Publié dans Contemporain, romans

La jumelle qui dansait au milieu du jour – Chantal Danjou – 2019

Quatrième de couverture

Un secret de famille brutalement révélé bouleverse le destin d’une jeune femme. Seule la redécouverte des paysages de son enfance permettra à la narratrice d’apprivoiser sa propre histoire, de capter la lumière au-delà de l’obscurité. Gagnant son « toit du monde » sur les berges du lac de Charpal, elle saura abolir les frontières régionales pour un cheminement plus universel. A la recherche de la vérité et aux questions de la première partie, luxuriante pureté, une autre « vérité » sur l’inceste: un univers et une expérience oniriques, apparemment plus légers et joyeux, qui pourraient cependant faire basculer dans une utopie sur la pureté. C’est alors que, venant de l’autre côté du monde, défrichant la jungle du désir, surgit le contrepoint amoureux et humanisant.

Chronique

J’avoue que le début de lecture a bien été déroutant. Avec une impression de lire plusieurs histoires à la fois. Etre mère, un superbe moment dans la vie de la plupart des femmes. Pour certaines, c’est un calvaire et le vol de sa propre liberté. Un véritable pied de nez à l’instinct maternel. Et voilà une mère qui prend la poudre d’escampette, abandonnant sans vergogne un père et sa fille. Elle s’enfuit pour partir loin. Très loin. Sans remords. Est-ce si facile?

La jumelle qui dansait au milieu du jour est un roman déroutant. Un roman qui laisse le lecteur dans l’expectative. Nous entrons dans le monde des taiseux. Dans le monde des secrets de famille. Quel est celui de cette famille? Se taisent-ils par nécessité ou par peur? Rien à voir avec les traditions. Tout à voir avec l’horreur. L’indescriptible. L’innommable. Comment vivre avec un tel secret? Peut-on vivre normalement une fois que l’on sait?

La jumelle qui dansait au milieu du jour est un récit à la première personne. Un récit qui, loin de nous faire entrer de plein pied dans l’histoire, fait de nous des témoins qui écoutent une confession. Des témoins gênés par une confession qui n’en finit pas d’arriver. Les protagonistes sont-ils voués à une damnation éternelle? La vie peut-elle reprendre sans conséquences? En refermant ce livre, nous avons encore plus de questions qu’au début de la lecture. Très intriguant.

Note 15/20

9791030902020   Editions Orizons   Collection Littératures   170 p.   18€

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Publié dans Contemporain, romans, témoignage

La mal-blanchie – Louise Adelson – 2016

Quatrième de couverture

Une famille française pas tout à fait comme les autres… père antillais, mère vendéenne. Après leur décès, Louise entreprend de vider leur appartement et le grenier, où lettres, papiers, meubles se sont entassés au fil des ans, tels des laissés pour compte. Peu à peu, les souvenirs émergent… Louise évoque ses origines négropolitaines, ses relations d’enfant puis d’adolescent, son isolement, son commencement de rupture avec la société, sa déshérence, puis sa découverte des « armes miraculeuses »; les mots. Ils la sauveront de la dérive, lui redonneront goût à la vie et confiance en elle. Sur fond de racisme et de pauvreté, dans un va-et-vient constant entre le passé et le présent, apparaissent les comportements post colonialistes d’une certaine société française vis-à-vis des minorités visibles. Ce témoignage fait écho au mal-être de beaucoup de jeunes issus de l’immigration, eux aussi laissés pour compte.

Chronique

Etre issu de plusieurs cultures peut parfois être difficile à vivre pour la personne. Le métissage peut se vivre à travers le poids de l’héritage familial. C’est la cas de Louise, née métisse aux lendemains de la Guerre. Dans un monde où sa couleur n’est pas la panacée. Dans une famille où cet héritage est subi. Est-ce vraiment le cas? Quel héritage lui laissera son père antillais après la disparition de ce dernier? Réussira t-elle à se réconcilier avec ses racines?

La mal-blanchie, un titre qui exprime tout le mépris, toute la violence verbale, toute la culpabilité subies par Louise, enfant et adolescente complexée. une jeune femme n’osant avoir une discussion ouverte avec son père. Peu à peu, au fil des pages, nous la suivons dans la recherche de ses racines. A la recherche de l’histoire de sa famille. Et si son père avait devancé ses questionnements? Lui aurait-il apporté un début de réponse?

