désir de liberté, par les diverses rencontres, par la foi en leur rêve, ils avancent vers un but. LEUR but. Que trouveront-ils au bout du chemin? Est-ce une manière de se confronter à leur destinée propre?

La voie de l’errance est un ode à la liberté. Une liberté qui peut être acquise très chèrement. Chacun pourrait en sortir grandi. Chacun pourra se découvrir et découvrir l’autre dans les épreuves. Dans l’amitié. Pour la vie. Pour leur destinée. Nous assistons à un voyage initiatique. Les trois fugueurs iront au bout d’eux-mêmes pour se découvrir. pour se connaitre enfin. Pour comprendre leurs choix. Pour accepter leur destin. Qui aurait pensé qu’un chant, fut-il chamanique, bouleverserait leur vie?

La voie de l’errance comporte sept parties qui portent des noms d’animaux-totems. Ces animaux qui illustrent les caractères, les aventures de chaque enfant. La lecture se fait d’une traite tant l’aventure de ces jeunes nous intrigue et nous rend addictifs. La voie de l’errance ne raconte pas une banale errance. Mais raconte une vie. Des vies. Des personnes à la recherche d’eux-mêmes et de leur idéal. Vont-ils le trouver? Dans combien de temps? Ce roman est un chant de liberté. Un chant de conquête. Conquête de soi. Conquête des idéaux. Conquête de la liberté. Une liberté chèrement acquise. Mais, profondément méritée. Une quête de liberté sur la voie de l’errance.

Note 18/20

9782918951704   Editions la lampe de chevet   358 p.   19€

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Sapin-Lilas – Alvyane Kermoal – 2018

Quatrième de couverture

Ce sont des temps que l’on ne compte pas, mais des années  que l’on n’oublie pas. On va doucement vers le bout de sa vie et les souvenirs affluent comme pour nous dire : »Regarde, tu as eu de beaux moments dans ce qui fut le pire« .

Une mère et ses jumeaux devant les belles vitrines des grands magasins à Paris. La détresse d’une femme qui travaille et ne peut rien offrir à ses enfants….rien….sauf…la dignité. Une pièce jetée au sol et le rêve se brise. Le « bienfaiteur » pourra t-il comprendre ce qu’elle va essayer de lui montrer avec le Sapin-Lilas?

Mon Avis

Une colombe en plein vol prise dans une boule de neige. Telle est la couverture de ce roman. Un symbole? Perte de liberté? Fin du rêve? Début du cauchemar? Comment vivre quand la vie est compliquée? Surtout comment faire pour que les enfants ne la subissent pas trop?

Sapin-lilas. Une belle invention pour les fêtes de Noël. Le symbole d’une vie compliquée mais belle. Celle de Sybille et de ses deux enfants. Le symbole de la simplicité. De l’amour profond. Sans fards.  Sans faux semblants. Symbole de l’amour innocence. De cette pauvreté riche d’autre chose  que de biens pécuniers. Que signifie la pauvreté? Sur quoi se base t-on pour l’attribuer à quelqu’un?

Sapin-lilas nous montre la vie. La vraie. Sans ostentation. La vie dans toute sa beauté et tous ses manques. C’est aussi une belle leçon d’amour. De partage. De don de soi. De don de son temps. Sans rien attendre en retour. Sapin-lilas est une offrande superbe sur l’autel des idées toutes faites. Des idées convenues sur les pauvres. Sur ceux qui ont très peu de pouvoirs financiers. Une famille, sans biens matériels, mais avec tant d’amour. C’est ce que nous découvrons au fil des pages. Au fil des mots. Un espoir en l’humanité. Une famille d’une grande simplicité et qui se nourrit de petits moments de bonheur.

 Un livre qui se dévore rapidement. Un livre qui fait réfléchir aux priorités de la vie. Un roman qui démontre la force de la résilience. Avec pudeur. Avec sensibilité. Avec générosité. L’art de faire de sa vie  des moments uniques malgré le manque financier. Manque qui n’entame pas la joie de vivre. Le plaisir de regarder autour de soi sans juger. Le plaisir de donner juste pour voir une étincelle de bonheur dans un regard inconnu. Des rencontres inoubliables et mémorables qui deviennent de précieux moments de partage. Juste pour voir le bonheur. La joie. Tant d’émotions qui ont tendance à déserter notre société. Au fait, qu’est-ce qu’un sapin-lilas?