La mal-blanchie est l’histoire d’une recherche. Celle d’une identité. Celle d’un héritage familial qui, peut-être, n’est pas si lourd à porter. La disparition de ses parents la poussera t-elle à se retrouver et à se réconcilier avec ses origines antillo -vendéennes? Nous l’accompagnons dans sa quête. Nous la découvrons dans sa sensibilité. Dans sa réappropriation de son histoire, même si un jour parmi tant d’autres, elle a été appelée la mal-blanchie.

Note 16/20

9782343089256 Ed. L’harmattan Coll. Lettres des Caraïbes 262 p 23€

Publié dans Jeunesse, récit, romans

Parfums d’enfances – Aude Lafait – 2012

Quatrième de couverture

Kim habite la région parisienne, où elle a été adoptée par une famille française à l’âge de cinq ans. A vingt-deux ans, elle retourne en Thaïlande à la recherche de ses racines.

Chronique

L’adoption est toujours un moment délicat dans la vie d’une personne. Dans la vie d’une famille. Kim est une enfant adoptée. Qu’est-ce qui a bien pu conduire à cette adoption? Pourquoi elle? Comment s’est passée son adaptation dans son nouveau pays? Parviendra t-elle à oublier ses racines, son pays d’origine? Tant de questions auxquelles il lui est si difficile de répondre. Et si elle faisait le chemin en sens inverse afin de trouver des réponses?

Parfums d’enfances nous embarque dans une histoire racontée par chaque membre de la famille de Kim. Chacun revit ce moment qui a bouleverse sa vie. C’est un roman de douleur. La douleur de ne rien savoir de son histoire personnelle. La douleur d’une mère adoptive qui fait face aux questionnements de sa fille. La douleur d’une mère acculée par la misère. Nous plongeons dans la peur d’une famille qui craint de perdre l’être aimé au cas où cette dernière retrouverait sa mère naturelle. La peur de cette famille d’être reniée, rejetée, ignorée. C’est l’histoire d’une famille qui s’interroge. Cette adoption devait-elle se faire? Kim les reniera t-elle si elle retrouvait sa mère naturelle?

Parfums d’enfances est un récit plein d’amour. De tendresse. C’est un récit avec des moments d’une force incroyable. C’est un roman qui interroge sur l’adoption. Sur les choix guidés par la misère. Sur la recherche des origines. C’est le récit de la séparation. Une séparation douloureusement merveilleuse afin de mieux se retrouver. Une séparation-retrouvailles aux parfums d’enfances.

Note  17/20

9782296570238    Editions l’Harmattan    140 p.    13€

Publié dans fiction, romans

Un migrant dans la cave de Dieu – Loro Mazono – 2019

Quatrième de couverture

Mabou quitte le Sénégal en quête de ressources pour subvenir aux besoins de sa famille. Une embarcation de fortune, le menant avec ses camarades jusqu’à la forteresse Europe, chavire en Méditerranée. S’il échappe à la noyade, c’est pour devenir ouvrier corvéable à merci d’un entrepreneur cupide qui voit en lui une main-d’oeuvre à bon compte.

Chronique

Ah le pays de cocagne! Pays où l’argent se ramasse à la pelle. Pays où le travail se trouve facilement. Pays où les gens ne souffrent jamais et ne meurent peut-être jamais. Non, ce n’est pas moi qui le dis, mais Mabou qui le pense pleinement. Dire que son cousin lui conseille de rester au pays car au pays de cocagne la vie est difficile. Mais, bien sûr!

Un migrant dans la cave de Dieu. Un titre qui laisse pensif. Un titre qui nous laisse imaginer le pire. Mais, nous ne savons pas à quel point nous sommes en dessous de la réalité. A quel point nous sommes en dessous de l’horreur. Des voyages hasardeux. Des rencontres plus ou moins bénéfiques. Des rêves qui s’effritent au fur et à mesure des kilomètres qui séparent Mabou de son village natal. Ce dernier se rend compte, mais trop tard, que la vie de migrant n’est pas de tout  repos. Au contraire.

Un migrant dans la cave de Dieu nous fait découvrir, dans une lecture frénétique, l’exploitation des migrants. Nous découvrons cette volonté qui leur permet de résister à toute bassesse humaine. C’est un roman d’une grande force et plein d’humanité. Nous entrons dans la peau d’un  de ces migrants et sentons sa peur. Sa terreur. Ses déceptions. Ses coups de blues. Surtout, nous ressentons ses inquiétudes pour ceux restés au pays. C’est un roman dur qui nous emmène à la rencontre d’un homme parti pour un rêve et qui finit par tenir debout par instinct de conservation . Telle est l’histoire de Mabou, un migrant dans la cave de Dieu.