Ma note 19/20

9781790980475   Autoédition   80 p.

Naissance d’une femme – Camomille – 2017

Quatrième de couverture

Geneviève grandit dans les années 60, à Langevin, un écart de Saint-Joseph, au sud de l’île de la Réunion. Après une enfance heureuse auprès des siens, malgré la misère et le décès prématuré du père, une rencontre entraîne la jeune fille naïve dans un tourbillon qui lui enlève tout contrôle sur sa vie. Choc des cultures, violence et humiliations deviennent progressivement son lot. Mais Geneviève tient bon. Elle espère. Surtout pour ses enfants, sa seule consolation et l’objet de sa fierté. Jusqu’à ce qu’éclate le scandale, qui brisera sa famille et ses dernières illusions. Geneviève saisit alors l’opportunité de devenir la femme libre et capable qui, au fond d’elle, attendait d’être révélée.

Mon Avis

Etre femme dans certains endroits du monde peut représenter une grande difficulté. Tout peut contribuer à ce qu’une jeune fille à la fleur de l’âge découvre et exploite son statut de femme dans la douleur. Le mensonge. La pauvreté fait force de maturité et oblige à tous les extrêmes. Ainsi se découvre Geneviève, jeune réunionnaise qui a grandi trop vite. Avec empressement. Avec ignorance. Pourquoi a t-elle accepté ce genre de vie si jeune?

Peu à peu, elle entre dans le monde d’adulte  et doit s’adapter rapidement. Naissance d’une femme nous fait entrer avec vivacité dans la vie d’une enfant. D’une enfant-femme. Une vie pas toujours facile. Une vie pas toujours supportable. Une vie de résilience entre la Réunion et la France. Chaque chapitre nous fait découvrir la force, la faiblesse, le courage d’une femme. D’une épouse. D’une mère. Comment ne pas baisser les bras quand la vie n’est que lutte de tous les instants? Comment faire pour ne pas sombrer? Le courage est-il un acquis? La vie de Geneviève défile ainsi que les épreuves. Les bons moments. Les instants de joie. De découragement. Cependant, vaille que vaille, la vie continue.

Naissance d’une femme est un cri. Une ode à la force de la femme. Force physique ou mentale. Une ode à sa capacité de résilience. C’est un roman d’une grande simplicité. Un roman bouleversant. Au fil des mots, nous nous laissons emporter par l’histoire de ce bout de femme. Par l’histoire d’une famille. A travers les épreuves, les joies, les rires, les larmes, la chenille devient papillon pour voler de ses propres ailes. Au fil des pages, nous assistons à l’accomplissement, à la naissance d’une femme. En toute beauté. En toute humanité. En toute humilité.

Ma note 18/20

9791092429121   Ed. du 20 décembre   375 p.   20€

 

 

Une nuit à Aden T. 1 & 2 – Emad Jarar – 2018

Quatrième de couverture T.1

« Mon père pensait qu’on « naissait musulman » et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion; il était de ceux pour lesquels l’islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. Pour lui, le christianisme ne serait qu’un avatar illégitime de son propre héritage, puis qu’il était désormais représenté par la religion vraie et transcendante qu’était l’islam. Sa suprématie sur les autres religions  et cette sorte d’inviolabilité  du statut de musulman semblaient d’ailleurs apaiser ses craintes: elles étaient censées me protéger de toute manoeuvre rusée de la part de ma mère ».