Note 18/20

9782754742368    Editions du Panthéon    376 p.   19,50€

 

 

Publié dans autobiographie, historique, récit, romans, témoignage

Les étoiles cachées – Régine Soszewicz – 2019

Quatrième de couverture

Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, la vie de Régine et de sa famille est bouleversée. Juives, elles sont soumises aux multiples interdits. Maurice, leur père, engagé volontaire, est alors prisonnier de guerre. Grâce au courage et à la détermination de Marie, leur mère, échappant aux rafles annonçant une mort certaine, Régine et sa sœur Marcelle, aidées clandestinement, fuient Paris. Elles trouvent refuge  et la vie sauve auprès de paysans accueillants. Elles partageront leur quotidien et le travail à la ferme. Régine raconte….

Chronique

Il est des périodes dans l’histoire que ne nous envieraient pas les pires animaux. Des périodes qui n’ont rien d’honorable pour les humains. Les étoiles cachées nous les rappelle fortement à notre bon souvenir. Qui n’a pas entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv, des pogroms, des stalags? Surtout, qui ignore cette étoile jaune qui a stigmatisé tout un peuple?  Une étoile qui rappelle l’indignité  et la honte humaine? Une étoile qui a marqué un peuple qui devait être sacrifié sur l’autel de la folie des hommes.

Les étoiles cachées nous parle d’innocence, de la vie simple d’une famille heureuse que les appels à la guerre de 1939 mènera à la quasi extinction. Une famille dont certains membres seront victimes de la shoah. Alors Régine a pris la plume pour raconter. Pour témoigner. Pour la postérité. La guerre à travers le regard d’une petite fille qui ignore que les horreurs toucheront profondément sa famille. Que ces horreurs transformeront sa vie à jamais. Que d’innocence dans ce regard!

Nous assistons à la lente et longue descente aux enfers d’une famille. Seuls les adultes se doutent. Les enfants sont loins de tout cela, cachés dans la campagne française. Un endroit où l’horreur ne les touchera pas. Nous ressentons cette lente dégradation sociale pour la population juive. Une atmosphère délétère qui l’isole peu à peu. Des actes qui la stigmatise de plus en plus, la mettant en grand danger. Régine présente des photos touchantes, montrant la vie d’une famille comme toutes les autres, si ce n’était cette grossière étoile  qui les désignera à la vindicte populaire, à la haine. Ces photos sont remplacées par celles de la honte, de l’horreur, de l’invivable, de l’inavouable. Ces étoiles qui ne marqueront pas les innocentes cachées en Province, ces deux sœurs qui sont les étoiles cachées de cette période sanguinaire.

Note 19/20

9782343177649    Ed. L’Harmattan   180 p.    19€

Publié dans Saga

Les roses et les oranges – T.2 – le secret des Warcliffe – Françoise Godin-Savary

Quatrième de couverture

Quelques années après le suicide de Peter, de nombreuses épreuves viennent encore frapper le domaine de Warcliffe. Entre deux pertes irréparables et un secret pesant, Paul, Stephan, Larry, leurs frères, sœurs et amis vont être mis à rude épreuve. Mais parfois, de situations qui paraissent désespérées, naissent un bonheur inattendu.

Mon Avis

Les années sont passées sur le domaine Warcliffe. Les épreuves continuent d’éprouver la famille. Cependant, la nouvelle génération reprend les rênes, guère épargnée par la vie et ses injustices. C’est le moment des questions. Des aveux. Des vérités. Cette nouvelle génération sera t-elle de taille à affronter le passé? A pardonner les anciens secrets? A les comprendre? A faire face à l’inéluctable? Le temps des explications est peut-être venu dans cette famille complexe. Une malédiction s’acharnerait-elle contre elle?

Nous retrouvons le cours de la vie avec son lot de surprises, de douleur, de larmes, de confidences incroyables dans les roses et les oranges – le secret de Warcliffe. La vie est-elle un éternel recommencement? Que réserve l’avenir à cette jeune génération qui semble encore plus malmenée que l’ancienne? C’est peut-être le  moment d’affronter les vieux démons.