Quatrième de couverture T. 2

« Soudain, le fil de mes pensées cesse, quand dans l’obscurité, je perçois au loin le bruit d’un moteur, arrivant de nulle part; il semble provenir du fin fond de cette nuit: c’est u son aussi fin que le soupir de la nuit si elle pouvait respirer. Il y a que je n’ai plus besoin de tendre l’oreille pour écouter la nuit profonde. De mes mois de captivité et d’isolement, j’ai appris à domestiquer les bruits du silence, à soupeser l’air de ma prison; et je le sens cette nuit-ci plus léger; ou est ce mon corps qui est plus lourd à l’approche de la mort? Oui, l’idée me passe dans l’esprit que ce bruit peut plus facilement transpercer l’atmosphère si fine de cette nuit; c’est celui d’un moteur très au loin, et je l’entends à ne point s’y méprendre. Je me tourne vers la sentinelle: elle dort toujours ».

Mon avis

Naître Palestinien exilé est déjà une particularité. Naître d’un père musulman et d’une mère chrétienne pratiquante est une intrigue. Cette dichotomie pèsera dans tous les actes du jeune héros. A travers l’évocation de sa vie, nous découvrons les lois du Coran telles qu’elles sont établies en parallèle aux actes de ses parents. Ainsi, dans une nuit à Aden, cette particularité religieuse dans la vie de l’auteur est très intéressante et très instructive. Du fait de son statut d’homme citoyen du monde, son raisonnement est-il le résultat de cette situation? Cette dichotomie interne, psychologique entre sa vie et sa religion/ses religions rend la lecture agréable malgré les longues digressions. Ce qui est sûr, c’est que Emad Jarar est un érudit, un intellectuel doué et un théologien.

La lecture se déroule entre histoire personnelle, édits du Coran, de la Sunna, des Hadiths et les proverbes, les citations du monde Arabe. Des citations des plus grands maîtres de la pensée arabophone. C’est un regard plein de tendresse et d’humour qu’il pose sur sa vie et celle de ses parents. Au fur et à mesure de la lecture, une sorte d’addiction s’installe et les pages se tournent avec beaucoup de curiosité. Dans un monde où l’Islam est devenu un objet d’incompréhension, de questionnement, une nuit à Aden est le symbole de la possibilité d’une symbiose entre deux religions monothéistes.

Cependant, Emad Jarar ne parle pas que de religion. Il présente la vie d’un jeune homme sans patrie. Un jeune homme qui est le lien entre l’Orient et l’Occident. Qui mène une vie en fonction de ses antécédents familiaux. Un homme qui vit un amour passionné et passionnel. Il vit cet amour dans l’extrême. Avec douceur. Avec force. Malgré le monde qui s’écroule autour de lui. Malgré sa vie coincée entre quatre murs. Une vie qui s’effrite au nom de l’amour absent. Une vie retrouvée au nom de l’amour absent. Malgré le fanatisme religieux.

Une nuit à Aden fait revivre les moments clés des pays du Maghreb, du Proche et de Moyen Orient. Il s’agit d’une découverte des différents modes de vie de ces régions liées à l’islam et aux conséquences terribles des différentes interprétations des peuples. C’est une plongée dans un monde qui ne laisse pas indifférent. Qui ne laisse pas indemne. Qui permet de comprendre les raisons de la montée de certains courants extrémistes. Une nuit à Aden est un voyage superbe à travers l’amour. A travers les souvenirs. A travers la vie et ses déboires. Un voyage profondément humain. Un voyage d’un homme à la recherche de sa vie. De son destin. Quitte à se perdre à jamais. Quitte à se retrouver pour toujours.

Ma note 17/20

Tome 1 – 97823631588949  382 p.   17€     Tome 2 – 97823631588956   394 p.   19€

 

La bombe – Maëlle Denis – 2018

Quatrième de couverture

Suite à un gage, Suzanne entreprend de faire la connaissance de Sayid, nouveau dans sa classe et déjà considéré comme un paria par ses camarades. Ce qui a commencé comme un désagréable défi à relever se mue rapidement en amitié, et l’envie d’en savoir plus sur ce garçon mystérieux et taciturne devient sincère et authentique. Mais le jeune homme tient à ses secrets et son passé demeure obscur… Qui est vraiment Sayid Zebary?

Mon avis

L’histoire d’une amitié. Un peu bancale. Mais une amitié quand même. Deux jeunes enfants. Presque adultes. Deux histoires de vie différentes. Deux destins. Une amitié aux prémices timides. Maladroits. Qui est le nouveau? D’où vient-il? Pourquoi est-il  là?  Deux êtres très différents. L’un quasi mutique. L’autre bavard. Deux êtres qui vont s’apprivoiser dans une longue danse virtuelle. Deux adolescents, face l’un à l’autre, tentant plus ou moins facilement  de se découvrir. De s’apprivoiser. De s’apprécier. Au plus grand dam de certains de leurs proches. De leurs amis.

Les mots sont doux, au début. Délicats. Avant de s’endurcir. Chacun vit avec un secret. Lourd. Qui ne peut être confié. Que se passerait-il si tout le monde savait? Sayid aurait-il toujours sa place au sein de la société? Une société loin des horreurs de la guerre. Une société qui, pourtant, subit le terrorisme. Lorsque les Editions du Panthéon m’ont envoyé ce roman, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le titre m’avait interpelée.  J’ai découvert une pure merveille. Un roman qui ne laisse pas intact, qui ne laisse pas indifférent.

La bombe nous entraîne dans le monde de la violence. Violence que la société subit avec rage. Avec douleurs. Avec colère. Avec larmes. Une violence qui détruit l’être, l’âme. Une violence qui fait de certaines personnes des morts-vivants. Des morts-vivants entrainés. Téléguidés. Pour le pire et encore le pire. L’histoire est pleine de suspens. Au fur et à mesure de la lecture, le voile se lève sur un monde que l’on peine à imaginer, même si la réalité n’est un secret pour personne. Pour le plus grand malheur du Monde Entier. Un monde où l’innocence se liquéfie  et les sentiments s’évanouissent sous les brimades, les coups, la torture physique et mentale. Qui est vraiment Sayid? Quel est son rôle dans ce monde anesthésié où la mort, omniprésente, est ordonnée/donnée par contrat interposé? Quelle serait la réaction des gens qui l’entourent et qui l’aiment?

La bombe est un roman écrit à deux voix. Deux visions différentes de l’histoire. Visions si proches et si éloignées. Deux réactions. Deux consciences qui soupèsent les mots, l’environnement. Les actes. Deux consciences troublées par une violence si différente mais qui brise l’âme de la même manière. La conscience qui anesthésie l’Humain et le pousse à faire comme si le mal n’existait pas. Maëlle Denis a su décrire des évènements qui brisent sporadiquement notre société. L’éclaboussant de sang pour déclencher la haine. Cette haine si forte que certains réussissent à insinuer dans les cœurs, les âmes, dans les humains fragiles. Y arriveront-ils un jour? Espérons que non….

Ma note 20/20

9782754741446   Editions du Panthéon   235 p.   18,90€

L’étrangère – Françoise Belloir – 2017

Quatrième de couverture

Septembre 2011 _ Leila vient s’installer chez son compagnon. Mais quand celui-ci retourne en Tunisie à la recherche de son frère, elle est confiée à Rachid et Jasmine à Saint-Denis. Cependant, son amour ne revient pas, et Leila veut conquérir son indépendance, surtout depuis que Rachid, véritable intégriste, montre son vrai visage.

Mon avis

Quitter son pays est toujours une déchirure. Quitter sa famille, ses amis, sa vie, ses repères est une blessure qui met du temps à cicatriser. Les bleus à l’âme sont trop nombreux. Le pire est d’arriver dans un monde où la communication est impossible. Telle est la situation de Leila, jeune épouse Tunisienne. Une femme qui a une soif de connaissances, une soif inextinguible de vivre, de se faire des amis. Y arrivera t-elle? Le destin veille. Il joue parfois des tours. Pas forcément sympathiques. Leila l’apprendra bien vite. Que se passe t-il autour d’elle? Quelle sera sa vie sur le sol français? Pourra t-elle faire un pied de nez au destin?