A travers les mots, les pages, nous suivons les questionnements, les doutes, les coups de sort de cette famille déjà bien éprouvée. Les mots sont forts. Secs. Tendres. Pudiques. Ils nous font plonger dans le cœur, l’esprit, les souvenirs de cette famille. Ils sont beaux, ces mots qui nous transportent dans ce monde où l’homosexualité paraît être une calamité. Une finalité. Une acceptation de soi. Des autres. Une identité plus ou moins acceptée. Une merveilleuse malédiction pour certains. Et s’il s’agissait d’une famille bien en avance sur son époque? Et s’il s’agissait tout simplement de faire la paix avec soi-même? Avec l’histoire de la famille? De se tourner vers l’avenir en toute sérénité?

Ma note 18/20

9791034801176  Evidence Editions    Collection Freyja   404 p.   18€

Publié dans récit, témoignage

Sapin-Lilas – Alvyane Kermoal – 2018

Quatrième de couverture

Ce sont des temps que l’on ne compte pas, mais des années  que l’on n’oublie pas. On va doucement vers le bout de sa vie et les souvenirs affluent comme pour nous dire : »Regarde, tu as eu de beaux moments dans ce qui fut le pire« .

Une mère et ses jumeaux devant les belles vitrines des grands magasins à Paris. La détresse d’une femme qui travaille et ne peut rien offrir à ses enfants….rien….sauf…la dignité. Une pièce jetée au sol et le rêve se brise. Le « bienfaiteur » pourra t-il comprendre ce qu’elle va essayer de lui montrer avec le Sapin-Lilas?

Mon Avis

Une colombe en plein vol prise dans une boule de neige. Telle est la couverture de ce roman. Un symbole? Perte de liberté? Fin du rêve? Début du cauchemar? Comment vivre quand la vie est compliquée? Surtout comment faire pour que les enfants ne la subissent pas trop?

Sapin-lilas. Une belle invention pour les fêtes de Noël. Le symbole d’une vie compliquée mais belle. Celle de Sybille et de ses deux enfants. Le symbole de la simplicité. De l’amour profond. Sans fards.  Sans faux semblants. Symbole de l’amour innocence. De cette pauvreté riche d’autre chose  que de biens pécuniers. Que signifie la pauvreté? Sur quoi se base t-on pour l’attribuer à quelqu’un?

Sapin-lilas nous montre la vie. La vraie. Sans ostentation. La vie dans toute sa beauté et tous ses manques. C’est aussi une belle leçon d’amour. De partage. De don de soi. De don de son temps. Sans rien attendre en retour. Sapin-lilas est une offrande superbe sur l’autel des idées toutes faites. Des idées convenues sur les pauvres. Sur ceux qui ont très peu de pouvoirs financiers. Une famille, sans biens matériels, mais avec tant d’amour. C’est ce que nous découvrons au fil des pages. Au fil des mots. Un espoir en l’humanité. Une famille d’une grande simplicité et qui se nourrit de petits moments de bonheur.

 Un livre qui se dévore rapidement. Un livre qui fait réfléchir aux priorités de la vie. Un roman qui démontre la force de la résilience. Avec pudeur. Avec sensibilité. Avec générosité. L’art de faire de sa vie  des moments uniques malgré le manque financier. Manque qui n’entame pas la joie de vivre. Le plaisir de regarder autour de soi sans juger. Le plaisir de donner juste pour voir une étincelle de bonheur dans un regard inconnu. Des rencontres inoubliables et mémorables qui deviennent de précieux moments de partage. Juste pour voir le bonheur. La joie. Tant d’émotions qui ont tendance à déserter notre société. Au fait, qu’est-ce qu’un sapin-lilas?

Ma note 19/20

9781790980475   Autoédition   80 p.

Publié dans #fantastique, Jeunesse, romans

Lula et les monstres – Christelle Lebailly – 2018

Quatrième de couverture

Des loups qui philosophent à la nuit tombée, des géants semeurs d’étoiles, et des chats qui dansent sur les toits… Lula vit dans un monde  à la fois merveilleux et inquiétant, créé par son grand frère, Perrie.  L’amour qui les unit l’un à l’autre ne connait aucune limite, aussi lorsque Perrie est emmené loin d’elle, la fillette n’hésite pas à se lancer dans une véritable odyssée pour le retrouver.

Aidée d’une vieille luciole grincheuse, et d’une petite voix dans sa tête, Lula devra accomplir sa mission avant l’aube. Une épopée à la frontière entre rêve et réalité, monstres et féérie, vérité et mensonge, et où il peut être facile  de se perdre en route. Et si c’était elle-même qu’elle devait sauver?