L’étrangère est superbe de force. De la force d’une femme. De la force de l’amour d’une femme. De la force d’une femme qui refuse de renoncer. Nous découvrons une vie côté yin et une autre côté yang. Deux couples aux mêmes origines, mais à la vie si différente. L’étrangère est superbement écrit et emporte le lecteur dans un monde où la peur est crescendo. Un monde où la liberté se gagne à la pince à épiler et où il faut se battre bec et ongles pour la conserver. L’entrée dans ce monde trouble se fait au fil des pages. Avec lenteur mais avec sûreté. Les chapitres nous entrainent dans l’intimité des traditions, des coutumes, des travers de l’homme. De sa faiblesse. De sa force. De sa cruauté. Que deviennent Leila et Jasmine dans ce monde incertain? La lecture se fait d’une traite et les mystères sont nombreux. Le suspens dure jusqu’à la dernière ligne. Jusqu’au dernier mot.

Françoise Belloir, avec beaucoup de pudeur aborde les problèmes contemporains. Cette subtile manière d’engendrer le changement chez l’Humain. D’une manière insidieuse. Sournoise. Qui pousse l’autre à devenir un étranger face à ses amis. Face à sa famille. Face à lui-même. Finalement, quand on referme l’étrangère, une question se pose: finalement, les personnages ne sont-ils pas tous des étrangers à la recherche de leur ego?

Ma note 17/20

9782754736961  Ed. du Panthéon  189 p.  17,90€

Un rêve risqué, du rêve à la réalité – Franck Kouamé – 2017

Quatrième de couverture

« Un rêve risqué. Du rêve à la réalité » nous plonge à Huambo, petite ville du nord de l’Angola des années 70, dans laquelle vit un jeune garçon nommé Rigoberto, qui a un rêve, devenir écrivain. Malgré les moqueries de sa famille et les péripéties qu’il devra affronter, il n’abandonnera pas…

Mon avis

Avoir un rêve. Pouvoir le réaliser. Malgré les moqueries. Malgré les aleas de la vie. Malgré la pauvreté sociale environnante. Tel est le désir de Rigoberto, jeune homme mûri trop vite par la vie et les responsabilités. Finira t-il par réaliser son rêve? Résistera t-il aux lumières de la ville et aux dangers que draine cette dernière?

Un rêve risqué – Du rêve à la réalité est le récit d’une vie. D’une multitude de vies. Le récit d’un rêve balloté par des choix. Des doutes. Des retrouvailles. L’histoire est belle car elle est celle d’une résilience. Celle d’une lune à décrocher. Celle de l’aboutissement d’un vœu. Au travers de ce récit, il y a une famille. Une famille qui se reforme autour d’un rêve. Autour d’une promesse. Une promesse qui engage une vie. Qui engage des vies. Une résilience. Belle. Forte.

Un rêve risqué – Du rêve à la réalité est un roman qui parle à tous ceux  qui, durant toute leur vie, ont poursuivi un rêve. Sans relâche. Par contre, de nombreuses fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe sont passées au travers du filet de la correction, ce qui nuit à la qualité de l’histoire. Cependant, cette dernière reste prenante et nous accompagnons Rigoberto dans son rêve. Nous nous surprenons à lui souhaiter, malgré la dure vie qu’il mène, malgré son entourage, de réaliser son rêve, même s’il est risqué.

Ma note 13/20

9782956033806  Kiff’Art Editions – 63 p.

 

 

 

L’adieu à Lila – Colline Hoarau – 2014

Quatrième de couverture

La mère disparait et les souvenirs qui reviennent: une famille de la Réunion, les frères, les sœurs, les jalousies, les injustices et la mère qu’il faut enterrer après lui avoir pardonné. C’est ce que saura faire Isabella, la résiliente. Cette journée particulière permettra de voyager dans « le temps longtemps », dans une île de l’Océan Indien, bien rarement décrite. Une journée où tous se retrouvent autour de Lila. C’est un voyage, au cœur de l’île de la Réunion, dans la famille réunie  pour la première fois. Isabella photographie ou filme. Chaque personnage passe devant l’objectif à tour de rôle, avec les imperfections que le regard de l’autre saisit.

Mon avis

Le décès d’une mère. L’occasion pour tous ses enfants de se retrouver. Avec les rancunes. Les non dits. Les haines. Les joies. Les jalousies. Les questions sans réponses. Les souhaits avortés. Les amours inexistants. Brefs, les souvenirs. Lila, la mère d’une famille nombreuse, n’échappe pas à la règle. Tous ses enfants sont présents pour l’accompagner dans sa dernière demeure. Quelle mère a t-elle été? Qu’éprouvent tous ses enfants devant son corps sans vie? Amour? Désespoir? Soulagement? Rien du tout?

A partir de scènes de vie somme toute habituelles, Colline Hoarau a le don, par sa belle plume, de nous faire vivre chaque instant de manière incroyable. Chacun s’y retrouve et se reconnait dans les personnages. Des scènes vivantes, animées par des sentiments nobles ou non. Du vécu. C’est le cas de l’adieu à Lila. Perdre un être cher est terrible et fait revenir en masse tous les souvenirs. Revivre une dernière fois, en communion avec les autres, devant la personne disparue, la vie qui fut, du vivant  du disparu. Comme partout dans le monde.

Dans l’adieu à Lila, l’auteure nous fait découvrir les coutumes (face à la mort) de ce pays, cet ailleurs qu’elle connait si bien. Durant ce moment de recueil, que pensent les enfants de leur mère? Quels souvenirs ont-ils gardé d’elle? Quels sentiments éprouvent – ils envers elle? Colline Hoarau nous fait voyager dans la vie, dans le cœur de chacun. Les découvertes sont fortes. Parfois inimaginables. Parfois attendues. Toujours émouvantes. Des découvertes belles de cris du cœur. De cris des tripes. Alourdies de non dits. De souvenirs enfouis.

Les personnages sont superbes dans leur détresse, leur deuil réel ou non. Le lecteur va de découverte en découverte sur la vie de chacun. Sur leur lien avec Lila. Chacun passe le flambeau, le bâton de parole à l’autre pour qu’il se raconte. Qu’il se justifie. Qu’il explique son lien à sa mère. Est-ce enfin l’occasion pour chacun de dire ce qu’il pense ou ressent à haute voix? Un moment de partage familial? Laisseront-ils Lila partir en paix? Seront-ils en paix avec eux-mêmes?

L’adieu à Lila est une ode à la famille, avec ses travers et ses liens. Ses secrets. La lecture est aisée et facilitée par l’impression d’avoir déjà vu ou vécu les situations. Ce rassemblement familial où les discussions entre adultes ne sont pas facilement prévisibles. C’est un roman qui rime avec vie. Avec adieu. Avec famille. Avec fraternité. Un roman où le lecteur se retrouve face à lui-même pour un adieu à Lila. Tout simplement.

Ma note 18/20

9781710763777  Editions Dédicaces  108 p.

Notre vie à trois – Colline Hoarau – 2015

Quatrième de couverture

regards croisés d’un patient et d’une impatiente en lien avec la maladie de Parkinson. C’est une vraie histoire ancrée dans une réalité ni drôle, ni éplorée. Elle est, tout simplement, sans artifice, comme l’authenticité de la vie. Vous serez embarqués dans ce dialogue, l’un faisant écho à l’une.

Mon avis

La maladie. Le malade. L’entourage. Surtout les aidants. Ces petites mains du bien-être du malades. Oubliés de tous. Incompris de beaucoup de monde. Ceux dont la fatigue est une dure réalité et le repos un merveilleux rêve. Ce roman m’a profondément touchée car en tant qu’ancienne soignante, j’ai connu leur souffrance légitime dans toute son ampleur. Leur infinie détresse. Du point de vue du patient, ainsi que de celui de l’aidant.