Mon avis

Deux êtres séparés par un mur. Deux êtres liés par la solitude. Deux enfants dans un monde qu’ils n’aiment pas. Une excursion en pleine forêt, de nuit et une découverte. Plusieurs découvertes. Lula fait des rencontres. De belles rencontres. Des rencontres intrigantes. Dans le but de retrouver un être cher: son frère. Rêve t-elle? Est-ce la réalité? Les récits de son frère n’ont-ils pas trop stimulé son imagination?

Dès les premiers mots, Lula et les monstres nous embarque dans un monde parallèle. Entre le réel et l’irréel. Entre bonheur et inquiétude. Pour la jeune Lula qui navigue entre son imagination, la réalité et les discours de son frère. Que se passera t-il? Où est la vérité? Et si l’imagination de cette petite héroïne était une manière de se protéger contre le monde extérieur? Un monde extérieur qui lui semble déstabilisant. Ces monstres qui remplissent son imagination ne sont-ils pas les représentations de ses propres peurs?

Les chapitres sont courts, précédés des échanges secrets entre le frère et la sœur. Ce qui crèe un fil rouge dans la lecture. Un fil rouge qui lie l’ensemble dans un monde que l’on évoque à voix basse comme les murmures de Lula et de son frère. Le monde de la souffrance psychique qui enferme sa victime dans une douleur chronique.  Ce monde que les adultes maîtrisent peu et ont du mal à expliquer à leurs enfants.

Lula et les monstres est un roman dit jeunesse qui peut être lu par tout le monde car, à mots feutrés, il nous fait entrer dans l’imaginaire des enfants. Un imaginaire souvent difficile à décoder. Un imaginaire qui leur fait voir des monstres face à l’inconnu. Face à l’incompréhensible. Face à leurs propres peurs. Tout comme Lula.

Ma note 18/20

9782956490807   Autoédité   292 p.    14,90€

Publié dans policier, thriller

Du croissant pur beurr…ette! – Yamina Mazzouz – 2018

Quatrième de couverture

Le lecteur retrouve avec plaisir Norah, la jeune maghrébine expatriée en Angleterre dans une famille aristocratique où elle a résolu une intrigue policière. Norah revient en France pour tenter de renouer avec son père qui n’a jamais accepté son départ du cocon familial. Alors que ces retrouvailles ne prennent pas le chemin souhaité, Mariame, son amie d’enfance, lui demande son aide pour récupérer une mystérieuse montre tombée entre les mains d’un séduisant gigolo. Norah n’hésite pas une seconde et plonge dans une nouvelle aventure policière. Saura t-elle conjuguer rapprochement familial avec résolution de l’intrigue et… amour?

Mon avis

Des années ont passé et Norah bien qu’ayant évolué socialement, est toujours la même: généreuse, pleine de vie, curieuse comme il n’est pas permis. D’une fraiche innocence. Cependant, tout n’est pas si simple. La vie a suivi son cours et les plaies sont toujours ouvertes. Il va falloir à Norah de la force. Beaucoup de courage. Dès les premiers mots, le ton est donné. Et le mystère plane. Une histoire bizarre. Abracadabrante. Comment concilier enquête et retrouvailles familiales? Norah percera t-elle un nouveau mystère et aidera t-elle son amie? Et l’amour dans tout çà?

Yamina Mazzouz, de nouveau, nous régale. Les péripéties s’enchaînent et le mystère reste entier jusqu’au bout. C’est avec bonheur et curiosité que nous tournons les pages et que nous accompagnons Norah et Mariame dans cette nouvelle aventure. L’humour est aussi au rendez-vous. Cet humour so british! Nous plongeons avec délice dans cette course au trésor sans carte et à plus d’une inconnue. Les personnages finement esquissés nous aident dans cette quête  avec leur profil parfois particulier. Les situations, rocambolesques pour certaines, font avancer cette recherche au plus profond de l’intimité humaine. Au plus profond de l’âme humaine et de ses mauvais travers. Cette recherche est-elle celle des liens perdus? Du bonheur inaccessible? Du temps perdu à la recherche de sa conscience? Que ne fait-on pas par amour?