Notre vie à trois est une très belle histoire de vie. De maladie. De culpabilité qui défile au fil des pages. Au fil des chapitres. Une histoire d’humanité au-delà de la maladie. Au-delà de la souffrance  commune. Une souffrance si différente et si semblable. Cette pénibilité à se voir décliner. A supporter et à partager le quotidien de celui qui ne sera plus. A supporter la difficulté de cette intrusion non désirée. Une intrusion dans la vie sentimentale. La vie intime. Le quotidien. Notre vie à trois  démontre si bien que l’écoute auprès du malade, de l’aidant est d’une importance cruciale. Que déculpabiliser l’un et l’autre est une aide. C’est un roman qui souligne si bien cette colère. Contre soi. Contre l’autre. Contre l’intrus.

Notre vie à trois est un roman beau d’amour. De douceur. De tendresse. Il est profondément beau de colère. De culpabilité. D’incompréhension. De cette sorte de pudeur à refuser l’innommable qui s’infiltre dans les vies au risque de tout briser. C’est le point de vue de deux personnes qui vivent différemment la maladie. Qui se parlent et se répondent via la vie, la routine bouleversée. C’est un roman profondément humain. D’une grande force et d’une terrible tendresse. Tout est si vrai. Si fort. Chaque mot, chaque phrase relate la vie. La lutte âpre  au quotidien pour maintenir la vie ou ce qu’il en reste. Malgré les moments de désespoir, de fatigue, de culpabilité. Une très belle ode à la vie et à l’amour. Un superbe roman.

Ma note 19/20

9781770765528   Editions Dédicaces  104 p.

 

Viralata le fils du caïman – Sébastien Acacia – 2018

Quatrième de couverture

Chimio, hôpitaux, médecins… Un quotidien que Martin ne connait que trop bien. Dans quelques semaines, un mois peut-être, son passage dans ce monde touchera à sa fin. Comment supporter cette idée d’abandonner son fils, Antonin, atteint d’un autisme sévère, aux seuls bras épuisés de sa maman? Comment ne pas regretter de ne jamais lui avoir offert un frère ou une sœur sur qui compter sa vie durant. Ces questions le torturent, jusqu’au jour où…

Jusqu’au jour où un mystérieux message parvient à Martin: il aurait eu un autre enfant de son tout premier amour lors d’un précédente vie au Brésil, 18 ans auparavant. Coup de sang ou conquête de la dernière chance, Martin se lance dans une folle course contre la montre et part à sa recherche en Amazonie, espérant quitter ce monde le cœur en paix.

Mon avis

Le titre m’a beaucoup intriguée et m’a fait rêver à un monde proche de la nature, à l’abri de l’incidence de notre société et où l’homme avait gardé son humanité. Pas de déception. Comment, après des années d’absence, peut-on retourner dans un pays à la recherche d’un fils? A la recherche d’un amour enfoui au fond de son cœur? Partir en abandonnant tout, sur un coup de tête? Martin va oser. Pour savoir. Pour ne pas mourir sans avoir essayé. Pour s »éloigner de sa vie rythmée par les besoins de son fils autiste. Pour retrouver le second fils qu’il a toujours rêvé d’avoir.

Nous voilà embarqués dans une aventure dans la forêt amazonienne brésilienne. A la poursuite d’un rêve? D’une illusion? Au fil des chapitres, des pages, nous assistons aux sentiments mitigés d’un homme qui semble repousser l’échéance d’une fin en retrouvant un être, un enfant qu’il ne connait pas. Un enfant qu’il aime déjà. Les souvenirs se mêlent à la réalité et nous permettent de découvrir une histoire d’amour ancienne. Un amour fort qui a porté ses fruits à l’insu de Martin. Va t-il retrouvé le fruit de cet amour fou? Cette quête nous tient en haleine. une quête à travers le Brésil. Une course contre la montre. Une course contre la mort. Une course pour la vie.

Viralata le fils du caïman est un roman de tendresse. Un roman fort. Un roman d’amour au-delà de la vie. Au-delà de la mort. Un don de soi pour perpétuer la vie. Réparer un manque d’amour. Un très beau livre qui vous marque l’âme et vous fait rêver bien après le mot « fin ». Un roman d’une immense et d’une très fine tendresse. Vraiment très beau.

Ma note 18/20

9782900047002   236 p.