Une simple recherche. Finalement pas aussi simple qu’elle le paraît, emmène Norah dans un monde qu’elle côtoie sans s’y fondre réellement. Une recherche qui la mène vers son destin. Le destin de sa famille. Le destin de son amour. Une réconciliation est-elle encore possible? Jusqu’au bout Du croissant pur beurr…ette nous emporte dans un monde. Le monde de Norah. Pour notre plus grand plaisir. Les mots s’alignent, s’ajustent, se fondent pour une lecture aisée. Addictive. Une hâte s’installe. Celle de connaître les suites des aventures de Norah, notre détective en herbe franco-britannique. Cette lecture rassure. Yamina Mazzouz a bien sa place dans le roman policier tout comme Agatha Christie, PD James ou Elisabeth George, ces grandes dames du Policier. Un bel avenir.

Ma note 18/20

9791031004297 Ed. Les Presses Littéraires Coll. Crimes et châtiments   306p. 13€

Publié dans récit, romans

L’adieu à Lila – Colline Hoarau – 2014

Quatrième de couverture

La mère disparait et les souvenirs qui reviennent: une famille de la Réunion, les frères, les sœurs, les jalousies, les injustices et la mère qu’il faut enterrer après lui avoir pardonné. C’est ce que saura faire Isabella, la résiliente. Cette journée particulière permettra de voyager dans « le temps longtemps », dans une île de l’Océan Indien, bien rarement décrite. Une journée où tous se retrouvent autour de Lila. C’est un voyage, au cœur de l’île de la Réunion, dans la famille réunie  pour la première fois. Isabella photographie ou filme. Chaque personnage passe devant l’objectif à tour de rôle, avec les imperfections que le regard de l’autre saisit.

Mon avis

Le décès d’une mère. L’occasion pour tous ses enfants de se retrouver. Avec les rancunes. Les non dits. Les haines. Les joies. Les jalousies. Les questions sans réponses. Les souhaits avortés. Les amours inexistants. Brefs, les souvenirs. Lila, la mère d’une famille nombreuse, n’échappe pas à la règle. Tous ses enfants sont présents pour l’accompagner dans sa dernière demeure. Quelle mère a t-elle été? Qu’éprouvent tous ses enfants devant son corps sans vie? Amour? Désespoir? Soulagement? Rien du tout?

A partir de scènes de vie somme toute habituelles, Colline Hoarau a le don, par sa belle plume, de nous faire vivre chaque instant de manière incroyable. Chacun s’y retrouve et se reconnait dans les personnages. Des scènes vivantes, animées par des sentiments nobles ou non. Du vécu. C’est le cas de l’adieu à Lila. Perdre un être cher est terrible et fait revenir en masse tous les souvenirs. Revivre une dernière fois, en communion avec les autres, devant la personne disparue, la vie qui fut, du vivant  du disparu. Comme partout dans le monde.

Dans l’adieu à Lila, l’auteure nous fait découvrir les coutumes (face à la mort) de ce pays, cet ailleurs qu’elle connait si bien. Durant ce moment de recueil, que pensent les enfants de leur mère? Quels souvenirs ont-ils gardé d’elle? Quels sentiments éprouvent – ils envers elle? Colline Hoarau nous fait voyager dans la vie, dans le cœur de chacun. Les découvertes sont fortes. Parfois inimaginables. Parfois attendues. Toujours émouvantes. Des découvertes belles de cris du cœur. De cris des tripes. Alourdies de non dits. De souvenirs enfouis.

Les personnages sont superbes dans leur détresse, leur deuil réel ou non. Le lecteur va de découverte en découverte sur la vie de chacun. Sur leur lien avec Lila. Chacun passe le flambeau, le bâton de parole à l’autre pour qu’il se raconte. Qu’il se justifie. Qu’il explique son lien à sa mère. Est-ce enfin l’occasion pour chacun de dire ce qu’il pense ou ressent à haute voix? Un moment de partage familial? Laisseront-ils Lila partir en paix? Seront-ils en paix avec eux-mêmes?

L’adieu à Lila est une ode à la famille, avec ses travers et ses liens. Ses secrets. La lecture est aisée et facilitée par l’impression d’avoir déjà vu ou vécu les situations. Ce rassemblement familial où les discussions entre adultes ne sont pas facilement prévisibles. C’est un roman qui rime avec vie. Avec adieu. Avec famille. Avec fraternité. Un roman où le lecteur se retrouve face à lui-même pour un adieu à Lila. Tout simplement.

Ma note 18/20

9781710763777  Editions Dédicaces  108 p.